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Satyre svr les Traverses dv Mariage

SATYRE
MENIPEE,
SVR LES POIGNANTES
Trauerses du Mariage.

PAR LE SIEVR DE COVRVAL
Gentilhomme Virois.

Vignette de feuilles et d'un masque A PARIS,
Chez Rolet Bovtonne', au Palais,
en la Gallerie des Prisonniers,
prés la Chancellerie.

[Filet simple.]
M. DC. XXI.
Auec Priuilege du Roy.
1

Bandeau géométrique. SATYRE SVR LES TRAVER- SES DV MARIAGE.

Lettrine M.
MVses, qui habités dans l'Antre Pieride,
Rendez libres mes sens, & ma langue
fluide,
Serenez mes Esprits agitez d'vn Procés
Qui de vostre Helicon m'a fait perdre l'accés,
O diuin Apolon, faites moy cette grace,
Que du Pinde Sacré ie reprenne la trace,
Que i'ombrage mon chef d'vn Laurier Immortel,
Et que ie sacrifie à vostre Sainct Autel:
O Phœbus donne moy que ie chante en ces vers
Les malheurs, les ennuis, les accidens diuers
Lesquels vont trauersant ceux qui par Mariage,
Soubs les Loix d'vn Hymen se mettent en feruage:
O rigoureuse Loy! Loy dont la cruauté
A rauy des humains la douce liberté!
Liberté qui nous fait expozer nostre vie
A cent mille perils, crainte d'estre asseruie:
4
Liberté qui nous met le fer dedans la main,
Nous arme de couroux, quand vn Prince inhumain
S'efforce l'opprimer, si que pour la deffendre
On à veu des citez & des villes en cendre:
Et maint Empire encor on à veu malheureux
Pour ceste liberté, qu'on tient fille des Dieux.
Si donc la liberté du Ciel nous est donnee,
Pourquoy l'engageons nous soubs les loix d'Hymenee?
Pourquoy sols insensez voulons nous sans raison
Nous rendre malheureux de nous-mesmes en prison?
Pourquoy plains de fureur, ainsi que frenetiques,
De nos mains voulons nous nous enferrer de piques;
He! pourquoy voulons nous, stupides indiscrets,
Nous mesmes nous ietter captifs dedans les rets;
Nous forgeons les chainons qui captiuent nostre ame,
Nous allumons le feu qui nostre cœur enflamme,
Nous preparons la glus qui nous vient empestrer,
Et le rets nous tissons qui nous vient enrether:
Nous beuuons l'Aconit & le Napelle blesme
Que nous auons pillé & destrempé nous-mesme:
Nous-mesmes nous dressons: les charmes Circeens
Qui charment nos esprits, & enchantent nos sens
Cycloples malheureux, nous martellons le foudre,
Qui brize nos plaisirs, & les reduit en poudre.
Bref nous sommes autheurs de nos propres malheurs,
Quãd soubs le ioug d'Himen, nous engageõs nos cœurs
O ioug, si cruel ioug, ô ioug plus miserable
Ioug cent fois plus fascheux, & plus insuportable
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Que celuy des Forçats, qui de crime entachez
Languissent sans repos, a la rame attachez:
Ioug qui va surpassant les peines iournalieres
Qu'endurent auiourd'huy dans les creuses minieres
Les pauures Indiens, vendans leur liberté
Au Marane Espangnol, qui plain de cruauté
Les contraint iour & nuict, en extreme misere,
De tirer l'or du creux d'vne sombre carierre:
Si quelqu'vn d'eux se plaint soudain au cheualet,
Ou bien ils sont contrains d'endurer l'estrapade,
Qui leur destord les bras d'vne rude tirade.
Ces tourmens ne sont rien, ce sont roses & fleurs
Balancez au niueau des seueres rigueurs,
Qui du nopcier1 Chaos ont prins estre & naissance,
Les foudroyans esclairs ne font tant de nuysance
Aux moisons de Cerés: Les vents plus orageux,
Les Austans empestez ne sont si dangereux,
Et les froids Aquillons ne font tant de dommage
Au fleurs du gay Printemps, comme le Mariage
Faict du mal aux humaĩs? Nous cõblant de malheur
Fanissant tout soudain l'esmail des belles fleurs
De nos ans Printaniers, changeant par mainte escorne
Nostre doux Gemini, en vn froid Capricorne,
Nos plaisirs en douleurs, en tristesse nos ris,
Il vient changer fatal, nostre heureux Paradis,
En vn horrible Enfer, vn gouffre de miseres,
Vn deluge d'ennuy, vn foudre de coleres,
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Vn torrent de malheurs, vn Ocean de maux,
Arsenal de chagrin, magazin de trauaux,
Le poinct, le Racourcy,l'Epitome & le centre,
Où les lignes d'ennuis se viennent toutes rendre.
Vn Montgibel fumeux de bouillonnans souspirs,
Dont les chaudes vapeurs chassent les doux Zephirs,
De nos contentemens, pour former vn orage
Lequel va dissipant les plaisirs de nostre aage.
Vn menteur Charlatan qui nous va deceuant
Souz le masque trompeur de quelque beau semblant.
Vn cautcleux Aspic, dont la douce piqueure
Nous endort plaisamment du sommeil d'Epicure2.
Sommeil voluptueux, dont le triste reueil
Nous conduit en douleur au funeste cercueil.
C'est l'amer gobelet du fin Apoticaire,
Lequel pour desguiser vne Rubarbe amaire,
Où le rude Agaric, couure d'vn succre doux
Le breuuage appresté, craignant à tous les coux
Que la fiere rigueur de ce fascheux breuuage
Ne face au languissant bien tost perdre courage :
Mais il n'a pas si tost aualé la liqueur,
Qu'il sent dans l'estomach vn frisonnant horreur.
C'est le trompeur flageol du cauteleux Mercure
Qui endort les Argus, plus subtils de nature
Par les apas trompeurs d'vn son melodieux
Qui charme leurs esprits, & leur sille les yeux.
Vn vray faux-monnoyeur qui baille pour monnoye
Vn or adulteré, que pour bon il employe,
7
Sçachant son faux alloy desguiser dextrement,
D'vn,esclatant metail le couurant finement:
Mais ce n'est que billon & pure piperie:
A la touche on cognoist quelle est la tromperie
A la couppe, au cizeau on descouure ce mal,
Et que son or n'est rien qu'vn billonné metal:
De mesme les attraits, que l'Hymen nous presente,
N'est que pour deceuoir d'vn espoir nostre attente.
Les fifres & tambours, & les gays violons,
La Musique, le luth, le bal, & les chansons,
Les flambeaux allumez, les ieux les Mascarades,
Tes folastres bouffons, les ris, & les aubades:
Tous ces vents de plaisirs, sont les auantcouriers
De nos tristes malheurs, & de nos destourbiers.
Tout ce grand bruit Nopcier3 pronostique vn orage
Qui nous va menassant d'vn estrange rauage:
Ainsi que nous voyons, lors que l'Austre moëteux,
Bourdonne parmy l'air, presager tempesteux,
Vn orage prochain, vne future pluie,
De foudres, & d'esclairs,le plus souuent suyuie:
De mesme ce grand bruit, & murmurant caquet,
Des Parens assemblés, au nuptial banquet,
Sont les signes certains, & asseurés augures
Des orages suyuans, & tempestes futures:
Prestes à saccager ses pauures amoureux
Engagez aux filets de ce Dieu captieux4
Qui les varepaissant,de souspirs, & de larmes,
Et leur brasse à la fin de cruelles alarmes,
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Cet Hymen neantmoins, semble vn plaisant Iardin,
Plain de roses, d'œillets, d'odorant Romarin,
Tout bigarré de fleurs de cent couleurs diuerses,
D'incarnat,poupre, vert, iaunes, grises & perses,
Cordé d'vn passement, de crystalains ruisseaux,
Dont le murmure doux, endort les animaux;
Où les mignards Zephirs de leur suaue haleine
Parfument tout le lieu, d'vne odeur souueraine,
Plus douce mille fois, que le musc Indien
L'odoreux ambres-gris, le baume Ægyptien;
En vn mot ce iardin, semble proprement estre
Vn petit racourcy, du Paradis terrestre.
Mais tout incontinent, qu'on s'auance au milieu,
Pour contempler de prés la beauté de ce lieu :
On ne s'aperçoit point qu'entre ces vers fueillages
Ces beaux compartimens & allignez bordages,
Ses ruisseaux argentez, ses roses & ses lys,
Entre l'odeur des fleurs de ce doux Paradis,
Parmy tous ces attraits, & mignardes blandices,
Sont cachez au dessouz d'esstranges precipices,
Pleins de charbons picquans, & d'espineux haliers,
Où se perdent d'Hymen : les plus fins Escoliers ;
Lesquels se promenans, dans ces salles plaisantes,
Couuertes à l'entour de fueilles verdoyantes,
Tombent tout aussi tost, dans ces abysmes creux
Pensant cueillir des fleurs, de ce parterre heureux:
Lors ils ont beau crier, secours, misericorde
Ils sont pris tout ainsi, que Renards à la corde.
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Ses Mignons frisottez, qui font tant les matois,
A ce piege estant pris sont aux derniers abois
Fussent-ils r'affinez iusqu'au dernier Mercure,
Ils sont contrains en fin, bastir leur sepeulture
Dans ces antres obscurs, où ils sont prisonniers
Et mis entre les mains, de tres-rudes Geoliers.
C'est pour fin vn marché, qui n'a que le front libre
Pourtant en son abord; pour marques & pour tymbre
Vn Dedale Cretois, plain d'obliques destours,
De Meandreux replis, qui font perdre le cours
Du chemin, qui sembloit à l'abord si facile,
Se monstrant au fortir, fascheux & difficile,
On ne s'en peut tirer, ó trop rigoureux sort !
Que par le dard cruel, de l'indomptable mort ;
C'est le seul peloton, le fil & la cordelle
Qui de ce labyrinth5, nous passe en la nacelle
Du nautonnier Charon, seul vnique secours
Des pauures mariez, qui languiroient tousiours
Dans le Dedalle obscur du fascheux Mariage,
Qu'on peut plustost nommer, gouffre de malerage.
C'est pourquoy à bon droit, Hyponacte, disoit
Que deux iours bien heureux seulement il trouuoit
Souz ce ioug espineux : Le iour des Espouzailles
Et le iour qu'on faisoit les tristes funerailles.6
Ces deux fleurs vont naissant, entre milles chardons,
Qui nous vont trauersant de picquans esguillons
Ces roses nous cueillons à trauers tant d'espines,
Que leur plaisante odeur, ne les peut rendre dignes
01 7
De tant se trauailler pour en vouloir ioüyr,
Puisqu'avec tant de mal s'en acquiert le plaisir:
Et comme a bien chanté quelque docte Poëte8,
Mariage n'est rien qu'vne horible tempeste.
La Grotte Æolienne9; Or que des tourbillons,
Ocean de douleurs, grain aux vagues sillons,
Forge de tous ennuys, fusil de toute rage,
Dont s'allume le feu qui nous brulle & saccage.
Non, ce n'est rien qu'vn feu, souz la cendre voillé,
Souz l'aigneau courtisan vu Renard recelé,
Vn borgne-clair-voyant, vn gosseur Harpocrate
Vn charme despitant tous les ius d'Hypocrate,
Vne neige poiſsarde, vn succre Absinthien,
Vray Courrier d'Atropos, postillon de vieillesse,
Boutique de Pluton, abysme de tristesse,
Canal d'affection, alambic de malheurs,
Source d'aduersité, fontaine de douleurs .
Mais quelqu'vn me dira que dans ceste Satyre
Ie descry les tourments, & le cruel martyre,
La tempèste, l'horreur, le perilleux dànger
Qu'encourènt les humains, qui sous le ioug Nopcier10,
Captifs sont asseruis, sans prouuer par histoires
Les iourualiers effets de toutes ces miseres.
Ie respondray soudain au Lecteur curieux,
Que s'il falloir nombrer les Amans malheureux,
Qui souz les loix d'Hymen se sont mis en seruage,
I'espuiserois plustot le Pactole, ou le Tage,
11
Plustost ie nombrerois les peuples escaillez;
Tous les hostes de l'air aux habits esmaillez,
Et plustost, & plustost, ie descrirois le nombre
Des celestes flambeaux, qui durant la nuict sombre
Brillent au firmament,lors que le grand flambeau
Sa carierre bornant, se plonge dedans l'eau,
Bref ce seroit courir apres vn impossible
Et rendre par ces vers l'impossible possible.
I'oseray neantmoins, afin de contenter
Le Lecteur curieux, au vif representer,
Cinq ou six grands Heros aux armes indomptables,
Que le Nopcier11 Hymen a rendus miserables.
Ce puissant Hercules, cet indompté guerrier
Ce Tugeant12 Thebain13, qui osa le premier
Attaquer au combat, les Monstres de la terre
Qu'il terrassa, vainqueur, comme vn foudre de guerre
Enuironnant son chef de mille lauriers vers,
Tesmoins de sa valleur par ce large vniuers:
Ce pendant, ô destin, Hymen ce Dieu folastre
Aidé de l'Archerot; rendit son cœur molastre:
Soudain qu'il fut captif dans les rets amoureux
Il n'entreprist iamais vn acte genereux:
Soudain qu'il fut atteint des brandons de Cyprine,
Sa guerriere valeur tomba comme en ruine,
Le laurier de son front deuint sec & flestry,
Son cœur effeminé fut tout allangoury:
Si tost qu'il espousa la belle Deianire
On veit au mesme temps flestrir son vert Empire.
21 14
Il deuint malheureux, & le ialoux cerueau
De sa femme le mit dedans l'obscur tombeau:
Car ayant imprimé en sa teste Friuolle,
Que son Hercule aymoit, & caressoit Iolle,
Deianire en fureur recherche les moyens
De s'en pouuvoir venger ayant l'ame saisie
Et le cœur enflammé d'ardante ialousie.
Or aduint-il qu'vn iour le Centaure Nessus
Ayant voulu forcer, pres le fleuue Euenus,
Ceste Deianira,dont Alcide en colere
Descocha sur Nessus vne fleche legere
Teinte au sang du Dragon, dont le venin cruel
Par la playe espanché, rendoit le coup mortel.
Ce Nessus donc atteint d'incurable blessure
Voulut auant qu'entrer dedans la sepulture
Se venger s'il pouuoit du grand Alcmenien,
Estant,s'il en fut onc, expert Magicien,
Or ayant descouuert qu'vne ialouse rage
Tenoit Deianira en vn cruel seruage,
Brasse ſubtilement vne feinte trahison
Pour tirer du Thebain15 promptement sa raison,
Il faict secretement appeller Deianire,
Luy disant qu'il sçauoit qu'vn estrange martire,
Et qu'vn ialoux chagrin, luy bourreloit le cœur:
Voyant que son Mary plain d'ardante fureur,
Trop ingrat auoit faict n'aguere amour nouuelle,
Caressant iour & nuict Iole la pucelle;
13
L'asseuree s'elle veut ensuyure son conseil,
Luy donner vn secret qui n'a point son pareil,
Pour esteindre le feu & l'impudique flame
Qui alloit consommant Hercule iusqu'a l'ame.
Deianire entendant ses gratieux discours,
Desireuse de voir arracher ses amours
Du cœur de son mary, consent a l'entreprise:
Il luy monstre en secret la fatale chemise
Qui auoit tel pouuoir, ainsi qu'il asseuroit :
Que cil qui plain d'amour sur soy la porteroit
Ne seroit dorésnauant inconstant & rebelle
A sa chere moitié: Mais constant & fidelle:
Que si son cher espoux auoit d'autres amours,
Ce seul secret pourroit en arrester le cours.
Or voyons quel malheur, ceste promesse enfante,
Nessus luy donne,alors, la chemise charmante
Dont le fil venimeux, & le magique sort,
Precipitoient soudain les Amans a la mort.
Deianire en son cœur, qui trop ialouse brusle
Ceste chemise, enuoye à son mary Hercule:
Si tost que le Thebain16 l'eut mise sur son dos,
Il deuint insensé, n'ayant aucun repos:
Il couroit iour & nuict ainsi que frenetique,
Ou comme vn fier Taureau, que le Tan mord & picque
Il se iette en fureur dans vn bucher ardant
Ceste ialousie ainsi priua son cher Amant
Et de vie & d'esprit, ô fatal Mariage,
Cil qui auoit dompté d'vn genereux courage
14
Les Monstres plus cruels de ce grand vniuers
Par ce fatal Hymen, gist ores à l'enuers :
Cil qui auoit vaincu le pourceau d'Erimante,
Le Monstre Lerneen à teste renaissante:
Bref celuy qui auoit par deux fois six labeurs
Esleué son renom entre tous les vainqueurs,
Est maintenant dompté par les mains d'vne Femme,
O Hymen trop peruers, ô rigoureuse flame
Ie mets au second rang ce grand Agamemnon,
Qui par armes auoit eternisé son non
En mille lieux diuers. Ce vaillant Capitaine,
Ce grand Prince Gregeois, sentist bien tost la peine
Et les cruels assauts de ce ioug espineux
Pour s'estre emprisonné dans les lacs amoureux,
Pour auoir trop aymé sa chere Clytemnestre,
Et s'estre captiué dans le Nopcier17 cheuestre.
Il sentit les effets de sa temerité
Pour auoir souz Hymen lié sa liberté:
Il ne peut euiter qu'à son retour de Troye,
Au royaume noircy sa dame ne l'enuoye,
De sa Femme il sentit la trop bourelle main,
Luy ouurant l'estomach d'vn poignard inhumain:
Aidee à ceste fin de son paillard Ægiste,
Qui pour la secourir vint vers elle bien viste.
Dieux quelle cruauté, quelle estrange rigueur
De voir Clytemnestra poignarder son Seigneur,
Son espoux, son mignon, ó sinistre Hymenee,
O ioug par trop cruel, ó fiere destinee.
15
Et que diray-ie plus de ce fascheux lien ?
Tairay-ie le malheur du grand Roy Thracien,
Du lascif Tereus, dont le cœur plein de flamme
Brusloit pour sa Progné, qu'il choisit pour sa Femme,
Espris de ses beautez, charmé de ses beaux yeux,
Qui le rendit en fin chetif & malheureux :
Car soudain que Progné entendit la nouuelle
Du tort qu'on auoit fait à sa sœur Philomelle,
Sçachant que Tereus plein d'ardente fureur,
Auoit violemment rauy la tendre fleur
De sa virginité : ceste fiere Lyonne,
Plus cruelle cent fois que n'est vne Gelonne,
Egorge son Ithis ; son tendrelet enfant,
Et par menu lambeaux ses membres va coupant,
Les fait mettre à bouillir, & seruir sur la table
A son Maistre d'hostel, comme vn mets delectable,
Ayant sceu dextrement ceste chair apprester;
Afin que son Mary eut desir d'en gouster :
Il mange, ô sort cruel, ó sinistre aduenture,
Son pauure enfant Ithis, sa chere geniture:
Il demande son fils sur la fin du disner,
Commande à ses valets qu'on eut à l'amener :
Progné dans vn grand plat en apporte la teste,
En luy disant : Meſchant, tu as mangé le reste,
Va cruel ruffien, perfide rauisseur,
Nostre enfant a payé le tort fait à ma sœur.
Tereus à l'instant, plein de fureur, & d'ire,
Mettant l'espee au poing commence à la poursuiure
16
Par les bois plus espais, & les herbeux pastis,
Pour punir ce forfait & venger son Ithis.
Mais ainsi que l'on feint changee est Philomelle
Ainsi vsa Medee à son espoux Iason,
Apres qu'il eust conquis la Colchide Toison,
Elle occit ses enfans deuant les yeux du Pere.
Est il rien plus cruel que de voir vne Mere
Teindre au sang de ses fils ses maternelles mains ?
Peut-on iamais ouyr actes plus inhumains ?
Qui cause ces effets ; sinon le Mariage,
Qui nous enfle le cœur d'vne bouillante rage ?
Quel malheur arriua à Claude l'Empereur,
Pour auoir ja vieillard denué de chaleur,
Espousé follement la belle Messaline?
Ceste insigne Putain se monstra si vilaine
Que d'aller iour & nuict courir par le bordeau,
Pour, lasciue; chercher quelque plaisir nouueau:
Estant en ses amours si ardante & lubrique
Qu'elle fut estimee vne putain publique;
Ceste Louue effrontee en sa lubricité
Proposa certain pris, & gage limité,
A qui plus le feroit, se ventant, glorieuse,
D'auoir en ce mestier esté victorieuse
Sur les autres putains: ayant en vne nuict
Receu vingt Courtisans en ce plaisant deduit:
Quel plus aspre tourment, quel plus cruel martyre
Auroit peu affliger ce Prince en son Empire:
17
Quel plus grand deshonneur luy eust peu arriuer ?
Hé quel plus grand malheur eust il peu éprouuer?
Les trois plus durs fleaux, Famine, Peste & Guerre
N'eussent tant affligé, son Royaume, & sa terre:
D'où viennent ses malheurs, sinon du Dieu Nopcier18,
Hé qu'il faict dangereux voguer sur ceste Mer:
Il vaudroit mieux rocher deuenir pres Sypille,
Que fist à son espoux, l'infidelle Erifille
Son mary entendant l'ambitieux deſsein
Qui le vouloit mener à la guerre Thebaine:
Mais sçachant des Deuins pour chose bien certaine
Que s'il alloit au Camp, son destin l'asseuroit
Que dedans sa maison iamais ne reuiendroit :
Parquoy pour cuiter du fier destin la trame,
Se cache dans vn bois, deffendant à sa femme
De ne point descouurir le lieu où il estoit,
Ce fin Polinicez, qui peut estre doutoit
Qu'il ne se fust caché, demande à Erifille
Où estoit son mary, l'asseurant qu'a la fille
Tous ces gens s'assembloient pour se trouuer au camp,
Et qu'il falloit trouuer son mary sur le chant ;
La perfide en riant, dit qu'elle est ignorante
Du lieu là où il est ; Polinice la tante,
Luy offre pour present vn riche colier d'or,
La priant instamment, & suppliant encor
Luy faire tant de bien, de faueur, & de grace,
Que de luy declarer & le lieu & la place,
18
Où son craintif Mary s'efloit allé cacher,
Afin que ses soldats eussent à le chercher:
La perfide à ce coup, sans dauantage attendre
Luy dit, qu'au prochain bois il y auoit vne antre
Taillé dans vn rocher, de mousse tout couuert,
Bordé de grands Palmiers, dont le fueillage vert
Donnoit ombre à ce lieu secret & solitaire,
Seruant à son espoux de cachette ordinaire.
Il est prins & mené en guerre, où il mourut
Par sa femme ô destin, la mort il encourut.
Hé quoy? voudrois-ie bien en ce papier descrire
Les sinistres malheurs qu'vn Hymen peut produire?
C'est vn large Ocean, sams fond, riue, ny bord,
Il vaut mieux le laisser & rentrer dans le port.
I'aurois plustost trouué au sein de la Nature,
Du Cercle rondissant l'egalle quadrature;
Secret tant recherché des Geometriens,
Ou l'Elixir caché de tous les Elemens:
Plustost ie trouuerois par vn art tout Chimique,
De metaux trans-muez la parfaicte pratique,
Que de pouuoir, Lecteur, en ces vers raconter
Tous ceux qu'vn fier Hymen a faict precipiter,
Aux pieges de la mort : Quitons donc ces exemples
Debonnaire Lecteur, afin que tu contemples
Plus curieusement les labeurs infinis,
Les tourmens, les trauaux, la peine, les ennuis,
Qui trauersent ceux la, qui comblez de misere
Ont consacré leurs veux á Iunon la Nopciere19.
19
Muse poursuyuons donc par les temperamens,
Qui pour estre diuers causent mille tourmens
Aux Amans asseruis au ioug de Mariage,
De contraires humeurs formant vn grand orage
De la diuersité de leurs complexions
Naissent le plus souuent mille dissentions,
Leurs humeurs rarement ont mesme sympathie,
Entre eux on void souuent semblable antipathie,
Qu'entre le loup cruel, & le paisible Aigneau,
Entre le Leurier, & craintif Lapreau,
Les sifflans Scorpions, & larmeux Cocodilles
Les rauissans Faulcons, & plongeantes Bourilles,
Les pepians Poullets, & rapineux Millans,
Les charongneux Vautours & delicats Faisands:
Entre les Chats-huants20, & iasardes Corneilles,
Les gourmands Esperuiers, & chastes Tourterelles:
Entre les Chardronnets, & griuelez Mauuis,
La mesme antipathie est aux Amans rauis,
Et portez dans le sein du fatal Hymenee,
Où ils sont tourmentez comme vne ame damnee :
Pour la diuersite des contraires humeurs,
Qui des deux mariez des vnissent les cœurs.
Le San guin.
Peut estre le Mary sera chaud & humide,
D'humide radical, aerien, & fluide
Qui le rend abondant en spermatic humeur,
De nos digestions quinte-essence & liqueur,
Laquelle remplissant les prostates glandules,
Ou estant resserré, ainsi que des celulles,
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S'efforce de sortir pour caresser Cypris,
Spumeuse regorgeant de fretillants espris,
Espris, qui sont portez de Cœur par les arteres,
Du Foye sanguilonnant par les veines portieres
Du Cerueau, par les nerfs, au muscle cremaster,
Qui ioignant aux vaisseaux spermatics va porter
Ses bauillonnans esprits aux feconds testicules,
Le Flegmatique.
Pour estre conseruez dedans les Vessicules,
Comme au vrey magazin des plaisirs amoureux,
Arsenal qui fournist de matiere & de feux.
La femme d'autre-part sera fort flegmatique,
Froide mal temperee, & d'humeur caquexique,
N'aura rien desplaisant, que ce plaisant deduit,
Luy tournera le dos tout au long de la nuict,
L'appellera vilain, lubrique, des-honneste,
Refroignera son front, en luy tournant la teste:
Le Mary amoureux, fasché de ce refus
Caresse la Seruante & veut monter dessus,
De là mille debats, de là mille querelles,
Si la Femme oit le vent de ses amours nouuelles;
Le Mary est contraint bien souuent de quitter
Sa maison pour vn temps, taschant à euiter
La tempeste, & le bruit de sa ialouze Femme,
Laquelle est toute glace, & luy n'est rien que flamme.
Quel plaisir peut auoir l'infortune Mary,
Sa Femme hait l'amour, & a le cœur marry,
S'il en recherche vne autre aux esbats de Cyprine,
Luy qui est amoureux & d'vne humeur sanguine,
21
La Sanguine Le flegmatique
Ce n'est rien que cela, cest bien malheur,
Quand la Femme au cõtraire est d'vne chaude humeur
Et lors que son Mary est froid & flegmatique
De l'incarnation, n'entendant la rubrique,
Ny les accouplemens du lascif Aretin,
S'amusant seulement à taster le tetin,
Où s'il passe plus outre,il ne fuct rien qui vaille:
Car son sang froidureux à grand peine deualle
Des vaisseaux spermatics où il est enfermé,
Sa Femme d'autre-part a le cœur consommé
D'vne extreme chaleur, cherchant vn doux clistere,
Clystere spermatic,qui son humeur tempere.
Que fera le Mary Ethique & sans humeur,
Pourra-il de sa Femme esteindre la chaleur,
Qui rampe dans ses os, & boult en sa mouëlle,
Luy consomme le Cœur, le Foye, & la Ceruelle;
Il a beau s'efforcer si peu qu'il a d'humeur
R'enflamme encore plus son amoureuse ardeur,
Tout ainsi qu'vn peu d'eau, va redoublant la fiebure
Du malade alteré, & bien souuent l'Orpheure
Pour accroistre l'ardeur de son cuysant fourneau,
Y espand dextrement des goutelettes d'eau;
Bref le lasche Mary pour sa froide impuissance,
Ne peut pas assouuir ce gouffre de semence.
De ce Lerne renaist vn Hydre de malheurs,
Comblans le lict Nopcier21 de tragiques horreurs.
La Femme a qui l'amour eschauffe la poictrine
Et dont le sang bouillant iallit de veine en veine,
22
Ne peut plus longuement ceste ardeur supporter,
Et de si peu d'humeur ses desirs contenter,
Voyant que son Mary plus souuent la chatoüille
Du bec, que de la queue, & que point il ne foüille
Au fond de sa garenne auecques son Furet,
Est contrainte choisir quelque Amoureux secret
Pour amortir ce feu, esteindre ceste flame,
Qui gangrene ses os, & consomme son ame.
Il faut, il faut, chercher quelque nouuel Amant,
Ieune, frais & gaillard, roide de son deuant,
Iouial, vigoureux, d'humeur vrayment sanguine.
Pour estre d'ornauant son Mignon de courtine :
Quel malheur au Mary, quel plus vilain affront
Que de luy voir germer des Cornes sur le front,
Peut estre les Demons le prenant pour leur frere,
Le voudront emmener dans l'Infernal repaire:
Les Satyres bouquins, au front haue & chenu,
Les Faunes & Syluains voyans son front cornu,
Eslimeront qu'il est comme eux quelque Satyre:
S'approcheront de luy, pour gausser & pour rire,
Comme vn Monstre de tous, au doigt sera montré,
Estant par le chemin d'vn chacun rencontré:
Sa Femme d'autre-part, l'abhore & le deteste,
Le mesprise, le hait, le fuyt comme la peste,
N'ayant point d'autre soin que de bien s'atiffer
Se frizer, se farder, en habbits piaffer,
Pour plaire à son Mignon: sans soucy du mesnage:
O cruelle rigueur, ô estrange seruage:
23
Que l'Homme est aueuglé, qui se laisse tromper
A ce maudit Hymen qui nous vient à piper,
Le pauure Mary meurt en extreme martire,
Il languist peu à peu, & si n'ose le dire:
Il deteste en son cœur, & le iour & l'Hymen,
Qui premier l'arresta dans ce fascheux lien,
Ie croy que son tourment est assez meritoire,
Pour l'empescher mourant d'aller en Purgatoire.
Tout droit en Paradis il ira vray Martir,
Ou comme vn Penitent pour bien se repentir,
Peut-on excogiter plus dure penitence
A vn pauure Mary, que voir en sa presence
Sa femme effrontement caresser ses Mignons :
Dissiper tous ses biens pour leur faire des dons,
Et qui plus est, n'oser murmurer ou se plaindre,
Ains ce mal en son cœur,receler & contraindre,
Son cœur est tout enflé de souspirs & regrets,
Qu'au fons de l'estomac il crache & tient secrets,
Il n'ose de trauers ietter la moindre œillade,
Il contrefaict le sain, & a le cœur malade,
Vne gesne, vn ennuy, luy bourrelle le cœur:
Il ne vit qu'en mourant, & ne meurt qu'en langueur
Ne sçait de ses Enfans ceux qui sont Legitimes
Pour heriter ses biens ô detestables crimes :
Somme il est si comblé de tristesse & d'ennuy,
Qu'il inuoque la mort pour son dernier appuy,
Voyez en quel danger Hymen nous precipite:
Voyez combien de maux aux humains il excite,
24
Les gages dont il paye au soir ses seruiteurs,
Ne sont rien que tourmens, que peines, & labeurs:
Malheureux qui luy sert d'escorte & de conduite,
Malheureux ses vassaux, malheureuse sa suite,
Symbolisant d'humeur â ce Magicien.
Ce superbe Pharon, Monarque Ægyptien,
Qui pour gages donnoit au soir les estriuieres
A ses Valets, recreus des peines iournalieres:
Ainsi en fait Hymen en ce maudit Amour,
Que pour auoir seruis tant de nuict que de iour,
Ne donnent á la fin pour toute recompense,
Que mille vains trauaux, sans aucune esperance
D'y pouuoir obtenir vn moment de repos :
Mais vn soing eternel, qui ronge iusqu'aux os:
S'il y a pour trois iours de calme en Mariage,
Il y aura trois mois de tempeste & d'orage.
Muses laissons icy toutes disgressions,
Et poursuyuons le fil de nos complexions.
La Colerique.
Si la Femme est d'humeur purement bilieuse
Elle aura le cœur haut & l'ame ambitieuse,
Brusque, prompte soudaine en toutes actions,
Inconstante, legere, en ses opinions :
Vanteuse en ses discours : babillarde, mocqueuse,
Aspre à ses ennemis, prodigue & courageuse,
L'esprit vif, prompt, subtil, fastueux arrogant,
Fier, hautain, esleué,quinteux, & remuant.
Le Melancolique.
Le Mary de sa part sera melancolique,
Humeur directement contraire au colerique:
25
Ceste diuersité de contraires humeurs
Fera naistre entre eux deux vn Monstre de douleurs :
Sa Femme qui aura l'humeur presumptueuse,
Voudra estre en habits magnifique & pompeuse,
Eprise d'vn orgueil, qui luy boufist le cœur,
Luy enfle les poulmons du vent d'vne grandeur,
Voudra pour piaffer par sus toutes paroistre,
Combien que de bas lieu elle ayt sorty, peut estre,
Voudra pour ses habits entrer effrontement,
En toute compagnie, & parler hautement :
Contraindra son Mary d'vne façon rebelle
A luy fournir habits à la mode nouuelle,
Sans preuvoir si premier il aura le moyen
De soustenir long temps vn si grand entretien,
Sans sçauoir si ses biens, sa terre ou son Vilage
Pourront entretenir ce superbe equipage :
Voudra des Cotillons d'vn tafetas changeant,
De Velour, de Damas; ou Satin esclatant,
Qu'il conuient enrichir de tant de broderie,
De bandes de satin pour la piafferie.
Ce n'est encore rien, il faut mille affiquets,
Bagues, chaines, carquans, ceintures & bouquets,
Des bourses au mestier, de belles picadilles,
D'vn relief eſclatant de brodure gentilles ;
Les beaux gands parfumez, les esmaillez coutteaux;
Et d'vn azur bruny les damasquez ciseaux :
Les miroërs façonnez de glaces de Venise,
L'esuentail dentelé, les rabats à la Guyse :
26
Tant de chaisnes de geë & tant de braclets,
De perles, de grenats, & de riches collets :
Tant de manteaux plissez d'vne estoffe bien teinte
Quãd la Dame est aux chãps, ou lors quelle est enceinte
Tant de moulles frisez, de perruquez cheueux
Retors, & annelez en mille & milles neux
Les toillettes de nuict & les coiffes de couche,
Brassieres de satin, quand Madame est en couche:
Sans oublier encor les coëffes de velours,
La robe de damas, auec tous ses atours,
Mais ce qui plus la met en ceruelle & en peine,
C'est qu'il luy faut auoir des rabats à la Reyne,
Rabats à poinct couppé, ouuragez, dentelez,
Empesez, rayonnez, canelez houppelez:
Des rabats à la Naige, & à la Fanfreluche,
De beaux manchons doublez de Martre ou de peluche
Il faut en outre auoir de superbes patins
D'vn velours cramoisi, ou de mignards multins
D'vn marroquin violet, couleur iaune, ou pourprine,
Et en teste porter coeffe à la Iacobine.
Et mille inuentions & autres nouueautez,
Mille façons d'habits d'heure en heure inuentez,
Qui pour naistre à la Cour, source de l'inconstance,
Ont plus de changement qu'Eurippe en apparence
N'a de flus & reflus, qui sept fois tous les iours
Flotant & reflotant, à son cours & decours ;
Ainsi la nouueauté des habits de la France,
A son flus & reflus sans aucune asseurance.
Le Mary qui n'est point bouffi d'ambition
Contrariant du tout à sa complexion,
27
Auare ne voudra à sa Femme permettre
Ses sumptueux habits, ains tasche à la remettre
Par ses prudens discours,au sein de la raison,
Luy disant qu'elle veut ruiner sa maison:
Luy remonstre en douceur qu'il ne peut satisfaire
A luy fournir habits si pompeux d'ordinaire,
De là naist le discord & la diuision:
Car sa Femme estant nee à la presomption
Fera la sourde aureille à toutes remonstrances,
Continuant tousiours en ses folles despences,
Sans respect du Mary, sans crainte de charger
De debtes sa maison, ou sa terre engager,
Ayant l'esprit enflé d'vne vaine arrogance,
Où son humeur hautain la pousse de naissance.
Si le Mary ne veut fournir or ou argent,
Soit qu'il soit vsurier Auare ou indigent,
Soit qu'il vueille empescher ses fumeuses boutades,
Ou retrancher du tout ses superbes brauades,
Soit qu'il vueille abaisser son arogant caquet :
C'est alors, c'est alors qu'il est mis au roüet,
C'est alors qu'on l'assaut de piquantes reproches:
Vilain ie ne veux plus que de moy tu approches,
Pourquoy es tu venu, Infidelle trompeur,
Pour Espouse choisir, vne fille d'honneur,
Si tu ne veux d'habits l'entretenir honneste.
Vilain Auare, on deust te fracasser la teste,
On deuroit en tous lieux par mespries te siffler :
Si tu permets encor ma colere s'enfler,
Ie te feray sentir ce que peut vne femme
28
Extraicte de bon lieu; ferois tu bien ce blasme
A mes Nobles parens, par ta grande chicheté,
Que d'abaisser l'estat deu á ma qualité?
Dy moy double vilain,suis-ie point aussi digne
D'auoir des beaux habits comme nostre Voisine,
Qui braue tous les iours en habits fort pompeux,
Bien qu'elle n'ait sorty de si Nobles Ayeux
Comme estoient mes parens, qui d'vne race antique
Ont tins les premiers rangs dedans la republique?
Son Mary neantmoins luy faict iournellement
Porter sans qualité vn riche vestement?
Ie dois à meilleur droict brauer autant comme elle,
Qui porte sur le front le nom de Damoyselle:
Tu voudrois ce pendant, Auare malheureux,
Retrancher en Villain mes habits somptueux.
Quoy? penserois tu bien, pour ta villaquerie,
M'empescher de brauer? Cest vne mocquerie,
Si tu l'auois songé ie te ferois sentir
De ta salle Auarice, vn fascheux repentir.
C'est au pauure Mary à porter la cuirasse
Et le pauois de Iob, a si rude menasse,
Comme le seul obiect, où les traits plus poignans
D'vne femme en fureur, se vont tous decochans:
C'est la butte & l'escueil où les plus grands orages
Les foudres d'vn desdain, & les bouillantes rages
Des flots d'vne rigueur, viennent à se heurter.
On le void iour & nuict malheureux supporter
Mille & mille tourments, des trauaux mille & mille
29
Pour accroistre s'il peut sa race & sa Famille
En plus grands reuenus, mais il trauaille en vain:
Car l'orgueil de sa Femme, & son humeur hautain,
Ses habits somptueux & sa despence folle
rendent de ses labeurs l'esperance friuolle.
O malheureux aspect, ó Astre trop fatal,
Qui dominoit alors qu'au lien coniugal
Ce Mary fut conioint à ceste ame rebelle,
Qui pour estre d'humeur Cholerique & cruelle,
Voudra superbement au Logis commander,
Mastiner son Mary, de prés le gourmander ;
Si bien qu'il n'osera esleuer la paupiere,
Ou haulser le sourcy à si rude guerrier,
Qu'il ne soit à l'instant d'iniure galoppé,
Et en ses actions iusqu'au filet drappé:
Combien que son humeur arrogante & mutine,
Vueille mettre à brauer sa Maison en ruine.
O desastré Mary, ton trop bouillant desir
Te faict plain de douleur, repentir à loisir,
Quoy ? penserois-tu bien à son humeur complaire ?
L'entreprise seroit trop vaine & temeraire,
C'est vn ennuy sans bout, sans limite, vn tourment
Sans mesure, vn labeur, sans fin, commencement
Qui va renouuelant, ainsi comme la roche
D'vn Zisiphe aux Enfers, où la roüe qui tout proche
Tourmente vn Ixion, ou le Foye renaisant,
Du voleur Promethee, qu'vn Vaultour rauissant,
Becquette iour & nuict, ou des sœurs Danaides
30
Le labeur infiny, des tonneaux tousiours vuides,
Ou les trop vains souhaits d'vn Tantale alteré,
Qui de soif dans les eaux sans cesse est martiré.
Ainsi vont renaissant les tourments & les peines
De ceux qui souz Hymen vont espuisant leurs veines
Et de sang & d'esprits pour complaire, ó destin,
A l'humeur imparfaict du sexe fœminin.
Mais laissons ces discours, ô Muse curieuse,
Et poursuiuons le fil de l'humeur Bilieuse:
Acheuons, en deux mots de conter au Lecteur
Le reste des effets de ceste fiere humeur.
Humeur comme i'ay dict qui trop prompte & actiue
Rend la Femme sur tout aspre & vindicatiue.
Ne respirant rien tant que se pouuoir venger
Si quelque Mesdisant a voulu l'outrager,
Ou censurer ses mœurs, ou soit que sa Voisine
Ne l'ait point visitee en faisant sa gesine.
Soit qu'estant à l'Eglise au seruice de Dieu,
On ayt baissé son banc, ou changé de son lieu,
Soit que par vn Pasquin ou mordante Satyre
D'elle, ou de ses parens, on ayt ozé mesdire:
Soit qu'on l'ait attaquee ou picquee à l'honneur ;
Cela la met soudain en estrange fureur,
Forçant son cher Espoux d'vne douce nature
A venger ce mespris & punir ceste iniure:
Quelquefois le Mary, qui pese sagement
Au poids de la raison, ce soudain mouuement
Taschra d'appaiser ce foudre de colere
31
Qui brusle a petit feu le cœur de sa Geoliere.
Il pense par le temps ceste rage dompter
Luy laissant remascher son frain pour luy oster
Ceste humeur qui la met en fouque & en ceruelle
Luy remonstre en douceur, puis quelle est Damoiselle,
Qu'vn esprit releué, qu'vn cœur tres genereux
Panche mille fois plus au pardon qu'vn peureux,
Que les craintifs qui ont vne ame roturiere,
Sont cent fois plus cruels qu'vne noble & guerriere.
Tesmoin ce grand Cesar, ce Romain Empereur,
Plus enclin au pardon qu'à vengeance ou rigueur.
Mais il remonstre en l'air, il bastit dessus l'onde,
Il raisonne vn rocher, car sa femme feconde
En humeur Coleric, soit a droict, soit a tort,
Veut venger cet affront, qui la tourment fort,
Si son Espoux ne veut embrasser sa querelle,
Et a ses passions prester soudain l'aureille,
Vn discord tout nouueau renaist en la maison,
Ceste femme en courroux iettera sans raison
Mille & mille brocards d'vne l'angue cruelle
A son pauure Mary, l'appellant infidelle,
Craintif, lasche poltron, & sans resentiment,
Ladre, qui ne resent ceux qui cruellement
L'offensent sans respect, & son antique race.
C'est dommage, craintif cent fois, qu'on ne te passe
Les pieds sur l'estomach, d'endurer en Coyon
De si lasches affrons, sans en tirer raison,
Serois tu bien, helas, si Ladre de nature
32
D'endurer sans reuenche vne telle imposture;
Dieux ! quelle lascheté, quelle poltronne humeur
S'empare maintenant du centre de ton cœur :
O ame de Connil, ô courage de Lieure,
Tousiours accompagné d'vne peureuse fiéure,
Qui peut peindre en ton front tant de timidité,
Qui cause dans ton sang tant de stupidité ?
Veux-tu lasche à la peur, sacrifier ta vie
Comme iadis faisoient les Peuples de Libie:
Veux-tu laisser fanir ta gloire & ton renom,
Engagé ton honneur comme vn craintif Poltron ?
Hé quoy, voudrois tu bien, miserable,permettre
Qu'on nous vienne offenser, & l'iniure remettre ?
Auras tu bien le cœur de nie voir gourmander
A mille mesdisans, sans siller ny gronder ?
Ie priray mes parens qui de cent bastonnades
Me vengeront de ceux qui me sont des brauades.
Lecteur, voicy vn mal qui vient renouueler
La peine au pauure Iob, & bas luy faict caler
La voille en ce destroit, imitant le Pilotte22,
Qui voyant sur Thetis ses vaisseaux & sa flotte,
Battus cruellement des Aquillons venteux,
Baisse ses voilles bas, s'exposant hazardeux,
Au courroux de Neptun, tout enflé de l'orage,
Plustost que resister à sa bouillante rage:
Ainsi fait ce Mary tres-prudent & accort,
Qui pour sage euiter vn funestre discort,
Sçait baisser à propos les voilles du silence,
33
A sa femme il permet de vomir sa fureur,
Et desbonder les flots de sa fiere rigueur ;
Mais il combat en vain auec sa patience,
Il est dompté du flus de sa perseuerance,
Il est contraint, vaincu par importunité,
D'acquiescer craintif, contre sa volonté,
Au fougoux appetit d'vne femme en colere,
Qui en fin le conduit au gouffre de misere,
Le pousse, ô fier destin ! par ses ambitions
Au centre de malheurs, où les afflictions
Viennent directement terminer & se rendre:
Il faut bon gré, mal gré sa querelle entreprendre,
Soit à droit, soit à tort, par force, ou par trahison,
En Duel, par appel, par mort, ou par prison,
Il faut se reuencher de l'iniure mordante,
Et que sans plus tarder son Mary s'en ressente,
Il faut battre ou tuer ses faiseurs de Pasquins,
Lesquels ont blasonné ses Sœurs ou ses Cousins,
Offensé son honneur d'vne langue indiscrete,
Infortuné mary, il faut que tu t'apreste
Contre ton naturel doux, courtois, & humain,
A mettre promptement les armes à la main
Pour vanger cest affront : Si c'est vn Gentil-homme
Faut se battre en Duel hazardeux,d'homme à homme,
S'il arriue ( ô rigueur ) qu'en ce combat douteux
Il tuë ou soit tué, quel malheur à tous deux,
Si sa partie Adroit, d'vne Espagnolle lame,
34
Aux ombres Stigieux faict descendre son ame,
Quel desastre hé bõs Dieux, quel plus grand desespoir,
Quel plus grand creue-cœur pourra sa Dame auoir,
Ayant par son orgueil & superbe nature,
Mis son fidelle Espoux dans la sepulture,
Qui peut estre a laissé plusieurs petis Enfans,
Dont le plus grãd d'ẽtre-eux n'aura attainct six ans,
Orphelins sans support priuez de leur cher Pere,
Par l'humeur arrogant de leur cruelle Mere:
Si d'auenture aussi il tuë & son vaincœur,
Il ne peut euiter vn funecte malheur,
S'il est pris il perdra houteusement la vie,
Estant par vn bourreau sur l'eschafaut rauie;
Ou bien il donnera comme Euesque des Chans,
La benediction de son pied aux passans,
En hazard de garder les trouppeaux à la Lune
Comme vn Berger de nuict, chose bien importune:
S'il franchist ce destroit il perdra ses moyens,
Laissant pour appoincter ses Enfans indigens.
Contemplez donc Lecteur, en cõbien d'infortunes
Tombe vn pauure Mary pour les quinteuses Lunes
D'vne Femme enragee & pleine de fureur:
Quel dessastre malheur, quelle tragique horreur
Produit ce fier Hymen, ce cruel Mariage,
Vray Tyran des humains le bourreau de nostre aage.
MVse cest trop tardé sur ce Tableau d'humeurs
Il faut ailleurs mes-huy ẽployer tes couleurs,
Si quelque place au blanc reste dedans la toile,
35
Tire pour abreger par dessus vn grand voille:
Car qui voudroit du tout ce grand tableau remplir,
Pinceaux, huille, & couleurs viendroient à defaillir,
Netoy' donc tes pinceaux, pour derechef pourtraire
Vn tableau tout nouueau,qui puisse satisfaire
Au Lecteur curieux, & son œil contenter.
Il faut premierement Muse, representer
D'vn traict bien adoucy, le plan & les ombrages
Les racourcissemens, le relief, les paisages
De ce ioug espineux, de ce fatal lien,
Plus estroit mille fois que le nœud Gordien23.
Nous auons ja depeint les humeurs qui diuerses,
Causent aux mariez mille & milles trauerses.
Figurons donc le choix par les affections,
Si Femme vous prenez pour ses possessions,
Ou si vous l'espousez pauure & necessiteuse,
Ou laide en cramoisi, difforme, & desdaigneuse,
Ou si vous recherchez vne exquise beauté,
De toutes vous aurez mainte incommodité,
Vne rare beauté la rendra soupçonneuse,
Superbe les moyens, la laideur odieuse;
La pauure vous contraint d'endurer mille maux,
Peines,ennuis, soucis, & angoisseux trauaux.
Commençons aux malheurs qui tyrannisent l'ame
Du pauure Marié espousant belle femme:
LA BELLE.
Il n'a aucun repos, vne ialouse peur
Le bourelle sans fin & luy glace le cœur:
Il tremble, il süe, il craint, il frissonne sans cesse,
36
S'il void vn Courtisan parler à sa Maistresse;
Nuict & iour il l'espie, il est tousiours au guet,
Il l'œillade, il la suit, soupçonnant qu'vn Muguet
Ne luy face l'amour, la voyant si tres-belle,
Ce qui le rend songeard & le met en ceruelle:
Car comme Iuuenal a doctement chanté,
Tres-grand est le debat entre la chasteté,
Et l'extreme beauté, & rarement on trouue
Vn visage accomply, qu'aussi tost on n'esprouue
Qu'il cache dans le sein vn impudique amour,
Se voyant caressé tant de nuict que de iour,
De mille & mille Amans, qui d'vn pipeur langage
Luy font rompre le neud du Nopcier24 Mariage,
Et brescher laschement sa gloire & son honneur,
Pour l'exposer en proye aux desirs du vaincœur.
Quel remede à ce mal, Beauté est vne ruche,
Dont l'odoreux Piment le coudre & la lambrusche,
Tirent de toutes parts les Mousches & Bourdons,
Sans le chariuary des poesles & chaudrons.
Beauté diray je encor est vne autre Panthere,
Dont la plaisante odeur attire d'ordinaire
Les autres animaux, qui tous la vont suyuant
Allechez de l'odeur qui d'elle va sortant:
De mesme vne beauté est aux yeux tant aymable,
Son amoureuse odeur nous est si agreable
Qu'vn chacun court apres, eschauffé d'vn desir
D'en cueillir par amour le souhaitté plaisir.
Bref il n'est rien si fort, rien si sainct, ou si sage,
37
Qui ne soit attiré par vn mignard visage,
Le sainct homme Dauid, le sage Salomon,
Et le fort des plus forts l'inuincible Sanson,
Ont tous esté domptez d'vne beauté exquise,
Plus rare est le subiect dauantage on le prise.
Beauté est vn Aymant qui attire le fer,
Les cœurs plus endurcis s'en veulent approcher.
C'est vn brillant Soleil, qui brusle les courages.
Vn piege deceuant tout remply de cordages,
La gluz & l'hameçon, des plus subtils espris,
Où ils sont engluez, amorcez & surpris :
Voyant vne beauté qui d'aymer nous conuie,
Il n'est homme si mort qui ne reuienne en vie,
Il n'est cœur si glacé qui n'en soit enflammé,
Cerueau si aceré qui n'en soit entamé
Hermite si deuot, voyant ses beautez ores,
Qui n'en perde soudain ses grosses patenostres:
C'est la Lyre d'Orphee, & le Luth d'Amphion,
Qui trainent les rochers aux airs de leur chanson,
Ainsi des durs rochers & les ames marbrines,
Les cœurs plus empierrez & les dures poictrines,
Sont attirez en fin de l'air delicieux
D'vn visage mignard qui enchante nos yeux,
Et nous tire apres soy par les larges Campagnes,
Par les bois plus touffus, & aspres Montagnes :
Mesme ce grand Iupin25 deuenu amoureux
Des beautez d'icy bas, en a quitté les Cieux:
Pluton laisse l'Enfer, pour rauir Proserpine
38
Mars mis ces armes bas pour caresser Cyprine,
Et sa Lyre Apolon, poursuyuant sa Daphné,
Neptune son Trident en mer abandonné
Pour aller courtiser sa mignonne Amphitrite,
Mercure son flageol, pour sa Nymphe Carite.
Tous de ceste beauté regardent l'Orient
L'aiguille de nos cœurs, touchee à cest Aymant,
Vers ce Polle luysant leue tousiours sa pointe,
A vn si beau subiect chacun donne vne attainte:
Bref l'importunité de tant de coups diuers,
Mettent à la parfin26 vne femme à l'enuers;
Qui de sa part estant d'autre chaleur touchee
Que celle de Phœbus, se voyant recherchee
De tant de Seruiteurs, de Mignons perruquez,
De ieunes Adonis, poudrez, frisez, musquez,
Propres, lestes, gaillards, en habits magnifiques,
Et qui sçauent d'Amour les ruses & pratiques,
Les passages, les traicts & les doctes leçons
Du liure Paphien les vns vsent des dons
Et de riches presens: les autres par priere,
Charmez d'vne beauté si rare & singuliere,
Tascheront de gaigner vne place en son cœur,
S'elle faict la reuesche,& vse de rigueur:
Mais la longueur du temps, & la perſeuerance,
Bouleuersent en fin ce rocher de constance,
Et la font succomber au plaisir amoureux,
Le vert tousiours au cul & la puce à l'oreille
39
Qui la pique souuent & son ame resueille,
Pour luy faire gouster les gratieux discours,
Et les mignards baisers de ces Mignons d'Amours,
Estant à les cueiller plus prompte & plus soudaine,
Que n'est vne Iument oyant cribler l'auoine,
Ou vn ieune Escolier au son de son quartier,
Qui dans la bourse bruit és mains du Messager;
Tant a de force en nous la viue batterie,
Des canons du discours vers une ame cherie,
Des dons d'vne beauté, qui pleine de douceurs,
D'vn regard de ces yeux captiue tous les cœurs,
Yeux la forge d'Amour où s'acerent les flesches
Qui font dedans nos cœurs mille cruelles bresches:
Yeux qui cachent le feu,capable d'enflammer
Les cœurs plus englacez les conuiant d'aymer,
Yeux qui chargez de traicts vont à la picoree,
Des ames & des cours pour en faire curee
A leur discretion; & vouloir l'empescher
C'est vouloir vn grand Pin des ongles arracher:
C'est aux sourds enseigner, la nombreuse Musique,
Aux aueugles montrer des peintres la pratique.
Car plustost on verra les celestes flambeaux
Abandonner leurs cours. Plustost dedans les eaux
Se nourira le feu contraire à sa nature:
Plustost le corps viura priué de nouriture:
Plustost le chaud Esté se verra sans moissons,
Le Printemps sans ses fleurs, l'Hyuer sans ses glaçons:
Que d'empescher iamais vne meschante femme
40
D'accomplir ses dessains sentãt d'Amour la flamme,
Depuis qu'elle a lasché la bride à ses desirs,
S'abandonnant du tout en ses lascifs plaisirs:
Il n'est Mary si fin, que fine elle n'affine,
S'il a quelque soupçon ; elle esuente la mine
Lors qu'elle a prins plaisir auec son Seruiteur:
Ce iour mesme au mary elle vse de douceur,
Luy taste le menton, luy frize les cheueux,
Luy baizotte le front, & la bouche & les yeux,
D'vn souspir addoucy contre-faict la sucree,
La pudique, la chaste, & femme resserree,
Feignant d'auoir l'Amour, & ses ieux à mespris,
Et detestant sur tout les esbats de Cypris
Alors le sot Mary s'estime vn vray Helie,
Rauy dedans les Cieux, ayant femme accomplie
Et parfaicte en beauté ; Mais le Faulcon niais,
Le Tiercelet de sot, ne sçait de quel biais,
Ny de quelle façon les femmes se gouuernent,
Et de quels vains appas leurs Marys ensorcelent,
Les esprits plus ialoux, & les plus ſoupçonneux
Si le mary ruzé, par ses subtilles ruzes,
Descouure ses amours, elle aura mille excuses,
Capables de tromper le Mary plus ruzé,
Plus madré, plus accort, plus fin, & aduisé,
Tant ce sexe peruers apporte d'artifice,
Pour bien couurir son ieu, & masquer sa malice,
Se seruant á propos de mille inuentions,
41
Mille traicts desguisez, mille deceptions,
Du depuis que l'Amour, en son cœur a prins place,
Il n'est plus de besoin de fueilletter Boccace,
Bouquiner l'Amadis, consulter l'Aretin,
Rechercher les secrets, composez par Courtin,
Pour sçauoir du mestier, les ruzes & finesses,
L'Amour enseigne assez ses subtiles adresses,
Il rafine l'esprit pour vser finement
Du pressement du pied, du secret maniment,
De la main de l'Amant, il enseigne les formes
Des caracteres peint selon les Astronomes,
Il donne les aduis des habits de faquin,
De poullier l'Amant dedans vn manequin
En habit desguisé, & si cela n'accorde,
Se seruir à propos des eschelles de corde :
Prendre assignation au Dictame amoureux,
Sans encre, sans papier, d'vn seul traict de ses yeux.
Et si l'on est contrainct d'enuoyer d'auenture
Le poullet à l'Amant, bien couurir l'escriture,
De sel Ammoniac, destrempé dedans l'eau,
D'ambre-gris; & Mercur, ou du secret nouueau,
De l'alun emplumé, ioinct au sang de rubettes,
Pour du poullet esclos couurir les aisleretes ;
L'enuoyer bien caché dedans vn baston creux,
Ou bien dans des pastez fort artificieux :
Tantost les enuoyer dedans des confitures,
Tantost dans vn drageoir, ou aux entrelasseures
D'vn beau bouquet de fleurs, secret assez caché,
42
Estant du seul Amant a la Dame arraché;
Tantost les enuoyer dans des pommes de cire,
Tantost dans vn œillet, quelquefois sans escrire:
Faire entendre à l'Amant ses discours bien couuers,
Repris tout à rebours & cousus à l'enuers,
Le temps, l'heure, & le lieu, pour en toute franchise
Iouir de leurs amours sans crainte de surprise,
Mesnager à propos l'absence de l'Espoux,
Pour l'employer du tout en leurs esbats plus doux.
Les yeux vrais messagers & truchemens de l'ame,
Sont les fins macreaux pour exprimer la flamme,
De nos conceptions dessignants sans soupçon,
d'vn traict bien decoché, vne assignation.
C'est le cadrã des cœurs,dont l'aiguille & la mõtre
Marquent fidellement l'heure d'vne rencontre:
Bref les yeux sont d'amour les poullets les plus fins,
Oeilladez dextrement, non pas à toutes fins,
Et milles inuentions que l'Amour leur suggere,
Que crainte d'enseigner, ie suis contraint de taire,
De peur que quelque iour par les charmes vaincu,
De ce fatal Hymen on ne me fist Cocu :
Ie ne mets donc icy que les ruses grossieres,
Dont vsent auiourd'huy les Dames boscageres :
Non, Muse, tu ne dois descouurir les foçons
Plus subtils de l'art, quitte donc ces leçons
Des charmes de l'Amour & poursuy ta carriere
Pour du Mary Cocu figurer la misere :
Si le Mary ialoux la tient comme en prison,
43
Luy defendant exprés sortir de la maison,
C'est à lors, c'est à lors qu'vne bruslante enuie
L'inuite de sortir pour chercher compagnie,
Voyant que son Mary sans subject ny raison,
La retient au logis par vn ialoux soupçon,
Et cogoissant qu'il est de ce ialoux plumage
Cela renflame encor son amoureuse rage,
Et luy fait rechercher des moyens tous les iours :
De tromper son ialoux par nouuelles amours.
Il a beau espier toutes les sentinelles,
Tous les cent yeux d'Argus, toutes les Citadelles,
Tous les plus sors Dongeons ne pourroient empescher
Que le Diable subtil n'entre dans son Enfer,
Pour hardy luy tailler de la besongne entiere,
Qu'on nomme à cul leué, & à serre croupiere.
C'est donc vrayment en vain que le Mary ialoux
Veut retenir se Femme, & empescher ses coups,
Tant plus il luy tiendra les resnes vn peu hautes,
Luy pressant trop le mords, plus il commet de fautes.
Semblable à l'Escuyer, lequel pour trop serrer
La bride à son Cheual, le contraint de cabrer:
Qui bien sagement veut vne femme conduire,
Doit imiter sur tout vn Patron de Nauire,
Lequel oyant les vents de toutes parts souffler,
Escumer l'Ocean ne sçachant où singler,
Faict descendre, aduisé, du Nauire les voilles,
Laissant rame & tymon aux ondes plus cruelles,
Pour ceder pour vn temps au courroux de Neptune,
44
Plustost que resister à ce vent importun;
Son vaisseau va flottant à la mercy des vagues,
Au hazard d'encourir les venteuses borasques:
De mesme le mary doit sagement laisser
Sa femme en liberté sans tant la harasser,
Exposant son vaisseau aux vents du Cocuage,
Puis qu'il despend du tout des loix de Mariage:
Cocu & marié se suyuent de si pres,
Que lors qu'on parle d'vn l'autre s'entend apres.
Ie les mets donc tous deux en la Cathegorie
De la relation ; faisant allegorie ;
Et rapport principal au traicts d'vne beauté,
Qui souz le ioug Nopcier27 remply de cruauté,
Nous tient comme forçats attachez à la rame,
Voyez donc quel malheur d'espouser belle femme
Il pense s'esiouyr dans le lict coniugal
Auec ceste beauté, cependant vn Riual,
Vn Galuret frizé, vn Mignon de couchette,
Luy plante finement des cornes sur la teste,
Le faict vray Marguiller de sainct Pierre aux Bœux28,
Ou de sainct Innocent Confraire bien-heureux29:
Sa femme d'autre part comme vne autre Diane
En faict vn Acteon, tandis qu'elle se baigne
Et se plonge dans l'eau de ses contentemens,
Luy met, changé en Cerf, vne meute de Chiens,
De mesdisans mocqueurs pour luy faire la chasse,
Et le faire abayer à vne populasse.
Qui a veu quelquefois vn malheureux Renard
45
Dans le piege attrappé, tout honteux & coüard,
Agassé, piaillé, de Guays & de Corneilles,
Il void nostre Cocu estonné à merueilles
De se voir agaſsé, & mocqué en tous lieux,
Baffoué, mastiné, siflé iusques aux Gueux:
Il est plus descrié que la vieille monnoye,
Chacun le monstre au doigt en passant par la voye.
La honte & le desdain luy faict baisser le front,
Voyant de toutes parts chacun luy faire affront.
On luy demande bas s'il n'entre point en fieure,
Que dommage seroit qu'il fust changé en Lieure,
Que les cornes au front luy conuiennent si bien,
Qu'Idolle il seruira au temple Delien
A l'autel Ceraton, tout façonné de cornes
A l'honneur des Cocus, qui receuoient escornes:
Et milles autres brocards, que l'on luy iette au nez
Qui luy font endurer les peines des damnez
Le rendent tout pensif, triste & melancolique,
Le front tout bazané, iaunastre, & Icterique,
Pasle, morne, plombé, cacochime, mal faict,
Cueilly, fené, ridé, hydeux & contrefaict,
Visage d'Appellant, vne mine bastarde,
Plus baueux & crasseux qu'vn vray pot à moustarde
D'vn beau Ganimedes, & Narcis qu'il estoit
Il semble vn Thersitês, en ce fascheux destroit
Plus salle: refrongné, qu'vn vsurier auare,
Terreux, affreux, hideux comme vn second Lazare
Ressuscité des morts, tant a de force en nous
46
La tristesse qui vient, d'estre cocu ialous:
Bref il semble à le voir vn Nocturne Fantosme
Haue, maigre, & deffait ainsi qu'vn sainct Hierosme
D'vn Paradis heureux de douce liberté,
Il entre en vn Enfer remply d'obscurité
En des ennuys sans fin, en des iours sans lumiere,
En des nuicts sans sommeil, au comble de misere,
Le pourtraict racourcy, des plus aspres tourmens
Qu'vne ialouse peur donne à nos sentimens,
N'y ayant rien çà bas, qui tant nos sens bourelle,
Tirasse nos esprits d'vne gesne cruelle,
Que lors que nous perdons &les biens & l'honneur,
Cruelle cruauté, rigoureuse rigueur,
Qui rend nostre Cocu matagrabolizé
L'entendement perclus, l'esprit desualizé
Plus estonné cent fois que les Fondeurs de cloches,
Ou les Loups attrappez aux pieges & amorches,
Cest vn vray sainct Mary, le patron de sainct Prix
Qu'vne fiere beauté à laschement surpris,
S'il sçait bien qu'il est sot, & malheureux l'endure,
Il est vn vray Martyr ; s'il ne sçait l'encloueure
Vn Iobez tres-parfaict, vn pur sainct Innocent30,
Vn busard, vn niais, priué d'entendement
Mais on tient les Martyrs estre plus ordinaires
Souz le Nopcier31 Hymen; C'est pourquoy nos prieres
S'addresseront à eux plustost qu'aux Innocens,
Qui pour estre priuez de ceruelle & de sens
Ne souffrent les ennuis, & la peine cruelle
47
Qu'endurent les Cocus qui ont plus de ceruelle,
Ils sont plus sensitifs aux traicts d'vne douleur
Que ces pauures niais, qui viuent sans honneur,
Laissons donc ces Buzards pour parler du martyre
D'vn aduisé Cocu, qui sans cesse souspire;
Comme tout esperdu, il ne sçait que pensser,
De quel costé tourner, ny sur quel pied danser,
A qui auoir recours, de quel bois faire fleches:
Quel baume recouurer pour guarir tant de breches
Et de coups acerez qui luy naurent le cœur :
Bref il en est logé chez Guillot le songeur,
Il tient, comme l'on dit, le Loup par les aureilles32,
Et ne sçait à quel Sainct presenter ses chandelles,
Il n'a recours en fin qu'aux larmes & aux pleurs,
Afin d'esuentiller ses cuisantes douleurs.
Il deplore, attristé, la faute qu'il a faite
D'auoir choisi pour femme vne Putain parfaite,
Inuoquant, coniurant six genres principaux
De ces Cacodemons qui sont dedans les eaux,
Qui habitent les airs dans le feu souz la terre
Incubes, Feu volans, Postillons du Tonnerre:
Pour estre les tesmoins de sa calamité,
Criant: desesperé, en ceste extremité.
Desastre infortuné, desastree infortune
O Astre trop peruers, ó quatriesme Lune
Qui dominoit au Ciel alors que ie fus né,
O Tetrigone aspect, ó poinct infortuné,
O Ciel, ô Terre, ô Mer, esclairs, tonnerre, foudre,
48
Courez, engloutissez, noyez, mettez en poudre
Ce pauure malheureux, venez Tigres felons,
Lyons, Ours, Leopards, & vous affreux Dragons
Vous paistre de mon corps, de mon sang qu'on s'enyure
Puis que ceste beauté, en qui ie soulois viure,
N'est plus qu'vne putain: Non, non, ie veux mourir
Plustost que voir l'honneur de ma maison perir.
O dure cruauté, ó destin deplorable,
O Espoux affligé, ô Amant miserable!
La fable & le Zany du populaire vain,
La butte, le subiect, & le Pasquin Romain,
Où les traicts plus poignans de toute calomnie
Se viennent descocher en toute compagnie.
Quel pauois aceré? rondache ou fort boucler
Pouroit parer ses traicts ? puis qu'il trouue en l'esclair
Des brillantes beautez de sa perfide Dame,
Le foudre rougissant, qui saccage son ame:
S'il a quelques Enfans il vois qu'à toutes mains
On leur va reprochant qu'ils sont fils de Putains,
Peut estre sont-ils faicts de dix ou quinze Peres
Comme ceux d'Harlequin, estranges vituperes.
En fin, cil qui s'allie à vne grande beauté
Court risque d'estre sot, cela est arresté
Il peut bien s'asseurer si sa femme on suborne
Qu'il entre de Libra dedans le Capricorne,
De libre qu'il estroit il se rend prisonnier,
Et se figure au front vne Lune en quartier :
S'en garde qui voudra, quiconque la prent belle
49
Est en hazard d'auoir vne corne en ceruelle.
C'est l'aduertissement des Bouchers bien apris,
Qui conduisans leurs bœufs par les rues de Paris,
Craignans blesser quelqu'vn si quelque bœuf s'esgare,
Vont crians aux passans, Gare la corne, gare.
La Laide.
SI vous la prenez laide en passé cramoisy,
Vous aurez au logis tousiours vn pain moisy,
Vn pain sans appetit, vn pain qui vous desgouste,
Fascheux à digerer, dont la noirastre crouste
Cause à vostre estomach vn desir de vomir,
Vn lasche desuoyement, vn estrange dormir
Plein de songes hideux, representans à l'ame
Le difforme pourtraict d'vne si laide Fèmme.
Quel plaisir aurez vous prés de ce laideron,
Qui de son seul regard reboucher à l'espron
De vos plus chauds desirs, & fera que la poincte
De vos affections n'aura plus nulle atteincte;
Si vostre naturel vous met trop en humeur,
Il faut bon gré, mal gré, attendre l'espesseur
De la prochaine nuict, crainte que son visage
Si difforme & si laide n'affoiblist le courage,
Et n'amortist le feu de vostre chaude ardeur,
Pensant prendre plaisir vous mourez en langueur
Pres de ce noir charbon : ceste femme hideuse
Qui enroche les cœurs comme vne autre Meduse :
Quel tourment au mary, bien presse de la fain,
N'auoir pour s'assouuir que ce rigoureux pain
50
Plein de paille, areneux, si rude & si estrange;
Qu'en fin il est contraint d'auoir recours au change,
Et chercher autre part vn pain pour r'agouster
Ses appetits perdus, & sa fain contenter:
S'il est tres-desireux des esbats de Cythere
Il ne peut s'assouuir de si maigre ordinere.
L'Amour le force donc à laisser le pourtraict
De sa femme, qui n'a ny grace ny attraict
Pour aller courtiser vne plus belle face,
Dont les attraicts mignards, le maintien & la grace,
Et les trompeurs apas l'ont soudain alleché,
S'estant vendue à luy; peut estre, à bon marché,
Pour n'auoir acheté que le cul de la beste,
Qui vaut en ce mestier, beaucoup mieux que le reste;
Si bien qu'il est content d'auoir à si bas pris
Vne ieune beauté qui faict honte à Cypris,
Desirant à iamais sacrifier sa vie
A l'autel des beautez d'vne si belle amie,
S'esclauer dans les rets de ses diuins cheueux,
Et captiuer son ame cachots de ses yeux:
Toute nuict en ses bras auec elle il folastre,
S'estant de ses beautez rendu comme idolatre.
Il se mire au cristal d'vn visage si beau,
Qui semble vn Cigne doux pres de son noir Corbeau
Sa femme d'autre part, comme Lune eclipsee,
Des rais de son Phœbus, se voyant mesprisee,
Et decheuë en ses droicts, remplist l'air de ses cris
Et de larmes ses yeux,sçachant qu'vne autre a pris
51
Sa place, & maintenant iouyst des embrassades
Des amoureux baisers, des douces accollades
De son pariure espoux, qui la fait souspirer,
S'arracher les cheueux & se desesperer,
Voyant que son Mary adultere infidelle,
Trop lascif, entretient vne ieune pucelle,
Relique du Conuent de Dame du Moulin,
Qui destourne le cours de l'eau de son Moulin
Qui chome plus souuent, si bien que sa tremie
N'a receu de long temps semence ny demie,
Laissant aussi tomber en friche son terroüer
Tout arride & tout sec, pour aller cultiuer
Celuy de son voisin, beaucoup plus agreable,
Plus plaisant au labeur, plus gras & delectable,
Arriuant rarement sans miracle nouueau,
Qu'on voye quelqu'vn s'yurer du vin de son tonneau,
Qui n'est iamais si doux, alleguant pour excuse
Qu'il est trop vieil perse, ô la plaisante ruze.
En somme l'Escuyer est du tout desgouté
De monter la caualle, ayant d'autre costé
De superbes Coursiers, de bons Genets d'Espagne
Qui fait que de piquer sa Mazette il desdaigne,
Propre tant seulement pour vn vil Palfrenier,
Non pas pour vn galant & adextre Escuyer :
En fin il est contraint laisser sa Haridelle,
Qui ne dort, comme on dit, tousiours en sentinelle,
Ou bien sur le rosty : Mais monstre aux actions
D'auoir tousiours aymé la folie aux Garçons,
52
Et le ieu de Millan, semblable à la pierre
D'abeste en Arcadois, qui à iamais enserre
La chaleur qu'vne fois elle a pris en naissant:
Ainsi ce noir charbon conserue vn feu cuysant
Au profond de son cœur, allumé de naissance:
Et puis le vermisseau de la concupiscence,
Et le Demon charnel, souflant dedans ces feux,
R'enflamme en vn instant ce brazier amoureux:
Ne faut donc s'estonner, si vne humeur ialouze
Consomme plain d'ardeur le cœur de ceste Espouze,
Et luy faict esuenter mille souspirs ardens,
Souuent rage du cul passe le mal des dens.
Ce n'est donc sans subiet si on l'entend se plaindre,
Ores par mille attraits inuiter & contraindre
Son desgouté Mary aux esbats amoureux,
Mais en vain: car il est vne glace à ses feux,
Elle a beau desguiser en saulse delicate
Sa mal plaisante chair, si son Mary en taste,
Elle a beau l'exciter pour le mettre en humeur,
Ayant ailleurs versé sa cinquiesme liqueur,
Iusques au fonds de la lie & ioüé de son reste:
Si bien qu'au conquerrant il ne peut faire feste,
Ce qui la faict mourir mille fois sans mourir,
Viuoter languissant, & viuante languir,
Lanceant a tous momens vn foudre de colere
Contre son fier Mary, l'appellant adultere,
Ores l'adoucissant de mielleux discours
Pensant le destourner de ces folles amours,
53
Qui la rendent sans fruict, sterille, seiche & maigre,
Et qui le plus souuent en humeur luy font perdre
De bonnes esclusees à faute de Musnier,
Et les saulses, qu'ailleurs verse son Cuisinier.
Mais ses sucrez discours, ses paroles de crime,
Sont des coups au mary fourrez de vieille escrime:
Des Chimeres en l'air, des Cocsigruës en mer,
Car il ne peut iamais son laid visage aymer,
Charmé ailleurs des traicts d'vne beauté exquise,
Qui faict qu'il ne veut auec elle auoir prise,
Assouuir ses desirs, contenter ses desseins
Communiquer son droict, produire ses tesmoins,
Elle a beau appeller ou presenter requeste,
Son Arrest aura lieu, qu'il ira à l'enqueste
Ailleurs où il voudra, qui met en cest endroit
La Dame au desespoir, ayant perdu son droict.
Cest alors qu'Erennis la mere de discorde,
chasse de leur maison la paisible concorde,
Pour allumer le feu de la diuision,
Et souffler les Autans de la sedition,
Lesquels germent entre-eux vne ialouze rage,
Peste de vrays Amants conioints par Mariage,
Gangrene de l'Amour, chancre de l'amitié,
Fontaine de malheurs, source d'inimitié:
Inimitié qui rend vne femme infidelle,
Taschant par tous moyens de rendre la pareille
A son friand mary, lequel tout degousté,
Ailleurs qu'en son endroict cherche sa volupté.
54
Luy faisant volontiers le reproche semblable
Que fist vn certain Loup, trouuant dans vne estable
Quelques fripons Bergers qui mangeoiẽt vn aigneau,
Quand il leur dit Messieurs, qui pillez le troupeau.
Hê quel bruit feriez vous si ainsi en cachettes
Ie faisois maintenant ce que hardis vous faites ;
Ainsi diroit la Dame à son pariure Espoux,
Qui feroit neantmoins comme luy de bons coups,
Si elle auoit moyen pour son change luy rendre,
S'il achette la chair, il la contraint d'en vendre,
Mais difficilement, malheur est que beauté
Deffaut souuent à cul de bonne volonté :
Quel remede à couurir ce defaut de nature
Nostre laide a recours à l'art de la peinture,
Composant quelque fard pour se plastrer le front,
Sa face desguiser comme les Garces font,
Allambiquant des eaux pour lauer son visage,
De Lys de Nenufar, de Concombre sauuage,
De Feues, de Boüillon, & de ius de Limons,
Graine de Psyllium, semence de Melons,
Pour effacer du teint les taches apparentes,
Ores dressant vn fard de drogues differentes
De poudre de Boras, de Canfre & de Ceruse,
D'huille de Talc, de Ben, & Myrrhe dont on vse,
D'vn peu de blanc de Plomb, & d'Alun emplumé
55
Puis pour donner aux iouës vne couleur vermeille,
Representant au vif la couleur naturelle,
Nostre laide sçait bien de Santal rouge vser,
D'Orcanette & Bresil pour la bien desguiser :
D'Espagnol Vermillon, en eau alumineuse
Pour rendre vne couleur vermeille & graticuse.
Nostre laide en apres, pour rendre ses cheueux
Grossiers, gras, morcurez, noirastres & lenteux,
A mille inuentions se monstre tres actiue,
Se seruant dextrement de certaine lexiue,
De la fleur de Genest, Capilli veneris,
De la cendre qui vient des racines d'Hyerre;
Des razures de Boüis & de fiel de terre33,
Mellisse, Cetherac, escorce de lupins
Pour rendre ses cheueux plus deliez plus fins,
Iaunastres, chastenez, ou de couleur Citrine,
Semblables aux cheueux de la douce Cyprine:
Frizez, crespillonnez, frizotez, crespillez,
Ondelez, perruquez, retors & annelez,
Cendrez, poudrez musquez de poudre de violette :
Benion & Storax, Ambre-gris & ciuette,
Si qu'allant par la rue elle laisse en passant
De son chef parfumé vn odeur doux-flairant:
En somme il faict bon voir l'idole reuernie
Et replastree à neuf la face bien garnie,
D'artifice & de fard de subtiles façons,
Et d'attrais desguisez pour gagner des Mignons :
56
Mais en vain tous ses fards: ce subtil artifice
Ne peut si bien couurir de nature le vice,
Qu'il ne paroisse en fin, elle a beau s'atiffer,
Pinceter ses sourcils, se farder, piaffer,
Faire bien les doux yeux, aller à l'escarmouche,
Des ames & des cœurs, bailler l'eau á la bouche,
Tenter tous les moyens ce gaigner vn Amant,
Pour rafraichir ce feu qui brusle son deuant,
Exciter l'appetit, marcher à la i'en-cherche,
Pour attirer quelqu'vn qui d'amour la recherche,
Mais personne n'en veut: encore que son teint
Iaunastre & bazané soit subtillement peint:
Sa hideuse laideur luy sert d'vne deffence,
Aucun n'est si ose de prendre l'asseurance
Que d'assaillir ce fort: C'est vn ferme rampart
Qui va descourageant le Cyprien soldart,
De liurer vn assaut à si fascheuse bresche,
Ou descocher dedans son amoureuse flesche:
C'est vn masche-coulis, le haut garde le bas,
Et empesche d'aller aux amoureux combats.
Helas, que fera donc la pauure infortunee,
Qui n'eust iamais pensé cuire en ceste fournee:
Quel ayde, quel secours, pour appaiser ce feu
Qui la va consommant, & brusle peu à peu
Le centre de son cœur d'vne amoureuse flame,
Qui luy fera bien tost sans secours rendre l'ame:
Courage, il faut trouuer quelque bon poussauant
Quelque faquin valet, ou palfrenier puant
57
Flairant sentant de loin le parfun de l'estable,
Ou l'odeur du bouquin fascheux & detestable,
Quelque gros Halfessier & lourdaut amoureux,
Muny assez d'humeur pour esteindre ses feux,
Nostre laide à la fin trop lasche s'abandonne
A vn pauure valet qui tres-bien la bouchonne,
Sous le ventre & partout, il l'estrille à plaisir,
Assouuissant ainsi son amoureux desir
Entre les bras puants d'vn garçon d'escurie,
Qui sçait bien appaiser sa plus chaude furie
Et refrener vn peu ceste amoureuse ardeur
Qui redouble son pouls, & la met en humeur,
L'inuitant dornauant de labourer sa vigne:
Mais ce garçon voyant ceste laideur insigne,
Ne veut plus trauailler en si laid attelier,
( S'il n'est tres-bien payé) on a beau le prier,
Il ne veut plus ioûer sinon argen sous corde,
La Dame oyant cela, contrainte luy accorde
Des gages tous les mois, afin d'entretenir
Son cul de volupté, & ce ieu maintenir.
Voyez comme tousiours la laideur on deteste,
Pensant vendre sa chair, il faut qu'elle en achete:
Vn malotru valet, vn coquin palfrenier,
Pour luy donner plaisir se veut faire payer.
Quel malheur, hé bon Dieu, quel estrange meſnage
O desastré mary, ô fascheux mariage
Ils sont contraints tous deux, estrange affliction,
D'acheter de la chair pour leur prouision.
58
Espoux infortuné ta Meduze hideuze,
Ta laide en cramoisi, ta noirastre crasseuse,
Te crayonne ausi bien sur le front vn Croissant,
Qu'vne extreme beauté que l'on va courtisant:
Ton ame neantmoins n'en est point plus ialouse,
N'ayant iamais aymé vne si laide espouse,
Pour auoir autre part mis tes affections
Source de tant de maux & de diuisions.
Voyez! donc quel danger d'espouser femme laide
Tous deux sont à l'emprũt,tous deux cherchẽt de l'aide
L'vn ayme vne Putain, & l'autre vn Palfrenier,
L'vn le faict au bordeau, l'autre pres d'vn fumier:
L'vn le faict hardiment, l'autre le faict en crainte:
L'vn le faict librement, & l'autre par contrainte:
L'vn le faict en secret, & l'autre ouuertement,
Tous deux prennent plaisir au pris de leur argent,
Tous deux sont en hazard, aux bordeaux & estables,
De gaigner par argent le Royaume de Naples,
La Duché de Surie, au coin des refondus,
L'Isle de Claquedent, au climat des perdus,
Sans oublier encor la Comté de Bauiere,
Marquisat de Tremblé, Pelade, & Boutonniere.
Considerez Lecteur quelles successions,
Royames, Marquisats, Duchez possessions
Heritent ces Amans, vrays soldats de Cyprine;
Lesquels vont s'abysmans au gouffre de ruine,
Qui cause ces malheurs au desastré Mary,
Qui peut-estre mourra de verolle pourry,
59
Sinon d'auoir choisi vne si laide femme
Qui la contraint brusler au rais d'vne autre flamme
Pour auoir espousé vn visage hydeux
Il se void à la fin chetif & malheureux,
Priué de tout plaisir, veuf de toute liesse,
Captif dans les liens d'vne laide maistresse,
Qui soubs le ioug Nopcier34 le tient encheuestré,
Ne pouuant que par mort en estre depestré:
Et croy que si encor la coustume estoit telle
Qu'entre les Chaldeens dont l'espouse nouuelle
Estant conduite au soir au logis de l'Amant,
Le Prestre deuant tous alloit lors allumant
Le feu Nopcier35 sacré, qui ne deuoit esteindre
Qu'on ne veist à l'instant leur mariage enfeindre,
Si que les a Mariez auoient la liberté
De ſe remarier en toute seureté,
Ailleurs où ils voudroient, la flamme estant esteinte,
Nostre ennuyé Mary sans aucune contrainte,
Eust-tost ietté de l'eau pour ce feu amortir,
Et dissoudre ce nœud qui le faict repentir,
Ayant lasche espouse vne si laide cheure,
Dont les noires vapeurs luy causent vne fieure
Qui le faict horribler & frissonner de peur,
Considerant de pres sa difforme laideur:
Laideur, iugez combien luy doit estre odieuse,
Puis qu'vne grand' beauté en trois iours est fascheuse
Mais le gros buffle est prins, comme on dit, par le nez,
Le sort en est iecté, les dés en sont tournés.
60
Ce n'est pas ieu d'enfant, chapitre de reprise,
Depuis que sous ce ioug nostre ame se void prise,
Elle peut s'asseurer que cest engagement
Nous doit accompagner iusques au monument:
Le repentir est vain, toutes belles excuses
Ont les pasles couleurs; pour neant mille ruses,
S'imaginent apres, il faut franchir le pas
Sans dire en souspirant, las ie ny pensois pas:
Mais laissons ces Amans desplorer leur seruage,
Pour conter au Lecteur vn autre mariage.
SI vovs L'epovzez Riche & pleine
de moiens.
Extraicte de haut lieu & Parens de Noble,
Vous vous perdez du tout, vous tombez en vn Scylle,
En vn Caribde affreux, vn Syrte difficile,
Vous pensez l'espousant auoir bien du plaisir,
Et vous n'espousez rien qu'vn fascheux desplaisir,
Vous pensez l'espousant viure en toute liesse,
Et vous mourez viuant accablé de tristesse,
Vous pensez l'espousant comme vn autre Ixion,
Embrasser plein d'espoir vne riche Iunon,
Et vous n'espousez rien qu'vne venteuse nuë,
Qui brouille vos espris, & sille vostre veüe,
Ne pouuant rien sortir d'vn tel accouplement
Que Centaures d'ennuis, que Monstres de tourment
L'espoussant vous pensez espouser vne femme,
Et vous n'espousez rien qu'vne superbe Dame,
61
Qui vous gourmandera comme vn vil Seruiteur,
Et vous fera mourir en extreme langueur;
De libre vous voila tombé en esclauage,
Et vostre liberté court vn piteux naufrage
Sur l'Ocean enflé de vents de sa grandeur,
Qui vous abismeront au gouffre de malheur.
Vous pensez, comme on dit, brauer en pleine foire
Chargé d'or & d'argẽt, cõme on vous faict accroire,
Vous pensez l'espousant auoir tout à souhait,
Vous errez au calcul, vostre compte est mal faict:
Amy vous vous trompez, vo' cõtez sãs voste hoste,
Vous conterez deux fois : vogant sur ceste coste
Vous pensés butiner les thresors du Leuant,
Pippé d'vn vain espoir qui vous va deceuant:
Mais vous ne gagnez rien que reproches piquantes
Dont on va repaissant vos trop folles attentes.
Vous verrez quelquefois ceste femme en fureur
Vser en vostre endroit d'vne estrange rigueur:
S'il aduient par hazard qu'vn important affaire
Où elle ait interest, vous ayés voulu faire,
Soit ou pour receuoir le raquit & payement
D'vne rente amortie, à elle appartenant,
Ou soit que ce rembours à brauer ta despence,
Lors elle te repart d'vne fiere arrogance :
Quoy maraut, pense-tu de mon bien disposer?
Est.ce le seul subiect qui t'a faict m'espouser ?
Hé quoy, voudrois-tu bien, gueux à plate besace,
Qui faquin, és sorty d'vne si basse race,
62
Selon tes appetits disposer maintenant
De mes commoditez, & trencher du Rolant,
Portant habits pompeux de soye à chiquetades,
Ie t'empescheray bien de faire ces brauades
Aux despends de mon bien, te serrant de si pres
Le mords, que tu n'auras moyen de mordre apres.
Vas ten en Canada pescher aux Escreuisses,
Et ne viens point icy reprocher tes seruices,
Tu es vn gentil sot, ie t'ay fait trop d'honneur
De t'auoir espousé, & donné ma faueur,
Tu n'auois, mal-heureux, que la cappe & l'espee,
Comme vn Aduenturier, lors que tu m'eus trompee,
Sans moy, pauure maraut, viure tu ne pourrois:
Tu es donc trop heureux de me seruir cent fois,
Pour toy i'ay refuze cinquante Gentils-hommes
Issus de fort bon lieu, qu'à present ie ne nommes,
Lesquels me recherchoient pour mes nobles parens,
Mon exquise beauté, ma richesse & mes biens ;
Tu deurois donc baiser à toute heure la place
Où ie pose mes pas, t'ayant fait tant de grace
De t'auoir seul choisi entre tant d'Amoureux,
Esprise follement d'vn amour malheureux,
Et pipee aux attraits de tes douces blandices,
Tes appas deceueurs, tes subtils artifices,
Dont, fin, tu t'es seruy, pour gagner souz l'Hymen
Ma grace, mon amour, & iouyr de mon bien :
C'estoit à mes moyens qu'on vsoit de caresse
On courtisoit mon corps pour auoir ma richesse,
63
Ce n'estoit point à moy que s'adressoit l'amour;
C'estoit à mes escus que l'on faisoit la cour :
Mais las, pauurre abuzé, tu n'es pas où tu penses,
Ie t'empescheray bien de faire des despences,
Et tourner si souuent les dez à mes despens,
Banqueter tes amis ainsi que tu pretens,
Trencher du liberal en toute compagnie,
Ayant de mes escus la bourse bien garnie,
Ioüer, boire d'autant, folastrer en tous lieux,
Piaffer tous les iours en habits somptueux,
I'auray tost arraché ceste folle esperance,
Te tenant de si pres l'argent & la finance,
Que tu n'auras moyen d'accomplir tes dessains,
Si tu m'y veux forcer tes efforts seront vains:
Ie sçauray bien dompter ceste fougue Espagnolle
T'ostant auec l'argent le cœur & la parolle:
Qui demeure esperdu, immobil estonné,
C'est le pauure Mary, plus que s'il eust tonné,
Estourdy du Batteau, & camus à merueilles:
Ceste tempeste oyant, si pres de ses aureilles,
Il est tout hors de luy, son esprit trauaillé,
Demeure tout confus se voyant rauallé
Du haut du firmament d'vne belle esperance,
Au centre plus profond de toute defaillance:
Ia desia il pensoit estre aux quatre Elements,
Et au Cube carré de ses contentemens,
Souz l'Equinoctial foisonnant d'abondance,
Au cercle Apogean d'vne riche puissance,
64
Au Solstice esleué de toute volupté,
Et à point vertical d'heur & felicité.
Ia il pensoit auoir gaigné la riche flotte
De l'Inde ou du Peru, comme vn expert Pilotte,
Vn subtil Escumeur, vn Pyrate ruzé,
Mais il se trouue en fin sottement abuzé,
Pensant auoir trouué la pierre aux Alchimistes,
Et les riches lingots des fins Paracelsistes,
Pour s'estre marié pour les biens richement,
Il ne remporte rien qu'vn grand contemnement.
Ses fourneaux, son metail, sont tournez en fumee,
Sa ieunesse à souffler en vain s'est consommee
A souffler, plain d'amour, mille souspirs ardens,
Pour de sa riche femme obtenir les moyens,
Pensant en bon argent transmuer, son Mércure,
Il le void transformé en mespris & iniure,
Voyant à coups; de bec sa femme l'outrager,
Voudroit bien s'il pouuoit, d'elle se reuenger,
Mais il n'ose gronder ny dire vne parolle
Qu'il n'ait tout aussi tost le retour de son rolle,
S'il passe plus auant & la vueille offenser,
Et en ses actions trop prompt la trauerser
Ou de colere esmeu il vse de main mise,
Lors il est menassé d'estre mis en chemise,
Renuoyé au bissac en chausses & pourpoint,
Puis ses parent sont là, lesquels ne manquent point
De Rolans, Fierabras, & des Trenche-montagne,
Qui luy feront bien tost mesurer la campagne,
65
Ou bien luy tailleront des iartiers d'incarnat:
Ainsi sera payé le brauache soldat
Pour merite loyer & digne recompence,
D'auoir pour l'espouser consommé sa substance.
Mal encontré Mary, qui pensoit auoir pris
Vne femme en ses laqs & elle l'a surpris,
Luy tenant de si pres le pied dessus la gorge
Qu'à peine il peut vser des soufflets de sa forge:
Le renge souz ses loix la baguette à la main,
Luy faisant bien ronger & remascher son frain,
Ores le maniant à diuerses passades
A courbettes, à bonds, voltes, & ballotades:
Sa dame est l'Escuyer, il n'est que le Poulain
Bridé, sanglé, piqué comme vn retif vilain,
Le caueson au nez, le mords tousiours en bouche,
De crainte qu'il ne soit trop fougoux, ou farouche,
Le rendant à la main plus souple & obeissant
Que n'est à son Regent le plus craintif Enfant.
Il est plus malheureux mille fois qu'vn Corsaire,
Prisonnier sur la mer en extreme misere
A la rame attaché, pour luy faire sentir
De tous ses larrecins vn triste repentir,
Estant contraint souffrir les rudes escourgees
D'vn Comite cruel aux humeurs enragees;
Si dans le Galiot quelque faute il commet
Au profond de la mer tout soudain on le met.
De mesme est ce Mary attaché à la rame
Des fougueuses humeurs de sa superbe Dame
66
Qui le force d'obeir à ses complexions,
Et ployer souz le ioug de ses affections,
Luy faisant aualer en vn iour plus d'iniures
Qu'vne Truye en vn an ne boiroit de laueures;
Ce sont les nerfs de bœuf de ce Commite fier,
Dont la Femme souuent pratique le mestier
A l'endroit du Mary, tombé en esclauage
Dans les creuses prisons de son hautain courage,
Luy tenant des propos beaucoup plus rigoureux
Qu'vn Comite inhumain au Forçat malheureux.
Impudent ose tu esleuer la paupiere
De ta presomption contre ta nourriciere,
Dira ceste superbe à son Mary captif
S'il faict trop le fascheux, le rebelle, ou retif,
Il est contraint d'obeir, d'endurer, & se taire,
Enchainé aux Cachots de si rude Geoliere,
Qui luy tiendra ces mots : Ha petit Auorton,
Potiron d'vne nuict, trop foible reietton:
Ha petit vermisseau, qui rampes de nature,
Qui au monde t'ay mis comme ma creature,
Oze-tu maintenant contre moy t'esleuer,
Toy qui comme Vassal dois de moy releuer?
Tu as le nez trop court pour auoir l'asseurance
De m'oser attaquer ou me faire nuisance?
Autrement ie ferois sur ta teste orager
Vne gresle de coups, si tu l'osois songer;
Retire toy Coquin hors de deuant ma face,
Ie le dis, ie le veux, & me plaist qu'on le face;
67
Ie ne veux plus t'ouyr tempester si souuent,
Pensant par ce moyen tirer de mon argent ?
Tu as donc beau fouguer & vser de menasse,
Car ce n'est pas pour toy que ces œufs on fricasse,
Mon argent & mon bien sont voüez autre part
Que pour entretenir vn esuenté soldart ;
Tu as, pauure estourdy fort mal pris tes mesures,
Tu peux bien autre part chercher tes aduentures.
Quoy ? ce pauure Mary pourra-il supporter
Ce foudroyant esclat, & ferme y resister.
Non, non, il ne pourroit non plus que la rosee
De l'Aurore estiual, aux rayons exposee
Du Delien flambeau, lequel va dissipant
Cet humeur matinal, au Midy s'esleuant :
Ou bien diray ie encor non plus qu'aux monts d'Indie
Les petits Pigmeens à la rude bondie
Des Grues & Vautours, lesquels tout à la fois
Les enleuent en l'air, deux à deux, trois à trois :
De mesme le Mary n'a non plus de puissance
De soustenir l'effort & la fiere arrogance
De sa femme en courroux, qu'vn mechant petit Nain
Ou la Caille à l'endroit du Faucon inhumain :
C'est contre les Geans entreprendre l'escrime,
C'est vouloir opposer la pointe d'vn freſlon
Pour arrester le choc d'vn ferme bataillon :
C'est vn pierreux rocher contre le tendre verre
De vouloir resister à ce foudre de guerre.
68
La nature a donné à tous les animaux
Moyen de se deffendre encontre tous assaux,
Elle a voulu doüer d'vn prompte vitesse
Les Lieures trop craintifs, si quelqu'vn les oppresse;
Elle a voulu donner des crochets au Sanglier,
Des cornes au Taureau, au Cerf, & au Belier,
Aux Serpents vne queuë, & aux Pigeons des aisles:
Aux Heros vn grãd bec, aux Vautours, & aux aigles,
Aux Mousches l'aiguillon pour nous esguillonner,
Aux Femmes tout ainsi elle a voulu donner
Trop foiblettes de corps, la langue pour deffence,
Leur rempart asseuré, & leur ferme asseurance,
Leur grand palladium, leur Dongeon & leur fort,
Leur refuge dernier, leur vnique support.
Leur langue est leur carcois, leur fureur, leur sagettes,
Pires cent mille fois que ceux des Massagettes.
Dont les coups acerez ne donnent que la mort,
Et les leur tuent l'honneur, ou le blessent bien fort.
Le Mary laisse donc siffler ceste Couleuure
Sçachant que son venin tant seulement demeure
A la gorge & aux dents, ainsi le noir venin
Et le poison mortel du sexe feminin
Ne gist tant seulement qu'en leur langue meschante,
Laquelle est mille fois plus aigue & trenchante
Qu'vne lame d'acier, qu'vn poignard aceré,
N'estant homme si fort, constant & asscuré,
Qui frappé de ses traicts ne perde la constance,
Se voyant gourmandé par ceste fiere engeance,
69
Vergongné mastiné d'vn si vil animal,
Animal imparfaict, qui n'est né qu'a tout mal;
Animal importun, superbe, plain de rage,
Effronté, mesdisant, inconstant & volage:
Animal simulé tout confit en trahison,
Hypocrite fardé, sans esprit ny raison.
O sexe lunatic, ó femme trop fantasque,
Plus cruelle aux humains que l'inhumaine Parque,
Que la fiere Atropos, tant seulement couppant
Le filet de nos iours. Et toy tu vas trenchant
De ton fatal ciseau, ta langue enuenimee
Aussi bien que le corps, l'heureuse renommee.
Contemplez donc Lecteurs, & deux fois contẽplés
Combien sont malheureux ceux qui sont enrolés
Aux prisons de l'Hymen, souz Dame si puissante
Extraicte de haut lieu, en richesse abondante :
Vous pauure d'autrepart, d'vn lieu vil & abiect,
Vous rendant son vassal, & obeissant subiect,
Son valet, son garçon, son Laquais & son Page,
Detenu prisonnier en Turquesque seruage36,
Ayant pour l'espouser vendu la liberté
Pour vn petit de bien seruement acheté.
Quiconque voudra donc qu'esclaue on le mastine,
Fera bien d'espouser femme riche & mutine.
La pauure.
SI vous l'espousez pauure en toute pauureté
Vous tramez un filet qui vous tient enreté
Aux prisons, ou tousiours vostre ame ẽdure & souffre
70
Vous mesme vous creusez & l'abisme & le gouffre,
Lequel doit engloutir vos plaisirs plus plaisans,
Pour vous laisser apres mille soucis cuisans,
Qui vsent vos esprits d'vne lime rongearde,
Et rendent vostre humeur fantastique & songearde,
S'alambiquant du tout à chercher le moyen,
Fuyant la pauureté d'amasser quelque bien
Pour nourrir vos Enfans, vostre train & famille,
Qui vous faict supporter des gesnes mille & mille
Arriuant bien souuent contre toute raison,
Qu'on verra plus d'enfans en moyenne maison,
Qu'aux maisons de ces Grands, riches & opulentes,
Qui manquent d'heritiers pour posseder leurs rentes.
Si pauure vous auez des Enfans à foison,
Cela redoublera le trop cuisant frisson
De leur gaigner du bien, vostre Femme estant pauure,
N'ayant d'or ny d'argent, enrichy vostre coffre,
Pour n'auoir apporté que le cul & les dens,
Qui requerent tous deux de tres grands entretiens:
Il faut de volupté que son cul on nourisse
Et que la fain des dents, de pain on assouuisse,
Qui est au pauure Espoux vn os dur à ronger,
Et le faict de despit a toute heure enrager,
La teste secoüant aupres de sa compagne,
Comme vn Barbet moüillé ayant pesché la Cane:
Et n'est que de sa part il a quelques moyens,
Il ne pourroit nourrir sa famille & ses gens,
Pour auoir follement, plein de flamme amoureuse
71
Espouzé sans argent vne necessiteuse,
Pipé par les attraits d'vne fresle beauté
Qui le tient maintenant en grand captiuité:
Car combien qu'elle fust pauurette & disetteuse,
Ne laisse neantmoins d'estre fort glorieuse,
Faut-il, helas, faut-il qu'vn peu de volupté
Ait fait à si bas prix vendre la liberté
De ce pauure Mary,ayant pris alliance
En lieu vil & abiect, sans aucune esperance
D'auoir quelque secours en ses necessitez
De si pauures parens, sans biens n'y qualitez,
Tous gents de bas alloy, d'vne chetiue race ;
Faut-il qu'vne beauté qui tout soudain s'efface,
L'ait tant fait oublier & esgarer de sens,
D'auoir ainsi foulé l'honneur de ses parens,
Sa race, sa maison, laschement profanee
Souz les rustiques loix d'vn si pauure Hymenee :
Hé, quoy? Diray-ie encor, faut-il que ces espris
Par les rais d'vn bel œil ayent tant esté surpris,
Charmez: & amorcez, ensorcelez encore,
D'vn œil vrayement d'Aspic, qui ces plaisirs deuore,
Pour luy faire adorer souz le Nopcier37 lien,
Vne seule beauté, vefue de tout moyen,
D'amis, & de parens, vne bien pauure fille,
Qui raualle si bas l'honneur de sa famille.
Ses plus proches parens le quittent d'amitié,
Ayant pris sans conseil pour sa chere moitié,
Vne fille qui n'a qu'vn visage agreable,
72
Pauurete, sans parens, sans moyens peu sortable,
A son antique race & à ses qualitez,
Ce qui rend ses parens contre luy despitez,
Ayant retrogradé de la dixiesme sphere,
Et du haut Cercle Astré brillonnant de lumiere
Où ses nobles parens auoient haussé son nom,
Et graué la splendeur de son fameux renom,
Pour lasche s'abaisser iusqu'au Cercle Lunaire,
Qui par vn pauure Hymen vient obscurcir sa gloire.
Voyant donc ses parens ainsi le contemner,
Cela luy faict aussi de sa part desdaigner
Sa femme ja content de son mignard visage,
Desdain, qui germe ẽtre-eux vn tres mauuais mesnage
Si la pauurette veut au logis commander,
Son Mary tout soudain, la voudra gourmander,
Luy disant pense-tu estre Dame & Maistresse,
Et commander ceans ainsi qu'vne Princesse?
Ie te r'enuoyeray bien au champs à tes Moutons,
Nous n'auons pas esté, toy & moy compagnons:
Tu n'estois rien sans moy qu'vne simple Hardelle,
Et ie t'ay faict porter l'habit de Damoiselle,
Tu n'as rien apporté que le cul seulement,
Tu n'auois quand tu vins qu'vn pauure vestement
La robbe de blanchet comme vne Villagoise,
En teste vn couure-chef, à la mode Viroise:
En enflee auiourd'huy du leuain de mon bien,
Te voyant sur le dos ce superbe entretien,
Tu me veux cõmander, cõbien qu'on t'ait fait naistre
73
D'vn Atome leger, & presque d'vn non estre
Ta memoire, & ton nom, gisoient cõme au Tombeau:
Naistre & ressusciter, ie l'ay faict de nouueau,
Esclorre ie t'ay faict de la poussiere & cendre
D'vne grand' pauureté, pour heureuse te rendre,
Comme vn nouueau Phœnix, renaissant peu à peu,
Des cendres de son corps consommé par le feu:
Neantmoins comme vn Pan tu est alles tes aisles,
Tu veux trencher du pair auec les Damoiselles:
Croy, que i'abaisseray ton arrogant caquet,
Te faisant mettre bas la coiffé & l'affiquet:
Lors la femme repart, esprise de colere,
Pense-tu que ie sois comme vne Chambriere?
Tu as beau detester tous les quatre Elemens,
Ton espouse ie suis, en despit de tes dens:
Il faut doux comme laict aualler ce breuuage,
Puisque l'Hymen Nopcier38 nous ioinct par Mariage,
Bien que ie fusse pauure & sans commodité,
Chacun me recherchoit pour ma rare beauté:
Vn regard de mes yeux, vn seul traict de ma face,
D'vn Scythe le plus fier eust peu gaigner la grace,
Ie ne pouuois manquer de trouuer bon party,
Ayant de cent beautez le visage assorty.
Quoy ? penserois-tu bien que i'eusse esté perduë
Si espouse chez toi ie n'eusse esté rendue?
Mon visage parloit pour moy incessamment,
Et pouuoit m'acquerir des Maris sans argent,
Ne me reproche point par colere ou menace,
84 39
Que mon estre i'ay pris d'vne trop basse race,
Pour oser contre toy faire comparaison,
Femme tu ne deuois me prendre en ta maison
Si tu ne desirois m'auoir pour ta compagne :
Pauure ie ne veux point qu'vn Mary me desdaigne,
Pourquoy m'espousois-tu pour ainsi m'outrager,
Qu'heureuse i'eusse esté d'espouser vn Berger
Plustost qu'vn tel Tyran, de nature cruelle,
Qui me tient en prison comme vne Criminelle,
Me gourmande, me bat, ainsi qu'vn chien mastin:
O trop barbare Espoux, ô cœur diamantin,
Infortuné Mary, qui eust dit qu'vne Gueuse,
Qui n'auoit que le cul, eust esté si fascheuse,
Qui eust iamais pense, qu'vne qui n'auoit rien
Que la seule beauté, le rustique maintien,
De discours arrogans, eust voulu te rabattre,
Et ioüer la Medee ainsi qu'en vn theatre,
Tu pensois l'espousant estre mieux respecté,
Mieux seruy, mieux obey, pour sa grand pauureté,
Tu sçais où tu en és, tu en as belle lettre,
Tu ne deuois iamais pour ton espouse admettre,
Vne fille si pauure, alleché d'vn desir
Qui te fait acheter vn trop cher desplaisir:
Tousiours sa pauureté te faict baisser la teste,
Et son fascheux caquet te tourmente & moleste,
Sous silence ie tais tant de soucis cuisans,
Tant de soin d'amasser du bien à ses Enfans,
Tant de nuicts sans repos, & tant d'inquietudes.
75
Tant de iours en trauail, fascheuses seruitudes,
Tant d'ennuis, de chagrins, fruits de la pauureté,
Qui tiennent ces esprits aux prisons arresté,
N'estant point aduancé du costé de sa femme,
D'argent n'y de moyens, cela luy gesne l'ame:
Il est plus tourmenté qu'vn Zisiphe aux Enfers
Sentant de pauureté les plus rigoureux fers,
Le soin le va rongeant, sa Femme le trauaille ;
Ses Parens despitez luy liurent la bataille :
Voila le foudre aigu, aussi les triples fleaux
Qui luy font endurer de tres-rudes assaux :
Mais ce qui plus des trois le gesne & le bourelle,
C'est de voir commander sa femme en Damoiselle
Superbe aller par haut, brauer effrontement,
S'enfler pleine d'orgueil, respondre arrogamment,
N'estant rien si fascheux, ny tant insupportable,
Qu'vne pauure enrichie, ô chose detestable,
Estrange changement, que de voir vn Serpent :
Qui n'aguere trainoit sur le ventre rampant :
S'esleuer haut en pieds, & d'vne humeur hautaine
Brauer les animaux qu'il rencontre en la plaine :
O Monstre contrefait, ô changement diuers,
Nature que ie croy, opere de trauers,
En metamorphosant vn cœur d'humble Bergere,
Nourrie entre les champs, le chaume & la fougere,
En vn courage enflé plein de presomption,
Pour morguer son Mary à la moindre action.
Hé Dieu, quel changement, quel estrange coustume,
76
Quel amer gobelet, quelle horrible amertume,
De voire ceux qui n'ont rien apporté au logis,
Commander plein d'orgueil, de honte i'en rougis,
Ie frisonne d'horreur, de voir vne Coquine
Gourmander son Mary d'vne façon mutine :
Si bien qu'il est contraint par vn baston noüeux
D'arrester quelquefois son caquet ennuyeux,
Et rabaisser vn peu son audace effrenee,
Puis estant comme elle est de pauure parens nee,
Cela le rend encor plus prompt à la ranger,
N'ayans aucuns parens qui la puisse venger:
L'vn pleure, et l'autre bat, l'vn fougue, & l'autre crie,
Voyez qu'vn pauure Hymen donne de fascherie,
Quels deux predicaments : l'vn est en action,
Qui tempeste, qui bat : & l'autre en passion
A receuoir les coups en extreme agonie.
Quel Disdiapasson, quelle rude harmonie,
Quelle Musique, hê Dieux, quel discordant discort
Entre ces mariez; quelle mourante mort?
L'vn se plaignant des coups, qu'à grand tort il endure:
L'autre de pauureté, tres-rigoureuse & dure,
Qui la reduit si bas qu'il est presque indigent,
Pour auoir espousé sa femme sans argent,
Et voyant bien qu'elle est cause de sa misere,
Cela luy faict lascher sur elle sa colere,
Desgorger sa fureur, chargé de tant de soin,
Tant d'enfans: & l'argent luy faillir au besoin,
Puis mesnage est pesant ( comme l'on dit ) en diable,
77
Ayant l'appetit grand, le foye insatiable,
Auide l'estomach, si tres-longues les dens,
Qu'il seroit bien requis pour tous ses entretiens
Saouler ses appetis, à sa fin satisfaire,
D'auoir de l'Espagnol la bourse pecuniere,
Dans laquelle l'on void souuent reuerberer
Les rayons iaunissans de l'Astre iournalier,
De l'Inde, ou du Peru, des Isles Philippines,
Mexique & Calicut, où sont les riches mines ;
Sous l'Atome duquel la forme & les rayons,
Le grand Iupin40 voulut descendre en ses cantons :
Sans lequel nos amours se tournent en furie,
Sans lequel on nous fuit, attains de ladrerie:
Depuis que nous voyons ce donne vie argent,
Prendre congé de nous, tout se tourne en tourment,
Nos plaisirs en douleurs, & nos ris en tristesse,
Et bref la pauureté est vne rude hostesse,
C'est vne maladie où tous les Medecins,
N'entendent rien du tout, bien que rusez & fins,
Non, pauureté n'est rien qu'vne Paralisie,
Vn dormir lethargic, qui tient l'ame transie,
Tous les nerfs engourdis, ostant le mouuement
Des actions du corps, priué de cest argent:
Ce metal est l'esprit, qui donne à nos arteres
Le vital mouuement & appaise ses fieures,
C'est ce qui donne aux nerfs vn esprit animal,
Enuoyé du cerueau par l'argenté canal
De l'espine du dos : c'est ce qui donne aux veines
78
La chaleur & le sang, sont ces viues fontaines,
C'est le cerueau le foye, & le cœur des humains,
C'est la vie & le sang de nos plaisirs mondains:
C'est le premier mobile, & la dixiesme sphere,
Qui donne à nos plaisirs la roüante carriere,
C'est ce qui faict mouuoir la roüe & les ressors,
Le secret des secrets, & l'accord des accors:
Argent est le Piuot, l'Arcboutant & le Pole,
C'est ce puissant Atlas, qui de sa forte espaule
Va soustenant le Ciel de nos contentemens,
L'Elixir resultant de tous les Elemens
Des plaiſirs, d'icy bas : Ciel dont les influences
Departant à nos cœurs mille resiouyssances:
Vray Soleil des humains, qui esclaire nos yeux,
Sainct Ange Raphaël, qui nous guide en tous lieux ,
Diuin charme-soucy, oste-soin, chasse-peine,
De toutes voluptez, la source & la fontaine.
C'est pourquoy no' lisõs qu'vn certain iour les Dieux,
Pour monstrer leur grandeur, sorrirent orgueilleux
Des planchers azurez, portant dedans leur dextre
Les armes & trophee, où chacun est adextre:
Le Dieu Tonnant Iupin41 son clair foudre monstroit,
Et l'inuincible Mars sa lance en main branloit:
Ce deuoreur d'enfans, ce vieil songeard Saturne,
Fist monstre d'vne Faux, & d'vn Trident Neptune:
Mercure vn Caducee, vne Lyre Appollon,
L'Arc, la Trousse, & les Traicts, l'Archerot Cupidõ
Son Vignoble Bacchus, & Ceres ses Campagnes,
79
Le Dieu Pan ses forets, les Muses leurs montagnes,
Hercule sa Massüe, & Pallas son Pauois,
Sa Coquille Venus, Diane son carquois:
Mais tout incontinent qu'ils eureut veu la terre
Ouurir ses larges flans dans lesquels elle enserre
Tant de riches tresors, ils furent tout espris
D'vn desir de iouyr de ce metal de pris:
De cet or iaunissant chacun veut qu'on luy donne,
Le puissant Iupiter en dore sa couronne,
Son trosne & son Palais, & sa cuirasse Mars,
Sa picque & son espee, & Cupidon ses dards,
Neptune son Trident, son caducee Mercure,
Appollon en dora sa blonde cheuelure,
Pallas sa forte lance, & Ceres ses moissons,
Et le reste des Dieux s'en sert en cent façons.
Voyez combien pour l'or Berecinthe on honnore,
Pour ce riche metal chacun des Dieux l'adore.
Il est donc plus puissant que ne sont tous les Dieux?
Il dompte les humains, il penetre les Cieux,
Il braue les enfers, il charme le Cocyte.
Le Stix, le Phlegeton, le Cerbere il despite.
Quiconque est donc priué de ce puissant agent,
Auec les Quinze-vingts peut dire asseurement
Qu'il a perdu chetif toute ioye en ce monde,
Et qu'il tombe aueuglé en la fosse profonde
De toute pauureté, s'il n'est illuminé
De ce brillant metal aux mines affiné,
Dont la priuation est vne Estiomene.
80
Vn chancre à nos esprits, & au corps la gangrene.
Voyez donc quel malheur au mary malheureux
D'espouser aueuglé, Femme pour ses beaux yeux,
Sans amis, sans argent, pauurette & disetteüse:
Et n'est-ce pas creuser la fosse malheureuse,
Laquelle doit en fin ses plaisirs engloutir,
Pour luy laisser apres vn tardif repentir?
Que reste à cet espoux, sinon soucy pour Page,
Chagrin continuel pour Vallet de Bagage,
Peines, ennuys, soucis, pour Hommes & Vassaux:
Pour Laquais & Gouiats mille espineux trauaux
Et pour Maistre d'Hostel tousiours nette cuisine,
Voila comme le train d'vn pauure Hymen chemine.
C'est peu que tout cela ce ne sont rien que ieux
C'est bien autre malheur s'ils sont pauures tous deux.
Mais Lecteur, ie ne veux prophaner ma Satyre
Pour lasche m'amuser à pourtraire & descrire
Les malheurs d'vn Hymen populaire & abiect:
Souz silence ie tais vn si ample subiect,
Ie ne veux point chanter en ces vers Satyriques
L'Hymen infortuné des estats Mechaniques:
Car ce seroit la soye au fleuret meslanger,
Le chanure auec le lin, & l'or au fer ranger:
Ie laisse les malheurs de ceste Populace
Qui de maux souz ce ioug souffre vne milliasse
Pour t'aduertir, Lecteur, des perilleux dangers,
Des bancs & des escueils de ces Nopcieres42 mers
De ces vents orageux, ces tempestes grondantes.
Cachet de la Bibliothèque Nationale. 81
Ces borasques, ces flots, ces vagues escumantes,
Prestes à submerger, abysmer & noyer
Ceux qui vont nauigeant cet Ocean Nopcier43,
A grand peine l'on peut esuiter le naufrage,
Faisant voille en la mer du fascheux Mariage:
On court tant de perils, de risques & hazards,
Des vents, de flots, d'escueils, & Corsaires pillards,
Qu'à grand peine l'on peut flotter en asseurance
Entre tant de dangers, rangez en ordonnance,
Pour tascher à tous coups de perdre & abysmer
Nostre flottante nef au profond de la mer.
Hé quelle est ceste mer ? sinon le Mariage,
Quels sont ces Aquilons qui excitent l'orage,
Que la diuersité de nos complexions ?
Qui sur cet Ocean meuuent cent tourbillons.
Hé quels sont ces escueils qui brisent le Nauire
Par vn choc perilleux, que le cruel martyre
D'vne extreme beauté, qui nous plante a plaisir
Des cornes sur le frons en soulant son desir.
Quels sont ces flots cruels,ces ondes bouillonnantes,
Que l'humeur coleric des femmes arrogantes,
Quel est ce gros broüillas, & la sombre noirceur
Qui obsurcist les airs, que l'insigne laideur
D'vn front tout bazané d'vne horrible Meduze,
Qui d'vn charmeur discours vostre ieunesse amuse.
Quels sont ces Escumeurs, Corsaires rigoureux
Que l'on va rencontrant sur ces flots escumeux ?
Que le courage enflé d'vne femme opulente
82
Qui dedans ces prisons cruelle vous regente
La baguette à la main, vous faisant endurer
Les tourments que feroit vn Corsaire sur mer.
Quel est le chaud, le froid, & la faim importune,
Que l'on souffre vogant sur ce vaste Neptune,
Loing de terre escartez sinon la pauureté,
Espousant sans moyens femme pour sa beauté.
Contemplez donc, Lecteur, combien la destinee,
Nous trame de dangers sur la mer d'Hymenee,
Quel Pilote asseure, quel expert Nautonnier,
Quel hardy Matelot, quel ruzé Marinier
Se voudra embarquer en mer si orageuse
Pleine de tant d'escueils? Quelle ame hazardeuse,
Quel esprit aueuglé, plein de temerité
Voudra faire flotter sa chere liberté
Sur vn tel Ocean, tout escumant de rage
S'il ne veut s'exposer au peril de l'orage.
Et bref tous les destroicts de l'Ocean du Nord,
Ou ceux qui vers le Sud ont vn funeste abord,
Celuy de Magellan vers le Pole Antarctique,
Ou cil de Gilbatar, dessous nostre Ourse Arctique
Ne sont point aux Nochers si fascheux à passer,
Comme il est dangereux vne femme espouser.
Fin de la Saytre Cinquiesme.
83

Bandeau. CENSVRE DES FEMMES. SATYRE.

Lettrine "S".
S V S, ma Muse, au trauail, c'est trop pris
de relasche,
Il faut recommencer où finissoit ta tasche:
Reprens donc ton pinceau pour peindre
brusquement
Sur ton Nopcier44 Tableau vn racourcissement
Des malheurs, Maladies, & trauerses faſcheuſes,
Qui procedent du haut des Putains Amoureuses,
Car des femmes de bien, ie n'entends point parler,
Leur pudique maintien les fait tousiours briller
Parmy l'obscurité, Ainsi qu'vne lumiere
Qui esclate par l'air,quand dessous l'Hemisphere
Le Delien flambeau, va son tour commencer;
Ie priray seulement les Chastes m'excuser
Si blasmant les Putains tout leur sexe ie blasme,
Bien que le tout s'adresse à l'Impudique Femme;
Ie sçay qu'on me dira que sans exception,
Ie blasme en General & sans distinction
Le sexe Feminin, A quoy pour repartie,
Ie dis que nous voyons la plus grande partie
84
De ce sexe mechant le tout en emporter
Qui faict qu'au general, ie me veux raporter
Que tu causes de mal, malheureux Promethee,
Ta main est à bon droict sur Caucase atachee
Pour auoir effronté rauy le feu Diuin
Les Dieux pour te punir d'vn si grand larrecin,
T'enuoyerent çà bas pour tourmenter ton ame
Maladies & trauaux & l'engeance de femme.
Mais de tous ces Trois Fleaux,celuy qui plus nous nuit
C'est la femme, Animal des grands Dieux introduit
Pour punir les Humains icy bas sur la Terre,
Et leur faire à iamais vne cruelle guerre:
Ce Sexe sont les fers, les gesnes & cordeaux
Les Cachots, la Prison, & les cruels Boureaux,
Qui des Dieux iritez exercent la Iustice,
Pour punir les Humains adonnez à tout vice;
Ce sont les instrumens, les foudres Punisseurs,
Qui vengẽt des grands Dieux les bouillantes fureurs
Il semble toutesfois, que c'est la bonté mesme,
La Chasteté, l'honneur, la sagesse supresme,
La gloire & l'ornement de tout le genre humain,
Le comble des souhaits,& le bien Souuerain,
Le plaisir des plaisirs, delice des delices,
La douceur des douceurs, blandice des blandices,
La crème & l'Elixir de toute volupté,
Et le centre parfaict, d'heur & felicité:
Mais ce ne sont ( Lecteur ) que Pipeuses Syrenes45,
Qui ont moitié du Corps, comme formes humaines
85
Et tout le reste n'est,qu'vn Poisson Monstrueux
Qui nous vient deceuoir, soubs vn front gratieux;
Leur cœur n'est riẽ que fiel, rien que miel leur visage,
Qui soubs vn calme doux, presage vn grand orage,
Soubs la vermeille fleur, de leur teinct amoureux
Se traine bien souuent, le Serpent cauteleux;
Soubs la viue clarté,de leurs flames iumelles
Et dans l'eſclair brillant, de leurs chaudes prunelles
Se cache la fureur, du foudre rougissant,
Qui d'vn malheur prochain va l'homme menassant,
Et comme on void l'esclair preceder le tonnerre,
Qui sur nous quelquefois sa cholere desserre :
De mesme, apres l'esclair eslancé de leurs yeux,
Tombe soudain sur nous vn foudre impetueux.
De malheurs infinis, comme Verolle, Chancres
Qui brizent nos Amours,& les mettent en cendres.
Et bref souz la beauté, la grace, & les attraits
Des femmes,sont cachez, Serpens, foudres & traits,
Elles sont à bon droict comparees à ces Temples
Des noirs Ægyptiens, lesquels si tu contemples
Seulement par dehors, rien n'est si sumptueux,
Mais dedans on n'y void qu'vn Cocodril affreux,
Riẽ qu'vn Bouc,ou vn Chat, vn Singe,vne Cicoigne
De mesme on est trompé, au nez & à la troigne,
A l'extreme beauté, du Sexe fœminin,
Qui porte souz vn front mignard & Anodin
Vn Idole de Bouc,puant de Paillardise,
Vn larmeux Cocodril tout remply de faintise
86
Vn cendreux Chat de Mars, dont l'ongle rauisseur
Grifferoit vn Amant en sa chaude fureur,
Et vn Singe inconstant, Patron de l'inconstance
De ce Sexe inconstant, sans foy ny asseurance.
Ie dis encore vn coup, ce sexe malheureux
Estre bien comparé, au Cocodril larmeux,
S'il veut piper quelqu'vn, lors il iette des larmes,
Pour donner puis aprés, de cruelles alarmes
Aceux là, qui deceus, par ses larmoyans yeux,
Se laissent engloutir à ce Serpent hideux:
Tout de mesme les Pleurs, & les souspirs des Femmes,
Ne s'espandent sinon, que pour tromper nos ames,
Leurs souspirs simulez, leurs hypocrites pleurs,
Sont les vrays instrumens, & les foudres vengeurs
De leur ardent Couroux : Sont les rudes machines
Les Ministres certains, de leurs cruelles haynes
Sont les ruzes,les traicts,dont la Femme se sert,
Pour mettre sa Traison, & sa hayne à couuert,
Si que par tel moyen, il n'est ny Dieu ny Diable
Qui ne soit appipé & rendu miserable.
La femme est vn venin gastant les facultez
Engourdissant les sens, changeant les qualitez
De nos temperamens, si qu'vn Melancholique
En deuient furieux, fougueux, & Cholerique,
Et l'Amoureux Sanguin tout fantasque & pensif
Pasle, morne, Plombé, triste & contemplatif.
Le Phlegmatiq changé en humeur bilieuse,
Voyez donc si la femme est pas vne charmeuse,
87
De metamorphoser nos quatre Qualitez,
Pour les renger du tout, selon ses volontez
Elle corompt nos sens tant internes, qu'externes,
Amusant la raison par mille baliuernes,
L'Imagination & la Memoire aprés
Puis aux autres venant ainsi que par degrés,
Elle obscurcist les yeux, elle gaste l'ouye,
Corompt nostre odorat, & chose non ouye,
Elle oste l'appetit, le goust elle amoindrit,
La vieillesse aduançant, elle fait qu'il s'aigrit,
Elle oste le plaisir du toucher delectable,
Engourdissant les nerfs qui le rendent palpable :
Somme l'homme excessif aux esbats de Cypris
Encourt tous ces malheurs : Mais ce n'est rien au pris
De cent afflictions, de mille maladies,
Que Nature aux Amans, a tramees & ourdies,
Comme les cruditez, palpitement de Cœur,
Debilité de nerfs; des iointures douleurs,
Syncope, Mal Caduc46, qu'on nomme Epilepsie,
La Vertige, l'Incube, & la Paralysie,
Le Catherre fluant, le Spasme conuulsif,
La Léthargie, & Caros des nerfs stupefactif,
L’Hémoragie du nez, la froide Apoplexie,
La Migraine, Schynante, & iaune Caquexie,
Foiblesse d'estomac, Colique, Inflation,
Le Schyrre bilieux ioint à l'obstruction
Du Foye, & des Poumons la crachante Phtysie,
La rougeastre Oftalmie, & Pasle Hydropisie,
88
L'extreme puanteur de la bouche & des dens,
Le visage abatu, les yeux cauez dedens,
La Podagre cruelle, & Goutte Schiatique,
Le mal Melancholic, la douleur Nephritique,
Le Chancre cauerneux, Liuide noircissant,
La lasche Gonorrhee, au venin blanchissant,
Qui sans cesse coulant des Vaisseaux Spermatiques,
Debilite nos corps, & les rend tous Ethiques,
D'où n'aist l'Alopetie ou cheute de cheueux,
Le Tintement d'Ouye, & la foiblesse d'Yeux,
Le Satyriasis ou tendu Priapisme,
Et la Verolle encor de tous malheurs l'abysme.
Bref la femme fanist les fleurs de la santé,
Enfarine le front, rend l'esprit hebeté,
Le corps lasche, pesant,terrestre & cacochyme,
Pour auoir effleure l'Elixir & la crème,
De l'humeur Radical,le sang, & les esprits,
Au Sperme contenus, Thresor de si grand pris,
Qu'il est de nostre corps comme la Quinte-essence,
Qui de nos Quatre humeurs resulte & prent naissãce.
Le Sperme blanchissant est donc le vray ciment
Qui en bonne santé, nostre corps entretient,
Conserue la chaleur humide & Radicalle,
Donne aux nerfs la vigueur, & la force totalle.
Si la femme nous fait dissiper cette humeur
Qui seule retient du tout nostre vie en longueur,
On peut dire à bon droit, qu'elle accourcist la vie,
Puis qu'au ieu de Cypris la substance est rauie
89
Qui la tient en vigueur, changeant nostre Printemps
En vn neigeux Hyuer, par ses vains Passetemps :
Elle gaste la fleur de la verte Ieunesse,
Deflore la beauté, aduance la Vieillesse,
Elle ride la peau, rend le front farineux,
Iaunist nostre beau teint, le plõbe & rend squameux.
I'entends quand par excés ce mestier on pratique,
Dans vn Bordeau lascif, auec femme Publique,
Non pas quand on l'exerce en toute volupté
Dans le lict Coniugal, auec vne beauté,
Fidelle à son Amant, pudique,honneste & sage,
Qui peint aux yeux l'hõneur,& la crainte au visage,
Auec laquelle on peut vser moderement
Des esbats de Cypris, sans aucun detriment :
Mais les femmes qui sont par trop libidineuses,
Sont aux hommes cent fois pires & dangereuses
Que le Cheual Seian, qui rendoit en tous lieux
Ceux là qui le montoient, chetifs & malheureux.
Quiconque a trop monté ce Sexe plein d'encombre
Encourt tous ces malheurs,dont i'ay deduit le nombre,
Et mille, & mille encor, que s'il falloit conter,
I'entreprendrois plustot de pouuoir arreſter
La course des torrens, que les pouuoir Comprendre,
Plustot ie conterois les Cygnes de Meandre,
D'Athenes les Hybous, & tous les escadrons
Des Mouches de l'Egypte, ou bien les Moucherons
De Pize, ou des Luquois, les Scargots de Sardaigne,
Les Saütereaux de Cypre,& les Genets D'Espaigne.
90
Laissons donc ce discours à nos vieils Medecins
Et poursuyuons le fil de nos premiers dessains,
Que de tous les malheurs la femme est l'Epitome,
Qu'elle est de l'amitié, naufrage perilleux,
Domestique danger, tourment solatieux,
Vn mal tres necessaire & peine ineuitable,
Plaisante affliction, & malheur souhaitable
L'Enfer de nos esprits, le Paradis des yeux,
Lymbe de tous ennuis, Tombeau des Amoureux,
Purgatoire asseuré des bourses plus pesantes
Repurgees & netyës aux flammes plus ardantes,
Et aux cuysans fourneaux de ce Sexe Amoureux,
Qui droict à l'Hospital rẽd l'homme cõme vn Gueux.
Escoutez Salomon qui nous dit & asseure,
Qu'il ayme beaucoup mieux eslire sa demeure,
Au milieu des forests entre les fiers Lyons,
Les Serpens venimeux, les Ours, & les Dragons,
Plustost qu'en la maison d'vne femme meschante,
Qui de son noir venin,la plus chaste ame enchante,
On ne peut de ses rets,non plus se retirer,
Que l'oyseau pris au glu se pensant depestrer.
Toute meschanceté, toute ruze & malice
Est petite au regard du subtil artifice
De la fainte traison du sexe Feminin;
Le Napelle n'est point vn si cruel venin,
Le Smilax ſommeilleux, la froide Mandragore,
L'estouffante Ciguë, & le Toxique encore,
91
Qui rend par ses effets l'homme tout furieux,
Ne sont pour leurs venins si tres-pernicieux
A nos chetifs humains, qu'vne meschante femme,
Laquelle auec le corps, fait souuent perdre l'ame.
Euripide disoit, que ce sexe imparfaict,
Pour la necessité seulement estoit faict
Affin d'entretenir nostre humaine nature,
Et de luy nous seruir ainsi que de Monsture,
Ou comme à passer l'eau, de barque nous vsons,
Des femmes au besoin, ainsi nous nous seruons,
Mais du torrent d'amour, ayant passé la rage,
Nous r'enuoyons bien loin la Nacelle au riuage,
Sans la priser en rien que par necessité:
De mesme nous vsons par importunité
Des femmes, pour passer le torrent de ce Monde,
Remply de tant de flots de volupté immonde,
Qu'à grand peine l'on peut passer sans naufrager,
Et le vaisseau souuent, faict l'homme submerger.
L'homme est dõc à bõ droict,accort, prudent & sage
Qui peut passer à nud, ce fleuue tout à nage,
Sans se seruir, s'il peut, du Feminin bateau,
Qui peut au moindre vent, nous renuerser dans l'eau
O vaisseaux dangereux ! ô Barque perilleuse?
Heureux qui peut passer la riuiere orageuse
De l'Empire mondain, sans s'embarquer sur vous,
Et monter vostre Esquif, qui nous hazarde tous,
Nous y sommes contrains, necessité nous force,
Car tous de bien nager n'ont l'adresse & la force
92
Il faut bon gré, mal-gré sur ce sexe monter
Qui nous faict bien souuent perdre & precipiter.
Encore si l'Esquif, Barquerot ou Nacelle,
Ne seruoit qu'à vn seul : Mais ce Sexe infidelle,
Inconstant & leger, s'abandonne souuent
Au premier qui demande à passer le Torrent
Des amoureux Plaisirs: Ainsi qu'au bord de Seine
Nous voyons à Paris vne flotte certaine
De vaisseaux atendans auec leur Batelier;
Si quelque Courtisan, Marchand, ou Escolier,
Conseiller, President, ou tel qu'on voudra prendre
Viendra pour passer l'eau,dans leur Barque descendre,
Affin de le guider soudain à l'autre bort,
Et luy faire payer argent du passe-port:
De mesme nous voyons tant de bonnes Commeres
En seruant de Bateau se rendre merceneres,
Et mettre leur honneur, comme on dict,à L'encan
Pour gaigner vne Cotte, ou vn riche Carcan,
Vne bourse au mestier, des gands en broderie,
Vne Bague vn Collet, ou autre brauerie,
Ainsi pour piaffer, & s'asouuir d'amour,
Le bateau fœminin faict maint tour & retour,
Tantost de-çá, de-la, de riuage en riuage,
Pour seruir aux Amans en l'amoureux passage,
Et soit que par Hymen, quelqu'vn ait acheté
Vn Vaisseau pour luy seul, a sa necessité
Pour trauerser d'Amour la riuiere escumeuse,
Si est ce quelquefois, que la barque amoureuse
93
Se rend commune à tous,guydant iournellement
Cil qui s'offre à passer, en baillant de l'argent.
A bon droict donc disoit le Pere de famille,
( Auquel on reprochoit d'auoir donné sa fille
A vn sien ennemy ) qui n'eust sceu faire mieux
Pour se pouuoir venger de son plus grand hayneux
Que luy auoir donné sa fille en mariage,
Afin de l'engager en vn cruel seruage,
Tourmenter son esprit en tout genre d'excés,
Car on tient qu'vne Mulle, vne Femme, vn Procés,
Ont esté de tout temps, trois dangereuses bestes
Qui iointes en vn corps, font vn Hydre à trois testes
Dont l'vne estant couppee,ausi tost renaistront
Deux, ou trois, en son lieu, qui tousiours reuiendront
Desracinez l'erreur d'vne femme obstinee
Cent, & cent renaistront dans son ame adonnee
A la meschanceté, c'est sans fin vn labeur.
Auez vous vn arrest, qui vous semble bien seur,
Vous estes estonné, que vous voyez renaistre
Mille nouueaux procez prenant essence & estre
De vostre Arrest donné: C'est cét vnique Oyseau47
Qui renaist de sa cendre, ou vn gay renouueau
Qui tousiours reuerdist : Bref procés n'a fin nulle;
Auez vous pour monture vne fantasque Mulle,
Que vouz ayés forcee à passer vn destroit,
C'est à recommencer des le premier endroit,
C'est vn trauail sans fin,sans limite vne peine,
Qu'vne Mulle, vn Procés, vne Femme mondaine,
8848
C'est vn Hydre testu, qui meriteroit bien
Pour le vaincre trouuer le Prince Almenien49.
Encore d'vn procez, d'vne Mulle ombrageuse
On peut tirer raison: Mais de femme amoureuse
Nul homme, eust il des Dieux la force & la faueur
Ne se peut pas vanter d'en estre le vaincœur.
Les charbons alumez donnent des estincelles,
L'impureté de l'eau les lentes escroüelles
L'infection de l'aer la Peste, & les Bubons,
La terre les Aspics & siflans Scorpions:
Mais ce Sexe peruers, ceste maudite engeance,
Ne produit rien que feu de la concupiscence,
Qu'vn Torrent putrefait, d'impudiques desirs,
Qu'vn aer tout corrompu de lubriques souspirs
Qu'vn corps plain de Serpẽs de voluptez mondaines
Regorgeant de poison de mesdisances vaines:
Circes qui vont charmant les esprits des humains,
Acherontides Sœurs qui portent en leurs mains
Les Couleuureaux retors, & les torches flambantes
De la diuision; qui comme Coribantes
Courent sans nul repos apres la volupté,
Sans se saouller iamais de la lasciueté:
Plustost lasser cent fois, qu'assouuis de Cyprine
Qui espuise le sang, & nos esprits ruine.
Mais quelqu'vn me dira, que la femme entretient
De nostre Indiuidu, l'espece & la soustient,
Qu'elles nous ont conceus, & mis tous en lumiere,
Fournissans de leur part le sang & la matiere.
95
Dont nous sõmes nourris, dans leur ventre Neuf Mois
Partant que c'est mal faict, de ietter tant d'abois
Contre ce sexe heureux, qui nous a mis au Monde:
Mais Lecteur c'est en vain que la femme se fonde
Sur ces vaines raisons, pour deffendre son droict:
Car nous voyons souuent en maint & maint endroit;
De l'Espine pointuë, vne fleur belle esclore
Et du Rosier picquant la rose qui decore,
Nos iardins esmaillez : Et des herbiers puans
Naissent iournellement les beaux lys blanchissans:
Femme ne soiez donc pour cela glorieuse,
Le Napelle puant, herbe fort venimeuse,
De sa tyge produit vne agreable fleur,
Vous ne deuez donc point, tant enfler vostre cœur,
Car de vous nous naissons comme fleurs odorantes
Que l'espine produit, & les herbes puantes,
Sans tirer rien de vous que le nourissement :
Qui vous sert puis apres pour le contentement :
Que seriez vous sans nous ? sinon arbres sterilles ?
Fraisles ioncs inutils ? fougeres infertilles?
Sans nous vous ne pourriez iamais produire fruict,
Nous vous causons ce bien qui souuent nous destruict:
Car en vous fœcundant, la vitalle semence
S'escoulant de nos corps, les met en decadence,
L'homme en se consommant soy-mesme se produit,
Femme, ie ne sçay donc quel erreur vous conduit,
De dire que de vous nous empruntons nostre estre,
Au contraire c'est nous qui vous donnons le naistre,
96
Lors que par le moyen des esprits Animaux,
Vitaux, & naturels, conduits par six vaisseaux,
C'est à sçauoir deux nerfs, deux Arteres, deux veines
Qui tous remplis d'Esprits puisez de leurs fontaines,
Et verses au coit dans le champ fœmenin,
Puis meslés en apres auec le sang benin,
Agissent pour former la matiere confuse
Dont est faict l'Embryon,Duquel l'ame est infuse,
Creée en vn moment, des mains du Tout puissant:
Ce que donc les Esprits de l'homme vont formant,
Ne s'entend point icy de forme essentielle
Laquelle vient du Ciel; mais bien materielle.
Ie ne veux pas pourtant,nier comme menteur,
Qu'en soy la femme n'ait vne humide chaleur
Qui excite l'Agent, à tirer vne forme
De la masse confuse, & la matiere informe:
Mais l'Agent est tousiours plus que le patient;
Femmes vous ne prestés que l'ouuroir seulement
Ou trauaille l'agent, à former ses ouurages,
Vous fournissés le lieu, & nous les personnages
De cet Acte diuin de la formation,
Qui seul à l'homme est deub pour sa perfection,
Qu'il puise entierement de la diuine Essence.
Femmes rabaissés donc vostre fiere arrogance,
Car nous seuls possedons l'heur que tant vous vantés,
Et rien vous ne formés que des meschancetés,
Semblables en humeur à l'Astre de Saturne,
Dont l'Aspect ne produit que Monstres d'Infortune:
97
Salomon mesme a dit,que l'homme mal-faisant
Meritoit beaucoup mieux que femme bien faisant,
Qui monstre assez combien leur puissance est petite :
Puis que l'homme au mal-faict gaigne plus de merite
Qu'vne femme n'en peut, obtenir au bien-faict,
Car de mauuaise cause il ne sort bon-effaict;
Rien que meschanceté ne sort de leur boutique,
Et rare est le bien-faict qu'vne Putain pratique:
C'est miracle nouueau que de l'impureté
Puisse naistre & sortir, la nette pureté.
Iob ce parfaict miroüer de toute patience,
Ne peut estre vaincu en sa ferme constance
Par ce ruzé Sathan, pour le persecuter,
Sa seulle Femme en fin le sceut vaincre & dompter,
Le feist presqu' offencer, murmurer & se plaindre,
Ce que Sathan sur luy, n'auoit onq peu attaindre:
La Femme est pire donc que Sathan Imposteur,
Qui pour tourmenter Iob n'en put estre vaincœur
Par la femme peché, fut introduit au monde,
Par elle nous tombons en la fosse profonde
Des pieges de la mort: Peut on imaginer
Vn mal plus dangereux, que la mort nous donner?
Et bref si ie voulois raconter par histoires,
Les guerres, les debats, les meurtres les miseres,
Les desastres sanglans, les tragiques horreurs,
Les cruels assasins, les traisons les malheurs
Par la femme excitez: Tantost en l'Amerique,
En Europe, en Asie, & par toute l'Afrique.
98
Somme en tous les Climats de ce large vniuers,
Et mesme iusqu'aux lieux nagueres descouuers;
Ce discours sembleroit plustost vne Iliade,
Vne longue Æneide, ou vne Franciade,
Qu'vn petit abregé, vn racourcissement,
Lequel i'auois promis tout au commencement:
I'aurois plustost nombré tout le sable d'Aulonne,
Et les fueilles des bois qui tombent en Autonne,
Que de pouuoir conter, tous les malheurs diuers,
Et les maux qu'à produit vn Sexe si peruers.
Les Capharez rochers, le chant des Amiclides50,
Les Syrtes sablonneux & les gloutons Caribdes,
Ne sont pour leurs perils si fort a redouter
Que les femmes nous sont à craindre & éuiter.
Ie n'entends point pourtant parler des vertueuses,
Ce discours seulement s'adresse aux vicieuses,
Aux lasciues Putains qui pour ioüer du cu,
Gaignent le plus souuent le teston ou l'escu,
Afin de piaffer, & se faire paroistre
Aux lieux plus frequentez, où l'on se faict connoistre
Comme à l'Eglise, au Bal, & Banquets somptueux,
Tournois, Course de Bague, & Theatriques ieux,
Aux marchés Assemblées & Festes de village,
Ou libres on les void ioüer leur personnage,
Le front couuert de fard, pour gaigner des Mignons,
Et prendre dans leurs rets tousiours nouueaux poissõs.
Ou bien à ses Putains, tant hors qu'en Mariages
Qui riches de moyens entretiennent à gages
99
Quelque bel Adonis, Ieune Mignon de Cour,
Pour leur donner plaisir & les saouler d'amour,
Qui quelquefois sera caché dans la ruelle
D'vn lict,tousiours au guet,en crainte & en ceruelle,
Sans tousser ny cracher, peur d'estre descouuert
Soit du Mary ialoux, ou de l'Amant couuert :
Ainsi la riche Dame, ou bien Madamoiselle,
Aura pour ses plaisirs son Amant plus fidelle,
Qui durant les iours gras, la conduit aux Balets
Ayant exprés deuant enuoye ses Valets,
Pour aller descouurir le lieu & la fenestre
Où brusle le Falot, pour aduertir leur Maistre,
Qui souz le bras conduit sa Dame dans le Bal,
Où se trouue à propos le ialoux Coriual,
Qui luy fera danser la Courante ou la Volte,
Et au sortir du Bal luy seruira descorte,
Et sur elle exerceant les pourtraits D'Aretin,
Gaigne le bas de Soye, ou l'habit de Satin,
Les Iartiers dentelés, l'Escharpe en broderie,
Pour contenter d'amour le cul de sa cherie,
Par le moyen duquel il braue, & s'entretient
En habits fort pompeux, sans desbourcer argent.
Ce n'est dõc,cher Lecteur,qu'à ses fẽmes Publiques,
Et secretes Putains : Non aux Dames Pudiques
Que s'adressent mes vers; Car pour rien leur honneur
Ie ne voudrois toucher comme effronté Menteur.
Ie sçay bien quel honneur on doit porter aux Femmes,
Qui n'ont le cœur attaint des impudiques flammes,
100
Ie sçay qu'on ne sçauroit assez les respecter,
C'est pourquoy dans mes vers ie le veux exempter
Et garantir du tout, du Satyrique orage,
Leur visage est femelle & masle leur courage,
Et bref leur naturel ne Symbolise point
Auec l'humeur de ceux qu'en ces vers i'ay despeint:
Ma Muse que fais tu? tu gaſtes ton ouurage,
Tu voulois seulement peindre vn petit Paysage
Tout à plan racourcy sur ton Nopcier51 Tableau,
Pour luy seruir de champ, Et tu veux de nouueau
Au lieu d'vn racourcy peindre vne piece entiere,
Selon le naturel: Ie sçay que la matiere
Restant en quantité, te donne du regret,
Mais en lieu si contraint, sur le champ d'vn pourtret
Quel Peintre industrieux pouroit toute l'estendre
Veu que tout l'vniuers ne la pouroit comprendre:
Laisse donc ce subiect pour t'employer ailleurs
Contre les Vsuriers, & Paillards decepueurs,
Contre les Berlandiers, Et les gourmands Iurongnes
Cés nez rubicondez, Et ces Bacchiques trongnes.
Contre vn tas de villains, riches Auares gents,
Qui languissent de fain aupres de leurs moyens.
Contre le fard trompeur, des lasches Damoiselles
Qui replastrent leurs fronts durcissent leurs mamelles
Reuernissent leur Sein, leur peau vont couroyant
Alignent leurs Sourcils, leurs cheueux vont poudrant
Vermillonnent leurs ioües encroustent leurs visages
Repolissent leur cuir, pour desmentir leurs ages.
101
Ie veux reprendre encor, les habits des François
Qui changent tous les iours de façons plus de fois
Qu'vn Prothee inconstant, de formes, & figures,
Ou le Chameleon de diuerses peintures:
I'espere mettre au iour, tous ses Tableaux diuers
Despeins au naturel, du pinceau de mes vers.
Fin de la Saytre Sixiesme.
Cul de lampe fleuri.

Noms propres et Terminologie médicale

Absinthe (en lat. artemisia absinthium L)

Plante de la famille des Astéracées qui peut faire 1 m de hauteur. Les feuilles de cette plante sont couvertes de poils blancs et de glandes oléifères. Elle sert de vermifuge et peut provoquer des règles. L'on s'en sert également pour combattre le mal de mer la nausée.
  • Absinthe (plante), Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Absinthe_(plante).
  • Lieutaghi, Pierre, Absinthe, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 20 mai 2009.

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Achéron ou Achérontides (en gr. Akherôn)

Fleuve des Enfers grecs que les morts traversaient sur la barque de Charon, qui leur fit payer une obole. Charon refusait tout mort qui n’avait pas de monnaie, ni de sépulture ; de ce fait, ceux-ci ne pouvaient jamais entrer au royaume d’Hadès, dieu des morts.
  • Achéron en gr Akherôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Charon [ka-], Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Aconit

s. m. Espece de plante veneneuse.
  • Aconit, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Actéon (en gr. Aktaiôn)

Chasseur mythique de Thèbes. Ayant surpris Artémis nue au bain, il fut métamorphosé en cerf par la déesse et dévoré par ses propres chiens, au Cithéron.
Pour apprendre plus sur le mythe de Actéon, veuillez consulter http://fr.wikipedia.org/wiki/Actéon.
  • Actéon en gr. Aktaiôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Actéon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 19 janvier 2010.

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Adonis (en phénicien Adoni mon seigneur)

Jeune homme d'une beauté hors de commun qui naquit de l'union incestueuse de Cynéras roi de Chypre et sa fille Smyrna, Adonis était symbole de la reproduction mâle dans la mythologie grecque. Il assimila également les symboles de la vie et de la nature lorsque, sous la supplication d'Aphrodite, Zeus le ressuscita après qu'il fut tué par un sanglier. Ainsi transformé en divinité, Zeus permit à Adonis de séjourner avec ses deux amantes, Aphrodite et Perséphone, pour une partie de l'année sur la terre avec la première et une autre partie aux Enfers avec la séconde.
  • Adonis, Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 20 avril 2011. http://mythologica.fr/grec/adonis.htm
  • Adonis en phénicien Adoni mon seigneur, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Agamemnon

Roi légendaire d'Argos et de Mycènes et frère de Ménélas, Agamemnon servit de chef suprême des Grecs pendant la guerre de Troie. Il épousa Clytemnestre qui lui donna trois enfants : Électre, Iphigénie et Oreste. Lorsqu'Agamemnon sacrifia leur fille Iphigénie à Aulis (un port grec en Béotie) Clytemnestre prit Égisthe pour amant. Les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon) de retour de Troie, après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • Agamemnon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Agaric

s. m. Terme de Pharmacie. C'est une excroissance qui naist comme un potiron sur le tronc & sur les grosses branches de divers arbres quand ils sont vieux. Il y en a de masle qui est jaunastre, assez pesant, & assez compacte, & plus propre pour les Teinturiers que pour la Medecine. Le femelle est plus recherché, & se trouve sur le melaise, ou larix. Ses bonnes marques sont la blancheur, la legereté, la grandeur, la friabilité, l'odeur penetrante, & la grande amertume. Il en vient des Alpes & du Levant, & c'est un medicament qui purge avec violence. L'agaric noir, ou boule noire pris en breuvage, cause des vomissemens & flux de ventre dangereux.
  • Furetière, Antoine. Agaric, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 24 septembre 2009.

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Alchimiste

ALCHIMISTE. s. m. Celui qui s'occupe d'alchimie. Les alchimistes passaient leur vie à chercher ce qu'ils appelaient la Pierre philosophale ou le Grand oeuvre, c'est-à-dire, un moyen d'opérer la transmutation des métaux.
  • Alchimiste, Dictionnaire de l'Académie française (1835), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 8 février 2010.

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Alcide

[...] surnom d'Hercule. Les Poètes emploient plus volontiers le 1er que le second.
Veuillez consulter également la référence Hercule.
  • Alcide, Jean-François Féraud: Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 8 octobre 2009.

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Alcmène (en gr. Alcmênê)

Selon la mythologie grecque, Alcmène aurait été une princesse de Mycènes et la femme d’Amphitryon, roi de Tirynthe. Elle fut séduite par Zeus, qui s’était métamorphosé en son mari absent. Ainsi la princesse devint enceinte du demi-dieu Héraclès. Jalouse d'Alcmène, l’épouse de Zeus Héra différa la naissance d'Héraclès pour se venger.
  • Alcmène en gr. Alcmênê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Alexandre le Grand

Né en 356 av. J.-C. à Pella, Alexandre le Grand fut le fils du roi Philippe II et d’Olympias devenant en -336 roi de Macédoine ainsi que le chef de la Confédération hellénique. Considéré comme un des plus grands conquérants de l'histoire, Alexandre le Grand créa un empire s'étendant de la mer Ionienne à l'Himalaya. Il fonda Alexandrie en Égypte (-332- -331) et choisit Babylone comme la capitale de son empire (-331). Il mourut à Babylone en -323 après quoi ses généraux, les Diadoques, partagèrent son empire et se mirent à combattre par la suite, assassinant sa mère Olympias, son épouse, Roxane, et son fils, Alexandre IV.
  • Alexander the Great, Wikipédia l'encyclopédie libre (6 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 7 février 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_the_Great.
  • Alexandre le Grand (~356-~323), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Alexandre le Grand ou Alexandre III, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Alexandrie en ar. al-Iskandarīyah, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Alun

Sulfate double formé d'un sulfate de métal trivalent et d'un sulfate de métal monovalent, utilisé en médecine, en teinturerie, peausserie, etc..
  • Alun, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Alun emplumé

On appelle Alun de plume, Une espèce de Talc qui est par petits filamens, & qui s'appelle autrement Pierre d'Amiante.
  • Alun, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 4 février 2010.

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Amadis de Gaule (en esp. Amadís de Gaula

Roman de chevalerie espagnol dont le texte original remonte au début du XIVe s. mais qui fut refondu et publié en 1508 par Montalvo. Amadis est le type du chevalier accompli qui, après de multiples aventures, réussit à épouser sa dame, Oriane. Ce roman connut un succès considérable, en particulier en France dans la traduction de Nicolas d'Herberay des Essarts (1540). Don Quichotte prend Amadis comme modèle du beau chevalier errant et amant fidèle.
  • Amadis de Gaule en esp. Amadís de Gaula, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Ambre-gris

Matiere spongieuse, inflammable & fort odoriferante, qu'on trouve sur les bords de la mer.
  • Ambre-gris, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Amphion

Fils de Zeus et d'Antiope dans la mythologie grecque. À l'aide de Zéthos, son frère jumeau, il parvint à tuer Dircé qui a maltraité leur mère. Par la suite, il construit les remparts de Thèbes, aidé uniquement des sons de sa flûte et de sa lyre.
  • Amphion, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Amphion, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Amphion.

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Amphitrite (en grec Amphitritê)

Mère de Triton et épouse de Poséidon. Déesse et Néréide.
  • Amphitrite en gr. Amphitritê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Ange Raphaël

Raphaël (de l'hébreu : refa- : guérir et -El : Dieu ; c'est-à-dire Dieu guérit) est le troisième archange reconnu par l'Église catholique. C'es un personnage biblique du Livre de Tobie où il apparaît comme le bon ange de Tobie.
  • Raphaël (archange), Wikipédia l'encyclopédie libre (8 août 2012), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 26 septembre 2012. http://fr.wikipedia.org/wiki/Raphaël_(archange).
  • Raphaël , Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Antre Piéride

Piérie, en Thrace près de l’Olympe, est une région montagneuse, une des résidences des neuf Muses. L’antre piéride représente donc un site où le poète puisse trouver son inspiration.

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Apollon appelé aussi Phébus (en gr. Phoibus le Brillant)

Fils de Léto et de Zeus et frère jumeau d’Artémis, il est dieu grec de la lumière, du chant, de la raison, de la musique et de la poésie. Décrit aussi comme dieu à l'arc et flèche, il punit et détruit le méchant. Une légende notoire raconte que quatre jours après sa naissance, Apollon tue au tir à l'arc le dragon, Python, qui avait poursuivi sa mère en route pour Délos.
  • Apollon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Apollon.
  • Apollon appelé aussi Phébus, en gr. Phoibus le Brillant , Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Aquillon

Le dieu des vents violents septentrionaux. Il est souvent représenté comme un vieil homme aux cheveux blancs en désordre.

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Argos

  • Argos. Fils de Zeus et de Niobé qui a fondé la ville du même nom.
  • Argos (Panoptès). L’épithète Panoptès qui voit tout témoigne de l’apparence physique de ce personnage : Argos est un géant à cent yeux, cinquante ouverts et cinquante fermés. Lorsqu’Héra lui demande de surveiller Io, Argos s’endort en entendant la musique de la flûte d’Hermès. Ensuite, celui-ci lui tranche la tête, et Héra sème les yeux du mort à la queue de son paon.
  • Le chien d’Ulysse dans l’Odyssée.
  • Argos, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Argos.
  • Argus ou Argos (chien), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Argus ou Argos (prince), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Ariane

  • Ariane (en gr. Ariadnê) : fille de Minos, roi de Cnossos, et de Pasiphaé, sœur de Phèdre. Séduite par Thésée, héros venu en Crète pour combattre le Minotaure, elle aide celui-là à fuir le Labyrinthe. Ariane donne à son amoureux un fil qu'il dévide derrière lui afin de trouver la sortie du Labyrinthe après avoir tué le Minotaure. Par la suite, les deux s'enfuient mais Thésée abandonne Ariane à Naxos. Séduit par la beauté d'Ariane, le dieu Dionysos l'épouse.
  • Ariane : tragédie écrite par Thomas Corneille en 1672.
  • Ariane : en musique, plusieurs compositeurs ont produit des œuvres qui racontent cette histoire ; notamment, Arianna, œuvre dramatique de Monteverdi ; Arianna à Naxos, cantate d'Haydn ; Bacchus et Ariane, ballet d'Albert Roussel et Ariane auf Naxos, opéra de Richard Strauss.
  • Ariane, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Arlequin

Personnage comique du théâtre italien que l'on reconnaît grâce à son costume qui a des pièces triangulaires. En outre, ce personnage tient d'habitude un sabre et porte un masque noir. Dans la Comédie italienne, l'arlequin fait ordinairement les rôles de valet, mais de valet bouffon (Féraud).
  • Arlequin, Jean-François Féraud : Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 21 octobre 2009.
  • Arlequin, Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 21 octobre 2009.

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Arétin

Écrivain italien (Arezzo 1492 - Venise 1556). Au cours d'une vie mouvementée, il fut protégé par Jean des Bandes Noires et Clément VII, lié à l'Arioste et à Titien, admiré et redouté par les souverains les plus puissants d'Europe. Il se fit tant d'ennemis par ses intrigues et ses Pasquinades, poèmes satiriques, qu'il dut se réfugier à Venise (1527) où il mena une vie fastueuse et licencieuse. Il se montra un observateur cocasse de la société et un esprit plein d'invention dans ses comédies : La Courtisane (1525), Le Maréchal (1527), L'Hypocrite (1542), source probable du Tartuffe de Molière, et Le Philosophe (1546). [...] Il fut, selon ses propres termes, le secrétaire du monde à travers ses Lettres, qu'il édita de son vivant. Mais on a surtout retenu de lui les Ragionamenti, six dialogues désinvoltes et obscènes qui sont à la fois un code de la galanterie et un savoureux tableau des mœurs de l'époque. Si l'on excepte ses ouvrages hagiographiques à la rhétorique enflée, l'œuvre de l'Arétin se signale par l'extraordinaire vivacité de la narration, le réalisme et l'inventivité linguistique. Son cynisme, qui n'excluait nullement la générosité, son outrecuidance et sa vision complexe de la vie sont comme des signes révélateurs de la crise de la Renaissance.
  • Arétin (Pietro BACCI, dit Aretino d'Arezzo, en fr. L'), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Aspic

s. m. Petit serpent dont la morsure est mortelle. Il a esté piqué d'un aspic. On appelle fig. les medisants, Langues d'aspic.
  • Aspic, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Atropos (en gr. Moirai)

Les Moires sont des divinités grecques du Destin assimilées aux Parques romains. Veuillez consulter Parques.

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Autan

Vent qui souffle du costé du Midi. Il est d'ordinaire orageux, & les Poëtes l'employent en parlant des tempestes.
  • Furetière, Antoine. Autan, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 22 octobre 2009.

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Autel ceraton

Cet autel se trouvait dans l’Antiquité dans un temple consacré à Apollon sur l’île de Délos. Le nom ceraton vient du grec cerata (cornes).

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Bacchus, Bacchos ou Liber Pater

Dieu romain, l'équivalent du grec Dionysos, qui représente la vigne, le vin, le délire extatique, le débordement sexuel, l'ivresse et la nature terrestre. On le caractérise souvent par la vigne, la grappe de raisin, le lierre, la panthère et un thyrse.
  • Bacchus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Bacchus, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bacchus.
  • Dionysos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Balance (en lat. Libra)

L’un des douze signes astrologiques. Celui-ci est lié aux personnes nées entre le 23 septembre et le 22 octobre. Il est considéré comme signe masculin, positif et il est souvent associé avec l’élément classique de l'air.

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Ben

C'est un fruit qui croist sur un arbre semblable au tamarise, qui est gros comme une avelline. On le broye comme on fait les amandes ameres pour en tirer une huile, de laquelle les Parfumeurs de gants se servent, parce qu'elle est tres-legere & subtile, & n'a point d'odeur de soy-même, mais elle est propre à en recevoir de toutes sortes. Quelque vieille qu'elle soit elle ne devient point rance, & elle sert à nettoyer les taches & les lentilles du visage.
  • Furetière, Antoine. Behen, ou Ben, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 29 janvier 2010.

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Benion

BUNION, s. m. Terme de botanique. Nom d'un genre d'ombellifères.
  • Bunion, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1er février 2010.

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Berberis

Berberis vulgaris, c'est l'épine vinette […], arbrisseau à feuilles épineuses dentées dont le fruit est constitué par des baies rouges ovoïdes. La teinture mère est obtenue à partir des racines séchées et plus particulièrement de l'écorce.

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Berecinthe

BERECINTHE ou BERECINTHIE, (Myth.) c'est ainsi que la mere des dieux fut appellée de Bérécinthe, montagne de Phrygie, le lieu de sa naissance. Son culte dura dans les Gaules jusqu'au quatrieme siecle. On plaçoit Bérécinthe sur un char attelé de boeufs, & on la promenoit dans les champs & dans les vignes, pour la conservation des biens de la terre. Le peuple suivoit en foule, chantant & dansant devant le char.
  • Berecinthe ou Berecinthie, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-72), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 19 février 2010.

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Blanc de plomb

Synon. de céruse.
Veuillez consulter Céruse.
  • Plomb, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Boccace (en it. Giovanni Boccaccio)

Écrivain italien né en 1313 et mort en 1375. Son livre le plus connu est Le Décaméron, recueil de nouvelles (1349-1351) qui fonde le genre de la nouvelle européenne en prose. Le cadre de l’ouvrage est la peste à Florence en 1348: dix personnes qui la fuient se racontent des histoires pour se divertir. Des leçons de tolérance, de lucidité et d’humour face aux vicissitudes de l’existence ont fait que Le Décaméron reste durablement partie du canon littéraire occidental.
  • Boccace (Giovanni BOCCACCIO, dit en fr.), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Boccace, Wikipédia l'encyclopédie libre (18 janvier 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 18 janvier 2010. http://fr.wikipedia.org/wiki/Boccace.

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Borax

Sel de sodium utilisé pour ses propriétés de fondant et de décapant.
  • Borax, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Bouis

BOUIS ou BUIS. s. m. Espece d'arbrisseau tousjours vert.
  • Bouis, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1er février 2010.

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Brésil

Brésil ou bois de brésil. Bois exotique de couleur rouge qui, séché et pulvérisé, fournit une matière tinctoriale rouge.
  • Brésil, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Cacochyme

adj. de tout genre. Mal sain, de mauvaise complexion. Cela ne se dit proprement que des corps humains pleins de mauvaises humeurs & tousjours sujets à quelque maladie. Un corps cacochime.
  • Cacochime, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 19 janvier 2010.

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Caducée

CADUCÉE. s. m. Verge que les Poëtes ont attribuée à Mercure, accolée de deux serpents. On peint Mercure avec son caducée. On appelle, Caducée, Le baston couvert de velours & de fleurs de lys d'or que portent le Roy d'armes & les Heros d'armes dans les grandes ceremonies.
Veuillez consulter également la référence Mercure.
  • Caducée, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Camphre

Substance blanche, semi-transparente, d'odeur caractéristique, extraite du camphrier et utilisée notamment comme antimite, ainsi que pour la fabrication de celluloïd.
  • Camphre, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Cap Capharée

Promontoire du sud de l'Eubée. C'est près de ce cap qu'à son retour de la guerre de Troie, la flotte grecque fut dispersée par une tempête soulevée par Zeus. De nombreux navires grecs se brisèrent sur les rochers. Voir Nauple.

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Capilli veneris

Noms Communs : Capillaire de Montpellier, Cheveu-de-Vénus. C’est un genre de fougère.
  • Adiantum capillus-veneris L., Tela Botanica (2000-2009), Le réseau des Botanistes Francophones, Internet, 1er février 2010.

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Capricorne

  • L’un des douze signes astrologiques. Celui-ci est lié aux personnes nées entre le 22 décembre et le 20 janvier. Il est considéré comme signe féminin, négatif et il est souvent associé avec l’élément classique de la Terre.
  • Capricorne (tropique du). Parallèle de la sphère terrestre qui se trouve à latitude 23 degrés, 36' S.
  • Capricorne (astrologie), Wikipédia l'encyclopédie libre (16 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 22 juin 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Capricorne_(astrologie).
  • Capricorne (tropique du), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Caquexie

s.f. (On prononce CAKEXIE.) Terme de Médecine. Mauvaise disposition du corps, causée par la dépravation des humeurs.
  • Cachexie, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

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Carus

s.m. Terme de Médecine. Affection soporeuse, profond assoupissement sans fièvre. Le carus tient fort de la léthargie & de l'apopléxie.
  • Carus, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

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Catarrhe

Inflammation et hypersécrétion des muqueuses, particulièrement des voies respiratoires.
  • Catarrhe, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 8 mars 2010.

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Centaures (en gr. Kentauroi)

Peuple ayant la tors de cheval et la tête d'homme, qui aurait habité en Thessalie et en Arcadie.
  • Centaures en gr. Kentauroi, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Cerbère

Nom du Chien à trois têtes qui, selon la Fable, gardoit la porte des Enfers. Au figuré, on appelle Cerbère, vieux Cerbère, Un Portier brutal, grossier, intraitable.
  • Cerbère, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Chaldéens

Peuple habitant en Chaldée, région de Sumer occidental. Anciennement, le terme fit référence à la Babylonie et à la Mésopotamie (l’on parlait de l’Empire chaldéen, employant l’adjectif comme synonyme de néobabylonien).
  • Chaldée, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Charites ou Les trois Grâces

Divinités de la Beauté qui appartenaient, avec les Muses, à la suite d'Apollon. On les considérait comme trois filles de Zeus et d'une Océanide, applées Aglaé, Euphrosyne et Thalie, et on leur attribuait les agréments qui embellissent la vie des hommes et des dieux.
  • Charites ou Kharites, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Charon ou Caron

Fils d’Érèbe et de la Nuit dans la mythologie grecque et romaine, Charon, nocher des Enfers, transporte des âmes sur sa barque à travers le fleuve Achéron en échange d'une obole.
  • Charon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Charybde

Le monstre mythologique de ce nom personnifie le dangereux tourbillon qui se produit près de la côte sicilienne, et en association avec le monstre Scylla, nom d'un écueil proche, sur lequel venaient se briser les navires qui tentaient d'éviter le tourbillon.
  • Charybde, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 8 mars 2010.

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Cheval Séjan

Le cheval du guerrier romain Cneius Seius (premier siècle av. j-c.) semblait fatal à celui qui le possédait. Après l’exécution de Seius sur les ordres de Marc Antoine, le prochain propriétaire de ce beau cheval argive, Cornelius Dolabella, mourut en Syrie pendant les guerres civiles. Caius Cassius, qui en prit possession par la suite, fut tué suite à la bataille de Philippi par la même épée qui assassina Jules César. Lorsqu’Antoine perdit la bataille d’Actium et se suicida, le cheval fut en sa possession.
Voir Les Épithètes de Maurice de La Porte (1571) : Car tous ceux qui achetèrent le cheval de Séjan, moururent de mort violente ou précipitée : Dont est venu le proverbe commun de dire à tout homme malheureux et infortuné, qu’il a en sa maison le cheval de Séjan.
  • Brewer, Ebenezer Cobham, The Dictionary of Phrase and Fable, London, Cassell & Co., 1905. Google livres, Internet, 5 March 2010.
  • La Porte, Maurice de, Les Épithètes, Paris, G. Buon, 1571. Bibliothèque numérique Gallica, Internet, 5 March 2010.

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Chimère

Monstre fabuleux, ayant le devant d'un dragon, le milieu du corps d'une chevre, & le derriere d'un lion. Bellerophon combattit la Chimere. Il se dit figur. des imaginations vaines qui n'ont aucun fondement. Ce sont des chimeres. il a bien des chimeres dans la teste. c'est une pure chimere. se former des chimeres.
  • Chimère, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Chypre (en gr. Kypros, en turc Kibris)

Pays, république et île qui se trouve en Méditerranée orientale. Chypre fut occupée par les colons syriens et anatoliens au -IIIe millénaire et par les Égyptiens au -XVIe et -XVe siècles. Ensuite, hellénisée par les Achéens, ils fondèrent plusieurs villes dont quelques-unes furent consacrées à Aphrodite. Ainsi, l'île de Chypre devint dorénavant connue par les Grecs comme le lieu d'origine de la déesse.
  • Chypre en gr. Kypros, en turc Kibris, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Circé (en gr. Kirkê)

En mythologie grecque, Circé était la fille de l’Océanide Perseis et d’Hélios ainsi que la sœur de Pasiphaé. Elle était magicienne, particulièrement experte dans les domaines des empoisonnements et des métamorphoses.
  • Circé en gr. Kirkê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Circé, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Circé.

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Claude Ier (en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus)

Empereur romain qui régna de 41 à 54 ap. J.-C. Il est surtout connu pour sa nature faible. Ce furent plutôt sa femme Messaline et ses affranchis Pallas et Narcisse qui gouvernèrent à sa place. Éventuellement, il mit à mort celle-là et il se maria avec Agrippine, dont il adopta le fils Néron et le choisit comme héritier. Claude fut assassiné, probablement par sa femme Agrippine.
  • Claude Ier en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus, surnommé Germanicus et Britannicus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Clystere

Clystere, m. penac. Est pur Grec prononcé à la Françoise, le faisant de acuto penacutum, et signifie ablution ou lavatoire, estant le nom par les medecins approprié à l'ablution des boyaux faite d'injection par le fondement de la personne avec une syringue.
  • Clystere, Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 15 avril 2010.

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Clytemnestre (en gr. Klutaimnêstra)

Clytemnestre était la fille du roi de Sparte Tyndare et de Léda selon la tradition la plus répandue. Il existe, pourtant, une autre version du mythe où celle-ci naquit de l’union de Léda avec Zeus, qui s'était métamorphosé en cygne. Selon cette version, Léda aurait pondu deux œufs : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
Clytemnestre épousa le roi de Mycènes Agamemnon. Les deux donnèrent naissance à des enfants, parmi lesquels furent Oreste et Électre. Leur fille Iphigénie fut sacrifiée à Aulis, un port grec en Béotie. Après ceci, Clytemnestre prit Égisthe pour amant, et les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon), après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • Clytemnestre en gr. Klutaimnêstra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Colchide (en gr. Kolkhis) ou Colchos

Dans Les espines du mariage, Varin désigne Colchos comme île, alors qu'en fait c'est une ancienne contrée asiatique qui fut encadrée par la partie est du Pont-Euxin et la partie sud du Caucase. En outre, selon François Noel, [l]es habitants s'appelaient Colchi, ce qui a donné lieu à la supposition d'une prétendue ville de Colchos qui n’a jamais existé.
  • Colchide en gr. Kolkhis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré desnoms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Noel, François, Colchide, ou Colchos, Dictionnaire de la fable, Paris, Le Normant, 1801, t.1. Google livres, Internet, 10 mars 2011.

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Coquesigrue

s.f. Poislon maritime qu'on dit se donner des clysteres avec l'eau de la mer, que les Anciens appelloient clyster. Quelques-uns se servent de ce mot pour signifier quelque chose chimerique.
  • Coquesigrue, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 5 mai 2010.

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Corybantes

Prêtres de la mère des Dieux, Cybèle, qui dansaient armés, aux sons des flûtes, des tambours, des trompes et des boucliers frappés par les lances.
  • Corybante, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 4 mars 2010.

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Coudre (Coudrier en français moderne)

s.m. Arbre qui porte des noisettes. Coudre franc. Bois de coudre. Baguette de coudre. Cerceaux de coudre.
  • Coudre, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 26 avril 2010.

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Crudité

Aigreur d'estomac provenant d'une mauvaise digestion.
  • Crudité, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 8 mars 2010.

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Crète

Île méditerranéenne grecque.
  • Crète, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Crète, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Crète .

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Cupidon

Cupidon fut le fils de Vénus, que l’on identifie avec Éros dans la mythologie grecque. Dieu de l’amour, il demeure très important aujourd’hui et figure dans des célébration de la fête de Saint Valentin (le 14 février). En général, Cupidon est représenté comme un petit enfant nu et ailé qui tient un arc et un carquois de flèches.
  • Cupidon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cupidon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cupidon.
  • Éros, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Cyclopes (en gr. Kuklôpes)

Créatures de la mythologie grecque, les trois fils d’Oranos et de Gaïa. Les cyclopes n'ont qu’un œil au milieu du front. Ils figurent dans plusieurs légendes, notamment celle de l’Odyssée, dans lequel Homère décrit le cyclope comme anthropophage et antisocial.
  • Cyclopes en gr. Kuklôpes, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cyclopes, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclopes.

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Cyprine

Nom que les Poëtes donnent à Vénus. Veuillez consulter la référence Vénus.
  • Cyprine, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 11 janvier 2010.

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Cythère

Ile de la Méditerranée, célèbre par le culte de Vénus. Jeux de Cythère, jeux, agaceries des amants. [...] L'enfant de Cythère, l'Amour. Voyager à Cythère, faire un voyage à Cythère, se livrer aux plaisirs de l'amour.
  • Cythère, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Céruse

s. f. Blanc de plomb, ou autrement, Blanc d'Espagne, qui sert à divers usages, & dont on compose des onguents & du fard. Onguent de Ceruse.
  • Ceruse, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 28 janvier 2010.

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Cérès

Fille de Saturne et de Rhéa, Cérès est la déesse romaine de la fécondité, de l’agriculture et des moissons. Elle est l’équivalente romaine de la déesse grecque Déméter.
  • Cérès, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cérès, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cérès_(mythologie).

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Cétérac

Espèce de fougère qu'on emploie quelquefois en médecine.
  • Cétérac, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Danaïdes

Dans la légende grecque, les cinquante filles de Danaos épousèrent les cinquante fils d’Égyptos, leurs cousins, mais leur père insista pour qu’elles tuassent leurs maris la nuit des noces. Selon une version du mythe, les Danaïdes égorgèrent leurs époux tandis que dans une autre version, Danaos donna à ses filles de longues épingles qu'elles cachèrent dans leurs cheveux; chacune poignarda son époux en plein cœur à minuit. Néanmoins, toutes les deux interprétations racontent seule Hypermnestre préserva la vie de son mari, Lyncée. Les meurtrières furent condamnées à l'enfer Tartare où elles versent éternellement de l’eau dans une jarre percée.
  • Danaïdes, Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 15 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/danaide.htm.
  • Danaïdes n. f. pl., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Daphné (en gr. Daphnê)

Nymphe dont le dieu Apollon fut amoureux. Afin de le fuir, elle est transformée en laurier.
  • Daphné en gr. Daphnê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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David

Selon la Bible (de I Samuel, XVI à I Rois, II), David, fils de Jessé, fut choisi par Dieu pour succéder à Saül comme roi d’Israël (v. -1000 à -972). Après la défaite du géant Goliath, champion des Philistins, que David tua par un coup de fronde à la tête, Saül le nomma comme chef de ses armées et lui donna sa fille Michol comme épouse. À la mort de Saül, David devint, d’abord, le roi de Juda et puis de tout Israël. Il conquit Jérusalem et en fit la capitale sainte en y transférant l’Arche d’alliance. Pourtant, la décadence de sa prospérité commença lorsqu’il fit tuer Urie, un officier dévoué, pour cacher son rapport adultère avec la femme d’Urie, Bethsabée, qui était devenue enceinte. Les malheurs de David à cause de son péché comprennent le viol de sa fille Thamar par son fils Amnon, qui fut vengé par son fils Absalon. À sa mort, son quatrième fils Salomon accéda le trône.
Musicien poète qui écrivit 73 Psaumes que la Bible lui attribue, il est considéré comme figure messianique. Jésus, considéré comme le messie par les Chrétiens, est appelé rejeton ou fils de David.
  • David, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • David (Bible), Wikipédia l'encyclopédie libre (30 décembre 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 8 janvier 2010.

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Diane (en lat. Diana)

Déesse italique et romaine identifiée dès le - VIe s. à l'Artémis grecque. La Diane primitive, dont les légendes sont très pauvres, était une des plus anciennes divinités adorées par les Latins. Ses sanctuaires les plus importants étaient ceux de Capoue (Diana Tifatina) et d'Aricie, sur les bords du lac de Nemi (Diana Nemorensis).
Pour apprendre plus sur le mythe de Diane, veuillez consulter http://fr.wikipedia.org/wiki/Diane_(mythologie).
  • Diane en lat. Diana, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Diane (mythologie), Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Diane_%28mythologie%29.

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Dixième Sphère

Selon la cosmologie des philosophes pythagoriciens (fin du VIe siècle av. J.-C.), les astres sont fixés sur dix sphères concentriques. La dixième sphère est celle qui porte les étoiles. Selon ce modèle, les distances entre les sphères sont marquées par des intervalles musicaux, qui forment l'harmonie des sphères. Le son produit par chaque sphère se ne distingue pas car il fait partie du bruit de fond que nous entendons depuis notre naissance.

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Du serpent et de la lime (une fable d'Ésope)

Un serpent entré dans la forge d'un serrurier voulut ronger tous ses outils. Il tenta d’entamer d'abord l'enclume, mais sans succès. Ensuite, il s'attaqua à la lime, la croyant plus faible. La Lime se moqua de ses pauvres efforts : Sotte bête que tu es, quelle est ta folie? Comment pourrais-tu me ronger avec tes dents, moi qui ronge le fer, et qui peux mettre en poudre l'enclume que tu n'as pu seulement entamer?

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Dédale (en gr. Daidalos)

En mythologie grecque, Dédale était un architecte, sculpteur et inventeur athénien. Exilé pour le meurtre de son neveu Talos, Dédale se réfugia en Crète chez Minos le roi de Cnossos. Le roi aurait chargé Dédale de construire le célèbre Labyrinthe pour enfermer le Minotaure.
  • Dédale, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dédale.
  • Dédale en gr. Daidalos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Déjanire (en gr. Dêianeira)

Selon la légende, Déjanire aurait été la princesse de Calydon (ville de l'Ancienne Grèce en Étolie) et l'épouse d'Hercule. Dans une histoire, Hercule et Déjanire arrivèrent à un fleuve, où apparut le centaure, Nessus, qui offrit d’aider Déjanire à traverser le fleuve alors qu'Hercule le traverserait à la nage. Pourtant, au moment où Hercule arriva à l’autre côté, il vit que Nessus abusait de Déjanire. Ainsi Hercule blessa-t-il le centaure d’une flèche. Celui-ci ordonna à Déjanire de prendre sa tunique et de la tremper dans son sang pour l’offrir à Hercule ; le sang sur la tunique agirait en philtre d’amour si Hercule n’aimait plus sa femme. Déjanire, jalouse d’Iole, la princesse de Thessalie, trempa la tunique dans le sang du centaure et la remit à Lichas. Celui-ci, le serviteur d’Hercule, l’apporta au héros. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau. Cependant, en essayant de l’enlever, il se rendit compte que sa peau partait avec la tunique et il s’arracha la peau. Il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus l’avait trompée.
Il existe des variations de ce mythe. Dans une autre version, où le sang du centaure était mélangé avec du poison de l’Hydre de Lerne, Hercule, la peau brûlant, construisit un bûcher dans lequel il se jeta.
  • Brunel, Georges, Hercule, iconographie, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Déjanire en gr. Dêianeira, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Eau alumineuse

Eau [q]ui contient de l'alun ou présente les propriétés de l'alun.
  • Alumineux, euse, adj., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Estiomène

ESTIOMÈNE. adj. de t.g. Qui mange, qui ronge, qui corrode. Il se dit en Médecine des ulcères corrosifs qui consument les chairs.
  • Estiomène, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 10 mai 2010.

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Euripe (en gr. Evripos)

Détroit qui divise l'Eubée et le continent grec. Il est connu pour ses courants alternatifs qui changent de direction plusieurs fois par jour.
  • Euripe en gr. Evripos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Euripide (en gr. Euripidês)

Poète tragique grec (Salamine -480 – Macédoine -406 av. J.-C.) qui fut l'auteur de 92 pièces mais ne nous reste que dix-huit. D’habitude, on les répartit en trois groupes :
  • Classiques : Médée, Hippolyte porte-couronnne, Iphigénie à Aulis, Les Bacchantes
  • Renouvellement de la tragédie : Alceste, Ion, Électre
  • Tragedies ayant des allusions contemporaines : Héraclides, Andromaque, Les Troyennes, Hélène
Il écrivit aussi les tragédies Hécube, Les Suppliantes, Héraclès furieux, Iphigénie en Tauride, Les Phéniciennes et Oreste et le drame satirique Le Cyclope.
  • Euripide en gr. Euripidês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Euripide, Wikipédia l'encyclopédie libre (10 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 juin 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Euripide.

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Eurytos (en lat. Eurytus)

Dans la mythologie grecque, Eurytos fut roi d’Œchalie, ville d’Eubée dans la région de Thessalie. Il organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille, la princesse Iole, au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • Eurytos (Œchalie), Wikipédia l'encyclopédie libre (25 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 16 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Eurytos_%28%C5%92chalie%29.
  • Iole en gr. Iolê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Faune

Le faune au masculin est un dieu champêtre chez les Romains. Au féminin, la faune est un genre de nymphe qui s’allie aux faunes masculins, dont elle partage les caractéristiques de base : généralement, le haut du corps est humain, mais avec des oreilles de chèvre, tandis que le bas est celui d’un animal, normalement la chèvre.
  • Voir le Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), et le Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Fiel

Liquide amer, verdâtre, contenu dans la vésicule biliaire.
  • Fiel, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Fier-à-bras

Tiré de Fierabras, nom propre d'un géant sarrasin des chansons de geste; titre d'une chanson de geste de ca 1180 du nom du héros.
  • Fier-à-bras, subst. masc., Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 10 mai 2010.

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Ganymède (en gr. Ganumêdês)

Terme de mythologie. Nom du fils de Laomédon, enlevé par l'aigle de Jupiter, à cause de sa beauté.
  • Ganymede, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Gelons

[...] peuples de la Scythie-européenne, voisins des Agathyrses. Ils supportoient patiemment la faim étant à la guerre, & vivoient ordinairement d'un peu de lait mêlé avec du sang, qu'ils tiroient de leurs chevaux. Ils écorchoient leurs ennemis, & se faisoient des habits de leur peau, afin de paroître plus terribles. Ils se peignoient aussi le corps de différentes couleurs, pour se rendre plus formidables dans les combats.
  • Moreri, Louis. Gelons, Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, Paris, Libraires Associés, 1759, t. 5. Bibliothèque numérique Gallica, Internet, 2 décembre 2009.
  • Gélons, Wikipédia l'encyclopédie libre (22 septembre 2013), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 13 février 2014. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gélons.

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Gibraltar

Détroit entourant le rocher de Gibraltar qui sépare l'Éurope de l'Afrique et l'Atlantique de la Méditerranée.
  • Gibraltar (détroit de), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Golfe de Syrte

Situé en Méditerrannée sur la côte de la Libye, le golfe de Syrte est connu pour ses bancs de sable dangereux. Plusieurs écrivains de l'Antiquité estiment que de fréquents orages de sable et des monstres rendent la navigation d'autant plus périlleux.

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Guerre des Sept Chefs

L'auteur fait allusion à la guerre des Sept Chefs. Selon la mythologie grecque, lorsqu’Étéocle refusa à son frère, Polynice, le trône de Thèbes, Polynice s’enfuit en Argos où, après son mariage avec la fille du roi Adraste, il s’allia avec le roi pour planifier une attaque sur les Thébains afin de rétablir son trône. Il recruta cinq autres chefs, Tydée de Calydon, Parthénopaos d'Arcadie, les Argiens Capanée, Hippomédon ainsi qu’Amphiaraos, et assigna à chacun la mission d'assiéger une porte de Thèbes. Polynice entreprit lui-même la siège de la septième porte où il combattit contre Étéocle. Enfin, les deux frères s’entretuèrent et la bataille se termina avec la défaite des Argiens.
  • Sept Chefs, guerre des, Encyclopédie Microsoft Encarta en ligne (2009), Microsoft Corporation, Internet, 2 novembre 2009.

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Guillot le songeur

L'expression, Il est logé chez Guillot le songeur, se dit d'un homme gêné d'une mauvaise affaire et qui pense à comment s'en tirer.
  • Songeur, Reverso dictionnaire en ligne (2008), Softissimo, Internet, 22 janvier 2010.
  • Gibson, Walter S., Bosch's Dreams: A Response to the Art of Bosch in the Sixteenth Century, The Art Bulletin, 1992, vol. LXXIV, no. 2, p.212.

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Gémeaux

L’un des douze signes astrologiques. Celui-ci est associé aux personnes nées entre le 22 mai et le 21 juin. Ce signe est lié à l’élément de l’Air et son opposé est le Sagittaire.
  • Gémeaux, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Gémeaux, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gémeaux_(astrologie) .

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Harpocrate (en gr. Harpocratês ; en égypt. Har-pekhrad)

Dieu du silence en mythologie grecque et romaine adapté du dieu égyptien Horus. Son nom même en témoigne : les éléments hellénisés du nom Har-pokhrat signifient Horus l'enfant. On voit ce dieu représenté comme un enfant qui suce son doigt.
  • Harpocrate, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Harpocrate.
  • Harpocrate (en gr. Harpocratês ; en égypt. Har-pekhrad), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Hercule (en lat. Hercules, en gr. Héraclès)

Héros de la mythologie gréco-romaine dont la vie est racontée en plusieurs épisodes héroïques et fabuleux. C’est un demi-dieu, ayant pour père le dieu Zeus et pour mère Alcmène. Héraclès grec a fait plusieurs aventures partout dans la Méditerranée ainsi qu’aux Enfers. Hercule romain semble être moins violent que son alter ego grec.

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Hierre

Hierre, Hedera. Une sorte de liarre qu'on appelle Hierre, Cissus.
  • Hierre, Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1er février 2010.

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Hippocrate (en gr. Hippokratês)

(Cos v. 460 - Lárissa, Thessalie, v. 377 av. J.-C.) Médecin grec que l'on considère le père de la médecine. Hippocrate était le premier à employer l'observation clinique pour parvenir à un diagnostic. Comme ordonnance, il préférait prescrire des traitements simples afin de céder la guérison du patient à la nature. Sa physiologie était fondée sur la théorie des quatre humeurs (sang, lymphe, bile jaune et bile noir), qui, selon lui, contrôlaient la santé, la maladie et les tempéraments. On lui attribue avec incertitude un ensemble de traités, tels que son Traité du prognostic, des fractures, des luxations, des airs, des eaux et des lieux, ainsi que les Aphorismes. Le serment d'Hippocrate continue à inspirer des pratiques médicales de nos jours dans le sens où les nouveaux médecins généralement doivent réciter une version moderne de ce serment qui leur rappelle leurs obligations morales, éthiques et légales.
  • Hippocrate (en gr. Hippokratês), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Hipponax d'Éphèse

Poète satirique grec qui vécut au VIe siècle av. J.-C. Banni d'Éphèse, il se réfugia à Clazomènes où il mena une vie de pauvreté. Ses satires ne survivent qu'en fragments, mais ceux qui restent témoignent, dans un langage réaliste, d'un enfer terrestre.
  • Hipponax d'Éphèse, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Huile de talc

Huile de talk, est une huile imaginaire que les Chymistes charlatans se vantent de tirer du talk, laquelle ils disent estre un fard merveilleux pour conserver le teint, parce qu'elle a esté en effet beaucoup vantée par les Anciens, & particulierement par les Arabes. Mais ce mot de talk chez eux ne signifioit autre chose qu'une égale disposition des humeurs qui entretenoit le corps en un bon temperament & en une parfaite santé. Or comme il n'y a rien qui contribuë plus que la santé à conserver la beauté du teint, cela a donné lieu aux Chymistes de rechercher cette huile de talk qui maintenoit le corps en cette disposition, & d'engager les femmes à faire la despense de cette recherche. Quelques-uns ont creu aussi que le talk jaune ou rouge contenoit une miniere d'or, & qu'on en pouvoit tirer un menstruë pour la transmutation des metaux en or, ou en argent , & pour la fixation du mercure, ou une Medecine universelle capable de guerir tous les maux qu'on tient incurables : mais c'est encore une pure charlatanerie.
  • Furetière, Antoine. Talk, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 3. Bibliothèque nationale de France, Internet, 29 janvier 2010.

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Humeur

En termes de Medecine, on appelle les quatre humeurs, les quatre substances liquides qui abreuvent tous les corps des animaux, & qu'on croit estre causes des divers temperamments , qui sont le flegme ou la pituite, le sang, la bile, la melancolie. Il y en a de composées qui s'espaississent & qui se corrompent , comme celles qui font le pus, les glaires, & autres qui causent les absés, les obstructions, & generalement toutes les maladies. On les appelle de divers noms, malignes, adustes, acres, mordicantes, cruës, peccantes, &c. [...] Humeur, se dit aussi du temperamment particulier qui vient du meslange de ces qualitez. Ainsi on dit, qu'un homme est d'humeur bilieuse, colerique, emportée; d'humeur flegmatique, douce, posée, froide ; d'humeur ; sociable, grave ; d'humeur melancolique, chagrine, inquiete, triste, noire, sombre, bizarre, insupportable , hypocondriaque ; d'humeur sanguine, gaye, enjoüée, complaisante, volage, amoureuse ; de belle humeur ; d'humeur joviale, imperieuse.
  • Furetière, Antoine. Humeur, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 2. Bibliothèque nationale de France, Internet, 9 settembre 2009.

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Hydre de Lerne (en lat. Lernaia Hudra)

Monstre fabuleux à multiples têtes qui aurait été tué par Héraclès parce que celui-là ravageait l'Argolide. À chaque fois que Héraclès essaya de lui trancher une tête, la tête repoussait. Héraclès dut alors utiliser des flèches enflammées afin de tuer la créature. Par la suite, le héros enterra la tête centrale, qui était immortelle, sous un grand rocher. Enfin, Héraclés trempa ses flèches dans le sang venimeux du cadavre pour que tous ceux qui fussent blessés d'elles subissent une mort définitive.
C'est ainsi qu'on employait le mot hydre pour signifier proverbialement [t]oute sorte de mal, qui multiplie quand on pense le destruire.
  • Heraclés / Hercule, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 29 avril 2010. http://mythologica.fr/grec/heracles0.htm
  • Hydre, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 27 juillet 2011.
  • Hydre de Lerne en lat. Lernaia Hudra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Hydropisie

s. f. Maladie qui fait enfler le corps, & cause au malade une alteration qu'il ne peut estancher.
  • Hydropisie, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

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Hyménée (en gr. Humenaios)

  • Dieu romain, fils de Vénus (Aphrodite) et de Bacchus (Dionysos). Dans l’antiquité, Hyménée présidait au mariage. Les Athéniens en particulier l’invoquèrent souvent, non seulement dans des noces, mais également dans d’autre fêtes.
  • Le cri poussé lors du banquet de noces.
  • Hyménée, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Hyménée, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hymen.

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Hélicon (en gr. Hélikòn)

Le plus grand mont en Béotie, Grèce ; il fait 1748 m. En grec, Hélicon signifie montagne tortueuse. Le mont Hélicon, avec le mont Parnasse, furent célébrés comme des retraites préférées des Muses.
  • Hélicon , Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mont Hélicon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_Hélicon.

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Hélios

Divinité hellénique personnifiant le soleil et la lumière. Chaque jour, il surveillait les hommes et les dieux en traversant le ciel dans son char de feu tiré par quatre chevaux. Il est connu pour son caractère licencieux car il délaissait ses amantes pour en séduire une nouvelle. Pour apprendre plus sur le mythe de Hélios, veuillez consulter http://mythologica.fr/grec/helios.htm.
  • Hélios, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Hélios / Sol, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 14 janvier 2010.

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Ictérique

Terme de Médecine, qui se dit Des remèdes contre la jaunisse.
  • Ictérique, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Indien, ienne

Personne qui est née ou vit dans les régions d'Asie anciennement appelées Indes.
Veuillez consulter également la référence Indes orientales.
  • Indien, ienne, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 22 octobre 2009.

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Innocent

On appelle encore, Innocents, Ceux qui ont l'esprit foible, qui sont idiots. C'est un innocent, un vray, un pauvre innocent, un franc innocent. vous estes un bon innocent, bien innocent de croire cela. la pauvre innocente.
  • Innocent, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 3 mai 2010.

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Invocation aux Muses

On appelle, Invocation, dans le poëme Epique, Les vers par lesquels on s'adresse à quelque Puissance divine ou humaine pour luy demander son secours, sa protection.
Veuillez consulter également Muse.
  • Invocation, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Iole (en gr. Iolê)

Iole fut la princesse de Thessalie dans la mythologie grecque. Son père le roi, Eurytos, organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • Iole en gr. Iolê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Ithys

Dans la mythologie grecque, Ithys fut le fils de Térée et de Procné. Lorsque Procné découvrit le viol de sa sœur Philomèle par son mari Térée, elle tua son propre fils pour se venger de son mari. Ensuite, elle servit à Térée le cadavre découpé d’Ithys sur un plat.

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Ixion

Ixion fut le roi légendaire des Lapithes, tribu grecque qui habitait le nord de la Thessalie. De son union avec Héra naquirent les Centaures.
  • Ixion, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Jacques de Courtin de Cissé

Jacques de Courtin de Cissé, dont les Oeuvres poétiques furent publiées en 1581, fréquenta le salon des Dames Desroches.
  • Courtin de Cissé, Jacques de (1560-1584), Bibliothèque nationale de France, Internet, 14 janvier 2010. http://catalogue.bnf.fr.

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Jason (en gr. Iasôn)

Dans la mythologie grecque, Jason fut roi mythique d’Iolcos en Thessalie dont l'oncle, Pélias, déroba le trône à son père Éson et à lui. Ainsi le jeune prince fut-il élevé par Chiron, centaure connu pour la bonté et pour la sagesse. Il rentra à Iolcos comme adulte, se présentant devant Pélias en portant une seule sandale, car il avait perdu l’autre en traversant une marée. Le roi avait été averti par un oracle de se garder de l’homme qui ne portait qu’une sandale. Ainsi Pélias dit-il à Jason qu’il ne serait roi que s’il lui apportait la Toison d’or. De ce fait, Jason, accompagné par les Argonautes, part en Colchide sur le grand navire Argo. Avec l'aide de la magicienne Médée, Jason s'empara de la toison. Ensuite, les deux s'enfuirent ensemble et Jason rentra à Iolcos avec Médée comme sa femme. Or, peu après, Médée tua Pélias dans l'espoir de rendre le trône à son mari. En revanche, Jason et Médée furent exilés de Ioclos, après lequel ils se refugièrent à Corinthe et eurent deux fils. Dix ans plus tard, Jason annonça à Médée qu’il épouserait Créüse, la fille de Créon, roi de Thèbes car celui-ci avait offert à Jason de lui succéder comme roi. Furieuse contre cette infidélité et ingratitude, Médée se vengea de façon cruelle : elle envoya une tunique empoisonnée à Créüse comme cadeau de mariage et égorgea ses propres enfants.
  • Jason, Greek Mythology Link (1997), Carlos Parada et Maicar Förlag, Internet, 10 mars 2011. http://www.maicar.com/GML/Jason.html.
  • Jason en gr. Iasôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Job

Héros du Livre de Job dans l'Ancien Testament, Job est l'archétype du Juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan, avec la permission de Dieu.

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Jules César (en lat. Caius Julius Caesar)

(Rome 101 – Ides de Mars 44 av. J.-C.) Illustre homme d'état, général et enfin dictateur romain (46-44 av. J.-C.) qui joua un rôle essentiel dans la transformation de la République romaine à l'Empire romain. Toutefois, ses réformes politiques et sociales furent déjouées lorsque Marcus Junius Brutus, un noble à la Chambre du Sénat, l'assassina en 44 av. J.-C.
Non seulement César fut-il un homme politique célèbre, mais il était un bon orateur et historien. Il écrivit quelques œuvres littéraires : Commentarii de bello gallico (Commentaires de la guerre des Gaules) et Commentarii de bello civili (Commentaires de la guerre civile).

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Junon (en lat. Juno)

Déesse de la nature dans la religion romaine, Junon représentait la féminité. Junon et Jupiter, son frère de la même mère Rhéa ainsi que son époux, sont considérés comme divinités primordiaux qui constituent deux des trois figures dans la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve).
Les grecs hellénisèrent Junon et la renommèrent Héra. Ils lui attribuèrent le rôle de protectrice du mariage et des femmes mariées.
  • Héra en gr. Hêra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Junon en lat. Juno, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Jupiter

D’autres noms : Stator (qui arrête), Elicius (qui fait le foudre) et Feretrius (qui frappe). L’équivalent du dieu grec, Zeus, Jupiter, fils de Saturne, est le roi des dieux considéré comme divinité primordiale faisant partie de la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve) dans la mythologie romaine-italique. Jupiter gouverne le ciel, les éléments météorologiques (tonnerre, foudre) et la lumière du jour. Ainsi il est souvent représenté avec les emblèmes de l'éclair, du trône et du sceptre.
D'un esprit licentieux, Jupiter prit maintes amantes, cependant, seulement sa sœur jumelle Junon conquit son cœur. Après plusieurs tentatives de la courtiser, il réussit finalement à gagner sa main en se transformant en coucou mouillé pour exciter la sympathie et l'affection de la déesse. Ainsi leurs noces marquèrent le premier mariage du monde.
  • Hera / Junon, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/hera.htm.
  • Jupiter, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Zeus / Jupiter (3/4), Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/zeus3.htm.

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Juvénal (en lat. Decimus Junius Juvenalis)

Poète latin, auteur de satires. Il naquit à Aquinum en Campanie vers l’an 55 ap. J.-C. Il produisit seize Satires qui traitent des vices de son époque, contrastant la Rome traditionnelle (pure, exaltée par Cicéron) avec la Rome contemporaine. Juvénal mourut vers 140.
  • Juvénal en lat. Decimus Junius Juvenalis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré de noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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L'Iliade

Épopée grecque dont l'auteur prétendu est Homère. L'Iliade exerça une influence importante sur la poésie épique, de l’Énéide de Virgile aux œuvres plus récentes. Cette épopée raconte quelques journées de la guerre de Troie., le personnage principal, dirige les Achéens contre les Troyens après l’enlèvement d’Hélène par Pâris.
  • Homère, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • L'Iliade en gr. Ilias, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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L'Énéide

Poème épique écrit par le poète latin Virgile entre -29 et -19 av. J.-C. L’Énéide fut un projet ambitieux pour Virgile : il cherchait à écrire une épopée romaine qui équivaudrait à l’œuvre magistrale grecque d’Homère, l’Iliade. Pourtant, Virgile mourut avant que l’œuvre ne fût achevée. Quoiqu’il eût demandé qu’on brûlât l’épopée partielle, Auguste ordonna que la publication fût complétée par Varrius et Tucca, poètes et amis de Virgile.
Le poème consiste douze chants et raconte les aventures du prince troyen Énée, un des plus grands héros de la guerre de Troie. Après que les Grecs avaient ordonné à Énée de fuir de Troie, il se trouva naufragé avec quelques-uns de ses hommes à Carthage. Là, il connut Didon, fondatrice et reine de la ville. Les deux tombèrent vite amoureux. Malheureusement, cet amour menaçait le destin du héros : il était censé fonder Lavinium (Rome) en Italie. À cause du départ de son bien-aimé, Didon, inconsolable, se donna la mort. Énée incarne certaines valeurs romaines comme la dévotion à son devoir, d’abord et avant tout.
  • Énéide, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Énéide (Virgile), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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La Franciade

Épopée inachevée de Ronsard (1572), dont les quatre premiers chants, en décasyllabes, s'inspirent de l'Énéide et attribuent à Francus, fils d'Hector, la fondation du royaume de France.
  • La Franciade, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Laurier

s.m. Sorte d'arbre toujours verd, & qui porte une petite graine noire & amère. Chez les Anciens le laurier étoit consacré à Apollon. On donnoit des couronnes de laurier aux Capitaines qui avoient remporté la victoire, & aux Poëtes qui avoient mérité le prix .
  • Laurier, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 19 octobre 2009.

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Lazare

Dans le Nouveau Testament (l’Évangile selon Saint Jean), Lazare est le nom du frère de Marthe et de Marie, ressuscité par Jésus quatre jours après sa mort. Ce miracle contribue à augmenter le nombre de croyants en la divinité du Christ.
  • Émile Littré : Dictionnaire de la langue française, (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Le Cocyte (en gr. Kôkutos Naissant des lamentations)

Fleuve des Enfers qui afflue de l’Achéron ou du Styx. Selon la tradition, les eaux du Cocyte seraient alimentées par les larmes des injustes.
  • Cocyte n. m. -en gr. Kôkutos Naissant des lamentations, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Le Livre Paphien

Paphie est un autre nom pour Aphrodite (Vénus); Aphrodite est née à la ville chypriote de Paphos selon la légende; un temple de l’ancienne ville était un lieu d’adoration de la déesse. Le Livre Paphien est sans doute une allusion aux instructions en amour fournies par Aphrodite.
  • Peristianes, J. C., A Cypriote Inscription from Keryneia, The Journal of Hellenic Studies, 1914, vol. XXXIV, p. 119.
  • McQueen Grant, Robert, Gods and the One God, Philadelphia, Westminster Press, 1986, p. 22.

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Les Sables-d'Olonne

Commune française située dans la région des Pays de la Loire. Au XVIIe siècle, elle fut un port important et connut l'âge d'or de la grande pêche.
  • L'Histoire, Office de tourisme des Sables d’Olonne, Les Sables d'Olonne, Internet, 8 mars 2010.

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Libye

Les peuples de Libye, pays arabe d'Afrique du Nord bordant la mer Méditerranée, furent défaites par Carthage dès le Ve siècle av. J.-C., lorsque les Carthaginois dominèrent tout l’ouest du bassin méditerranéen.
  • Histoire de Carthage, Wikipédia l'encyclopédie libre (3 décembre 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 5 janvier 2010. http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Carthage.
  • Libye n. f. -off. Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste en ar. al-Lībiya, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Limon

Fruit du limonier, analogue au citron à la différence près qu'il est plus acide et que son écorce est moins épaisse.
  • Limon3, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Lupin

Plante herbacée annuelle à feuilles alternes digitées dont les fleurs se dressent en longs épis coniques, cultivée comme fourrage, comme engrais, ou pour ses qualités ornementales, et dont la graine fut utilisée comme aliment principalement dans l'Antiquité.
  • Lupin, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Magellan

Célèbre navigateur portugais (1480-1521) qui fut le premier à circumnaviguer le monde.
  • Magellan (Fernão DE MAGALHÃES, dit en fr. Fernand DE), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Marrane

Nom donné par les Espagnols aux Arabes et Juifs convertis, et devenu une injure signifiant traître, perfide. On trouve aussi marane.
  • Marrane, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Mars

Dieu romain de la guerre, de la végétation, du printemps et de la jeunesse. Selon la légende, il est fils de Junon et de Jupiter et le père des jumeaux Romulus et Remus, qu'il aurait eus de son union avec Rhea Silvia.
Dans la mythologie grecque, il représente toujours le dieu guerrier mais il est renommé Arès. Fils de Zeus et d’Héra et un des douze Olympiens, il est connu non seulement pour ses combats mais aussi pour ses nombreuses aventures avec la déesse Aphrodite (Vénus).
  • Arès / Mars, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 16 février 2010. http://mythologica.fr/grec/ares.htm.
  • Mars, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Massagètes

L’historien grec Hérodote (Ve siècle av. J-C) décrit ce peuple féroce, appparenté aux Scythes : ils combattaient armés d'arcs et de piques ; ils mangeaient les cadavres des anciens, qu'ils avaient immolés, après les avoir fait cuire. Il est aussi à noter qu’ils mettaient en commun leurs femmes, malgré leur mariage avec des épouses légitimes.
  • Massagètes, Encyclopédie Universalis (2010), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 15 février 2010.

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Mercure (en lat. Mercurius)

Dieu du commerce, du profit et du voyage qui sert aussi de messager des autres dieux dans la mythologie romaine. Assimilé au dieu grec, Hermès, Mercure représente également l'habileté et la ruse.
  • Hermès, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mercure, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mercure_(mythologie).
  • Mercure en lat. Mercurius, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Messaline (en lat. Valeria Messalina)

(25 av. J.-C. - Rome 48 ap. J.-C.). Fille du consul romain Marcus Valerius Messalla Barbatus, Messaline devint impératrice romaine lorsqu'elle épousa Claude Ier. Connue pour sa conduite despotique, Messaline manipula Claude pour qu'il éliminât les rivaux potentiels à elle et à leurs enfants, Octavie et Britannicus. Messaline était également réputée pour la vie dévergondée qu'elle mena. Selon le poète latin Juvenal, elle se prostituait dans des bordels de Rome et elle aménagea même une partie du palais en lupanar. Cependant, l'empereur mit fin à ses débauches lorsque l'affranchi Narcisse l'avertit du mariage prévu entre Messaline et Silius, son amant secret, et de leur attentat comploté contre lui. Effectivement, Claude fit exécuter sa femme et Silius dans les jardins de Lucullus.
  • Messaline, Wikipédia l'encyclopédie libre (18 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 31 mars 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Messaline.
  • Messaline en lat. Valeria Messalina, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Pars, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Midas

Roi de Phrygie vers VIIIe siècle av. J.-C. Lors de son règne, la Phrygie atteignit son apogée au moyen de ses mines d’or et de fer. Pourtant, les Cimmériens mirent fin au royaume lors de leurs invasions après -700.
Le règne de Midas est d’abord et avant tout connu grâce aux légendes populaires. Dans une légende, Midas rend le captif Silène au dieu Dionysos et celui-ci promet au roi de lui exaucer un vœu. Ainsi Midas gagne-t-il la capacité de changer n’importe quel objet ou être qu’il touche en or. Pourtant, après peu de temps, il commence à mourir de soif et de faim à cause du don. De ce fait, il prie Dionysos de l’aider. Celui-ci lui conseille de se baigner dans l’eau de la source du Pactole. De cette façon, la source produit des paillettes d’or.
Dans une autre légende, Midas annonce que Marsyas, satyre, est un meilleur musicien que le dieu Apollon lors d’un concours. Enragé, Apollon change les oreilles de Midas en celles d’un âne. Midas, gêné, se cache les oreilles sous une tiare mais son barbier découvre bientôt la vérité en lui coupant les cheveux. Il dévoile le secret à un trou qu’il a creusé dans le sol ; ainsi les roseaux répètent-ils la vérité compromettante.
  • Midas, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Mont Caucase (en russe Kavkaz)

Le Caucase désigne tout un ensemble montagneux qui se trouve au sud de la Russie européenne. Le point culminant de l’ensemble s’appelle le mont Elbrouz (5, 642 m).
Selon la mythologie grecque, le mont Caucase fut l'endroit où Prométhée fut puni pour avoir apporté le feu aux êtres humains après l’avoir dérobé aux dieux. Comme punition, il se trouva enchaîné au sommet de la montagne alors qu’un aigle lui rongeait le foie (qui repoussait constamment) tous les jours. Éventuellement, Hercule le sauva en tuant l’aigle.
  • Mont Caucase en russe Kavkaz, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Montgibel

Veuillez consulter la référence Mont Etna.

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Muse

Chacune des neuf déesses qui, dans la mythologie antique, présidaient aux arts libéraux. [...] Les neuf Muses : Clio, l'histoire; Calliope, l'éloquence, la poésie héroïque; Melpomène, la tragédie; Thalie, la comédie; Euterpe, la musique; Terpsichore, la danse; Érato, l'élégie; Polymnie, le lyrisme; Uranie, l'astronomie.
Veuillez consulter également Invocation aux Muses.
  • Muse, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 4 novembre 2009.

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Myrrhe

Sorte de gomme ou de liqueur odorante qui distille d'un arbre, qui croist dans l'Arabie heureuse. La myrrhe transparente passe pour la meilleure de toutes. la myrrhe est fort amere. les trois Mages apporterent à Nostre Seigneur en Bethléem or, myrrhe, & encens. on se servoit de myrrhe pour embaumer les corps.
  • Myrrhe, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 29 janvier 2010.

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Méduse

L'une des Gorgones, dont le regard et la tête avaient la vertu de changer en pierre tous ceux qui la regardaient.
  • Méduse, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Médée (en gr. Mêdeia)

Selon la mythologie grecque, Médée fut la fille du roi de Colchide, Éétès. Cette magicienne célèbre, amoureuse de Jason, trahit son père et son pays en utilisant la magie pour aider celui-ci à gagner la Toison d’or. Lorsqu'ils furent poursuivis par Éétès, Médée tua son frère Absyrtos et dépèça son corps, jetant ses membres sur la route pour retarder son père. Les deux amants réussirent à s'évader et, ensuite, ils se marièrent. Parvenue à Iolcos en Thessalie, Médée fit périr Pélias, roi de Iolcos et l'oncle qui avait envoyé Jason en Colchide pour s'emparer de la Toison d’or. Elle convainquit les filles de Pélias de dépecer leur père et de jeter les morceaux dans un chaudron d’eau bouillante pour ainsi le faire rajeunir. À cause de ce crime, Médée et Jason furent exilés à Corinthe où les époux donnèrent le jour à deux fils. Pourtant, lorsque Jason la répudia pour Créüse, la fille du roi Créon, Médée se vengea de l'adultère. Elle envoya à Créüse une tunique empoissonée comme cadeau et, enfin, égorgea ses propres enfants.
  • Medea, Wikipédia l'encyclopédie libre (7 mars 201), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 9 mars 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Medea.
  • Médée, Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 9 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/medee.htm
  • Médée en gr. Mêdeia, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Mélisse

Plante dicotylédone herbacée (de la famille des Labiacées), à fleurs blanches ou jaunâtres, cultivée dans les jardins. Synon. citronnelle. [...] Eau de mélisse. Alcoolat obtenu par la distillation de feuilles de mélisse fraîches avec de l'alcool et utilisé comme stimulant et antispasmodique.
  • Mélisse, subst. fém., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Napelle

Terme de Medecine. C'est une plante dont la subsstance, le suc & le fruit contiennent un poison si dangereux, qu'il tuë son homme en un jour, ou au plus tard en trois; & si on n'y applique quelques remedes, il tuë sur le champ. Il n'a point de contrepoison; & encore aprés les remedes il ne laisse pas de causer une fievre ectique: ou le mal caduc, comme tesmoigne Avicenne.
  • Furetière, Antoine. Napellus, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 2. Bibliothèque nationale de France, Internet, 25 août 2009.

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Narcisse

En parlant d'un homme amoureux de sa figure, on dit dans le discours familier, qu'Il est un Narcisse ; & c'est une figure prise de la Fable de Narcisse, qui étant devenu amoureux de lui-même en se regardant dans l'eau, fut changé en la fleur qui porte son nom.
  • Narcisse, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Nenufar

Sorte d'herbe aquatique servant à la Medecine. Du sirop de nenufar. de l'eau de nenufar.
  • Nenufar, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 28 janvier 2010.

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Neptune

Dans la mythologie romaine, l'équivalent de Poséidon grec (le dieu des Océans et des Mers). Veuillez également consulter Poséidon.
  • Neptune, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Neptune, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Neptune_(mythologie).

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Nessus ou Nessos

L'un des Centaures, peuple mythique à torse de cheval et tête d'homme, qui fut associé avec la mort d'Hercule. Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres souligne que l'on obtient, de son nom, l'expression tunique de Nessus, qui signifie un présent funeste.
Selon la légende, Hercule et son épouse Déjanire arrivèrent à un fleuve, où apparut le centaure, Nessus, qui offrit d’aider Déjanire à traverser le fleuve alors qu'Hercule le traverserait à la nage. Pourtant, au moment où Hercule arriva à l’autre côté, il vit que Nessus abusait de Déjanire. Ainsi Hercule blessa-t-il le centaure d’une flèche. Celui-ci ordonna à Déjanire de prendre sa tunique et de la tremper dans son sang pour l’offrir à Hercule ; le sang sur la tunique agirait en philtre d’amour si Hercule n’aimait plus sa femme. Déjanire, jalouse d’Iole, la princesse de Thessalie, trempa la tunique dans le sang du centaure et la remit à Lichas. Celui-ci, le serviteur d’Hercule, l’apporta au héros. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau. Cependant, en essayant de l’enlever, il se rendit compte que sa peau partait avec la tunique et il s’arracha la peau. Il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus l’avait trompée.
Il existe des variations de ce mythe. Dans une autre version, où le sang du centaure était mélangé avec du poison de l’Hydre de Lerne, Hercule, la peau brûlant, construisit un bûcher dans lequel il se jeta.
  • Nessos ou Nessus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Nitre

Poudre (à canon) à base de salpêtre.
  • Nitre, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Néphritique

Qui souffre de néphrite, une maladie inflammatoire et douloureuse du rein.
  • Néphrétique, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 8 mars 2010.

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Onguent citrin

Onguent qui rappelle la couleur du citron.
  • Citrin, ine, adj., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Ophtalmie

s.f. Terme de Chirurgie. Maladie des yeux, qui consiste dans l'inflammation de la conjonctive. On en distingue de deux espèces; l'une avec écoulement de larmes, qu'on appelle Ophtalmie humide; l'autre sans écoulement, que l'on nomme Ophtalmie sèche.
  • Ophtalmie, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

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Orcanette

Plante de la famille des Borraginées, croissant dans les régions méditerranéennes, dont la racine rouge foncé fournit une matière colorante.
  • Orcanète, Orcanette, subst. fém, Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

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Orphée (en gr. Orpheus)

Aède mythique de Thrace, fils du roi Œagre et de la muse Calliope. Sa légende, l’une des plus obscures de la mythologie grecque, est liée à la religion des mystères ainsi qu’à une littérature sacréallant jusqu’aux origines du christianisme. Orphée invente la cithare, ou reçoit d’Apollon la lyre à 7 cordes et en ajoute 2, atteignant ainsi le nombre des Muses, 9. Son chant charmait les dieux et les mortels, apprivoisait les fauvres, parvenait même à émouvoir les ëtres inanimés. Par ce pouvoir, unissant la poésie et la musique, il est très utile à des Sirènes. C’est aussi par ses mélodies qu’il apaise Cerbère et charme les divinités infernales, quand il descend aux Enfers pour obtenir le retour à la vie de son épouse disparue (Eurydice). Affligé par la perte définitive de celle-ci, Orphée reste jusqu’à la fin inconsolable et solitaire. Selon la version la plus répandue sur sa mort, il est mis en pièces par les Ménades, soit pour avoir dédaigné l’amour des femmes de Thrace, soit pour avoir exclu les femmes des mystères. Selon une autre version, Orphée est foudroyé par Zeus pour avoir révélé ses expériences du royaume des morts à ses mystères.
  • Orphée en gr. Orpheus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Pactole (en grec. Paktôlos)

Ancien nom d'une petite rivière de Lydie, affluent de l'Hermos, célèbre par les paillettes d'or qu'elle roulait. Selon la légende, le roi Midas transmit au Pactole, en s'y baignant, son privilège de tout changer en or.

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Pallas

Dans la mythologie des Grecs, Pallas fut un Géant qui voulait violer Athéna. Ainsi celle-ci le brûla et se fabriqua une cuirasse de la peau écorchée qu’elle portait en combat contre les Géants.
Pallas fut également un surnom de la déesse Athéna. Selon une légende, celle-ci aurait été une fille de Triton, le dieu grec des mers, et une amie enfantine d’Athéna. Pallas aurait été tuée pendant un de leurs jeux. Pour commémorer son amie, Athéna aurait pris son nom et construit le Palladion (en lat. Palladium), statue ayant des propriétés magiques.
  • Pallas, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Pan

Dieu des bergers d’Arcadie dans la tradition grecque qui protegea les troupeaux et dirigea les danses des nymphes en jouant de la syrinx. Semblable aux Satyres, il est normalement figuré barbu, avec des cornes et des pieds de bouc. Pan est associé à la fécondité.
  • Pan, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Paracelsisme

s. m. Doctrine de Paracelse, médecin du XVIe siècle, qui attaqua vivement le galénisme arabe, donna une beaucoup plus grande part, dans la thérapeutique, aux remèdes minéraux, et voulut expliquer toute la pathologie par des phénomènes chimiques.
  • Paracelsisme, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Parques (en lat. Parcae)

Divinités romaines chargées du Destin, assimilées aux Moires de la religion grecque. Sur le Forum romain, elles étaient représentées par les Tria Fata (les trois Destinées), trois statues. Veuillez consulter aussi Moires.
  • Parques en lat. Parcae, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Parques, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Atropos.

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Pasquin

Satyre courte, ainsi nommée, à cause d'une vieille statuë mutilée qui est à Rome, appellée Pasquin, où on a accoustumé d'afficher ces sortes de satyres. Faire courir un pasquin. on fit plusieurs pasquins contre luy.
  • Pasquin, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

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Philippe Desportes

Poète français né à Chartre (1546 – Bonport, Normandie 1606), Desportes exerça ses fonctions d'abbé courtisan et de poète officiel auprès d'Henri III, duc d'Anjou et futur roi de France. Les vers élégants et aisés de Desportes, inspirés par des poètes italiens, principalement Pétrarque, Ludovico Ariosto et Pietro Bembo, firent évoluer le ton de la poèsie française à partir de la fin du XVIe siècle. Écrivain des sonnets et des élégies, ses poèmes sont publiés, parmi d'autres, dans ses Premières œuvres (1573) et ses Dernières amours (1583). Il fit également une traduction des Psaumes (1591, 1598, 1603) beaucoup critiquée par Malherbe.
Veuillez consulter notre table des matières pour accéder aux Stances du mariage de Desportes.
  • Desportes (Philippe), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Philippe Desportes, Wikipédia, L'encyclopédie libre (11 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 20 juin 2016.https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Desportes.

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Philomèle (en gr. Philomêla)

Fille du roi Pandion et une princesse légendaire d’Athènes selon la tradition grecque. Philomèle fut violée par son beau-frère Térée qui, ensuite, lui coupa la langue pour l'empêcher d'exposer son crime. Ne pouvant plus parler, Philomèle broda une tapisserie, ainsi dépeignant l’événement épouvantable. Voyant la tapisserie, sa sœur Procné fit tuer le fils de Térée, Ith