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Les espines du mariage
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LES ESPINES
DV MARIAGE,

Pour retirer les ieunes gens & au
Pour retirer les ieunes gens tres de folles et precipitées
amours.


Traitté fort plaisant et recreatif.

Fait par le sieur Iean Philippe
Varin
, Bernois
.

Augmenté, reueu, & corrigé par luy-mesme. Vignette à banderole circulaire. Du côté gauche, la devise latine ME NON TERRA FOVET; du côté droite CÆLES TIRORE VIR ESCO ; en bas, au centre, les initiales F B. Au milieu de la vignette se trouvent trois fleurs, au-dessus desquelles se trouve un nuage. Aux côtés droite et gauche des fleurs il y a des roches ou peut-être des montagnes. Dans les quatre coins de la vignette il y a un motif de feuilles. Sceau de la bibliothèque (nom illisible). A PARIS,
Par Flivry Bovrriqvant, au
mont S. Hilaire, pres le puits Certain,
aux fleurs Royalles.
3 Bandeau décoratif.

LES ESPINES DV MARIAGE.

Bandeau décoratif autour du texte.
Quand du fin Promethée
Le larcin fut vengé,
La ioye fut troublée,
L’vniuers affligé.
Qui en receut ces playes,
Maladies, Trauaux,
Les Femmes, qui comme hayes
Nous serrent en maints maux.

ANNOTATION.

PRomethée, fils de Iapetus, & de la Nymphe Asie, a (selon que disent les Poëtes) le premier enseigné l’Astrologie aux hommes, le cours des planettes, 4 & la cause des foudres : & estant d’vn esprit subtil & ingenieux, tira feu du ciel, par le moyen des miroirs ardents (desquels il fut l’inuenteur) opposez au Soleil : aussi a-il este nommé Promethée, ἀπὸ τῆς προμηθείας, c’est à dire du nom de prudence. Ce qui a donné occasion aux Poëtes en leurs fictions, de dire que ce Promethée a desrobé le feu du ciel, pour laquelle chose les Dieux furent fort irritez, & en leur conseil fut arresté qu’il seroit par Mercure messager des Dieux, lié au sommet du mont Caucase, & qu’vn Vautour, oiseau viuant de rapine rongeroit incessamment son foye, qui à mesure qu’il seroit rongé & becqueté, auec extrémes douleurs, il renaistroit tousiours : & d’abondant pour ce larcin de Promethée, les Dieux non contens enuoyerent trois sortes de fleaux aux humains, à sçauoir, Diuerses sortes de maladies, qui n’estoient point auparauent: Le trauail, qui n’estoit point cogneu : car la terre nous rapportoit toutes sortes de fruicts,sans estre cultiuée : & les femmes, selon que nous en fait foy l’Historien,
5 Bandeau décoratif autour du texte.
Eue premiere femme,
Nous a, ô grand diffame,
Soubs le peché rendu.
Pandore detestable,
Le present de tes mains
Empoisonne la table
De nous pauures humains.

ANNOTATION.

AMuliere initium peccati4: Le commencement de peché est de la femme, dit le Sage5, ce que cõfirme l'Apostre6, disant, que l’homme n’a point peché, mais la femme luy a esté en transgression : toute l’Escriture saincte est pleine d’exemples de cecy, & pourtant l’origine des maux est attribuée à la femme, selon mesmes que nous le lisons en l’histoire sacrée, comme en Genese au cha 6 pitre troisiesme, verset sixiesme & dixseptiesme : & en la premiere Epistre de sainct Paul à Timothee, chap. 2. verset 14. & au 25. chap. de l'Ecclesiastique, verset 23. & l'Autheur du mesme Ecclesiastique. Comme aussi Salomon au 21. des Prouerbes dit, I’aimeroy mieux demeurer auec vn Lyon & vn Dragon qu’auec vne mauuaise femme : & au 24. verset il dit : La mauuaistié de la femme change son regard, & luy rend le visage basanné comme vn sac : & au 25. verset, il dit: Le mary d’icelle lors mesme qu’il est entre ses voisins ne se peut tenir de souspirer amerement à l’occasion d’elle : & au 26. verset, il dit : Toute malice est petite au prix de celle de la femme. A telles femmes meschans hommes puissent aduenir : & au verset 33. il dit : Le commencement de peché est venu de la femme, & par elle nous mourons tous : & sainct Iean Christostome au Sermon de la Decolation sainct Iean Baptiste, & en la 34. homelie sur le 4. de S. Iean, dit, qu’entre toutes les bestes sauuages il ne s’en trouue point aucune qui soit plus nuisante que la femme, & pourtant les Chrestiens  7 les ont deboutees du maniment de l’Eglise & des choses sacrées. Les Philosophes ne les ont point voulu receuoir à la Philosophie. Les Iurisconsultes ne leur permettent point l’administration de la chose ciuile, pour leur inconstance & legereté, n’estans point capables de garder vn secret. Les Arabes Mahometistes les ont forcloses de leur Paradis. Les Barbares de l’Asie les ont tenuës au rang des serfs & esclaues acheptez. Salomon aussi cognoissant leur instabilité les a accomparees à la Lune,qui a ses quartiers croissans & decroissans, son plein, estant opposée au Soleil, & son vuide, conioincte à iceluy. Bref vne infinité de maux sont venus par les femmes, qui seroient longs à raconter : ce que recognoissant ce tressage Philosophe & valeureux Empereur Marc Aurelle dit, Que plusieurs grands personnages qui sont decedez & ont passé par telle estamine & rigueur ne voudroient retourner entre les viuans, pour faire leur demeure auec les femmes : dequoy nous fournit d’exemple Philippe Roy de Macedone, auec son imperieuse femme Olympias : Æneas 8 auec sa ialouse Didon Royne de Carthage : L’Empereur Marc Anthoine, auec son ambitieuse Cleopatra : Iules Cesar Empereur, auec sa fiere Domitia7: Paris fils du Roy Priam, auec sa lubrique Heleine, de laquelle il sera parlé cy apres: L’Empereur Neron auec son Agrippine, qui luy estoit aussi cruelle que luy aux autres : Alexandre le grand, Monarque de tout le monde, auec son arrogante Roxane: Hannibal de Carthage auec sa superbe Thamira8: Socrates le sage Philosophe auec sa rioteuse Xantippe, du nom de laquelle sont nommees les meschantes femmes, qu’on dit par prouerbe, C’est vne Xantippe, c’est à dire vne tresmeschante femme : il auroit encor peur que le seau de l’eau sale & puante ne luy tombast sur la teste. Si donc les Monarques, Empereurs, Roys, Princes, Philosophes, Capitaines, & autres ont esté asseruis soubs le cruel ioug & malice des femmes,ce n’a point esté sans cause si vn Poëte a dit, que le ciel n’a point tant d’estoiles, ny la mer tant de poissons, que la femme tient de ruses & finesses soubs le voile de son cœur dissimulé & dece 9 uant : toutes les Tragedies d’Euripide & d’autres sont pleines d’exemples de la malice des femmes.
Le second exemple sus-allegué est de Pandore, laquelle selon que recite le Poëte Hesiode, fut la premiere femme que le Dieu Vulcan, forgeron des Dieux, feit par le commandement de Iuppiter : ceste femme fut d’vn esprit fort remuãt, & merueilleusement curieuse ; & fut nommée Pandore, selon l’effect de la chose, ( car elle receut ἀπὸ πάντον θεῶν δῶρον ) c’est à dire vn present de tous les Dieux. Or les Dieux fauorables mirent de bons presens dans sa boëte, voulant enrichir ceste nouuelle Pandore : les Dieux nuisans y mirent aussi leurs presens, le Dieu Apollon y mit la peste, la Deesse Venus y mit l’amour lascif & l’impudicité, qui depuis apporta de tresgrands maux & calamitez à l’humain lignage, comme veroles, chancres, & autres maladies auparauant incogneues. Ha ! pauures infortunez Amoureux, ce sont les bouquets & mouchoirs bien mal plaisans & rudes, que ces belles pastourelles dõnent pour recõpense à leurs 10 depilez amoureux, qui pour les seruir ont tout despendu iusqu’aux dents & cheueux, ô glorieuse conqueste ! Le Dieu Bacchus y mit l’yurongnerie, qui causa depuis plusieurs meurtres & autres grands maux qui sont sortis du dangereux raisin qu’il mit dans ceste boëtte, qui a enluminé de couleur escarlatine tant de beaux nez qui sont auiourd’huy, garnis de Saphirs, d’Esmeraudes, de Rubis de caue, (cela s’entend) & non pas de ceux d’Orient. Le Dieu Mercure, qui est estimé par les Poëtes le Dieu des larrõs, y mit aussi son present ; mais present malheureux, qui a suscité de grands troubles au monde, comme vsures, larcins, vols, rapines & autres moyens illicites pour tromper & deceuoir le prochain: & ainsi tous les Dieux selon leurs deitez & proprietez y mirent leurs dons & presens : mais ayans fermé la boëtte, ils defendirent à ceste Pandore soubs grandes menaces, de ne regarder de long temps dans ladite boëtte, preuoyans bien qu’à l’ouuerture d’icelle il y auroit vn merueilleux tintamarre au monde, comme de fait il aduint : mais nonobstant telle 11 defence, selon que ce sexe feminin est par trop curieux & inconstant, roulant sur la boule, comme fortune, qui est comme dit le Poëte Tantùm constans in leuitate sua9, c’est à dire constante en son inconstance & legereté, impatiente de tant attendre, ouurit la pernicieuse boëtte, de laquelle sortirent les maux & miseres qui affligent & troublent auiourd’huy le repos & l’aise, plein de mal-aise des pauures humains, qui suent d’ahan soubs l’air venimeux qui sortit d’icelle pestifere boëtte de Pandore.
Bandeau décoratif autour du texte.
La Grecque Deianire
Fit trop sentir son ire,
Et sa cruelle main.
La toile enuenimee
Fit l’indompté guerrier,
En fureur animee
Perir dans le buchier.
12

ANNOTATION.

SI les hommes de moyenne qualité ont enduré tant de trauerses & tourments auec les femmes, certes les plus grands & excellents personnages y ont bien pris leur part : comme Salomon qui a receu vn fort grand esclat en son florissant Empire, par la multitude de ses femmes, qui estoient en nombre de sept cents femmes Princesses, & trois cents concubines, comme il est escript au liure des Roys, lesquelles l’ont fait decheoir de ceste grande prudence & sagesse, de laquelle Dieu l’auoit doüé : car pour icelles il a adheré aux Dieux estrãges, pour lequel peché Dieu fut grandement irrité contre luy, & en aduint la diuision & diminution de son Royaume.
Le fort Samson, duquel il est parlé au liure des Iuges, s’estant laissé emporter à l’amour de Dalila, mourut en la main des Philistins qui luy creuerent les yeux: & pensans se ioüer de luy, le voyans desnué & despoüillé de sa premiere force, ce leur sembloit, ils perirent auec luy, & 13 tresbucherent soubs le faix du bastiment que Samson fit tresbucher sur soy & sur eux. Voila celuy qui auoit emporté sur ses espaules les portes de la ville de ses ennemis, qui auec vne machoire d’Asne auoit tué tant d’hommes, & qui auoit esté si vaillant ; finalement par la tromperie & trahison de sa femme Dalila fut le ioüet de ses ennemis, & souffrit mort violente, dont de cestui-cy & du fort Hercules a esté fait ce distique,
Quis Samsone fuit, quis Hercule, fortior, atqui Fœmineis constat succubuisse dolis,
C’est à dire, Qui est ce qui a esté plus fort & vaillant que Samson & Hercules ? toutesfois on sçait que tous deux ont succombé & ployé soubs le ioug rigoureux & astuce des femmes.
Nous pourrions produire plusieurs autres exemples des sainctes Escriptures touchant cecy ; mais il y faudroit trop long temps : & poursuiurons à deduire l’histoire de ceste Deianire, qui fut la ruine du vaillant Hercules.
Ceste Deianire donc,selon que disent les Poëtes, fut fille d’Oneus Roy d’Aeto- 14 lie, laquelle estant de tres-rare & incomparable beauté, fut desirée de plusieurs grands personnages en mariage. Elle fut premierement donnée à Achelous, qui fut aussi Roy d'Ætolie : iceluy encor viuant, elle fut donnée au grand Hercules qui estoit de la ville de Thebes,ancienne ville de Grece, qui est autrement nommée la ville de cent Portes, dont aduint vn fort grand estrif entre Hercules & Achelous à qui l’emporteroit : cest Achelous, comme il estoit vn grand magicien, aussi durant leur combat se transformoit en diuerses formes, tantost en riuiere, tantost en bœuf pour deceuoir Hercu- les ; mais Harcules10 l’ayant saisi par vne des cornes, ne le lascha point qu’il ne la luy eut arrachée, & par mesme moyẽ fut vaincu, & fut lors ceste Deianire adiugée & donnée à Hercules. Aduint que Hercules quelque temps apres voulant auec Deianire passer le fleuue Euenus, qui est au pays d’Ætolie, le Centaure Nessus se presenta sur le riuage, pour les passer à l’autre riue : mais Hercules courageux se mettant le premier en l’eau,qui estoit impetueuse, recommanda Deianire au 15 Centaure pour la passer: (il ne fait pas bõ recommander sa femme à son voisin) le Centaure Nessus faisant semblant de le suiure, & le voyant desia de l’autre costé, se mit en deuoir de vouloir violer Deianire, ce qu’ayant apperceu Hercules,luy tira vn coup de flesche, teinte au sang & venin du dragon, dõt la blessure en estoit mortelle & ineuitable. Nessus par ceste playe se sentant prochain de mort, couurant son mal talent contre Hercules, ne se pouuant plus venger,donna à Deianire vne chemise, laquelle il disoit auoir proprieté de retirer vn homme de folles & estrangeres amours ; mais c’estoit le contraire, car elle apportoit mort seure & soudaine. quelque temps apres, Deianire desirant retirer son amy & mary Hercules, qui s’estoit amouraché d’vne autre femme nommée Iole, fille d’vn certain Eurytus Roy d'Euboee, pensa que par le moyen de ceste chemise que Nessus luy auoit donnée, elle viendroit à chef de son entreprise,se voulãt par mesme moyen venger de Iole qui le tenoit enlacé en ses amours ( femme cerche tousiours vengeance ) luy enuoya ceste 16 chemise en present par son seruiteur Lychas, le iour qu’il sacrifioit sur le mont Cœneus11: mais l’ayant vestuë, il se sentit incontinent saisi de griefs tourmens & douleurs en tout son corps ; & estant deuenu tout hors de soy & deuenu furieux, il precipita dans la mer le pauure seruiteur Lychas qui luy auoit apporté la chemise enuenimée, sans en rien sçauoir: & luy se ietta dans le feu ardent du sacrifice, & se brusla,ne pouuant plus endurer telles peines, causees par le venin subtil & mortel de ceste chemise.
De ceci en parle fort amplement Seneque en la Tragedie appelée Hercules furens. L’indompté guerrier donques qui auoit dompté tant d’hommes & de monstres, lesquels le Poëte Virgile recite és douze labeurs d’iceluy Hercules,a esté finalement dompté & contraint de se tuer soy-mesmes par le present d’vne femme. Voila donc vne autre forte & piquante espine au mariage de ce grand dompteur de monstres, Hercules, lequel a esté vaincu & terrassé par le present d’vne femme, & par le mal commencé mariage, duquel il a receu de viues pointes & mort dou 17 loureuse:& duquel vn Poëte a escript ces vers, pour eterniser les plaisirs de son mariage, & sa lourde cheute en iceluy, disant,
Quẽ nõ mille ferræ, quẽ nõ Stheneleius hostis,
Quem potuit nullus vincere, vicit amor.12
C’est à dire, comme ie l’ay tourné,
Celuy qui a vaincu tant de fiers ennemis,
De monstres & Geants, de furieuses bestes,
Qui ne fut onc vaincu, helas ! en fin fut mis
Au pouuoir de l’amour, trophé de ses con-
questes.13
C’est certes merueilles, que celuy qui auoit fait tant de proüesses auant qu’auoir ployé soubs le ioug nuptial, soit succombé honteusement, estant pris & enlassé aux filets du mariage ; il en a bien senti la rigueur & la pointe. Cestuy-ci a peu dire ce que disoit vn bon compagnõ de la commmodité qu’on peut tirer des femmes en mariage : (il estoit mal marié) & a dit ceci par despit,
Fœmina dulce malum, horis opportuna duabus Cum prurit in thalamo, cum iacet in tumulo.14
C’est à dire en peu de mots, La femme ne sert de rien qu’au lict & au tombeau.
18
Mais voyons en suite l’espine douloureuse de l’infortuné mariage de Menelaus Roy de Sparthe, en la personne de sa desloyale femme Heleine,qui a tant fait respandre de sang en son temps.
Bandeau décoratif autour du texte.
Ton feu, ton sac, ô Troye,
Ton rapt,ton meurtre & dueil,
Des Grecs la riche proye,
Qui t’ont mis au cercueil.
Y ietta le flambeau,
Et en mortelle peine
Y creusa ton tombeau.

ANNOTATION.

LE Prouerbe des Grecs est vray, κακοῦ κόρακος, κακὸν ὠόν, mali corui,malũ ouum, de mauuais corbeau, mauuais œuf: ce qui se trouue vray en la presente Histoire d'Heleine,femme de Menelaus Roy de 19 Sparte, autrement dite Lacædemone : car les Poëtes disent, que Leda (amoureuse de Iuppiter) fit deux œufs, en l’vn desquels estoit Castor & Heleine ; en l’autre Pollux & Clytemnestra : de cest œuf donques sortit la mal-heureuse Heleine qui fut en son temps la plus belle femme du monde, d’où est venu le prouerbe, C’est vne Heleine en beauté, l’histoire est telle. Iunon, Minerue & Venus trois Deesses, estans ensemble, & disputans de leurs beautez & perfections, la Deesse Discorde ietta secrettement vne pomme d’or au milieu d’elles, sur laquelle estoit escript, Ceste pomme soit donnée à la plus belle des trois. Icy en passant on peut remarquer l’effect de Discorde. Venus prompte & gaillarde prit aussi tost la pomme, & la vouloit retenir, comme s’estimant la plus belle : le debat fut rapporté au iugement de Iuppiter, lequel pour estre mary & frere de la Deesse Iunon,pere de Minerue, & amoureux de Venus, qui aussi estoit la putain commune de ces beaux Dieux des Payens, n’en voulut estre le iuge,ains cognoissãt vn certain Paris, fils de Priam Roy de Troye, lequel Paris pour soup 20 çon de nostre fils legitime dudit Priam (pour estre rousseau & non point noir comme les Phrygiens) fut enuoyé petit qu’il estoit en la montagne Ida, qui est en l’aspect de Troye, pour estre exposé aux bestes sauuages, mais il fut nourry & esleué par les pasteurs, & deuint grand & fort bel homme : il iugeoit si equitablement des differens entre les autres pasteurs, qu’il fut d’vn commun consentement esleu Iuge sur les pasteurs, & ne parloiton par toute la montagne Ida que de l’equité de ce Paris. Iupiter donques enuoya Mercure, le messager ordinaire des dieux, à ce Paris, auec les trois Deesses, Iunon, Minerue & Venus, afin qu’il donnast la pomme d’or à la plus belle : ces trois Deesses furent despouillées toutes nues, pour plus particulierement iuger de leurs beautez. Iunon, se disant estre sœur & femme du grand Dieu Iuppiter, luy promettoit toutes sortes de richesses & bon-heur en mariage (comme cela estoit en sa puissance) s’il luy donnoit la pomme, en la iugeant la plus belle. Minerue, se disant fille de Iuppiter, & née du cerueau d’iceluy, promettoit luy donner 21 toutes sciences, & le bon-heur en guerre (comme ayant ce pouuoir) s’il luy donnoit la pomme, comme à la plus belle. Venus, Deesse des amours lascifs luy promettoit toutes sortes de voluptez & de delices en amour, voire la plus belle femme qui fut au monde pour lors, cela estant du pouuoir de la Deïté. Paris se laissant aueugler aux desirs de la chair, & par les promesses, œillades & allechemens de Venus, mesprisant les richesses de Iunon, & les sciences de Minerue, comme homme sensuel, vaincu par l’amour lascif, donna la pomme d’or à Venus, qui aussi tost luy mit en main les moyens d’aller en Sparte en la maison du Roy Menelaus, où c’est que feignant estre son parent, en l’absence dudit Menelaus,il rauit Heleine, & l’emmena en son pays de Phrygie en la maison de son pere Priam Roy de Troye. Les Grecs pour venger ceste iniure, & ce rapt fait à leur Seigneur & Roy Menelaus, assemblerent vne grosse & puissante armee, composee de tous les plus grands Seigneurs & Capitaines de Grece, & camperent deuant Troye dix ans entiers, 22 auant que la pouuoir prendre. Finalement les Grecs,par le moyen du grand cheual de bois qu’ils auoient construit, dans lequel estoient cachez plusieurs hommes armez, feignans en vouloir faire vn present au Palladium15, qui estoit l’image de Minerue, autrement appelée Pallas, furent receus par les Troyens, qui estimoyent que les Grecs leueroyẽt aussi tost le siege pour s’en retourner en leurs terres & pays, apres auoir presenté ledit cheual de bois:mais à l’entrée de la ville, comme ils faisoient passer ledit cheual, se sentans maistres de la porte, sortirent de ce cheual ; & appellans les autres à leur ayde, enuahirent la ville, mirent à mort l’ancien Roy Priam, tout tremblãt de vieillesse deuant l’autel mesme de ses Dieux, mirent le feu dãs la maison Royale, ses enfans tuez, la ville embrasée & rasée de fonds en comble : Paris mesmes y fut tué, les Grecs emporterent toutes les richesses de Troye, semerent bleds où estoit la ville : tesmoin ce qu’en dit Ouide aux Epistres Heroides en ces vers suiuans, Iam seges est vbi Troia fuit, resecãdaque falce 23 Luxuriat Phrygio sanguine pinguis humus.
C’est à dire,
Bleds sont semez où iadis estoit Troye,
Qui fut aux Grecs le pillage & la proye,
Mesmes les champs ont esté engraissez
Des Phrygiens, qui y furent laissez
Morts estendus, sans auoir sepulture :
D'Heleine vint telle desconfiture.
Ils emmenerent aussi la Roine Hecuba, mere de Paris, prisonniere auec eux : & Heleine apres la mort de Paris fut donnée à femme à Deiphobus, frere dudit Paris, qui estoit eschapé:encor fut-elle si cruelle, qu’elle fut cause de la mort d’iceluy Deiphobus : car estant r’entree en grace auec Menelaus, elle le mena en la chambre où il dormoit, & là le fit tuer, & s’en retourna auec Menelaus apres auoir ietté le flambeau de dueil & de ruine dans Troye.
Voila comme par vne seule femme impudique & lasciue tant de maux aduindrent. Ce qui se peut voir plus particulierement dans le Poëte Homere, Virgile & autres autheurs, qui descriuans l’Histoire & sac de Troye, donnent le commencement, le milieu & la fin de ce 24 mal-heur à Heleine, la plus impudique adultere de son temps, qui rendit son mariage fort espineux & infortuné, & apporta tres-grande ruine & desastre à plusieurs.
Bandeau décoratif autour du texte.
La Tygre Clytemnestre
Tua de cœur felon
Son doux espoux & maistre,
Le grand Agamemnon.
Et Medée impiteuse,
Poursuiuant son Iason,
Desmembra furieuse
Le fruit de sa maison.

ANNOTATION.

CEste Clytemnestre fut femme d'Agamemnon, qui estoit frere de Menelaus, mary d'Heleine, & fils d'Atreus Roy de Mycenes, laquelle voyant que son mary qui estoit general de l’armée 25 des Grecs contre les Troyens pour r’auoir Heleine, tardoit trop à venir,ayant demeuré dix ans deuant Troye au siege, durant ce temps là s’abandõna en adultere auec vn certain Ægysthus, qui auoit desia tué Atreus, le pere d'Agamemnon: & voyant son mary reuenu d’vne guerre si sanglãte & cruelle,au lieu d’estre ioyeuse de son arriuée & le receuoir honorablement ( comme estant reuenu de mort à vie, & comme son cher espoux,) craignant qu’estant aduerti de la meschante & desordonnée vie qu’elle auoit menée en toute paillardise & vilenie auec son adultere Aegysthus, adioustant peché sur peché, & crime sur crime, plus cruelle & barbare que les bestes farouches & sauuages, aidée de son paillard & ribaud Aegysthus, trempa (ô forfait execrable !) ses cruelles mains au sang de son mary Agamemnon : & comme tel peché ne demeure point impuni, d’autant que la vengeance vient des cieux, Orestes fils d'Agamemnon, par le conseil de sa sœur Electra, vengea la mort de son pere, & tua sa propre mere Clytemnestre sur le fait auec son paillard Aegysthus : & com 26 bien qu’vn tel acte fut prodigieux & contre nature, que le fils occit de ses propres mains celle qui l’auoit porté en son ventre:toutesfois puis que la vengeãce vient d’en-haut, le ciel vengeur des iniures & malefices, fit qu’vne telle meschanceté fut punie : car comme dit le prouerbe, Pereunt artifices, arte sua, le meurtrier mourra de glaiue. Finalement le mal-heureux Orestes se sentant piqué d’extréme regret d’auoir tué sa mere, fut agité par les furies ; & estant deuenu insensé, se creua les yeux de desespoir, ne s’estimant plus digne de iouyr de la lumiere du monde, veu qu’il auoit tué celle qui la luy auoit fait voir, & mourut en ceste langueur griefuement bourrelé en sa conscience : Toutesfois les Grecs en leurs escripts, parlans du meurtre cruel commis par Orestes en la personne de sa mere Clytemnestre, disent qu’iceluy Orestes fut adiourné deuant le Senat des Areopagites, qui estoient Iuges souuerains sur tout le pays de Grece, & qui iugeoyent en dernier ressort & sans aucun appel, pour respõdre d’vn tel crime énorme: & la cause diligemment plaidée & 27 considerée, il fut finalement absous par leur arrest & iugement. Cependant l’adultere de ceste chienne Clytemnestre, apporta la mort à Agamemnon son mary, à son paillard Ægysthus, à son fils Orestes, & à soy-mesmes. Ceste histoire est clairement descripte & au long par Euripide, Poëte Grec, en sa tragedie appellee Orestes, & Seneque aussi en sa tragedie appellée Agamemnon.

L’exemple de Medée.

L Ors que les Grecs soubs la conduite du Prince Iason entreprindrent d’aller en l’Isle de Colchos, bien equippez dans la grande nauire nommée Argo, dont ils furent nommez Argonautes, pour conquerir la toison d’or qui estoit d’vn prix inestimable, & tres-difficile à conquerir, estans arriuez en ladite Isle de Colchos, & ne trouuans aucun moyen pour rauir ceste toison d’or : Medée qui estoit fille de Æta, Roy de ceste Isle, voyant que le Prince Iason estoit de belle stature, & d’vn beau port, commença à le regarder autrement que les autres 28 de sa compagnie, & en deuint amoureuse: Ce qu’apperceuant Iason, ne laissa perir ceste commodité, ains luy prestant bonne espaule, ne faillit de prendre ceste occasion aux cheueux ; & estant receu honorablement en la maison du Roy Æta, deuint aussi amoureux de ceste Medée, laquelle ayant entendu l’occasion & le motif de son voyage, luy donna asseurance de venir à chef de son entreprise, pourueu qu’il luy promist de l’auoir à femme : ce qu’estant promis, elle qui estoit vne des plus grandes enchanteresses de son temps, instruicte en toutes sortes d’arts magiques, luy mit en main les moyens de pouuoir assopir16 & endormir vn furieux Dragon, qui ne dormoit iour ne nuict ; & deux fiers Taureaux, qui auoient les pieds d’airain, & iettoient flammes par la bouche, qui gardoient ceste toison d’or, à ce que personne n’en approchast. Iason cependant, ayant demeuré quelque temps en l’Isle, eut deux fils de ceste Medée17; & voyant qu’il estoit temps de trauailler à ceste besongne, la pria de mettre en execution sa promesse ; & ayans assopy18 & endormy le Dragon 29 & les deux Taureaux, par la force de l’enchantement de Medée, il conquit aisément icelle toison: & ne se souuenant plus d’vn tel benefice qu’il auoit receu d’elle, fit voile, & emporta la toison sans luy dire Adieu : de laquelle chose Medée estant deuenuë forcenee, ne sçachant où courir apres son Iason qui s’estoit mocqué d’elle ; comme vne beste furieuse & enragée, iettant ses mains cruelles en fureur desesperée sur les deux ieunes fils qu’elle auoit euz de Iason, les mit en pieces, estimant par ce moyen se venger de Iason ; mais la malheureuse se vengea sur ses propres entrailles : tellement que depuis cela est venu en prouerbe, que quand on veut parler d’vne femme cruelle & barbare on l’appelle vne Medée : si aussi on veut parler d’vne meschante sorciere & enchanteresse, on l’appelle Medée ; car elle a eu l’vn & l’autre en supréme degré. Voila vne espine bien rigoureuse au mariage de Iason auec ceste Medée : rigoureuse dy-ie à Iason, qui n’entreprit ce mariage que pour assouuir son auarice en emportant la toison d’or, & fournir à son ambition : ri 30 goureuse aussi à Medée, pour seruir à son plaisir charnel, à sa lubricité, regardant plustost à la beauté de Iason, premier que experimenter & recognoistre ses mœurs.
Bandeau décoratif autour du texte.
Les filles Danaides
Sont, par leur trahison,
Aux eaux Acherontides :
Et leur triste maison
Porte nom d’infamie,
Et dueil perpetuel :
Leur peine est infinie
En tourment eternel.

ANNOTATION.

CEste histoire des Danaides, autrement nommees Belides par le Poëte Virgile au sixiesme liure de ses Æneides, du nom de Belus leur oncle, furent filles ( selon que racontent les Poëtes ) de Danaus, qui fut fils d'Epaphus, Roy d'Egypte, qui edifia en son temps la ville 31 capitale du pays, nommée Memphis, qui est encor auiourd’huy en estre : & pour mieux entendre ceste histoire des Danaides, il est besoin de sçauoir leur origine. Cest Epaphus estant Roy d'Egypte eut sept fils,qui tous furent grands & excellents personnages, Rois & Ducs : à sçauoir Ninus, Pricus, Belus, Agenor, Danaus, Egyptus & Acrisius. Entre ces fils il y en eut deux qui eurent vne tresgrande lignee, & ausquels le Royaume d'Epaphus (apres la mort des autres freres) escheut, à sçauoir Egyptus & Danaus : Egyptus eut cinquante fils, & Danaus eut cinquante filles. Ces deux freres qui estoient fort ambitieux, voulurent pratiquer l’ancien prouerbe, & duquel a fait mention le Poëte Homere au second liure de son Iliade, disant, οὐκ ἀγαθὸν πολυκοιπανίη, εἶς κοίρανος ἔστω, Non bonum est multorum principatus, vnus princeps esto : c’est à dire, la domination de plusieurs n’est point bonne, qu’il n’y ait qu’vn Prince & Gouuerneur : & vn autre parlant du dãger qu’il y auroit si deux Rois commandoient à vn seul Royaume, prend ceste comparaison du Soleil, 32 disant, εἰ θέλουσι δύο ἥλιοι γενέσθαι, κίνδυνος πάντα συμφλεχθέντα διαφθαρηναι. si duo soles velint esse,periculum erit, ne incendio omnia perdantur19: c’est à dire, Si deux Soleils vouloient conduire le monde, il y auroit danger que ce tout ne fut embrasé & mis à rien : aussi comme a dit vn autre, Nulla fides regni sociis, omnisque potestas Impatiens consortis erit.2021
Ceux-cy doncques de mesmes vouloient estre en tel degré, que l’vn ne cederoit point à l’autre ; voire qu’vn seul auroit le Royaume sans le mespartir22: toutesfois ils s’accorderent par tel si, que le Royaume ne tomberoit point en main estrangere, & qu'Ægyptus donneroit ses cinquante fils aux cinquante filles de son frere Danaus : l’accord fait, les nopces (mais miserables nopces) furent aussi accordees : ce furent nopces de dueil & non point de ioye : nopces de trahison & non point d’amitié, selon que l’euenement le monstra : car Danaus, qui estoit ambitieux & desireux d’estre luy tout seul maistre du Royaume, pratiqua ses cinquantes filles, & leur donna charge & commandement, que le soir de leurs 33 nopces, lors qu’elles seroient couchees auec leurs maris, ( & qui estoient leurs cousins ) elles ne faillissent d’esgorger vne chacune le sien dans le lict : ce que estant promis, fut aussi executé. Le soir venu toutes tuerent leurs maris innocens, & qui ne pensoient aucunement à telle trahison, horsmis Hypermnestre, qui fut fidelle à son mary Lynceus, & le deliura, le faisant sauuer secrettement. Apres la mort des fils d'Ægyptus, l’ambitieux Danaus regna quelque temps: & comme l’acquisition de choses iniques est de petite durée, aussi Dieu ne voulut que ce tyran vsurpast plus longs temps ce qui ne luy appartenoit : tellement que Linceus fils d'Ægyptus, se ressentant de l’outrage fait à ses freres, vengea leur mort sur Danaus, & obtint le Royaume de Grece, par le moyen de sa bonne & loyalle femme Hypermnestre. Mais les filles de Danaus, qui furent si cruelles enuers leurs maris, que de violer le droict d’amitié, d’humanité, & de consanguinité en leur sang innocent, furent apres leur mort condamnées à estre en Enfer ; & pour plus grand supplice, les 34 trois Iuges infernaux, à sçauoir Æacus, Minos, & Rhadamantus, les condamnerent à aller puiser de l’eau d’vn fleuue, auec des vaisseaux percez & ne pouuans tenir l’eau, & les aller vuider bien loing : & cependant que toutes nuës elles les vont vuider, l’eau s’escoule de leurs vaisseaux & se perd, tellement que leur peine est infinie,accompagnée de grand tourment. Ces filles donc de Danaus apporterent vne rude & violente espine au mariage des fils d'Ægyptus, ce qui aduint par vn mal-talent & desmesurée ambition de regner, & extirper la race de leur oncle, dont elles ont receu condigne punition.
Mais voyons l’autre exẽple suiuant, qui est de Progné, femme de Tereus, Roy de Thrace, auquel ( plus cruelle qu’vne Scythe, ou beste farouche ) elle fit manger son fils Ithys en viande, pour venger l’iniure qu’il auoit faicte à sa sœur ; comme il se verra en ceste histoire.
35 Bandeau décoratif autour du texte.
Progné, mere cruelle,
Tu vengeas le mesfait
Pour ta sœur Philomelle,
Par vn tres-grand forfait.
Plus fiere que Medée
Tu donnas à manger
A ton mary Terée
Son Ithys, ton fruict cher.

ANNOTATION.

CE Tereus Roy de Thrace a aussi senty vne rude & mortelle espine en son mariage ; toutesfois il a esté vne partie autheur auec sa femme du malheur de son mariage. Nous trouuons doncques és escrits poëtiques, que Tereus (apres auoir espousé sa femme Progné en la ville d'Athenes ) s’en voulut retourner auec elle en son Royaume de Trace23, où estant arriué, il ne demeura 36 pas long temps auec sa femme, sans auoir lignée ; mais helas ! lignée qui ne fut de longue vie, ains qui luy apporta vne merueilleuse espine & dueil: ce quelques années apres que leur petit fils Ithys fut nay, Progné se trouuant hors de son pays d'Athenes, en terre estrange, & parmy vne nation qu’elle ne cognoissoit point, prit deliberation ( auec la permission de son mary Tereus) d’aller voir son parentage, & notamment vne sœur vnique qu’elle auoit nõmee Philomelle : ce qu’entendant son mary, & craignãt les perils du chemin, qui estoit long & difficile, luy remõstra qu’il valloit mieux qu’il allast luy-mesmes en Athenes, & qu’il luy apporteroit nouuelles de son pays & de son parentage, & qu’outre ce il luy ameneroit sa sœur Philomelle. Ceste resolution prise, & Progné fort contente, Tereus s’en va à Athenes, où estant arriué (mais à mauuaise heure) le Roy Pandion son beau-pere le receut honorablement. Tereus son gendre luy fit entendre que sa femme Progné desiroit grandement de voir sa sœur Philomelle, & qu’il luy auoit promis de l’em 37 mener auec soy en son Royaume de Thrace : il en dit autant à Philomelle, laquelle il regarda trop curieusement : car estant d’vne incomparable beauté & bonne grace, il en deuint excessiuement amoureux en son cœur : toutesfois il tint cachée ceste flamme, attendant le temps & l’occasion pour s’en seruir : & ayant espié vn iour propre, il dressa tellement sa pipée, & harangua si bien deuant Philomelle, qu’il luy persuada de venir auec luy voir sa sœur Progné en Thrace : mais il falloit encor auoir la volonté du pere, qui estant ja fort ancien, ne vouloit se priuer de sa fille Philomelle qu’il aymoit tendrement : toutesfois, vaincu par les prieres de Tereus, il permit qu’il l’emmeneroit pour voir & visiter sa sœur. Mais Tereus qui auoit autre intention, & qui ne cherchoit que d’assouuir son impudique desir, qui estoit de iouyr de Philomelle, prit ceste occasion aux cheueux, & despartit aussi tost auec ses nauires, emmenant auec soy Philomelle : Au bout de quelques iours, ayant descouuert vn port fauorable, descẽdit là : & s’estant retiré dans vne petite maisonnette seule 38 & à l’escart, il pria Philomelle d’amour vilaine: & apres plusieurs prieres, ne pouuant fleschir ny esbranler sa chasteté, la força & viola traistreusement : mais la pauure Philomelle se voyant entre les mains d’vn tel cruel ennemy, & non point parent, n’ayant autres armes que les souspirs cuisans, les sanglots, & les larmes pour sa defence, ne pouuant autrement venger vne telle iniure sur le violateur de sa chasteté, demanda l’aide de ses Dieux, disant à Therée : Plustost l’air & les autres elements se banderont contre toy, ô perfide & desloyal, qu’vne telle iniure demeure impunie.
Thereus entendant telles iniures, & craignant qu’vn tel outrage ne vint à la cognoissance des parents & de sa sœur, continuant en sa rage & barbarie, luy couppa la langue, afin qu’elle ne peust descouurir sa meschanceté : & l’ayant laissé là seule en ceste maisonnette,auec vne vieille femme pour sa garde, & remonté sur ses nauires, prit son chemin vers Thrace, où estant arriué, au lieu d’apporter quelque contentement à sa femme Progné, pour la venuë de sa sœur 39 Philomelle, qu’elle attendoit auec si grand desir, il luy dit,auec parolles feintes & desloyales, que Philomelle estoit morte en la maison de son pere, depuis qu’ils estoient en Thrace. Plusieurs regrets fit Progné pour sa sœur viuante, qu’elle pensoit estre morte, comme le traistre Thereus le luy faisoit entendre: mais Philomelle, quoy qu’elle fut gardée, pensoit tousiours de se venger du traistre, & de faire entendre en quelque façon à sa sœur son outrage receu, & son violement ; & s’aduisa de mettre en vne tapisserie tout le tort qu’elle auoit receu de Therée, & le representer & escrire de telle façon qu’il seroit cogneu : ce qu’ayant fait, l’enuoya seurement à sa sœur Progné, qui ayant veu & cogneu vn tel acte meschant & inique, dissimula pour quelque tẽps son mal-talẽt:mais ne le pouuant plus celer & couurir,s’aduisa d’vn acte du tout prodigieux ; c’est qu’elle prit leur fils Ithys qu’ils auoient eu ensemble, & sans aucune pitié & compassion ( comme vne Medée furieuse & enragée, mettant ses mains cruelles sur luy, le mit en pieces ; & l’ayant fait 40 boüillir le fit manger à son mary, qui ne sçauoit encor quelle viande c’estoit : apres qu’il en eut mangé, il demanda son fils Ithys pour le faire disner auec luy. Helas ! le petit innocent y estoit voirement ; mais il n’estoit pas cogneu : & l’ayant derechef demandé, la cruelle Progné luy presenta finalement pour desserte la teste d’iceluy boüillie en vn plat ; & luy dit en grand’ ire & fureur: ha ! traistre & desloyal, pourquoy demandes-tu tant ton fils Ithys ? l’as-tu pas dans tes entrailles ? vien-tu pas de le manger tout maintenant ? acheue le reste, & mange encor la teste que voila.
Thereus à ces parolles demeura aussi immuable qu’vne roche : & estant finalement reuenu à soy,comme d’vn profond estourdissement, & deuenu furieux, renuerse la table à terre ; & prenant vne espée voulut tuer Progné & Philomelle, qui auoit esté quelque temps cachée en la maison, ourdissant cest acte tragique : Mais ( adioustent les Poëtes en leurs fictions ) ainsi que Progné & Philomelle s’enfuyoient deuant luy, par la commiseration des Dieux, changerent tous trois 41 de forme : car Thereus fut changé en vn vilain & sale oyseau, qui est nommé Huppe : Progné sa femme fut changée & transformée en Arondelle, & Philomelle en Rossignol.
Mais laissons en cecy les fictions poëtiques de leur transformation, & disons que ces actes sanglans & tragiques furent vne douloureuse espine au mariage de ce cruel Roy Theree. Certes ce furent nopces sanglantes, nopces douloureuses & miserables. Thereus commença vilainement le malheur, & Progné l’acheua auec vne barbarie du tout estrange, n’espargnant point son propre fils,pour se vẽger de son mary. O cruauté de femme plus que detestable & inhumaine, qui scandalise les esprits qui lisent sa tragique histoire !
De ceste Progné cruelle parle le Poëte Ouide, au sixiesme liure de ses Metamorphoses, disant ainsi du petit Ithys,
Tendentemque manus, & iam sua fata videntem, Et mater , mater clamantem, & colla pe- tentem Ense ferit lateri, qua pectus adhæret.
42
C’est à dire, ainsi que ie l’ay tourné :
Helas ! ( disoit Ithys, leuant ses mains
Deuant Progné, sa mere impitoyable )
Ma mere,helas ! mes pleurs seront-ils vains ?
Tuerez-vous, ô mere inexorable
Vostre cher fils ? las, ma mere,iettez
Loing ce cousteau qui vient m’oster la vie !
Soyez-moy mere, & tel cas n’attentez :
Ha douce mere ! auriez-vous bien l’enuie
D’occir Ithys, qui plorant à vos pieds,
Vous embrassant requiert misericorde ?
O cas piteux ! on ne le croira pas :
Car tousiours mere à pardonner s’accorde.
Et ainsi demeure vray le prouerbe qui dit : Nemo magis gaudet vindicta, quàm fœmina: c’est à dire, Il n’y a animal plus desireux de vengeance que la femme.
43 Bandeau décoratif autour du texte.
La sale Messaline,
Serue de volupté,
Fut la seconde Phryne
En sa lubricité.
Procris, ta ialousie
T’a mis au froid cercueil,
De Cephale la vie
Tu fis finer en dueil.

ANNOTATION.

ENtre les plus sales & impudiques femmes qui ayent esté au temps passé, il ne s’en trouue gueres qui ait peu surpasser en lubricité du tout desordonnée ceste Messaline, qui vrayement a esté serue de toute lasciueté : tellement qu’à bon droict elle a esté appelée la seconde Phryne, qui fut aussi vne desbordée putain,de laquelle parle Aristote au premier liure de sa Rhetorique, & 44 l’Orateur Quintilien au second liure, chapitre quinziesme, laquelle pour ses meschancetez, & infames & desbordees paillaradises, fut accusée deuant les Iuges d’Athenes : & se voyant en tres-grand & eminent peril de sa vie, ne pouuant autrement gauchir vn coup si dangereux, se seruit de sa lubricité pour armes : c’est que descouurant sa blanche & delicate poictrine deuant les Iuges, soit pour par ce moyẽ les esmouuoir à luxure, & auoir leur bonne grace, soit pour leur tirer la pitié du cœur, elle eschappa de telle façon, & fut deliurée contre ses accusateurs : merueilleuse ruse de femme ! Mais poursuiuons à ce qui suit. Ceste Messaline fut fille de Messala, duquel elle a porté le nom, qui estoit parent de Claude Empereur, laquelle estant encor fort ieune fut dõnee en mariage audit Claude Empereur, qui estoit desia ancien : ce mariage, ( estant desia inesgal pour la vieillesse de l'Empereur, & pour le ieune âge d'elle) fut malheureux : car la chair chatoüillant sa ieunesse, ne trouuant son contentement aupres du vieux mary, qui aymoit mieux dormir & prendre son re 45 pos, (à la façon de ces bons vieillards recreus) que pouuoir contenter vne si chatoüilleuse ieunesse, se resolut d'aller au change, & chercher ailleurs pasture pour assouuir sa lubricité; tellement qu'en peu de temps elle deuint vne desmesurée putain, & du tout abandonnée à sa chair, & s'abondonna à plusieurs adulteres ; voire changeant son habit feminin couroit de bourdeau en bourdeau sans aucune honte : & ayant fait gajeure auec vne des plus renommees putains, l'ayant surmontée en paillardise, elle se glorifia publiquement d'auoir vaincu la plus grande putain qui fut de ce temps là : voire elle vint à vn tel desbordement, qu'en vn iour & vne nuict, elle asseura qu'elle auoit eu la compagnie de vingt-cinq hommes plus que l'autre putain, auec laquelle elle auoit fait la gajeure, & qu'elle s'estoit despartie plustost lasse, que rassasiée de l'acte Venerien. Finalement, l'Empereur son mary cognoissant ces choses, & se voyant mocqué, la feit mourir,esteignant par ce moyen le feu de sa lasciueté.
L'Historien Tranquillus recite la vie de ceste Messaline, en la vie de Claude 46 Empereur, & Iuuenal en la sixiesme Satyre, & Tacitus au liure onziesme, & Pline au liure dixiesme, chapitre soixantedeuxiesme : tellement qu'il n'est besoin d'en dire dauantage.

L'exemple de Procris.

LA ialousie au mariage apporte ordinairement de tres-grands maux & inconueniens; ce qui s'est veu souuent, au detriment & ruine de plusieurs grandes & nobles familles, dequoy fait foy ce qui est icy touché de Procris, laquelle fut fille de Erechtheus, Roy des Atheniens, sœur de la nymphe Orythie, & femme d'vn nommé Cephalus. Les Poëtes recitent ceste histoire, & disent que Cephalus, mary de ceste Procris, pour sa beauté & gentillesse, fut aymé par la Deesse Aurore, auant-courriere du Soleil, laquelle ne le pouuãt par aucunes prieres ou promesses attirer à son amitié, le rauit finalement pour mieux en venir à bout:mais pour tout cela elle ne peut aucunement esbranler sa constance ; & le voyant ferme en son propos & deliberation, le ren 47 uoya à sa femme Procris, en forme d'vn voyageur : estant arriué en sa maison, & voulant esprouuer la loyauté & chasteté de sa femme, luy presenta & offrit plusieurs grands presens pour esbranler sa constance & pudicité. Icelle acquiesceãt à la grandeur des presens, & commẽçant à succomber, Cephalus qui auoit la forme d'vn voyageur, reprit sa premiere forme, & commença à luy reprocher rigoureusement sa perfidie & desloyauté : à laquelle chose ne pouuant contredire Procris, veu qu'il ne falloit autres indices ou tesmoins, de honte & regret d'auoir ainsi voulu offencer son mary, s'alla cacher dans les forests & lieux deserts, ayant abandonné son mary Cephalus, ne voulant plus estre veuë de personne : finalement au bout de quelque temps, ayant esté reconciliée & mise en grace auec son mary, elle luy fit present d'vn dard, duquel le coup estoit inéuitable & mortel, & aussi d vn24 excellent chien de chasse, nommé Lælaps, que Minos luy auoit donné : Cephalus se voyant armé de si bonnes pieces & armes, ne demeuroit plus gueres en sa maison, & ne pre 48 noit autre deduit & delectation qu'à la chasse : & vn iour estant sorty selon sa coustume de bon matin, s'en alla à la chasse auec les armes que Procris luy auoit données, qui luy furent mortelles, selon mesmes que le tesmoigne Erasme en vn Adage,où il y a, Procridis telum : c'est à dire,le dard, ou la flesche de Procris : mais ceste Procris qui estoit aux escoutes & au guet, attainte de la dangereuse maladie de ialousie, voyant tous les matins son mary aller à la chasse, soupçõna, & se doubta qu'il ne fut espris & detenu de l'amour de quelque Nymphe forestiere, s'alla cacher dans vn toffu hallier, pour le pouuoir surprendre & descouurir finement. Comme donc Cephalus estant las & fort trauaillé de courir,& de l'ardeur du Soleil, se fut mis à l'ombrage, & eut requis vn doux vent pour se rafraischir, Procris estimant qu'il demandast ou appelast quelque Nymphe qui fut là prochaine, se remua dans son hallier, & fit remuer les brãches sans estre apperceuë ; ce qu'apperceuant son mary Cephalus, estimant que dans ce hallier estoit cachee quelque beste sau 49 uage & non sa femme, banda son arc, & laschant roidement la flesche dans l'espesseur de ce hallier, tua de ce coup sa femme qu'il aymoit tendremẽt : & voyãt qu'il auoit perdu celle qui luy estoit si chere, mourut de douleur & desplaisance, & fut (selon que disent aucuns) transmué en pierre par Iuppiter : c'est donc pourquoy il est dit icy que la ialousie de Procris en fit mourir deux : car elle se fit tuer elle-mesme, & fit mourir son mary de dueil, & ainsi rendit son mariage malheureux. On pourroit raconter plusieurs autres exemples & histoires de mesme subject, ce qui se peut voir aisément & au long aux discours mesmes que les autheurs nous en ont laisse. De ceste Procris, traicte Ouide au 7. liure de ses Metamorphoses, & Higinus au chap. 189. de ses fables poëtiques, ausquels lieux le Lecteur pourra voir cecy plus amplement:nous en mettons encor cest exemple de ce subject.
50 Bandeau décoratif autour du texte.
Telle fut Lucilie,
Qui donna le poison,
Pour chasser ialousie
Dehors de sa maison.
Et la triste Eryphile
Deplore sa maison,
Ayant las ! trop facile,
Fait aux siens trahison.

ANNOTATION.

CEste Lucilie a aussi rendu son mariage mal-heureux par sa ialousie : car se doubtant que son mary ne fut amoureux d’vne autre femme, elle prit conseil d’vne fausse vieille maquerelle, qui luy promit vne certaine mixtion qu’elle mesleroit parmy le vin de son mary, & que par ce moyen il quitteroit toutes folles amours estrangeres, & n’adereroit25 qu’à elle seule : mais au lieu 51 d’vn Recipé, il y eut vn Decipé,fort dangereux pour le pauure mary : car la vieille maquerelle donna du poison sans y penser,faisant vn Qui pro Quo de mauuais Apothicaire, au lieu du breuuage qu’elle auoit promis à Lucilie, dont il mourut tout incontinent. Ha ! fausse Lucilie, tu estois trop bonne mesnagere: tu ne voulois pas que ton mary allast porter ailleurs tes reuenus : tu le voulois auoir toy seule, sans en faire quelque part aux autres, & tu as tout perdu: mal estreint qui trop embrasse.
Voila comme par la ialousie de cestecy qui alla aux remedes illicites, le pauure mary receut mort violente par le poison : ce fut vn preseruatif pris à rebours, & de fort mauuaise digestion:c’est le premier exemple icy mis.

L’exemple d'Eryphile.

LE second exemple est d’Eryphile, qui fut fille de Thalaon, ou selon aucuns de Iphius, femme de Amphiaraus, & sœur de Adrastus, sçachant que son mary Amphiaraus deuoit aller à la 52 guerre de Thebes soubs la conduite de Polynices. Iceluy Amphiaraus se tenant caché pour n’aller à icelle guerre, sçachãt ( comme il estoit deuin ) qu’il n’en retourneroit iamais s’il y alloit, pria sa femme Eryphile de ne le deceler point à personne : mais icelle estant gagnée & pratiquée par prieres, & notamment par vn riche colier d’or que luy donna Polynices, elle declara à son frere Adrastus le lieu où son mary Amphiraus26 estoit caché ; ce qu’ayant sceu Amphiaraus ( oultré de despit contre sa femme & sa perfidie) ne tarda point à venger vne telle iniure : car auant qu’aller à ceste guerre de Thebes, il donna charge & commandement à son fils Alcmæon, qu’aussi tost qu’il auroit entendu les nouuelles de sa mort,il ne differast aucunement de tuer sa mere Eryphile, ce qui aduint : car ainsi que les Princes qui suiuoient Polynices faisoient vn conuiue ensemble, & se resiouyssoient, voicy venir vne aigle, descendant de grand roideur, qui vint rauir la flesche d’Amphiaraus, & incontinent la laissa cheoir, laquelle estant tombée & fichée en terre, fut au mesme lieu 53 transmuée en vn verd Laurier, auquel endroit, ainsi que le lendemain Amphiaraus combattoit, la terre s’ouurir, & fut Amphiaraus là englouty auec son chariot, ce qu’ayant entendu Alcmæon, fils dudit Amphiaraus, ne faillit d’executer le commandement de son pere, & tua sa mere Eryphile, & par ainsi l’infidelité de ceste Eryphile fut cause que son mary Amphiaraus mourut de ceste façon, & du meurtre que son fils Alcmæon commit en elle27 De cecy a escrit Iuuenal en sa sixiesme Satyre, disant ainsi: Occurrent multæ tibi Belides, atque Ery- philæ.
C'est à dire, Tu rencontreras là plusieurs filles de Danaus nommées Belides, & plusieurs Eryphiles : c'est à dire,de tristes & piteux spectacles. Tellement que ceste Eryphile apres sa mort ( estant aux Enfers ) elle fut condamnée par les trois Iuges infernaux, Æcus, Minos, & Rhadamanthus à pleurer & gemir incessamment son forfait & trahison, comme le recite le Poëte Virgile, au 6. liure des Æneides, parlant de la descente du Prince Ænée aux En 54 fers, allant voir son pere Anchyse aux champs Elysées, disant His locis Phædramque videt, tristemque Eryphilem.
C'est à dire ; En ces lieux-là le Prince Ænée void Phædra, & la triste & dolente Eryphile. Ceste Eryphile donc aussi a rendu son mariage & les siens mal-heureux par sa perfidie, & pour auoir trop parlé. Ha mauuaise langue de femme ! Voilà donc vne mauuaise espine.
Bandeau décoratif autour du texte.
Thisbé sentant la flame
Du brandon mal-heureux
D’amour, mit sous la lame
Son fidelle amoureux.
Le Meurier porte signe
Au fruict de son sang teinct,
Qui pour cas tant insigne
De blanc en rouge est peinct.
55

ANNOTATION.

CEste histoire, quoy que fort pitoyable, & digne de compassion, a toutesfois en soy quelque chose à reprendre : elle est pitoyable, parce qu’elle a eu vn succez funeste & tragique : il y a à reprendre, parce que ces deux Amans Pyramus & Thisbée ont esté rebelles à leurs peres & meres, qui leur auoient defendu celle28 priuauté & alliance : mais ils ont suiuy aueugles l’amour aueugle, qui les a precipitez à mort piteuse, comme nous le verrons cy apres, & selon que le recite le Poëte Ouide, liure 4. de ses Metamorphoses, & en l’epistre de Pyramus à Thisbée29, l’histoire est telle.
Il y auoit en la ville de Babylone deux familles honorables, desquelles les maisons estoient tellement voisines, qu’il n’y auoit qu’vne vieille muraille, qui en faisoit la separation. En l’vne de ces familles il y auoit vn fils vnique, nommé Pyramus; en l’autre il y auoit aussi vne fille vnique, nommée Thisbée : ces deux enfans par continuelle frequẽtation estoiẽt 56 ordinairemẽt ensemble, & s’aimoient de telle façon qu’on ne les pouuoit aucunement separer : leur aage croissant, leur amour aussi croissoit : tellement que du commẽcement les deux familles auoient esperãce que des deux n’en seroit qu’vne quelque iour : mais la noire Deesse Discorde, faisoit & dressoit bien vn autre conte, & vne autre partie : car elle esmeut vn debat entre ces deux familles, qui auoient vescu tousiours en bonne paix & amitié. Ceste partie dressée, & ceste haine confirmée, leurs parens defendirent aux deux Amans, de ne se frequenter en aucune façon, & ce soubs grandes & rudes menaces : mais l’amour qui estoit au guet, & qui eschauffoit tousiours plus viuement les cœurs de Pyramus & de Thisbée, leur faisoit reietter toute crainte, & ne laissoient de s’entre-voir & parler souuẽt ensẽble,iusqu’à ce qu’il leur fut derechef cõmandé fort estroictemẽt de s’absenter l’vn de l’autre ; mais il estoit impossible;c’estoit battre l’eau en vain ; ils eussent piustost30 enduré la mort, voire mille morts, que de se separer l’vn de l’autre : qu’auint-il ? 57 Vn iour Pyramus tout pensif, & ne remuant rien dans son cerueau que sa chere Thisbée, se pourmenoit tout seul en vne chambre de sa maison, en laquelle il apperceut vne assez grande fente en la muraille, laquelle respondoit à iour dans la chambre de Thisbée, & l’apperceuant seule, aussi atteincte de mesme maladie, l’appella : elle pensant que ce fut quelque esprit errant, s’effraya du commencement : mais se r’asseurant à la parolle de son mary Pyramus, elle s’approcha de l’endroit où la voix donnoit, & ne se pouuãs approcher de plus pres, Thisbée donnoit par la fente le bout de sa ceincture à Pyramus qui la baisoit, elle aussi la rebaisoit, & continuerent longuemẽt ceste façon d’entretenir leurs amours, iusques à ce qu’ils prindrent resolution, quoy qu’il en aduint, & quoy que fissent leurs parens, de sortir le soir prochain secrettement hors de la ville, & se rendre (le premier qui arriueroit) aupres d’vne grande fontaine, soubs vn Meurier assez loing de la ville : Le conseil pris, fut aussi de mesmes executé : ô cruelle force d’amour ! pourquoy allois-tu perdre ces 58 deux ieunes Amants, le soulas31 de leurs desolées familles ? Thisbée se saisissant de ses plus beaux ioyaux, (mais helas ! non point ioyaux pour leur mariage & nopces, mais pour leur sepulture,) sort la premiere, & arriuée à la fontaine, ne trouuant point Pyramus, l’attend coye aux rayons de la Lune : cependant qu’elle attend son cher Pyramus, vne Lyonne ( sortant de la forest, le museau tout ensanglanté de quelque beste qu’elle venoit de deuorer) vient pour estancher sa soif : Thisbée apperceuant ceste Lyonne, s’enfuit dans l’espesseur du bois, & laisse cheoir son voile blanc : la Lyonne arriuant flaire & soüille ce voile, & l’ensanglante de son museau ; & ayant beu le laisse là & s’en retourne : mais Thisbée n’osoit paroistre pour la crainte que elle auoit de la beste. Pyramus ne tarde point à venir, & ne trouuant point sa Thisbée, ains voyant son voile tout ensanglanté à terre, pensa mourir sur le lieu,estimant qu’elle auroit esté deuorée de quelque beste sauuage, & qu’il estoit la cause de sa mort, commença à ietter en l’air de merueilleux cris & plaintes la 59 mentables, criant : ha Thisbée, Thisbée ma vie ! ie t’ay perduë, ie t’ay fait mourir, mais ie te suiuray de pres ; car sans ta douce presence ie ne puis plus prolonger ma vie : ô Lyon,beste enragée & sauuage, pourquoy me rauis-tu la vie en ma chere Thisbée ? helas ! quel dommage t’auoit-elle fait ? tu as beu son sang innocent, lequel viuant estoit ma vie ; vien, vien beste farouche & sanglante boire le mien,& par ce moyen ton ventre affamé & insatiable sera le tombeau de nous deux. Ha ! tres-chere Thisbée, puis que tu es morte pour m’aimer constamment, il est bien raisonnable aussi que ie meure pour toy, & que ie t’accompagne, puis qu’esloigné de toy ie mourrois à toutes heures ! Ha Meurier ! arbre de dueil & de mort; ce fut dessoubs tes branches que l’heure fatale de nostre mort pitoyable fut assignée ; voire de Thisbée qui n’auoit sa pareille au mõde: tu seras desormais appellé arbre mortel, arbre de tristesse & de douleur. Qu’il plaise aux Dieux, que pour les sanglots, les regrets,& les larmes que ie iette dessoubs toy en ceste nuict derniere, fune 60 bre & douloureuse : ils monstrent en toy à l’aduenir vn signe & memorial de nostre mort, que ton fruict blanc soit rouge, estant teinct de nostre sang pour iamais. Adieu doncques le monde : Adieu Babylone, mon beau lieu de naissance: Adieu parens cruels & rigoureux : Adieu ma chere Thisbée ; Mais atten32, ie te prie, ie te vay faire compagnie en tes ombres mortelles. Faisant telles plaintes, & tels regrets, il tire son espée, baisant le voile, & se iette de roideur sur la poincte, & panthelant encor, & rendant les derniers souspirs, Tisbée toute esperduë & paoureuse reuient, & trouuant son amy Pyramus en tel estat faisant de merueilleuses plaintes, & de cris pitoyables, appellant son Pyramus : cher Pyramus,respons à ta Thisbée : as-tu laissé le monde pour l’amour de moy & sans moy ? Ha cruelle & impitoyable espée ! tu es ensanglantée au noble sang de mon doux amy Pyramus, tu le seras aussi du mien : nous n’auons peu estans viuans estre assemblez par mariage, que la Parque cruelle maintenant nous assemble : & se baissant sur le corps de son amy 61 tout sanglottant le baisa, toute noyée & fonduë en larmes, disant : Or sus mon amy Pyramus, tant cher & amiable, voicy ta douce amie Thisbée, regarde-la encor vn coup, & luy donne quelque dernier signe de ton amitié, & du dernier Adieu. A ces parolles Pyramus en mourant entr’ouurit les yeux desia sillez du bandeau de mort, & cogneut que c’estoit sa Thisbée qui parloit à luy,& luy dit encor ces mots : Ha Thisbée m’amie ! qui t’a remis en vie ! & disant cela sa pauure ame luy partit du corps. Thisbée ne pouuant plus porter tel regret pour la mort de son amy, dit : Ie te fay sacrifice de mon corps immaculé, que ie te donne en la mort,ne te l’ayant peu donner en nostre vie : Receuons ce contentement que la mort plus douce que nos cruels parens, ioigne nos corps ensemble & nostre sang,afin qu’ayans vescu ensemble nous mourions aussi ensemble. Reçoit donc, cher Pyramus, ce dernier present : & ayant tiré l’espée toute sanglante du corps de Pyramus, elle se ietta dessus, la s’estant mise soubs la mammelle, & mourut ainsi aupres de son 62 amy, & comme a dit le Poëte, Fato iunguntur,fato soluntur amores.33
Les Poëtes adioustent cecy, & disent que le Meurier ( sur les racines duquel tomba leur sang ) deuint rouge, & depuis porta meures rouges, qui auparauant estoient blanches, pour tesmoignage & memoire d’vn cas tant insigne & pitoyable.
Voila doncques plustost le tombeau que les nopces de ces deux Amants: Thisbée fit mourir Pyramus, & ne pouuant luy suruiure, se tua aussi elle-mesme, & furent la desolation de leurs familles. Helas ! ceste prodigieuse mort ietta vne rude & douleureuse espine en leur mal commencé,& ( auec tristesse & dueil mortel) consommé mariage.
63 Bandeau décoratif autour du texte.
La pucelle de Seste
Te fit, ô Leander
Esprouuer mort funeste
Es vagues de sa mer.
Clandestin mariage,
Plein de peine & rigueur,
Le vent, la mer, l’orage
Finirent ton mal-heur.

ANNOTATION.

CEste histoire, pour estre aussi du tout lamentable, suit celle des infortunez Amants Pyramus & Thisbée ; & est descripte amplement par des graues Autheurs, notamment par cest ancien Poëte Grec Musæus, & par le Poëte Ouide au liure de ses Epistres Heroïdes, qui deplorans le mal-heur & l’infortune de ces deux Amants, mariez clandestinement,ont voulu laisser cest exem 64 ple memorable à la posterité, pour monstrer vne tres-piquante espine au mariage ; l’histoire est telle.
Leander, de la ville d’Abyde, fut amoureux de Hero, qui estoit vne vierge d’excellente & rare beauté, qui s’estoit voüée Nonin34 à la Deesse Venus, & faisoit sa demeure sequestrée de la cõpagnie d’hõmes & de femmes en vne haute tour, nõmée la tour de Seste, vis à vis d’Abyde, où demeuroit Leander. Aduint que ceux d’Abyde & de Seste s’assemblerent pour celebrer la feste de Venus & du bel Adonis : ceux de l’Isle de Cypre, d’Hemonie 35, & de toutes les Isles d’alentour y vindrent, les ieunes gens de toutes parts y arriuerent, & porterent leurs dons sur les Autels ; là aussi se trouua Leander, qui ayant contemplé le Soleil & la beauté de la vierge Hero ( qui marchoit dans le temple de Venus en honneste grauité, rendant par ses yeux, esperdus ceux qui la regardoient : car elle estoit le trophée de toute beauté & bonne grace ) en deuint incontinent amoureux ; comme vous feriez bien vous autres mignons & delicats amoureux, quand telle occa 65 sion se presenteroit : & ne sceut si bien pacifier l’archerot Cupidon, Dieu d’aimer, qu’il ne sentit la force de sa sagette, l’amertume de sa trousse : ainsi blessé dedans son pauure cœur, il chercha le remede en la belle Hero, & combattant encor contre soy-mesme, honte le retenant ; il franchit neantmoins le sault,& & 36la suiuant pas à pas, se resolut de luy parler, & luy descouurir le mal qu’il auoit en la poictrine : il luy serre bellement & tout doucement sa belle & delicate main, auec infinis souspirs amoureux : & la meine en vn coin du temple ; quoy qu’elle en fit resistance à la façon de plusieurs femmes & filles qui se font prier & demander ce dequoy elles ont le plus d’enuie, & parmy tel aise vous dirõt mille petits prouerbes : comment Monsieur mon amy, à qui pensez-vous auoir à faire ? ie vous conseille que vous faciez vostre potage auec d’huile, car de chair il n’en y a point icy pour vous : ostezvous ie vous prie ; ne m’addressez point vos offrãdes: car ie suis à vn autre sainct voüee: dea37? despeschez-vous tost? ditesmoy Adieu, & vous retirez : car vostre 66 ciuilité me rendroit aussi tost rustique & mal-traictable : ô qu’est-cecy ? ie pensoye que fussiez quelque honneste homme ; mais ie cognoy que vous estes fils de Bouchier38, vous maniez tresbien la chair : & vous diront encor comme plusieurs Parisiennes ; Agà39, que veut faire ce gros Chrestien ? mercy Dieu, mon amy, vous estes fort dessalé : ie croy que vous venez de Blois40, vous voulez rire : par ma fy ie suis d’aduis de vous picquer si vous ne me laissez : c’est la pipée cela, l’accord ne tardera gueres d’estre fait. Ainsi nostre Leander ayant fait entendre son amour & ses flammes à Hero ; elle aussi qui n’estoit point si sauuage qu’elle ne desirast bien de s’appriuoiser, & qui n’estoit point aussi de ces cruelles & impitoyables, qui prennent plaisir à faire languir & consumer à petit feu leurs seruiteurs, lesquels par honneur & courtoisement elles appellent seruiteurs, & calignaires41, à la façon des filles de Languedoc, qui disent, n’auez rin vis mon Calignayre ?42 cognoissant le naïf de son cœur, le receut, appoincta sa requeste, & le fit maistre de son amitié : mais pource que 67 le lieu n’estoit propre ny fauorable, pour consigner ce qu’amour leur promettoit ; à sçauoir le lict coniugal, & la consommation de leurs nopces, ils prindrent resolution pour iouyr de leurs amours, par vn moyen que personne ne s’apperceut oncques ; c’est que Leander passeroit à nage ce bras de mer, qui estoit entre Abyde & la tour de Seste de nuict seulement : & cependant Hero tiendroit vn flambeau au dessus de sa tour pour signal à Leander, afin qu’il ne s’esgarast en mer sans guide, en danger de se perdre. Helas ! Leander ; ie te voy courir à ta ruine : Ie voy le flambeau esteinct, qui estiendra aussi la lampe de ta vie ! helas clandestin mariage & mal-heureux ! helas ! c'est le flambeau de mort & funerailles : c’est l’auant-coureur de ta mort, & non point le sacré flambeau de tes nopces. La nuict des deux Amants tant desirée estant venuë, selon la promesse donnée, Hero estant de retour en sa tour, va allumer le funeste flambeau pour guider le miserable Leander, lequel l’ayant descouuert en l’obcurité43 de la nuict, s’en va secrettement à la mer, & se despoüillant de ses 68 habits, s’habilla & munit de courage pour passer à la tour où son amante l’attendoit, où estant arriué, & apres plusieurs baisers & mignardises,cõme vous sçauez, pour venir au but,elle le nettoya de l’escume de la marine : & sans vser de longs discours, mesnageans le temps se mettent au lict nuptial : ô Hercules quel aise ! auquel ils consommerent leur mariage mal-commencé : & auant que le Soleil se leuast, Leander s’en retourna vers Abyde, sans estre d’aucun descouuert. Ils continuerent quelque temps en ces amours & embrassements : mais le mal-heur qui dressoit la partie changea bien tost ces amours en tristes funerailles : car Leander, vn soir qu’il faisoit fort obscur, que la mer escumoit, l’orage agitoit les vagues, estant prest de retourner au iardin de ses delices accoustumées, & voyant desia le flambeau reluire, sans crainte de la mort, de la nuict, ny de l’orage, se delibera de passer par dessus toutes ces difficultez : & ayant amour pour guide, se iette courageusement parmy les bruyantes ondes : & tirant vers la tour, le vent esteignit le 6744 flambeau : & ne pouuant voir la tour pour s’y rendre, ayant long temps nagé, n’ayant plus de force aux bras & iambes, ne sçachant où il estoit, fut tant harassé & tourmenté des vagues qui l’agitoient impetueusement, qu’il succomba dans les flots de la mer, & fut encor finalemẽt ietté à bord au pied de la tour de son amante, tout couuert de limon & d’escume. Hero voyant que Leander tardoit tant à venir, & que le iour commençoit à esclairer, en pleurant toute pensiue à part soy, iettant sa veuë sur le dos de la mer, va voir son amy Leander mort au pied de sa tour, tout deschiré & gasté cõtre les rocs : iettant des cris lamentables qui fendoient l’air, s’arrachant les cheueux de la teste, comme personne insensée, ne voulant plus viure apres son doux & loyal Leander, se ietta du haut en bas de sa tour sur le corps d’iceluy, & l’accompagna en sa mort : tellement que tous deux se trouuerent encor ensemble assemblez. Ce mariage doncques clandestin fut fort mal-heureux, & eut vne merueilleuse & piquante espine, qui changea le miel & douceur de leur ma 70 riage en aigreur & mort violente, sans honneur de sepulture dans les vagues de la mer. O triste & funeste mariage !
Bandeau décoratif autour du texte.
Ariadne cruelle
Comme vne Stenion,
Et d’vne fureur telle
Qu’vne fiere Enion45,
Fit dans la fosse obscure
D’vn tombeau tenebreux
Mourir Zenon, mort dure !
En tourment rigoureux.

ANNOTATION.

LE mariage de l’Empereur Zenon XII. Empereur de Constantinople, auec sa cruelle femme Ariadne, n’a point esté sans ses picquantes espines ; voire telles espines qui l’ont fait mourir d’vne façon estrange, par la cruauté de celle que nature auoit cõioinct auec luy,pour 71 luy estre vne moitié fidelle, & vne autre soy-mesmes : cependant ceste cruelle Scythe l’a fait mourir d’vne mort fort estrange, & du tout violente : ce qui toutesfois est aduenu par vn iuste iugement de Dieu, qui punit ordinairement les vicieux par le vice mesme, auquel ils se salissent le plus, & y prennent plaisir, comme les meurtriers par le glaiue : les paillards, par chancres & verolles : les yurongnes, par leur vin mesme. Ce qui est aduenu à cest Empereur Zenon, lequel se licentiant bien souuent de boire du vin plus que de raison, & que la grauité de son degré & estat ne permettoit,se lascha & se donnna46 à sa concupiscence, & beut tant qu’il n’auoit plus aucune cognoissance de soy-mesme, estant yure, & accablé de vin : ce que voyant ceste barbare & cruelle Ariadne sa femme, outrée de despit & de rage, commanda à ses seruiteurs qu’ils le portassent tout vif, ainsi noyé de vin en son sepulchre, & l’y enfermassent pour y digerer son vin à loisir, auquel sepulchre elle le fit tant & si longuement demeurer & dormir, qu’oncques depuis ne se resueilla pour 72 en sortir, & y mourut de faim, & à faute d’air. Ceste-cy donc aussi rendit le mariage de cest Empereur fort espineux & miserable, n’ayant point espargné celuy qui estoit son chef, son seigneur & son maistre : aussi c’est à bon droict qu’elle est accomparée à vne Stenion, & à vne fiere Enyon47, lesquels sont estimées par les Poëtes estre les furies du second rang apres les trois premieres & plus cruelles, Alecto, Megæa, & Tisiphoné : ceste-cy a rendu son mariage aussi fortuné que les Denaides, qui tuerent leurs cinquante maris le soir de leur nopces ; c’estoient nopces sanglantes & funestes. En cest exemple donc on y void vne fort grosse & dangereuse espine, qui a donné vne mortelle picqueure à cest empereur Zenon, lequel, quoy qu’il fut empereur n’a peu eschapper les espines de mariage. Mesme, ou non moindre cruauté lisons-nous auoir esté commise sur vn certain ancien Comte de Prouence,nommé André, par sa femme propre : acte cruel! acte inhumain & detestable ! laquelle plus cruelle qu’vn Tygre d’Hycarnie, ou Lyon de Getulie, n’espargna point son 73 espoux, son Roy & son Seigneur, lequel elle estrangla d’vne fureur plus que sauuage, estant aidée par ses chambrieres. Helas ! quel mariage, quelle fidelité de femme enuers son mary ; c’est donc aussi bien aux Rois & Princes que la fortune en veut, comme aux petits & de basse condition : la feubve de tel gasteau est assez grande pour tous. Si les Rois & Empereurs y ont eu telle part, les subjects ont bien matiere de craindre.
Bandeau décoratif autour du texte.
L’impudique Faustine,
De cœur fier & hautain,
Fut la honte & l’espine
Du tant sage Romain48.
Et l’infame Agrippine
Fit au cruel Neron,
Boire beaucoup d’Aluyne
Et de l’eau d’Acheron.
74

ANNOTATION.

DE ceste Faustine ont escript plusieurs Autheurs dignes de foy, qu’il n’est besoing d’en faire long discours, sinon que ç’a esté voirement vne femme du tout lubrique & insolente, & vne merueilleuse espine à ce sage Empereur Marc Aurelle, duquel elle estoit femme, fille de son predecesseur Marc Antonin, surnommé le Debonnaire : mais ceste Faustine n’auoit aucune chose du bon naturel de cest Antonin, son pere, qui fut cause que Marc Aurelle, estant vn iour auec ses familiers, & parlant de la douceur de son beau-père,disoit : Ie suis esbahy de ce que l’Empereur antonin mon beau-pere a esté si debonnaire enuers tous, & qu’enuers moy il ait esté si cruel : car m’ayant donné sa fille ( qui est de petite stature ) en peu de chair il m’a donné beaucoup d’os à rõger : Elle estoit fiere, arrogante, subjecte à tous desirs deshonnestes, lubrique, cruelle, insolente & du tout desbordée : tellement qu’elle fut la honte & l’espine de ce bon Empereur.
75
L’autre qui est icy nommée, à sçauoir Agrippine, qui estoit femme de ce sanglant & cruel Empereur Neron,a aussi esté vne picquãte & venimeuse espine de mariage à son mary, & luy a fait aualler beaucoup d’aigreur, & manger des poires d’angoisse, aussi ameres, & d’aussi mauuais goust que l’eau du fleuue infernal,nommé Acheron, lequel les Poëtes dient estre vn des fleuues d’Enfer, dans lesquels les ames des damnez sont tourmentées, qui sont le Styx, le Cocyte, le Tartare, le Phlegethon, & l’Acheron : c'est à dire, fleuue sans ioye. De l’eau doncques de ce fleuue sans ioye ; ceste Agrippine a versé en grande abondance dans la tasse de son cruel Neron : aussi estoit-il bien raisonnable que ce Tygre cruel receut de sa femme la boisson amere qu’il meritoit, estant plustost vne beste farouche, qu’homme, exerçant cruautez plus qu’inhumaines enuers vn chacun.
76 Bandeau décoratif autour du texte.
La Xantippe importune
Au sage Athenien49
Donna plus d’amertume
Qu’vn miel Heraclien.
Du climat de sa teste
Sortoit la gresle & l’eau,
L’orage & la tempeste,
Qui furent vn dur fleau.

ANNOTATION.

CEste Xantippe a esté femme du sage Athenien, nommé Socrates,lequel a esté le plus sage Philosophe du monde, selon mesmes ce qui en a esté respondu par l’Oracle d’Apollon qui l’a iugé tel : ce neantmoins cestuy-cy n’a pas laissé d’estre viuement picqué des espines de ceste Xantippe, femme rioteuse : tellement qu’à bon droict elle est icy accomparée à vn climat neigeux, subject 77 à tempeste & orage ; car tout ainsi qu’vn irrité & innauiagable Occean, dõne beaucoup de peine à ceux qui le costoyent seulement ; voire les porte50 à fonds bien souuent par la fureur de ses vagues ; ainsi ceste tempestueuse Xantippe a donné beaucoup de trauerses à ce sage Philosophe, son mary, lequel elle a tourmenté en diuerses sortes : & le voyant d’vn bon & paisible naturel, elle en estoit tellement marrie, qu’elle cherchoit toutes occasiõs pour l’irriter & mettre en cholere : ce que n’ayant peu gaigner sur la patience d’iceluy, & qu’il n’en faisoit que rire ; vn iour qu’elle eut beaucoup fait sortir de vent, d’orage, & de tempeste de sa teste inconstante, & qu’elle eut vomy vne infinité d’iniures contre le pauure Socrates, & qu’iceluy se fut allé seoir sur le sueil de sa porte, pour n’ouyr plus sa crierie & ses iniures ; elle voyant sa ferme patience, va prendre vn plein seau d’vrine & de vilenie, & le verse sur la teste de Socrates, afin de le faire mettre en cholere ; & de fait il y en auoit assez d’occasion : mais luy sage, cognoissant sa rage,n’en fit que rire, disant (en se se 78 coüant & nettoyant ) ie me doubtoye bien qu’apres vn si grand tonnerre la pluye tomberoit & la gresle. Mais c’est merueilles aussi de la sage response qu’il fit à ses amis qui le tançoient, ayans veu qu’elle luy auoit donné vn coup de pied (combien qu’aucuns dient que ce fut vn autre) voire se mocquoient de sa patience : estes-vous estonnez, dit-il,mes amis que ie ne luy rends vn semblable coup de pied qu’elle m’a donné ? Dites-moy, ie vous prie, si vn asne ou vn mulet m’auoit dõné vn coup de pied, seroit-il bien seant à moi qui suis Philosophe, de luy en redonner vn autre ? Ce que voyant le sage Alcibiades, sien amy,luy dit : comment est-ce, Socrates, que tu endures ceste mastine & beste farouche en ta maison ? Que ne la chasses-tu dehors, comme indigne de la compagnie d’vn tel Philosophe ? Vois-tu pas que tout publiquement on se mocque de toy, & de ta trop longue patience ? Ie sçay bien, respondit Socrates, qu’elle est meschante, qu’elle est vne perpetuelle gouttiere, vne fascheuse fumée, & vn tres mal plaisant frimas51 en ma maison ; mais nous 79 qui sommes Philosophes, deuons entre les vertus propres & decentes aux Philosophes,rechercher celle qui nous rend (& les autres hommes aussi) fort recommandables, à sçauoir la patience : car c’est l’eschelle & le premier degré aux autres vertus. Aussi ne l’auoit-il point pris à femme sans subject & occasion : car il la cognoissoit assez auparauant ( ce que ne feroient plusieurs hommes, si, auant que se marier ils recognoissoient telles imperfections & quartiers de Lune en la teste de leurs femmes :) car estant aduerty par ses amis qu’elle estoit du tout meschante & lunatique ( comme sont plusieurs femmes,) il leur respondit en patient Philosophe : le sçay bien, mes amis, que Xantippe est d’vn naturel brusque, turbulent & du tout intraictable ; mais ie l’ay pris telle,afin que par les outrages & iniures que i’endureray d’elle à la maison, ie m’accoustume à endurer patiemment les outrages que ceux de dehors me feront : car si i’endure patiemment les outrages de ma femme, i’endureray encor auec plus de patience les iniures des estrangers & de dehors. O So- 80 crates, tu n’as auiourd’huy gueres d’hõmes qui vueillent imiter ton exemple & patience ; car ils ayment mieux se seruir des anciennes armes, desquelles parle vn ancien Poëte, descriuant la façon de combatre de certains peuples, disant
Arma antiqua, manus, dentes, vngues-
que fuerunt.52
C'est à dire, Les anciennes armes estoient, à se combatre à coups de poing, de dents & d’ongles : tellement qu’il y a vne merueilleuse melodie d’ouyr le son de telle escrime, quand vn mary rabat de telle façon les coups de langue de sa femme ; il y a bien alors des espines. Ceste Xantippe donc estoit vne rude espine au bonnet du bon Socrates ; & quoy qu’il fut sage Philosophe, si est-ce qu’il semble que ceste trop grande patience estoit plus voisine de stupidité en vn tel personnage que de vertu ; & deuoit plustost en recognoissant le naturel farouche de ceste rioteuse Xantippe, mettre en effect ( pour le repos de ses estudes, & du grade de Philosophie ) cest ancien & tres - veritable prouerbe des Grecs, 81 tant renommé, qui dit : Αλυπον ἕξεις τὸν βίον χωρὶς γάμου.
C'est à dire, Esloigné du mariage tu viuras sans soucy & fascherie. Et suiuant aussi l’autre prouerbe, qui dit: Γαμεῖν ὁ μέλλων εἰς μεθάνοιαν ἔρχεσθαι.
C'est à dire, Celuy qui delibere de se marier, tombe & se precipite en vn fascheux & dangereux repentir. Et estant si sage Philosophe, il deuoit coupper la pointe de ceste espine, & enuoyer ceste fascheuse Xantippe à sainct Mathurin de l’Archant ( comme l’on dit,) où c’est qu’on menoit les femmes qui auoient mauuaise teste ; auquel lieu elles estoient bassinées en tresbonne forme, & estrillées proprement : car ordinairement telle sortes de femmes catharreuses d’esprit, & qui ont les vieilles lunes en leur teste53, sont subiectes à telle defluxion bilieuse, & douleur hypocondriaque ; tesmoin l’historien Rhodigin en ses antiques leçons, qui les appelle Selenidites,qui est autant à dire comme Lunaires, ou tenans de la Lune. Certes il eut esté tres-necessaire à ce sage Philo 82 sophe de prendre garde à certaines loix establies long temps auant luy,entre lesquelles y en auoit trois principales, touchant le mariage, lesquelles combien qu’elles ayent en soy quelque rigueur, toutesfois elles resueilloient bien la conscience à ces fretillans amoureux : & ne sçay si nos amoureux d’auiourd’huy pourroiẽt endurer la rigueur de ces loix, si elles estoient en vsage maintenant, ils sont desia assez fades & abbatus : tant s’en faut qu’ils y voulussent soubscrire, car ils attendent (tant ils sont bien experimentez ) tout leur bon-heur prendre son origine du mariage, son cours & succez d’iceluy : mais cestui-cy, qui estoit si sage Philosophe, se deuoit bien prendre garde des appasts & faux plaisirs qui se rencontrent à son entree.
La premiere loy doncques ordonnoit vne mulcte54 & vne peine à celuy qui ne se vouloit marier (l’estimans ennemy de nature, pour ne vouloir conseruer son espece, & multiplier le genre humain.) Mais helas ! le siecle où nous sommes, n’auroit ja que faire de ceste loy : car tous sont philogames55, & peu, voire fort 83 peu de misogames56; tous se veulent marier, chacun veut entrer & auoir part en ce jeu là : voire iusques aux petits enfans, qui taschent de maintenir, conseruer, & multiplier leur espece.
La seconde loy condamnoit à grosse peine & amende iceluy qui espousoit femme trop tard : car (comme l’on dit) quand la neige est sur les montagnes, sans doubte les vallées sont froides ; & semble mal-seant à vn homme vieux de prendre femme, veu les incommoditez qui accompagnent ordinairement tels mariages : car vne ieune femme qui espousera vn vieux homme, elle le prend en intention qu’il ne viura pas long tẽps, & qu’auec son bien elle se pourra aussi tost remarier à quelque bon verd galand qui ne la payera point de quinquinelles57 & fausses amorces comme le vieillard ; mais s’acquitera de son deuoir en bon pere de famille, & à profit de mesnage:& ie conseille à ces bons vieillards, de n’entreprẽdre sur l’estat des ieunes, s’ils n’ont dequoy payer la ferme : qu’ils obeïssent à ceste loy plustost, & facent prouision de bons bonnets doubles, & de pantoufles 84 bien fourrées : car s’ils se veulent hazarder vn petit auant en ceste lice, les voila aussi tost morfondus & subjects à la roupie : Hò, hò, il y en a vrayement de bien vigoureux en vieux âge, & qui monstrent qu’ils n’ont point oublié les bonnes leçons de ieunesse:apres bon poulain, souuent bon roussin : la ieune fille quelquefois ne se repent point d’estre aupres de la barbe blanche, ie n’en veut point dire mal : car si i’y arriue, ie seray bien aise d’estre supporté, & vn peu loüé, & non pas du tout mesprisé comme inutile: on fait quelquesfois meilleure chere l’Hyuer aupres du feu, qu’en Esté au Soleil; chasque âge a sa commodité. Ie ne veux point mespriser les vieux en cela:car s’ils n’ont la force, le courage les porte & les fauorise.
Voyons auant qu’il se fasse plus tard la troisiesme loy qu’elle dira.
La troisiesme loy estoit bien plus rigoureuse : car elle donnoit vne beaucoup plus grande peine qu’aux deux cy dessus specifiez : à sçauoir à celuy qui espouseroit vne mauuaise femme, ( ie pense que alors qu’on faisoit ces loix c’estoit l’an 85 née de bonnes femmes, ) mais helas ! à l’aide, si ces loix auoient vigueur auiourd’huy, que seroit-ce des pauures hõmes ? il n’y en auroit presques pas vn qui ne fut ruiné, veu qu’il y a si fertile saison de mauuaises femmes, ( Motus,il faut parler bas, si on dit la verité elles nous voudront mal, en danger de coucher tous seuls, s’en faut bien garder, ) il y auroit beaucoup d’amendes, il faudroit establir & constituer des commissaires & exacteurs de telles mulctes58 & amendes à chasque coin de ruë ; voire presques à toutes les portes des maisons, on leueroit de merueilleux deniers : il y auroit assez, voire de reste, pour faire la guerre au grand Sophy59, à Presto-Ianes, & aller assaillir les Antipodes ; & en reuenant rauager tous les Margajats & Toupinenquins : & vous asseure qu’on leur bailleroit belle vezarde60; on la leur donneroit bien chaude, sans y pẽser : iamais l’argent ne manqueroit : mais les pauures malmariez aux mauuaises femmes payeroiẽt bien l’escot : bien-heureux qui en fera prouision d’vne bonne ; elle sera plus necessaire en Esté qu’vn cent de bour 86 rées. Baste, que chacun face comme il pourra.
Mais ie voy que ces loix n’amendent point le mariage, qu’est-il de faire ? comment, qu’on se marie, il faut payer l’amende, elles le rendent plustost beaucoup plus espineux, ie ne sçay comment il s’y faudra conduire : car celuy qui ne se vouloit marier estoit mis à l’amende : celuy semblablement qui se marioit trop tard payoit la mulcte61: & celuy qui en prenoit vne mauuaise estoit le plus puny. Son dam, pourquoy y alloit-il. Quel bon-heur donc pouuoit-on trouuer au mariage ? Ie ne sçay : deuinez-le si voulez. C’estoit donc principalement à ceste loy, à laquelle il te falloit prendre garde, mon bon amy Socrates, Philosophe à la grand’ barbe : combien que ie ne t’aye point cogneu, tu eusses euité la grosse pluye qui tomba du seau de ta Xantippe sur ta teste ; tu eusses fait vn grand coup : mais puis que la faute est faite, ie pense que tu l’as beu y a long temps.
En memoire de ceste-cy, le nom de Xantippe est venu en prouerbe:car quãd on veut nommer vne meschante & rio 87 teuse femme, on dit aussi tost, c’est vne Xantippe. C’estoit l’espine qui picquoit si fort le talon de ce tant sage (mais trop patient Philosophe. ) Se serue qui voudra de telle patience, quant à moy ie ne m’en sçaurois aider pour tout.
Bandeau décoratif autour du texte.
Tant d’espines en somme,
De souspirs & de pleurs,
Qui accompagnent l’homme
En ce val de douleurs,
Naissent au mariage,
Iardin de tels bouquets,
Qui auec cher loüage
Produit si chers œillets.

ANNOTATION.

COmbien que sainct Augustin, en son liure de la cité de Dieu ; & le sage Philosophe Platon en sa republique, ayent dit, qu’il n’y a rien en ce mõde 88 qui se puisse esgaler en delices,aux plaisirs du mariage, ( non point comme ie pense absolument, mais en quelque partie, non ἀπλῶς, sed κατὰ τι, comme disent les Logiciens, ) toutesfois le miel & la douceur d’iceluy sont souuẽt changez en fiel & amertume en iceluy, comme disoit le Poëte,
Gáudia non remeant, sed fugitiua volant.62
C'est à dire, Les plaisirs n’y reuiennent pas alternatiuement, & ils ne sont pas si tost venus, qu’ils s’enuolent & s’enfuyent : courez apres si pouuez. Ce que nous venons de voir,nous le verrons encor en ce qui suit: mais comme disoit le Poëte, traictant de telles commoditez si cheres,
Semper habet lites, alternaque iurgia lectus
In quo nupta iacet,minimũ dormitur in illo.63
C’est à dire, Il y a tousiours noises & nouueaux debats au lict, auquel l’homme & la femme mariez sont couchez, on dort fort peu en iceluy. Ie confesse bien que le lict est commun, les enfans communs, communauté de corps & d’esprits (pourueu qu’on ne se batte point,) mais parmy 89 ces œillets & ces roses,il y a tant d’espines, qu’on n’y sçauroit prendre vn œillet ou vne rose, qu’on ne soit viuement pic– qué : parmy les ris, les souspirs se meslent : parmy les delices, les pleurs & les larmes y sont : les petits enfans beaux & gaillards vous donnent du passe-temps, & tout à vn coup ces passe-temps sont estouffez par leurs cris & ordures : viennent-ils grands, ces passe-temps aussi se changent bien souuent en grands pleurs & regrets ; & semble plustost que le mariage soit vn iardin, & vn parterre, où ne croissent que ronces & espines, que chardons & absynthe, pour faire les bouquets d’iceluy, lesquels s’acheptent fort cherement. Voila les roses parmy les picquantes espines. Et pour mieux encor monstrer les incommoditez qui naissent au mariage, certes ceste-cy est tres-grande : à sçauoir la seruitude en laquelle se met celuy qui se veut marier : car estant serré au lien de mariage, il faut de necessité qu’il nourrisse celle, soubs le lien de laquelle il s’est mis, qu’il la serue & luy soit comme esclaue & cecy est beaucoup plus intolerable, d’autãt qu’en tous 90 autres degrez de seruitudes, les esclaues & seruiteurs dependent entierement du vouloir de leurs maistres, & sont asseruis soubs leur volonté, de laquelle il faut qu’ils despendent : mais tout au contraire, en ceste seruitude, il faut que l’homme despende de la femme, qu’il endure ses fantasqueries & boutades, qui arriuẽt de coup à coup, selon qu’elle a l’esprit flegmatic & agité d’humeur bilieux : tellement que pour vn petit de commodité qu’il en peut receuoir, il en endure mille trauerses & molestes. Et pourtant vn ancien Philosophe, qui auoit autrefois mangé des pommes aigres du mariage, dit que l’homme ne doit demeurer aucunement impuni qui a commis vne si grande faute : à sçauoir, qu’estant maistre, franc & libre, il s’est rendu valet & seruiteur : tellement que si ceux qui se hastent tant de se marier pouuoient voir en vn miroir & au vif naturel les maux & trauerses qui se rencontrent au mariage,voyans le piteux tintamarre qui y est, se garderoient bien de s’enfermer dans de si rudes liens. Voila pourquoy le bon Mitio, lequel Terence introduit 91 en vne Comedie64, dit fort bien cecy,
Ce domt fortune est de moy tant prisée,
C’est que ie n’eus oncques femme espousée.
Ha gentil Mitio ! tu estois à ton aise, tu iugeois sans danger des coups, tu en estois loing, tu te mocquois plaisamment de l’autre qui est introduit en la mesme Comedie65; c’estoit vn bon gros vieillard (pourroit bien estre que c’estoit le cracheur & flegmatique Chremes) qui descouure, tout triste & melancholique sur le theatre, les espines du mariage, qui se trouuent en la femme & aux enfans, disant ainsi en souspirant sur le gros Helas !
Depuis qui i’eus femme & enfans aussi,
Iamais ie n’eus que trauail & souci.
O quel plaisir ! quelles picquantes roses en ton bonnet de nuict ; Les Menestriers en telle dance y chantent fort rudement ; l’vn haussera de telle façon son Superius66, qu’on n’y sçauroit venir, sans enfler les veines du front & du col : l’autre tirera son Bassus67 de si bas, que tous les poulmons en seront offencez à force de s’enfler : La Musique y est mal accordante, on y chante vn rude Bequare68, qui vient 92 toutesfois de nature, car cela est naturel & coustumier en tels estats.
Et à ce propos nous verrons icy en passant vne chose notable & presques incroyable, que nous lisons és Annales de Pompée le grand; lequel passant en Oriẽt par le haut des mõtagnes Riphées, trouua vne nation, qui estoit nommée Massagettes, peuple au reste cruel, barbare, & de mœurs du tout sauuages, farouches & inhumaines.
Pompée le grand se trouuant parmy ceste natiõ, voulut sçauoir quelle façõ de viure tenoient ces peuples, soubs quelles loix & coustumes ils viuoient, & trouua en ce peuple vne chose du tout admible : c’est qu’il y auoit vne loy entr’eux, qui estoit obseruée fort exactement, par laquelle vn chacun habitant estoit tenu d’auoir deux grandes cuues,en l’vne desquelles il falloit que le mary, ses fils & ses seruiteurs demeurassent : & en l’autre cuue il falloit que la femme, les filles & chambrieres demeurassent aussi : & ces cuues, (pour bonne raison) estoient appellées les Cuues de Concorde, pource que chacun auoit son quartier, & dormi 93 securè. Et combien que ceste loy semble estre pleine de rigueur & de grãde austerité, que le mary fut ainsi separé de sa femme, les freres de leurs sœurs, & les seruiteurs des chãbrieres : hó, hó, quant à ceux-cy ce n’estoit pas mal fait : car quand ils demeurent trop pres l’vn de l’autre, ils font souuent bien du mesnage en l’absence du maistre & de la maistresse, ils n’espargnent viande ny lict, ils font tout à la bonne foy,iusqu’à ce qu’ils ayent fait quelque enfant : patience,c’est pour se secourir l’vn l’autre : combien, dy-ie, qu’il semblast que leur mariage fut plustost vne haine, qu’vne honneste conionction matrimoniale ; toutesfois elle estoit vn peu radoucie & mitiguée, parce qu’il estoit permis au mary de coucher vne fois la sepmaine ( c’estoit fort peu) auec sa femme, qu’il faisoit venir en sa cuue, & puis apres la renuoyer en la cuue des filles & chambrieres, attendant l’autre sepmaine pour se reuoir, & conferer de leurs petits affaires secrets : Il estoit aussi permis qu’vne fois l’année seulement, le mary, la femme, les fils, les filles, seruiteurs & chambrieres mange 94 roient & boiroient tous ensemble, & apres cela falloit que chacun prit son quartier & se retirast dans sa cuue comme deuant ; de laquelle façon de viure, Pompée le grand tout estonné, demanda à vn des anciens hommes de ceste nation, pourquoy ils viuoient de telle façon si estrange & inaccoustumée, lequel respõdit : Sçaches, ô valeureux Pompée, que nature ne nous permet de viure longuement : car nous ne paruenons ordinairement & pour le plus,qu’à l’aage de soixãte ou quatre vingts ans : & durant ce brief terme de nostre vie, il nous conuient trauailler tout le iour en grand’ peine : la nuict venuë,il nous faut reposer de nos labeurs: & en icelle nuict, il semble que nous ne viuons pas : car nous ressemblõs en dormãt plustost à des gens morts, qu’à des viuants : & ainsi de ces quatre vingts ans, si nous en separons les nuicts, & que elles ne soient point contées, pource qu’en icelles nous dormons & semblons estre morts, il ne restera que quarante ans de iours : & si estans contraints de trauailler durant tous ces iours là nous y admettons & receuons nos femmes & en 95 fans, nous ne viurons point: car nous serons en perpetuel tourment : La femme qui est de son naturel hargneuse & desplaisante, nous apportera auec nostre trauail beaucoup d’incommoditez ; les crieries des meres & enfans troubleront tout le peu de repos que nous pourrions auoir en nos mariages. Voila pourquoy nous obeyssons volontairement à la loy de nostre pays, qui veut & ordonne que les maris, fils & seruiteurs, demeurent en vne des cuues que tu vois:& les femmes, filles & chambrieres en l’autre cuue à part : par ainsi, durant le dur temps de nos penibles ans & trauaux nous viuons en quelque paix & repos en ceste façon de viure que nous tenons. O quelles douleurs ! ô quels assauts ! Certes c’est merueilles qu’il n’y ait nation au monde qui soit exempte des espines du mariage : & ne se faut esbahir, s’il en croit tant au mariage des humains : car les pauures Payens recognoissans vne telle rigueur, comme fatale, n’en ont point voulu exempter leurs imaginaires Dieux : tesmoin leur grand Iuppiter, leur Dieu tant renõmé, lequel pour éuiter le courroux, 96 la ialousie & rigueur de sa superbe sœur & femme Iunon a pris souuent diuerses formes pour aller chercher ses Nymphes forestieres & boscageres, & se donner du bon temps ; comme ces anciens vers Grecs le tesmoignent suffisammẽt, Zεὺς, κυκνος, ταῦρος, σάτηρος χρυσός δι’ ἔρωτα Λήδης, Ευρώπηςμ Αντιόπης, Δανάης.
Id est, Fit Taurus, Cycnus, Satyrusque, aurumque ob amorem. Europa, Ledes, Antiopæ, Danaes.
C’est à dire, Iuppiter s’est transformé en Taureau, pour rauir la belle Nimphe Europe.
En vn Cygne ( bel oyseau blanc, de riuiere,) pour son amoureuse Leda qui luy fit (selon que resvent les Poëtes) deux œufs, en l’vn desquels estoient Pollux & Clytemnestre, en l’autre Castor & Heleine, laquelle fut cause de la ruine, du sac, & embrasement de la ville de Troye.
Il s’est transformé en Satyre, & Dieu boscager, pour la Nymphe Antiope.
Et en pluye d’or, pour iouyr de la belle pucelle Danaé, enfermée pour sa beauté en vne haute tour d’airain ; mais il y en 97 tra bien, c’estoit le vray moyen : or & argent font tout, tesmoin Ciceron en vne de ses harangues contre Verres69, nihil tam munitum, quod non expugnari pecuniâ que at : c'est à dire, il n’y a place si forte & bien munie, qui ne soit subiuguée & prise par argent : & le mesme Ciceron en la douziesme Epistre du premier liure de ses Epistres à Atticus70, dit, omnia castella hæc machina deijciet,in quæ modò asellus onustus auro possit ascendere ; c’est à dire, ceste seule machine ( à sçauoir or & argent,) mettra à bas tous chasteaux & forteresses, esquelles seulement vn malostru asne chargé d’or pourra monter : ô le fin entrepreneur & ingenieux Iuppiter ! il sçauoit bien qu’auec ce gluz toutes sortes d’animaux sont pris, & notamment plusieurs femmes, qui aymans naturellement la couleur iaune des escus, se laissent prendre sans défence. Il y en a bien d’autres qui se laissent attraper par l’argent, pour faire toutes choses illicites : mais ne nous esloignons pas de nostre discours. Qui ne s’esbahira de voir le grand Dieu des Payens transformé en tant de sortes, voire en bestes & animaux, & en metail in 98 sensible, comme nous le voyons icy ? n’ace pas esté pour fuyr les querelles, les noises & riottes de son imperieuse femme Iunon ? voyons-nous pas celuy qui tenoit l’Empire du Ciel & des hommes, (disoient ces pauures Payens) & le foudre esclattant en sa main, estre asseruy & subject soubs la pointe des espines de son mal-plaisant mariage ? ô foible deité ! Que ne luy fracassois-tu son arrogante teste auec ton foudre ? Estoit-ce pour crainte qu’il eut d’elle, ou de luy desplaire ? non ; mais il aimoit mieux ( comme le bon Socrates, vser de patience ) aller demeurer pour quelque71 iours dans les forests, ou dans les antres moussus des montagnes tout seul, ou auec quelque Nymphe, ou Bergerotte, pour ne perdre son temps, & ainsi laisser passer la bourasque de la cholere de sa femme, & ne s’en tourmenter : cependant durant ce temps-là, il la luy donnoit belle, sans se courroucer comme elle.
Ne se faut donc esbahir de la façon de faire de ces barbares, & comme sauuages nations, semblables aux Messgettes en la conduite de leurs mariages : ce 99 n’estoit pas trop mal fait à eux de s’enfermer dans vne cuue, & leurs femmes en vne autre, ils espargnoient plusieurs coups de poing ; & par ce moyen n’auoient les oreilles rompuës de leurs crieries, murmures & ialousies. Ie m’asseure que nos femmes d’auiourd’huy n’endureroient pas telle rigueur, d’estre enfermées dans vne cuue separées de leurs maris, ne les pouuans approcher qu’vne fois la sepmaine au lict, ( ô quel desastre ! ) & vne fois l’année pour boire & manger ensemble : il y auroit bien encor plus de besongne & de bruit, elles en appelleroient aux Areopagites d’Athenes, elles feroient bien gronder & ronfler le tonnerre de leur teste : ie vous en affie72; Iean c’est mon.
100 Bandeau décoratif autour du texte.
Oyez donc ceste chose,
O mortels desuoyez !
N’ayez l’oreille close,
Pour vous perdre esgarez.
Helas ! dans seruitude
Vous courez aueuglez,
En contraire habitude
Comme esclaues seruez.

ANNOTATION.

PVis qu’il y a tant de dangers, tant de syrtes & d’escueils,dans ceste mer de mariage,ceux qui se precipitent & se hastent auec telle ardeur, doiuent bien regarder aux perils qui s’y rencontrent: & comme dit le prouerbe, pour precaution à telles gens, Fœlix quem faciũt aliena pericula cautum.
C'est à dire, Sage est celuy qui se chastie par autruy.73 101 Et comme disoit vn certain: Præcepta docent, exempla mouent ; Les preceptes nous enseignent ; mais les exemples ( qui sont de plus grande efficace ) esmeuuent74: il faut penser à sa maison, quand on void celle de son voisin brusler : selon que l’enseigne vn sage Poëte, disant,
Tunc tua res agitur, paries quum
proximus ardet.75
Le mariage n’est point vn boscage de plaisance, ou vn iardin de roses & d’œillets, comme plusieurs qui ne sçauent que c’est se l’imaginent ; c’est vne maison de soucis, en laquelle on se chauffe auec plusieurs fagots d’espines : les parfuns n’y sont point d’Aloës, de Myrrhe, ou d’Encens : il y en a bien d’autres, la fumée desquels trouble plustost le cerueau que elle ne le resioüit : ô plaisirs amers ! il seroit bon à ceux qui se vont esgarer dans ses halliers picquants, qu’ils prissent garde à la sage response que Thales Milesien fit à sa mere, laquelle luy dit vn iour ; mon fils, vous estes ieune, ie desirerois que vous prissiez femme, de laquelle vous auriez des moyens & lignée, à laquelle il respondit : ma mere, ie suis trop 76 102 ieune, ( aussi sont ieunes d’esprit ceux qui se hastent de se marier, & tomber au fosse de repentir. ) Ayant attaint l’aage d’homme, & ayant desia sur la teste, & en la barbe les auant-coureurs de vieillesse, estant pres de prendre les quittances d’amour, à sçauoir les Lunettes : sa mere luy dit qu’elle desiroit qu’il se mariast, à laquelle finalement il respondit : ma mere il n’est plus temps, estimant, & donnant à entendre par ceste response, qu’il ne faisoit point bon en mariage, ny en ieunesse, ny en vieillesse: tesmoing le bon compagnon qui disoit, qu’il n’y auoit que deux bons iours en mariage,à sçauoir le iour des nopces, auquel on rit auec sa nouuelle espouse, & fait-on bonne chere, & le iour de l’enterrement de la femme ou du mary : car alors l’vn des deux est en liberté. Mais c’est pitié que l’homme, qui de sa nature est libre & franc ; toutesfois il se iette volontairement en vne toute contraire habitude, de franc, deuenir esclaue : car auec la femme il espouse vn monde de soucis,de trauaux & de peines. Vous donc qui vous voulez marier, pensez-y ; il n’est pas temps de se 103 repentir quãd on est pris : il ne faut point faire comme les Phrygiens, qui furent sages trop tard : auant que se ietter & s’aduancer auant en mer, il faut penser aux dãgers qui y sont : car quãd on a cinglé en haute mer, & qu’on est agité des vagues & de la tẽpeste, il n’est pas temps de se repentir, ny de crier, à l’ayde misericorde ; prenons terre, il n’est pas si aisé, il faut prendre patience par force, & en rechignant. Et à ce propos à tresbien dit le Poëte Euripide ;
Le mal venu,il le faut endurer,
Bon gré, mal gré, rien n’y sert murmurer ;
Mais parauant qu’il vienne,l’homme sage
Peut par conseil deuancer son dommage.77
Et comme dit aussi le prouerbe Latin, Tela præuisa minùs nocent : c’est à dire, Les coups que nous auons preueu, nous font moins de dommage, que ceux qui nous arriuent à l’improuiste & sans y penser. Aussi le sage Metellus Numidicus, en l’harangue qu’il fit au peuple Romain, monstre tacitement qu’il ne fait gueres bon au mariage, de quelle condition qu’il soit, disant ainsi, & sagement,
Si sine vxore possemus esse omnes ea mo-
104
lestia careremus, sed quoniam ita natura tradidit, vt nec cum illis satis commodè, nec sine illis vllo modo viui possit, saluti perpetuæ potius, quàm breui voluptati consulendum.
C'est à dire, Si nous pouuions demeurer, & estre sans femme, nous serions tous exempts & deliurez d’vne telle fascherie & trouble d’esprit ; mais puis que nature a ainsi ordonné, qu’on ne peut gueres commodément & à repos viure auec elles, ny sans icelles, il vaut mieux s’accommoder & pouruoir à vn bien qui est de durée, que de s’enyurer d’vn plaisir qui n’est que pour vn moment, & vn petit de temps, qui passe comme la nuée deuant le vent.78
Et comme disoit le sage Varron, en sa Satyre Menippée, qu’il a fait touchant le deuoir du mary,
Vitium vxoris, aut tollendũ, aut ferendum est : Qui tollit vitiũ, vxorem cõmodiorem præstat, Qui fert, sese meliorem facit.
C'est à dire, Il faut oster & extirper le vice de la femme, ou l’endurer. Celuy qui peut oster le vice d’icelle, se la rend plus propre, & mieux à son contentement : & celuy qui 105 endure son vice & imperfection, se rend meilleur & plus parfait. Toutesfois quãd vn homme descouure vn peril, il est estimé sage, si auec prudence & moyens licites il le gauchit : au contraire, temeraire & fol est celuy qui de gré & volonté s’y precipite.
Bandeau décoratif autour du texte.
Car si du mariage
Voulez cueillir les fruicts,
Vous estes en seruage,
Sans repos iours & nuicts.
Si vous flairez ses roses,
Vous serez tost attaint
Des espines encloses,
Que cest estat vous peinct.

ANNOTATION.

C'Est icy vn autre aduertissement à ceux qui se hastent de se marier, estimans que le mariage soit le souuerain 106 bien de l’homme, & le comble de leur bon-heur : ils estiment que le mariage soit quelque beau vergier de plaisance, plein de belles & douces fontaines, entourné de verds & delicieux boscages ; mais ils ne se prennent pas garde, que dans les allées de ce vergier, il y a de profondes fosses qu’on ne void point, à cause de la belle herbe verte qui les couure, esquelles ils tresbuchẽt sans y penser : qu’il y a au beau milieu de ce vergier vn entortillé Dedale, dans lequel estans entrez, ils sont tout esbahis qu’ils ne sçauent d’où sortir, tournent & retournent, se picquent les pieds des espines qui sont cachées dessous la belle herbe, & les fait bon voir regarder de tous costez qui viẽdra au secours, pour les tirer de là, & les oster de peine.
Le mariage est tel ; à l’entrée on pense estre dans quelque Paradis terrestre : mais quand on s’est vn peu pourmené dans iceluy, & qu’on veut cueillir quelque fresche rose, qu’on pense receuoir quelque contentement, voicy tout incontinent cinq ou six picquãtes espines qui entrent en la main, & font bien tost 107 quitter la rose : si on veut auoir vn œillet de ce iardin, qui se monstre beau & vermeil, on trouue l’ayant cueilly, que c’est vne fleur puante qui offence le cerueau ; tellement qu’il a esté fort bien dit par vn Poëte,
Amour n’est autre chose au cœur qui le reçoit
Que l’espine & la rose, croissant en mesme en-
droit.
O picquant mariage ! tu donnes en vn iour
Les ris auec les larmes,qui se suiuent à tour.79
Voila donc vne partie des œillets & des roses du mariage : voyons les autres.
Bandeau décoratif autour du texte.
Si prenez femme riche,
Il se faut preparer
De n’estre iamais chiche
De seruir, d’endurer :
Faut feindre de n’entendre
Ses iniures & cris,
Ainsi, cil qui veut prendre
Femme, souuent est pris.
108

ANNOTATION.

CElvy qui se veut marier a quatre choix, ( pourueu qu’il soit en son pouuoir :) De prendre ou femme riche, (cela n’est pas dõné à tous: ) ou femme pauure, ( il y en a assez par tout, ) ou femme belle, (là il y a du dãger,) ou femme laide, ( là le diable est aux vaches80, ) comme l’on dit. Les moyennes sont cõprises soubs chacune de ces quatre conditions.
Mais pour mieux commencer telle besongne,en laquelle il y a tant de risque & d’hazard, il seroit, ce me semble bon, que ceux qui se hastent tant de se marier, outre ces quatre choix cy dessus mis, prissent garde à ce qu’vn Poëte François81 a escrit pour precaution aux perils des nopces, escriuant pour les trop hastifs & eschauffez, ce qui s’ensuit,
Qui à son ply voudra sa femme rendre
Pour faire mieux, vierge la luy faut prendre :
Mais bien souuent les plus fins & rusez,
En tels hazards se trouuent abusez.
Tel allant à l’emplette d’vne telle 109 foire fait souuent double profit, en prenant la vache qui porte son veau82: ce ne sont que anticipatæ notiones83, ( comme disent les Dialecticiens:) Besongne aduancée est tost acheuée. Quant aux deux premiers choix cy dessus proposez, vn Poëte Comique84 dit auec fort bonne grace, & belle elegance cecy de la riche & de la pauure :
Quisquis vxorẽ ducere deliberat, nõ deliberat
Rectè, nam vbi deliberauit, statim ducit
Quod multorum vita malorum initium est :
Nam siquis pauper pecuniosam vxorem
Duxerit, non vxorem, sed Dominam habet,
Cuius famulus est & seruus : Quòd si duxerit
Nihil ei afferentum dotis, iterum fit seruus.
C'est à dire, Celuy qui fait sa resolution & se delibere de prendre femme, il ne fait point vne bonne resolution : car apres telle deliberation il prend tout aussi tost ce qui est le commencement de plusieurs maux en la vie humaine : car si quelque homme pauure prend vne femme riche, il n’espousera pas vne femme, mais vne maistresse, de laquelle il faut qu’il soit le valet & le seruiteur. Que s’il en espouse 110 vne qui n’ait aucuns moyens ny doüaire, il deuient derechef seruiteur. Voila donc encor vne tres-mauuaise & dangereuse espine au talon d’vn tel homme. Voyons donc premierement de la riche plus particulieremẽt, & ce qu’on en peut tirer de commodité, si le mary n’est riche & de sa qualité : car icy il y a de la besongne.
Si vn tel homme prend vne femme qui soit riche, & de haut appenage : helas ! que sera-ce du pauure bon-hommeau85? Premierenent de libre il se fait serf, de franc, esclaue, voulant chercher ses commoditez, & auoir par ce moyen argent pour aller à la foire : il y aura bien du mesconte de son costé,il n’aura pas ce qu’il pense en son fol cerueau, la femme fait bien son conte autrement ; il pensera espouser vne femme pour luy estre compagne, & il espousera vne maistresse insupportable, qui luy fera la loy, qui le dominera auec toute rigueur, luy parlera hautainement, & en Dame : Cõment, gueux & coquin à platte besace que tu es : Que ie permette que tu manies mon bien à ta fantasie ? Que tu sois le maistre 111 de ma bourse & de mon argent ? tu n’en auras que ce que ie t’en donneray à ma volonté, & quand il me plaira : l’as-tu acquis, dy fredoüille86 : ? penses-tu en disposer ? ne t’es-tu marié auec moy que pour disposer de mes moyens à ton plaisir ? ha, ha ; ie te feray bien oublier telle ruserie, les cuiders87 ne sont point de saison en mon iardin : ô pauure ! tu es aussi esblouy & abbatu que s’il eut tonné sur ta teste. Voila vne belle entrée, mes amis, au bon-heur qu’il s’estoit imaginé : Voila mon rustre bien estonné, il aymeroit mieux estre condamné aux mines des Indes. Ce n’est pas fait : car apres ces menaces, voicy ses parens tout refrongnez, tout sourcilleux, qui le morguent, le regardent de trauers, luy disans parolles outrageuses & en fierté : tu es trop heureux, morfondu que tu es, d’estre allié à nostre race, d’auoir nostre parenté pour femme : ce t’est beaucoup, voire trop d’honneur, d’estre en nostre parentage : tu estois vn mort de faim, vn belistre, qui n’auois que la cappe, & maintenant que tu te trouues dans les moyens de nostre parente, tu en penses estre maistre ? nous 112 t’en-garderons bien ; nous te rangerons bien au pied de ton deuoir.
Quelle contenance, ie vous prie, dites-le moy, tiendra là nostre bon personnage qui est marié si richement ? Ie le vois bien estonné ; ce n’est pas sans cause, il se gratte derriere l’oreille, sans qu’il luy desmange. Que fera-il donc ? il faut qu’en si mauuais jeu il tienne bonne mine, qu’il se resolue à ce qu’il ne s’estoit point imaginé ny proposé. Qui conte sans l’hoste (dit-on) conte deux fois. Ha pauure homme ! te voila bien coiffé à rebours. Tu estois bien plus riche auant que te marier à ta maistresse, que maintenant, elle te fait marcher à courbettes, à petits bonds, soubs le mouuemẽt de sa houssine & commandement, que c’est vn plaisir de te voir fretiller & remuer. Si faut-il faire quelque chose : que tu te monstres honneste homme, & te rendre seruiable. Il faut que tu te resolues à seruir de quelque chose en la riche maison où tu as esté receu, il te faut endurer, cela est resolu : peut estre par ce moyen tu r'entreras en grace, & auras de petit à petit la faueur de ses parens ; n’espargne 113 les bonnetades & les genoüillades sur tout : Quand elle te chantera vn plein chappeau d’iniures, il te faut faire semblant de n’en rien entendre, il te vaut mieux descendre sans sonner mot en la cuisine, faire du feu, mettre du saffran aux choux, pour resiouïr le cœur de ta femme ; donner ordre au disner de ta nouuelle Dame & maistresse : peut-estre cependant que tu feras cela, que la bourrasque de sa cholere passera, & pourras auoir permission d’elle, de t’asseoir à table. Il faut faire cela, car tu es pris : tu pensois prendre vne femme, & elle t’a pris ; prens patience pour ce coup attendant mieux. Sa bourrasque te fait bien cacher auant en la cuisine:ô bel esprit de femme ! Ie pense que les Anglois anciens recognoissans telle magnanimité, & grãdeur de courage en ce sexe feminin, eux qui sont assez honnestement coüards, leur donnerent iadis cest honorable priuilege de conduire leurs armées, comme Amazones & Pentasilées, & combatre soubs leur commandemẽt & ordonnance : pource que quand elles veulent desployer leur malice & violence, elles font 114 de merueilleux exploits ; mais tous ne sont pas propres pour combatre soubs elles, ce n’est pas la raison.
Bandeau décoratif autour du texte.
Superbe & desdaigneuse
Elle croit tout sçauoir,
Et fiere & despiteuse
Ne peut raison auoir.
Son mary n’est point digne
D’auoir si belle fleur :
Nature es-tu benigne,
De donner tel bon-heur ?

ANNOTATION.

NOstre bon Iobelin88 bridé, marié si richement, n’a pas tout fait de s’estre humilié iusques là, d’aller pouruoir au disner de Madame sa riche femme, elle a bien d’autres drogues en sa fumeuse teste, qui font courir le bon Ianot89 de tous costez, pour luy complaire : s’il 115 ne fait à sa fantasie, la voila superbe cõme vn Paon qui fait la rouë de sa queuë : ce qu’il fait n’est point à son gré, elle estime son mary vn idiot, (comme de fait il n’est pas logé loing de là ; mais l’est tout a fait sans exception:) elle se fait à croire qu’elle a pleine teste & chappeau d’industrie, & qu’en somme rien ne luy est caché qu’elle ne sçache : si le pauure Mistanflutte90 de mary veut ouurir la bouche pour parler, elle toute despiteuse, arrogãte, & sans raison, luy dira; Allez, allez badin, vous ne sçauez que vous dites, vous estes vn sot : vous appartient - il de vous ietter si auant ? taisez vous, & laissez parler les autres : c’est à vous à parler le dernier.
Le Nigaud à double rebras, là dessus voyant sa nouuelle maistresse qui parle d’authorité & brauement ; s’estimera plus que Martin Perrot, iadis escorcheur d’anguilles du grand Artus; voir mesmes beaucoup plus heureux, d’auoir rencontré à si bonne heure vne femme de si bon esprit, qui l’appelle sot si accortement : il sera plus fier de cela que s’il estoit appellé Maistre Iean91 tout à 116 plat. O bon homme, la belle fleur que tu as mis en ton gros bonnet double, pour bouquet nuptial & honorable ! mais, nature, t’appellera-on douce & benigne, si tu donnes tel bon-heur desia à l’entrée aux simples hommes, qui pensent trouuer quelque fauorable abry au mariage ? Non : car tu remplis leur lict d’espines & de ronces, au lieu de leur preparer vn beau lict de plaisirs,comme ces temeraires s’imaginent. Il en fait bon ouyr parler, & meilleur en estre loing:car les plaisirs sont estouffez par les espines qui y naissent en grande abondance. Et s’il y a quelque petit Soleil de bon temps & de contentement en l’espineux mariage, il y aura tout incõtinent des espais broüillards, qui estoufferont ce petit Soleil, qui sembloit promettre quelque Bonasse, & serenité : quelque vent Auster92, ou quelque pluuieux Orion s’esleueront, qui ennuageront l’air, & le calme que ce pasle Soleil promettoit : tellemẽt que le Poëte François93 semble à ce propos auoir fort bien dit :
Tousiours mal suit le bien, comme l’onde suit
l’onde,
117
Et rien n’est asseuré, sans se changer au mõde.
Et trouue aussi celuy auoir fort bien dit : ( c’est le Poëte Ouide en ses Amours.)
Vxorem quare locupletem ducere nolim
Quæris ? vxori nubere nolo meæ ?
C’est à dire, ainsi que ie l’ay tourné :
Demãdes-tu, amy, pourquoy ie ne prẽs femme ?
Ie ne veux espouser cela qui me diffame :
Car si pour les moyens vne femme ie prens,
Ma liberté se perd, d’elle serf ie me rends.
Bandeau décoratif autour du texte.
Elle est tousiours contraire
Par propos rigoureux :
Vn enchainé coursaire,
N’est-il point plus heureux
Qu’vn tel mary qui ploye
Soubs ioug si rigoureux,
Qui suë, & qui s’employe,
Pour viure mal-heureux ?
118

ANNOTATION.

DE son naturel, & se sentant riche, elle est superbe & desdaigneuse, comme nous le venons de voir : & pourtant le remede en cecy, le sage Philosophe Pittacus le dõne tres-asseuré, disant, vxorem ducito ex æqualibus: c’est à dire, prens femme de ta sorte, & qui soit esgale à toy. C’est la plus belle recepte en cecy qui puisse estre : car si le mary est pauure & sa femme riche, il n’osera dire mot : Semblablement si le mary est riche & la femme pauure, elle sera presques au rang des chambrieres, & n’osera disposer de rien. Mais si l’hõme & la femme sont esgaux, ou à peu pres en moyens, il n’y aura point tant de bruit, ny d’obligations de reste : Si la femme baille à disner à son mary, elle ne luy sçauroit rien reprocher, il a dequoy luy donner à souper en recompense. S’il est Gentilhomme, elle est Damoiselle, chou pour chou, ils ne se doiuent rien : c’est aussi la raison pourquoy vn certain, duquel parle Plaute en vne de ses Comedies, lequel dit, qu’il n’a 119 rien tant à craindre, que d’espouser vne femme riche & de haut parentage, afin qu’il ne soit contraint de dire, ( s’il est pauure,) l’ay espousé grand somme d’argent, & ay vendu mon authorité, mon droict & priuilege à ma femme.94
Aussi les fruicts qu’en amasse le bonhommeau95, qui s’est voulu marier richement, pour s’emplumer de l’aisle d’autruy, ce sont propos rigoureux, ce sont iniures & toutes sortes de mespris : car elle contrarie à tout ce qu’il fait, ou dit. Il ne sçauroit si bien faire qu’il ne soit repris de sa Dame & maistresse, qui le mocque & le biffe en toutes façons. Il y a donc tousiours nouuelles espines au mariage : car aupres de celle qu’aurez couppé, naistront plusieurs bourgeons plus dangereux, & semble que ce soit la teste de l’Hydre, serpent à sept testes, qui donna tant de trauail au vaillant Hercules Thebain : car ayant couppé vne teste, soudain il en renaissoit sept en la mesme place;tellement que son labeur sembloit infini. Ainsi au mariage, auez-vous eschappé vne difficulté, voicy la noire Deesse Discorde, ennemie du repos des 120 humains, qui vous en enfante, non point vne ou deux, mais vne milliasse. Voila pourquoy vn Poëte Latin a tresbien dit, deplorant les miseres du mariage, les trauaux & miseres qui y naissent presques à toutes heures, escriuant ces vers ( comme pour Epitaphe & honneur de ses dernieres funerailles,)
Hei miserandus amans, & frigore tristis &
æstu,
Vereque, & Autumno nil nisi triste legit !
96
C'est à dire, ainsi que ie l’ay tourné :
Ha miserable amant ! ie deplore ta vie,
Tu es triste en Hyuer, au Printemps, en Esté,
En Automne, & pourquoy ? ta folle ame as-
seruie
Soubs le ioug nuptial, ( où rien ne t’est resté
Qu’vn trop tard repentir, ) t’a mis dessous la
lame,
Esteignant auec toy les plaisirs doucereux
Que tu prenois peu caut auec ta feinte Dame,
Tous ces plaisirs masquez sont chagrins sou-
cieux.
Mais reuenons à nostre bien fortuné, qui a voulu la riche femme. Quelle trongne donc tient nostre Franc-taupin97, marié si richement, pour se mettre à son 121 aise : mais helas ! plustost à mal-aise. Il est icy accomparé à vn enchainé coursaire, qui court les mers, par perils, tempestes, vents & orages, attaché par le pied : ainsi nostre miserable est attaché aux affectiõs & volontez de sa tyrante, qui le fait ployer où elle veut ; tellement que sa cõdition n’est point meilleure que celle d’vn coursaire : car il endure plus d’oppropres98 & d’iniures de son insolẽte femme, qu'vn coursaire ne reçoit de coups de nerfs de bœufs sur les espaules : encor vn coursaire est commandé par des hommes, & ce miserable ploye soubs le ioug rigoureux d’vne femme arrogante, laquelle il a espousee heureux & en libre condition, pour viure en seruage malheureux soubs la rigueur de ceste nouuelle Pallas, qui bransle à tous coups la lance de son ire sur luy, s’il entreprend de parler. Te voila bien à ton aise auec ta fripperie ; pauure miserable, fay du feu & fais boüillir le pot, ton estat & fortune sont establis en la cuisine. Voila vne belle espine qui seruira d’agraphe pour tenir droict & debout le bouquet du bon-heur de nostre homme marié si 122 richement. Voyons maintenant de la pauure.
Bandeau décoratif autour du texte.
Si la prenez pauurette,
Toute incommodité
Vous suit ; car la souffrette
Tient vostre liberté.
La peine & l’infortune
Vous fait baisser les yeux,
Pauureté importune
Rend chagrin,soucieux.

ANNOTATION.

S'Il y a beaucoup d’incõmoditez en se mariant auec la femme riche, il n’y en a gueres moins en la pauure: car froid contre froid, ( comme l’on dit ) rend la couche gelée, ou pour le moins bien froide. Si vn homme riche espouse vne pauure femme, soit pour son plaisir, ou la voyant belle, ou autrement, il s’en lassera 123 auec le temps, il se verra mesprisé de ses amis & de ses semblables, qui causera bien tost vn desdain de l’aimer comme auparauant. Si la pauurette veut parler en la maison comme maistresse, elle sera gourmandée de son mary de mille desdains. Comment l’entendez-vous, belle hostesse ? parle-on si haut en la grange & au village d'où vous estes sortie ? pensezvous encor estre apres vos pourceaux & moutons pour crier si fort ? nous ne voulons point tant de bruit de vous. Il luy reprocha aussi tost la pauureté, & luy dira ; va faquine, tu n’estois qu’vne bergerotte, vne pauure femme, née en vne cahuette & trou de grange, & ie t’ay fait porter estat de Damoiselle : ie t’ay honorée, qu’on ne sçauoit qui tu estois, ny de quelle parenté : bref ie t’ay fait telle, qu’il semble que ie t’aye fait renaistre, & tu veux faire de la maistresse : & Dieu sçait alors si martin baston99 est mis en besongne, si le mary charge la pauure femme d’appoinctement:ce sont de merueilleuses caresses,c’est mordre en riant, & sont en deux dangereux predicaments, Action & Passion : l’vn chante & l’autre pleure: ô 124 la belle & plaisante Musique ! Voila vne gentille espine en leur pied, qui les garde bien de rire trop haut.
Et si vn pauure homme espouse vne pauure femme, il y a bien vn autre tintamarre ; il y a bien vrayement d’autres estoupes à filer : car le soir de leurs froides nopces n’est pas si tost venu, que le peu de pain qu’ils auoient est mangé sans sausse ny potage, & se vont neantmoins coucher ensemble, moitié tristes, & moitié ioyeux ; ils cognoissent desia qu’ils sont bien auant en besongne.
Le lendemain venu ; que disneronsnous femme ? Et vous mary que disnerons-nous ? i’ay bon appetit : là il n’est pas question de choisir ce qu’on disnera entre les restes du souper precedent, il n’y est rien demeuré, car la cuisine estoit froide & maigre. Voila mes deux mariez bien esbahis, ils ouurent les yeux comme vn chat qui a beu du vin-aigre, pour voir de quel costé viendra le bon temps. Qu’est-il de faire cependant ? de se repentir, il n’est plus temps : car Robin en se ioüant a engrossé sa Marion. Au bout de neuf mois, ils sont tout esbahis qu’ils 125 ont fait vn enfant ; courage mesnagers, ce n’est pas mal commencé, voila de la besongne faite : mais il falloit auparauãt pour mieux faire, donner ordre qu’il y eut vn peu de bled au grenier, quelque petit tonneau du vin au celier, vn petit de l’ard à la cheminée, ou quelque oye salée, pour adoucir vostre potage, c’eust esté bien commencé. Et dites-moy vn peu, mes amis, mes gentils & tout estonnez amoureux, estiez-vous pas mieux n’estans pas mariez que maintenant ? dites ouy hardiment ; car on ne vous croirois pas si disiez autrement : courage, dites ouy. Il est vray : qu’auez-vous donc auancé en vous mariant ? rien du tout. Vous auez ioüé vostre bon temps auec folie : vous auez voulu mettre vostre race au monde pour l’apprendre à pátir & endurer de bonne heure : vous ne demeurerez point desormais sans compagnie : mais ce seront de rudes vicqueries100 d’asnes, à sçauoir chagrin continuel, pour page : soucy, pour valet de chambre:nette cuisine, pour maistre d’hostel : pauureté importune, pour fille de chambre : plusieurs incommoditez, pour laquais : 126 vostre heritage, ( qui estoit vostre liberté ) hypothequé : & que ferez-vous là dessus, miserables ? vous voguerez dans la grand101 barque de repentir, pour aller descouurir quelque Isle fortunée, & y dresser les trophées de vostre fortune. Vous cognoissez, ie pense, maintenant vostre faute : si vous eussiez appris ce que dit l’ancien Poëte Mænander, ( ô ter infœlix, quisquis in paupertate ducit vxorem, & liberos gignunt102; c'est à dire, ô trois fois miserable celuy qui se marie estant pauure, & engendre des enfans) vous ne vous fussiez point pris en ce piege. Mais cependant que rechercherez dans vostre barque de repentir, sur la mer de misere, quelqu’autre aise plus asseuré pour disner mieux à repos, ie vous recommande au temps, & bon soir mes amis, soyez sages pour l’aduenir. Ie m’en vay voir auec vostre permission Geruais Cornu, qui s’est allé marier à la belle femme ; ie vay voir comment il se porte. Il me semble qu’il est bien ioyeux. Allons-le voir, nous rirons bien pour nos dix-huict deniers. 127
Bandeau décoratif autour du texte.
Si vous l’espousez belle,
Asseurez-vous aussi
De viure en sentinelle,
Chargé de noir souci.
Vn chacun la desire :
Et vouloir l’empescher,
C’est Sisyphe en martyre,
Au rocher tresbucher.

ANNOTATION.

IL y en a qui font beaucoup de cas des amis, & de fait ils meritent d’estre recherchez & aymez, (s’ils sont vrais amis, cela s’entend, car il y en a beaucoup qui sont comme la teste de Ianus, à deux visages, aussi les Italiens les enuoyent al Diauolo, ) veu qu’amy en place, vaut plus qu’or en coffre : cela est vray, ie l’accorde: mais il y en a plusieurs qui sont si heureux, qu’il semble qu’ils soient nais 128 auec la coiffe de bonne fortune, comme on dit, lesquels recouurent des amis sans y penser, & comme en dormant : cela n’est pas donné à tous, ie vous en asseure, fortune leur est fort fauorable : car elle se fait aussi bien porter aux asnes qu’aux cheuaux, il n’y a point encor de danger de ce costé là : mais ceux qui prennent & recherchent sur toute vertu des belles femmes, ils ne sont pas du tout fols, comme on pourroit bien dire ( il ne s’en faut gueres :) mais ils sont de la race de Mydas, qui cachoit ses grandes oreilles d’asne soubs son gros bonnet double : ceux-là acquierent des amis tout en dormant, & sans y penser : car leurs femmes qu’ils ont choisi belles, sont recherchées ; & souuent le bon Cornu receura des presens, qu’il ne sçaura d’où ils viennent. Quand il va par la ville, il est caressé, & reçoit plusieurs Bona-dies103 de ville qu’il ne cognoit pas encor ; toutesfois il prend le tout en bonne part, & pense que c’est à bon escient, voire s’estime estre le plus gentil garçon de son village : & n’estoit que nature l'a fauorisé en luy faisant la teste dure, il monstreroit 129 des cornes aussi branchuës qu’vn cerf : patience toutesfois ; il est marié à vne belle femme, tous n’ont pas ce bonheur. Mais quel plaisir a ce miserable auec son impudique Heleine ? elle est aussi bien à ses voisins qu’à luy, vn chacun la recherche, toutes les mousches viennent à ceste ruche ; il ne la sçauroit garder : car estant belle, elle sera recherchée : estant impudique, voila ma beste à terre, elle est tousiours preste à danser le blansle104de l’Ours 105: & pourquoy ? le Poëte Iuuenal nous en rend la raison, disant, Rara est concordia formæ, atque pudicitiæ.106
C'est à dire, Beauté & chasteté ne s’accordent gueres ensemble.
Et le Poëte Ouide aussi en dit de mesme en la quinziesme Epistre, parlant du continuel estrif qui est entre beauté & chasteté. Lis est cum forma magna pudicitiæ.107
Qui est autant à dire que l’autre. Voila nostre homme bien emmoufflé108: & s’il s’en apperçoit, & qu’il la vueille tancer, elle le sçaura si bien piper & embeguiner109, qu’elle luy mettra son bonnet de 130 nuict à rebours, & l’estimera ainsi coiffé, preude femme. Ie laisse à penser à qui seront les enfans, si faut-il que nostre cerf les recognoisse, comme s’ils luy ressembloient naifuement, quoy qu’ils soient quelquesfois engẽdrez de quinze peres, comme se vantoit autresfois Harlequin: il faut qu’il leur mespartisse son heritage, qu’ils soient nommez de son nom, qu’ils l’appellent pere, quoy que ses voisins ayent fait la besongne : te voila gentil garçon, tu as la belle, & l’impudique aussi, qui par son traffic te fait faire bonne chere, te fait aller braue, auec les armes du Daim sur la teste : le voila le galand, qui a voulu la belle femme. Mais que fera vn autre mary qui n’y veut aller si simplement, & ne veut point que son arc soit de corne ? Si sa femme qui est belle , veut aller au change estaller sa marchandise, l’empeschera-il ? non, car la chose est de difficile garde, de laquelle chacun pretend auoir la clef. La belle femme qui veut mal faire de son corps, ne peut estre empeschée, tesmoin la femme d’vn sot & resveur Astrologue, qui contemploit de nuict attentiuement les 131 Astres, & ne se prenoit garde que sa femme, non gueres loing de luy, ioüoit le jeu de Mars auec Venus, auec vn sien accort amoureux. Il pensoit que sa femme estoit assise là aupres & l’attendoit, ce qu’elle faisoit voirement & sans dormir, & contemploit aussi bien les Astres que luy. Voila pourquoy nostre Poëte Ouide, au premier liure de l’art d’aymer, cognoissant les ruses que les femmes lubriques ont accoustumé de faire, a dit, qu’il est impossible de les garder de mal faire.
Vere priùs volucres taceant, æstate cicadæ,
Mænalius lepori det sua terga canis.
Fœmina quàm iuueni blandè tentata recufet,
Hæc quoque quã poteris credere nolle, volet.
C’est à dire, Plustost les oyseaux se tairont au Printemps, les Cigales en Esté, & le Leurier Mænelien110 s’enfuira deuant le Lieure, qu’vne femme refuse à vn ieune hõme qui la poursuiura auec les flesches d’amour & dextrement ; voire celle-là mesmes que tu n’eusses osé croire qu’elle l’eut voulu faire. ( I’entens tousiours de celles qui ne font gueres de difficulté de ietter la plume au vent.) Ce sont de ces 132 poupines succrées, de ces fretillardes qui prennent plaisir à estre recherchées, sans vouloir qu’on en sçache rien, & que on les estime tousiours preudes femmes: c’est bien la raison aussi, il y a vn petit de l’occasion : Il ne faut pas tousiours crier garde, garde le loup, aussi tost qu’on l’a veu. Ainsi le pauure mary qui vit en tel cocuage, s’il entreprend de garder sa femme qui est belle, & veut iouyr de ses plaisirs, il entreprendra vne besongne aussi difficile, que s’il rouloit la grand111 pierre de Sisyphe, duquel parlent les Poëtes, qui fut condamné estant en Enfer de porter sur ses espaules vne grand’pierre au sommet d’vne montagne, & quand il est au dessus la pierre luy eschappe, & faut qu’il la retourne querir & remõter ; tellemẽt que sa peine est infinie : & pourtant ie conseille à tel, qu’ils prennent patience : car de s’en tourmenter, seroit peine perduë. Voila donc ce me semble vne autre espine assez picquante. Il y a bien d’autres choses qu’on pourroit dire touchant semblables incommoditez ; mais ie ne veux pas tant descourager ceux qui cherchent telles belles femmes. Voyons finalement la laide.
133 Bandeau décoratif autour du texte.
Si vous la prenez laide,
Adieu toute amitié :
Comment aurez-vous aide
De si laide moitié.
La maison tenebreuse
Vous sera pour tousiours :
Belle femme est fascheuse
Bien souuent en trois iours.

ANNOTATION.

ICy est le dernier choix des quatre que nous auons dit,que l’homme peut prendre : nous auons veu de la Riche, de la Pauure, de la Belle ; voyons finalement la Laide. Le Pasteur Paris fut bien empesché à laquelle des trois il donneroit la pomme d’or pour prix ; aussi ne sçayie laquelle de ces quatre est la meilleure : car en telle marchandise les plus fins & rusez souuent se trouuent trompez.
134
La riche est superbe, arrogante & indomptable.
La pauure n’apporte qu’incommodité & fascherie.
La belle, est de difficile garde.
La laide, comme vn charbon coiffé, rend toute la maison tenebreuse.
On trouue cela de bon en elle, c’est que ceux qui la voyent de iour, ne sont point en danger de se rompre le col de nuict en grimpãt les fenestres pour l’aller voir. Or cõme il y auoit des loix establies à ceux qui ne se marioyent, à ceux qui se marioyent trop tard, & à ceux qui en prenoient de mauuaise ; aussi y auoit-il vne loy entre les Lacedemoniens, desquels nous auõs parlé cy dessus, qui ordonnoit vne peine à celui qui espousoit laide femme ; il y auroit beaucoup d’amendes auiourd’huy : car il y en a bõne année, & fertile saison de ces laiderõs, qui sont belles d’habits & hideuse en chemise, lesquelles toutesfois auec force affiquets, fards & tromperies, veulent estre estimées gentilles & poupées : & n’estoit que leurs tetasses sont si laides & brimbalent si hideusement, elles les mettroient au de 135 hors en veuë, pour en faire la monstre comme d’vn bouschon : si c’est quelque vieille ridée & esdentée, ieune de quatre vingts dix-neuf ans, onze mois, vingthuict iours & quelques heures, elle fera merueilles pour recompenser ce defaut : elle vous mettra tant de faux poil acheté & emprunté sur son laid front, qu’on diroit à la voir de demy lieuë que c’est quelque ieune femme : elle se mettra tout du long vn grand busc de corne, pour faire marcher droict ceste vieillesse, qui veut encor sembler droicte & gresle ; tellement qu’à vieille mule, frein doré, & cela estant despoüillé le soir, vous ne voyez qu’vne teste chenuë, ou bien pelée comme la teste d’vn mort:& ainsi disoit le Poëte,
Fœmina, munditiis, annorũ damna rependit,
Atque facit curâ;ne videatur anus.112
C'est à dire, La femme tasche de recompenser & radouber les deffauts & incommoditez de ses années, par mignardises, embellissements, emprunts, & tromperies: & fait tant par industrie & grand soing,qu’elle ne semble estre vieille, ( mais faudroit 136 aussi donner ordre que la teste ne branlast : car c’est mauuais signe quand les dents branslent à vn logis, il viendra tost par terre ) Il y a bien de la piperie en cela ; s’en garde qui voudra, ou qui pourra. Voila pourquoy quelques-vns demanderent vn iour au Philosophe Pittacus, pourquoy il ne se vouloit marier, luy qui auoit beaucoup de moyens, & qui pouuoit trouuer femme à son choix : mais craignant d’estre picqué des espines du mariage, il leur respondit, disant; Messieurs mes amis, si ie me marie, ie ne puis que ie ne sois en peine & tourment : car si ie prens femme qui soit belle, ie suis en danger d’y voir mes voisins & autres, participer auec moy en tel iardin, & chassans à mesme venaison, & cueillir en mon iardin mesmes roses que moy : & si ie la prens laide, outre le mescontentement que i’en auray à la maison & dehors, i’auray encor cecy de mauuais, c’est que par la loy des Lacedemoniens ie seray puny & mis à l’amende : & par ainsi i’ayme mieux demeurer comme ie suis, & payer l’amende pour ne me point marier & viure en liberté, que de me marier 137 à vne laide, viuant à regret auec elle & payer l’amende. Certes les femmes laides de ce temps là auoient bon temps ; car elles n’estoient gueres sollicitées, on craignoit la double peine : celles d’auiourd’huy seroient bien marries si telle loy auoit encor lieu, il leur fascheroit bien de coucher seules, il y auroit bien à craindre qu’elles n’appellassent de telle sentence : & par deuant qui ? il les faudroit renuoyer à leur autheur, quoy que elles allegassent la rigueur de telle loy estre trop excessiue, disans pour s’excuser ; qu’on fait aussi bien vendanges auec vn laid panier enfumé, qu’auec vn tout neuf. Mais l’homme qui a vne laide femme,comment est-il logé ? il est subiect à beaucoup d’incommoditez : car la voyãt laide, s’il veut aller chercher ailleurs pasture, voila la femme qui deuient ialouse,& veut qu’il soit sien, & qu’il n’aille point en garroüage113; ( aussi n’est-ce pas trop bien fait) & s’il y va, elle se despite : tellemẽt qu’elle se resoudroit volontiers de luy rendre la pareille, si elle n’estoit si laide, mais personne n’en veut : ostez ce mets de là, la compagnie n’en veut point, 138 & vous remercie infectionnément, c’est pour la table des valets. Quand il vient en la maison reuenant des champs ou de la ville, il n’y peut demeurer, car il ne peut prendre plaisir à voir la Lune Eclypsée : Il ne sçauroit se seruir de si laide moitié, sinon quelquesfois en nuict sombre & obscure, qu’on ne se void ny l’vn ny l’autre, car c’est alors que toutes bestes paroissent grises, & tous bons ouuriers en cas de necessité mettent tout bois en œuure: & quoy qu’il allume lampes, chandelles, torches & fallots parmy la maison, il n’y a cependant qu’obscures tenebres, d’autant qu’elle a les yeux aussi rians qu’vne poulle boüillie : vne commodité seulement a encor le mary, c’est qu’il peut dormir en asseurance, car la beauté de sa laide femme sert de muraille, de porte, & de serrure à la maison, c’est vn fantosme en vne cheneuiere pour espouuanter & faire fuyr les oyseaux, sa laideur luy sert de coutelas & de cimeterre Turquois pour se defendre. As-tu donc espousé vne laide femme,quoy qu’autrement elle soit riche ? Cubes iniucundè suauiter epulans, disoit vn certain114: c'est à dire, 139 boy & mange à ton aise, mais aussi tu coucheras mal à ton aise : & comme disoit vn autre,
Qui miser vxorem deformem duxit, habebit
Vespere, iam accẽso lumine adhuc tenebras.115
C'est à dire, Le miserable ( il est appellé ainsi pour bonne raison ) qui a espousé vne laide femme, le soir venu, & la lumiere mise sur la table, il sera encor en tenebres. Mais pour éuiter tels broüillards, & noire nuée, menaçant de fascheuse pluye, gresle, ou esclat de tõnerre, il ne sera pas mal fait de suiure le bon conseil d’vn Poëte, qui est sur ce subject & fort à propos,
N’en prenez point de laides, la laideur
Cache tousiours vne lente froideur,
Qui hors du cœur la chaleur nous arrache,
Vn corps vilain vne ame laide cache.116
Et pourtant, encor en cecy fait-il bon se seruir du conseil d’Ouide, comme maistre iuré en tels affaires, lequel il dõne aux amoureux, au premier liure de l’art d’aymer, disant
Nocte latent mendæ, vitioque ignoscitur omni
Horaque, formosam quamlibet illa facit.
 140
Consule de gemmis, de tincta murice lana,
Consule de facie, corporibusque diem.
C'est à dire, De nuict on ne peut pas aisément recognoistre & remarquer les fautes & imperfections qui sont au visage ou au corps, & pardonne-on à toute tasche, car on ne la peut recognoistre comme de iour, & durant la nuict toute femme est trouuée belle.
Prens donc le iour pour bon Conseiller, quand tu voudras achepter des pierres precieuses, & de laine teincte en escarlatte.
Prens aussi le iour pour ton Conseiller, quand tu voudras iuger du visage & du corps. Si on n’obserue ceste regle & modification, on ne faudra point d’estre trompé. Or finalement si on se saoule d’vne belle femme au bout de trois iours, que sera-ce d’vn laideron, de quelque guenippe117, blonde comme vne Egyptienne, louche comme vne chéure, & autres semblables qualitez. Ie vous asseure que ie ne m’y trouueray pas si ie puis. Ie la laisse à son maistre toute entiere. Ie m’asseure que si beaucoup de trompez, ma 141 riez d’auiourd’huy, pouuoient remedier, tant à l’importunité & crierie de leurs mauuaises femmes, qu’aussi pour se depestrer de leur laideur & en choisir d’autres, ils le voudroient bien seruir d’vne loy qui estoit entre les Chaldeens anciens, laquelle nous mettrons icy pour leur consolation : mais helas ! si elle auoit auiourd’huy lieu entre plusieurs mal mariez, il se feroit de merueilleux eschanges, & de terribles quittances ; voyons donc ce qui estoit obserué entre eux : commençons cest exemple depuis son origine, & voyons que c’est.
Ils adoroient le feu pour leur Dieu : tellement que celuy qui n’estoit point marié ne pouuoit allumer feu en sa maison : pource qu’ils disoient, que la garde des Dieux ne deuoit estre baillée ny cõmise, sinon aux hommes anciens & mariez ; ( tellement que ceux de ce tempslà n’estoient point du tout miserables, ils estoient encor honorez.) Or ils tenoient és mariage tel ordre, que le iour qu’vn Chaldeen se marioit, les Prestres venoiẽt en sa maison allumer nouueau feu, lequel ne deuoit iamais esteindre ny finir, 142 iusques à ce que l’homme deust mourir : si par cas fortuit durant la vie du mary & de la femme on trouuoit leur feu mort & esteinct, le mariage d’entre eux estoit tout soudain, & à mesme instãt deffait & rompu, & eussent-ils esté mariez quarãte ans ensemble : ô merueilleuse coustume! on estoit tost desmarié & en liberté, en ostant le bois & esteignant le feu. Et de ceste coustume qu’ils tenoient, vint le prouerbe que l’on dit encor auiourd’huy, lequel n’est pas entendu de tous, à sçauoir, Ne faictes pas tant que ie iette l’eau au feu. Tellement que si la femme estoit mal contente de son mary, vrayement il ne falloit pas long temps plaider, on voyoit bien tost le bout du procez & du different, car en iettant d’eau au feu, & l’esteignant, les parties estoient en liberté, elle se pouuoit remarier à vn autre, & ainsi du mary enuers sa femme. Estoit-ce pas expedier besongne en peu de temps ? Si ceste coustume auoit lieu auiourd’huy, plusieurs se garderoient bien d’auoir faute d’eau en la maison, afin qu’au premier tintamarre qui arriueroit on peust promptemẽt ietter d’eau 143 au feu, & se saluër à l’Italienne ; Bona sera Signori, mi recommando, bazo la man, & Adieu le galand, il en va chercher vne autre.
Bandeau décoratif autour du texte.
Bref de toutes les peines
Que les Cieux courroucez
Dardent dedans nos veines,
Dont nous sommes pressez,
Les maux du mariage
Excedent en rigueur,
Et plus que gresle,orage
Apportent de douleur.

ANNOTATION.

IL a esté dit cy-dessus qu’au mariage il y a quelques commoditez & plaisirs, mais à la verité tous ces plaisirs & commoditez, à peine commencent-ils à naistre & estre recognus, que les voila tout incontinent estouffez par vne espaisse 144 bourrasque & nuage de souspirs, de larmes, & de pleurs, extrema gaudy luctus occupat. Tristesse est la porte qui enferme dehors la ioye. Il s’y rencontre tant de trauerses & d’encombriers, qu’il semble que le mariage soit le sablõ où les Athletes & luitteurs combattent : celuy qui se marie, peut bien dire, descendo in arenã, ie descend sur le sablon, pour m’aller cõbattre; & auec vne mauuaise teste de femme, qui sera bien souuent vne des, &c. qu’auons dit : il semble que le mariage soit vne forest pleine de bestes sauuages, de lyons, de tygres, d’ours, de loups, & d’espines ; car vn petit plaisir en iceluy, s’achepte auec vne infinité de larmes, & de souspirs : pour vne rose, il y a mille espines : pour vn ris, mille tristesses. Bref i’oseray dire auec plusieurs graues personnages, qui ont passé par l’estamine du mariage, que la vie solitaire est la plus heureuse, hors de troubles, chagrins & difficultez de peines : car entre mary & femme, il n’y a aucuns ris sans pleurs ; ny plaisir sans courroux : tellemẽt qu’il semble cestuy-cy auoir bien dit, parlant de l’homme veuf sorti du mariage & de ses espines.
145
Qui semel vxorem duxit, queritque secundam Naufragus ille iterum naufragium sequitur.
119
Ce que Beroalde a fidellement tourné, disant ainsi,
Tout homme veuf, & sorty de seruage,
S’il reprend femme,a son sens fouruoyé:
Car qui se met par deux fois en naufrage,
Merite bien qu’à la fin soit noyé.
Ce qu’a tresbien recognu vne certaine femme Romaine fort sage, nommée Annia, laquelle ayant vescu auec son mary quelques années en vne amitié semblable à celle de la chaste Royne Alceste Phereenne, femme de Admetus Roy de Thessalie ; laquelle fit bastir le superbe Mausolée en l’honneur & memoire d’iceluy : & d’vne Portia femme de Brutus120 Capitaine Romain,estant demeurée vefue depuis, & estant de grand’maison & riche parentage, fut requise de plusieurs grands Seigneurs en mariage, la voyans belle, ieune, riche & sage,qui sont quatre qualitez fort requises à vne femme, mais qui se rencontrent peu souuent toutes ensemble en vn mesme subject,afin de ne les esconduire du tout, & ne se monstrer superbe ou desdaigneuse, leur respondit 146 fort prudemment, disant, Ie ne suis aucunement deliberée de me remarier, ie vous en diray la raison qui vous rendra contens : car si ie me remarie, & que i’aye ce bon-heur de rencontrer vn bon mary & homme selon mon gré, ie viuray en perpetuelle crainte, car i’auray tousiours peur de le perdre, & par ainsi ie ne seray point en repos, combien que ie soye bien mariée. Si aussi en me remariant, il aduient que ie rencontre vn fascheux & farouche mary tout contraire à mon naturel, ie viuray semblablement en peine, chargee de soucy, car ie seray en continuel tourment auec luy & en misere: Et par ainsi, dit-elle, vous voyez mes amis, que si ie me remarie, ie changeray mon aise que i’ay maintenant en vn noir & fascheux soucy.
Ceste-cy recognoissoit tresbien les poinctes & piqueures des espines qui sõt en mariage, & a voulu par ceste response donner à entendre qu’on n’y a pas tout le contentement qu’on s’imagine auãt que d’y estre pris. Mais nos amoureux mal experimentez disent hó, hó, nous viendrõs bien à bout de toutes ces difficultez de mariage, nous-nous garderons bien de ses espines, nous ne sommes point tant 147 pour eux, vous nous en voudriez bien faire à croire. Nous sçauons tresbiẽ desia la leçon que nous fait le Poëte Ouide, l.2. de arte amandi.
Militiæ species amor est, discedite segnes,
Non sunt hæc timides arma tuenda viris.121
C'est à dire,
L’amour est vne espece de guerre, ostez-vous arriere d’icy, vous tous qui estes craintifs, il ne faut point que les paoureux manient telles armes. Nous sçauõs bien cela,nous auons la poictrine faite à l’espreuue. Tout beau, ie vous prie, tout beau compagnõs, allons bellement, qu’on ne s’eschauffe point dans son harnois: ceux qui retardent sont les plus sages, comme nous dirons cy-apres. Si vous-vous y precipitez, vous esprouuerez à vostre dam, ce que vous n’entendez pas encor, vous sçaurez qu’en amour y a perpetuelle guerre.
148 Bandeau décoratif autour du texte.
O dure destinée !
Qui bornes nos desirs,
Pourquoy dans l’Hymenée
Nourris-tu tels souspirs ?
Le Nectar de ta table
Nous abreuue de pleurs,
L’Ambrosie amiable
Nous repaist de douleurs.

ANNOTATION.

CEux qui ont esprouué autrefois l’amertume du mariage, sçauent & peuuent dire, comme maistres experimentez en tel art, combien l’aulne du bon temps y couste, & s’il y fait bon ou non.
Tesmoin de cecy vn certain Roy d’Egypte, nommé Pheron, qui estãt demeuré aueugle vn fort long temps par infirmité de maladie, ayant essayé toutes sortes 149 de remedes à luy possibles, & ne sçachant plus où recourir, enuoya finalement cõsulter l’oracle d’Apollon, qui estoit en Delphes, & sçauoir s’il pourroit en quelque façon recouurer la veuë:duquel il receut vne merueilleuse response, par laquelle furẽt descouuertes plusieurs femmes adulteres, qui auoient fait la gambade à leurs maris, & leur auoient fait porter pour armoiries le dessus de la teste du bœuf : c’est qu’il falloit pour recouurer sa veuë, qu’il se lauast les yeux auec l’vrine d’vne femme, qui n’eut iamais eu autre compagnie que celle de son mary : vrayement en cest essay il y eut bien du bruit, comme il y en auroit peut-estre encor bien auiourd’huy s’il falloit trouuer de telle vrine. On cercha par tout, & de celles qu’on estimoit les plus sages & succrées, mais helas ! point de nouuelles, toutes auoient laissé aller le chat au lard122, pour subuenir à leurs secrettes infirmités, & au mal de reins. Qu’estoit-il dõc de faire ? estoit-il raisonnable que le pauure Roy Pheron demeurast tousiours aueugle à faute de trouuer les drogues & le recipé qui estoient en sa recepte ? Ce pau 150 ure Roy pensant auoir la plus chaste femme de son Royaume, voulut essayer de l’vrine de sa femme, mais peu s’en falut qu’il n’en demeurast aueugle pour iamais, car la bonne femme l’auoit souuent enuoyé en l’Isle de Cornoüaille123 sans batteau, chasser aux Cerfs & aux Daims, pour en auoir les cornes, cependant qu’il estoit aueugle, & qu’elle ioüoit le jeu des Satyres auec les Nimphes, auec ses amoureux. Ce pauure Roy commençoit à perdre esperance de guerison,cõme il y en auoit bien de l’apparence, ne pouuant trouuer vrine chaste ny en sa femme, ny en plusieurs autres Dames de sa Cour : toutefois on ne laissa encor de cercher, & en trouua on en fin (apres auoir beaucoup cerché, voire presque toute l’egipte) vne qui n’auoit point rõpu la foy de son mariage, & qui auoit esté chaste à son mary : tellement que le Roy ayant recouuert la veuë par le moyen de l’vrine de ceste-cy fit brusler sa femme, & toutes celles desquelles on auoit pour neant esprouué les vrines,car elles auoiẽt esté trouuees troubles, & de nul effect : et si ce Roy se repentit d’auoir eu vne 151 telle femme lubrique, il ne s’en trouuera gueres de centaines au millier, qui ne soient auiourd’huy au roolle124 des repentans, & qui ne se plaignent du mauuais traittement qu’on y a : c’est comme vne fatale destinée, que ceux qui s’y embarquent inconsiderément sont agitez diuersement : & semble qu’il faille que les desirs des hõmes soient là bornez, pour y viure en peine & misere. Les pleurs, les souspirs & les larmes sont le Nectar, c’est à dire le breuuage du mariage, les larmes y sont plus frequentes que les ris : L’Ambrosie, c'est à dire la viande qu’on mange en mariage, sont regrets, fascheries, tourment d’esprit, soucis, trauaux, & autres infinies incommoditez, qui s’y rencontrent à chasque bout de champ, comme l’on dit : voila pourquoy apres tant d’incommoditez, il est adiousté,
152 Bandeau décoratif autour du texte.
Qui sera l’homme au monde
Voyant vn tel tourment,
Qui s’asseure & se fonde
D’y viure heureusement ?
C’est sur vn fier Neptune,
Sans voiles nauiger,
Et y voir de fortune
Les flesches descocher.

ANNOTATION.

SI tant de peines & d’encombriers se rencontrent si souuent en mariage, qui est-ce qui se voudra precipiter ( en estant aduerty ) parmy tels tourmens ? celuy est estimé fol & temeraire qui estãt aduerty d’vn mauuais passage où il n’y a que brigands & voleurs, s’y va neantmoins precipiter & perdre:ainsi celuy sera sage qui estant libre des liens de mariage se maintiendra en son estat de li 153 berté, car on y vid plus auec tourment qu’heureusement, comme les exemples cy-dessus alleguez en font foy suffisante : nous y auons veu les Empereurs, les Rois, les Princes, les capitaines, les sages, les Philosophes, prendre leur part aux morceaux amers du gasteau du mariage & s’y sont tresmal trouuez, ils y ont coutu fortune & grãd hazard, & de leurs vies & de leurs honneurs : ceux qui sont sages font leur profit des preceptes, enseignemens & exemples, on a beau s’y flatter, s’il y fait vn iour temps serain, & de calme, il y aura vn mois de tourmẽte, de tempeste & d’orage : les plaisirs s’y acheptent à haut poids, & l’acquisition en est dangereuse. Il n’y fait gueres meilleur que sur vn fier Occeã, ou irrité Neptune, où c’est qu’on est à la mercy des vagues, & des flots perilleux ; où la tempeste n’espargne Monarque, Empereur, Roy, ny Prince:toutesfois il pourra estre bon à celuy qui voudra viure en penitence,loing des plaisirs & appasts de ce mõde:car au mariage il y a assez de tourmẽt, & de martire, comme nous l’allons encor voir.
154 Bandeau décoratif autour du texte.
Heureux donc mariage,
Au pecheur seulement,
Qui pour peine en seruage
Veut viure penitent.
Mais qui veut à son aise
Passer ses ans tout doux,
Qu’il fuye tel mal-aise
Et irrité courroux.

ANNOTATION.

VOicy finalement à quoy, & à qui est propre le mariage, comme disent ceux qui ont senty la poincte de ses flesches, & l’amertume de son breuuage, à sçauoir à l’homme qui desire se matter125 soy-mesmes, & éuiter les allechemens du monde, & les plaisirs d’iceluy, & se priuer de toute liberté : car celuy qui veut estre amoureux & faire la cour à vne femme, il perd sa liberté, comme dit le 155 Poëte Properce, au second liure :
Libertas quoniam nulli iam restat amanti,
Nullus liber erit, si quis amare velit.126
C'est à dire, Puis qu’à l’amoureux il ne reste aucune liberté, nul de ceux qui veulent aymer ne iouyst de liberté:c’est la consequence.
Et le Poëte Ouide au troisiesme liure de ses Tristes, en introduit vn qui se plaint ; & dit à ceux qui ne le veulent croire,
Quod magis vt liqueat, néve hoc ego fingere
credar
Ipse velim pœnas experiare meas.
C’est à dire, Afin qu’on recognoisse mieux la verité en cecy, & qui ie ne sois estimé alleguer choses feintes & controuuées à plaisir, ie desire que tu puisses experimenter mes peines & mon tourment : & à la verité s’il y a de si rudes espines, & tant de iours douloureux au mariage, i’estime qu’il y a assez de subject pour estre distrait de tous plaisirs & voluptez, & n’est besoing de plus forte haire, ny d’hermitage plus sombre, loing de tous plaisirs & delices. L’entrée du mariage sont belles roses de 156 loing, mais de pres, enuironnées de mortelles espines, & œillets de mauuaise senteur : son pain est petry de larmes, son breuuage est amer, son lict ce n’est qu’espines, sa table est le pain de douleurs, pommes aigres & de mauuais goust : bref toutes choses y sont mal plaisantes : & s’il n’auoit esté institué de Dieu dés le commencement du monde par saincte ordonnance, pour la conseruation de l’humain lignage, il seroit plustost estimé vne mer de tourmens & miseres, que societé & amitié coniugalle, veu les dures & piquantes espines qui y sont. Ce qu’estant fort bien recogneu par vn ieune homme Athenien, qui estoit sollicité de ses parens à se marier ; auant que prendre la femme qu’ils luy vouloient donner, leur fit vne requeste en presence de tous les amis assemblez : Messieurs mes parens, & vous honorable compagnie de nos amis, icy assemblez ; ie vous prie qu’il vous plaise de prier Dieu pour moy, afin que son bon plaisir soit, de me vouloir estre en ayde en ce grand peril & danger, auquel vous me voyez : de laquelle requeste tous les 157 parens & amis estans fort estonnez, il leur dit ; ne trouuez point estrange ma requeste, ny esloignée de raison, veu que on prie bien Dieu pour ceux qui esternuent, combien qu’ils ne soient point autrement en danger : mais la priere que ferez pour moy sera tresbien employée, veu le grand & douteux peril auquel vous me voyez maintenant exposé. Certainement ce bon ieune homme n’estoit point fol de faire ceste requeste à ses amis,de prier Dieu pour luy en vn tel affaire, veu que ceux qui se trouuent en tels hazards, se trouuent bien empeschez, & en danger d’auoir du repentir. Tellement que cestuy-cy estant embarqué sur vne mer si perilleuse, & donnant aduis aux autres de ne se hazarder si auant, deuoit bien estre creu : car Experto credendum est Roberto127: Il est homme d’aage, il a quatre poches dans ses chausses, pleines d’experience: c’est à la nouuelle façon. Mais souuent le trop d’affection de vous autres amoureux vous deçoit tellement le iugement & la raison, que vous faites à croire que celle que vous aymez est seule au monde qui garde le cabinet de 158 toute perfection, qui est ornée de toute excellente vertu, & sans aucun deffaut ou imperfection : & si quelquesfois elle a laissé aller le chat au fromage, cela n’est rien : elle ne l’a pas fait de sa teste, ce n’estoit pas à bon escient, c’estoit pour faire vn essay en l’estat duquel elle pretendoit gaigner sa vie auec les allants & venants, qu’elle vouloit achalander. Ainsi on ne peut nier que l’Amant ne deuienne aueugle entour la chose aymée ; & semble quand on void ces pasles & trãsis amoureux tous troublez de la fiéure ardente d’amour, qui se hastent si esperduément & precipitément pour chercher mal-aise, qu’ils vont assaillir & tuer Caresme prenant pour en auoir la vessie :voiremẽt ils prennent la vessie128, c'est à dire du vent, au lieu du bien & de l’heur qu’ils s’estoient imaginé.
Bandez bien l’esteuf129, mes gentils amoureux, gardez de friser la corde130 du jeu, le coup seroit perdu, courez bien, mais vous n’irez gueres loing sans estre arrestez. Or à ceux donc qui se hastent tant de se marier, qui courent à bride abbatuë131, & à course eslancée dans les pic 159 quants halliers du mariage, cecy soit dit pour precaution & aduis : qu’ils arrestent vn peu leur feu tant allumé : le retardement au mariage, comme disoit le Poëte, apporte de grandes commoditez.
Nubere si qua voles, quamuis properabitis
ambo,
Differ, habẽt paruæ cõmoda magna moræ.
132
C'est à dire,ainsi que ie l’ay tourné,
Si tu veux prendre femme,arreste ton courage,
Quoy que soyez tous deux de bonne force &
d’aage,
Tu verras,qu’attendant,ce rigoureux lien
Ne te serrera point, t’esloignant de ton bien:
Car le retardement souuent en tel affaire
Apporte du profit ; c’est ainsi qu’il faut faire.
Mariez-vous donc, passionnez amoureux : ne vous mariez pas, ie vous en donne le choix pour vn double : mais gardez de faire comme l’Ours, qui pour auoir des rayons de miel dans vn arbre à demy fendu, s’y prit & s’enserra gentiment par les pattes, & ne fut plus temps de se tourmenter, de crier & de braire, il se fallut rendre, & encor receuoir des coups de baston, pour le payement du miel : ainsi au mariage il y a quelque apparence 160 de douceur & de miel ; mais on est tout esbahy qu’on se trouue attrapé dans ses espines.
Tandis doncques, Messieurs les amoureux, que vous auez le temps, pensez-y, on prend plustost le veau par la queuë, que par le mufle : on a meilleur marché de se retirer du riuage que du fonds: vos Deesses, & vos Nymphes amoureuses, vous feront bien achepter leurs feintes Deitez : si cependant que vous les courtisez, & leur faites l’amour, elles vous appellent modestement leurs seruiteurs, ne doutez point que cela ne dure, & que il ne vous faille viure auec elles par apres en vn seruage, & chanter vn douloureux Peccaui133, parmy vos rondeaux & chansons amoureuses. Gardez-vous de glisser, la cheute en est bien rude. Suiuez donc ce bon conseil Rabelesque134, qui monstre l’infortune d’vn certain bon Pelaud135 à double bonnet136, qui demandant à vn bon compognon137, sien amy, & peut estre corriual, s’il se deuoit marier pour iouyr de quelque aise ( imaginaire ) qu’il pensoit estre au mariage ; ouy, dit l’autre; si cela est mariez-vous : mais disoit 161 le pauure Pelaud138, on dit qu’on y a tant de peine : ne vous mariez pas, disoit l’autre, en luy chantant à l’oreille ceste chansonnette à enten-deux.
Prenez-la, ne la prenez pas :
Si vous la prenez, c’est bien fait :
Si ne la prenez en effect,
Ce sera œuure par compas.
Gallopez, mais allez le pas :
Reculez, entrez-y de fait.
Prenez-là, ne la prenez pas :
Ieusnez, prenez double repas,
Deffaites ce qu’estoit refait,
Refaites ce qu’estoit deffait,
Souhaittez-luy vie & trespas :
Prenez-la, ne la prenez pas.
139
Voila mon bon homme au bien conseillé : Il est au chemin qui fut proposé à Hercules par la lettre ( Y ) qui a vne des cornes large, l’autre estroitte, à sçauoir, chemin de vie140 & de vertu ; mais il ayma mieux filer auec son Iole, & Deianire, embeguiné141 de leur amour, que d’estre sage & viure en liberté, duquel on a dit cecy par risee & mocquerie,
Quid non cogit amor ? quãdo domitrice ferarũ
Alcides ducit pendula fila manu.142
162
C'est à dire, Qu’est-ce qu’amour ne contraint de faire, veu que le puissant Alcides, c’est à dire Hercules fils d’Alcmene, s’assubiettit à filer & employer ses fortes & victorieuses mains à si vil ouurage ?
Aussi a dit vn certain, parlant de ces rassottez143 & folastres amoureux,
Si sapis Amẽtem dicas,non lector Amãtem, Nam nihil insanus mentis amator habet.
144
C'est à dire, Toy qui lis cecy de l’amoureux, ne le nomme pas amoureux, mais insensé : car le fol, & l’amoureux n’ont aucun entendement. Faisant allusion de ces deux mots Amens, qui signifie insensé, & de Amans, qui signifie Amoureux : car certainement il n’y a pas grande difference, quand ils se laissent ainsi emporter à leurs demesurées passions. Ce que le sage Platon a tresbien enseigné, voulant mõstrer l’estat & cõdition d’vn amoureux, disoit Son esprit est mourant dans son corps, & viuant en celuy d’autruy.145 Toutes lesquelles incõmoditez, trauerses & breuuages mal sauoureux, & tenans de l’aigre, estans recogneus par le Tyran Corinthe146; remuãt 163 toutes ces drogues en son esprit, desirant nonobstant taster du gasteau de mariage, & sçauoir que c’estoit, auant que de s’y ietter mal preparé & equippé de ce qui est necessaire, à sçauoir de prudence & bon conseil, fit comme ceux qui se trouuent aupres d’vn cheual qui ruë, ils ayment mieux reculer, que de receuoir quelque coup de leurs semelles de fer ; ainsi en fit -il : car craignant les assauts, les poinctes & espines qui pouuoient estre au mariage, se trouuant quelque iour auec le Philosophe Demosthene147, & Prince des Orateurs Grecs, luy demanda de quelle qualité il deuoit prendre femme, afin qu’il sceust tenir la voye plus asseurée, pour la tranquillité & repos de sa vie : cela appartenoit voirement à vn grand Seigneur comme luy, de rechercher ses commoditez : car il desiroit en se mariant d’auoir autant de iours heureux pour le moins que d’opinions qu’il se formoit en son cerueau. Auquel Demosthene respondit sagement, sans entens-deux : Sçache, dit-il, ô Corinthe148 mon amy, que la femme qu’il te faut espouser, doit auoir quatre qualitez 164 fort necessaires en ton mariage.
Premierement elle doit estre genereuse, afin que par elle tu sois honoré entre tes voisins & amis.
Secondement elle doit estre ieune, afin qu’elle te puisse seruir en tes necessitez, & compátir paisiblement à toutes infirmitez.
Tiercement elle doit estre belle, ( ô hazardeux repos ! c’est alors qu’on trouue des amis,) afin que tu n’ayes occasion de desirer autre femme, ( helas ! il faudroit chercher chambre fort loing du port au change, où telle marchandise se descharge, ) car il y a de l’hazard, sans qu’on s’en prenne garde quelquesfois ; mais souuent la bonne grace de telles preudes femmes, efface toute la noirceur qu’elles pourroient apporter au bout de leur linge, pour estre loing de la riuiere.
Pour le quatriesme, elle doit estre honneste & vertueuse,afin que tu n’ayes la peine & le soucy de regarder à elle : cela s’obseruoit au bon temps , auquel on couppoit le seigle auec eschelles, tant il estoit haut, & qui dura iusqu’au temps heureux du bon ancien Sa- 165 turne, auquel les Sardines furent recogneuës poissons d’eau salée, par l’alteration qu’elles donnoient : afin que tu n’ayes la peine & le soucy ( Hîc iacet lepus in dumo, & anguilla sub rupe149: c’est à dire, Icy est caché le liéure dans le buisson, & l’anguille soubs la roche,) de regarder à elle : & dit au surplus au tyran : Sçache, ô Corinthe150 mon amy, que si vn homme prend femme sans ces quatre qualitez, il luy vaudroit mieux mourir, qu’aller aux nopces : car personne, dit-il, ne peut vrayement estre appellé mal-heureux, sinon celuy qui n’a bien rencontré en mariage.
L’autre fit plus follement, voire auec la perte de sa vie, ce fut vn pauure transi d’amour,nommé Galeace Mantuan151Inamorato152, comme vn pauure Zany pour sa Francisquine, lequel vn iour que sa maistresse luy dit, voulant esprouuer la constance de ce temeraire & insensé amoureux : Si vous m’aimez tant comme vous dites, ie le sçauray bien maintenant : iettez-vous dans ceste riuiere pour l’amour de moy, & ie croiray que vous m’aymez : le pauure sottot, matto153 inamorato154, pour 166 complaire à sa maistresse qu’il adoroit, se ietta promptement dans la riuiere & se noya. Estoit-ce pas fait sagement? Estoitce pas pour iouyr longuement de ses amours ? il remedia à son mal sans y penser ; car il esteignit en la riuiere le feu de son fol amour. Gardez donc le heurt mes amis amoureux, prenez garde que ne vous emprisonniez vous mesmes : l’aulne des plaisirs & passetemps est fort chere en tels hazards. Mais si en voulez taster, à vostre commandement le tout, & plus ne vous en dis. Valete, plaudite, & lumbos extollite155, disoit ce bon Comedien Plaute, apres auoir ioüé sa comedie. Adieu derechef mes bons amis,attendant l’année du bon temps, où tout sera à bon marché, & les amoureux contens, Fiat156 ie suis content que cela aduienne, mais le mauuais temps menace du contraire.
Sceau de la bibliothèque (nom illisible)
Fin sans bout.

Noms propres et Terminologie médicale

Absinthe (en lat. artemisia absinthium L)

Plante de la famille des Astéracées qui peut faire 1 m de hauteur. Les feuilles de cette plante sont couvertes de poils blancs et de glandes oléifères. Elle sert de vermifuge et peut provoquer des règles. L'on s'en sert également pour combattre le mal de mer la nausée.
  • Absinthe (plante), Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Absinthe_(plante).
  • Lieutaghi, Pierre, Absinthe, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 20 mai 2009.

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Abydos (nom grec dérivé de l'égypt. Abdou, en copte Ebot, en ar. al-'Araba al-Madfūna)

Ancienne ville grecque située sur la rive asiatique de l'Hellespont. Elle fut colonisée par Milet, ancienne ville d’Asie mineure qui fonda plus de 60 colonies sur les côtes. Ce fut là que Xerxès réussit à traverser l’Hellespont pour passer par Europe en -480. En 200, la ville résista à Philippe V de Macédoine lors d’une expédition dans les détroits.
  • Abydos, nom grec, de l'égypt. Abdou, en copte Ebot, en ar. al-'Araba al-Madfūna, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Achéloos ou Aspropótamos

Dans la mythologie grecque, Achéloos fut un dieu-fleuve et le rival d’Héraclés pour Déjanire. Dans le concours pour obtenir la main de Déjanire, Achéloos, possédant le pouvoir de la métamorphose, se transforma en serpent, qu'Héraclés réussit à étouffer, et puis en taureau, à qui le héros parvint à arracher une corne. Essuyant la défaite, Achéloos récupera sa corne en l'échangeant contre la corne d'Amalthée, qui devint par la suite la corne d'abondance.
  • Achéloos (mythologie), Wikipédia l'encyclopédie libre (23 décembre 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 15 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ach%C3%A9loos_%28mythologie%29.
  • Achéloos ou Aspropótamos n.m., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Achéron ou Achérontides (en gr. Akherôn)

Fleuve des Enfers grecs que les morts traversaient sur la barque de Charon, qui leur fit payer une obole. Charon refusait tout mort qui n’avait pas de monnaie, ni de sépulture ; de ce fait, ceux-ci ne pouvaient jamais entrer au royaume d’Hadès, dieu des morts.
  • Achéron en gr Akherôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Charon [ka-], Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Acrisios

Roi mythique d’Argos selon la tradition grecque, Acrisios fut le père de Danaé. Acrisios enferma sa fille dans une tour d’airain après avoir appris d’un oracle que son petit-fils le tuerait. Dans sa tour, Danaé fut imprégnée par Zeus métamorphosé en pluie d'or. De leur union naquit Persée qui tua son grand-père par hasard en lançant un disque lors des jeux de funérailles.

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Ad Atticum

Quelques 400 lettres rédigées par Cicéron qui furent compilées par Marcus Tullius Tiro, le secrétaire de celui-ci. Les lettres ont pour destinataire Atticus, le meilleur ami de Cicéron.
  • Atticus (Titus Pomponius), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Admète (en gr. Admêtos)

Argonaute et roi de Phères en Thessalie. Sa femme Alceste se sacrifia afin de le délivrer de la mort. Selon la légende, Admète aurait accueilli Apollon après que celui-ci avait été chassé de l’Olympe.
  • Admète en gr. Admêtos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Adonis (en phénicien Adoni mon seigneur)

Jeune homme d'une beauté hors de commun qui naquit de l'union incestueuse de Cynéras roi de Chypre et sa fille Smyrna, Adonis était symbole de la reproduction mâle dans la mythologie grecque. Il assimila également les symboles de la vie et de la nature lorsque, sous la supplication d'Aphrodite, Zeus le ressuscita après qu'il fut tué par un sanglier. Ainsi transformé en divinité, Zeus permit à Adonis de séjourner avec ses deux amantes, Aphrodite et Perséphone, pour une partie de l'année sur la terre avec la première et une autre partie aux Enfers avec la séconde.
  • Adonis, Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 20 avril 2011. http://mythologica.fr/grec/adonis.htm
  • Adonis en phénicien Adoni mon seigneur, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Adraste (en gr. Adrastos)

Fils de Talaos et demi-frère d'Ériphyle, Adraste fut un roi mythique des deux villes péloponnésiennes Sicyone et Argos. Lorsque Polynice fut chassé du trône de Thèbes par son frère Étéocle, ce fut Adraste qui l’accueillit. Adraste était l'un des chefs dans la guerre des Sept Chefs contre Thèbes pour aider Polynice à récupérer sa couronne.
  • Adraste en gr. Adrastos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Agamemnon

Roi légendaire d'Argos et de Mycènes et frère de Ménélas, Agamemnon servit de chef suprême des Grecs pendant la guerre de Troie. Il épousa Clytemnestre qui lui donna trois enfants : Électre, Iphigénie et Oreste. Lorsqu'Agamemnon sacrifia leur fille Iphigénie à Aulis (un port grec en Béotie) Clytemnestre prit Égisthe pour amant. Les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon) de retour de Troie, après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • Agamemnon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Agamemnon

Tragédie romaine composée par Sénèque en -53 ap. J.-C. Inspirée par la tragédie grecque du même nom par le poète Eschyle, la pièce de Sénèque raconte le meurtre du roi Agamemnon après son retour victorieux de la guerre de Troie par sa femme Clytemnestre et l'amant de celle-ci Égisthe.

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Agrippine la Jeune

(Ara Ubiorum, auj. Cologne 16 – Baïes 59 ap. J.-C.). Fille du général romain Germanicus, Agrippine la Jeune épousa le préteur et le consul Cneus Domitius Ahenobarbus et donna naissance à Néron. À la mort de son mari, elle épousa l’empereur Claude, son oncle, et le fit adopter son fils pour que celui-ci prît le trône. Ensuite, aidée par Locuste, elle empoisonna Claude. Lorsque Néron fut proclamé empereur, il semblait que les rêves d'Agrippine de gouverner sous le nom de son fils se réalisaient. Pourtant, Néron, voulant se débarrasser de la tutelle de sa mère, la fit assassiner.
  • Agrippine la Jeune, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Ahenobarbus en lat. Cneus Domitius Ahenobarbus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Agénor (en gr. Agênôr)

Fils de Poséidon, le dieu grec de la mer et de l’eau, et de Libye. Selon d’autres sources, Agénor fut le fils du roi Épaphos et de Memphis. Il fut également le roi de Phénicie et donna naissance à Cadmos, le héros grec qui fonda Thèbes, et à Europe, dont Zeus tomba amoureux.
  • Agenor, Wikipédia l'encyclopédie libre (31 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Iternet, 16 mars 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Agenor.
  • Agénor en gr. Agênôr, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994

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Alceste (en gr. Alkêstis)

Dans la mythologie grecque, Alceste était la fille de Pélias roi d’Iolcos en Thessalie. Femme fidèle d'Admète, roi de Phères en Thessalie, Alceste se sacrifia pour délivrer son mari de la mort. Pourtant, Héraclès la ramena des Enfers, la sauvant. La légende évoque la dévotion conjugale, ce qui inspirèrent des œuvres d'Euripide, de Quinault et de Gluck.
  • Admète & Alceste, Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 24 juin 2011. http://mythologica.fr/grec/admete.htm.
  • Alceste en gr. Alkêstis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Alcibiade (en gr. Alkibiadês)

Général et homme d’État grec (Athènes -450 - Melissa, Phrygie 404 av. J.-C.) de l’illustre famille des Alcméonides. Pendant sa jeunesse, il étudia avec Socrate et fut le favori du philosophe. Lors de la bataille de Potidée pendant la guerre du Péloponnèse, Socrate même lui sauva la vie. Alcibiade posséda une reputation controversée car il fut symbole de la démocratie mais aussi déserteur qui alterna son alliance entre Athènes et Sparte. Par conséquent, il fut toujours en fuite de ses ennemis et il finit par être asssasiné. On aurait mis le feu à sa chambre et lorsqu’il tenta de s’enfuire, ses gardiens l’auraient battu jusqu’à ce que la mort s’en suivît.
  • Alcibiade en gr. Alkibiadês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Pouget, Andrée, Alcibiade (~450-~404), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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Alcide

[...] surnom d'Hercule. Les Poètes emploient plus volontiers le 1er que le second.
Veuillez consulter également la référence Hercule.
  • Alcide, Jean-François Féraud: Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 8 octobre 2009.

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Alcmène (en gr. Alcmênê)

Selon la mythologie grecque, Alcmène aurait été une princesse de Mycènes et la femme d’Amphitryon, roi de Tirynthe. Elle fut séduite par Zeus, qui s’était métamorphosé en son mari absent. Ainsi la princesse devint enceinte du demi-dieu Héraclès. Jalouse d'Alcmène, l’épouse de Zeus Héra différa la naissance d'Héraclès pour se venger.
  • Alcmène en gr. Alcmênê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Alcméon

Fils d'Amphiaraos, roi mythique d'une partie du royaume d’Argos, et d’Ériphyle. Dès un jeune âge, Alcméon fut chargé de venger son père contre sa mère. Après qu’Amphiaraos eut une vision qu’il périrait dans la guerre des Sept Chefs contre Thèbes, il se cacha. Pourtant, Ériphile dévoila le lieu où était caché son mari à Polynice. Avant de partir pour la guerre, Amphiaraos ordonna sa vengeance contre sa femme à Alcméon. La veille de sa mort, Amphiaraos se trouva à table avec les autres chefs lorsqu’un aigle laissa tomber une lance qui se transforma en laurier. Le lendemain, lorsqu’Amphiaros était dans son char, la terre s’ouvrit et l’engloutit, réalisant le mauvais destin de l’ancien roi. Quelques années après, Thersandre, fils de Polynice, prépara une seconde expédition contre Thèbes. Cette fois-ci, il tenta Ériphyle avec une tunique. Ainsi engagea-t-il Alcméon à la tête de l’armée. Ensuite, Thèbes fut presque détruite. En fin de compte, lorsque qu'Éryphile tenait à engager le fils d'Alcméon à encore une expédition dangereuse, celui-ci finit par la tuer.
  • Claustre, André de, Alcméon, Dictionnaire portatif de mythologie : pour l’intelligence des poëtes, de l'histoire fabuleuse, des monumens historiques, des bas-reliefs, des tableaux, &c., Paris, Briasson, 1765, t.1. Google livres, Internet, 12 avril 2011.

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Alexandre le Grand

Né en 356 av. J.-C. à Pella, Alexandre le Grand fut le fils du roi Philippe II et d’Olympias devenant en -336 roi de Macédoine ainsi que le chef de la Confédération hellénique. Considéré comme un des plus grands conquérants de l'histoire, Alexandre le Grand créa un empire s'étendant de la mer Ionienne à l'Himalaya. Il fonda Alexandrie en Égypte (-332- -331) et choisit Babylone comme la capitale de son empire (-331). Il mourut à Babylone en -323 après quoi ses généraux, les Diadoques, partagèrent son empire et se mirent à combattre par la suite, assassinant sa mère Olympias, son épouse, Roxane, et son fils, Alexandre IV.
  • Alexander the Great, Wikipédia l'encyclopédie libre (6 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 7 février 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_the_Great.
  • Alexandre le Grand (~356-~323), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Alexandre le Grand ou Alexandre III, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Alexandrie en ar. al-Iskandarīyah, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Aluine

Aluine est un autre nom pour l’absinthe en botanique.
  • Aluine, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 novembre 2011

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Amazones

Civilisation légendaire de femmes guerrières et chasseresses qui auraient vécu en Scythie, dans le Caucase ou dans le nord de l’Asie Mineure. Ces femmes se seraient brûlé chacune un sein pour mieux manier la lance ou tirer l’arc. Farouches et hostiles aux hommes, elles auraient tué leurs enfants mâles à la naissance ou bien les auraient mutilés pour ensuite les exploiter comme esclaves.
  • Amazones, Wikipédia l'encyclopédie libre (14 mai 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Amazones.
  • Amazones n. f. pl., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Amphiaraos

Selon la mythologie grecque, Amphiaraos était le fils du roi d'Argos Oïclès, ou d'Apollon d'après certaines sources, et d’Hypermnestre. Après avoir rendu service important aux femmes de la Grèce, il reçut une partie du royaume d’Argos dont Adraste aurait dû héritier. Ainsi de longues querelles eurent-elles lieu entre les deux. Or, le mariage entre Amphiaraos et Ériphyle, la sœur d'Adraste, apaisa celui-ci car il reçut enfin le trône auquel il avait droit. Pourtant, le bonheur d’Amphiaraos ne dura pas. Après une vision qu’il périrait dans la guerre des Sept Chefs contre Thèbes, Amphiaraos se cacha. Pourtant, Ériphile, sachant où se trouvait son mari, dévoila le lieu à Polynice après que celui-ci la tenta avec un collier. Avant de partir, Amphiaraos ordonna sa vengeance à son fils Alcméon. La veille de sa mort, Amphiaraos se trouva à table avec les autres chefs lorsqu’un aigle laissa tomber une lance qui se transforma en laurier. Le lendemain, lorsqu’Amphiaros était dans son char, la terre s’ouvrit et l’engloutit, réalisant le mauvais destin de l’ancien roi. Quelques années après, Thersandre, fils de Polynice, prépara une seconde expédition contre Thèbes. Cette fois-ci, il tenta Ériphyle avec une tunique. Ainsi engagea-t-il son fils Alcméon à la tête de l’armée. Ensuite, Thèbes fut presque détruite. En fin de compte, lorsque qu'Éryphile tenait à engager le fils d'Alcméon à encore une expédition dangereuse, celui-ci finit par la tuer.

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Anaxandrides

Anaxandrides, un poète comique athénien du IVe siècle av. J.-C., est l'auteur de plus de 65 pièces, dont il n'existe que des fragments, dont on présente, peut-être pour la première fois, le thème devenu familier aux XVIe et XVIIe siècles de l'inconvénient de se marier une femme riche, une femme pauvre, une laide ou une belle.
  • Anaxandrides, Wikipédia l'encyclopédie libre (20 décembre 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 18 mai 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Anaxandrides.
  • Deux leçons de philosophie morale sur le mariage et sur la femme, Annales de philosophie chrétienne, Paris, Bureau des Annales de Philosophie Chrétienne, 1852, vol. XLV, t. 6, p.103-104. Google livres, 21 mai 2011.

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Anchise (en gr. Agkhisês)

Berger troyen et l’amant d’Aphrodite selon la mythologie grecque. Les deux eurent un fils, le légendaire Énée. Fâché contre Anchise lorsqu'il révéla sa liaison avec la déesse, Zeus le foudroya, ce qui, selon certaines sources, tua Anchise, mais selon d'autres, le rendit boiteux ou aveugle. Lors de la guerre de Troie, il fut sauvé par son fils Énée. Après la mort d'Anchise, Énée lui rendit visite aux champs Élysées, sa dernière demeure dans les Enfers.

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André de Hongrie

André de Hongrie, roi de Naples, fut né en 1326, et étranglé le 18 décembre 1345. Son meurtre fut le résultat d’une conspiration approuvée par sa femme, Jeanne de Provence. Il épousa Jeanne en 1333 (il avait sept ans; elle, neuf ans). Les relations entre les époux furent hostiles tout au long de leur mariage. À la mort du grand-père de Jeanne en 1343, elle seule fut déclarée reine. Quand André sollicita du pape son propre couronnement, son assassinat fut programmé.
  • Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l’indication des sources à consulter, sous la direction de M. le Dr Hoefer, Paris, Firmin Didot Frères, 1855.
  • Aurell, Martin, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, La Provence au Moyen âge, Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, 2005, p. 181-205.

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Antiope (en gr. Antiopê)

Fille de Nyctée, roi de Thèbes. Selon la mythologie, Antiope aurait été violentée pendant son sommeil par Zeus métamorphosé en satyre. De leur union naiquirent Zéthos et Amphion, ce dernier étant poète et musicien qui se servit uniquement de sa flûte et de sa lyre pour construire les remparts de Thèbes.
  • Antiope en gr. Antiopê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Antiques leçons (en lat. Antiquarium Lectionum)

L'œuvre la plus connue de Cœlius Rhodigin dont la première édition fut publiée en 1516 et la deuxième édition à titre posthume en 1542. Le recueil érudit comprend maintes notices au sujet d'auteurs grecs et latins, en particulier dans les domaines de la médecine, la botanique et la musique.

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Antonin le Pieux (en lat. Titus Aurelius Fulvius Antoninus Pius)

Antonin le Pieux (Lanuvium 6 - Lorium 161) fut l'empereur de Rome de 138 jusqu'en 161. Il reçut le titre de Pieux car il exigea du Senat la déification de son père adoptif l'empereur Hadrien après sa mort. Membre du Conseil impérial et proconsul en Asie, Antonin le Pieux fut d'abord et avant tout connu pour son don pour l'administration. Son règne, décrit comme l'apogée de l'Empire Romain, fut paisible. Aucune conquête n'eut lieu, et il fit construire le mur d'Antonin entre le Forth et la Clyde. Son mariage avec Faustine l'Ancienne lui donna quatre enfants, dont Faustine la Jeune qui se maria avec son cousin et frère adoptif Marc Aurèle, le futur empereur romain.
  • Antonin en lat. Titus Aurelius Fulvius Antoninus Pius, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Antonin le Pieux, Wikipédia l'encyclopédie libre (11 avril 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 28 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonin_le_Pieux.

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Apollon appelé aussi Phébus (en gr. Phoibus le Brillant)

Fils de Léto et de Zeus et frère jumeau d’Artémis, il est dieu grec de la lumière, du chant, de la raison, de la musique et de la poésie. Décrit aussi comme dieu à l'arc et flèche, il punit et détruit le méchant. Une légende notoire raconte que quatre jours après sa naissance, Apollon tue au tir à l'arc le dragon, Python, qui avait poursuivi sa mère en route pour Délos.
  • Apollon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Apollon.
  • Apollon appelé aussi Phébus, en gr. Phoibus le Brillant , Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Arcadie (en gr. Arkadía)

Région de l'ancien Grèce au centre de la péninsule du Péloponnèse.
  • Arcadie n. f. en gr. Arkadía, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Argo

Argo fut le navire du fameux Jason et ses Argonautes, qui partirent en Colchide pour trouver la Toison d’or pour que Jason fût couronné roi d’Iolcos.
  • Jason en gr. Iasôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Ariadne

Fille de Léon Ier, empereur de l’Orient, Ariadne fut mariée à Zénon, qui succéda à son père comme régent en 474 ap. J.-C. et ensuite comme empereur après sa mort. Pourtant, leur mariage fut tumultueux, car l’on soupçonna Ariadne d’avoir trompée son mari avec Anastase le Silenciaire, futur empereur de l’Orient. D’après Jornandès, Zénon aurait ordonné à un de ses officiers de tuer sa femme. Or, Ariadne en fut avertie et se réfugia chez l’évêque Acace, qui parvint à convaincre Zénon de la laisser rentrer au palais. Selon la rumeur, Ariadne se serait vengée de son mari, celui-ci ayant perdu la connaissance lors d’une syncope, en l’enfermant dans un tombeau. Il faut souligner que la véracité de cette histoire est douteuse. Après la mort de l’empereur, Anastase prit le trône et se maria enfin avec Ariadne, qui mourut en 515.
  • Feller, François-Xavier, Ariadne, Dictionnaire historique, Lille, L. Lefort, 1832, t.1. Google livres, Internet, 21 avril 2011.

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Aristote (en gr. Aristotelês, dit le Stagirite)

Né à Stagire (Stavro), Macédoine en 384 av. J.-C. et mort à Chalcis, Eubée en 322, le philosophe grec Aristote était l'étudiant de Platon et le tuteur d’Alexandre le Grand. À Athènes, Aristote fonda le Lycée (335) où il enseigna pendant douze ans. La philosophie, selon Aristote, serait la totalité du savoir. Il gagna la réputation du père de la logique grâce à ses analyses des divers genres et parties de discours. Son recueil à ce sujet, l’Organon, parle de la logique comme un instrument du savoir. Aristote étudia également des espèces naturelles (La Physique ; Histoire des animaux), la morale (Éthique à Nicomaque ; Éthique à Eudème) ainsi que la politique (Politique ; Constitution d’Athènes). De plus, il fit une étude sur la création des genres littéraires, d’où La Poétique et La Rhétorique.
  • Aristote en gr. Aristotelês, dit le Stagirite, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Arlequin

Personnage comique du théâtre italien que l'on reconnaît grâce à son costume qui a des pièces triangulaires. En outre, ce personnage tient d'habitude un sabre et porte un masque noir. Dans la Comédie italienne, l'arlequin fait ordinairement les rôles de valet, mais de valet bouffon (Féraud).
  • Arlequin, Jean-François Féraud : Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 21 octobre 2009.
  • Arlequin, Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 21 octobre 2009.

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Artus ou Arthur

Chef militaire breton qui parvint à organiser une défense contre les envahisseurs saxons vers 500 ap. J.-C. Selon la légende, il aurait été un grand guerrier ainsi que le roi idéal. L’histoire du roi Artus fut chantée d’abord par des bards gallois et ensuite par des auteurs de chroniques tels que Geoffrey de Monmouth, historien anglo-normand qui vécut au XIIe siècle. D’autres développèrent l’histoire du roi encore plus, notamment le Roman de Brut (1155) par Robert Wace et Perceval ou le Conte du Graal (v.1180) de Chrétien de Troyes. En outre, La Mort le roi Artu, le dernier roman du cycle romanesque Graal-Cycle-Vulgate (aussi appelé Lancelot-Graal), réussit à diffuser prodigieusement l’histoire d’Arthur et des chevaliers de la Table ronde.
  • Artus ou Arthur, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Aréopagites

Serviteurs des divinités qui siégèrent sur l’Aréopage (en gr. Areios Pagos, colline d'Arès, colline du meurtre), un conseil politique, devenu après un tribunal, situé sur une colline à Athènes. D’abord, l’Aréopage n’agissait qu’en surveillant les magistrats et en gardien légal mais, ensuite, il devint tout puissant lors de l’invasion perse. Pourtant, il perdit ses attributions politiques à cause de son opposition aux réformes des chefs démocratiques Périclès et Éphialte. L’Aréopage dura jusqu’au IVe siècle.
  • Aréopage en gr. Areios Pagos colline d'Arès, colline du meurtre, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Asinaire ou La Comédie de l’âne

Comédie de Plaute: un père indulgent, Déménète, souhaite aider son fils, Argyrippe, à libérer une prostituée d'une vieille proxénète. Pourtant, il faut d'abord que Déménète trompe sa femme impérieuse, Artémone, qui garde le contrôle de la bourse, en lui volant l’argent de la vente de quelques ânes (d’où le titre de la pièce). Le père et le fils passent la soirée à un banquet avec la prostituée, mais Artémone surprend son mari et le punit.

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Athènes (en gr. Athinai)

Capitale de la Grèce située sur la plaine d'Attique qui est une des plus anciennes villes du monde. La civilisation athénienne exerça une influence prodigieuse et durable sur de nombreux domaines dans la culture occidentale de l'Antiquité jusqu'à nos jours comprenant la philosophie (Socrate et Platon), le théâtre (Euripide) et la rhétorique (Démosthène).

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Atrée (en gr. Atreus)

Roi de Mycènes et père éponyme de la filiation des Atrides : Agamemnon, Ménélas, Oreste et Égisthe. Les Atrides furent victimes d’une suite de crimes cauchemardesques jusqu’à la purification amenée par Oreste. Cette série tragique d’événements troublants serait provoqué par la malédiction du roi mythque Tantale, qui commit de nombreux crimes pendant sa vie. Avec son frère Thyeste, Atrée fut poursuivi par son père après que les deux avaient tué leur demi-frère. D’après peu de temps, les deux se mirent à des disputes fourbes au sujet du trône de Mycènes. Après avoir gagné, Atrée tua deux fils de Thyeste et ensuite, lors d’un festin, les lui servit. Ainsi un autre fils de Thyeste, Égisthe, se vengea-t-il du meurtre en assassinant Atrée et plus tard, Agamemnon. Pourtant, il mourut peu après des coups d’Oreste.
  • Atrée en gr. Atreus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Atrides n. m. pl., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnares le Robert, 1994.

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Aurore

La déesse romaine correspondant à l’Éos grecque, personnification de l’aurore. Lorsqu’elle s’unit avec Astraeos, le dieu des vents, les deux donnèrent naissance aux vents (Zéphyr, Borée, Notos), les astres, et Eosphoros, l’étoie du matin. Elle prit aussi de nombreux amants ; par exemple, le Troyen Tithnos, Céphale et le Géant Orion. Éos eut pour sœurs Hélios (le Soleil) et Séléné (la lune), et ce fut elle qui ouvrit les portes au char d’Hélios, ainsi engendrant le jour.
  • Éos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Aurore, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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Babylone (en sémitique Bab-lli la porte du dieu, dans la Bible Babel)

Ancienne ville mésopotamienne qui se trouvait sur l’Euphrate dans le pays contemporain d'Iraq. Existant au moins dès le XXIIIe siècle, Babylone atteignit son apogée comme capitale de l’empire babylonien entre le deuxième et le premier millénaire av. J.-C. La ville de Babylone (Babel) est d’une signifiance religieuse profonde. La Bible, en particulier, représente Babylone comme la personnification de l'orgueil, de la corruption et de la décadence de l'Homme dans le monde temporel, ceux qui menèrent la ville à sa propre ruine.
  • Babylone, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Babylone en sémitique Bab-lli la porte du dieu, dans la Bible Babel, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Babylone (symbole), Wikipédia l'encyclopédie libre (4 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 14 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Babylone_%28symbole%29.

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Bacchus, Bacchos ou Liber Pater

Dieu romain, l'équivalent du grec Dionysos, qui représente la vigne, le vin, le délire extatique, le débordement sexuel, l'ivresse et la nature terrestre. On le caractérise souvent par la vigne, la grappe de raisin, le lierre, la panthère et un thyrse.
  • Bacchus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Bacchus, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bacchus.
  • Dionysos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Barbares (en gr. barbaroi)

Le nom grec d’origine est barbaroi. Par ce mot, les Grecs, désignaient tout peuple qui ne parlait pas leur langue. D’après les Grecs, le Barbare était inférieur politiquement aussi car il était gouverné par un monarque. À partir de cette notion de peuples barbares, la guerre contre les Perses acquit une signification idéologique aussi bien que politique. Pendant la période hellénistique, le substantif barbare désignait en particulier les peuples d’Asie.
  • Barbares en gr. barbaroi, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Blois

La ville de Blois est la capitale du département actuel du Loir-et-Cher en France centrale. Le château de Blois, qui se trouve au coeur de la ville, était la résidence préférée des rois du XVIe siècle.
  • Blois, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Château de Blois, Wikipédia l'encyclopédie libre (29 décembre 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 février 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Blois.

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Brutus (en lat. Marcus Junius Brutus)

(Rome v. -85 - -42 av. J.-C.). Homme d’État romain et neveu de Caton d’Utique, Brutus fut adopté par César. Bien que Brutus eût participé comme allié de Pompée à la bataille de Pharsale, César le désigna comme propréteur en Gaule cisalpine en -46, ainsi que préteur urbain en -44. Cependant, Brutus se retourna contre César. À l’aide de Cassius, que César avait fait aussi préteur, Brutus projeta d'assassiner l’empereur. Le fait accompli, il s’évada en Macédoine. À Philippes, pourtant, Brutus et Cassius furent vaincus en -42. Ainsi les deux se donnèrent-ils bientôt la mort. En entendant parler de sa mort, sa femme Porcia prit cette même décision funeste.
  • Brutus en lat. Marcus Junius Brutus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Bélus

Dans la mythologie grecque, Bélus fut, selon certains, le petit-fils d’Épaphos; selon d’autres, comme Varin, il en fut le fils. Dans le troisième livre de l'Énéide, Virgile le décrit comme roi d’Égypte et le père de Danaos. Ainsi les descendants de celui-ci furent-ils appelés les Danaïdes aussi bien que les Bélides ou les Bélindes, dans le texte de Varin. Virgile présente Bélus comme l’ancêtre de Didon, reine de Carthage (1, 621 ; 1, 729).

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Béroalde de Verville (François Brouard)

Écrivain français qui vécut de 1556 à 1629. À Tours, Béroalde fut chanoine de Saint-Gatien où il se livra à la philosophie, à la poésie et à l'alchimie. Inspiré par l’Utopie de Thomas More, il écrivit l’Idée de la République (1599). Il produisit également un poème controversé traitant du ver à soie, La Sérédokimasie en 1600. Son œuvre la plus connue est Le Moyen de parvenir, écrite pendant la période entre 1610 et 1620. Cette œuvre mélange librement des paradoxes et des saillies qui témoignent d’un esprit humaniste.
  • Béroalde de Verville (François Brouard, dit), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Castor (en gr. Kastôr)

Fils de Tyndare et de Léda, qui naquit en même temps que sa sœur, Clytemnestre. Pourtant, deux autres enfants, Hélène et Pollux, naquirent de l’union de Léda avec Zeus après que celui-ci s’était transformé en cygne. Dans une autre version du mythe, Léda pond deux œufs après son union avec Zeus-cygne, et deux couples de jumeaux en sortent, un couple par œuf : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
  • Castor et Pollux en gr. Kastôr Poludeukês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Catarrhe

Inflammation et hypersécrétion des muqueuses, particulièrement des voies respiratoires.
  • Catarrhe, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 8 mars 2010.

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Chaldéens

Peuple habitant en Chaldée, région de Sumer occidental. Anciennement, le terme fit référence à la Babylonie et à la Mésopotamie (l’on parlait de l’Empire chaldéen, employant l’adjectif comme synonyme de néobabylonien).
  • Chaldée, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Champs Élysées

Dans la mythologie grecque, les champs Élysées étaient une espèce de paradis dans les Enfers où les gens demeuraient si les dieux jugèrent qu'ils aient mené une vie vertueuse.

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Chrémès

Personnage type dans toutes les comédies de Térence qui joue un rôle comique. Son nom vient du mot grec chremptomai qui signifie cracher.

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Chypre (en gr. Kypros, en turc Kibris)

Pays, république et île qui se trouve en Méditerranée orientale. Chypre fut occupée par les colons syriens et anatoliens au -IIIe millénaire et par les Égyptiens au -XVIe et -XVe siècles. Ensuite, hellénisée par les Achéens, ils fondèrent plusieurs villes dont quelques-unes furent consacrées à Aphrodite. Ainsi, l'île de Chypre devint dorénavant connue par les Grecs comme le lieu d'origine de la déesse.
  • Chypre en gr. Kypros, en turc Kibris, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Cicéron (en lat. Marcus Tullius Cicero)

(Arpium 106 – Formie 43 av. J.-C.) Homme d’État latin, avocat, consul et orateur exceptionnel qui a fort influencé la rhétorique latine. Il se fit champion de la préservation de la République romaine mais ses efforts furent en vain lorsque la république fut finalement détruite après une série de guerres civiles suivies par son assassinat en 43. Cicéron chercha pendant toute sa vie à être un grand homme de l’État et son travail intellectuel témoigne de cette ambition. Un écrivain prolifique, il a produit des plaidoyers (Verrines), des harangues politiques (Catilinaires), des œuvres théoriques sur l’éloquence (De oratore), des écrits philosophiques (De republica) et des lettres (Ad Atticum).
  • Cicéron en lat. Marcus Tullius Cicero, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Marcus Tullius Cicero, Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 12 mai 2011. http://www.britannica.com/biography/Cicero.

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Claude Ier (en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus)

Empereur romain qui régna de 41 à 54 ap. J.-C. Il est surtout connu pour sa nature faible. Ce furent plutôt sa femme Messaline et ses affranchis Pallas et Narcisse qui gouvernèrent à sa place. Éventuellement, il mit à mort celle-là et il se maria avec Agrippine, dont il adopta le fils Néron et le choisit comme héritier. Claude fut assassiné, probablement par sa femme Agrippine.
  • Claude Ier en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus, surnommé Germanicus et Britannicus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Clyméné

Clyméné, fille de Téthys et d’Océan et l’épouse de Japet (Iapetus), donna naissance à Atlas, Prométhée et Épiméthée (fils de Japet) ainsi que Phaéton et les Héliades (de son mariage avec le Soleil, Hélios). Hésiode, dans sa Théogonie, l’appelle Clyméné, tandis qu’Apollodore et Lycophron l’appellent Asie ; Hérodote explique également que le continent Asie a été en effet appelé comme cette nymphe.

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Clytemnestre (en gr. Klutaimnêstra)

Clytemnestre était la fille du roi de Sparte Tyndare et de Léda selon la tradition la plus répandue. Il existe, pourtant, une autre version du mythe où celle-ci naquit de l’union de Léda avec Zeus, qui s'était métamorphosé en cygne. Selon cette version, Léda aurait pondu deux œufs : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
Clytemnestre épousa le roi de Mycènes Agamemnon. Les deux donnèrent naissance à des enfants, parmi lesquels furent Oreste et Électre. Leur fille Iphigénie fut sacrifiée à Aulis, un port grec en Béotie. Après ceci, Clytemnestre prit Égisthe pour amant, et les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon), après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • Clytemnestre en gr. Klutaimnêstra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Cléopâtre

Née en 69 av. J.-C. en Alexandrie, Cléopâtre VII fut reine d'Égypte de 51 à 30 suivant son mariage avec son frère Ptolémée XIII. Ayant perdu le trône après trois ans, elle le regagna en 46 grâce à Jules César, devenant en même temps sa maîtresse. À l'assassinat de César en 44, elle connut Marc Antoine et l'inspira à partager son rêve d'un empire oriental. Antoine, déjà l'époux d'Octavie, se maria avec Cléopâtre. Il effectua plusieurs conquêtes en Asie (Judée, Phénicie, Coelésyrie, Chypre). Pourtant, comme le règne d'Antoine et de Cléopâtre posa un menace à la domination romaine sur la Méditerranée, Octave les attaqua et fut victorieux contre les deux à Actium en 31. Entendant la fausse nouvelle du suicide de sa femme Cléopâtre, Antoine se suicida. Après avoir sollicité la clémence d'Octave, Cléopâtre se suicida en se faisant mordre par un aspic.
  • Cléopâtre, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Colchide (en gr. Kolkhis) ou Colchos

Dans Les espines du mariage, Varin désigne Colchos comme île, alors qu'en fait c'est une ancienne contrée asiatique qui fut encadrée par la partie est du Pont-Euxin et la partie sud du Caucase. En outre, selon François Noel, [l]es habitants s'appelaient Colchi, ce qui a donné lieu à la supposition d'une prétendue ville de Colchos qui n’a jamais existé.
  • Colchide en gr. Kolkhis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré desnoms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Noel, François, Colchide, ou Colchos, Dictionnaire de la fable, Paris, Le Normant, 1801, t.1. Google livres, Internet, 10 mars 2011.

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Comté de Provence

La Provence fut une ancienne territoire féodale à l'est du delta du Rhône. Le Comté s'unit à la France en 1487 et le Roi de France devient Comte de Provence, bien que la Provence continue à bénéficier d'un certain degré d'autonomie jusqu'à la Révolution au XVIIIe siècle.
  • Comté de Provence, Wikipédia l'encyclopédie libre (7 mars 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 27 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Comt%C3%A9_de_Provence.
  • Provence, Le Petit Robert : dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Constantinople (en gr. Kônstantinoupolis, auj. Istanbul)

Fondée par l’empereur romain Constantin Ier le Grand en 330, Constantinople fut l'ancienne capitale de l’Empire romain d'Orient, l’Empire byzantin, l’Empire latin et de l’Empire ottoman. Elle fut également la capitale religieuse de l’Orient chrétien au Moyen Âge. En 1453, Constantinople fut occupé par les Turcs, prenant dès lors le nom d’Istanbul, situé actuellement dans le nord-ouest de la Turquie.
  • Constantinople, Wikipédia l'encyclopédie libre (26 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 31 janvier 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Constantinople.
  • Constantinople en gr. Kônstantinoupolis, auj. Instanbul, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Cornouaille

Cornouaille est une region située du Sud-Ouest de la Bretagne. Elle se trouve entre la pointe du Raz et Le Pouldu.
  • Cornouaille, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Cupidon

Cupidon fut le fils de Vénus, que l’on identifie avec Éros dans la mythologie grecque. Dieu de l’amour, il demeure très important aujourd’hui et figure dans des célébration de la fête de Saint Valentin (le 14 février). En général, Cupidon est représenté comme un petit enfant nu et ailé qui tient un arc et un carquois de flèches.
  • Cupidon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cupidon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cupidon.
  • Éros, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Céphale (en gr. Kephalos)

Dans la mythologie grecque, Céphale, fils d'Hermès, fut un héros athénien renommé. Il épousa Procris après avoir quitté son amante Éos. Éos, qui aimait toujours Céphale, le convainquit de mettre à l’épreuve l’amour de sa femme. Ainsi se déguisa-t-il en étranger et donna-t-il de nombreux présents à Procris. Enfin, elle céda à ses tentatives de séduction, et Céphale dévoila son identité tout de suite. Procris, honteuse, s’enfuit en Crète chez Minos ou, selon d'autres sources, chez Artémis. D'après la version la plus courante de ce mythe, de retour, Procris mit son mari à la même épreuve. Elle séduisit Céphale en se déguisant en jeune fille et en lui offrant le chien de chasse Laelaps et un javelot infaillible. Ayant prouvé que Céphale était tout autant velléitaire qu'elle-même, les deux se réconcilièrent. Toutefois, lorsque Céphale invoqua une Brise, Procris douta à nouveau de sa fidélité. De ce fait, elle suivit son mari à la chasse dans l’espoir de le surprendre mais au bruissement des feuillages, Céphale, pensant que le bruit venait d'un animal, lança son javelot et ainsi tua sa femme. En mourant, Procris apprit que cette Brise dont elle était obsédée n’était que le vent et, Céphale, succombé au désespoir par la mort de sa bien-aimée, finit par se suicider.

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Cœlius Rhodigin (Lodovico Ricchieri)

Originaire de Venise, Rhodigin (Rovigo 1469 – 1525) était écrivain et professeur de grecque et de latin. Son ouvrage le plus important est Antiquarium Lectionum (Antiques leçons).

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Dalila

Le personnage biblique Dalila séduit Samson et lui rasa la tête pendant que celui-ci dormait après avoir appris que sa force se trouvait dans la chevelure.
  • Dalila, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Danaos

Selon la légende grecque, Danaos fut un roi légendaire de Libye qui dut s’enfuir à Argos afin d’éviter le mariage de ses cinquante filles, les Danaïdes, aux cinquante fils de son frère, Égyptos. Or les cousins arrivèrent à Argos. Les Danaïdes consentirent au mariage, mais elles tuèrent leurs maris la nuit des noces, comme Danaos leur avait conseillé de le faire. Ainsi ce dernier fut-il tué par Lyncée, le seul cousin qui fut épargné lors du massacre. Lyncée prit ensuite le trône de Danaos à Argos et y régna.
  • Danaos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Lyncée en gr. Lugkeus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Danaé

Selon la légende, Danaé aurait été une princesse légendaire d’Argos. Son père, Acrisios, l’enferma dans une tour d’airain après avoir appris d’un oracle que son petit-fils le tuerait. Dans sa tour, Danaé fut imprégnée par Zeus métamorphosé en pluie d'or. De leur union naquit Persée, qui tua son grand-père par hasard en lançant un disque lors des jeux de funérailles.

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Danaïdes

Dans la légende grecque, les cinquante filles de Danaos épousèrent les cinquante fils d’Égyptos, leurs cousins, mais leur père insista pour qu’elles tuassent leurs maris la nuit des noces. Selon une version du mythe, les Danaïdes égorgèrent leurs époux tandis que dans une autre version, Danaos donna à ses filles de longues épingles qu'elles cachèrent dans leurs cheveux; chacune poignarda son époux en plein cœur à minuit. Néanmoins, toutes les deux interprétations racontent seule Hypermnestre préserva la vie de son mari, Lyncée. Les meurtrières furent condamnées à l'enfer Tartare où elles versent éternellement de l’eau dans une jarre percée.
  • Danaïdes, Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 15 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/danaide.htm.
  • Danaïdes n. f. pl., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Delphes (en gr. Delphoi)

Ancienne ville grecque située en Phocide au pied du Mont Parnasse. Un endroit religieux de profonde importance, c'était là où se trouvait le temple d’Apollon, existant depuis le -VIIe siècle av. J.-C., où le dieu aurait tué le serpent Python. Ces merveilles religieuses recevaient maintes trésors et attiraient de nombreux pèlerins grecs.
  • Delphes en gr. Delphoi, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Didier Érasme (en lat. Desiderius Erasmus)

Humaniste et théologien néerlandais né à Rotterdam vers 1469 et mort à Bâle en 1536. Prêtre de l'ordre augustin, il était l'auteur non seulement des œuvres ecclésiastiques comme le Manuel du chevalier chrétien, livre instructif qui avertit des dangers du formalisme dans la vie chrétienne, mais aussi des œuvres de l'intérêt humain en général, telle que les Adages, un recueil des adages et proverbes latins.
  • Desiderius Erasmus, Wikipédia l'encyclopédie libre (31 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 5 avril 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Desiderius_Erasmus.
  • Érasme (Didier) en lat. Desiderius Erasmus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des nom propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Margolin, Jean-Claude, Érasme (1467 env.-1536), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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Didon ou Élissa (en lat. Dido)

Selon la légende grecque, Didon, aussi nommée Elissa, fut princesse de Tyr vers IXe siècle av. J.-C. Dépeinte comme la fondatrice de Carthage, certaines versions de la légende prétendent qu'elle se suicida pour éviter d'épouser un chef libyen.
Virgile la fit vivre pendant la guerre de Troie dans son Énéide, où elle est l'amante déchue d'Énée. Veuillez consulter la référence Énée pour apprendre davantage sur le rôle de Didon dans l'Énéide.
  • Didon ou Elissa en lat. Dido, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Picard, Gilbert-Charles, Didon, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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Discorde (en lat. Discordia)

Mère des fléaux dans la mythologie romaine dont l'équivalent grec est Éris. Selon la tradition, ce fut Discorde qui jeta la pomme à la plus belle d'entre les déesses Junon, Minerve et Vénus, ainsi provoquant la guerre de Troie.

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Dorat (Jean Dinemandi)

Né à Limoges en 1508, Dorat fut un poète et humaniste français. Pendant sa vie, il fut passionné de la culture gréco-latine et composa des poésies latines. Helléniste renommé, il fut titulaire d'une chaire de grec au Collège royal en 1566. Ce fut également Dorat qui constitua la Brigade (de nos jours, la Pléiade). Dorat mourut à Paris en 1588.
Dans le texte misogyne de Jean-Philippe Varin Les épines du mariage, l'auteur cite une ligne de poésie d'une des épigrammes de Dorat, sans nommer l'auteur. La citation provient de l'épigramme De natura muliebris : Femina dulce malum, horis opportuna duabus, du premier livre dans Poematia, 1586. Veuillez consulter la dix-septième page du texte de Varin pour obtenir plus d'information.
  • Dorat (Jean Dinemandi), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Dédale (en gr. Daidalos)

En mythologie grecque, Dédale était un architecte, sculpteur et inventeur athénien. Exilé pour le meurtre de son neveu Talos, Dédale se réfugia en Crète chez Minos le roi de Cnossos. Le roi aurait chargé Dédale de construire le célèbre Labyrinthe pour enfermer le Minotaure.
  • Dédale, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dédale.
  • Dédale en gr. Daidalos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Déiphobe (en lat. Deiphobus)

Un des fils de Priam et d’Hécube, Déiphobe fut un des plus courageux Troyens pendant la guerre de Troie. Dans l’Iliade d’Homère, Déiphobe et son frère Hélénos menèrent le troisième groupement de Troyens contre les Achéens et de sanguinaires luttes s’ensuivirent. Il fut sauvé par son frère Politès après avoir été blessé par Mérion, héros achéen de Crète. À un autre moment, Athéna prit la forme de Déiphobe afin de tromper Hector qui luttait avec . Après la mort de son frère Pâris, il prit Hélène pour sa femme. Cependant, Déiphobe subit le même sort que celui-ci lorsque qu'Hélène laissa entrer dans sa chambre Ménélas qui le poignarda à mort.

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Déjanire (en gr. Dêianeira)

Selon la légende, Déjanire aurait été la princesse de Calydon (ville de l'Ancienne Grèce en Étolie) et l'épouse d'Hercule. Dans une histoire, Hercule et Déjanire arrivèrent à un fleuve, où apparut le centaure, Nessus, qui offrit d’aider Déjanire à traverser le fleuve alors qu'Hercule le traverserait à la nage. Pourtant, au moment où Hercule arriva à l’autre côté, il vit que Nessus abusait de Déjanire. Ainsi Hercule blessa-t-il le centaure d’une flèche. Celui-ci ordonna à Déjanire de prendre sa tunique et de la tremper dans son sang pour l’offrir à Hercule ; le sang sur la tunique agirait en philtre d’amour si Hercule n’aimait plus sa femme. Déjanire, jalouse d’Iole, la princesse de Thessalie, trempa la tunique dans le sang du centaure et la remit à Lichas. Celui-ci, le serviteur d’Hercule, l’apporta au héros. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau. Cependant, en essayant de l’enlever, il se rendit compte que sa peau partait avec la tunique et il s’arracha la peau. Il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus l’avait trompée.
Il existe des variations de ce mythe. Dans une autre version, où le sang du centaure était mélangé avec du poison de l’Hydre de Lerne, Hercule, la peau brûlant, construisit un bûcher dans lequel il se jeta.
  • Brunel, Georges, Hercule, iconographie, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Déjanire en gr. Dêianeira, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Démosthène (en gr. Dêmosthenês)

Homme d’État et l'un des plus grands orateurs athéniens (Athènes -384 – Calaurie -322 av. J.-C). Sa carrière de chef de parti politique ainsi que d’orateur fut inspirée par son opposition à l’expansion du Macédoine. Il écrivit entre -351 et -341, son œuvre la plus célèbre, trois Philipiques qui avaient pour but d'unifier les Grecs contre Philippe II de Macédoine. Pourtant, sa lutte pour la liberté de son pays s'avéra futile en face des forces grandissantes du fils de ce dernier, Alexandre le Grand. Enfin, Démosthène, accusé d'être impliqué dans le scandale financier d’Harpale, prit la fuite pendant un an. Il regagna Athènes par la suite mais il dut se réfugier de nouveau après l’échec de la révolte contre les Macédoniens. Lorsque l’armée du général macédonien Antipatros le condamna à mourir, Démosthène mit fin à sa vie, s’empoisonnant dans le temple de Poséidon à Calaurie.
  • Démosthène en gr. Dêmosthenês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré de noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mirhady, David, Demosthenes, The Oxford Encyclopedia of Ancient Greece and Rome, Oxford University Press, 2010. Oxford Reference Online, Internet, 4 juillet 2011.

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Eubée (en gr. Évia)

Île grecque qui se trouve dans la mer Égée, séparée de la Grèce continentale par le canal de l’Euripe.
  • Eubée, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Péchoux, Pierre-Yves, Eubée, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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Euripide (en gr. Euripidês)

Poète tragique grec (Salamine -480 – Macédoine -406 av. J.-C.) qui fut l'auteur de 92 pièces mais ne nous reste que dix-huit. D’habitude, on les répartit en trois groupes :
  • Classiques : Médée, Hippolyte porte-couronnne, Iphigénie à Aulis, Les Bacchantes
  • Renouvellement de la tragédie : Alceste, Ion, Électre
  • Tragedies ayant des allusions contemporaines : Héraclides, Andromaque, Les Troyennes, Hélène
Il écrivit aussi les tragédies Hécube, Les Suppliantes, Héraclès furieux, Iphigénie en Tauride, Les Phéniciennes et Oreste et le drame satirique Le Cyclope.
  • Euripide en gr. Euripidês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Euripide, Wikipédia l'encyclopédie libre (10 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 juin 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Euripide.

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Europe (en gr. Europê)

Fille d’Agénor, qui fut le roi de Phénicie ; Europe fut également la sœur de Cadmos, héros grec. Amoureux d’elle, Zeus se transforma en taureau blanc, enlevant Europe et l’amenant en Crète. Les deux donnèrent le jour à Minos, Sarpédon et Rhadamante. À la recherche de leur chère sœur, ses frères, selon la tradition, auraient fondé plusieurs villes en Asie mineure.
  • Europe en gr. Europê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Eurytos (en lat. Eurytus)

Dans la mythologie grecque, Eurytos fut roi d’Œchalie, ville d’Eubée dans la région de Thessalie. Il organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille, la princesse Iole, au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • Eurytos (Œchalie), Wikipédia l'encyclopédie libre (25 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 16 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Eurytos_%28%C5%92chalie%29.
  • Iole en gr. Iolê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Faustine la Jeune (en lat. Annia Galeria Faustina Minor)

(v. 125-130 – Halala, Cappadoce 175 ap. J.-C.). Faustine était la fille de l’empereur Antonin le Pieux ainsi que la femme de l’empereur Marc Aurèle. L’union d’Aurèle et de Faustine, consommée en 145, donna le jour à treize enfants. Malgré leur mariage harmonieux, l'impératrice laissa une réputation ignoble. Selon certaines sources, Faustine aurait trompé son mari avec des gladiateurs et des marins. Elle se serait même engagée dans la révolte du général Avidius Cassius contre Aurèle. En dépit de son comportement, son mari dévoué la divinisa après sa mort et la enterra dans le mausolée de l'empereur Hadrien.

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Francisquine

Personnage type d'un esprit vif et impudent dans la commédie italienne (commedia dell'arte) qui jouait un rôle de servante. Certaines commédies attribuaient à Francisquine un amant appelé Zany à qui elle faisait subir toutes sortes d'épreuves.
  • Jolibert, Bernard, La commedia dell'arte et son influence en France du XVIe au XVIIIe siècle, L'Harmattan, 1999, p. 18-19. Google livres, Internet, 6 juillet 2011.
  • Zany Corneto, the musical zanni, JRalyea, music illustrator (15 mars 2003), John Ralyea, Internet, 30 septembre 2009. http://students.depaul.edu/~jralyea/Cornetto.htm.

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François Rabelais

(La Devinière v. 1482 - Paris 1553). Écrivain humaniste et médecin français à qui on doit les romans satiriques Pantagruel (1532), Gargantua (1534), Le Tiers Livre (1546) et Le Quart Livre (1548).
C'est dans Le Tiers Livre où le personnage Panurge discourt longuement sur le mariage, en essayant de décider s'il faut se marier ou non.
  • François Rabelais, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 4 novembre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabelais.
  • Joukovsky, Françoise, Rabelais François (1483 env.-1553), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 20 mai 2009.
  • Rabelais (François), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Galéace de Mantoue (en ital. Galeas di Mantua)

Chevalier italien de la fin du XIVe siècle connu pour sa galanterie.
  • Brewster, Sir David, The Edinburgh Encyclopaedia, 1830, vol. XVI, réimpr. London, Routledge, 1999. Google livres, Internet, 10 juillet 2011.
  • Karras, Ruth Mazo, From boys to men: formations of masculinity in late medieval Europe, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2003, p. 31-32. Google livres, Internet, 10 juillet 2011.

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Genèse (en gr. genesis, traduisant l’hébr. tôledôth générations, généalogie)

Premier livre dans la Bible en 50 chapitres racontant la Création, la faute d’Adam, le Déluge, la tour de Babel et l’histoire du peuple israélite.
  • Genèse en gr. genesis, traduisant l’hébr. tôledôth « générations », « généalogie », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Gervais Cornu

Gervais Cornu est un nom typique de farce pour un mari cocu.

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Gorgonéion

Mot qui représente la tête de Méduse, la gorgone la plus connue dans la mythologie grecque.

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Guerre des Sept Chefs

L'auteur fait allusion à la guerre des Sept Chefs. Selon la mythologie grecque, lorsqu’Étéocle refusa à son frère, Polynice, le trône de Thèbes, Polynice s’enfuit en Argos où, après son mariage avec la fille du roi Adraste, il s’allia avec le roi pour planifier une attaque sur les Thébains afin de rétablir son trône. Il recruta cinq autres chefs, Tydée de Calydon, Parthénopaos d'Arcadie, les Argiens Capanée, Hippomédon ainsi qu’Amphiaraos, et assigna à chacun la mission d'assiéger une porte de Thèbes. Polynice entreprit lui-même la siège de la septième porte où il combattit contre Étéocle. Enfin, les deux frères s’entretuèrent et la bataille se termina avec la défaite des Argiens.
  • Sept Chefs, guerre des, Encyclopédie Microsoft Encarta en ligne (2009), Microsoft Corporation, Internet, 2 novembre 2009.

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Guillaume Du Vair

(Paris 1556 – Tonneins 1621). Magistrat et philosophe néo-stoïque français, Guillaume Du Vair fut désigné comme garde des Sceaux en 1615. Il produisit des œuvres très remarquées dans le monde philosophique, politique et rhétorique, notamment De la philosopie morale des stoïques (1585), Discours pour le maintien de la loi salique (1593) et Traité de l'éloquence française (1594).
  • Guillaume Du Vair, Wikipédia l'encyclopédie libre (13 juin 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 27 juin 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Du_Vair.
  • Vair (Guillaume DU), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Gétulie

Région divisée entre le Biledulgeria, le Maroc, le Sedjelmesse et le Sahara qui fut une ancienne contrée de l’Afrique. Le roi Iarbas aurait, selon la tradition, vendu le terrain à Didon, où elle fonda Carthage. De nos jours, Iarbus demeure le plus célèbre des rois de cette région. Carthage avait beaucoup de Gétules parmi ses nouveaux colons.

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Hannibal

Né à Carthage en 247 av. J.-C., Hannibal, général et homme d'État carthaginois, est considéré comme l'un des plus grands chefs militaires de l'histoire. Il déclencha la Deuxième Guerre punique (218-202) contre Rome pour rétablir la puissance de Carthage perdue lors de la Première Guerre punique (264-241). Son armée fut victorieuse contre les Romains à Cannes en -216, pourtant, à Zama, en Afrique, il fut vaincu par Scipion l’Africain en -202. Néanmoins, Hannibal persista, entreprenant des réformes sur les plans économique, politique et militaire. Cependant, lorsqu’il fut nommé suffète (premier magistrat de l’État punique), ses ennemis le dénoncèrent, et Rome exigea sa mort. Ainsi se réfugia-t-il en Syrie, et ensuite, en Bithynie. Malgré qu’il continuât toujours sa lutte, le roi de Bithynie, Prusias Ier, exigea qu’Hannibal se livrât. Pour éviter la servitude, Hannibal s’empoisonna en 183, à Bithynie, près de l'actuelle Bursa en Turquie.
  • Hannibal en phénicien grâce au dieu Baal, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Hercule (en lat. Hercules, en gr. Héraclès)

Héros de la mythologie gréco-romaine dont la vie est racontée en plusieurs épisodes héroïques et fabuleux. C’est un demi-dieu, ayant pour père le dieu Zeus et pour mère Alcmène. Héraclès grec a fait plusieurs aventures partout dans la Méditerranée ainsi qu’aux Enfers. Hercule romain semble être moins violent que son alter ego grec.

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Hercule furieux (en lat. Hercules furens)

Tragédie écrite environ 54 ap. J.-C. par le dramaturge romain Sénèque qui fut inspirée par l'œuvre du poète grec Euripide, Héraclès furieux (Hêraklês mainomenos). Le demi-dieu, Hercule, rendu temporairement fou par la déesse Iris et les Furies, tue sa femme et ses enfants. Lorsqu'il revient à la raison, Thésée le sauve dans son désespoir suicidaire, persuadant son vieil ami de l'accompagner à Athènes.
  • Héraclès furieux en gr. Hêraklês mainomenos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mastin, Luke, Hercules Furens, Classical Literature, Ancient-Literature.com, Internet, 17 février 2011. http://www.ancient-literature.com/rome_seneca_hercules.html

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Homère (en gr. Homêros)

Poète grec très illustre qui aurait écrit l'Iliade, épopée racontant quelques journées de la guerre de Troie et l'Odyssée, suite de la première décrivant les ventures du héros Ulysse après la guerre. Ses œuvres ont eu une grande influence sur la poésie épique, de l’Énéide de Virgile aux autres histoires à travers les âges.
Il existe beaucoup de mystère autour du poète : Homère pourrait être un homme ou même des hommes. Selon l’historien grec Hérodote, qui fut le biographe le plus ancien du poète, Homère serait né aux environs de Smyrne (aujourd’hui la ville d’Ismir) au IXe siècle av. J.-C. Pourtant, plusieurs autres villes, comme Chios, soutinrent avoir donné le jour au poète. Homère aurait voyagé beaucoup dans le monde méditerranéen après avoir mené une école de rhétorique. Il aurait passé les dernières années de sa vie à réciter ses épopées devant un public très grand. Il serait mort à Ios, île de la mer Égée.
  • Homère, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Homère en gr. Homêros, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Humeur

En termes de Medecine, on appelle les quatre humeurs, les quatre substances liquides qui abreuvent tous les corps des animaux, & qu'on croit estre causes des divers temperamments , qui sont le flegme ou la pituite, le sang, la bile, la melancolie. Il y en a de composées qui s'espaississent & qui se corrompent , comme celles qui font le pus, les glaires, & autres qui causent les absés, les obstructions, & generalement toutes les maladies. On les appelle de divers noms, malignes, adustes, acres, mordicantes, cruës, peccantes, &c. [...] Humeur, se dit aussi du temperamment particulier qui vient du meslange de ces qualitez. Ainsi on dit, qu'un homme est d'humeur bilieuse, colerique, emportée; d'humeur flegmatique, douce, posée, froide ; d'humeur ; sociable, grave ; d'humeur melancolique, chagrine, inquiete, triste, noire, sombre, bizarre, insupportable , hypocondriaque ; d'humeur sanguine, gaye, enjoüée, complaisante, volage, amoureuse ; de belle humeur ; d'humeur joviale, imperieuse.
  • Furetière, Antoine. Humeur, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 2. Bibliothèque nationale de France, Internet, 9 settembre 2009.

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Hycarnie

Ancienne satrapie d’Asie mineure dont le satrape fut Phratphernès pendant les expéditions d’Alexandre le Grand.
  • Rambaud, Patrick, Alexandre au pays des dieux, Le Figaro, Paris, Le Figaro, 2004.

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Hydre de Lerne (en lat. Lernaia Hudra)

Monstre fabuleux à multiples têtes qui aurait été tué par Héraclès parce que celui-là ravageait l'Argolide. À chaque fois que Héraclès essaya de lui trancher une tête, la tête repoussait. Héraclès dut alors utiliser des flèches enflammées afin de tuer la créature. Par la suite, le héros enterra la tête centrale, qui était immortelle, sous un grand rocher. Enfin, Héraclés trempa ses flèches dans le sang venimeux du cadavre pour que tous ceux qui fussent blessés d'elles subissent une mort définitive.
C'est ainsi qu'on employait le mot hydre pour signifier proverbialement [t]oute sorte de mal, qui multiplie quand on pense le destruire.
  • Heraclés / Hercule, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 29 avril 2010. http://mythologica.fr/grec/heracles0.htm
  • Hydre, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 27 juillet 2011.
  • Hydre de Lerne en lat. Lernaia Hudra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Hygin (en lat. Caius Julius Hyginus)

Auteur latin (v. 64 av. J.-C. - 17 ap. J.-C.) dont les œuvres comprennent des traités topographiques, biographiques et agronomiques ainsi que des commentaires sur les ouvrages des poètes renommés, nommément de Virgile. En particulier, ses Fabulae contiennent toutes les versions perdues de quelque trois cents mythes grecs. Selon Suétone (De Grammaticis), Hygin était l'affranchi de l'empereur Auguste qui le fit responsable de la Bibliothèque palatine.

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Hyménée (en gr. Humenaios)

  • Dieu romain, fils de Vénus (Aphrodite) et de Bacchus (Dionysos). Dans l’antiquité, Hyménée présidait au mariage. Les Athéniens en particulier l’invoquèrent souvent, non seulement dans des noces, mais également dans d’autre fêtes.
  • Le cri poussé lors du banquet de noces.
  • Hyménée, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Hyménée, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hymen.

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Hypermnestre (en gr. Hupermnêstra)

  • Une des Danaïdes, les cinquante filles du roi Danaos qui étaient censées épouser les cinquante fils de leur oncle, Égyptos. La nuit des noces, toutes les épouses massacrèrent leurs époux sauf Hypermnestre, qui sauva la vie de Lyncée car il lui permit de conserver sa virginité. Lyncée s’échappa au débâcle et, ensuite, tua Danaos par vengeance. Enfin, il régna à Argos, l’ancien royaume de Danaos.
  • Femme du roi d'Argos Oïclès et mère d'Amphiaraos.
  • Danaïdes n. f. pl., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Hypermnestra, Encylopedia Mythica (22 avril 1997), Internet, 17 avril 2018. https://pantheon.org/articles/h/hypermnestra.html.
  • Hypermnestre en gr. Hupermnêstra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustrédes noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Hécube (en gr. Hekabê)

Hécube fut l’épouse de Priam, roi de Troie. Les deux donnèrent le jour à 19 enfants, parmi lesquels furent Hector, Déiphobe et Pâris. Homère en parle dans son Iliade, où elle devient la personnification de la douleur maternelle, ayant le malheur de voir périr presque tous ses fils pendant la guerre.
  • Hécube, Wikipédia l'encyclopédie libre (1er février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er mars 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube.
  • Hécube en gr. Hekabê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Hélène

Fille du roi de Sparte Tyndare et de Léda. Pourtant, il existe une autre version du mythe où celle-ci naquit de l’union de Léda avec Zeus, qui s'était métamorphosé en cygne. Selon cette version, Léda aurait pondu deux œufs : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
Connue principalement pour sa beauté, la princesse de Sparte et l'épouse de Ménélas fut enlevée par Pâris ainsi provoquant la guerre de Troie. Il existe plusieurs descriptions du comportement d'Hélène pendant la guerre. Certaines versions, comme l'Iliade d'Homère, dépeignent Hélène comme aidant les Grecs en secret, tandis que d'autres indiquent qu'elle consentit à son propre enlèvement.
  • Hélène, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Héro

Selon la tradition grecque, Héro aurait été une jeune prêtresse de la déesse Aphrodite dans le temple de Sestos. Pendant une fête pour la déesse de l’amour, Héro tomba amoureuse de Léandre, originaire d’Abydos, une ville en face de Sestos, de l'autre côté de l'Hellespont. Les deux furent bientôt des amants secrets. Toutes les nuits, Léandre traversait à la nage l’Hellespont afin de rejoindre Héro, qui éclairait le chemin au sommet d’une tour. Cependant, l’hiver amena les vagues et les vents tempétueux, ce qui empêcha Léandre de retrouver sa bien-aimée. Après avoir attendu plusieurs nuits, Héro lui envoya ce message : Je mourrai si tu tardes encore à venir!, auquel répondit Léandre qu’il tenterait de traverser l’eau, soit qu’il parvînt à retrouver son amante, soit qu’il mourût. Ainsi Héro alluma-t-elle le flambeau de la tour, comme elle avait fait tant de fois auparavant. Voyant la lueur, Léandre se mit à nager, pourtant, lorsque le vent violent éteignit la lumière, il se perdit et se noya. En attendant toujours son amant, Héro vit le corps de celui-ci, allongé sur le sable après avoir été ramené par les vagues. Désespérée, Héro se jeta de la tour pour rejoindre éternellement son cher Léandre.

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Hésiode (en gr. Hêsiodos)

(Ascra, Béotie -VIIIe s. - -VIIe s. av. J.-C.). Pasteur qui devint l'un des premiers poètes et théologiens grecs. Certains de ses œuvres ont ainsi un côté moral et didactique, comme ses deux épopées Les Travaux et les Jours, qui avait pour destinataire son frère Persès qui l’accusa de voler son héritage, et La Théogonie, où les Muses décident de dire les vérités au lieu de mentir.
  • Hesiod, Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 9 février 2011. http://www.britannica.com/biography/Hesiod.
  • Hésiode en gr. Euripidês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Indes orientales

Terme désignant la région sud et sud-est d'Asie à l'époque coloniale.

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Iole (en gr. Iolê)

Iole fut la princesse de Thessalie dans la mythologie grecque. Son père le roi, Eurytos, organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • Iole en gr. Iolê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Iphis

Selon la mythologie grecque, Iphis était le fils d'Alector et un roi d'Argos. C'était lui qui conseilla à Polynice d'offrir le collier d'Harmonie à Ériphyle (la fille d'Iphis selon certaines sources) afin qu'elle persuadât son mari Amphiaraos de prendre part à la guerre des Sept Chefs contre Thèbes.

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Ithys

Dans la mythologie grecque, Ithys fut le fils de Térée et de Procné. Lorsque Procné découvrit le viol de sa sœur Philomèle par son mari Térée, elle tua son propre fils pour se venger de son mari. Ensuite, elle servit à Térée le cadavre découpé d’Ithys sur un plat.

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Janus

Dieu italique et romain à deux visages opposés qui fonctionne comme protecteur des portes (januae) à Rome. Le mois de janvier (Januarius) est consacré à Janus car il commence et termine l'année.
  • Janus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Japet (en gr. Iapetos)

Japet fut un Titan grec qui, selon la mythologie grecque, épousa l’océanide (nymphes, filles de Téthys et d’Océan) Clyméné). De ce couple naquirent quatre fils : Atlas, Prométhée, Épiméthée et Ménœtios.
  • Japet en gr. Iapetos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Jason (en gr. Iasôn)

Dans la mythologie grecque, Jason fut roi mythique d’Iolcos en Thessalie dont l'oncle, Pélias, déroba le trône à son père Éson et à lui. Ainsi le jeune prince fut-il élevé par Chiron, centaure connu pour la bonté et pour la sagesse. Il rentra à Iolcos comme adulte, se présentant devant Pélias en portant une seule sandale, car il avait perdu l’autre en traversant une marée. Le roi avait été averti par un oracle de se garder de l’homme qui ne portait qu’une sandale. Ainsi Pélias dit-il à Jason qu’il ne serait roi que s’il lui apportait la Toison d’or. De ce fait, Jason, accompagné par les Argonautes, part en Colchide sur le grand navire Argo. Avec l'aide de la magicienne Médée, Jason s'empara de la toison. Ensuite, les deux s'enfuirent ensemble et Jason rentra à Iolcos avec Médée comme sa femme. Or, peu après, Médée tua Pélias dans l'espoir de rendre le trône à son mari. En revanche, Jason et Médée furent exilés de Ioclos, après lequel ils se refugièrent à Corinthe et eurent deux fils. Dix ans plus tard, Jason annonça à Médée qu’il épouserait Créüse, la fille de Créon, roi de Thèbes car celui-ci avait offert à Jason de lui succéder comme roi. Furieuse contre cette infidélité et ingratitude, Médée se vengea de façon cruelle : elle envoya une tunique empoisonnée à Créüse comme cadeau de mariage et égorgea ses propres enfants.
  • Jason, Greek Mythology Link (1997), Carlos Parada et Maicar Förlag, Internet, 10 mars 2011. http://www.maicar.com/GML/Jason.html.
  • Jason en gr. Iasôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Jean Bastier de La Péruse

Poète et dramaturge français (Péruse 1529-1554) qui écrivit sa tragédie Médée basée sur les œuvres du même titre de Sénèque et d'Euripide.

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Jean de Stobes ou Jean Stobée (en lat. Joannes Stobæus)

Doxographe et compilateur byzantin du Ve siècle ap. J.-C., son Anthologie cite plus de 500 auteurs antiques : poètes, historiens, orateurs, philosophes et médecins. Nous lui devons les seuls fragments connus de certains dramaturges. Il rédigea également plusieurs passages célèbres sur la philosophie stoïque.
  • Jean de Stobée, Wikipédia l'encyclopédie libre (31 août 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 9 septembre 2010. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Stobée.
  • Stobæus, Joannes, Sententiarum Ioannis Stobaei, Paris, Martinum Juvenem, 1557, t. 2. Google livres, Internet, 21 juin 2011.

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Job

Héros du Livre de Job dans l'Ancien Testament, Job est l'archétype du Juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan, avec la permission de Dieu.

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Jules César (en lat. Caius Julius Caesar)

(Rome 101 – Ides de Mars 44 av. J.-C.) Illustre homme d'état, général et enfin dictateur romain (46-44 av. J.-C.) qui joua un rôle essentiel dans la transformation de la République romaine à l'Empire romain. Toutefois, ses réformes politiques et sociales furent déjouées lorsque Marcus Junius Brutus, un noble à la Chambre du Sénat, l'assassina en 44 av. J.-C.
Non seulement César fut-il un homme politique célèbre, mais il était un bon orateur et historien. Il écrivit quelques œuvres littéraires : Commentarii de bello gallico (Commentaires de la guerre des Gaules) et Commentarii de bello civili (Commentaires de la guerre civile).

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Junon (en lat. Juno)

Déesse de la nature dans la religion romaine, Junon représentait la féminité. Junon et Jupiter, son frère de la même mère Rhéa ainsi que son époux, sont considérés comme divinités primordiaux qui constituent deux des trois figures dans la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve).
Les grecs hellénisèrent Junon et la renommèrent Héra. Ils lui attribuèrent le rôle de protectrice du mariage et des femmes mariées.
  • Héra en gr. Hêra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Junon en lat. Juno, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Jupiter

D’autres noms : Stator (qui arrête), Elicius (qui fait le foudre) et Feretrius (qui frappe). L’équivalent du dieu grec, Zeus, Jupiter, fils de Saturne, est le roi des dieux considéré comme divinité primordiale faisant partie de la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve) dans la mythologie romaine-italique. Jupiter gouverne le ciel, les éléments météorologiques (tonnerre, foudre) et la lumière du jour. Ainsi il est souvent représenté avec les emblèmes de l'éclair, du trône et du sceptre.
D'un esprit licentieux, Jupiter prit maintes amantes, cependant, seulement sa sœur jumelle Junon conquit son cœur. Après plusieurs tentatives de la courtiser, il réussit finalement à gagner sa main en se transformant en coucou mouillé pour exciter la sympathie et l'affection de la déesse. Ainsi leurs noces marquèrent le premier mariage du monde.
  • Hera / Junon, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/hera.htm.
  • Jupiter, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Zeus / Jupiter (3/4), Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/zeus3.htm.

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Juste Lipse, (en néerl. Joost Lips, latinisé en Justus Lipsius)

Humaniste flamand (né à Overijse, Brabant en 1547, mort à Louvain 1606). Il soutint le luthéranisme, mais plus tard, provoqué par la réaction aux croyances polémiques dans son De una religione (1590), il revint au catholocisme. Il était aussi l'auteur de De constantia (1583), œuvre qui témoigne d'une influence stoïcienne, et de Politicorum sive Civilis doctrinae libri sex (1589), six livres d'un style instructif sur la politique d'un bon prince.
  • Lipse (Juste), en néerl. Joost Lips, latinisé en Justus Lipsius, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Papy, Jan, Justus Lipsius : Politica, Stanford Encyclopedia of Philosophy (23 août 2004), Edward N. Zalta, Internet, 23 mars 2011. http://plato.stanford.edu/archives/fall2011/entries/justus-lipsius/#3.

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Juvénal (en lat. Decimus Junius Juvenalis)

Poète latin, auteur de satires. Il naquit à Aquinum en Campanie vers l’an 55 ap. J.-C. Il produisit seize Satires qui traitent des vices de son époque, contrastant la Rome traditionnelle (pure, exaltée par Cicéron) avec la Rome contemporaine. Juvénal mourut vers 140.
  • Juvénal en lat. Decimus Junius Juvenalis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré de noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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L'Art d'aimer (en lat. Ars amatoria)

Une des œuvres les plus célèbres d'Ovide composée vers le premier siècle avant J.-C. qui a pour thème l'art de l'amour et de la séduction. En dépit du succès du poème, Ovide fut exilé à Tomes en 8 ap. J.-C. par l'empeureur Auguste sous l'allégation, entre autres, de l'immoralité sexuelle représentée dans ses vers.

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L'Ecclésiastique

L’Ecclésiastique est un livre deutérocanonique de l’Ancien Testament de la Bible catholique. L’Ecclésiastique comprend un ensemble de manuscrits traduits d’hébreu en grec, dont le 248 porte ce titre. L’ensemble entier est intitulé pourtant Sagesse de Jésus fils de Sirach. L’ouvrage comprend cinquante chapitres et un appendice et mélange deux genres : il s’agit d’un ensemble de proverbes qui ne suivent aucun ordre particulier, et de plusieurs réflexions sur un sujet. Les deux genres traitent de la Sagesse divine, personnifiée dans le texte.
  • L'Ecclésiastique, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • L'Ecclésiastique, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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L'Iliade

Épopée grecque dont l'auteur prétendu est Homère. L'Iliade exerça une influence importante sur la poésie épique, de l’Énéide de Virgile aux œuvres plus récentes. Cette épopée raconte quelques journées de la guerre de Troie., le personnage principal, dirige les Achéens contre les Troyens après l’enlèvement d’Hélène par Pâris.
  • Homère, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • L'Iliade en gr. Ilias, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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L'Énéide

Poème épique écrit par le poète latin Virgile entre -29 et -19 av. J.-C. L’Énéide fut un projet ambitieux pour Virgile : il cherchait à écrire une épopée romaine qui équivaudrait à l’œuvre magistrale grecque d’Homère, l’Iliade. Pourtant, Virgile mourut avant que l’œuvre ne fût achevée. Quoiqu’il eût demandé qu’on brûlât l’épopée partielle, Auguste ordonna que la publication fût complétée par Varrius et Tucca, poètes et amis de Virgile.
Le poème consiste douze chants et raconte les aventures du prince troyen Énée, un des plus grands héros de la guerre de Troie. Après que les Grecs avaient ordonné à Énée de fuir de Troie, il se trouva naufragé avec quelques-uns de ses hommes à Carthage. Là, il connut Didon, fondatrice et reine de la ville. Les deux tombèrent vite amoureux. Malheureusement, cet amour menaçait le destin du héros : il était censé fonder Lavinium (Rome) en Italie. À cause du départ de son bien-aimé, Didon, inconsolable, se donna la mort. Énée incarne certaines valeurs romaines comme la dévotion à son devoir, d’abord et avant tout.
  • Énéide, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Énéide (Virgile), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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La Cité de Dieu (en lat. De civitate Dei)

Œuvre comprenant 22 livres écrite par Saint Augustin vers 413-427 ap. J.-C. Dans son traité, il conteste les critiques païennes en attestant que le sac de Rome par les Wisigoths (410) fut à cause de sa déchéance morale plutôt que l'abolition de la religion païenne pour le christianisme. En plus, l’auteur caractérise la relation conflictuelle entre l'éternelle Cité de Dieu et la temporelle Cité de l'Homme.
  • La Cité de Dieu en lat. De civitate Dei, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • The City of God, Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 4 mai 2011. http://www.britannica.com/topic/The-City-of-God.

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La Rhétorique (en gr. Tekhnê Rêtorikê)

Traité d’Aristote ayant pour but de discuter de l’art de parler afin de convaincre l’auditeur. La Rhétorique connaît un statut assez paradoxal : quoique la logique soit pertinente pour convaincre l’auditeur, la rhétorique vise également à émouvoir celui-ci. Dans son traité, Aristote analyse les règles de trois types de discours communément employés en rhétorique : le délibératif, le démonstratif et le judiciaire.
  • La Rhétorique en gr. Tekhnê Rêtorikê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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La République (en gr. Hê Politeia ê peri tês dikês)

Dialogue socratique en dix livres écrit par Platon vers 380 av. J.-C. où le philosophe distingue la raison de la justice et précise les caractéristiques de la cité juste et de l'homme juste.
  • La République en gr. Hê Politeia ê peri tês dikês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • The Republic (Plato), Wikipédia l'encyclopédie libre (30 avril 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 6 mai 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Republic_%28dialogue%29.

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Lacédémone

Veuillez consulter la référence Sparte.

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Laelaps

Chien gigantesque dont la déesse Artémis fit don à Minos et, par la suite, que celui-ci offrit à Procris. Selon la mythologie, ce chien aurait couru si rapidement qu’il ne laissait jamais échapper le gibier.
  • Laelaps, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://en.wikipedia.org/wiki/Laelaps_(mythology).
  • Minos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionaires le Robert, 1994.

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Le Banquet

Traité philosophique de Platon écrit vers 380 av. J.-C. qui examine l'origine et la nature de l'amour.

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Le Cocyte (en gr. Kôkutos Naissant des lamentations)

Fleuve des Enfers qui afflue de l’Achéron ou du Styx. Selon la tradition, les eaux du Cocyte seraient alimentées par les larmes des injustes.
  • Cocyte n. m. -en gr. Kôkutos Naissant des lamentations, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Le Collier (en gr. Plokion)

Comédie grecque de Ménandre dont l'intrigue tourne autour des épreuves de deux hommes, l'un qui épouse une femme riche et l'autre qui épouse une femme pauvre.
  • Ditandy, A., Études sur la comédie de Ménandre, Paris, Librairie le Normant, 1854, p. 377-378. Google livres, Internet, 27 mai 2011.
  • MacCary, W. Thomas, Menander's Slaves : Their Names, Roles, and Masks, Transactions and Proceedings of the American Philological Association, 1969, vol. C, p. 286-287. JSTOR, Internet, 27 mai 2011.

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Le fruit défendu

Dans le premier livre du Bible, Genèse, le fruit défendu engendra la chute du couple Adam et Ève dans le jardin d’Éden (et conséquemment celle des êtres humains). Ignorant l’avertissement de Dieu et écoutant le serpent, Tentateur, Ève aurait mangé et ferait manger le fruit à Adam. En conséquence, Dieu expulsa les deux du jardin.
  • Adam, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Ève, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Le Languedoc (de la langue d'oc, l'occitan)

Ancienne province dans le sud de France qui aurait compris les régions contemporaines de Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Auvergne et une partie de la Haute-Loire. Le Languedoc appartient à l'Occitanie, ancienne région du sud-ouest de l'Europe dont les habitants parlèrent occitan comme langue principale.
  • Languedoc, Wikipédia l'encyclopédie libre (21 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Languedoc.
  • Le Languedoc n. m., (d'après la langue où l'on dit oc « oui », c'est-à-dire l'occitan), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Occitanie, Wikipédia l'encyclopédie libre (16 avril 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Occitanie.

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Les Adelphes (Les Frères)

Dernière comédie de Térence (-160) dans laquelle deux frères, Micion, symbole des valeurs modernes, et son frère Déméas, symbole des valeurs romaines traditionnelles, s'opposent concernant le problème de l'éducation. Tandis que Micion soutient que celle-ci devrait être permissive, Déméa croit qu'elle devrait être répressive. Ainsi, pour prouver la méilleure méthode, Déméa, père d'Eschine et Ctésiphon, décide de permettre à Micion d'assujettir Eschine à une éducation libre et démocratique tandis qu'il soumet Ctésiphon à une qui est rigoureuse et autoritaire. Enfin, Ctésiphon a une liaison secrète avec une joueuse de lyre à qui Déméa lui permet de se marier à la fin de la pièce, et Eschine épouse l'Athénienne qu'il avait trompée.

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Les Amours (en lat. Amores)

Œuvre poètique d’Ovide qui témoigne de la passion du poète pour la femme imaginaire Corrine. Il parle des thèmes traditionnels présents dans des histoires d’amour : la maladie d'amour, les jalousies, l’amitié, parmi d’autres.
  • Ovide en lat. Publius Ovidius Naso, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Les Annales

Récit historique de Rome par Tacite publié entre -115 et -117 ap. J.-C. L'ouvrage comprenant au moins 16 livres couvre la période à partir de la mort d'Auguste (14) jusqu’à la mort de Néron (68).
  • Annales, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Les Argonautes (en gr. Argonautai)

Dans la mythologie grecque, les Argonautes furent des héros, Achéens pour la plupart, qui assistèrent Jason dans sa quête pour la Toison d’or. À bord du navire Argo, ils partirent en Colchide. Parmi les Argonautes furent Admète, Atalante (la seule femme), les Dioscures (Castor et Pollux), Héraclès, Lyncée, Orphée, Talaos et Thésée.
  • Argonautes, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Argonautes en gr. Argonautai, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Les Fastes (en lat. Fasti)

Œuvre élégiaque d'Ovide parue au Ier siècle ap. J.-C. qui raconte en détail le calendrier romain et ses fêtes religieuses. Composée de douze livres, un pour chaque mois, il ne nous en est parvenu que six (janvier à juin).
  • Chilvers, Ian et M.C. Howatson, éd., Fasti, The Concise Oxford Companion to Classical Literature, Oxford University Press, 1996. Oxford Reference Online, Internet, 30 juin 2011.

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Les Héroïdes

Lettres fictives écrites par le poète latin Ovide représentant la correspondance entre des femmes légendaires et leurs maris ou amants absents, par exemple des échanges entre Didon et Énée, Déjanire et Hercule, Ariane et Thésée, Médée et Jason, Hypermnestre et Lyncée et Léandre et Héro. Elles ont pour sujet l'abandon des femmes, décrit en termes de rhétorique élégiaque. Ces couples évoquent de façon concrète le siècle d’Auguste, les portrait étant humains plutôt que mythiques.
  • Les Héroïdes, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Héroïdes.
  • Ovide en lat. Publius Ovidius Naso, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Viarre, Simone, Ovide (~43-17), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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Les Métamorphoses (en lat. Metamorphoseis)

Épopée latine composée par Ovide à partir de 1 ap. J.-C. Les quinze livres sont ancrés dans la mythologie et racontent l’Histoire du monde, du chaos jusqu’à César. Les Métamorphoses contiennent plusieurs légendes racontant des transformations, que ce soit de dieux ou d’hommes en plantes et en animaux.
  • Les Métamorphoses en lat. Metamorphoseis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

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Lichas

Serviteur d'Hercule qui, selon la légende grecque, lui apporta la tunique trempé dans le sang vénéneux de Nessus selon l'ordre de la femme jalouse du héros, Déjanire. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau et, en essayant de l’enlever, il s'arracha la peau. Par la suite, il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus lui avait fait croire que la tunique servirait de philtre d’amour.
  • Déjanire en gr. Dêianeira, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Hercule, iconographie, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

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