XML | Métadonnées | Version normalisée
x
Satyre svr les Traverses dv Mariage

SATYRE
MENIPEE,
SVR LES POIGNANTES
Trauerſes du Mariage.

PAR LE SIEVR DE COVRVAL
Gentilhomme Virois.

Vignette de feuilles et d'un masque A PARIS,
Chez Rolet Bovtonne', au Palais,
en la Gallerie des Priſonniers,
prés la Chancellerie.

[Filet simple.]
M. DC. XXI.
Auec Priuilege du Roy.


1
[Bandeau géométrique.] SATYRE
SVR LES TRAVER-
SES DV MARIAGE.
MVses, qui habités dans l'Antre Pieride,
Rendez libres mes ſens, & ma langue
fluide,
Serenez mes Eſprits agitez d'vn Procés
Qui de voſtre Helicon m'a fait perdre l'accés ,
O diuin Apolon, faites moy cette grace ,
Que du Pinde Sacré ie reprenne la trace ,
Que i'ombrage mon chef d'vn Laurier Immortel,
Et que ie ſacrifie à voſtre Sainct Autel:
O Phœbus donne moy que ie chante en ces vers
Les malheurs, les ennuis, les accidens diuers
Leſquels vont trauerſant ceux qui par Mariage,
Soubs les Loix d'vn Hymen ſe mettent en feruage:
O rigoureuſe Loy! Loy dont la cruauté
A rauy des humains la douce liberté!
Liberté qui nous fait expozer noſtre vie
A cent mille perils, crainte d'eſtre aſseruie:
a ij

4
SATYRE
Liberté qui nous met le fer dedans la main ,
Nous arme de couroux , quand vn Prince inhumain
S'efforce l'opprimer , ſi que pour la deffendre
On à veu des citez & des villes en cendre:
Et maint Empire encor on à veu malheureux
Pour ceſte liberté, qu'on tient fille des Dieux.
Si donc la liberté du Ciel nous eſt donnee,
Pourquoy l'engageons nous ſoubs les loix d'Hymenee?
Pourquoy ſols inſenſez voulons nous ſans raiſon
Nous rendre malheureux de nous-meſmes en priſon?
Pourquoy plains de fureur, ainſi que frenetiques ,
De nos mains voulons nous nous enferrer de piques;
He! pourquoy voulons nous, ſtupides indiſcrets,
Nous meſmes nous ietter captifs dedans les rets;
Nous forgeons les chainons qui captiuent noſtre ame,
Nous allumons le feu qui noſtre cœur enflamme,
Nous preparons la glus qui nous vient empeſtrer ,
Et le rets nous tiſsons qui nous vient enrether:
Nous beuuons l'Aconit & le Napelle bleſme
Que nous auons pillé & deſtrempé nous-meſme:
Nous-meſmes nous dreſsons: les charmes Circeens
Qui charment nos eſprits, & enchantent nos ſens
Cycloples malheureux , nous martellons le foudre,
Qui brize nos plaiſirs , & les reduit en poudre.
Bref nous ſommes autheurs de nos propres malheurs ,
Quãd ſoubs le ioug d'Himen, nous engageõs nos cœurs
O ioug, ſi cruel ioug, ô ioug plus miſerable
Ioug cent fois plus faſcheux, & plus inſuportable

5
DV MARIAGE.
Que celuy des Forçats , qui de crime entachez
Languiſsent ſans repos, a la rame attachez:
Ioug qui va ſurpaſsant les peines iournalieres
Qu'endurent auiourd'huy dans les creuſes minieres
Les pauures Indiens , vendans leur liberté
Au Marane Espangnol, qui plain de cruauté
Les contraint iour & nuict, en extreme miſere,
De tirer l'or du creux d'vne ſombre carierre:
Si quelqu'vn d'eux ſe plaint ſoudain au cheualet,
Ou bien ils ſont contrains d'endurer l'eſtrapade ,
Qui leur deſtord les bras d'vne rude tirade.
Ces tourmens ne ſont rien, ce ſont roſes & fleurs
Balancez au niueau des ſeueres rigueurs,
Qui du nopcier1 Chaos ont prins eſtre & naiſsance,
Les foudroyans eſclairs ne font tant de nuyſance
Aux moiſons de Cerés: Les vents plus orageux,
Les Auſtans empeſtez ne ſont ſi dangereux,
Et les froids Aquillons ne font tant de dommage
Au fleurs du gay Printemps, comme le Mariage
Faict du mal aux humaĩs? Nous cõblant de malheur
Faniſsant tout ſoudain l'eſmail des belles fleurs
De nos ans Printaniers , changeant par mainte eſcorne
Noſtre doux Gemini , en vn froid Capricorne ,
Nos plaiſirs en douleurs , en triſteſse nos ris ,
Il vient changer fatal , noſtre heureux Paradis,
En vn horrible Enfer , vn gouffre de miſeres ,
Vn deluge d'ennuy, vn foudre de coleres,
a iij

6
SATYRE
Vn torrent de malheurs, vn Ocean de maux,
Arſenal de chagrin , magazin de trauaux ,
Le poinct, le Racourcy,l'Epitome & le centre,
Où les lignes d'ennuis ſe viennent toutes rendre.
Vn Montgibel fumeux de bouillonnans ſouſpirs,
Dont les chaudes vapeurs chaſsent les doux Zephirs,
De nos contentemens, pour former vn orage
Lequel va diſsipant les plaiſirs de noſtre aage.
Vn menteur Charlatan qui nous va deceuant
Souz le maſque trompeur de quelque beau ſemblant.
Vn cautcleux Aspic, dont la douce piqueure
Nous endort plaiſamment du ſommeil d'Epicure2.
Sommeil voluptueux , dont le triſte reueil
Nous conduit en douleur au funeſte cercueil.
C'eſt l'amer gobelet du fin Apoticaire,
Lequel pour deſguiſer vne Rubarbe amaire,
Où le rude Agaric , couure d'vn ſuccre doux
Le breuuage appreſté, craignant à tous les coux
Que la fiere rigueur de ce faſcheux breuuage
Ne face au languiſsant bien toſt perdre courage :
Mais il n'a pas ſi toſt aualé la liqueur ,
Qu'il ſent dans l'eſtomach vn friſonnant horreur.
C'eſt le trompeur flageol du cauteleux Mercure
Qui endort les Argus, plus ſubtils de nature
Par les apas trompeurs d'vn ſon melodieux
Qui charme leurs eſprits, & leur ſille les yeux.
Vn vray faux-monnoyeur qui baille pour monnoye
Vn or adulteré , que pour bon il employe,

7
DV MARIAGE,
Sçachant ſon faux alloy deſguiſer dextrement,
D'vn,eſclatant metail le couurant finement:
Mais ce n'eſt que billon & pure piperie:
A la touche on cognoiſt quelle eſt la tromperie
A la couppe, au cizeau on deſcouure ce mal,
Et que ſon or n'eſt rien qu'vn billonné metal:
De meſme les attraits, que l'Hymen nous preſente,
N'eſt que pour deceuoir d'vn espoir noſtre attente.
Les fifres & tambours, & les gays violons,
La Muſique, le luth, le bal, & les chanſons,
Les flambeaux allumez, les ieux les Maſcarades ,
Tes folaſtres bouffons, les ris, & les aubades:
Tous ces vents de plaiſirs , ſont les auantcouriers
De nos triſtes malheurs , & de nos deſtourbiers.
Tout ce grrnd bruit Nopcier3 pronostique vn orage
Qui nous va menaſsant d'vn eſtrange rauage:
Ainſi que nous voyons, lors que l'Auſtre moëteux,
Bourdonne parmy l'air, preſager tempeſteux,
Vn orage prochain, vne future pluie,
De foudres, & d'eſclairs ,le plus ſouuent ſuyuie:
De meſme ce grand bruit , & murmurant caquet ,
Des Parens aſsemblés, au nuptial banquet ,
Sont les ſignes certains, & aſseurés augures
Des orages ſuyuans , & tempeſtes futures:
Preſtes à ſaccager ſes pauures amoureux
Engagez aux filets de ce Dieu captieux4
Qui les varepaiſsant ,de ſouſpirs , & de larmes ,
Et leur braſse à la fin de cruelles alarmes ,

8
SATYRE
Cet Hymen neantmoins , ſemble vn plaiſant Iardin,
Plain de roſes , d'œillets , d'odorant Romarin,
Tout bigarré de fleurs de cent couleurs diuerſes ,
D'incarnat ,poupre , vert , iaunes , griſes & perſes,
Cordé d'vn paſsement , de cryſtalains ruiſseaux,
Dont le murmure doux , endort les animaux;
Où les mignards Zephirs de leur ſuaue haleine
Parfument tout le lieu , d'vne odeur ſouueraine,
Plus douce mille fois , que le musc Indien
L'odoreux ambres-gris , le baume Ægyptien;
En vn mot ce iardin, ſemble proprement eſtre
Vn petit racourcy , du Paradis terreſtre.
Mais tout incontinent , qu'on s'auance au milieu ,
Pour contempler de prés la beauté de ce lieu :
On ne s'aperçoit point qu'entre ces vers fueillages
Ces beaux compartimens & allignez bordages ,
Ses ruiſseaux argentez, ſes roſes & ſes lys ,
Entre l'odeur des fleurs de ce doux Paradis ,
Parmy tous ces attraits , & mignardes blandices ,
Sont cachez au deſsouz d'eſstranges precipices ,
Pleins de charbons picquans , & d'espineux haliers ,
Où ſe perdent d'Hymen : les plus fins Eſcoliers ;
Leſquels ſe promenans , dans ces ſalles plaiſantes ,
Couuertes à l'entour de fueilles verdoyantes ,
Tombent tout auſsi toſt , dans ces abyſmes creux
Penſant cueillir des fleurs , de ce parterre heureux:
Lors ils ont beau crier , ſecours, miſericorde
Ils ſont pris tout ainſi , que Renards à la corde.

9
DV MARIAGE.
Ses Mignons friſottez, qui font tant les matois,
A ce piege eſtant pris ſont aux derniers abois
Fuſsent-ils r'affinez iuſqu'au dernier Mercure ,
Ils ſont contrains en fin , baſtir leur ſepeulture
Dans ces antres obſcurs , où ils ſont priſonniers
Et mis entre les mains , de tres-rudes Geoliers.
C'eſt pour fin vn marché , qui n'a que le front libre
Pourtant en ſon abord; pour marques & pour tymbre
Vn Dedale Cretois , plain d'obliques deſtours ,
De Meandreux replis, qui font perdre le cours
Du chemin, qui ſembloit à l'abord ſi facile,
Se monſtrant au fortir, faſcheux & difficile,
On ne s'en peut tirer , ó trop rigoureux ſort !
Que par le dard cruel, de l'indomptable mort ;
C'eſt le ſeul peloton , le fil & la cordelle
Qui de ce labyrinth5, nous paſse en la nacelle
Du nautonnier Charon , ſeul vnique ſecours
Des pauures mariez, qui languiroient touſiours
Dans le Dedalle obſcur du faſcheux Mariage,
Qu'on peut pluſtoſt nommer, gouffre de malerage.
C'eſt pourquoy à bon droit, Hyponacte , diſoit
Que deux iours bien heureux ſeulement il trouuoit
Souz ce ioug espineux : Le iour des Eſpouzailles
Et le iour qu'on faiſoit les triſtes funerailles.6
Ces deux fleurs vont naiſsant , entre milles chardons ,
Qui nous vont trauerſant de picquans eſguillons
Ces roſes nous cueillons à trauers tant d'eſpines,
Que leur plaiſante odeur, ne les peut rendre dignes

01 7
SATYRE
De tant ſe trauailler pour en vouloir ioüyr,
Puiſqu'avec tant de mal s'en acquiert le plaiſir:
Et comme a bien chanté quelque docte Poëte8,
Mariage n'eſt rien qu'vne horible tempeſte.
La Grotte Æolienne9; Or que des tourbillons ,
Ocean de douleurs , grain aux vagues ſillons ,
Forge de tous ennuys , fuſil de toute rage ,
Dont s'allume le feu qui nous brulle & ſaccage.
Non, ce n'eſt rien qu'vn feu, ſouz la cendre voillé ,
Souz l'aigneau courtiſan vu Renard recelé ,
Vn borgne-clair-voyant , vn goſseur Harpocrate
Vn charme deſpitant tous les ius d'Hypocrate,
Vne neige poiſsorde , vn ſuccre Abſinthien,
Vray Courrier d'Atropos, poſtillon de vieilleſse,
Boutique de Pluton, abyſme de triſteſse ,
Canal d'affection , alambic de malheurs ,
Source d'aduerſité , fontaine de douleurs .
Mais quelqu'vn me dira que dans ceſte Satyre
Ie deſcry les tourments, & le cruel martyre,
La tempèste , l'horreur , le perilleux dànger
Qu'encourènt les humains , qui ſous le ioug Nopcier10,
Captifs ſont aſseruis , ſans prouuer par hiſtoires
Les iourualiers effets de toutes ces miſeres.
Ie reſpondray ſoudain au Lecteur curieux ,
Que s'il falloir nombrer les Amans malheureux ,
Qui ſouz les loix d'Hymen ſe ſont mis en ſeruage ,
I'eſpuiſerois pluſtot le Pactole, ou le Tage,

11
DV MARIAGE.
Pluſtoſt ie nombrerois les peuples eſcaillez;
Tous les hostes de l'air aux habits eſmaillez,
Et pluſtoſt , & pluſtoſt , ie deſcrirois le nombre
Des celeſtes flambeaux , qui durant la nuict ſombre
Brillent au firmament ,lors que le grand flambeau
Sa carierre bornant , ſe plonge dedans l'eau,
Bref ce ſeroit courir apres vn impoſsible
Et rendre par ces vers l'impoſsible poſsible.
I'oſeray neantmoins , afin de contenter
Le Lecteur curieux, au vif repreſenter ,
Cinq ou ſix grands Heros aux armes indomptables,
Que le Nopcier11 Hymen a rendus miſerables.
Ce puiſsant Hercules , cet indompté guerrier
Ce Tugeant12 Thebain13, qui oſa le premier
Attaquer au combat , les Monſtres de la terre
Qu'il terraſsa, vainqueur, comme vn foudre de guerre
Enuironnant ſon chef de mille lauriers vers ,
Teſmoins de ſa valleur par ce large vniuers:
Ce pendant , ô deſtin, Hymen ce Dieu folaſtre
Aidé de l'Archerot; rendit ſon cœur molaſtre:
Soudain qu'il fut captif dans les rets amoureux
Il n'entrepriſt iamais vn acte genereux:
Soudain qu'il fut atteint des brandons de Cyprine,
Sa guerriere valeur tomba comme en ruine,
Le laurier de ſon front deuint ſec & fleſtry,
Son cœur effeminé fut tout allangoury:
Si toſt qu'il eſpouſa la belle Deianire
On veit au meſme temps fleſtrir ſon vert Empire.

21 14
SATYRE
Il deuint malheureux, & le ialoux cerueau
De ſa femme le mit dedans l'obſcur tombeau:
Car ayant imprimé en ſa teſte Friuolle ,
Que ſon Hercule aymoit , & careſsoit Iolle ,
Deianire en fureur recherche les moyens
De s'en pouuvoir venger ayant l'ame ſaiſie
Et le cœur enflammé d'ardante ialouſie.
Or aduint-il qu'vn iour le Centaure Neſsus
Ayant voulu forcer, pres le fleuue Euenus,
Ceſte Deianira ,dont Alcide en colere
Deſcocha ſur Neſsus vne fleche legere
Teinte au ſang du Dragon, dont le venin cruel
Par la playe eſpanché, rendoit le coup mortel.
Ce Neſsus donc atteint d'incurable bleſsure
Voulut auant qu'entrer dedans la ſepulture
Se venger s'il pouuoit du grand Alcmenien,
Estant ,s'il en fut onc, expert Magicien,
Or ayant deſcouuert qu'vne ialouſe rage
Tenoit Deianira en vn cruel ſeruage ,
Braſse ſnbtilement vne feinte trahiſon
Pour tirer du Thebain15 promptement ſa raiſon ,
Il faict ſecretement appeller Deianire,
Luy diſant qu'il ſçauoit qu'vn eſtrange martire ,
Et qu'vn ialoux chagrin, luy bourreloit le cœur:
Voyant que ſon Mary plain d'ardante fureur ,
Trop ingrat auoit faict n'aguere amour nouuelle ,
Careſsant iour & nuict Iole la pucelle;

13
DV MARIAGE.
L'aſseuree s'elle veut enſuyure ſon conſeil,
Luy donner vn ſecret qui n'a poini ſon pareil,
Pour eſteindre le feu & l'impudique flame
Qui alloit conſommant Hercule iuſqu'a l'ame.
Deianire entendant ſes gratieux diſcours,
Deſireuſe de voir arracher ſes amours
Du cœur de ſon mary, conſent a l'entrepriſe:
Il luy monſtre en ſecret la fatale chemiſe
Qui auoit tel pouuoir , ainſi qu'il aſseuroit :
Que cil qui plain d'amour ſur ſoy la porteroit
Ne ſeroit doréſnauant inconſtant & rebelle
A ſa chere moitié: Mais constant & fidelle:
Que ſi ſon cher espoux auoit d'autres amours ,
Ce ſeul ſecret pourroit en arreſter le cours.
Or voyons quel malheur , ceſte promeſse enfante,
Neſsus luy donne,alors , la chemiſe charmante
Dont le fil venimeux, & le magique ſort ,
Precipitoient ſoudain les Amans a la mort.
Deianire en ſon cœur, qui trop ialouſe bruſle
Ceſte chemiſe, enuoye à ſon mary Hercule:
Si toſt que le Thebain16 l'eut miſe ſur ſon dos ,
Il deuint inſenſé , n'ayant aucun repos:
Il couroit iour & nuict ainſi que frenetique,
Ou comme vn fier Taureau, que le Tan mord & picque
Il ſe iette en fureur dans vn bucher ardant
Ceſte ialouſie ainſi priua ſon cher Amant
Et de vie & d'esprit , ô fatal Mariage,
Cil qui auoit dompté d'vn genereux courage

14
SATYRE
Les Monſtres plus cruels de ce grand vniuers
Par ce fatal Hymen, giſt ores à l'enuers :
Cil qui auoit vaincu le pourceau d'Erimante ,
Le Monſtre Lerneen à teſte renaiſsante:
Bref celuy qui auoit par deux fois ſix labeurs
Eſleué ſon renom entre tous les vainqueurs ,
Eſt maintenant dompté par les mains d'vne Femme ,
O Hymen trop peruers, ô rigoureuſe flame
Ie mets au ſecond rang ce grand Agamemnon,
Qui par armes auoit eterniſé ſon non
En mille lieux diuers. Ce vaillant Capitaine,
Ce grand Prince Gregeois, ſentiſt bien toſt la peine
Et les cruels aſsauts de ce ioug espineux
Pour s'eſtre empriſonné dans les lacs amoureux,
Pour auoir trop aymé ſa chere Clytemneſtre ,
Et s'eſtre captiué dans le Nopcier17 cheueſtre.
Il ſentit les effets de ſa temerité
Pour auoir ſouz Hymen lié ſa liberté:
Il ne peut euiter qu'à ſon retour de Troye,
Au royaume noircy ſa dame ne l'enuoye,
De ſa Femme il ſentit la trop bourelle main,
Luy ouurant l'eſtomach d'vn poignard inhumain:
Aidee à ceſte fin de ſon paillard Ægiste,
Qui pour la ſecourir vint vers elle bien viſte.
Dieux quelle cruauté, quelle eſtrange rigueur
De voir Clytemneſtra poignarder ſon Seigneur,
Son eſpoux, ſon mignon, ó ſiniſtre Hymenee,
O ioug par trop cruel, ó fiere deſtinee.

15
DV MARIAGE.
Et que diray-ie plus de ce faſcheux lien ?
Tairay-ie le malheur du grand Roy Thracien,
Du laſcif Tereus , dont le cœur plein de flamme
Bruſloit pour ſa Progné , qu'il choiſit pour ſa Femme ,
Eſpris de ſes beautez, charmé de ſes beaux yeux,
Qui le rendit en fin chetif & malheureux :
Car ſoudain que Progné entendit la nouuelle
Du tort qu'on auoit fait à ſa ſœur Philomelle,
Sçachant que Tereus plein d'ardente fureur,
Auoit violemment rauy la tendre fleur
De ſa virginité : ceſte fiere Lyonne ,
Plus cruelle cent fois que n'eſt vne Gelonne,
Egorge ſon Ithis ; ſon tendrelet enfant ,
Et par menu lambeaux ſes membres va coupant ,
Les fait mettre à bouillir , & ſeruir ſur la table
A ſon Maiſtre d'hoſtel, comme vn mets delectable ,
Ayant ſceu dextrement ceſte chair appreſter;
Afin que ſon Mary eut deſir d'en gouſter :
Il mange , ô ſort cruel, ó ſiniſtre aduenture,
Son pauure enfant Ithis, ſa chere geniture:
Il demande ſon fils ſur la fin du diſner ,
Commande à ſes valets qu'on eut à l'amener :
Progné dans vn grand plat en apporte la teſte ,
En luy diſant : Meſcbant , tu as mangé le reſte,
Va cruel ruffien , perfide rauiſseur ,
Nostre enfant a payé le tort fait à ma ſœur.
Tertus à l'inſtant , plein de fureur, & d'ire,
Mettant l'eſpee au poing commence à la pourſuiure

16
SATYRE
Par les bois plus espais , & les herbeux paſtis,
Pour punir ce forfait & venger ſon Ithis.
Mais ainſi que l'on feint changee eſt Philomelle
Ainſi vſa Medee à ſon espoux Iaſon ,
Apres qu'il euſt conquis la Colchide Toiſon ,
Elle occit ſes enfans deuant les yeux du Pere.
Eſt il rien plus cruel que de voir vne Mere
Teindre au ſang de ſes fils ſes maternelles mains ?
Peut-on iamais ouyr actes plus inhumains ?
Qui cauſe ces effets ; ſinon le Mariage ,
Qui nous enfle le cœur d'vne bouillante rage ?
Quel malheur arriua à Claude l'Empereur ,
Pour auoir ja vieillard denué de chaleur,
Espouſé follement la belle Meſsaline?
Ceſte inſigne Putain ſe monſtra ſi vilaine
Que d'aller iour & nuict courir par le bordeau,
Pour, laſciue; chercher quelque plaiſir nouueau:
Eſtant en ſes amours ſi ardante & lubrique
Qu'elle fut eſtimee vne putain publique;
Ceſte Louue effrontee en ſa lubricité
Propoſa certain pris, & gage limité,
A qui plus le feroit, ſe ventant , glorieuſe ,
D'auoir en ce meſtier eſté victorieuſe
Sur les autres putains: ayant en vne nuict
Receu vingt Courtiſans en ce plaiſant deduit:
Quel plus aſpre tourment, quel plus cruel martyre
Auroit peu affliger ce Prince en ſon Empire:
Quel

17
DV MARIAGE.S
Quel plus grand deshonneur luy euſt peu arriuer ?
Hé quel plus grand malbeur euſt il peu éprouuer?
Les trois plus durs fleaux , Famine, Peſte & Guerre
N'euſsent tant affligé , ſon Royaume, & ſa terre:
D'où viennent ſes malheurs , ſinon du Dieu Nopcier18,
Hé qu'il faict dangereux voguer ſur ceſte Mer:
Il vaudroit mieux rocher deuenir pres Sypille ,
Que fiſt à ſon espoux, l'infidelle Erifille
Son mary entendant l'ambitieux dsſsein
Qui le vouloit mener à la guerre Thebaine:
Mais ſçachant des Deuins pour choſe bien certaine
Que s'il alloit au Camp , ſon deſtin l'aſseuroit
Que dedans ſa maiſon iamais ne reuiendroit :
Parquoy pour cuiter du fier deſtin la trame,
Se cache dans vn bois, deffendant à ſa femme
De ne point deſcouurir le lieu où il eſtoit,
Ce fin Polinicez, qui peut eſtre doutoit
Qu'il ne ſe fuſt caché , demande à Erifille
Où eſtoit ſon mary , l'aſseurant qu'a la fille
Tous ces gens s'aſsembloient pour ſe trouuer au camp,
Et qu'il falloit trouuer ſon mary ſur le chant ;
La perfide en riant, dit qu'elle eſt ignorante
Du lieu là où il eſt ; Polinice la tante,
Luy offre pour preſent vn riche colier d'or,
La priant inſtamment , & ſuppliant encor
Luy faire tant de bien, de faueur, & de grace,
Que de luy declarer & le lieu & la place,
b

18
SATYRE
Où ſon craintif Mary s'efloit allé cacher ,
Afin que ſes ſoldats euſsent à le chercher:
La perfide à ce coup , ſans dauantage attendre
Luy dit , qu'au prochain bois il y auoit vne antre
Taillé dans vn rocher, de mouſse tout couuert ,
Bordé de grands Palmiers , dont le fueillage vert
Donnoit ombre à ce lieu ſecret & ſolitaire ,
Seruant à ſon eſpoux de cachette ordinaire.
Il eſt prins & mené en guerre, où il mourut
Par ſa femme ô deſtin, la mort il encourut.
Hé quoy? voudrois-ie bien en ce papier deſcrire
Les ſiniſtres malheurs qu'vn Hymen peut produire?
C'eſt vn large Ocean, ſams fond, riue, ny bord,
Il vaut mieux le laiſser & rentrer dans le port.
I'aurois pluſtost trouué au ſein de la Nature,
Du Cercle rondiſsant l'egalle quadrature;
Secret tant recherché des Geometriens,
Ou l'Elixir caché de tous les Elemens:
Pluſtost ie trouuerois par vn art tout Chimique,
De metaux trans-muez la parfaicte pratique,
Que de pouuoir , Lecteur , en ces vers raconter
Tous ceux qu'vn fier Hymen a faict precipiter ,
Aux pieges de la mort : Quitons donc ces exemples
Debonnaire Lecteur, afin que tu contemples
Plus curieuſement les labeurs infinis,
Les tourmens , les trauaux, la peine, les ennuis,
Qui trauerſent ceux la, qui comblez de miſere
Ont conſacré leurs veux á Iunon la Nopciere19.

19
DV MARIAGE.
Muſe pourſuyuons donc par les temperamens ,
Qui pour eſtre diuers cauſent mille tourmens
Aux Amans aſseruis au ioug de Mariage ,
De contraires humeurs formant vn grand orage
De la diuerſité de leurs complexions
Naiſsent le plus ſouuent mille diſsentions ,
Leurs humeurs rarement ont meſme ſympathie,
Entre eux on void ſouuent ſemblable antipathie,
Qu'entre le loup cruel, & le paiſible Aigneau ,
Entre le Leurier , & craintif Lapreau,
Les ſifflans Scorpions, & larmeux Cocodilles
Les rauiſsans Faulcons, & plongeantes Bourilles ,
Les pepians Poullets , & rapineux Millans ,
Les charongneux Vautours & delicats Faiſands:
Entre les Chats-huants20, & iaſardes Corneilles ,
Les gourmands Esperuiers, & chastes Tourterelles:
Entre les Chardronnets , & griuelez Mauuis ,
La meſme antipathie eſt aux Amans rauis ,
Et portez dans le ſein du fatal Hymenee,
Où ils ſont tourmentez comme vne ame damnee :
Pour la diuerſite des contraires humeurs,
Qui des deux mariez des vniſsent les cœurs.
Le San
guin.
Peut eſtre le Mary ſera chaud & humide ,
D'humide radical, aerien, & fluide
Qui le rend abondant en spermatic humeur ,
De nos digeſtions quinte-eſsence & liqueur ,
Laquelle rempliſsant les proſtates glandules ,
Ou eſtant reſserré, ainſi que des celulles ,
b ij

20
SATYRE
S'efforce de ſortir pour careſser Cypris ,
Spumeuſe regorgeant de fretillants espris ,
Espris, qui ſont portez de Cœur par les arteres,
Du Foye ſanguilonnant par les veines portieres
Du Cerueau , par les nerfs , au muſcle cremaſter ,
Qui ioignant aux vaiſseaux ſpermatics va porter
Ses bauillonnans esprits aux feconds teſticules ,
Le Fleg-
matique.
Pour eſtre conſeruez dedans les Veſsicules ,
Comme au vrey magazin des plaiſirs amoureux,
Arſenal qui fourniſt de matiere & de feux.
La femme d'autre-part ſera fort flegmatique,
Froide mal temperee, & d'humeur caquexique,
N'aura rien desplaiſant, que ce plaiſant deduit ,
Luy tournera le dos tout au long de la nuict,
L'appellera vilain, lubrique, des-honneſte,
Refroignera ſon front, en luy tournant la teste:
Le Mary amoureux, faſché de ce refus
Careſse la Seruante & veut monter deſsus ,
De là mille debats, de là mille querelles ,
Si la Femme oit le vent de ſes amours nouuelles;
Le Mary eſt contraint bien ſouuent de quitter
Sa maiſon pour vn temps , taſchant à euiter
La tempeſte , & le bruit de ſa ialouze Femme,
Laquelle eſt toute glace, & luy n'eſt rien que flamme.
Quel plaiſir peut auoir l'infortune Mary ,
Sa Femme hait l'amour , & a le cœur marry ,
S'il en recherche vne autre aux esbats de Cyprine,
Luy qui eſt amoureux & d'vne humeur ſanguine,

21
DV MARIAGE.
La San-
guine
Le fleg-
matique
Ce n'eſt rien que cela, ceſt bien malheur,
Quand la Femme au cõtraire eſt d'vne chaude humeur
Et lors que ſon Mary eſt froid & flegmatique
De l'incarnation, n'entendant la rubrique,
Ny les accouplemens du laſcif Aretin,
S'amuſant ſeulement à taster le tetin,
Où s'il paſse plus outre,il ne fuct rien qui vaille:
Car ſon ſang froidureux à grand peine deualle
Des vaiſseaux spermatics où il eſt enfermé,
Sa Femme d'autre-part a le cœur conſommé
D'vne extreme chaleur, cherchant vn doux cliſtere,
Clyſtere spermatic,qui ſon humeur tempere.
Que fera le Mary Ethique & ſans humeur ,
Pourra-il de ſa Femme eſteindre la chaleur ,
Qui rampe dans ſes os , & boult en ſa mouëlle,
Luy conſomme le Cœur , le Foye , & la Ceruelle;
Il a beau s'efforcer ſi peu qu'il a d'humeur
R'enflamme encore plus ſon amoureuſe ardeur,
Tout ainſi qu'vn peu d'eau, va redoublant la fiebure
Du malade alteré, & bien ſouuent l'Orpheure
Pour accroiſtre l'ardeur de ſon cuyſant fourneau,
Y espand dextrement des goutelettes d'eau;
Bref le laſche Mary pour ſa froide impuiſsance,
Ne peut pas aſsouuir ce gouffre de ſemence.
De ce Lerne renaiſt vn Hydre de malheurs,
Comblans le lict Nopcier21 de tragiques horreurs.
La Femme a qui l'amour eſchauffe la poictrine
Et dont le ſang bouillant iallit de veine en veine,
b iij

22
SATYRE
Ne peut plus longuement ceſte ardeur ſupporter,
Et de ſi peu d'humeur ſes deſirs contenter,
Voyant que ſon Mary plus ſouuent la chatoüille
Du bec, que de la queue , & que point il ne foüille
Au fond de ſa garenne auecques ſon Furet ,
Eſt contrainte choiſir quelque Amoureux ſecret
Pour amortir ce feu , eſteindre ceſte flame ,
Qui gangrene ſes os, & conſomme ſon ame.
Il faut , il faut , chercher quelque nouuel Amant,
Ieune, frais & gaillard, roide de ſon deuant,
Iouial, vigoureux, d'humeur vrayment ſanguine.
Pour eſtre d'ornauant ſon Mignon de courtine :
Quel malheur au Mary, quel plus vilain affront
Que de luy voir germer des Cornes ſur le front,
Peut eſtre les Demons le prenant pour leur frere,
Le voudront emmener dans l'Infernal repaire:
Les Satyres bouquins, au front haue & chenu,
Les Faunes & Syluains voyans ſon front cornu,
Eſlimeront qu'il eſt comme eux quelque Satyre:
S'approcheront de luy, pour gauſser & pour rire,
Comme vn Monſtre de tous, au doigt ſera montré,
Eſtant par le chemin d'vn chacun rencontré:
Sa Femme d'autre-part, l'abhore & le deteſte,
Le meſpriſe, le hait, le fuyt comme la peſte,
N'ayant point d'autre ſoin que de bien s'atiffer
Se frizer, ſe farder, en habbits piaffer,
Pour plaire à ſon Mignon: ſans ſoucy du meſnage:
O cruelle rigueur , ô eſtrange ſeruage:

23
DV MARIAGE.
Que l'Homme eſt aueuglé, qui ſe laiſse tromper
A ce maudit Hymen qui nous vient à piper ,
Le pauure Mary meurt en extreme martire ,
Il languiſt peu à peu, & ſi n'oſe le dire:
Il deteſte en ſon cœur , & le iour & l'Hymen,
Qui premier l'arresta dans ce faſcheux lien,
Ie croy que ſon tourment est aſsez meritoire ,
Pour l'empeſcher mourant d'aller en Purgatoire.
Tout droit en Paradis il ira vray Martir ,
Ou comme vn Penitent pour bien ſe repentir ,
Peut-on excogiter plus dure penitence
A vn pauure Mary, que voir en ſa preſence
Sa femme effrontement careſser ſes Mignons :
Diſsiper tous ſes biens pour leur faire des dons ,
Et qui plus eſt, n'oſer murmurer ou ſe plaindre,
Ains ce mal en ſon cœur ,receler & contraindre,
Son cœur eſt tout enflé de ſouspirs & regrets ,
Qu'au fons de l'eſtomac il crache & tient ſecrets ,
Il n'oſe de trauers ietter la moindre œillade ,
Il contrefaict le ſain, & a le cœur malade,
Vne geſne, vn ennuy , luy bourrelle le cœur:
Il ne vit qu'en mourant, & ne meurt qu'en langueur
Ne ſçait de ſes Enfans ceux qui ſont Legitimes
Pour heriter ſes biens ô deteſtables crimes :
Somme il eſt ſi comblé de triſteſse & d'ennuy,
Qu'il inuoque la mort pour ſon dernier appuy ,
Voyez en quel danger Hymen nous precipite:
Voyez combien de maux aux humains il excite,
b iiij

24
SATYRE
Les gages dont il paye au ſoir ſes ſeruiteurs ,
Ne ſont rien que tourmens , que peines, & labeurs:
Malheureux qui luy ſert d'eſcorte & de conduite,
Malheureux ſes vaſsaux , malheureuſe ſa ſuite,
Symboliſant d'humeur â ce Magicien.
Ce ſuperbe Pharon, Monarque Ægyptien,
Qui pour gages donnoit au ſoir les eſtriuieres
A ſes Valets , recreus des peines iournalieres:
Ainſi en fait Hymen en ce maudit Amour,
Que pour auoir ſeruis tant de nuict que de iour,
Ne donnent á la fin pour toute recompenſe,
Que mille vains trauaux, ſans aucune esperance
D'y pouuoir obtenir vn moment de repos :
Mais vn ſoing eternel , qui ronge iuſqu'aux os:
S'il y a pour trois iours de calme en Mariage,
Il y aura trois mois de tempeſte & d'orage.
Muſes laiſsons icy toutes diſgreſsions ,
Et pourſuyuons le fil de nos complexions.
La Cole-
rique.
Si la Femme eſt d'humeur purement bilieuſe
Elle aura le cœur haut & l'ame ambitieuſe,
Bruſque, prompte ſoudaine en toutes actions,
Inconſtante, legere, en ſes opinions :
Vanteuſe en ſes diſcours : babillarde , mocqueuſe ,
Aspre à ſes ennemis , prodigue & courageuſe ,
L'eſprit vif, prompt, ſubtil, faſtueux arrogant ,
Fier , hautain, eſleué,quinteux, & remuant.
Le Me-
lancoli-
que.
Le Mary de ſa part ſera melancolique ,
Humeur directement contraire au colerique:

25
DV MARIAGE.
Ceſte diuerſité de contraires humeurs
Fera naiſtre entre eux deux vn Monſtre de douleurs :
Sa Femme qui aura l'humeur preſumptueuſe ,
Voudra eſtre en habits magnifique & pompeuſe ,
Epriſe d'vn orgueil , qui luy boufiſt le cœur,
Luy enfle les poulmons du vent d'vne grandeur,
Voudra pour piaffer par ſus toutes paroiſtre,
Combien que de bas lieu elle ayt ſorty , peut eſtre,
Voudra pour ſes habits entrer effrontement ,
En toute compagnie , & parler hautement :
Contraindra ſon Mary d'vne façon rebelle
A luy fournir habits à la mode nouuelle ,
Sans preuvoir ſi premier il aura le moyen
De ſouſtenir long temps vn ſi grand entretien,
Sans ſçauoir ſi ſes biens , ſa terre ou ſon Vilage
Pourront entretenir ce ſuperbe equipage :
Voudra des Cotillons d'vn tafetas changeant ,
De Velour , de Damas; ou Satin eſclatant ,
Qu'il conuient enrichir de tant de broderie ,
De bandes de ſatin pour la piafferie.
Ce n'eſt encore rien , il faut mille affiquets,
Bagues , chaines , carquans , ceintures & bouquets ,
Des bourſes au meſtier, de belles picadilles,
D'vn relief eſclant de brodure gentilles ;
Les beaux gands parfumez, les eſmaillez coutteaux;
Et d'vn azur bruny les damaſquez ciſeaux :
Les miroërs façonnez de glaces de Veniſe,
L'eſuentail dentelé, les rabats à la Guyſe :

26
SATYRE
Tant de chaiſnes de geë & tant de braclets ,
De perles , de grenats , & de riches collets :
Tant de manteaux pliſsez d'vne eſtoffe bien teinte
Quãd la Dame eſt aux chãps , ou lors quelle eſt enceinte
Tant de moulles friſez, de perruquez cheueux
Retors , & annelez en mille & milles neux
Les toillettes de nuict & les coiffes de couche,
Braſsieres de ſatin, quand Madame eſt en couche:
Sans oublier encor les coëffes de velours ,
La robe de damas , auec tous ſes atours ,
Mais ce qui plus la met en ceruelle & en peine,
C'est qu'il luy faut auoir des rabats à la Reyne,
Rabats à poinct couppé, ouuragez, dentelez,
Empeſez, rayonnez, canelez houppelez:
Des rabats à la Naige, & à la Fanfreluche,
De beaux manchons doublez de Martre ou de peluche
Il faut en outre auoir de ſuperbes patins
D'vn velours cramoiſi , ou de mignards multins
D'vn marroquin violet, couleur iaune, ou pourprine,
Et en teſte porter coeffe à la Iacobine.
Et mille inuentions & autres nouueautez,
Mille façons d'habits d'heure en heure inuentez,
Qui pour naiſtre à la Cour , ſource de l'inconſtance ,
Ont plus de changement qu'Eurippe en apparence
N'a de flus & reflus , qui ſept fois tous les iours
Flotant & reflotant , à ſon cours & decours ;
Ainſi la nouueauté des habits de la France,
A ſon flus & reflus ſans aucune aſseurance.
Le Mary qui n'eſt point bouffi d'ambition
Contrariant du tout à ſa complexion ,

27
DV MARIAGE,
Auare ne voudra à ſa Femme permettre
Ses ſumptueux habits , ains taſche à la remettre
Par ſes prudens diſcours ,au ſein de la raiſon ,
Luy diſant qu'elle veut ruiner ſa maiſon:
Luy remonſtre en douceur qu'il ne peut ſatisfaire
A luy fournir habits ſi pompeux d'ordinaire,
De là naiſt le diſcord & la diuiſion:
Car ſa Femme eſtant nee à la preſomption
Fera la ſourde aureille à toutes remonſtrances ,
Continuant touſiours en ſes folles despences ,
Sans respect du Mary , ſans crainte de charger
De debtes ſa maiſon, ou ſa terre engager ,
Ayant l'esprit enflé d'vne vaine arrogance ,
Où ſon humeur hautain la pouſse de naiſsance.
Si le Mary ne veut fournir or ou argent,
Soit qu'il ſoit vſurier Auare ou indigent ,
Soit qu'il vueille empeſcher ſes fumeuſes boutades ,
Ou retrancher du tout ſes ſuperbes brauades ,
Soit qu'il vueille abaiſser ſon arogant caquet :
C'eſt alors , c'eſt alors qu'il eſt mis au roüet,
C'eſt alors qu'on l'aſsaut de piquantes reproches:
Vilain ie ne veux plus que de moy tu approches ,
Pourquoy es tu venu, Infidelle trompeur ,
Pour Eſpouſe choiſir, vne fille d'honneur,
Si tu ne veux d'habits l'entretenir honneſte.
Vilain Auare, on deuſt te fracaſser la teſte ,
On deuroit en tous lieux par meſpries te ſiffler :
Si tu permets encor ma colere s'enfler,
Ie te feray ſentir ce que peut vne femme

28
SATYRE
Extraicte de bon lieu; ferois tu bien ce blaſme
A mes Nobles parens , par ta grande chicheté,
Que d'abaiſser l'eſtat deu á ma qualité?
Dy moy double vilain,ſuis-ie point auſsi digne
D'auoir des beaux habits comme noſtre Voiſine ,
Qui braue tous les iours en habits fort pompeux,
Bien qu'elle n'ait ſorty de ſi Nobles Ayeux
Comme eſtoient mes parens, qui d'vne race antique
Ont tins les premiers rangs dedans la republique?
Son Mary neantmoins luy faict iournellement
Porter ſans qualité vn riche veſtement?
Ie dois à meilleur droict brauer autant comme elle ,
Qui porte ſur le front le nom de Damoyſelle:
Tu voudrois ce pendant, Auare malheureux,
Retrancher en Villain mes habits ſomptueux.
Quoy? penſerois tu bien, pour ta villaquerie ,
M'empeſcher de brauer? Ceſt vne mocquerie ,
Si tu l auois ſongé ie te ferois ſentir
De ta ſalle Auarice, vn faſcheux repentir.
C'eſt au pauure Mary à porter la cuiraſse
Et le pauois de Iob, a ſi rude menaſse,
Comme le ſeul obiect , où les traits plus poignans
D'vne femme en fureur, ſe vont tous decochans:
C'eſt la butte & l'eſcueil où les plus grands orages
Les foudres d'vn deſdain, & les bouillantes rages
Des flots d'vne rigueur, viennent à ſe heurter.
On le void iour & nuict malheureux ſupporter
Mille & mille tourments, des trauaux mille & mille

29
DV MARIAGE,
Pour accroiſtre s'il peut ſa race & ſa Famille
En plus grands reuenus , mais il trauaille en vain:
Car l'orgueil de ſa Femme , & ſon humeur hautain,
Ses habits ſomptueux & ſa deſpence folle
rendent de ſes labeurs l'eſperance friuolle.
O malheureux aſpect , ó Aſtre trop fatal ,
Qui dominoit alors qu'au lien coniugal
Ce Mary fut conioint à ceſte ame rebelle,
Qui pour eſtre d'humeur Cholerique & cruelle,
Voudra ſuperbement au Logis commander,
Maſtiner ſon Mary , de prés le gourmander ;
Si bien qu'il n'oſera eſleuer la paupiere,
Ou haulſer le ſourcy à ſi rude guerrier,
Qu'il ne ſoit à l'inſtant d'iniure galoppé,
Et en ſes actions iuſqu'au filet drappé:
Combien que ſon humeur arrogante & mutine,
Vueille mettre à brauer ſa Maiſon en ruine.
O deſaſtré Mary, ton trop bouillant deſir
Te faict plain de douleur , repentir à loiſir ,
Quoy ? penſerois-tu bien à ſon humeur complaire ?
L'entrepriſe ſeroit trop vaine & temeraire,
C'eſt vn ennuy ſans bout , ſans limite , vn tourment
Sans meſure, vn labeur, ſans fin, commencement
Qui va renouuelant , ainſi comme la roche
D'vn Ziſiphe aux Enfers , où la roüe qui tout proche
Tourmente vn Ixion , ou le Foye renaiſant ,
Du voleur Promethee , qu'vn Vaultour rauiſsant,
Becquette iour & nuict, ou des ſœurs Danaides

30
SATYRE
Le labeur infiny , des tonneaux touſiours vuides ,
Ou les trop vains ſouhaits d'vn Tantale alteré ,
Qui de ſoif dans les eaux ſans ceſse eſt martiré.
Ainſi vont renaiſsant les tourments & les peines
De ceux qui ſouz Hymen vont eſpuiſant leurs veines
Et de ſang & d'eſprits pour complaire, ó deſtin,
A l'humeur imparfaict du ſexe fœminin.
Mais laiſsons ces diſcours , ô Muſe curieuſe ,
Et pourſuiuons le fil de l'humeur Bilieuſe:
Acheuons , en deux mots de conter au Lecteur
Le reſte des effets de ceſte fiere humeur.
Humeur comme i'ay dict qui trop prompte & actiue
Rend la Femme ſur tout aspre & vindicatiue.
Ne respirant rien tant que ſe pouuoir venger
Si quelque Meſdiſant a voulu l'outrager ,
Ou cenſurer ſes mœurs , ou ſoit que ſa Voiſine
Ne l'ait point viſitee en faiſant ſa geſine.
Soit qu'eſtant à l'Egliſe au ſeruice de Dieu,
On ayt baiſsé ſon banc, ou changé de ſon lieu ,
Soit que par vn Paſquin ou mordante Satyre
D'elle , ou de ſes parens , on ayt ozé meſdire:
Soit qu'on l'ait attaquee ou picquee à l'honneur ;
Cela la met ſoudain en eſtrange fureur ,
Forçant ſon cher Espoux d vne douce nature
A venger ce meſpris & punir ceſte iniure:
Quelquefois le Mary, qui peſe ſagement
Au poids de la raiſon, ce ſoudain mouuement
Taſchra d'appaiſer ce foudre de colere

31
DV MARIAGE.
Qui bruſle a petit feu le cœur de ſa Geoliere.
Il penſe par le temps ceſte rage dompter
Luy laiſsant remaſcher ſon frain pour luy oſter
Ceſte humeur qui la met en fouque & en ceruelle
Luy remonſtre en douceur, puis quelle eſt Damoiſelle,
Qu'vn eſprit releué, qu'vn cœur tres genereux
Panche mille fois plus au pardon qu'vn peureux,
Que les craintifs qui ont vne ame roturiere ,
Sont cent fois plus cruels qu'vne noble & guerriere.
Teſmoin ce grand Ceſar, ce Romain Empereur,
Plus enclin au pardon qu'à vengeance ou rigueur.
Mais il remonſtre en l'air , il baſtit deſsus l'onde ,
Il raiſonne vn rocher , car ſa femme feconde
En humeur Coleric, ſoit a droict, ſoit a tort,
Veut venger cet affront , qui la tourment fort ,
Si ſon Eſpoux ne veut embraſser ſa querelle,
Et a ſes paſsions preſter ſoudain llaureille,
Vn diſcord tout nouueau renaiſt en la maiſon,
Ceſte femme en courroux iettera ſans raiſon
Mille & mille brocards d'vne l'angue cruelle
A ſon pauure Mary, l'appellant infidelle,
Craintif, laſche poltron, & ſans reſentiment,
Ladre, qui ne reſent ceux qui cruellement
L'offenſent ſans respect, & ſon antique race.
C'eſt dommage, craintif cent fois, qu'on ne te paſse
Les pieds ſur l'eſtomach, d'endurer en Coyon
De ſi laſches affrons, ſans en tirer raiſon,
Serois tu bien, helas, ſi Ladre de nature

32
SATYRE
D'endurer ſans reuenche vne telle impoſture;
Dieux ! quelle laſcheté, quelle poltronne humeur
S'empare maintenant du centre de ton cœur :
O ame de Connil , ô courage de Lieure,
Touſiours accompagné d vne peureuſe fiéure,
Qui peut peindre en ton front tant de timidité,
Qui cauſe dans ton ſang tant de ſtupidité ?
Veux-tu laſche à la peur, ſacrifier ta vie
Comme iadis faiſoient les Peuples de Libie:
Veux-tu laiſser fanir ta gloire & ton renom ,
Engagé ton honneur comme vn craintif Poltron ?
Hé quoy , voudrois tu bien, miſerable ,permettre
Qu'on nous vienne offenſer , & l'iniure remettre ?
Auras tu bien le cœur de nie voir gourmander
A mille meſdiſans , ſans ſiller ny gronder ?
Ie priray mes parens qui de cent bastonnades
Me vengeront de ceux qui me ſont des brauades.
Lecteur , voicy vn mal qui vient renouueler
La peine au pauure Iob, & bas luy faict caler
La voille en ce deſtroit , imitant le Pilotte22,
Qui voyant ſur Thetis ſes vaiſseaux & ſa flotte,
Battus cruellement des Aquillons venteux,
Baiſse ſes voilles bas, s'expoſant hazardeux ,
Au courroux de Neptun , tout enflé de l'orage ,
Pluſtoſt que reſiſter à ſa bouillante rage:
Ainſi fait ce Mary tres-prudent & accort,
Qui pour ſage euiter vn funeſtre diſcort,
Sçait baiſser à propos les voilles du ſilence,
Sans

33
DV MARIAGE,
A ſa femme il permet de vomir ſa fureur,
Et desbonder les flots de ſa fiere rigueur ;
Mais il combat en vain auec ſa patience,
Il eſt dompté du flus de ſa perſeuerance,
Il eſt contraint , vaincu par importunité,
D'acquieſcer craintif , contre ſa volonté ,
Au fougoux appetit d'vne femme en colere,
Qui en fin le conduit au gouffre de miſere,
Le pouſse , ô fier deſtin ! par ſes ambitions
Au centre de malheurs , où les afflictions
Viennent directement terminer & ſe rendre:
Il faut bon gré , mal gré ſa querelle enteprendre,
Soit à droit , ſoit à tort , par force , ou par trahiſon,
En Duel, par appel , par mort , ou par priſon,
Il faut ſe reuencher de l'iniure mordante ,
Et que ſans plus tarder ſon Mary s'en reſsente,
Il faut battre ou tuer ſes faiſeurs de Paſquins,
Leſquels ont blaſonné ſes Sœurs ou ſes Couſins,
Offenſé ſon honneur d'vne langue indiſcrete,
Infortuné mary , il faut que tu t'apreſte
Contre ton naturel doux , courtois, & humain,
A mettre promptement les armes à la main
Pour vanger ceſt affront : Si c'eſt vn Gentil-homme
Faut ſe battre en Duel hazardeux ,d'homme à homme,
S'il arriue ( ô rigueur ) qu'en ce combat douteux
Il tuë ou ſoit tué , quel malheur à tous deux ,
Si ſa partie Adroit , d'vne Eſpagnolle lame,
c

34
SATYRE
Aux ombres Stigieux faict deſcendre ſon ame ,
Quel deſaſtre hé bõs Dieux, quel plus grand deſeſpoir,
Quel plus grand creue-cœur pourra ſa Dame auoir,
Ayant par ſon orgueil & ſuperbe nature,
Mis ſon fidelle Espoux dans la ſepulture ,
Qui peut eſtre a laiſsé pluſieurs petis Enfans,
Dont le plus grãd d'ẽtre-eux n'aura attainct ſix ans,
Orphelins ſans ſupport priuez de leur cher Pere,
Par l'humeur arrogant de leur cruelle Mere:
Si d'auenture auſsi il tuë & ſon vaincœur,
Il ne peut euiter vn funecte malheur,
S'il eſt pris il perdra houteuſement la vie,
Eſtant par vn bourreau ſur l'eſchafaut rauie;
Ou bien il donnera comme Eueſque des Chans,
La benediction de ſon pied aux paſsans ,
En hazard de garder les trouppeaux à la Lune
Comme vn Berger de nuict , choſe bien importune:
S'il franchist ce destroit il perdra ſes moyens,
Laiſsant pour appoincter ſes Enfans indigens.
Contemplez donc Lecteur, en cõbien d infortues
Tombe vn pauure Mary pour les quinteuſes Lunes
D'vne Femme enragee & pleine de fureur:
Quel deſsaſtre malheur , quelle tragique horreur
Produit ce fier Hymen , ce cruel Mariage ,
Vray Tyran des humains le bourreau de noſtre aage.
MVse ceſt trop tardé ſur ce Tableau d'humeurs
Il faut ailleurs mes-huy ẽployer tes couleurs,
Si quelque place au blanc reſte dedans la toile,

35
DV MARIAGE.
Tire pour abreger par deſsus vn granp voille:
Car qui voudroit du tout ce grand tableau remplir,
Pinceaux, huille, & couleurs viendroient à defaillir,
Netoy' donc tes pinceaux , pour derechef pourtraire
Vn tableau tout nouueau,qui puiſse ſatisfaire
Au Lecteur curieux, & ſon œil contenter.
Il faut premierement Muſe, repreſenter
D'vn traict bien adoucy, le plan & les ombrages
Les racourciſsemens, le relief, les paiſages
De ce ioug eſpineux, de ce fatal lien,
Plus eſtroit mille fois que le nœud Gordien23.
Nous auons ja depeint les humeurs qui diuerſes ,
Cauſent aux mariez mille & milles trauerſes.
Figurons donc le choix par les affections ,
Si Femme vous prenez pour ſes poſseſsions ,
Ou ſi vous l'espouſez pauure & necessiteuse,
Ou laide en cramoiſi, difforme, & deſdaigneuſe,
Ou ſi vous recherchez vne exquiſe beauté,
De toutes vous aurez mainte incommodité,
Vne rare beauté la rendra ſoupçonneuſe,
Superbe les moyens, la laideur odieuſe;
La pauure vous contraint d'endurer mille maux,
Peines,ennuis, ſoucis, & angoiſseux trauaux.
Commençons aux malheurs qui tyranniſent l'ame
Du pauure Marié eſpouſant belle femme:
LA BELLE.
Il n'a aucun repos, vne ialouſe peur
Le bourelle ſans fin & luy glace le cœur:
Il tremble, il ſüe, il craint, il friſsonne ſans ceſse,
c ij

36
SATYRE
S'il void vn Courtiſan parler à ſa Maiſtreſse;
Nuict & iour il l'espie, il eſt touſiours au guet ,
Il l'œillade, il la ſuit, ſoupçonnant qu'vn Muguet
Ne luy face l'amour, la voyant ſi tres-belle,
Ce qui le rend ſongeard & le met en ceruelle:
Car comme Iuuenal a doctement chanté ,
Tres-grand eſt le debat entre la chaſteté,
Et l'extreme beauté, & rarement on trouue
Vn viſage accomply, qu'auſsi toſt on n'esprouue
Qu'il cache dans le ſein vn impudique amour,
Se voyant careſsé tant de nuict que de iour,
De mille & mille Amans, qui d'vn pipeur langage
Luy font rompre le neud du Nopcier24 Mariage,
Et breſcher laſchement ſa gloire & ſon honneur,
Pour l'expoſer en proye aux deſirs du vaincœur.
Quel remede à ce mal, Beauté eſt vne ruche,
Dont l'odoreux Piment la coudre & la lambruſche,
Tirent de toutes parts les Mouſches & Bourdons,
Sans le chariuary des poeſles & chaudrons.
Beauté diray je encor eſt vne autre Panthere,
Dont la plaiſante odeur attire d'ordinaire
Les autres animaux, qui tous la vont ſuyuant
Allechez de l'odeur qui d'elle va ſortant:
De meſme vne beauté eſt aux yeux tant aymable,
Son amoureuſe odeur nous eſt ſi agreable
Qu'vn chacun court apres, eſchauffé d'vn deſir
D'en cueillir par amour le ſouhaitté plaiſir.
Bref il n'eſt rien ſi fort, rien ſi ſainct, ou ſi ſage,

37
DV MARIAGE,
Qui ne ſoit attiré par vn mignard viſage,
Le ſainct homme Dauid, le ſage Salomon,
Et le fort des plus forts l'inuincible Sanſon,
Ont tous eſté domptez d'vne beauté exquiſe,
Plus rare eſt le ſubiect dauantage on le priſe.
Beauté eſt vn Aymant qui attire le fer,
Les cœurs plus endurcis s'en veulent approcher.
C'eſt vn brillant Soleil, qui bruſle les courages.
Vn piege deceuant tout remply de cordages ,
La gluz & l'hameçon, des plus ſubtils eſpris ,
Où ils ſont engluez, amorcez & ſurpris :
Voyant vne beauté qui d'aymer nous conuie,
Il n'eſt homme ſi mort qui ne reuienne en vie,
Il n'eſt cœur ſi glacé qui n'en ſoit enflammé ,
Cerueau ſi aceré qui n'en ſoit entamé
Hermite ſi deuot, voyant ſes beautez ores,
Qui n'en perde ſoudain ſes groſses patenoſtres:
C'eſt la Lyre d'Orphee, & le Luth d'Amphion,
Qui trainent les rochers aux airs de leur chanſon,
Ainſi des durs rochers & les ames marbrines ,
Les cœurs plus empierrez & les dures poictrines ,
Sont attirez en fin de l'air delicieux
D'vn viſage mignard qui enchante nos yeux,
Et nous tire apres ſoy par les larges Campagnes ,
Par les bois plus touffus, & aspres Montagnes :
Meſme ce grand Iupin25 deuenu amoureux
Des beautez d'icy bas, en a quitté les Cieux:
Pluton laiſse l'Enfer, pour rauir Proſerpine
c iij

38
SATYRE
Mars mis ces armes bas pour careſser Cyprine,
Et ſa Lyre Apolon, pourſuyuant ſa Daphné,
Neptune ſon Trident en mer abandonné
Pour aller courtiſer ſa mignonne Amphitrite,
Mercure ſon flageol, pour ſa Nymphe Carite.
Tous de ceſte beauté regardent l'Orient
L'aiguille de nos cœurs , touchee à ceſt Aymant,
Vers ce Polle luyſant leue touſiours ſa pointe ,
A vn ſi beau ſubiect chacun donne vne attainte:
Bref l'importunité de tant de coups diuers ,
Mettent à la parfin26 vne femme à l'enuers;
Qui de ſa part estant d'autre chaleur touchee
Que celle de Phœbus, ſe voyant recherchee
De tant de Seruiteurs, de Mignons perruquez,
De ieunes Adonis, poudrez, friſez, muſquez,
Propres, leſtes, gaillards, en habits magnifiques ,
Et qui ſçauent d'Amour les ruſes & pratiques ,
Les paſsages , les traicts & les doctes leçons
Du liure Paphien les vns vſent des dons
Et de riches preſens: les autres par priere ,
Charmez d'vne beauté ſi rare & ſinguliere ,
Taſcheront de gaigner vne place en ſon cœur,
S'elle faict la reueſche,& vſe de rigueur:
Mais la longueur du temps, & la perſeueranc,
Bouleuerſent en fin ce rocher de conſtance ,
Et la font succomber au plaiſir amoureux ,
Le vert touſiours au cul & la puce à l'oreille

39
DV MARIAGE,
Qui la pique ſouuent & ſon ame reſueille ,
Pour luy faire gouſter les gratieux diſcours ,
Et les mignards baiſers de ces Mignons d'Amours ,
Eſtant à les cueiller plus prompte & plus ſoudaine ,
Que n'eſt vne Iument oyant cribler l'auoine ,
Ou vn ieune Eſcolier au ſon de ſon quartier ,
Qui dans la bourſe bruit és mains du Meſsager;
Tant a de force en nous la viue batterie ,
Des canons du diſcours vers une ame cherie ,
Des dons d'vne beauté , qui pleine de douceurs ,
D'vn regard de ces yeux captiue tous les cœurs ,
Yeux la forge d'Amour où s'acerent les fleſches
Qui font dedans nos cœurs mille cruelles breſches:
Yeux qui cachent le feu,capable d'enflammer
Les cœurs plus englacez les conuiant d'aymer ,
Yeux qui chargez de traicts vont à la picoree ,
Des ames & des cours pour en faire curee
A leur diſcretion; & vouloir l'empeſcher
C'eſt vouloir vn grand Pin des ongles arracher:
C'eſt aux ſourds enſeigner , la nombreuſe Muſique,
Aux aueugles montrer des peintres la pratique.
Car pluſtoſt on verra les celeſtes flambeaux
Abandonner leurs cours. Pluſtost dedans les eaux
Se nourira le feu contraire à ſa nature:
Pluſtoſt le corps viura priué de nouriture:
Pluſtoſt le chaud Eſté ſe verra ſans moiſsons ,
Le Printemps ſans ſes fleurs, l'Hyuer ſans ſes glaçons:
Que d'empeſcher iamais vne meſchante femme

40
SATYRE
D'accomplir ſes deſsains ſentãt d'Amour la flamme ,
Depuis qu'elle a laſché la bride à ſes deſirs,
S'abandonnant du tout en ſes laſcifs plaiſirs:
Il n'eſt Mary ſi fin , que fine elle n'affine ,
S'il a quelque ſoupçon ; elle eſuente la mine
Lors qu'elle a prins plaiſir auec ſon Seruiteur:
Ce iour meſme au mary elle vſe de douceur ,
Luy taſte le menton, luy frize les cheueux ,
Luy baizotte le front , & la bouche & les yeux,
D'vn ſouſpir addoucy contre-faict la ſucree,
La pudique , la chaſte , & femme reſserree ,
Feignant d'auoir l'Amour , & ſes ieux à mespris,
Et deteſtant ſur tout les esbats de Cypris
Alors le ſot Mary s'eſtime vn vray Helie,
Rauy dedans les Cieux , ayant femme accomplie
Et parfaicte en beauté ; Mais le Faulcon niais ,
Le Tiercelet de ſot , ne ſçait de quel biais ,
Ny de quelle façon les femmes ſe gouuernent ,
Et de quels vains appas leurs Marys enſorcelent ,
Les eſprits plus ialoux , & les plus ſoubçonneux
Si le mary ruzé , par ſes ſubtilles ruzes ,
Deſcouure ſes amours , elle aura mille excuſes ,
Capables de tromper le Mary plus ruzé ,
Plus madré , plus accort , plus fin, & aduiſé,
Tant ce ſexe peruers apporte d'artifice,
Pour bien couurir ſon ieu , & maſquer ſa malice,
Se ſeruant á propos de mille inuentions ,

41
DV MARIAGE,
Mille traicts deſguiſez, mille deceptions,
Du depuis que l'Amour , en ſon cœur a prins place ,
Il n'eſt plus de beſoin de fueilletter Boccace,
Bouquiner l'Amadis , conſulter l'Aretin,
Rechercher les ſecrets , compoſez par Courtin ,
Pour ſçauoir du meſtier , les ruzes & fineſses ,
L'Amour enſeigne aſsez ſes ſubtiles adreſses ,
Il rafine l'esprit pour vſer finement
Du preſsement du pied , du ſecret maniment ,
De la main de l'Amant , il enſeigne les formes
Des caracteres peint ſelon les Aſtronomes ,
Il donne les aduis des habits de faquin ,
De poullier l'Amant dedans vn manequin
En habit deſguiſé , & ſi cela n'accorde ,
Se ſeruir à propos des eſchelles de corde :
Prendre aſsignation au Dictame amoureux,
Sans encre , ſans papier , d'vn ſeul traict de ſes yeux.
Et ſi l'on eſt contrainct d'enuoyer d'auenture
Le poullet à l'Amant , bien couurir l'eſcriture ,
De ſel Ammoniac , deſtrempé dedans l'eau,
D'ambre-gris; & Mercur , ou du ſecret nouueau ,
De l'alun emplumé , ioinct au ſang de rubettes ,
Pour du poullet eſclos couurir les aiſleretes ;
L'enuoyer bien caché dedans vn baston creux ,
Ou bien dans des paſtez fort artificieux :
Tantost les enuoyer dedans des confitures ,
Tantoſt dans vn drageoir , ou aux entrelaſseures
D'vn beau bouquet de fleurs , ſecret aſsez caché ,

42
SATYRE
Eſtant du ſeul Amant a la Dame arraché;
Tantoſt les enuoyer dans des pommes de cire,
Tantoſt dans vn œillet , quelquefois ſans eſcrire:
Faire entendre à l'Amant ſes diſcours bien couuers ,
Repris tout à rebours & couſus à l'enuers ,
Le temps, l'heure, & le lieu, pour en toute franchiſe
Iouir de leurs amours ſans crainte de ſurpriſe,
Meſnager à propos l'abſence de l'Eſpoux,
Pour l'employer du tout en leurs esbats plus doux.
Les yeux vrais meſsagers & truchemens de l'ame ,
Sont les fins macreaux pour exprimer la flamme ,
De nos conceptions deſsignants ſans ſoupçon ,
d'vn traict bien decoché, vne aſsignation.
C'eſt le cadrã des cœurs ,dont l'aiguille & la mõtre
Marquent fidellement l'heure d'vne rencontre:
Bref les yeux ſont d'amour les poullets les plus fins ,
Oeilladez dextrement, non pas à toutes fins ,
Et milles inuentions que l'Amour leur ſuggere,
Que crainte d'enſeigner, ie ſuis contraint de taire,
De peur que quelque iour par les charmes vaincu,
De ce fatal Hymen on ne me fiſt Cocu :
Ie ne mets donc icy que les ruſes groſsieres ,
Dont vſent auiourd'huy les Dames boſcageres :
Non , Muſe, tu ne dois deſcouurir les foçons
Plus ſubtils de l'art , quitte donc ces leçons
Des charmes de l'Amour & pourſuy ta carriere
Pour du Mary Cocu figurer la miſere :
Si le Mary ialoux la tient comme en priſon ,

43
DV MARIAGE.
Luy defendant exprés ſortir de la maiſon,
C'eſt à lors, c'eſt à lors qu'vne bruſlante enuie
L'inuite de ſortir pour chercher compagnie ,
Voyant que ſon Mary ſans ſubject ny raiſon ,
La retient au logis par vn ialoux ſoupçon ,
Et cogoiſsant qu'il eſt de ce ialoux plumage
Cela renflame encor ſon amoureuſe rage,
Et luy fait rechercher des moyens tous les iours :
De tromper ſon ialoux par nouuelles amours.
Il a beau eſpier toutes les ſentinelles ,
Tous les cent yeux d'Argus, toutes les Citadelles,
Tous les plus ſors Dongeons ne pourroient empeſcher
Que le Diable ſubtil n'entre dans ſon Enfer ,
Pour hardy luy tailler de la beſongne entiere,
Qu'on nomme à cul leué, & à ſerre croupiere.
C'eſt donc vrayment en vain que le Mary ialoux
Veut retenir ſe Femme , & empeſcher ſes coups ,
Tant plus il luy tiendra les reſnes vn peu hautes,
Luy preſsant trop le mords , plus il commet de fautes.
Semblable à l'Eſcuyer, lequel pour trop ſerrer
La bride à ſon Cheual , le contraint de cabrer:
Qui bien ſagement veut vne femme conduire,
Doit imiter ſur tout vn Patron de Nauire,
Lequel oyant les vents de toutes parts ſouffler,
Eſcumer l'Ocean ne ſçachant où ſingler,
Faict deſcendre, aduiſé, du Nauire les voilles ,
Laiſsant rame & tymon aux ondes plus cruelles,
Pour ceder pour vn temps au courroux de Neptune,

44
SATYRE
Pluſtoſt que reſiſter à ce vent importun;
Son vaiſseau va flottant à la mercy des vagues ,
Au hazard d'encourir les venteuſes boraſques:
De meſme le mary doit ſagement laiſser
Sa femme en liberté ſans tant la haraſser,
Expoſant ſon vaiſseau aux vents du Cocuage ,
Puis qu'il despend du tout des loix de Mariage:
Cocu & marié ſe ſuyuent de ſi pres ,
Que lors qu'on parle d'vn l'autre s'entend apres.
Ie les mets donc tous deux en la Cathegorie
De la relation ; faiſant allegorie ;
Et rapport principal au traicts d'vne beauté ,
Qui ſouz le ioug Nopcier27 remply de cruauté,
Nous tient comme forçats attachez à la rame ,
Voyez donc quel malheur d'espouſer belle femme
Il penſe s'eſiouyr dans le lict coniugal
Auec ceſte beauté , cependant vn Riual,
Vn Galuret frizé , vn Mignon de couchette,
Luy plante finement des cornes ſur la teſte ,
Le faict vray Marguiller de ſainct Pierre aux Bœux28,
Ou de ſainct Innocent Confraire bien-heureux29:
Sa femme d'autre part comme vne autre Diane
En faict vn Acteon , tandis qu'elle ſe baigne
Et ſe plonge dans l'eau de ſes contentemens ,
Luy met, changé en Cerf, vne meute de Chiens ,
De meſdiſans mocqueurs pour luy faire la chaſse ,
Et le faire abayer à vne populaſse.
Qui a veu quelquefois vn malheureux Renard

45
DV MARIAGE,
Dans le piege attrappé, tout honteux & coüard,
Agaſsé, piaillé, de Guays & de Corneilles,
Il void noſtre Cocu eſtonné à merueilles
De ſe voir agaſsé. & mocqué en tous lieux,
Baffoué, maſtiné, ſiflé iuſques aux Gueux:
Il est plus deſcrié que la vieille monnoye,
Chacun le monſtre au doigt en paſsant par la voye.
La honte & le deſdain luy faict baiſser le front,
Voyant de toutes parts chacun luy faire affront.
On luy demande bas s'il n'entre point en fieure ,
Que dommage ſeroit qu'il fuſt changé en Lieure ,
Que les cornes au front luy conuiennent ſi bien,
Qu'Idolle il ſeruira au temple Delien
A l'autel Ceraton, tout façonné de cornes
A l'honneur des Cocus, qui receuoient eſcornes:
Et milles autres brocards, que l'on luy iette au nez
Qui luy font endurer les peines des damnez
Le rendent tout penſif, triſte & melancolique ,
Le front tout bazané, iaunaſtre, & Icterique ,
Paſle, morne, plombé, cacochime, mal faict ,
Cueilly, fené, ridé, hydeux & contrefaict ,
Viſage d'Appellant, vne mine baſtarde ,
Plus baueux & craſseux qu'vn vray pot à mouſtarde
D'vn beau Ganimedes, & Narcis qu'il eſtoit
Il ſemble vn Therſitês, en ce faſcheux deſtroit
Plus ſalle: refrongné, qu'vn vſurier auare ,
Terreux, affreux, hideux comme vn ſecond Lazare
Reſsuſcité des morts , tant a de force en nous

46
SATYRE
La triſteſse qui vient , d'eſtre cocu ialous:
Bref il semble à le voir vn Nocturne Fantoſme
Haue, maigre, & deffait ainſi qu'vn ſainct Hieroſme
D'vn Paradis heureux de douce liberté,
Il entre en vn Enfer remply d'obſcurité
En des ennuys ſans fin, en des iours ſans lumiere ,
En des nuicts ſans ſommeil, au comble de miſere,
Le pourtraict racourcy, des plus aſpres tourmens
Qu'vne ialouſe peur donne à nos ſentimens ,
N'y ayant rien çà bas , qui tant nos ſens bourelle ,
Tiraſse nos esprits d'vne geſne cruelle ,
Que lors qne nous perdons &les biens & l'honneur,
Cruelle cruauté , rigoureuſe rigueur,
Qui rend noſtre Cocu matagrabolizé
L'entendement perclus , l'esprit deſualizé
Plus estonné cent fois que les Fondeurs de cloches ,
Ou les Loups attrappez aux pieges & amorches ,
Ceſt vn vray ſainct Mary, le patron de ſainct Prix
Qu'vne fiere beauté à laſchement ſurpris,
S'il ſçait bien qu'il est ſot, & malheureux l'endure ,
Il eſt vn vray Martyr ; s'il ne ſçait l'encloueure
Vn Iobez tres-parfaict, vn pur ſainct Innocent30,
Vn buſard, vn niais, priué d'entendement
Mais on tient les Martyrs eſtre plus ordinaires
Souz le Nopcier31 Hymen; C'eſt pourquoy nos prieres
S'addreſseront à eux pluſtoſt qu'aux Innocens,
Qui pour eſtre priuez de ceruelle & de ſens
Ne ſouffrent les ennuis , & la peine cruelle

47
DV MARIAGE,
Qu'endurent les Cocus qui ont plus de ceruelle ,
Ils ſont plus ſenſitifs aux traicts d'vne douleur
Que ces pauures niais , qui viuent ſans honneur ,
Laiſsons donc ces Buzards pour parler du martyre
D'vn aduiſé Cocu , qui ſans ceſse ſouspire;
Comme tout esperdu, il ne ſçait que penſser ,
De quel coſté tourner , ny ſur quel pied danſer,
A qui auoir recours , de quel bois faire fleches:
Quel baume recouurer pour guarir tant de breches
Et de coups acerez qui luy naurent le cœur :
Bref il en eſt logé chez Guillot le ſongeur,
Il tient, comme l'on dit , le Loup par les aureilles32,
Et ne ſçait à quel Sainct preſenter ſes chandelles ,
Il n'a recours en fin qu'aux larmes & aux pleurs ,
Afin d'eſuentiller ſes cuiſantes douleurs.
Il deplore, attriſté, la faute qu'il a faite
D'auoir choiſi pour femme vne Putain parfaite,
Inuoquant, coniurant ſix genres principaux
De ces Cacodemons qui ſont dedans les eaux,
Qui habitent les airs dans le feu ſouz la terre
Incubes, Feu volans, Poſtillons du Tonnerre:
Pour eſtre les teſmoins de ſa calamité,
Criant: deſesperé , en ceſte extremité.
Deſaſtre infortuné , deſastree infortune
O Aſtre trop peruers, ó quatrieſme Lune
Qui dominoit au Ciel alors que ie fus né,
O Tetrigone aspect, ó poinct infortuné,
O Ciel, ô Terre, ô Mer , eſclairs , tonnerre, foudre,

48
SATYRE
Courez, engloutiſsez, noyez, mettez en poudre
Ce pauure malheureux, venez Tigres felons,
Lyons, Ours, Leopards, & vous affreux Dragons
Vous paiſtre de mon corps, de mon ſang qu'on s'enyure
Puis que ceſte beauté , en qui ie ſoulois viure,
N'eſt plus qu'vne putain: Non, non, ie veux mourir
Pluſtoſt que voir l'honneur de ma maiſon perir.
O dure cruauté, ó deſtin deplorable ,
O Eſpoux affligé, ô Amant miſerable!
La fable & le Zany du populaire vain,
La butte, le ſubiect, & le Paſquin Romain,
Où les traicts plus poignans de toute calomnie
Se viennent deſcocher en toute compagnie.
Quel pauois aceré? rondache ou fort boucler
Pouroit parer ſes traicts ? puis qu'il trouue en l'eſclair
Des brillantes beautez de ſa perfide Dame,
Le foudre rougiſsant, qui ſaccage ſon ame:
S'il a quelques Enfans il vois qu'à toutes mains
On leur va reprochant qu'ils ſont fils de Putains ,
Peut eſtre ſont-ils faicts de dix ou quinze Peres
Comme ceux d'Harlequin , eſtranges vituperes.
En fin , cil qui s'allie à vne grande beauté
Court riſque d'estre ſot , cela eſt arreſté
Il peut bien s'aſseurer ſi ſa femme on ſuborne
Qu'il entre de Libra dedans le Capricorne ,
De libre qu'il eſtroit il ſe rend priſonnier,
Et ſe figure au front vne Lune en quartier :
S'en garde qui voudra , quiconque la prent belle
Eſt

49
DV MARIAGE.
Eſt en hazard d'auoir vne corne en ceruelle.
C'eſt l'aduertiſsement des Bouchers bien apris ,
Qui conduiſans leurs bœufs par les rues de Paris ,
Craignans bleſser quelqu'vn ſi quelque bœuf s'eſgare ,
Vont crians aux paſsans, Gare la corne, gare.
La
Lai-
de.
SI vous la prenez laide en paſſé cramoiſy ,
Vous aurez au logis touſiours vn pain moiſy,
Vn pain ſans appetit , vn pain qui vous deſgouſte ,
Faſcheux à digerer , dont la noiraſtre crouſte
Cauſe à voſtre eſtomach vn deſir de vomir ,
Vn laſche deſuoyement , vn eſtrange dormir
Plein de ſonges hideux , repreſentans à l'ame
Le difforme pourtraict d'vne ſi laide Fèmme.
Quel plaiſir aurez vous prés de ce laideron ,
Qui de ſon ſeul regard reboucher à l'espron
De vos plus chauds deſirs, & fera que la poincte
De vos affections n'aura plus nulle atteincte;
Si voſtre naturel vous met trop en humeur,
Il faut bon gré , mal gré , attendre l'eſpeſseur
De la prochaine nuict , crainte que ſon viſage
Si difforme & ſi laide n'affoibliſt le courage,
Et n'amortiſt le feu de voſtre chaude ardeur ,
Penſant prendre plaiſir vous mourez en langueur
Pres de ce noir charbon : ceſte femme hideuſe
Qui enroche les cœurs comme vne autre Meduſe :
Quel tourment au mary , bien preſse de la fain ,
N'auoir pour s'aſsouuir que ce rigoureux pain
d

50
SATYRE
Plein de paille, areneux, ſi rude & ſi eſtrange;
Qu'en fin il eſt contraint d'auoir recours au change,
Et chercher autre part vn pain pour r'agouſter
Ses appetits perdus , & ſa fain contenter:
S'il eſt tres-deſireux des esbats de Cythere
Il ne peut s'aſsouuir de ſi maigre ordinere.
L'Amour le force donc à laiſser le pourtraict
De ſa femme , qui n'a ny grace ny attraict
Pour aller courtiſer vne plus belle face,
Dont les attraicts mignards, le maintien & la grace,
Et les trompeurs apas l'ont ſoudain alleché ,
S'eſtant vendue à luy; peut eſtre , à bon marché,
Pour n'auoir acheté que le cul de la beſte ,
Qui vaut en ce meſtier , beaucoup mieux que le reſte;
Si bien qu'il eſt content d'auoir à ſi bas pris
Vne ieune beauté qui faict honte à Cypris ,
Deſirant à iamais ſacrifier ſa vie
A l'autel des beautez d'vne ſi belle amie ,
S'eſclauer dans les rets de ſes diuins cheueux ,
Et captiuer ſon ame cachots de ſes yeux:
Toute nuict en ſes bras auec elle il folaſtre ,
S'eſtant de ſes beautez rendu comme idolatre.
Il ſe mire au criſtal d'vn viſage ſi beau ,
Qui ſemble vn Cigne doux pres de ſon noir Corbeau
Sa femme d'autre part , comme Lune eclipſee,
Des rais de ſon Phœbus , ſe voyant meſpriſee ,
Et decheuë en ſes droicts , rempliſt l'air de ſes cris
Et de larmes ſes yeux ,ſçachant qu'vne autre a pris

51
DV MARIAGE.
Sa place, & maintenant iouyſt des embraſsades
Des amoureux baiſers , des douces accollades
De ſon pariure espoux , qui la fait ſouſpirer,
S'arracher les cheueux & ſe deſeſperer ,
Voyant que ſon Mary adultere infidelle,
Trop laſcif , entretient vne ieune pucelle ,
Relique du Conuent de Dame du Moulin ,
Qui deſtourne le cours de l'eau de ſon Moulin
Qui chome plus ſouuent , ſi bien que ſa tremie
N'a receu de long temps ſemence ny demie,
Laiſsant auſsi tomber en friche ſon terroüer
Tout arride & tout ſec, pour aller cultiuer
Celuy de ſon voiſin , beaucoup plus agreable,
Plus plaiſant au labeur , plus gras & delectable ,
Arriuant rarement ſans miracle nouueau ,
Qu'on voye quelqu'vn s'yurer du vin de ſon tonneau ,
Qui n'eſt iamais ſi doux , alleguant pour excuſe
Qu'il eſt trop viel perſe , ô la plaiſante ruze.
En ſomme l'Eſcuyer eſt du tout deſgouté
De monter la caualle , ayant d'autre coſté
De ſuperbes Courſiers , de bons Genets d'Eſpagne
Qui fait que de piquer ſa Mazette il deſdaigne,
Propre tant ſeulement pour vn vil Palfrenier ,
Non pas pour vn galant & adextre Eſcuyer :
En fin il eſt contraint laiſser ſa Haridelle ,
Qui ne dort , comme on dit , touſiours en ſentinelle ,
Ou bien ſur le rosty : Mais monstre aux actions
D'auoir touſiours aymé la folie aux Garçons ,
d ij

52
SATYRE
Et le ieu de Millan, ſemblable à la pierre
D'abeſte en Arcadois, qui à iamais enſerre
La chaleur qu'vne fois elle a pris en naiſsant:
Ainſi ce noir charbon conſerue vn feu cuyſant
Au profond de ſon cœur, allumé de naiſsance:
Et puis le vermiſseau de la concupiſcence ,
Et le Demon charnel , ſouflant dedans ces feux,
R'enflamme en vn inſtant ce brazier amoureux:
Ne faut donc s'eſtonner , ſi vne humeur ialouze
Conſomme plain d'ardeur le cœur de ceſte Espouze,
Et luy faict eſuenter mille ſouſpirs ardens ,
Souuent rage du cul paſse le mal des dens.
Ce n'eſt donc ſans ſubiet ſi on l'entend ſe plaindre,
Ores par mille attraits inuiter & contraindre
Son deſgouté Mary aux esbats amoureux,
Mais en vain: car il eſt vne glace à ſes feux ,
Elle a beau deſguiſer en ſaulſe delicate
Sa mal plaiſante chair , ſi ſon Mary en taſte,
Elle a beau l'exciter pour le mettre en humeur ,
Ayant ailleurs verſé ſa cinquieſme liqueur ,
Iuſques au fonds de la lie & ioüé de ſon reſte:
Si bien qu'au conquerrant il ne peut faire feſte,
Ce qui la faict mourir mille fois ſans mourir ,
Viuoter languiſsant , & viuante languir,
Lanceant a tous momens vn foudre de colere
Contre ſon fier Mary , l'appellant adultere ,
Ores l'adouciſsant de mielleux diſcours
Penſant le deſtourner de ces folles amours ,

53
DV MARIAGE.
Qui la rendent ſans fruict, ſterille, ſeiche & maigre,
Et qui le plus ſouuent en humeur luy font perdre
De bonnes eſcluſees à faute de Muſnier,
Et les ſaulſes , qu'ailleurs verſe ſon Cuiſinier.
Mais ſes ſucrez diſcours, ſes paroles de crime,
Sont des coups au mary fourrez de vieille eſcrime:
Des Chimeres en l'air, des Cocſigruës en mer ,
Car il ne peut iamais ſon laid viſage aymer ,
Charmé ailleurs des traicts d'vne beauté exquiſe ,
Qui faict qu'il ne veut auec elle auoir priſe ,
Aſsouuir ſes deſirs , contenter ſes deſseins
Communiquer ſon droict, produire ſes teſmoins ,
Elle a beau appeller ou preſenter requeſte,
Son Arreſt aura lieu, qu'il ira à l'enqueſte
Ailleurs où il voudra, qui met en ceſt endroit
La Dame au deſeſpoir, ayant perdu ſon droict.
Ceſt alors qu'Erennis la mere de diſcorde,
chaſse de leur maiſon la paiſible concorde,
Pour allumer le feu de la diuiſion ,
Et ſouffler les Autans de la ſedition,
Leſquels germent entre-eux vne ialouze rage,
Peſte de vrays Amants conioints par Mariage ,
Gangrene de l'Amour, chancre de l'amitié ,
Fontaine de malheurs, ſource d'inimitié:
Inimitié qui rend vne femme infidelle,
Taſchant par tous moyens de rendre la pareille
A ſon friand mary, lequel tout degouſté,
Ailleurs qu'en ſon endroict cherche ſa volupté.

54
SATYRE
Luy faiſant volontiers le reproche ſemblable
Que fiſt vn certain Loup, trouuant dans vne eſtable
Quelques fripons Bergers qui mangeoiẽt vn aigneau,
Quand il leur dit Meſsieurs , qui pillez le troupeau.
Hê quel bruit feriez vous ſi ainſi en cachettes
Ie faiſois maintenant ce que hardis vous faites ;
Ainſi diroit la Dame à ſon pariure Eſpoux ,
Qui feroit neantmoins comme luy de bons coups ,
Si elle auoit moyen pour ſon change luy rendre ,
S'il achette la chair, il la contraint d'en vendre ,
Mais difficilement , malheur eſt que beauté
Deffaut ſouuent à cul de bonne volonté :
Quel remede à couurir ce defaut de nature
Nostre laide a recours à l'art de la peinture,
Compoſant quelque fard pour ſe plaſtrer le front ,
Sa face deſguiſer comme les Garces font,
Allambiquant des eaux pour lauer ſon viſage,
De Lys de Nenufar , de Concombre ſauuage,
De Feues , de Boüillon , & de ius de Limons ,
Graine de Pſyllium, ſemence de Melons,
Pour effacer du teint les taches apparentes,
Ores dreſsant vn fard de drogues differentes
De poudre de Boras , de Canfre & de Ceruſe,
D'huille de Talc, de Ben, & Myrrhe dont on vſe,
D'vn peu de blanc de Plomb, & d'Alun emplumé

55
DV MARIAGE.
Puis pour donner aux iouës vne couleur vermeille ,
Repreſentant au vif la couleur naturelle,
Noſtre laide ſçait bien de Santal rouge vſer ,
D'Orcanette & Breſil pour la bien deſguiſer :
D'Eſpagnol Vermillon, en eau alumineuſe
Pour rendre vne couleur vermeille & graticuſe.
Noſtre laide en apres , pour rendre ſes cheueux
Groſsiers , gras, morcurez, noiraſtres & lenteux,
A mille inuentions ſe monſtre tres actiue,
Se ſeruant dextrement de certaine lexiue,
De la fleur de Geneſt, Capilli veneris ,
De la cendre qui vient des racines d'Hyerre;
Des razures de Boüis & de fiel de terre33,
Melliſse , Cetherac , eſcorce de lupins
Pour rendre ſes cheueux plus deliez plus fins ,
Iaunaſtres , chaſtenez, ou de couleur Citrine,
Semblables aux cheueux de la douce Cyprine:
Frizez, crespillonnez, frizotez, crespillez,
Ondelez, perruquez, retors & annelez,
Cendrez, poudrez muſquez de poudre de violette :
Benion & Storax, Ambre-gris & ciuette,
Si qu'allant par la rue elle laiſse en paſsant
De ſon chef parfumé vn odeur doux-flairant:
En ſomme il faict bon voir l'idole reuernie
Et replaſtree à neuf la face bien garnie ,
D'artifice & de fard de ſubtiles façons ,
Et d'attrais deſguiſez pour gagner des Mignons :

56
SATYRE
Mais en vain tous ſes fards: ce ſubtil artifice
Ne peut ſi bien couurir de nature le vice,
Qu'il ne paroiſse en fin, elle a beau ſ'atiffer,
Pinceter ſes ſourcils, ſe farder, piaffer,
Faire bien les doux yeux, aller à l'eſcarmouche,
Des ames & des cœurs, bailler l'eau á la bouche,
Tenter tous les moyens ce gaigner vn Amant,
Pour rafraichir ce feu qui bruſle ſon deuant,
Exciter l'appetit, marcher à la i'en-cherche,
Pour attirer quelqu'vn qui d'amour la recherche,
Mais perſonne n'en veut: encore que ſon teint
Iaunaſtre & bazané ſoit ſubtillement peint:
Sa hideuſe laideur luy ſert d'vne deffence,
Aucun n'eſt ſi oſe de prendre l'aſseurance
Que d'aſsaillir ce fort: C'eſt vn ferme rampart
Qui va deſcourageant le Cyprien ſoldart,
De liurer vn aſsaut à ſi faſcheuſe breſche,
Ou deſcocher dedans ſon amoureuſe fleſche:
C'eſt vn maſche-coulis, le haut garde le bas,
Et empeſche d'aller aux amoureux combats.
Helas, que fera donc la pauure infortunee,
Qui n'eust iamais penſé cuire en ceſte fournee:
Quel ayde, quel ſecours, pour appaiſer ce feu
Qui la va conſommant, & bruſle peu à peu
Le centre de ſon cœur d'vne amoureuſe flame,
Qui luy fera bien toſt ſans ſecours rendre l'ame:
Courage, il faut trouuer quelque bon pouſsauant
Quelque faquin valet, ou palfrenier puant

57
DV MARIAGE,
Flairant ſentant de loin le parfun de l'eſtable,
Ou l'odeur du bouquin faſcheux & deteſtable,
Quelque gros Halfeſsier & lourdaut amoureux ,
Muny aſsez d'humeur pour eſteindre ſes feux,
Noſtre laide à la fin trop laſche s'abandonne
A vn pauure valet qui tres-bien la bouchonne,
Sous le ventre & partout, il l'eſtrille à plaiſir,
Aſsouuiſsant ainſi ſon amoureux deſir
Entre les bras puants d'vn garçon d'eſcurie ,
Qui ſçait bien appaiſer ſa plus chaude furie
Et refrener vn peu ceſte amoureuſe ardeur
Qui redouble ſon pouls , & la met en humeur ,
L'inuitant dornauant de labourer ſa vigne:
Mais ce garçon voyant ceste laideur inſigne,
Ne veut plus trauailler en ſi laid attelier ,
( S'il n'eſt tres-bien payé) on a beau le prier ,
Il ne veut plus ioûer ſinon argen ſous corde,
La Dame oyant cela, contrainte luy accorde
Des gages tous les mois , afin d'entretenir
Son cul de volupté , & ce ieu maintenir.
Voyez comme touſiours la laideur on deteſte,
Penſant vendre ſa chair, il faut qu'elle en achete:
Vn malotru valet, vn coquin palfrenier ,
Pour luy donner plaiſir ſe veut faire payer.
Quel malheur, hé bon Dieu, quel eſtrange meſnag
O deſaſtré mary, ô faſcheux mariage
Ils ſont contraints tous deux, eſtrange affliction,
D'acheter de la chair pour leur prouiſion.

58
SATYRE
Espoux nifortuné ta Meduze hideuze,
Ta laide en cramoiſi, ta noiraſtre craſseuſe,
Te crayonne auſi bien ſur le front vn Croiſsant,
Qu'vne extreme beauté que l'on va courtiſant:
Ton ame neantmoins n'en eſt point plus ialouſe ,
N'ayant iamais aymé vne ſi laide eſpouſe,
Pour auoir autre part mis tes affections
Source de tant de maux & de diuiſions.
Voyez! donc quel danger d'eſpouſer femme laide
Tous deux ſont à l'emprũt ,tous deux cherchẽt de l'aide
L'vn ayme vne Putain, & l'autre vn Palfrenier,
L'vn le faict au bordeau, l'autre pres d'vn fumier:
L'vn le faict hardiment, l'autre le faict en crainte:
L'vn le faict librement, & l'autre par contrainte:
L'vn le faict en ſecret , & l'autre ouuertement ,
Tous deux prennent plaiſir au pris de leur argent ,
Tous deux ſont en hazard, aux bordeaux & eſtables ,
De gaigner par argent le Royaume de Naples ,
La Duché de Surie , au coin des refondus ,
L'Iſle de Claquedent , au climat des perdus,
Sans oublier encor la Comté de Bauiere,
Marquiſat de Tremblé, Pelade, & Boutonniere.
Conſiderez Lecteur quelles ſucceſsions ,
Royames, Marquiſats, Duchez poſseſsions
Heritent ces Amans, vrays ſoldats de Cyprine;
Leſquels vont s'abyſmans au gouffre de ruine,
Qui cauſe ces malheurs au deſaſtré Mary,
Qui peut-eſtre mourra de verolle pourry,

59
DV MARIAGE,
Sinon d'auoir choiſi vne ſi laide femme
Qui la contraint bruſler au rais d'vne autre flamme
Pour auoir eſpouſé vn viſage hydeux
Il ſe void à la fin chetif & malheureux,
Priué de tout plaiſir, veuf de toute lieſse,
Captif dans les liens d'vne laide maiſtreſse,
Qui ſoubs le ioug Nopcier34 le tient encheueſtré,
Ne pouuant que par mort en eſtre depeſtré:
Et croy que ſi encor la couſtume eſtoit telle
Qu'entre les Chaldeens dont l'eſpouſe nouuelle
Eſtant conduite au ſoir au logis de l'Amant ,
Le Preſtre deuant tous alloit lors allumant
Le feu Nopcier35 ſacré , qui ne deuoit eſteindre
Quo'n ne veiſt à l'inſtant leur mariage enfeindre,
Si que les a Mriez auoient la liberté
De ce remarier en toute ſeureté,
Ailleurs où ils voudroient, la flamme eſtant eſteinte,
Noſtre ennuyé Mary ſans aucune contrainte,
Euſt-toſt ietté de l'eau pour ce feu amortir ,
Et diſsoudre ce nœud qui le faict repentir ,
Ayant laſche eſpouſe vne ſi laide cheure ,
Dont les noires vapeurs luy cauſent vne fieure
Qui le faict horribler & friſsonner de peur ,
Conſiderant de pres ſa difforme laideur:
Laideur, iugez combien luy doit eſtre odieuſe,
Puis qu'vne grand' beauté en trois iours est faſcheuſe
Mais le gros buffle eſt prins, comme on dit, par le nez,
Le ſort en eſt iecté, les dés en ſont tournés.

60
SATYRE
Ce n'eſt pas ieu d'enfant, chapitre de repriſe,
Depuis que ſous ce ioug nostre ame ſe void priſe,
Elle peut s'aſseurer que ceſt engagement
Nous doit accompagner iuſques au monument:
Le repentir eſt vain , toutes belles excuſes
Ont les paſles couleurs; pour neant mille ruſes ,
S'imaginent apres , il faut franchir le pas
Sans dire en ſouspirant , las ie ny penſois pas:
Mais laiſsons ces Amans desplorer leur ſeruage,
Pour conter au Lecteur vn autre mariage.
SI vovs L'epovzez Riche & pleine
de moiens.
Extraicte de haut lieu & Parens de Noble ,
Vous vous perdez du tout, vous tombez en vn Scylle,
En vn Caribde affreux , vn Syrte difficile,
Vous penſez l'espouſant auoir bien du plaiſir,
Et vous n'eſpouſez rien qu'vn faſcheux desplaiſir,
Vous penſez l'espouſant viure en toute lieſse,
Et vous mourez viuant accablé de triſteſse,
Vous penſez l'eſpouſant comme vn autre Ixion,
Embraſser plein d'espoir vne riche Iunon,
Et vous n'espouſez rien qu'vne venteuſe nuë,
Qui brouille vos espris , & ſille voſtre veüe ,
Ne pouuant rien ſortir d'vn tel accouplement
Que Centaures d'ennuis, que Monſtres de tourment
L'eſpouſsant vous penſez espouſer vne femme ,
Et vous n'eſpouſez rien qu'vne ſuperbe Dame,

61
DV MARIAGE,
Qui vous gourmandera comme vn vil Seruiteur,
Et vous fera mourir en extreme langueur;
De libre vous voila tombé en eſclauage,
Et voſtre liberté court vn piteux naufrage
Sur l'Ocean enflé de vents de ſa grandeur ,
Qui vous abiſmeront au gouffre de malheur.
Vous penſez, comme on dit, brauer en pleine foire
Chargé d'or & d'argẽt , cõme on vous faict accroire ,
Vous penſez l'eſpouſant auoir tout à ſouhait,
Vous errez au calcul , voſtre compte eſt mal faict:
Amy vous vous trompez, vo' cõtez sãs voſte hoſte,
Vous conterez deux fois : vogant ſur ceste coste
Vous penſés butiner les threſors du Leuant,
Pippé d'vn vain eſpoir qui vous va deceuant:
Mais vous ne gagnez rien que reproches piquantes
Dont on va repaiſsant vos trop folles attentes.
Vous verrez quelquefois ceſte femme en fureur
Vser en voſtre endroit d'vne eſtrange rigueur:
S'il aduient par hazard qu'vn important affaire
Où elle ait intereſt , vous ayés voulu faire ,
Soit ou pour receuoir le raquit & payement
D'vne rente amortie, à elle appartenant,
Ou ſoit que ce rembours à brauer ta deſpence ,
Lors elle te repart d'vne fiere arrogance :
Quoy maraut, penſe-tu de mon bien dispoſer?
Eſt.ce le ſeul ſubiect qui t'a faict m'eſpouſer ?
Hé quoy , voudrois-tu bien, gueux à plate beſace,
Qui faquin , és ſorty d'vne ſi baſse race ,

62
SATYRE
Selon tes appetits diſpoſer maintenant
De mes commoditez, & trencher du Rolant ,
Portant habits pompeux de ſoye à chiquetades,
Ie t'empeſcheray bien de faire ces brauades
Aux deſpends de mon bien , te ſerrant de ſi pres
Le mords , que tu n'auras moyen de mordre apres.
Vas ten en Canada peſcher aux Eſcreuiſses ,
Et ne viens point icy reprocher tes ſeruices ,
Tu es vn gentil ſot , ie t'ay fait trop d'honneur
De t'auoir eſpouſé , & donné ma faueur ,
Tu n'auois, mal-heureux, que la cappe & l'eſpee,
Comme vn Aduenturier, lors que tu m'eus trompee,
Sans moy, pauure maraut, viure tu ne pourrois:
Tu es donc trop heureux de me ſeruir cent fois,
Pour toy i'ay refuze cinquante Gentils-hommes
Iſsus de fort bon lieu , qu'à preſent ie ne nommes,
Leſquels me recherchoient pour mes nobles parens ,
Mon exquiſe beauté , ma richeſse & mes biens ;
Tu deurois donc baiſer à toute heure la place
Où ie poſe mes pas , t'ayant fait tant de grace
De t'auoir ſeul choiſi entre tant d'Amoureux,
Eſpriſe follement d'vn amour malheureux ,
Et pipee aux attraits de tes douces blandices ,
Tes appas deceueurs , tes ſubtils artifices ,
Dont, fin, tu t'es ſeruy , pour gagner ſouz l'Hymen
Ma grace, mon amour, & iouyr de mon bien :
C'eſtoit à mes moyens qu'on vſoit de careſse
On courtiſoit mon corps pour auoir ma richeſse ,

63
DV MARIAGE
Ce n'estoit point à moy que s'adreſsoit l'amour;
C'eſtoit à mes eſcus que l'on faiſoit la cour :
Mais las, pauurre abuzé, tu n'es pas où tu penſes,
Ie t'empeſcheray bien de faire des deſpences ,
Et tourner ſi ſouuent les dez à mes deſpens,
Banqueter tes amis ainſi que tu pretens,
Trencher du liberal en toute compagnie,
Ayant de mes eſcus la bourſe bien garnie,
Ioüer , boire d'autant , folaſtrer en tous lieux,
Piaffer tous les iours en habits ſomptueux,
I'auray toſt arraché ceste folle eſperance ,
Te tenant de ſi pres l'argent & la finance,
Que tu n'auras moyen d'accomplir tes deſsains,
Si tu m'y veux forcer tes efforts ſeront vains:
Ie ſçauray bien dompter ceſte fougue Eſpagnolle
T'ostant auec l'argent le cœur & la parolle:
Qui demeure eſperdu , immobil eſtonné,
C'eſt le pauure Mary , plus que s'il euſt tonné,
Eſtourdy du Batteau , & camus à merueilles:
Ceſte tempeſte oyant , ſi pres de ſes aureilles,
Il est tout hors de luy , ſon eſprit trauaillé,
Demeure tout confus ſe voyant rauallé
Du haut du firmament d'vne belle eſperance,
Au centre plus profond de toute defaillance:
Ia deſia il penſoit eſtre aux quatre Elements,
Et au Cube carré de ſes contentemens,
Sonz l'Equinoctial foiſonnant d'abondance,
Au cercle Apogean d'vne riche puiſsance,

64
SATYRE
Au Solſtice eſleué de toute volupté,
Et à point vertical d'heur & felicité.
Ia il penſoit auoir gaigné la riche flotte
De l'Inde ou du Peru, comme vn expert Pilotte,
Vn ſubtil Eſcumeur, vn Pyrate ruzé,
Mais il ſe trouue en fin ſottement abuzé,
Penſant auoir trouué la pierre aux Alchimistes,
Et les riches lingots des fins Paracelſiſtes,
Pour s'eſtre marié pour les biens richement ,
Il ne remporte rien qu'vn grand contemnement.
Ses fourneaux, ſon metail, ſont tournez en fumee ,
Sa ieuneſse à ſouffler en vain s'eſt conſommee
A ſouffler , plain d'amour, mille ſouſpirs ardens,
Pour de ſa riche femme obtenir les moyens ,
Penſant en bon argent tranſmuer, ſon Mércure ,
Il le void transformé en mespris & iniure,
Voyant à coups; de bec ſa femme l'outrager ,
Voudroit bien s'il pouuoit , d'elle ſe reuenger ,
Mais il n'oſe gronder ny dire vne parolle
Qu'il n'ait tout auſsi toſt le retour de ſon rolle ,
S'il paſse plus enant & la vueille offenſer ,
Et en ſes actions trop prompt la trauerſer
Ou de colere eſmeu il vſe de main miſe,
Lors il eſt menaſsé d'eſtre mis en chemiſe ,
Renuoyé au biſsac en chauſses & pourpoint,
Puis ſes parent ſont là , leſquels ne manquent point
De Rolans, Fierabras, & des Trenche-montagne,
Qui luy feront bien toſt meſurer la campagne,
Ou

65
DV MARIAGE.
Ou bien luy tailleront des iartiers d'incarnat:
Ainſi ſera payé le brauache ſoldat
Pour merite loyer & digne recompence,
D'auoir pour l'eſpouſer conſommé ſa ſubſtance.
Mal encontré Mary, qui penſoit auoir pris
Vne femme en ſes laqs & elle l'a ſurpris ,
Luy tenant de ſi pres le pied deſsus la gorge
Qu'à peine il peut vſer des ſoufflets de ſa forge:
Le renge ſouz ſes loix la baguette à la main,
Luy faiſant bien ronger & remaſcher ſon frain,
Ores le maniant à diuerſes paſsades
A courbettes, à bonds, voltes, & ballotades:
Sa dame eſt l'Eſcuyer , il n'eſt que le Poulain
Bridé , ſanglé , piqué comme vn retif vilain,
Le caueſon au nez, le mords touſiours en bouche ,
De crainte qu'il ne ſoit trop fougoux , ou farouche ,
Le rendant à la main plus ſouple & obeiſsant
Que n'eſt à ſon Regent le plus craintif Enfant.
Il eſt plus malheureux mille fois qu'vn Corſaire,
Priſonnier ſur la mer en extreme miſere
A la rame attaché, pour luy faire ſentir
De tous ſes larrecins vn triſte repentir,
Eſtant contraint ſouffrir les rudes eſcourgees
D'vn Comite cruel aux humeurs enragees;
Si dans le Galiot quelque faute il commet
Au profond de la mer tout ſoudain on le met.
De meſme eſt ce Mary attaché à la rame
Des fougueuſes humeurs de ſa ſuperbe Dame
e

66
SATYRE
Qui le force d'obeir à ſes complexions ,
Et ployer ſouz le ioug de ſes affections ,
Luy faiſant aualer en vn iour plus d'iniures
Qu'vne Truye en vn an ne boiroit de laueures;
Ce ſont les nerfs de bœuf de ce Commite fier ,
Dont la Femme ſouuent pratique le meſtier
A l'endroit du Mary, tombé en eſclauage
Dans les creuſes priſons de ſon hautain courage,
Luy tenant des propos beaucoup plus rigoureux
Qu'vn Comite inhumain au Forçat malheureux.
Impudent oſe tu eſleuer la paupiere
De ta preſomption contre ta nourriciere,
Dira ceſte ſuperbe à ſon Mary captif
S'il faict trop le faſcheux , le rebelle , ou retif ,
Il eſt contraint d'obeir , d'endurer , & ſe taire,
Enchainé aux Cachots de ſi rude Geoliere,
Qui luy tiendra ces mots : Ha petit Auorton,
Potiron d'vne nuict, trop foible reietton:
Ha petit vermiſseau, qui rampes de nature,
Qui au monde t'ay mis comme ma creature,
Oze-tu maintenant contre moy t'eſleuer,
Toy qui comme Vaſsal dois de moy releuer?
Tu as le nez trop court pour auoir l'aſseurance
De m'oſer attaquer ou me faire nuiſance?
Autrement ie ferois ſur ta teſte orager
Vne greſle de coups , ſi tu l'oſois ſonger;
Retire toy Coquin hors de deuant ma face,
Ie le dis , ie le veux , & me plaiſt qu'on le face;

67
DV MARIAGE.
Ie ne veux plus t'ouyr tempeſter ſi ſouuent ,
Penſant par ce moyen tirer de mon argent ?
Tu as donc beau fouguer & vſer de menaſse,
Car ce n'eſt pas pour toy que ces œufs on fricaſse,
Mon argent & mon bien ſont voüez autre part
Que pour entretenir vn eſuenté ſoldart ;
Tu as , pauure eſtourdy fort mal pris tes meſures,
Tu peux bien autre part chercher tes aduentures.
Quoy ? ce pauure Mary pourra-il ſupporter
Ce foudroyant eſclat, & ferme y reſiſter.
Non, non, il ne pourroit non plus que la roſee
De l'Aurore eſtiual, aux rayons expoſee
Du Delien flambeau, lequel va diſsipant
Cet humeur matinal, au Midy s'eſleuant :
Ou bien diray ie encor non plus qu'aux monts d'Indie
Les petits Pigmeens à la rude bondie
Des Grues & Vautours, leſquels tout à la fois
Les enleuent en l'air, deux à deux, trois à trois :
De meſme le Mary n'a non plus de puiſsance
De ſouſtenir l'effort & la fiere arrogance
De ſa femme en courroux, qu'vn mechant petit Nain
Ou la Caille à l'endroit du Faucon inhumain :
C'eſt contre les Geans entreprendre l'eſcrime,
C'eſt vouloir oppoſer la pointe d'vn flreſon
Pour arreſter le choc d'vn ferme bataillon :
C'eſt vn pierreux rocher contre le tendre verre
De vouloir reſiſter à ce foudre de guerre.
e ij

68
SATYRE
La nature a donné à tous les animaux
Moyen de ſe deffendre encontre tous aſsaux,
Elle a voulu doüer d'vn prompte viteſse
Les Lieures trop craintifs , ſi quelqu'vn les oppreſse;
Elle a voulu donner des crochets au Sanglier,
Des cornes au Taureau, au Cerf, & au Belier,
Aux Serpents vne queuë , & aux Pigeons des aiſles:
Aux Heros vn grãd bec, aux Vautours, & aux aigles,
Aux Mouſches l'aiguillon pour nous eſguillonner,
Aux Femmes tout ainſi elle a voulu donner
Trop foiblettes de corps, la langne pour deffence,
Leur rempart aſseuré , & leur ferme aſseurance,
Leur grand palladium, leur Dongeon & leur fort,
Leur refuge dernier, leur vnique ſupport.
Leur langue eſt leur carcois, leu fureur, leur ſagettes ,
Pires cent mille fois que ceux des Maſsagettes.
Dont les coups acerez ne donnent que la mort,
Et les leur tuent l'honneur, ou le bleſsent bien fort.
Le Mary laiſse donc ſiffler ceſte Couleuure
Sçachant que ſon venin tant ſeulement demeure
A la gorge & aux dents , ainſi le noir venin
Et le poiſon mortel du ſexe feminin
Ne giſt tant ſeulement qu'en leur langue meſchante,
Laquelle eſt mille fois plus aigue & trenchante
Qu'vne lame d'acier, qu'vn poignard aceré,
N'eſtant homme ſi fort, conſtant & aſscuré,
Qui frappé de ſes traicts ne perde la conſtance,
Se voyant gourmandé par ceſte fiere engeance,

69
DV MARIAGE
Vergongné maſtiné d'vn ſi vil animal,
Animal imparfaict, qui n'eſt né qu'a tout mal;
Animal importun , ſuperbe, plain de rage,
Effronté, meſdiſant, inconſtant & volage:
Animal ſimulé tout confit en trahiſon,
Hypocrite fardé, ſans eſprit ny raiſon.
O ſexe lunatic, ó femme trop fantaſque,
Plus cruelle aux humains que l'inhumaine Parque,
Que la fiere Atropos, tant ſeulement couppant
Le filet de nos iours. Et toy tu vas trenchant
De ton fatal ciſeau, ta langne enuenimee
Auſsi bien que le corps, l'heureuſe renommee.
Contemplez donc Lecteurs, & deux fois contẽplés
Combien ſont malheureux ceux qui ſont enrolés
Aux priſons de l'Hymen, ſouz Dame ſi puiſsante
Extraicte de haut lieu, en richeſse abondante :
Vous pauure d'autrepart, d'vn lieu vil & abiect,
Vous rendant ſon vaſsal, & obeiſsant ſubiect,
Son valet, ſon garçon, ſon Laquais & ſon Page,
Detenu priſonnier en Turqueſque ſeruage36,
Ayant pour l'eſpouſer vendu la liberté
Pour vn petit de bien ſeruement acheté.
Quiconque voudra donc qu'eſclaue on le maſtine,
Fera bien d'eſpouſer femme riche & mutine
La
pau-
ure.
SI vous l'eſpouſez pauure en toute pauureté
Vous tramez un filet qui vous tient enreté
Aux priſons, ou touſiours voſtre ame ẽdure & ſouffre
e iij

70
SATYRE
Vous meſme vous creuſez & l'abiſme & le gouffre,
Lequel doit engloutir vos plaiſirs plus plaiſans,
Pour vous laiſser apres mille ſoucis cuiſans,
Qui vſent vos esprits d'vne lime rongearde,
Et rendent voſtre humeur fantaſtique & ſongearde,
S'alambiquant du tout à chercher le moyen,
Fuyant la pauureté d'amaſser quelque bien
Pour nourrir vos Enfans, voſtre train & famille,
Qui vous faict ſupporter des geſnes mille & mille
Arriuant bien ſouuent contre toute raiſon,
Qu'on verra plus d'enfans en moyenne maiſon,
Qu'aux maiſons de ces Grands, riches & opulentes,
Qui manquent d'heritiers pour poſseder leurs rentes.
Si pauure vous auez des Enfans à foiſon,
Cela redoublera le trop cuiſant friſson
De leur gaigner du bien, voſtre Femme eſtant pauure,
N'ayant d'or ny d'argent, enrichy voſtre coffre,
Pour n'auoir apporté que le cul & les dens,
Qui requerent tous deux de tres grands entretiens:
Il faut de volupté que ſon cul on nouriſse
Et que la fain des dents, de pain on aſsouuiſse,
Qui eſt au pauure Espoux vn os dur à ronger,
Et le faict de despit a toute heure enrager ,
La teſte ſecoüant aupres de ſa compagne,
Comme vn Barbet moüillé ayant peſché la Cane:
Et n'eſt que de ſa part il a quelques moyens,
Il ne pourroit nourrir ſa famille & ſes gens,
Pour auoir follement, plein de flamme amoureuſe

71
DV MARIAGE.
Eſpouzé ſans argent vne neceſsiteuſe,
Pipé par les attraits d'vne freſle beauté
Qui le tient maintenant en grand captiuité:
Car combien qu'elle fuſt pauurette & diſetteuſe,
Ne laiſse neantmoins d'eſtre fort glorieuſe,
Faut-il, helas, faut-il qu'vn peu de volupté
Ait fait à ſi bas prix vendre la liberté
De ce pauure Mary ,ayant pris alliance
En lieu vil & abiect, ſans aucune esperance
D'auoir quelque ſecours en ſes neceſsitez
De ſi pauures parens, ſans biens n'y qualitez,
Tous gents de bas alloy, d'vne chetiue race ;
Faut-il qu'vne beauté qui tout ſoudain s'efface ,
L'ait tant fait oublier & eſgarer de ſens,
D'auoir ainſi foulé l'honneur de ſes parens ,
Sa race, ſa maiſon, laſchement profanee
Souz les ruſtiques loix d'vn ſi pauure Hymenee :
Hé, quoy? Diray-ie encor, faut-il que ces espris
Par les rais d'vn bel œil ayent tant eſté ſurpris,
Charmez: & amorcez, enſorcelez encore ,
D'vn œil vrayement d'Aſpic, qui ces plaiſirs deuore,
Pour luy faire adorer ſouz le Nopcier37 lien,
Vne ſeule beauté, vefue de tout moyen ,
D'amis , & de parens , vne bien pauure fille ,
Qui raualle ſi bas l'honneur de ſa famille.
Ses plus proches parens le quittent d'amitié,
Ayant pris ſans conſeil pour ſa chere moitié ,
Vne fille qui n'a qu'vn viſage agreable ,

72
SATYRE
Pauurete, ſans parens, ſans moyens peu ſortable ,
A ſon antique race & à ſes qualitez,
Ce qui rend ſes parens contre luy deſpitez,
Ayant retrogradé de la dixieſme ſphere,
Et du haut Cercle Aſtré brillonnant de lumiere
Où ſes nobles parens auoient hauſsé ſon nom,
Et graué la ſplendeur de ſon fameux renom ,
Pour laſche s'abaiſser iuſqu'au Cercle Lunaire,
Qui par vn pauure Hymen vient obſcurcir ſa gloire.
Voyant donc ſes parens ainſi le contemner,
Cela luy faict auſsi de ſa part deſdaigner
Sa femme ja content de ſon mignard viſage,
Deſdain, qui germe ẽtre-eux vn tres mauuais meſnage
Si la pauurette veut au logis commander ,
Son Mary tout ſoudain , la voudra gourmander,
Luy diſant penſe-tu eſtre Dame & Maiſtreſse,
Et commander ceans ainſi qu'vne Princeſse?
Ie te r'enuoyeray bien au champs à tes Moutons,
Nous n'auons pas eſté , toy & moy compagnons:
Tu n'eſtois rien ſans moy qu'vne ſimple Hardelle,
Et ie t'ay faict porter l'habit de Damoiſelle,
Tu n'as rien apporté que le cul ſeulement,
Tu n'auois quand tu vins qu'vn pauure veſtement
La robbe de blanchet comme vne Villagoiſe ,
En teſte vn couure-chef, à la mode Viroiſe:
En enflee auiourd'huy du leuain de mon bien,
Te voyant ſur le dos ce ſuperbe entretien,
Tu me veux cõmander , cõbien qu'on t'ait fait naiſtre

73
DV MARIAGE,
D'vn Atome leger, & preſque d'vn non eſtre
Ta memoire, & ton nom, giſoient cõme au Tombeau:
Naistre & reſsuſciter, ie l'ay faict de nouueau,
Eſclorre ie t'ay faict de la pouſsiere & cendre
D'vne grand' pauureté , pour heureuſe te rendre ,
Comme vn nouueau Phœnix, renaiſsant peu à peu,
Des cendres de ſon corps conſommé par le feu:
Neantmoins comme vn Pan tu eſt alles tes aiſles,
Tu veux trencher du pair auec les Damoiſelles:
Croy, que i'abaiſseray ton arrogant caquet ,
Te faiſant mettre bas la coiffé & l'affiquet:
Lors la femme repart , eſpriſe de colere,
Penſe-tu que ie ſois comme vne Chambriere?
Tu as beau deteſter tous les quatre Elemens,
Ton espouſe ie ſuis , en despit de tes dens:
Il faut doux comme laict aualler ce breuuage,
Puiſque l'Hymen Nopcier38 nous ioinct par Mariage,
Bien que ie fuſse pauure & ſans commodité,
Chacun me recherchoit pour ma rare beauté:
Vn regard de mes yeux, vn ſeul traict de ma face,
D'vn Scythe le plus fier euſt peu gaigner la grace,
Ie ne pouuois manquer de trouuer bon party,
Ayant de cent beautez le viſage aſsorty.
Quoy ? penſerois-tu bien que i'euſse eſté perduë
Si eſpouſe chez toi ie n'euſse eſté rendue?
Mon viſage parloit pour moy inceſsamment,
Et pouuoit m'acquerir des Maris ſans argent ,
Ne me reproche point par colere ou menace,

84 39
SATYRE
Que mon eſtre i'ay pris d'vne trop baſse race,
Pour oſer contre toy faire comparaiſon,
Femme tu ne deuois me prendre en ta maiſon
Si tu ne deſirois m'auoir pour ta compagne :
Pauure ie ne veux point qu'vn Mary me deſdaigne ,
Pourquoy m'eſpouſois-tu pour ainſi m'outrager ,
Qu'heureuſe i'euſse eſté d'espouſer vn Berger
Pluſtoſt qu'vn tel Tyran, de nature cruelle,
Qui me tient en priſon comme vne Criminelle,
Me gourmande, me bat, ainſi qu'vn chien maſtin:
O trop barbare Eſpoux , ô cœur diamantin,
Infortuné Mary , qui euſt dit qu'vne Gueuſe,
Qui n'auoit que le cul, euſt eſté ſi faſcheuſe,
Qui euſt iamais penſe , qu'vne qui n'auoit rien
Que la ſeule beauté, le ruſtique maintien,
De diſcours arrogans , euſt voulu te rabattre,
Et ioüer la Medee ainſi qu'en vn theatre ,
Tu penſois l'eſpouſant eſtre mieux respecté,
Mieux ſeruy, mieux obey, pour ſa grand pauureté,
Tu ſçais où tu en és, tu en as belle lettre,
Tu ne deuois iamais pour ton eſpouſe admettre,
Vne fille ſi pauure, alleché d'vn deſir
Qui te fait acheter vn trop cher deſplaiſir:
Touſiours ſa pauureté te faict baiſser la teſte,
Et ſon faſcheux caquet te tourmente & moleſte,
Sous ſilence ie tais tant de ſoucis cuiſans ,
Tant de ſoin d'amaſser du bien à ſes Enfans ,
Tant de nuicts ſans repos , & tant d'inquietudes.

75
DV MARIAGE.
Tant de iours en trauail , faſcheuſes ſeruitudes,
Tant d'ennuis , de chagrins, fruits de la pauureté,
Qui tiennent ces eſprits aux priſons arreſté,
N'eſtant point aduancé du coſté de ſa femme,
D'argent n'y de moyens , cela luy geſne l'ame:
Il eſt plus tourmenté qu'vn Ziſiphe aux Enfers
Sentant de panureté les plus rigoureux fers ,
Le ſoin le va rongeant, ſa Femme le trauaille ;
Ses Parens deſpitez luy liurent la bataille :
Voila le foudre aigu, auſsi les triples fleaux
Qui luy font endurer de tres-rudes aſsaux :
Mais ce qui plus des trois le geſne & le bourelle,
C'eſt de voir commander ſa femme en Damoiſelle
Superbe aller par haut, brauer effrontement ,
S'enfler pleine d'orgueil, reſpondre arrogamment ,
N'eſtant rien ſi faſcheux, ny tant inſupportable ,
Qu'vne pauure enrichie, ô choſe deteſtable,
Eſtrange changement, que de voir vn Serpent :
Qui n'aguere trainoit ſur le ventre rampant :
S'eſleuer haut en pieds, & d'vne humeur hautaine
Brauer les animaux qu'il rencontre en la plaine :
O Monſtre contrefait, ô changement diuers ,
Nature que ie croy , opere de trauers,
En metamorphoſant vn cœur d'humble Bergere,
Nourrie entre les champs, le chaume & la fougere,
En vn courage enflé plein de preſomption,
Pour morguer ſon Mary à la moindre action.
Hé Dieu , quel changement , quel eſtrange couſtume,

76
SATYRE
Quel amer gobelet , quelle horrible amertume,
De voire ceux qui n'ont rien apporté au logis,
Commander plein d'orgueil , de honte i'en rougis,
Ie friſonne d'horreur , de voir vne Coquine
Gourmander ſon Mary d'vne façon mutine :
Si bien qu'il eſt contraint par vn baſton noüeux
D'arreſter quelquefois ſon caquet ennuyeux,
Et rabaiſser vn peu ſon audace effrenee,
Puis eſtant comme elle eſt de pauure parens nee ,
Cela le rend encor plus prompt à la ranger,
N'ayans aucuns parens qui la puiſse venger:
L'vn pleure, et l'autre bat, l'vn fougue, & l'autre crie,
Voyez qu'vn pauure Hymen donne de faſcherie,
Quels deux predicaments : l'vn eſt en action ,
Qui tempeſte , qui bat : & l'autre en paſsion
A receuoir les coups en extreme agonie.
Quel Diſdiapaſson, quelle rudes harmonie,
Quelle Muſique , hê Dieux , quel diſcordant diſcort
Entre ces mariez; quelle mourante mort?
L'vn ſe plaignant des coups, qu'à grand tort il endure:
L'autre de pauureté , tres-rigoureuſe & dure,
Qui la reduit ſi bas qu'il eſt preſque indigent,
Pour auoir espousé ſa femme ſans argent ,
Et voyant bien qu'elle eſt cauſe de ſa miſere,
Cela luy faict laſcher ſur elle ſa colere,
Deſgorger ſa fureur , chargé de tant de ſoin,
Tant d'enfans: & l'argent luy faillir au beſoin,
Puis meſnage eſt peſant ( comme l'on dit ) en diable,

77
DV MARIAGE.
Ayant l'appetit grand , le foye inſatiable,
Auide l'eſtomach , ſi tres-longues les dens,
Qu'il ſeroit bien requis pour tous ſes entretiens
Saouler ſes appetis , à ſa fin ſatisfaire,
D'auoir de l'Eſpagnol la bourſe pecuniere,
Dans laquelle l'on void ſouuent reuerberer
Les rayons iauniſsans de l'Aſtre iournalier,
De l'Inde , ou du Peru , des Iſles Philippines ,
Mexique & Calicut , où ſont les riches mines ;
Sous l'Atome duquel la forme & les rayons,
Le grand Iupin40 voulut deſcendre en ſes cantons :
Sans lequel nos amours ſe tournent en furie,
Sans lequel on nous fuit , attains de ladrerie:
Depuis que nous voyons ce donne vie argent,
Prendre congé de nous, tout ſe tourne en tourment ,
Nos plaiſirs en douleurs , & nos ris en triſteſse,
Et bref la pauureté eſt vne rude hoſteſse ,
C'eſt vne maladie où tous les Medecins,
N'entendent rien du tout , bien que ruſez & fins ,
Non , pauureté n'eſt rien qu'vne Paraliſie,
Vn dormir lethargic , qui tient l'ame tranſie,
Tous les nerfs engourdis , ostant le mouuement
Des actions du corps , priué de ceſt argent:
Ce metal eſt l'esprit , qui donne à nos arteres
Le vital mouuement & appaiſe ſes fieures,
C'eſt ce qui donne aux nerfs vn eſprit animal,
Enuoyé du cerueau par l'argenté canal
De l'espine du dos : c'eſt ce qui donne aux veines

78
SATYRE
La chaleur & le ſang , ſont ces viues fontaines ,
C'est le cerueau le foye, & le cœur des humains,
C'eſt la vie & le ſang de nos plaiſirs mondains:
C'eſt le premier mobile, & la dixieſme ſphere,
Qui donne à nos plaiſirs la roüante carriere,
C'eſt ce qui faict mouuior la roüe & les reſsors ,
Le ſecret des ſecrets , & l'accord des accors:
Argent eſt le Piuot, l'Arcboutant & le Pole ,
C'eſt ce puiſsant Atlas , qui de ſa forte eſpaule
Va ſouſtenant le Ciel de nos contentemens ,
L'Elixir reſultant de tous les Elemens
Des plaiſir, d'icy bas : Ciel dont les influences
Departant à nos cœurs mille reſiouyſsances:
Vray Soleil des humains , qui eſclaire nos yeux,
Sainct Ange Raphaël , qui nous guide en tous lieux ,
Diuin charme-ſoucy , oſte-ſoin , chaſse-peine,
De toutes voluptez, la ſource & la fontaine.
C'est pourquoy no' lisõs qu'vn certain iour les Dieux,
Pour monstrer leur grandeur, ſorrirent orgueilleux
Des planchers azurez, portant dedans leur dextre
Les armes & trophee, où chacun eſt adextre:
Le Dieu Tonnant Iupin41 ſon clair foudre monſtroit ,
Et l'iiuincible Mars ſa lance en main branloit:
Ce deuoreur d'enfans , ce viel ſongeard Saturne ,
Fiſt monſtre d'vne Faux, & d'vn Trident Neptune:
Mercure vn Caducee, vne Lyre Appollon,
L'Arc, la Trouſse, & les Traicts, l'Archerot Cupidõ
Son Vignoble Bacchus, & Ceres ſes Campagnes,

79
DV MARIAGE
Le Dieu Pan ſes forets, les Muſes leurs montagnes ,
Hercule ſa Maſsüe, & Pallas ſon Pauois,
Sa Coquille Venus, Diane ſon carquois:
Mais tout incontinent qu'ils eureut veu la terre
Ouurir ſes larges flans dans leſquels elle enſerre
Tant de riches treſors, ils furent tout eſpris
D'vn deſir de iouyr de ce metal de pris:
De cet or iauniſsant chacun veut qu'on luy donne ,
Le puiſsant Iupiter en dore ſa couronne,
Son troſne & ſon Palais, & ſa cuiraſse Mars,
Sa picque & ſon eſpee, & Cupidon ſes dards,
Neptune ſon Trident, ſon caducee Mercure,
Appollon en dora ſa blonde cheuelure,
Pallas ſa forte lance, & Ceres ſes moiſsons,
Et le reſte des Dieux s'en ſert en cent façons.
Voyez combien pour l'or Berecinthe on honnore,
Pour ce riche metal chacun des Dieux l'adore.
Il eſt donc plus puiſsant que ne ſont tous les Dieux?
Il dompte les humains, il penetre les Cieux,
Il braue les enfers, il charme le Cocyte.
Se Stix, le Phlegeton, le Cerbere il deſpite.
Quiconque eſt donc priué de ce puiſsant agent,
Auec les Quinze-vingts peut dire aſseurement
Qu'il a perdu chetif toute ioye en ce monde,
Et qu'il tombe aueuglé en la foſse profonde
De toute pauureté, s'il n'eſt illuminé
De ce brillant metal aux mines affiné,
Dont la pritation eſt vne Eſtiomene.

80
SATYRE
Vn chancre à nos eſprits, & au corps la gangrene.
Voyez donc quel malheur au mary malheureux
D'eſpouſer aueuglé, Femme pour ſes beaux yeux,
Sans amis, ſans argent, pauurette & diſetteüſe:
Et n'eſt-ce pas creuſer la foſse malheureuſe ,
Laquelle doibt en fin ſes plaiſirs engloutir ,
Pour luy laiſser apres vn tardif repentir?
Que reſte à cet eſpoux, ſinon ſoucy pour Page,
Chagrin continuel pour Vallet de Bagage,
Peines, ennuys, ſoucis, pour Hommes & Vaſsaux:
Pour Laquais & Gouiats mille eſpineux trauaux
Et pour Maiſtre d'Hoſtel touſiours nette cuiſine,
Voila comme le train d'vn pauure Hymen chemine.
C'eſt peu que tout cela ce ne ſont rien que ieux
C'eſt bien autre malheur s'ils ſont pauures tous deux.
Mais Lecteur, ie ne veux prophaner ma Satyre
Pour laſche m'amuſer à pourtraire & deſcrire
Les malheurs d'vn Hymen populaire & abiect:
Souz ſilence ie tais vn ſi ample ſubiect,
Ie ne veux point chanter en ces vers Satyriques
L'Hymen infortuné des eſtats Mechaniques:
Car ce ſeroit la ſoye au fleuret meſlanger ,
Le chanure auec le lin, & l'or au fer ranger:
Ie laiſse les malheurs de ceſte Populace
Qui de maux ſouz ce ioug ſouffre vne milliaſse
Pour t'aduertir, Lecteur, des perilleux dangers ,
Des bancs & des eſcueils de ces Nopcieres42 mers
De ces vents orageux, ces tempeſtes grondantes.
Ces
Cachet de la Bibliothèque Nationale.

81
DV MARIAGE
Ces boraſques, ces flots, ces vagues eſcumantes,
Preſtes à ſubmerger, abyſmer & noyer
Ceux qui vont nauigeant cet Ocean Nopcier43,
A grand peine l'on peut eſuiter le naufrage,
Faiſant voille en la mer du faſcheux Mariage:
On court tant de perils, de riſques & hazards,
Des vents, de flots, d'eſcueils, & Corſaires pillards,
Qu'à grand peine l'on peut flotter en aſſeurance
Entre tant de dangers , rangez en ordonnance ,
Pour taſcher à tous coups de perdre & abyſmer
Noſtre flottante nef au profond de la mer.
Hé quelle eſt ceſte mer ? ſinon le Mariage,
Quels ſont ces Aquilons qui excitent l'orage ,
Que la diuerſité de nos complexions ?
Qui ſur cet Ocean meuuent cent tourbillons.
Hé quels ſont ces eſcueils qui briſent le Nauire
Par vn choc perilleux , que le cruel martyre
D'vne extreme beauté , qui nous plante a plaiſir
Des cornes ſur le frons en ſoulant ſon deſir.
Quels ſont ces flots cruels,ces ondes bouillonnantes ,
Que l'humeur coleric des femmes arrogantes,
Quel eſt ce gros broüillas, & la ſombre noirceur
Qui obſurciſt les airs, que l'inſigne laideur
D'vn front tout bazané d'vne horrible Meduze,
Qui d'vn charmeur diſcours voſtre ieuneſſe amuſe.
Quels ſont ces Eſcumeurs, Corſaires rigoureux
Que l'on va rencontrant ſur ces flots eſcumeux ?
Que le courage enflé d'vne femme opulente
f

82
SATYRE DV MARIAGE.
Qui dedans ces priſons cruelle vous regente
La baguette à la main, vous faiſant endurer
Les tourments que feroit vn Corſaire ſur mer.
Quel eſt le chaud, le froid, & la faim importune,
Que l'on ſouffre vogant ſur ce vaſte Neptune,
Loing de terre eſcartez ſinon la pauureté,
Espouſant ſans moyens femme pour ſa beauté.
Contemplez donc, Lecteur, combien la deſtinee ,
Nous trame de dangers ſur la mer d'Hymenee,
Quel Pilote aſseure , quel expert Nautonnier,
Quel hardy Matelot, quel ruzé Marinier
Se voudra embarquer en mer ſi orageuſe
Pleine de tant d'eſcueils? Quelle ame hazardeuſe,
Quel eſprit aueuglé, plein de temerité
Voudra faire flotter ſa chere liberté
Sur vn tel Ocean, tout eſcumant de rage
S'il ne veut s'expoſer au peril de l'orage.
Et bref tous les deſtroicts de l'Ocean du Nord,
Ou ceux qui vers le Sud ont vn funeſte abord,
Celuy de Magellan vers le Pole Antarctique,
Ou cil de Gilbatar, deſsous noſtre Ourſe Arctique
Ne ſont point aux Nochers ſi faſcheux à paſser,
Comme il eſt dangereux vne femme eſpouſer.

Fin de la Saytre Cinquieſme.

83

Bandeau. CENSVRE
DES FEMMES.
SATYRE.

Lettrine "S".
S V S, ma Muſe , au trauail, c'eſt trop pris
de relaſche ,
Il faut recommencer où finiſsoit ta taſche:
Reprens donc ton pinceau pour peindre
bruſquement
Sur ton Nopcier44 Tableau vn racourciſsement
Des malheurs, Maladie, & trauerſes faſcheuſes,,
Qui procedent du hant des Putains Amoureuſes,
Car des femmes de bien, ie n'entends point parler ,
Leur pudique maintien les fait touſiours briller
Parmy l'obſcurité, Ainſi qu'vne lumiere
Qui eſclate par l'air,quand deſsous l'Hemiſphere
Le Delien flambeau , va ſon tour commencer;
Ie priray ſeulement les Chaſtes m'excuſer
Si blaſmant les Putains tout leur ſexe ie blaſme,
Bien que le tout s'adreſse à l'Impudique Femme;
Ie ſçay qu'on me dira que ſans exception,
Ie blaſme en General & ſans diſtinction
Le ſexe Feminin , A quoy pour repartie,
Ie dis que nous voyons la plus grande partie
f ij

84
SATYRE DE LA CENSVRE
De ce ſexe mechant le tout en emporter
Qui faict qu'au general , ie me veux raporter
Que tu cauſes de mal , malheureux Promethee,
Ta main eſt à bon droict ſur Caucaſe atachee
Pour auoir effronté rauy le feu Diuin
Les Dieux pour te punir d'vn ſi grand larrecin,
Te'nuoyerent çà bas pour tourmenter ton ame
Maladies & trauaux & langeance de femme.
Mais de tous ces Trois Fleaux,celuy qui pl9 no9 nuit
C'eſt la femme, Animal des grands Dieux introduit
Pour punir les Humains icy bas ſur la Terre,
Et leur faire à iamais vne cruelle guerre:
Ce Sexe ſont les fers , les geſnes & cordeaux
Les Cathots, la Priſon , & les cruels Boureaux,
Qui des Dieux iritez exercent la Iuſtice,
Pour punir les Humains adonnez à tout vice;
Ce ſont les inſtrumens , les foudres Puniſseurs,
Qui vengẽt des grands Dieux les bouillantes fureurs
Il ſemble touteffois, que c'eſt la bonté meſme,
La Chaſteté , l'honneur , la ſageſse ſupreſme,
La gloire & l'ornement de tout le genre humain,
Le comble des ſouhaits ,& le bien Souuerain,
Le plaiſir des plaiſirs , delice des delices ,
La douceur des douceurs , blandice des blandices ,
La craime & l'Elixir de toute volupté,
Et le centre parfaict , d'heur & felicité:
Mais ce ne ſont ( Lecteur ) que Pipeuſes Syrenes,
Qui ont moitié du Corps , comme formes humaines

85
DES FEMMES.
Et tout le reſte n'eſt,qu'vn Poiſson Monſtrueux
Qui nous vient deceuoir , ſoubs vn front gratieux;
Leur cœur n'eſt riẽ que fiel , rien que miel leur viſage ,
Qui ſoubs vn calme doux, preſage vn grand orage,
Soubs la vermeille fleur , de leur teinct amoureux
Se traine bien ſouuent , le Serpent cauteleux;
Soubs la viue clarté ,de leurs flames iumelles
Et dans leſclair brillant , de leurs chaudes prunelles
Se cache la fureur , du foudre rougiſsant,
Qui d'vn malheur prochain va l'homme menaſsant ,
Et comme on void l'eſclair preceder le tonnerre ,
Qui ſur nous quelquefois ſa cholere deſserre :
De meſme, apres l'eſclair eslancé de leurs yeux,
Tombe ſoudain ſur nous vn foudre impetueux.
De malheurs infinis, comme Verolle, Chancres
Qui brizent nos Amours,& les mettent en cendres.
Et bref ſouz la beauté, la grace, & les attraits
Des femmes,ſont cachez, Serpens, foudres & traits ,
Elles ſont à bon droict comparees à ces Temples
Des noirs Ægyptiens , leſquels ſi tu contemples
Seulement par dehors , rien n'eſt ſi ſumptueux,
Mais dedans on n'y void qu'vn Cocodril affreux ,
Riẽ qu'vn Bouc,ou vn Chat, vn Singe,vne Cicoigne
De meſme on eſt trompé , au nez & à la troigne ,
A l'extreme beauté , du Sexe fœminin ,
Qui porte ſouz vn front mignard & Adonin
Vn Idole de Bouc,puant de Paillardiſe ,
Vn larmeux Cocodril tout remply de faintiſe
f iij

86
SATYRE DE LA CENSVRE
Vn cendreux Chat de Mars , dont longle rauiſseur
Grifferoit vn Amant en ſa chaude fureur ,
Et vn Singe inconſtant , Patron de l'inconſtance
De ce Sexe inconſtant , ſans foy ny aſseurance.
Ie dis encore vn coup , ce ſexe malheureux
Eſtre bien comparé , au Cocodril larmeux,
Sil veut piper quelqu'vn, lors il iette des larmes ,
Pour donner puis aprés , de cruelles alarmes
Aceux là , qui deceus , par ſes larmoyans yeux,
Se laiſsent engloutir à ce Serpent hideux:
Tout de meſme les Pleurs , & les ſouſpirs des Femmes ,
Ne ſ'eſpandent ſinon , que pour tromper nos ames ,
Leurs ſouſpirs ſimulez, leurs hypocrites pleurs ,
Sont les vrays inſtrumens , & les foudres vengeurs
De leur ardent Couroux : Sont les rudes machines
Les Miniſtres certains , de leurs cruelles haynes
Sont les ruzes,les traicts,dont la Femme ſe ſert,
Pour mettre ſa Traiſon, & ſa hayne à couuert ,
Si que par tel moyen , il n'eſt ny Dieu ny Diable
Qui ne ſoit appipé & rendu miſerable.
La femme eſt vn venin gaſtant les facultez
Engourdiſsant les ſens , changeant les qualitez
De nos temperamens , ſi qu'vn Melancholique
En deuient furieux , fougueux , & Cholerique,
Et l'Amoureux Sanguin tout fantaſque & penſif
Paſle , morne , Plombé , triſte & contemplatif.
Voyez donc ſi la femme eſt pas vne charmeuſe,

87
DES FEMMEES.
De metamorphoſer nos quatre Qualitez,
Pour les renger du tout , ſelon ſes volontez
Elle corompt nos ſens tant internes, qu'externes,
Amuſant la raiſon par mille baliuernes ,
L'Imagination & la Memoire aprés
Puis aux autres venant ainſi que par degrés ,
Elle obſcurciſt les yeux, elle gaſte l'ouye,
Corompt noſtre odorat , & choſe non ouye,
Elle oste l'appetit, le gouſt elle amoindrit,
La vieilleſse aduançant , elle fait qu'il s'aigrit,
Elle oſte le plaiſir du toucher delectable,
Engourdiſsant les nerfs qui le rendent palpable :
Somme l homme exceſsif aux esbats de Cypris
Encourt tous ces malheurs : Mais ce n'eſt rien au pris
De cent afflictions , de mille maladies,
Que Nature aux Amans , a tramees & ourdies,
Comme les cruditez, palpitement de Cœur ,
Debilité de nerfs; des iointures douleurs,
Syncope, Mal Caduc45, qu'on nomme Epilepſie,
La Vertige, l'Incube, & la Paralyſie,
Le Catherre fluant , le Spaſme conuulſif,
La Lhetarge, & Caros des nerfs ſtupefactif,
L'Aimoragie du nez, la froide Apoplexie,
La Migraine, Schynante, & iaune Caquexie,
Foibleſse d'estomac , Colique , Inflation,
Le Schyrre bilieux ioint à l'obſtruction
Du Foye, & des Poumons la crachante Phtyſie ,
La rougeaſtre Oftalmie , & Paſle Hydropiſie,

88
SATYRE DE LA CENSVRE
L'extreme puanteur de la bouche & des dens,
Le viſage abatu , les yeux cauez dedens ,
La Podagre cruelle , & Goutte Schiatique,
Le mal Melancholic, la douleur Nephritique ,
Le Chancre cauerneux , Liuide noirciſsant ,
La laſche Gonorrhee, au venin blanchiſsant ,
Qui ſans ceſse coulant des Vaiſseaux Spermatiques,
Debilite nos corps, & les rend tous Ethiques ,
D'où n'aiſt l'Alopetie ou cheute de cheueux ,
Le Tintement d'Ouye , & la foibleſse d'Yeux,
Le Satyriaſis ou tendu Priapiſme,
Et la Verolle encor de tous malheurs l'abyſme.
Bref la femme faniſt les fleurs de la ſanté,
Enfarine le front , rend l'esprit hebeté ,
Le corps laſche, peſant,terreſtre & cacochyme,
Pour auoir effleure l'Elixir & la craime,
De l'humeur Radical,le ſang, & les eſprits,
Au Sperme contenus, Threſor de ſi grand pris,
Qu'il eſt de noſtre corps comme la Quinte-eſsence ,
Qui de nos Quatre humeurs reſulte & prent naiſsãce.
Le Sperme blanchiſsant eſt donc le vray ciment
Qui en bonne ſanté , noſtre corps entretient ,
Conſerue la chaleur humide & Radicalle ,
Donne aux nerfs la vigueur, & la force totalle.
Si la femme nous fait diſsiper cette humeur
Qui ſeule retient du tout noſtre vie en longueur,
On peut dire à bon droit , qu'elle accourciſt la vie,
Puis qu'au ieu de Cypris la ſubſtance eſt rauie

89
DES FEMMES.
Qui la tient en vigueur , changeant noſtre Printemps
En vn negeux Hyuer, par ſes vains Paſsetemps :
Elle gaſte la fleur de la verte Ieuneſse ,
Deflore la beauté , aduance la Vieilleſse,
Elle ride la peau, rend le front farineux,
Iauniſt noſtre beau teint , le plõbe & rend ſquameux.
I'entends quand par excés ce meſtier on pratique,
Dans vn Bordeau laſcif , auec femme Publique,
Non pas quand on l'exerce en toute volupté
Dans le lict Coniugal , auec vne beauté ,
Fidelle à ſon Amant , pudique,honneſte & ſage,
Qui peint aux yeux l'hõneur ,& la crainte au viſage,
Auec laquelle on peut vſer moderement
Des esbats de Cypris , ſans aucun detriment :
Mais les femmes qui ſont par trop libidineuſes ,
Sont aux hommes cent fois pires & dangereuſes
Que le Cheual Seian, qui rendoit en tous lieux
Ceux là qui le montoient, chetifs & malheureux.
Quiconque a trop monté ce Sexe plein d'encombre
Encourt tous ces malheurs,dont i'ay deduit le nombre,
Et mille, & mille encor, que s'il falloit conter,
I'entreprendrois pluſtot de pouuoir areſtter
La courſe des torrens , que les pouuoir Comprendre,
Pluſtot ie conterois les Cygnes de Meandre ,
D'Athenes les Hybous , & tous les eſcadrons
Des Mouches de l'Egypte , ou bien les Moucherons
De Pize , ou des Luquois , les Scargots de Sardaigne,
Les Saütereaux de Cypre,& les Genets D'Eſpaigne.

90
SATYRE DE LA CENSVRE
Laiſsons donc ce diſcours à nos vieils Medecins
Et pourſuyuons le fil de nos premiers deſsains ,
Que de tous les malheurs la femme eſt l'Epitome,
Qu'elle eſt de l'amitié, naufrage perilleux,
Domeſtique danger , tourment ſolatieux,
Vn mal tres neceſsaire & peine ineuitable ,
Plaiſante affliction, & malheur ſouhaitable
L'Enfer de nos eſprits , le Paradis des yeux,
Lymbe de tous ennuis , Tombeau des Amoureux,
Purgatoire aſseuré des bourſes plus peſantes
Repurgees & netyës aux flammes plus ardantes,
Et aux cuyſans fourneaux de ce Sexe Amoureux,
Qui droict à l'Hoſpital rẽd l'homme cõme vn Gueux.
Eſcoutez Salomon qui nous dit & aſseure,
Qu'il ayme beaucoup mieux eſlire ſa demeure,
Au milieu des foreſts entre les fiers Lyons,
Les Serpens venimeux, les Ours, & les Dragons,
Plustoſt qu'en la maiſon d'vne femme meſchante,
Qui de ſon noir venin,la plus chaste ame enchante,
On ne peut de ſes rets,non plus ſe retirer,
Que l'oyſeau pris au glu ſe penſant depestrer.
Toute meſchanceté , toute ruze & malice
Eſt petite au regard du ſubtil artifice
De la fainte traiſon du ſexe Feminin;
Le Napelle n'eſt point vn ſi cruel venin ,
Le Smilax ſemmeilleux, la froide Mandragore,
L'eſtouffante Ciguë, & le Toxique encore,

91
DES FEMMES
Qui rend par ſes effets l'homme tout furieux,
Ne ſont pour leurs venins ſi tres-pernicieux
A nos chetifs humains, qu'vne meſchante femme ,
Laquelle auec le corps, fait ſouuent perdre l'ame.
Euripide diſoit, que ce ſexe imparfaict,
Pour la necesſité ſeulement eſtoit faict
Affin d'entretenir noſtre humaine nature,
Et de luy nous ſeruir ainſi que de Monſture,
Ou comme à paſser l'eau, de barque nous vſons ,
Des femmes au beſoin, ainſi nous nous ſeruons ,
Mais du torrent d'amour, ayant paſsé la rage ,
Nous r'enuoyons bien loin la Nacelle au riuage ,
Sans la priſer en rien que par neceſsité:
De meſme nous vſons par importunité
Des femmes, pour paſser le torrent de ce Monde,
Remply de tant de flots de volupté immonde,
Qu'à grand peine l'on peut paſser ſans naufrager,
Et le vaiſseau ſouuent , faict l'homme ſubmerger.
L'homme eſt dõc à bõ droict,accort, prudent & ſage
Qui peut paſser à nud , ce fleuue tout à nage ,
Sans ſe ſeruir , s'il peut , du Feminin bateau,
Qui peut au moindre vent , nous renuerſer dans l'eau
O vaiſseaux dangereux ! ô Barque perilleuſe?
Heureux qui peut paſser la riuiere orageuſe
De l'Empire mondain , ſans s'embarquer ſur vous ,
Et monter voſtre Eſquif, qui nous hazarde tous ,
Nous y ſommes contrains , neceſsité nous force,
Car tous de bien nager n'ont l'adreſse & la force

92
SATYRE DE L ACENSVRE
Il faut bon gré , mal-gré ſur ce ſexe monter
Qui nous faict bien ſouuent perdre & precipiter.
Encore ſi l'Eſquif , Barquerot ou Nacelle,
Ne ſeruoit qu'à vn ſeul : Mais ce Sexe infidelle,
Inconſtant & leger , s'abandonne ſouuent
Au premier qui demande à paſser le Torrent
Des amoureux Plaiſirs: Ainſi qu'au bord de Seine
Nous voyos à Paris vne flotte certaine
De vaiſseaux atendans auec leur Batelier;
Si quelque Courtiſan , Marchand , ou Eſcolier,
Conſeiller , Preſident , ou tel qu'on voudra prendre
Viendra pour paſser leau,dans leur Barque deſcendre,
Affin de le guider ſoudain à lautre bort,
Et luy faire payer argent du paſse-port:
De meſme nous voyons tant de bonnes Commeres
En ſeruant de Bateau ſe rendre merceneres,
Et mettre leur honneur, comme on dict ,à L'encan
Pour gaigner vne Cotte , ou vn riche Carcan,
Vne bourſe au meſtier , des gands en broderie ,
Vne Bague vn Collet , ou autre brauerie,
Ainſi pour piaffer , & s'aſouuir d'amour,
Le bateau fœminin faict maint tour & retour,
Tantoſt de-çá , de-la , de riuage en riuage,
Pour ſeruir aux Amans en l'amoureux paſsage,
Et ſoit que par Hymen , quelqu'vn ait acheté
Vn Vaiſseau pour luy ſeul , a ſa neceſsité
Pour trauerſer d'Amour la riuiere eſcumeuſe,
Si eſt ce quelquefois, que la barque amoureuſe

93
DES FEMMES
Se rend commune à tous ,guydant iournellement
Cil qui s'offre à paſser, en baillant de l'argent.
A bon droict donc diſoit le Pere de famille,
( Auquel on reprochoit d'auoir donné ſa fille
A vn ſien ennemy ) qui n'euſt ſceu faire mieux
Pour ſe pouuoir venger de ſon plus grand hayneux
Que luy auoir donné ſa fille en mariage,
Afin de l'engager en vn cruel ſeruage,
Tourmenter ſon esprit en tout genre d'excés,
Car on tient qu'vne Mulle, vne Femme, vn Procés,
Ont eſté de tout temps, trois dangereuſes beſtes
Qui iointes en vn corps , font vn Hydre à trois teſtes
Dont l'vne eſtant couppee,auſi toſt renaiſtront
Deux, ou trois, en ſon lieu, qui touſiours reuiendront
Deſracinez l'erreur d'vne femme obſtinee
Cent , & cent renaiſtront dans ſon ame adonnee
A la meſchanceté, c'eſt ſans fin vn labeur.
Auez vous vn arreſt, qui vous ſemble bien ſeur ,
Vous eſtes eſtonné, que vous voyez renaiſtre
Mille nouueaux procez prenant eſsence & eſtre
De voſtre Arreſt donné: C'eſt cét vnique Oyſeau
Qui renaiſt de ſa cendre, ou vn gay renouueau
Qui touſiours reuerdiſt : Bref procés n'a fin nulle;
Auez vous pour monture vne fantaſque Mulle ,
Que vouz ayés forcee à paſser vn deſtroit ,
C'eſt à recommencer des le premier endroit ,
C'eſt vn trauail ſans fin,ſans limite vne peine,
Qu'vne Mulle, vn Procés , vne Femme mondaine,

88
46
SATYRE DE LA CENSVRE
C'eſt vn Hydre teſtu, qui meriteroit bien
Pour le vaincre trouuer le Prince Almenien47.
Encore d'vn procez, d'vne Mulle ombrageuſe
On peut tirer raiſon: Mais de femme amoureuſe
Nul homme, euſt il des Dieux la force & la faueur
Ne ſe peut pas vanter d'en eſtre le vaincœur.
Les charbons alumez donnent des eſtincelles,
L'impureté de l'eau les lentes eſcroüelles
L'infection de l'aer la Peſte, & les Bubons,
La terre les Aspics & ſiflans Scorpions:
Mais ce Sexe peruers, ceſte maudite engeance,
Ne produit rien que feu de la concupiſcence,
Qu'vn Torrent putrefait, d'impudiques deſirs,
Qu'vn aer tout corrompu de lubriques ſouspirs
Qu'vn corps plain de Serpẽs de voluptez mondaines
Regorgeant de poiſon de meſdiſances vaines:
Circes qui vont charmant les eſprits des humains,
Acherontides Sœurs qui portent en leurs mains
Les Couleuureaux retors, & les torches flambantes
De la diuiſion; qui comme Coribantes
Courent ſans nul repos apres la volupté,
Sans ſe ſaouller iamais de la laſciueté:
Pluſtoſt laſser cent fois, qu'aſsouuis de Cyprine
Qui eſpuiſe le ſang, & nos eſprits ruine.
Mais quelqu'vn me dira, que la femme entretient
De noſtre Indiuidu, l'eſpece & la ſouſtient ,
Qu'elles nous ont conceus, & mis tous en lumiere,
Fourniſsans de leur part le ſang & la matiere.

95
DES FEMMES.
Dont nous ſõmes nourris , dans leur ventre Neuf Mois
Partant que c'eſt mal faict, de ietter tant d'abois
Contre ce ſexe heureux, qui nous a mis au Monde:
Mais Lecteur c'eſt en vain que la femme ſe fonde
Sur ces vaines raiſons, pour deffendre ſon droict:
Car nous voyons ſouuent en maint & maint endroit;
De l'Espine pointuë, vne fleur belle eſclore
Et du Roſier picquant la roſe qui decore,
Nos iardins eſmaillez : Et des herbiers puans
Naiſsent iournellement les beaux lys blanchiſsans:
Femme ne ſoiez donc pour cela glorieuſe,
Le Napelle puant, herbe fort venimeuſe,
De ſa tyge produit vne agreable fleur ,
Vous ne deuez donc point , tant enfler voſtre cœur,
Car de vous nous naiſsons comme fleurs odorantes
Que l'espine produit , & les herbes puantes,
Sans tirer rien de vous que le nouriſsement :
Qui vous ſert puis apres pour le contentement :
Que ſeriez vous ſans nous ? ſinon arbres ſterilles ?
Fraiſles ioncs inutils ? fougeres infertilles?
Sans nous vous ne pourriez iamais produire fruict ,
Nous vous cauſons ce bien qui ſouuent nous deſtruict:
Car en vous fœcundant , la vitalle ſemence
S'eſcoulant de nos corps, les met en decadence,
L'homme en ſe conſommant ſoy-meſme ſe produit,
Femme, ie ne ſçay donc quel erreur vous conduit,
De dire que de vous nous empruntons noſtre eſtre,
Au contraire c'eſt nous qui vous donnons le naiſtre,

96
SATYRE DE LA CENSVRE
Lors que par le moyen des esprits Animaux,
Vitaux, & naturels, conduits par ſix vaiſseaux,
C'eſt à ſçauoir deux nerfs, deux Arteres, deux veines
Qui tous remplis d'Eſprits puiſez de leurs fontaines,
Et verſes au coit dans le champ fœmenin,
Puis meſlés en apres auec le ſang benin,
Agiſsent pour former la matiere confuſe
Dont eſt faict l'Embryon,Duquel l'ame eſt infuſe,
Creée en vn moment , des mains du Tout puiſsant:
Ce que donc les Esprits de l'homme vont formant,
Ne s'entend point icy de forme eſsentielle
Laquelle vient du Ciel; mais bien materielle.
Ie ne veux pas pourtant ,nier comme menteur,
Qu'en ſoy la femme n'ait vne humide chaleur
Qui excite l'Agent, à tirer vne forme
De la maſse confuſe, & la matiere informe:
Mais l'Agent eſt touſiours plus que le patient;
Femmes vous ne preſtés que l'ouuroir ſeulement
Ou trauaille l'agent , à former ſes ouurages,
Vous fourniſsés le lieu, & nous les perſonnages
De cet Acte diuin de la formation,
Qui ſeul à l'homme eſt deub pour ſa perfection,
Qu'il puiſe entierement de la diuine Eſsence.
Femmes rabaiſsés donc voſtre fiere arrogance,
Car nous ſeuls poſsedons l'heur que tant vous vantés,
Et rien vous ne formés que des meſchancetés,
Semblables en humeur à l'Aſtre de Saturne,
Dont l Aspect ne produit que Monſtres d'Infortune:
Salomon

97
DES FEMMES.
Salomon meſme a dit ,que l'homme mal-faiſant
Meritoit beaucoup mieux que femme bien faiſant ,
Qui monſtre aſsez combien leur puiſsance eſt petite :
Puis que l'homme au mal-faict gaigne plus de merite
Qu'vne femme n'en peut , obtenir au bien-faict ,
Car de mauuaiſe cauſe il ne ſort bon-effaict;
Rien que meſchanceté ne ſort de leur boutique,
Et rare eſt le bien-faict qu'vne Putain pratique:
C'eſt miracle nouueau que de l'impureté
Puiſse naiſtre & ſortir, la nette pureté.
Iob ce parfaict miroüer de toute patience,
Ne peut eſtre vaincu en ſa ferme conſtance
Par ce ruzé Sathan, pour le perſecuter,
Sa ſeulle Femme en fin le ſceut vaincre & dompter,
Le feiſt presqu' offencer , murmurer & ſe plaindre,
Ce que Sathan ſur luy, n'auoit onq peu attaindre:
La Femme eſt pire donc que Sathan Impoſteur,
Qui pour tourmenter Iob n'en put eſtre vaincœur
Par la femme peché, fut introduit au monde,
Par elle nous tombons en la foſse profonde
Des pieges de la mort: Peut on imaginer
Vn mal plus dangereux, que la mort nous donner?
Et bref ſi ie voulois raconter par hiſtoires ,
Les guerres, les debats, les meutres les miſeres,
Les deſaſtres ſanglans, les tragiques horreurs,
Les cruels aſsaſins, les traiſons les malheurs
Par la femme excitez: Tantoſt en l'Amerique,
En Europe, en Aſie, & par toute l'Afrique.
g

98
SATYRE DE LA CENSVRE
Somme en tous les Climats de ce large vniuers ,
Et meſme iuſqu'aux lieux nagueres deſcouuers;
Ce diſcours ſembleroit pluſtoſt vne Iliade ,
Vne longue Æneide, ou vne Franciade ,
Qu'vn petit abregé, vn racourciſsement ,
Lequel i'auois promis tout au commencement:
I'aurois pluſtoſt nombré tout le ſable d'Aulonne,
Et les fueilles des bois qui tombent en Autonne,
Que de pouuoir conter, tous les malheurs diuers,
Et les maux qu'à produit vn Sexe ſi peruers.
Les Capharez rochers , le chant des Amiclides ,
Les Syrtes ſablonneux & les gloutons Caribdes ,
Ne ſont pour leurs perils ſi fort a redouter
Que les femmes nous ſont à craindre & éuiter.
Ie n'entends point pourtant parler des vertueuſes ,
Ce diſcours ſeulement s'adreſse aux vicieuſes ,
Aux laſciues Putains qui pour ioüer du cu,
Gaignent le plus ſouuent le teſton ou l'eſcu,
Afin de piaffer, & ſe faire paroiſtre
Aux lieux plus frequentez, où l'on ſe faict connoiſtre
Comme à l'Egliſe, au Bal, & Banquets ſomptueux,
Tournois, Courſe de Bague, & Theatriques ieux,
Aux marchés Aſsemblées & Feſtes de village,
Ou libres on les void ioüer leur perſonnage,
Le front couuert de fard, pour gaigner des Mignons,
Et prendre dans leurs rets touſiours nouueaux poiſsõs.
Ou bien à ſes Putains, tant hors qu'en Mariages
Qui riches de moyens entretiennent à gages

99
DES FEMMES.
Quelque bel Adonis, Ieune Mignon de Cour,
Pour leur donner plaiſir & les ſaouler d'amour ,
Qui quelquefois ſera caché dans la ruelle
D'vn lict ,touſiours au guet ,en crainte & en ceruelle,
Sans touſser ny cracher, peur d'eſtre deſcouuert
Soit du Mary ialoux, ou de l'Amant couuert :
Ainſi la riche Dame, ou bien Madamoiſelle ,
Aura pour ſes plaiſirs ſon Amant plus fidelle,
Qui durant les iours gras, la conduit aux Balets
Ayant exprés deuant enuoye ſes Valets,
Pour aller deſcouurir le lieu & la feneſtre
Où bruſle le Falot , pour aduertir leur Maiſtre,
Qui ſouz le bras conduit ſa Dame dans le Bal ,
Où ſe trouue à propos le ialoux Coriual ,
Qui luy fera danſer la Courante ou la Volte ,
Et au ſortir du Bal luy ſeruira deſcorte ,
Et ſur elle exceant les pourtraits D'Aretin,
Gaine le bas de Soye , ou l'habit de Satin,
Les Iartiers dentelés , l'Eſcharpe en broderie,
Pour contenter d'amour le cul de ſa cherie,
Par le moyen duquel il braue , & s'entretient
En habits fort pompeux , ſans desbourcer argent.
Ce n'eſt dõc ,cher Lecteur ,qu'à ſes fẽmes Publiques ,
Et ſecretes Putains : Non aux Dames Pudiques
Que s'adreſsent mes vers; Car pour rien leur honneur
Ie ne voudrois toucher comme effronté Menteur.
Ie ſçay bien quel honneur on doit porter aux Femmes ,
Qui n'ont le cœur attaint des impudiques flammes ,
g ij

100
SATYRE DE LA CENSVRE
Ie ſçay qu'on ne ſçauroit aſsez les reſpecter ,
C'eſt pourquoy dans mes vers ie le veux exempter
Et garantir du tout , du Satyrique orage,
Leur viſage eſt femelle & maſle leur courage,
Et bref leur naturel ne Symboliſe point
Auec l'humeur de ceux qu'en ces vers iay deſpeint:
Ma Muſe que fais tu? tu gaſte ton ouurage,
Tu voulois ſeulement peindre vn petit Payſage
Tout à plan racourcy ſur ton Nopcier48 Tableau,
Pour luy ſeruir de champ , Et tu veux de nouueau
Au lieu d'vn racourcy peindre vne piece entiere,
Selon le naturel: Ie ſçay que la matiere
Reſtant en quantité, te donne du regret ,
Mais en lieu ſi contraint , ſur le champ d'vn pourtret
Quel Peintre induſtrieux pouroit toute l'eſtendre
Veu que tout l'vniuers ne la pouroit comprendre:
Laiſse donc ce ſubiect pour t'employer ailleurs
Contre les Vſuriers , & Paillards decepueurs ,
Contre les Berlandiers , Et les gourmands Iurongnes
Cés nez rubicondez, Et ces Bacchiques trongnes.
Contre vn tas de villains, riches Auares gents,
Qui languiſsent de fain aupres de leurs moyens.
Contre le fard trompeur, des laſches Damoiſelles
Qui replaſtrent leurs fronts durciſsent leurs mamelles
Reuerniſsent leur Sein, leur peau vont couroyant
Alignent leurs Sourcils, leurs cheueux vont poudrant
Vermillonnent leurs ioües encrouſtent leurs viſages
Repoliſsent leur cuir, pour deſmentir leurs ages.

101
DES FEMMES
Ie veux reprendre encor , les habits des François
Qui changent tous les iours de façons plus de fois
Qu'vn Prothee inconſtant, de formes, & figures,
Ou le Chameleon de diuerſes peintures:
I'espere mettre au iour, tous ſes Tableaux diuers
Despeins au naturel, du pinceau de mes vers.


Fin de la Saytre Sixieſme.



Cul de lampe fleuri.

Noms propres et Terminologie médicale

Absinthe (en lat. artemisia absinthium L)

Plante de la famille des Astéracées qui peut faire 1 m de hauteur. Les feuilles de cette plante sont couvertes de poils blancs et de glandes oléifères. Elle sert de vermifuge et peut provoquer des règles. L'on s'en sert également pour combattre le mal de mer la nausée.
  • Absinthe (plante), Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Absinthe_(plante).
  • Lieutaghi, Pierre, Absinthe, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 20 mai 2009.

Achéron ou Achérontides (en gr. Akherôn)

Fleuve des Enfers grecs que les morts traversaient sur la barque de Charon, qui leur fit payer une obole. Charon refusait tout mort qui n’avait pas de monnaie, ni de sépulture ; de ce fait, ceux-ci ne pouvaient jamais entrer au royaume d’Hadès, dieu des morts.
  • Achéron en gr Akherôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Charon [ka-], Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Aconit

s. m. Espece de plante veneneuse.
  • Aconit, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Actéon (en gr. Aktaiôn)

Chasseur mythique de Thèbes. Ayant surpris Artémis nue au bain, il fut métamorphosé en cerf par la déesse et dévoré par ses propres chiens, au Cithéron.
Pour apprendre plus sur le mythe de Actéon, veuillez consulter http://fr.wikipedia.org/wiki/Actéon.
  • Actéon en gr. Aktaiôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Actéon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 19 janvier 2010.

Adonis (en phénicien Adoni mon seigneur)

Jeune homme d'une beauté hors de commun qui naquit de l'union incestueuse de Cynéras roi de Chypre et sa fille Smyrna, Adonis était symbole de la reproduction mâle dans la mythologie grecque. Il assimila également les symboles de la vie et de la nature lorsque, sous la supplication d'Aphrodite, Zeus le ressuscita après qu'il fut tué par un sanglier. Ainsi transformé en divinité, Zeus permit à Adonis de séjourner avec ses deux amantes, Aphrodite et Perséphone, pour une partie de l'année sur la terre avec la première et une autre partie aux Enfers avec la séconde.
  • Adonis, Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 20 avril 2011. http://mythologica.fr/grec/adonis.htm
  • Adonis en phénicien Adoni mon seigneur, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Agamemnon

Roi légendaire d'Argos et de Mycènes et frère de Ménélas, Agamemnon servit de chef suprême des Grecs pendant la guerre de Troie. Il épousa Clytemnestre qui lui donna trois enfants : Électre, Iphigénie et Oreste. Lorsqu'Agamemnon sacrifia leur fille Iphigénie à Aulis (un port grec en Béotie) Clytemnestre prit Égisthe pour amant. Les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon) de retour de Troie, après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • Agamemnon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Agaric

ſ. m. Terme de Pharmacie. C'eſt une excroiſſance qui naiſt comme un potiron ſur le tronc & ſur les grosses branches de divers arbres quand ils ſont vieux. Il y en a de maſle qui eſt jaunaſtre , aſſez peſant , & aſſez compacte , & plus propre pour les Teinturiers que pour la Medecine. Le femelle eſt plus recherché , & ſe trouve ſur le melaiſe , ou larix. Ses bonnes marques ſont la blancheur , la legereté , la grandeur , la friabilité , l'odeur penetrante , & la grande amertume. Il en vient des Alpes & du Levant , & c'eſt un medicament qui purge avec violence. L'agaric noir, ou boule noire pris en breuvage , cauſe des vomiſſemens & flux de ventre dangereux.
  • Furetière, Antoine. Agaric, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 24 septembre 2009.

Alchimiste

ALCHIMISTE. s. m. Celui qui s'occupe d'alchimie. Les alchimistes passaient leur vie à chercher ce qu'ils appelaient la Pierre philosophale ou le Grand oeuvre, c'est-à-dire, un moyen d'opérer la transmutation des métaux.
  • Alchimiste, Dictionnaire de l'Académie française (1835), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 8 février 2010.

Alcide

[...] surnom d'Hercule. Les Poètes emploient plus volontiers le 1er que le second.
Veuillez consulter également la référence Hercule.
  • Alcide, Jean-François Féraud: Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 8 octobre 2009.

Alcmène (en gr. Alcmênê)

Selon la mythologie grecque, Alcmène aurait été une princesse de Mycènes et la femme d’Amphitryon, roi de Tirynthe. Elle fut séduite par Zeus, qui s’était métamorphosé en son mari absent. Ainsi la princesse devint enceinte du demi-dieu Héraclès. Jalouse d'Alcmène, l’épouse de Zeus Héra différa la naissance d'Héraclès pour se venger.
  • Alcmène en gr. Alcmênê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Alexandre le Grand

Né en 356 av. J.-C. à Pella, Alexandre le Grand fut le fils du roi Philippe II et d’Olympias devenant en -336 roi de Macédoine ainsi que le chef de la Confédération hellénique. Considéré comme un des plus grands conquérants de l'histoire, Alexandre le Grand créa un empire s'étendant de la mer Ionienne à l'Himalaya. Il fonda Alexandrie en Égypte (-332- -331) et choisit Babylone comme la capitale de son empire (-331). Il mourut à Babylone en -323 après quoi ses généraux, les Diadoques, partagèrent son empire et se mirent à combattre par la suite, assassinant sa mère Olympias, son épouse, Roxane, et son fils, Alexandre IV.
  • Alexander the Great, Wikipédia l'encyclopédie libre (6 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 7 février 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_the_Great.
  • Alexandre le Grand (~356-~323), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Alexandre le Grand ou Alexandre III, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Alexandrie en ar. al-Iskandarīyah, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Alun

Sulfate double formé d'un sulfate de métal trivalent et d'un sulfate de métal monovalent, utilisé en médecine, en teinturerie, peausserie, etc..
  • Alun, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Alun emplumé

On appelle Alun de plume, Une espèce de Talc qui est par petits filamens, & qui s'appelle autrement Pierre d'Amiante.
  • Alun, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 4 février 2010.

Amadis de Gaule (en esp. Amadís de Gaula

Roman de chevalerie espagnol dont le texte original remonte au début du XIVe s. mais qui fut refondu et publié en 1508 par Montalvo. Amadis est le type du chevalier accompli qui, après de multiples aventures, réussit à épouser sa dame, Oriane. Ce roman connut un succès considérable, en particulier en France dans la traduction de Nicolas d'Herberay des Essarts (1540). Don Quichotte prend Amadis comme modèle du beau chevalier errant et amant fidèle.
  • Amadis de Gaule en esp. Amadís de Gaula, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ambre-gris

Matiere spongieuse, inflammable & fort odoriferante, qu'on trouve sur les bords de la mer.
  • Ambre-gris, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Amiclides

Voir Sirènes.

Amphion

Fils de Zeus et d'Antiope dans la mythologie grecque. À l'aide de Zéthos, son frère jumeau, il parvint à tuer Dircé qui a maltraité leur mère. Par la suite, il construit les remparts de Thèbes, aidé uniquement des sons de sa flûte et de sa lyre.
  • Amphion, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Amphion, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Amphion.

Amphitrite (en grec Amphitritê)

Mère de Triton et épouse de Poséidon. Déesse et Néréide.
  • Amphitrite en gr. Amphitritê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ange Raphaël

Raphaël (de l'hébreu : refa- : guérir et -El : Dieu ; c'est-à-dire Dieu guérit) est le troisième archange reconnu par l'Église catholique. C'es un personnage biblique du Livre de Tobie où il apparaît comme le bon ange de Tobie.
  • Raphaël (archange), Wikipédia l'encyclopédie libre (8 août 2012), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 26 septembre 2012. http://fr.wikipedia.org/wiki/Raphaël_(archange).
  • Raphaël , Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Antre Piéride

Piérie, en Thrace près de l’Olympe, est une région montagneuse, une des résidences des neuf Muses. L’antre piéride représente donc un site où le poète puisse trouver son inspiration.

Apollon appelé aussi Phébus (en gr. Phoibus le Brillant)

Fils de Léto et de Zeus et frère jumeau d’Artémis, il est dieu grec de la lumière, du chant, de la raison, de la musique et de la poésie. Décrit aussi comme dieu à l'arc et flèche, il punit et détruit le méchant. Une légende notoire raconte que quatre jours après sa naissance, Apollon tue au tir à l'arc le dragon, Python, qui avait poursuivi sa mère en route pour Délos.

Aquillon

Le dieu des vents violents septentrionaux. Il est souvent représenté comme un vieil homme aux cheveux blancs en désordre.

Argos

  • Argos. Fils de Zeus et de Niobé qui a fondé la ville du même nom.
  • Argos (Panoptès). L’épithète Panoptès qui voit tout témoigne de l’apparence physique de ce personnage : Argos est un géant à cent yeux, cinquante ouverts et cinquante fermés. Lorsqu’Héra lui demande de surveiller Io, Argos s’endort en entendant la musique de la flûte d’Hermès. Ensuite, celui-ci lui tranche la tête, et Héra sème les yeux du mort à la queue de son paon.
  • Le chien d’Ulysse dans l’Odyssée.
  • Argos, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Argos.
  • Argus ou Argos (chien), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Argus ou Argos (prince), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ariane

  • Ariane (en gr. Ariadnê) : fille de Minos, roi de Cnossos, et de Pasiphaé, sœur de Phèdre. Séduite par Thésée, héros venu en Crète pour combattre le Minotaure, elle aide celui-là à fuir le Labyrinthe. Ariane donne à son amoureux un fil qu'il dévide derrière lui afin de trouver la sortie du Labyrinthe après avoir tué le Minotaure. Par la suite, les deux s'enfuient mais Thésée abandonne Ariane à Naxos. Séduit par la beauté d'Ariane, le dieu Dionysos l'épouse.
  • Ariane : tragédie écrite par Thomas Corneille en 1672.
  • Ariane : en musique, plusieurs compositeurs ont produit des œuvres qui racontent cette histoire ; notamment, Arianna, œuvre dramatique de Monteverdi ; Arianna à Naxos, cantate d'Haydn ; Bacchus et Ariane, ballet d'Albert Roussel et Ariane auf Naxos, opéra de Richard Strauss.
  • Ariane, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Arlequin

Personnage comique du théâtre italien que l'on reconnaît grâce à son costume qui a des pièces triangulaires. En outre, ce personnage tient d'habitude un sabre et porte un masque noir. Dans la Comédie italienne, l'arlequin fait ordinairement les rôles de valet, mais de valet bouffon (Féraud).
  • Arlequin, Jean-François Féraud : Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 21 octobre 2009.
  • Arlequin, Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 21 octobre 2009.

Arétin

Écrivain italien (Arezzo 1492 - Venise 1556). Au cours d'une vie mouvementée, il fut protégé par Jean des Bandes Noires et Clément VII, lié à l'Arioste et à Titien, admiré et redouté par les souverains les plus puissants d'Europe. Il se fit tant d'ennemis par ses intrigues et ses Pasquinades, poèmes satiriques, qu'il dut se réfugier à Venise (1527) où il mena une vie fastueuse et licencieuse. Il se montra un observateur cocasse de la société et un esprit plein d'invention dans ses comédies : La Courtisane (1525), Le Maréchal (1527), L'Hypocrite (1542), source probable du Tartuffe de Molière, et Le Philosophe (1546). [...] Il fut, selon ses propres termes, le secrétaire du monde à travers ses Lettres, qu'il édita de son vivant. Mais on a surtout retenu de lui les Ragionamenti, six dialogues désinvoltes et obscènes qui sont à la fois un code de la galanterie et un savoureux tableau des mœurs de l'époque. Si l'on excepte ses ouvrages hagiographiques à la rhétorique enflée, l'œuvre de l'Arétin se signale par l'extraordinaire vivacité de la narration, le réalisme et l'inventivité linguistique. Son cynisme, qui n'excluait nullement la générosité, son outrecuidance et sa vision complexe de la vie sont comme des signes révélateurs de la crise de la Renaissance.
  • Arétin (Pietro BACCI, dit Aretino d'Arezzo, en fr. L'), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Aspic

s. m. Petit serpent dont la morsure est mortelle. Il a esté piqué d'un aspic.
On appelle fig. les medisants, Langues d'aspic
.
  • Aspic, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Atropos (en gr. Moirai)

Les Moires sont des divinités grecques du Destin assimilées aux Parques romains. Veuillez consulter Parques.

Autan

Vent qui ſouffle du coſté du Midi. Il eſt d'ordinaire orageux, & les Poëtes l'employent en parlant des tempeſtes.
  • Furetière, Antoine. Autan, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 22 octobre 2009.

Autel ceraton

Cet autel se trouvait dans l’Antiquité dans un temple consacré à Apollon sur l’île de Délos. Le nom ceraton vient du grec cerata (cornes).

Bacchus, Bacchos ou Liber Pater

Dieu romain, l'équivalent du grec Dionysos, qui représente la vigne, le vin, le délire extatique, le débordement sexuel, l'ivresse et la nature terrestre. On le caractérise souvent par la vigne, la grappe de raisin, le lierre, la panthère et un thyrse.
  • Bacchus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Bacchus, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bacchus.
  • Dionysos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Balance (en lat. Libra)

L’un des douze signes astrologiques. Celui-ci est lié aux personnes nées entre le 23 septembre et le 22 octobre. Il est considéré comme signe masculin, positif et il est souvent associé avec l’élément classique de l'air.

Ben

C'eſt un fruit qui croiſt ſur un arbre ſemblable au tamariſe , qui eſt gros comme une avelline. On le broye comme on fait les amandes ameres pour en tirer une huile, de laquelle les Parfumeurs de gants ſe ſervent, parce qu'elle eſt tres-legere & ſubtile, & n'a point d'odeur de ſoy-même, mais elle eſt propre à en recevoir de toutes ſortes. Quelque vieille qu'elle ſoit elle ne devient point rance, & elle ſert à nettoyer les taches & les lentilles du viſage.
  • Furetière, Antoine. Behen, ou Ben, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 29 janvier 2010.

Benion

BUNION, s. m. Terme de botanique. Nom d'un genre d'ombellifères.
  • Bunion, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1er février 2010.

Berberis

Berberis vulgaris, c'est l'épine vinette […], arbrisseau à feuilles épineuses dentées dont le fruit est constitué par des baies rouges ovoïdes. La teinture mère est obtenue à partir des racines séchées et plus particulièrement de l'écorce.

Berecinthe

BERECINTHE ou BERECINTHIE, (Myth.) c'est ainsi que la mere des dieux fut appellée de Bérécinthe, montagne de Phrygie, le lieu de sa naissance. Son culte dura dans les Gaules jusqu'au quatrieme siecle. On plaçoit Bérécinthe sur un char attelé de boeufs, & on la promenoit dans les champs & dans les vignes, pour la conservation des biens de la terre. Le peuple suivoit en foule, chantant & dansant devant le char.
  • Berecinthe ou Berecinthie, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-72), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 19 février 2010.

Blanc de plomb

Synon. de céruse.
Veuillez consulter Céruse.
  • Plomb, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Boccace (en it. Giovanni Boccaccio)

Écrivain italien né en 1313 et mort en 1375. Son livre le plus connu est Le Décaméron, recueil de nouvelles (1349-1351) qui fonde le genre de la nouvelle européenne en prose. Le cadre de l’ouvrage est la peste à Florence en 1348: dix personnes qui la fuient se racontent des histoires pour se divertir. Des leçons de tolérance, de lucidité et d’humour face aux vicissitudes de l’existence ont fait que Le Décaméron reste durablement partie du canon littéraire occidental.
  • Boccace (Giovanni BOCCACCIO, dit en fr.), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Boccace, Wikipédia l'encyclopédie libre (18 janvier 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 18 janvier 2010. http://fr.wikipedia.org/wiki/Boccace.

Borax

Sel de sodium utilisé pour ses propriétés de fondant et de décapant.
  • Borax, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Bouis

BOUIS ou BUIS. s. m. Espece d'arbrisseau tousjours vert.
  • Bouis, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1er février 2010.

Brésil

Brésil ou bois de brésil. Bois exotique de couleur rouge qui, séché et pulvérisé, fournit une matière tinctoriale rouge.
  • Brésil, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Cacochyme

adj. de tout genre. Mal sain, de mauvaise complexion. Cela ne se dit proprement que des corps humains pleins de mauvaises humeurs & tousjours sujets à quelque maladie. Un corps cacochime.
  • Cacochime, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 19 janvier 2010.

Caducée

CADUCÉE. s. m. Verge que les Poëtes ont attribuée à Mercure, accolée de deux serpents. On peint Mercure avec son caducée.
On appelle, Caducée, Le baston couvert de velours & de fleurs de lys d'or que portent le Roy d'armes & les Heros d'armes dans les grandes ceremonies
.
Veuillez consulter également la référence Mercure.
  • Caducée, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Camphre

Substance blanche, semi-transparente, d'odeur caractéristique, extraite du camphrier et utilisée notamment comme antimite, ainsi que pour la fabrication de celluloïd.
  • Camphre, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Cap Capharée

Promontoire du sud de l'Eubée. C'est près de ce cap qu'à son retour de la guerre de Troie, la flotte grecque fut dispersée par une tempête soulevée par Zeus. De nombreux navires grecs se brisèrent sur les rochers. Voir Nauple.

Capilli veneris

Noms Communs : Capillaire de Montpellier, Cheveu-de-Vénus. C’est un genre de fougère.
  • Adiantum capillus-veneris L., Tela Botanica (2000-2009), Le réseau des Botanistes Francophones, Internet, 1er février 2010.

Capricorne

  • L’un des douze signes astrologiques. Celui-ci est lié aux personnes nées entre le 22 décembre et le 20 janvier. Il est considéré comme signe féminin, négatif et il est souvent associé avec l’élément classique de la Terre.
  • Capricorne (tropique du). Parallèle de la sphère terrestre qui se trouve à latitude 23 degrés, 36' S.
  • Capricorne (astrologie), Wikipédia l'encyclopédie libre (16 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 22 juin 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Capricorne_(astrologie).
  • Capricorne (tropique du), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Caquexie

s.f. (On prononce CAKEXIE.) Terme de Médecine. Mauvaise disposition du corps, causée par la dépravation des humeurs.
  • Cachexie, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

Carus

s.m. Terme de Médecine. Affection soporeuse, profond assoupissement sans fièvre. Le carus tient fort de la léthargie & de l'apopléxie.
  • Carus, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

Catarrhe

Inflammation et hypersécrétion des muqueuses, particulièrement des voies respiratoires.
  • Catarrhe, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 8 mars 2010.

Centaures (en gr. Kentauroi)

Peuple ayant la tors de cheval et la tête d'homme, qui aurait habité en Thessalie et en Arcadie.
  • Centaures en gr. Kentauroi, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Cerbère

Nom du Chien à trois têtes qui, selon la Fable, gardoit la porte des Enfers. Au figuré, on appelle Cerbère, vieux Cerbère, Un Portier brutal, grossier, intraitable.
  • Cerbère, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Chaldéens

Peuple habitant en Chaldée, région de Sumer occidental. Anciennement, le terme fit référence à la Babylonie et à la Mésopotamie (l’on parlait de l’Empire chaldéen, employant l’adjectif comme synonyme de néobabylonien).
  • Chaldée, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Charites ou Les trois Grâces

Divinités de la Beauté qui appartenaient, avec les Muses, à la suite d'Apollon. On les considérait comme trois filles de Zeus et d'une Océanide, applées Aglaé, Euphrosyne et Thalie, et on leur attribuait les agréments qui embellissent la vie des hommes et des dieux.
  • Charites ou Kharites, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Charon ou Caron

Fils d’Érèbe et de la Nuit dans la mythologie grecque et romaine, Charon, nocher des Enfers, transporte des âmes sur sa barque à travers le fleuve Achéron en échange d'une obole.
  • Charon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Charybde

Le monstre mythologique de ce nom personnifie le dangereux tourbillon qui se produit près de la côte sicilienne, et en association avec le monstre Scylla, nom d'un écueil proche, sur lequel venaient se briser les navires qui tentaient d'éviter le tourbillon.
  • Charybde, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 8 mars 2010.

Cheval Séjan

Le cheval du guerrier romain Cneius Seius (premier siècle av. j-c.) semblait fatal à celui qui le possédait. Après l’exécution de Seius sur les ordres de Marc Antoine, le prochain propriétaire de ce beau cheval argive, Cornelius Dolabella, mourut en Syrie pendant les guerres civiles. Caius Cassius, qui en prit possession par la suite, fut tué suite à la bataille de Philippi par la même épée qui assassina Jules César. Lorsqu’Antoine perdit la bataille d’Actium et se suicida, le cheval fut en sa possession.
Voir Les Épithètes de Maurice de La Porte (1571) : Car tous ceux qui achetèrent le cheval de Séjan, moururent de mort violente ou précipitée : Dont est venu le proverbe commun de dire à tout homme malheureux et infortuné, qu’il a en sa maison le cheval de Séjan.
  • Brewer, Ebenezer Cobham, The Dictionary of Phrase and Fable, London, Cassell & Co., 1905. Google livres, Internet, 5 March 2010.
  • La Porte, Maurice de, Les Épithètes, Paris, G. Buon, 1571. Bibliothèque numérique Gallica, Internet, 5 March 2010.

Chimère

Monstre fabuleux, ayant le devant d'un dragon, le milieu du corps d'une chevre, & le derriere d'un lion. Bellerophon combattit la Chimere.
Il se dit figur. des imaginations vaines qui n'ont aucun fondement. Ce sont des chimeres. il a bien des chimeres dans la teste. c'est une pure chimere. se former des chimeres
.
  • Chimère, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Chypre (en gr. Kypros, en turc Kibris)

Pays, république et île qui se trouve en Méditerranée orientale. Chypre fut occupée par les colons syriens et anatoliens au -IIIe millénaire et par les Égyptiens au -XVIe et -XVe siècles. Ensuite, hellénisée par les Achéens, ils fondèrent plusieurs villes dont quelques-unes furent consacrées à Aphrodite. Ainsi, l'île de Chypre devint dorénavant connue par les Grecs comme le lieu d'origine de la déesse.
  • Chypre en gr. Kypros, en turc Kibris, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Circé (en gr. Kirkê)

En mythologie grecque, Circé fut la fille de l’Océanide Perseis et d’Hélios ainsi que la sœur de Pasiphaé. Elle fut magicienne, particulièrement experte dans les domaines des empoisonnements et des métamorphoses.
  • Circé en gr. Kirkê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Circé, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Circé.

Claude Ier (en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus)

Empereur romain qui régna de 41 à 54 ap. J.-C. Il est surtout connu pour sa nature faible. Ce furent plutôt sa femme Messaline et ses affranchis Pallas et Narcisse qui gouvernèrent à sa place. Éventuellement, il mit à mort celle-là et il se maria avec Agrippine, dont il adopta le fils Néron et le choisit comme héritier. Claude fut assassiné, probablement par sa femme Agrippine.
  • Claude Ier en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus, surnommé Germanicus et Britannicus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Clystere

Clystere, m. penac. Est pur Grec prononcé à la Françoise, le faisant de acuto penacutum, et signifie ablution ou lavatoire, estant le nom par les medecins approprié à l'ablution des boyaux faite d'injection par le fondement de la personne avec une syringue.
  • Clystere, Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 15 avril 2010.

Clytemnestre (en gr. Klutaimnêstra)

Clytemnestre était la fille du roi de Sparte Tyndare et de Léda selon la tradition la plus répandue. Il existe, pourtant, une autre version du mythe où celle-ci naquit de l’union de Léda avec Zeus, qui s'était métamorphosé en cygne. Selon cette version, Léda aurait pondu deux œufs : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
Clytemnestre épousa le roi de Mycènes Agamemnon. Les deux donnèrent naissance à des enfants, parmi lesquels furent Oreste et Électre. Leur fille Iphigénie fut sacrifiée à Aulis, un port grec en Béotie. Après ceci, Clytemnestre prit Égisthe pour amant, et les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon), après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • Clytemnestre en gr. Klutaimnêstra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Colchide (en gr. Kolkhis) ou Colchos

Dans Les espines du mariage, Varin désigne Colchos comme île, alors qu'en fait c'est une ancienne contrée asiatique qui fut encadrée par la partie est du Pont-Euxin et la partie sud du Caucase. En outre, selon François Noel, [l]es habitants s'appelaient Colchi, ce qui a donné lieu à la supposition d'une prétendue ville de Colchos qui n’a jamais existé.
  • Colchide en gr. Kolkhis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré desnoms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Noel, François, Colchide, ou Colchos, Dictionnaire de la fable, Paris, Le Normant, 1801, t.1. Google livres, Internet, 10 mars 2011.

Coquesigrue

ſ.f. Poiſlon maritime qu'on dit ſe donner des clyſteres avec l'eau de la mer, que les Anciens appelloient clyſter. Quelques-uns ſe ſervent de ce mot pour ſignifier quelque choſe chimerique.
  • Coquesigrue, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 1. Bibliothèque nationale de France, Internet, 5 mai 2010.

Corybantes

Prêtres de la mère des Dieux, Cybèle, qui dansaient armés, aux sons des flûtes, des tambours, des trompes et des boucliers frappés par les lances.
  • Corybante, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 4 mars 2010.

Coudre (Coudrier en français moderne)

s.m. Arbre qui porte des noisettes. Coudre franc. Bois de coudre. Baguette de coudre. Cerceaux de coudre.
  • Coudre, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 26 avril 2010.

Crudité

Aigreur d'estomac provenant d'une mauvaise digestion.
  • Crudité, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 8 mars 2010.

Crète

Île méditerranéenne grecque.
  • Crète, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Crète, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Crète .

Cupidon

Cupidon fut le fils de Vénus, que l’on identifie avec Éros dans la mythologie grecque. Dieu de l’amour, il demeure très important aujourd’hui et figure dans des célébration de la fête de Saint Valentin (le 14 février). En général, Cupidon est représenté comme un petit enfant nu et ailé qui tient un arc et un carquois de flèches.
  • Cupidon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cupidon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cupidon.
  • Éros, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Cyclopes (en gr. Kuklôpes)

Créatures de la mythologie grecque, les trois fils d’Oranos et de Gaïa. Les cyclopes n'ont qu’un œil au milieu du front. Ils figurent dans plusieurs légendes, notamment celle de l’Odyssée, dans lequel Homère décrit le cyclope comme anthropophage et antisocial.
  • Cyclopes en gr. Kuklôpes, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cyclopes, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclopes.

Cyprine

Nom que les Poëtes donnent à Vénus. Veuillez consulter la référence Vénus.
  • Cyprine, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 11 janvier 2010.

Cythère

Ile de la Méditerranée, célèbre par le culte de Vénus.
Jeux de Cythère, jeux, agaceries des amants.
[...]
L'enfant de Cythère, l'Amour.
Voyager à Cythère, faire un voyage à Cythère, se livrer aux plaisirs de l'amour
.
  • Cythère, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Céruse

s. f. Blanc de plomb, ou autrement, Blanc d'Espagne, qui sert à divers usages, & dont on compose des onguents & du fard. Onguent de Ceruse.
  • Ceruse, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 28 janvier 2010.

Cérès

Fille de Saturne et de Rhéa, Cérès est la déesse romaine de la fécondité, de l’agriculture et des moissons. Elle est l’équivalente romaine de la déesse grecque Déméter.
  • Cérès, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cérès, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cérès_(mythologie).

Cétérac

Espèce de fougère qu'on emploie quelquefois en médecine.
  • Cétérac, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Danaïdes

Dans la légende grecque, les cinquante filles de Danaos épousèrent les cinquante fils d’Égyptos, leurs cousins, mais leur père insista pour qu’elles tuassent leurs maris la nuit des noces. Selon une version du mythe, les Danaïdes égorgèrent leurs époux tandis que dans une autre version, Danaos donna à ses filles de longues épingles qu'elles cachèrent dans leurs cheveux; chacune poignarda son époux en plein cœur à minuit. Néanmoins, toutes les deux interprétations racontent seule Hypermnestre préserva la vie de son mari, Lyncée. Les meurtrières furent condamnées à l'enfer Tartare où elles versent éternellement de l’eau dans une jarre percée.
  • Danaïdes, Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 15 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/danaide.htm.
  • Danaïdes n. f. pl., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Daphné (en gr. Daphnê)

Nymphe dont le dieu Apollon fut amoureux. Afin de le fuir, elle est transformée en laurier.
  • Daphné en gr. Daphnê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

David

Selon la Bible (de I Samuel, XVI à I Rois, II), David, fils de Jessé, fut choisi par Dieu pour succéder à Saül comme roi d’Israël (v. -1000 à -972). Après la défaite du géant Goliath, champion des Philistins, que David tua par un coup de fronde à la tête, Saül le nomma comme chef de ses armées et lui donna sa fille Michol comme épouse. À la mort de Saül, David devint, d’abord, le roi de Juda et puis de tout Israël. Il conquit Jérusalem et en fit la capitale sainte en y transférant l’Arche d’alliance. Pourtant, la décadence de sa prospérité commença lorsqu’il fit tuer Urie, un officier dévoué, pour cacher son rapport adultère avec la femme d’Urie, Bethsabée, qui était devenue enceinte. Les malheurs de David à cause de son péché comprennent le viol de sa fille Thamar par son fils Amnon, qui fut vengé par son fils Absalon. À sa mort, son quatrième fils Salomon accéda le trône.
Musicien poète qui écrivit 73 Psaumes que la Bible lui attribue, il est considéré comme figure messianique. Jésus, considéré comme le messie par les Chrétiens, est appelé rejeton ou fils de David.
  • David, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • David (Bible), Wikipédia l'encyclopédie libre (30 décembre 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 8 janvier 2010.

Diane (en lat. Diana)

Déesse italique et romaine identifiée dès le - VIe s. à l'Artémis grecque. La Diane primitive, dont les légendes sont très pauvres, était une des plus anciennes divinités adorées par les Latins. Ses sanctuaires les plus importants étaient ceux de Capoue (Diana Tifatina) et d'Aricie, sur les bords du lac de Nemi (Diana Nemorensis).
Pour apprendre plus sur le mythe de Diane, veuillez consulter http://fr.wikipedia.org/wiki/Diane_(mythologie).
  • Diane en lat. Diana, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Diane (mythologie), Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Diane_%28mythologie%29.

Dixième Sphère

Selon la cosmologie des philosophes pythagoriciens (fin du VIe siècle av. J.-C.), les astres sont fixés sur dix sphères concentriques. La dixième sphère est celle qui porte les étoiles. Selon ce modèle, les distances entre les sphères sont marquées par des intervalles musicaux, qui forment l'harmonie des sphères. Le son produit par chaque sphère se ne distingue pas car il fait partie du bruit de fond que nous entendons depuis notre naissance.

Du serpent et de la lime (une fable d'Ésope)

Un serpent entré dans la forge d'un serrurier voulut ronger tous ses outils. Il tenta d’entamer d'abord l'enclume, mais sans succès. Ensuite, il s'attaqua à la lime, la croyant plus faible. La Lime se moqua de ses pauvres efforts : Sotte bête que tu es, quelle est ta folie? Comment pourrais-tu me ronger avec tes dents, moi qui ronge le fer, et qui peux mettre en poudre l'enclume que tu n'as pu seulement entamer?

Dédale (en gr. Daidalos)

En mythologie grecque, Dédale était un architecte, sculpteur et inventeur athénien. Exilé pour le meurtre de son neveu Talos, Dédale se réfugia en Crète chez Minos le roi de Cnossos. Le roi aurait chargé Dédale de construire le célèbre Labyrinthe pour enfermer le Minotaure.
  • Dédale, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dédale.
  • Dédale en gr. Daidalos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Déjanire (en gr. Dêianeira)

Selon la légende, Déjanire aurait été la princesse de Calydon (ville de l'Ancienne Grèce en Étolie) et l'épouse d'Hercule. Dans une histoire, Hercule et Déjanire arrivèrent à un fleuve, où apparut le centaure, Nessus, qui offrit d’aider Déjanire à traverser le fleuve alors qu'Hercule le traverserait à la nage. Pourtant, au moment où Hercule arriva à l’autre côté, il vit que Nessus abusait de Déjanire. Ainsi Hercule blessa-t-il le centaure d’une flèche. Celui-ci ordonna à Déjanire de prendre sa tunique et de la tremper dans son sang pour l’offrir à Hercule ; le sang sur la tunique agirait en philtre d’amour si Hercule n’aimait plus sa femme. Déjanire, jalouse d’Iole, la princesse de Thessalie , trempa la tunique dans le sang du centaure et la remit à Lichas. Celui-ci, le serviteur d’Hercule, l’apporta au héros. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau. Cependant, en essayant de l’enlever, il se rendit compte que sa peau partait avec la tunique et il s’arracha la peau. Il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus l’avait trompée.
Il existe des variations de ce mythe. Dans une autre version, où le sang du centaure était mélangé avec du poison de l’Hydre de Lerne, Hercule, la peau brûlant, construisit un bûcher dans lequel il se jeta.
  • Brunel, Georges, Hercule, iconographie, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Déjanire en gr. Dêianeira, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Eau alumineuse

Eau [q]ui contient de l'alun ou présente les propriétés de l'alun.
  • Alumineux, euse, adj., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Estiomène

ESTIOMÈNE. adj. de t.g. Qui mange, qui ronge, qui corrode. Il se dit en Médecine des ulcères corrosifs qui consument les chairs.
  • Estiomène, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 10 mai 2010.

Euripe (en gr. Evripos)

Détroit qui divise l'Eubée et le continent grec. Il est connu pour ses courants alternatifs qui changent de direction plusieurs fois par jour.
  • Euripe en gr. Evripos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Euripide (en gr. Euripidês)

Poète tragique grec (Salamine -480 – Macédoine -406 av. J.-C.) qui fut l'auteur de 92 pièces mais ne nous reste que dix-huit. D’habitude, on les répartit en trois groupes :
  • Classiques : Médée, Hippolyte porte-couronnne, Iphigénie à Aulis, Les Bacchantes
  • Renouvellement de la tragédie : Alceste, Ion, Électre
  • Tragedies ayant des allusions contemporaines : Héraclides, Andromaque, Les Troyennes, Hélène
Il écrivit aussi les tragédies Hécube, Les Suppliantes, Héraclès furieux, Iphigénie en Tauride, Les Phéniciennes et Oreste et le drame satirique Le Cyclope.
  • Euripide en gr. Euripidês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Euripide, Wikipédia l'encyclopédie libre (10 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 juin 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Euripide.

Eurytos (en lat. Eurytus)

Dans la mythologie grecque, Eurytos fut roi d’Œchalie, ville d’Eubée dans la région de Thessalie. Il organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille, la princesse Iole, au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • Eurytos (Œchalie), Wikipédia l'encyclopédie libre (25 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 16 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Eurytos_%28%C5%92chalie%29.
  • Iole en gr. Iolê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Faune

Le faune au masculin est un dieu champêtre chez les Romains. Au féminin, la faune est un genre de nymphe qui s’allie aux faunes masculins, dont elle partage les caractéristiques de base : généralement, le haut du corps est humain, mais avec des oreilles de chèvre, tandis que le bas est celui d’un animal, normalement la chèvre.
  • Voir le Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), et le Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Fiel

Liquide amer, verdâtre, contenu dans la vésicule biliaire.
  • Fiel, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Fier-à-bras

Tiré de Fierabras, nom propre d'un géant sarrasin des chansons de geste; titre d'une chanson de geste de ca 1180 du nom du héros.
  • Fier-à-bras, subst. masc., Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 10 mai 2010.

Ganymède (en gr. Ganumêdês)

Terme de mythologie. Nom du fils de Laomédon, enlevé par l'aigle de Jupiter, à cause de sa beauté.
  • Ganymede, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Gelons

[...] peuples de la Scythie-européenne , voiſins des Agathyrſes. Ils ſupportoient patiemment la faim étant à la guerre , & vivoient ordinairement d'un peu de lait mêlé avec du ſang , qu'ils tiroient de leurs chevaux. Ils écorchoient leurs ennemis , & ſe faiſoient des habits de leur peau , afin de paroître plus terribles. Ils ſe peignoient auſſi le corps de différentes couleurs , pour se rendre plus formidables dans les combats.
  • Moreri, Louis. Gelons, Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, Paris, Libraires Associés, 1759, t. 5. Bibliothèque numérique Gallica, Internet, 2 décembre 2009.
  • Gélons, Wikipédia l'encyclopédie libre (22 septembre 2013), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 13 février 2014. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gélons.

Gibraltar

Détroit entourant le rocher de Gibraltar qui sépare l'Éurope de l'Afrique et l'Atlantique de la Méditerranée.
  • Gibraltar (détroit de), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Guerre des Sept Chefs

L'auteur fait allusion à la guerre des Sept Chefs. Selon la mythologie grecque, lorsqu’Étéocle refusa à son frère, Polynice, le trône de Thèbes, Polynice s’enfuit en Argos où, après son mariage avec la fille du roi Adraste, il s’allia avec le roi pour planifier une attaque sur les Thébains afin de rétablir son trône. Il recruta cinq autres chefs, Tydée de Calydon, Parthénopaos d'Arcadie, les Argiens Capanée, Hippomédon ainsi qu’Amphiaraos, et assigna à chacun la mission d'assiéger une porte de Thèbes. Polynice entreprit lui-même la siège de la septième porte où il combattit contre Étéocle. Enfin, les deux frères s’entretuèrent et la bataille se termina avec la défaite des Argiens.
  • Sept Chefs, guerre des, Encyclopédie Microsoft Encarta en ligne (2009), Microsoft Corporation, Internet, 2 novembre 2009.

Guillot le songeur

L'expression, Il est logé chez Guillot le songeur, se dit d'un homme gêné d'une mauvaise affaire et qui pense à comment s'en tirer.
  • Songeur, Reverso dictionnaire en ligne (2008), Softissimo, Internet, 22 janvier 2010.
  • Gibson, Walter S., Bosch's Dreams: A Response to the Art of Bosch in the Sixteenth Century, The Art Bulletin, 1992, vol. LXXIV, no. 2, p.212.

Gémeaux

L’un des douze signes astrologiques. Celui-ci est associé aux personnes nées entre le 22 mai et le 21 juin. Ce signe est lié à l’élément de l’Air et son opposé est le Sagittaire.
  • Gémeaux, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Gémeaux, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gémeaux_(astrologie) .

Harpocrate (en gr. Harpocratês ; en égypt. Har-pekhrad)

Dieu du silence en mythologie grecque et romaine adapté du dieu égyptien Horus. Son nom même en témoigne : les éléments hellénisés du nom Har-pokhrat signifient Horus l'enfant. On voit ce dieu représenté comme un enfant qui suce son doigt.
  • Harpocrate, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Harpocrate.
  • Harpocrate (en gr. Harpocratês ; en égypt. Har-pekhrad), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hercule (en lat. Hercules, en gr. Héraclès)

Héros de la mythologie gréco-romaine dont la vie est racontée en plusieurs épisodes héroïques et fabuleux. C’est un demi-dieu, ayant pour père le dieu Zeus et pour mère Alcmène. Héraclès grec a fait plusieurs aventures partout dans la Méditerranée ainsi qu’aux Enfers. Hercule romain semble être moins violent que son alter ego grec.

Hierre

Hierre, Hedera. Une sorte de liarre qu'on appelle Hierre, Cissus.
  • Hierre, Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1er février 2010.

Hippocrate (en gr. Hippokratês)

(Cos v. 460 - Lárissa, Thessalie, v. 377 av. J.-C.) Médecin grec que l'on considère le père de la médecine. Hippocrate était le premier à employer l'observation clinique pour parvenir à un diagnostic. Comme ordonnance, il préférait prescrire des traitements simples afin de céder la guérison du patient à la nature. Sa physiologie était fondée sur la théorie des quatre humeurs (sang, lymphe, bile jaune et bile noir), qui, selon lui, contrôlaient la santé, la maladie et les tempéraments. On lui attribue avec incertitude un ensemble de traités, tels que son Traité du prognostic, des fractures, des luxations, des airs, des eaux et des lieux, ainsi que les Aphorismes. Le serment d'Hippocrate continue à inspirer des pratiques médicales de nos jours dans le sens où les nouveaux médecins généralement doivent réciter une version moderne de ce serment qui leur rappelle leurs obligations morales, éthiques et légales.
  • Hippocrate (en gr. Hippokratês), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hipponax d'Éphèse

Poète satirique grec qui vécut au VIe siècle av. J.-C. Banni d'Éphèse, il se réfugia à Clazomènes où il mena une vie de pauvreté. Ses satires ne survivent qu'en fragments, mais ceux qui restent témoignent, dans un langage réaliste, d'un enfer terrestre.
  • Hipponax d'Éphèse, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Huile de talc

Huile de talk , eſt une huile imaginaire que les Chymiſtes charlatans ſe vantent de tirer du talk, laquelle ils diſent eſtre un fard merveilleux pour conſerver le teint , parce qu'elle a eſté en effet beaucoup vantée par les Anciens, & particulierement par les Arabes. Mais ce mot de talk chez eux ne ſignifioit autre choſe qu'une égale diſpoſition des humeurs qui entretenoit le corps en un bon temperament & en une parfaite ſanté. Or comme il n'y a rien qui contribuë plus que la ſanté à conſerver la beauté du teint, cela a donné lieu aux Chymiſtes de rechercher cette huile de talk qui maintenoit le corps en cette diſpoſition, & d'engager les femmes à faire la deſpenſe de cette recherche. Quelques-uns ont creu auſſi que le talk jaune ou rouge contenoit une miniere d'or , & qu'on en pouvoit tirer un menſtruë pour la tranſmutation des metaux en or, ou en argent , & pour la fixation du mercure , ou une Medecine univerſelle capable de guerir tous les maux qu'on tient incurables : mais c'eſt encore une pure charlatanerie.
  • Furetière, Antoine. Talk, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 3. Bibliothèque nationale de France, Internet, 29 janvier 2010.

Humeur

En termes de Medecine , on appelle les quatre humeurs , les quatre ſubſtances liquides qui abreuvent tous les corps des animaux , & qu'on croit eſtre cauſes des divers temperamments , qui ſont le flegme ou la pituite, le ſang, la bile, la melancolie. Il y en a de compoſées qui s'eſpaiſſiſſent & qui ſe corrompent , comme celles qui font le pus, les glaires , & autres qui cauſent les abſés, les obſtructions, & generalement toutes les maladies. On les appelle de divers noms, malignes , aduſtes , acres , mordicantes , cruës , peccantes, &c. [...]

Humeur , ſe dit auſſi du temperamment particulier qui vient du meſlange de ces qualitez. Ainſi on dit , qu'un homme est d'humeur bilieuſe, colerique, emportée; d'humeur flegmatique, douce , poſée , froide ; d'humeur ; ſociable , grave ; d'humeur melancolique, chagrine , inquiete, triſte, noire, ſombre, bizarre, inſupportable , hypocondriaque ; d'humeur ſanguine , gaye , enjoüée , complaiſante , volage , amoureuſe ; de belle humeur ; d'humeur joviale , imperieuſe
.
  • Furetière, Antoine. Humeur, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 2. Bibliothèque nationale de France, Internet, 9 settembre 2009.

Hydre de Lerne (en lat. Lernaia Hudra)

Monstre fabuleux à multiples têtes qui aurait été tué par Héraclès parce que celui-là ravageait l'Argolide. À chaque fois que Héraclès essaya de lui trancher une tête, la tête repoussait. Héraclès dut alors utiliser des flèches enflammées afin de tuer la créature. Par la suite, le héros enterra la tête centrale, qui était immortelle, sous un grand rocher. Enfin, Héraclés trempa ses flèches dans le sang venimeux du cadavre pour que tous ceux qui fussent blessés d'elles subissent une mort définitive.
C'est ainsi qu'on employait le mot hydre pour signifier proverbialement [t]oute sorte de mal, qui multiplie quand on pense le destruire.
  • Heraclés / Hercule, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 29 avril 2010. http://mythologica.fr/grec/heracles0.htm
  • Hydre, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 27 juillet 2011.
  • Hydre de Lerne en lat. Lernaia Hudra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hydropisie

s. f. Maladie qui fait enfler le corps, & cause au malade une alteration qu'il ne peut estancher.
  • Hydropisie, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

Hyménée (en gr. Humenaios)

  • Dieu romain, fils de Vénus (Aphrodite) et de Bacchus (Dionysos). Dans l’antiquité, Hyménée présidait au mariage. Les Athéniens en particulier l’invoquèrent souvent, non seulement dans des noces, mais également dans d’autre fêtes.
  • Le cri poussé lors du banquet de noces.
  • Hyménée, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Hyménée, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hymen.

Hélicon (en gr. Hélikòn)

Le plus grand mont en Béotie, Grèce ; il fait 1748 m. En grec, Hélicon signifie montagne tortueuse. Le mont Hélicon, avec le mont Parnasse, furent célébrés comme des retraites préférées des Muses.
  • Hélicon , Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mont Hélicon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_Hélicon.

Hélios

Divinité hellénique personnifiant le soleil et la lumière. Chaque jour, il surveillait les hommes et les dieux en traversant le ciel dans son char de feu tiré par quatre chevaux. Il est connu pour son caractère licencieux car il délaissait ses amantes pour en séduire une nouvelle. Pour apprendre plus sur le mythe de Hélios, veuillez consulter http://mythologica.fr/grec/helios.htm.
  • Hélios, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Hélios / Sol, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 14 janvier 2010.

Ictérique

Terme de Médecine, qui se dit Des remèdes contre la jaunisse.
  • Ictérique, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1798), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Indien, ienne

Personne qui est née ou vit dans les régions d'Asie anciennement appelées Indes.
Veuillez consulter également la référence Indes orientales.
  • Indien, ienne, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 22 octobre 2009.

Innocent

On appelle encore, Innocents, Ceux qui ont l'esprit foible, qui sont idiots. C'est un innocent, un vray, un pauvre innocent, un franc innocent. vous estes un bon innocent, bien innocent de croire cela. la pauvre innocente.
  • Innocent, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 3 mai 2010.

Invocation aux Muses

On appelle, Invocation, dans le poëme Epique, Les vers par lesquels on s'adresse à quelque Puissance divine ou humaine pour luy demander son secours, sa protection.
Veuillez consulter également Muse.
  • Invocation, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Iole (en gr. Iolê)

Iole fut la princesse de Thessalie dans la mythologie grecque. Son père le roi, Eurytos, organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • Iole en gr. Iolê, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ithys

Dans la mythologie grecque, Ithys fut le fils de Térée et de Procné. Lorsque Procné découvrit le viol de sa sœur Philomèle par son mari Térée, elle tua son propre fils pour se venger de son mari. Ensuite, elle servit à Térée le cadavre découpé d’Ithys sur un plat.

Ixion

Ixion fut le roi légendaire des Lapithes, tribu grecque qui habitait le nord de la Thessalie. De son union avec Héra naquirent les Centaures.
  • Ixion, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Jacques de Courtin de Cissé

Jacques de Courtin de Cissé, dont les Oeuvres poétiques furent publiées en 1581, fréquenta le salon des Dames Desroches.
  • Courtin de Cissé, Jacques de (1560-1584), Bibliothèque nationale de France, Internet, 14 janvier 2010. http://catalogue.bnf.fr.

Jason (en gr. Iasôn)

Dans la mythologie grecque, Jason fut roi mythique d’Iolcos en Thessalie dont l'oncle, Pélias, déroba le trône à son père Éson et à lui. Ainsi le jeune prince fut-il élevé par Chiron, centaure connu pour la bonté et pour la sagesse. Il rentra à Iolcos comme adulte, se présentant devant Pélias en portant une seule sandale, car il avait perdu l’autre en traversant une marée. Le roi avait été averti par un oracle de se garder de l’homme qui ne portait qu’une sandale. Ainsi Pélias dit-il à Jason qu’il ne serait roi que s’il lui apportait la Toison d’or. De ce fait, Jason, accompagné par les Argonautes, part en Colchide sur le grand navire Argo. Avec l'aide de la magicienne Médée, Jason s'empara de la toison. Ensuite, les deux s'enfuirent ensemble et Jason rentra à Iolcos avec Médée comme sa femme. Or, peu après, Médée tua Pélias dans l'espoir de rendre le trône à son mari. En revanche, Jason et Médée furent exilés de Ioclos, après lequel ils se refugièrent à Corinthe et eurent deux fils. Dix ans plus tard, Jason annonça à Médée qu’il épouserait Créüse, la fille de Créon, roi de Thèbes car celui-ci avait offert à Jason de lui succéder comme roi. Furieuse contre cette infidélité et ingratitude, Médée se vengea de façon cruelle : elle envoya une tunique empoisonnée à Créüse comme cadeau de mariage et égorgea ses propres enfants.
  • Jason, Greek Mythology Link (1997), Carlos Parada et Maicar Förlag, Internet, 10 mars 2011. http://www.maicar.com/GML/Jason.html.
  • Jason en gr. Iasôn, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Job

Héros du Livre de Job dans l'Ancien Testament, Job est l'archétype du Juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan, avec la permission de Dieu.

Jules César (en lat. Caius Julius Caesar)

(Rome 101 – Ides de Mars 44 av. J.-C.) Illustre homme d'état, général et enfin dictateur romain (46-44 av. J.-C.) qui joua un rôle essentiel dans la transformation de la République romaine à l'Empire romain. Toutefois, ses réformes politiques et sociales furent déjouées lorsque Marcus Junius Brutus, un noble à la Chambre du Sénat, l'assassina en 44 av. J.-C.
Non seulement César fut-il un homme politique célèbre, mais il était un bon orateur et historien. Il écrivit quelques œuvres littéraires : Commentarii de bello gallico (Commentaires de la guerre des Gaules) et Commentarii de bello civili (Commentaires de la guerre civile).

Junon (en lat. Juno)

Déesse de la nature dans la religion romaine, Junon représentait la féminité. Junon et Jupiter, son frère de la même mère Rhéa ainsi que son époux, sont considérés comme divinités primordiaux qui constituent deux des trois figures dans la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve).
Les grecs hellénisèrent Junon et la renommèrent Héra. Ils lui attribuèrent le rôle de protectrice du mariage et des femmes mariées.
  • Héra en gr. Hêra, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Junon en lat. Juno, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Jupiter

D’autres noms : Stator (qui arrête), Elicius (qui fait le foudre) et Feretrius (qui frappe). L’équivalent du dieu grec, Zeus, Jupiter, fils de Saturne, est le roi des dieux considéré comme divinité primordiale faisant partie de la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve) dans la mythologie romaine-italique. Jupiter gouverne le ciel, les éléments météorologiques (tonnerre, foudre) et la lumière du jour. Ainsi il est souvent représenté avec les emblèmes de l'éclair, du trône et du sceptre.
D'un esprit licentieux, Jupiter prit maintes amantes, cependant, seulement sa sœur jumelle Junon conquit son cœur. Après plusieurs tentatives de la courtiser, il réussit finalement à gagner sa main en se transformant en coucou mouillé pour exciter la sympathie et l'affection de la déesse. Ainsi leurs noces marquèrent le premier mariage du monde.
  • Hera / Junon, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/hera.htm.
  • Jupiter, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Zeus / Jupiter (3/4), Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/zeus3.htm.

Juvénal (en lat. Decimus Junius Juvenalis)

Poète latin, auteur de satires. Il naquit à Aquinum en Campanie vers l’an 55 ap. J.-C. Il produisit seize Satires qui traitent des vices de son époque, contrastant la Rome traditionnelle (pure, exaltée par Cicéron) avec la Rome contemporaine. Juvénal mourut vers 140.
  • Juvénal en lat. Decimus Junius Juvenalis, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré de noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

L'Iliade

Épopée grecque dont l'auteur prétendu est Homère. L'Iliade exerça une influence importante sur la poésie épique, de l’Énéide de Virgile aux œuvres plus récentes. Cette épopée raconte quelques journées de la guerre de Troie. , le personnage principal, dirige les Achéens contre les Troyens après l’enlèvement d’Hélène par Pâris.
  • Homère, Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • L'Iliade en gr. Ilias, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

L'Énéide

Poème épique écrit par le poète latin Virgile entre -29 et -19 av. J.-C. L’Énéide fut un projet ambitieux pour Virgile : il cherchait à écrire une épopée romaine qui équivaudrait à l’œuvre magistrale grecque d’Homère, l’Iliade. Pourtant, Virgile mourut avant que l’œuvre ne fût achevée. Quoiqu’il eût demandé qu’on brûlât l’épopée partielle, Auguste ordonna que la publication fût complétée par Varrius et Tucca, poètes et amis de Virgile.
Le poème consiste douze chants et raconte les aventures du prince troyen Énée, un des plus grands héros de la guerre de Troie. Après que les Grecs avaient ordonné à Énée de fuir de Troie, il se trouva naufragé avec quelques-uns de ses hommes à Carthage. Là, il connut Didon, fondatrice et reine de la ville. Les deux tombèrent vite amoureux. Malheureusement, cet amour menaçait le destin du héros : il était censé fonder Lavinium (Rome) en Italie. À cause du départ de son bien-aimé, Didon, inconsolable, se donna la mort. Énée incarne certaines valeurs romaines comme la dévotion à son devoir, d’abord et avant tout.
  • Énéide, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Énéide (Virgile), Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

La Franciade

Épopée inachevée de Ronsard (1572), dont les quatre premiers chants, en décasyllabes, s'inspirent de l'Énéide et attribuent à Francus, fils d'Hector, la fondation du royaume de France.
  • La Franciade, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Laurier

s.m. Sorte d'arbre toujours verd, & qui porte une petite graine noire & amère. Chez les Anciens le laurier étoit consacré à Apollon. On donnoit des couronnes de laurier aux Capitaines qui avoient remporté la victoire, & aux Poëtes qui avoient mérité le prix .
  • Laurier, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 19 octobre 2009.

Lazare

Dans le Nouveau Testament (l’Évangile selon Saint Jean), Lazare est le nom du frère de Marthe et de Marie, ressuscité par Jésus quatre jours après sa mort. Ce miracle contribue à augmenter le nombre de croyants en la divinité du Christ.
  • Émile Littré : Dictionnaire de la langue française, (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Le Cocyte (en gr. Kôkutos Naissant des lamentations)

Fleuve des Enfers qui afflue de l’Achéron ou du Styx. Selon la tradition, les eaux du Cocyte seraient alimentées par les larmes des injustes.
  • Cocyte n. m. -en gr. Kôkutos Naissant des lamentations, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Le Livre Paphien

Paphie est un autre nom pour Aphrodite (Vénus); Aphrodite est née à la ville chypriote de Paphos selon la légende; un temple de l’ancienne ville était un lieu d’adoration de la déesse. Le Livre Paphien est sans doute une allusion aux instructions en amour fournies par Aphrodite.
  • Peristianes, J. C., A Cypriote Inscription from Keryneia, The Journal of Hellenic Studies, 1914, vol. XXXIV, p. 119.
  • McQueen Grant, Robert, Gods and the One God, Philadelphia, Westminster Press, 1986, p. 22.

Les Sables-d'Olonne

Commune française située dans la région des Pays de la Loire. Au XVIIe siècle, elle fut un port important et connut l'âge d'or de la grande pêche.
  • L'Histoire, Office de tourisme des Sables d’Olonne, Les Sables d'Olonne, Internet, 8 mars 2010.

Libye

Les peuples de Libye, pays arabe d'Afrique du Nord bordant la mer Méditerranée, furent défaites par Carthage dès le Ve siècle av. J.-C., lorsque les Carthaginois dominèrent tout l’ouest du bassin méditerranéen.
  • Histoire de Carthage, Wikipédia l'encyclopédie libre (3 décembre 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 5 janvier 2010. http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Carthage.
  • Libye n. f. -off. Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste en ar. al-Lībiya, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Limon

Fruit du limonier, analogue au citron à la différence près qu'il est plus acide et que son écorce est moins épaisse.
  • Limon3, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Lupin

Plante herbacée annuelle à feuilles alternes digitées dont les fleurs se dressent en longs épis coniques, cultivée comme fourrage, comme engrais, ou pour ses qualités ornementales, et dont la graine fut utilisée comme aliment principalement dans l'Antiquité.
  • Lupin, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Magellan

Célèbre navigateur portugais (1480-1521) qui fut le premier à circumnaviguer le monde.
  • Magellan (Fernão DE MAGALHÃES, dit en fr. Fernand DE), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Marrane

Nom donné par les Espagnols aux Arabes et Juifs convertis, et devenu une injure signifiant traître, perfide.
On trouve aussi marane
.
  • Marrane, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Mars

Dieu romain de la guerre, de la végétation, du printemps et de la jeunesse. Selon la légende, il est fils de Junon et de Jupiter et le père des jumeaux Romulus et Remus, qu'il aurait eus de son union avec Rhea Silvia.
Dans la mythologie grecque, il représente toujours le dieu guerrier mais il est renommé Arès. Fils de Zeus et d’Héra et un des douze Olympiens, il est connu non seulement pour ses combats mais aussi pour ses nombreuses aventures avec la déesse Aphrodite (Vénus).
  • Arès / Mars, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 16 février 2010. http://mythologica.fr/grec/ares.htm.
  • Mars, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Massagètes

L’historien grec Hérodote (Ve siècle av. J-C) décrit ce peuple féroce, appparenté aux Scythes : ils combattaient armés d'arcs et de piques ; ils mangeaient les cadavres des anciens, qu'ils avaient immolés, après les avoir fait cuire. Il est aussi à noter qu’ils mettaient en commun leurs femmes, malgré leur mariage avec des épouses légitimes.
  • Massagètes, Encyclopédie Universalis (2010), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 15 février 2010.

Mercure (en lat. Mercurius)

Dieu du commerce, du profit et du voyage qui sert aussi de messager des autres dieux dans la mythologie romaine. Assimilé au dieu grec, Hermès, Mercure représente également l'habileté et la ruse.
  • Hermès, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mercure, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mercure_(mythologie).
  • Mercure en lat. Mercurius, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Messaline (en lat. Valeria Messalina)

(25 av. J.-C. - Rome 48 ap. J.-C.). Fille du consul romain Marcus Valerius Messalla Barbatus, Messaline devint impératrice romaine lorsqu'elle épousa Claude Ier. Connue pour sa conduite despotique, Messaline manipula Claude pour qu'il éliminât les rivaux potentiels à elle et à leurs enfants, Octavie et Britannicus. Messaline était également réputée pour la vie dévergondée qu'elle mena. Selon le poète latin Juvenal, elle se prostituait dans des bordels de Rome et elle aménagea même une partie du palais en lupanar. Cependant, l'empereur mit fin à ses débauches lorsque l'affranchi Narcisse l'avertit du mariage prévu entre Messaline et Silius, son amant secret, et de leur attentat comploté contre lui. Effectivement, Claude fit exécuter sa femme et Silius dans les jardins de Lucullus.
  • Messaline, Wikipédia l'encyclopédie libre (18 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 31 mars 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Messaline.
  • Messaline en lat. Valeria Messalina, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Pars, Dictionnaires le Robert, 1994.

Midas

Roi de Phrygie vers VIIIe siècle av. J.-C. Lors de son règne, la Phrygie atteignit son apogée au moyen de ses mines d’or et de fer. Pourtant, les Cimmériens mirent fin au royaume lors de leurs invasions après -700.
Le règne de Midas est d’abord et avant tout connu grâce aux légendes populaires. Dans une légende, Midas rend le captif Silène au dieu Dionysos et celui-ci promet au roi de lui exaucer un vœu. Ainsi Midas gagne-t-il la capacité de changer n’importe quel objet ou être qu’il touche en or. Pourtant, après peu de temps, il commence à mourir de soif et de faim à cause du don. De ce fait, il prie Dionysos de l’aider. Celui-ci lui conseille de se baigner dans l’eau de la source du Pactole. De cette façon, la source produit des paillettes d’or.
Dans une autre légende, Midas annonce que Marsyas, satyre, est un meilleur musicien que le dieu Apollon lors d’un concours. Enragé, Apollon change les oreilles de Midas en celles d’un âne. Midas, gêné, se cache les oreilles sous une tiare mais son barbier découvre bientôt la vérité en lui coupant les cheveux. Il dévoile le secret à un trou qu’il a creusé dans le sol ; ainsi les roseaux répètent-ils la vérité compromettante.
  • Midas, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Mont Caucase (en russe Kavkaz)

Le Caucase désigne tout un ensemble montagneux qui se trouve au sud de la Russie européenne. Le point culminant de l’ensemble s’appelle le mont Elbrouz (5, 642 m).
Selon la mythologie grecque, le mont Caucase fut l'endroit où Prométhée fut puni pour avoir apporté le feu aux êtres humains après l’avoir dérobé aux dieux. Comme punition, il se trouva enchaîné au sommet de la montagne alors qu’un aigle lui rongeait le foie (qui repoussait constamment) tous les jours. Éventuellement, Hercule le sauva en tuant l’aigle.
  • Mont Caucase en russe Kavkaz, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Montgibel

Veuillez consulter la référence Mont Etna.

Muse

Chacune des neuf déesses qui, dans la mythologie antique, présidaient aux arts libéraux. [...] Les neuf Muses : Clio, l'histoire; Calliope, l'éloquence, la poésie héroïque; Melpomène, la tragédie; Thalie, la comédie; Euterpe, la musique; Terpsichore, la danse; Érato, l'élégie; Polymnie, le lyrisme; Uranie, l'astronomie.
Veuillez consulter également Invocation aux Muses.
  • Muse, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 4 novembre 2009.

Myrrhe

Sorte de gomme ou de liqueur odorante qui distille d'un arbre, qui croist dans l'Arabie heureuse. La myrrhe transparente passe pour la meilleure de toutes. la myrrhe est fort amere. les trois Mages apporterent à Nostre Seigneur en Bethléem or, myrrhe, & encens. on se servoit de myrrhe pour embaumer les corps.
  • Myrrhe, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 29 janvier 2010.

Méduse

L'une des Gorgones, dont le regard et la tête avaient la vertu de changer en pierre tous ceux qui la regardaient.
  • Méduse, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Médée (en gr. Mêdeia)

Selon la mythologie grecque, Médée fut la fille du roi de Colchide, Éétès. Cette magicienne célèbre, amoureuse de Jason, trahit son père et son pays en utilisant la magie pour aider celui-ci à gagner la Toison d’or. Lorsqu'ils furent poursuivis par Éétès, Médée tua son frère Absyrtos et dépèça son corps, jetant ses membres sur la route pour retarder son père. Les deux amants réussirent à s'évader et, ensuite, ils se marièrent. Parvenue à Iolcos en Thessalie, Médée fit périr Pélias, roi de Iolcos et l'oncle qui avait envoyé Jason en Colchide pour s'emparer de la Toison d’or. Elle convainquit les filles de Pélias de dépecer leur père et de jeter les morceaux dans un chaudron d’eau bouillante pour ainsi le faire rajeunir. À cause de ce crime, Médée et Jason furent exilés à Corinthe où les époux donnèrent le jour à deux fils. Pourtant, lorsque Jason la répudia pour Créüse, la fille du roi Créon, Médée se vengea de l'adultère. Elle envoya à Créüse une tunique empoissonée comme cadeau et, enfin, égorgea ses propres enfants.
  • Medea, Wikipédia l'encyclopédie libre (7 mars 201), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 9 mars 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Medea.
  • Médée, Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 9 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/medee.htm
  • Médée en gr. Mêdeia, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Mélisse

Plante dicotylédone herbacée (de la famille des Labiacées), à fleurs blanches ou jaunâtres, cultivée dans les jardins. Synon. citronnelle. [...] Eau de mélisse. Alcoolat obtenu par la distillation de feuilles de mélisse fraîches avec de l'alcool et utilisé comme stimulant et antispasmodique.
  • Mélisse, subst. fém., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Napelle

Terme de Medecine. C'eſt une plante dont la ſubſstance , le ſuc & le fruit contiennent un poiſon ſi dangereux , qu'il tuë ſon homme en un jour , ou au plus tard en trois; & ſi on n'y applique quelques remedes, il tuë ſur le champ. Il n'a point de contrepoiſon; & encore aprés les remedes il ne laiſſe pas de cauſer une fievre ectique: ou le mal caduc, comme teſmoigne Avicenne.
  • Furetière, Antoine. Napellus, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 2. Bibliothèque nationale de France, Internet, 25 août 2009.

Narcisse

En parlant d'un homme amoureux de sa figure, on dit dans le discours familier, qu'Il est un Narcisse ; & c'est une figure prise de la Fable de Narcisse, qui étant devenu amoureux de lui-même en se regardant dans l'eau, fut changé en la fleur qui porte son nom.
  • Narcisse, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Nenufar

Sorte d'herbe aquatique servant à la Medecine. Du sirop de nenufar. de l'eau de nenufar.
  • Nenufar, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 28 janvier 2010.

Neptune

Dans la mythologie romaine, l'équivalent de Poséidon grec (le dieu des Océans et des Mers). Veuillez également consulter Poséidon.
  • Neptune, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Neptune, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Neptune_(mythologie).

Nessus ou Nessos

L'un des Centaures, peuple mythique à torse de cheval et tête d'homme, qui fut associé avec la mort d'Hercule. Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres souligne que l'on obtient, de son nom, l'expression tunique de Nessus, qui signifie un présent funeste.
Selon la légende, Hercule et son épouse Déjanire arrivèrent à un fleuve, où apparut le centaure, Nessus, qui offrit d’aider Déjanire à traverser le fleuve alors qu'Hercule le traverserait à la nage. Pourtant, au moment où Hercule arriva à l’autre côté, il vit que Nessus abusait de Déjanire. Ainsi Hercule blessa-t-il le centaure d’une flèche. Celui-ci ordonna à Déjanire de prendre sa tunique et de la tremper dans son sang pour l’offrir à Hercule ; le sang sur la tunique agirait en philtre d’amour si Hercule n’aimait plus sa femme. Déjanire, jalouse d’Iole, la princesse de Thessalie , trempa la tunique dans le sang du centaure et la remit à Lichas. Celui-ci, le serviteur d’Hercule, l’apporta au héros. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau. Cependant, en essayant de l’enlever, il se rendit compte que sa peau partait avec la tunique et il s’arracha la peau. Il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus l’avait trompée.
Il existe des variations de ce mythe. Dans une autre version, où le sang du centaure était mélangé avec du poison de l’Hydre de Lerne, Hercule, la peau brûlant, construisit un bûcher dans lequel il se jeta.
  • Nessos ou Nessus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Nitre

Poudre (à canon) à base de salpêtre.
  • Nitre, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Néphritique

Qui souffre de néphrite, une maladie inflammatoire et douloureuse du rein.
  • Néphrétique, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 8 mars 2010.

Onguent citrin

Onguent qui rappelle la couleur du citron.
  • Citrin, ine, adj., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Ophtalmie

s.f. Terme de Chirurgie. Maladie des yeux, qui consiste dans l'inflammation de la conjonctive. On en distingue de deux espèces; l'une avec écoulement de larmes, qu'on appelle Ophtalmie humide; l'autre sans écoulement, que l'on nomme Ophtalmie sèche.
  • Ophtalmie, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

Orcanette

Plante de la famille des Borraginées, croissant dans les régions méditerranéennes, dont la racine rouge foncé fournit une matière colorante.
  • Orcanète, Orcanette, subst. fém, Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Orphée (en gr. Orpheus)

Aède mythique de Thrace, fils du roi Œagre et de la muse Calliope. Sa légende, l’une des plus obscures de la mythologie grecque, est liée à la religion des mystères ainsi qu’à une littérature sacréallant jusqu’aux origines du christianisme. Orphée invente la cithare, ou reçoit d’Apollon la lyre à 7 cordes et en ajoute 2, atteignant ainsi le nombre des Muses, 9. Son chant charmait les dieux et les mortels, apprivoisait les fauvres, parvenait même à émouvoir les ëtres inanimés. Par ce pouvoir, unissant la poésie et la musique, il est très utile à des Sirènes. C’est aussi par ses mélodies qu’il apaise Cerbère et charme les divinités infernales, quand il descend aux Enfers pour obtenir le retour à la vie de son épouse disparue (Eurydice). Affligé par la perte définitive de celle-ci, Orphée reste jusqu’à la fin inconsolable et solitaire. Selon la version la plus répandue sur sa mort, il est mis en pièces par les Ménades, soit pour avoir dédaigné l’amour des femmes de Thrace, soit pour avoir exclu les femmes des mystères. Selon une autre version, Orphée est foudroyé par Zeus pour avoir révélé ses expériences du royaume des morts à ses mystères.
  • Orphée en gr. Orpheus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pactole (en grec. Paktôlos)

Ancien nom d'une petite rivière de Lydie, affluent de l'Hermos, célèbre par les paillettes d'or qu'elle roulait. Selon la légende, le roi Midas transmit au Pactole, en s'y baignant, son privilège de tout changer en or.

Pallas

Dans la mythologie des Grecs, Pallas fut un Géant qui voulait violer Athéna. Ainsi celle-ci le brûla et se fabriqua une cuirasse de la peau écorchée qu’elle portait en combat contre les Géants.
Pallas fut également un surnom de la déesse Athéna. Selon une légende, celle-ci aurait été une fille de Triton, le dieu grec des mers, et une amie enfantine d’Athéna. Pallas aurait été tuée pendant un de leurs jeux. Pour commémorer son amie, Athéna aurait pris son nom et construit le Palladion (en lat. Palladium), statue ayant des propriétés magiques.
  • Pallas, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pan

Dieu des bergers d’Arcadie dans la tradition grecque qui protegea les troupeaux et dirigea les danses des nymphes en jouant de la syrinx. Semblable aux Satyres, il est normalement figuré barbu, avec des cornes et des pieds de bouc. Pan est associé à la fécondité.
  • Pan, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Paracelsisme

s. m. Doctrine de Paracelse, médecin du XVIe siècle, qui attaqua vivement le galénisme arabe, donna une beaucoup plus grande part, dans la thérapeutique, aux remèdes minéraux, et voulut expliquer toute la pathologie par des phénomènes chimiques.
  • Paracelsisme, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Parques (en lat. Parcae)

Divinités romaines chargées du Destin, assimilées aux Moires de la religion grecque. Sur le Forum romain, elles étaient représentées par les Tria Fata (les trois Destinées), trois statues. Veuillez consulter aussi Moires.
  • Parques en lat. Parcae, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Parques, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Atropos.

Pasquin

Satyre courte, ainsi nommée, à cause d'une vieille statuë mutilée qui est à Rome, appellée Pasquin, où on a accoustumé d'afficher ces sortes de satyres. Faire courir un pasquin. on fit plusieurs pasquins contre luy.
  • Pasquin, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Philippe Desportes

Poète français né à Chartre (1546 – Bonport, Normandie 1606), Desportes exerça ses fonctions d'abbé courtisan et de poète officiel auprès d'Henri III, duc d'Anjou et futur roi de France. Les vers élégants et aisés de Desportes, inspirés par des poètes italiens, principalement Pétrarque, Ludovico Ariosto et Pietro Bembo, firent évoluer le ton de la poèsie française à partir de la fin du XVIe siècle. Écrivain des sonnets et des élégies, ses poèmes sont publiés, parmi d'autres, dans ses Premières œuvres (1573) et ses Dernières amours (1583). Il fit également une traduction des Psaumes (1591, 1598, 1603) beaucoup critiquée par Malherbe.
Veuillez consulter notre table des matières pour accéder aux Stances du mariage de Desportes.
  • Desportes (Philippe), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Philippe Desportes, Wikipédia, L'encyclopédie libre (11 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 20 juin 2016.https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Desportes.

Philomèle (en gr. Philomêla)

Fille du roi Pandion et une princesse légendaire d’Athènes selon la tradition grecque. Philomèle fut violée par son beau-frère Térée qui, ensuite, lui coupa la langue pour l'empêcher d'exposer son crime. Ne pouvant plus parler, Philomèle broda une tapisserie, ainsi dépeignant l’événement épouvantable. Voyant la tapisserie, sa sœur Procné fit tuer le fils de Térée, Ithys, et le lui servit à manger. Ensuite, en fuyant le roi, les sœurs furent transformées en oiseaux par les dieux : Procné fut changée en hirondelle et Philomèle en rossignol, ainsi que Térée en huppe (oiseau connu pour sa saleté).
  • Ithys, Insecula, Insecula, Internet, 1er octobre 2009. http://www.insecula.com/contact/A006943.html.
  • Philomèle en gr. Philomêla, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Phlégéthon

Dans la mythologie greceque, fleuve de feu dans les Enfers qui afflue de l'Achéron.
  • Phlégéthon, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.
  • Phlégéthon, Wikipédia l'encyclopédie libre (16 octobre 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 2 mai 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Phl%C3%A9g%C3%A9thon.

Phrygie (en gr. Phrugia, en lat. Phrygia)

Ancien pays entre la Lydie et la Cappadoce, aujourd’hui la Turquie, en Asie mineure. Les phrygiens, peuple indo-européen qui tira ses origines de la Thrace ou de la région du Danube, se trouvèrent au centre de l’Asie mineure, ainsi que sur sa partie occidentale. Selon le deuxième livre de l'Iliade, les Phrygiens comptèrent parmi les alliés des Troyens pendant la guerre de Troie.
  • Phrygie n. f. - en gr. Phrugia, en lat. Phrygia, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Trojan War, Wikipédia l'encyclopédie libre (20 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 28 février 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Trojan_War.

Phtisie

s. f. Sorte de maladie qui desseche tout le corps, & qui est accompagnée d'une grande langueur.
  • Phtisie, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

Phœnix

Oiseau, qui selon les Naturalistes est unique en son espece, & renaist de sa cendre. Les Anciens Naturalistes disent que le Phenix aprés avoir vescu plusieurs siecles, amassé quantité de petits morceaux de bois aromatique, dont il fait comme un bucher qu'il allume de ses ailes aux rayons du Soleil; & que de sa cendre il naist un ver qui devient ensuite phenix. on dit que c'est en Arabie que se trouve le Phenix
Phenix, se dit fig. d'Une chose, lors qu'elle est si singuliere qu'elle semble unique; mais ordinairement il ne se dit qu'en raillerie. Le phenix des amants. le phenix des beaux esprits
.
  • Phenix, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Pinde (en gr. Píndos)

Système montagneux qui se trouve en Épire, au nord de la Grèce. Elle a pour points culminants Smolikas (2 637 m) et Kiona (2 510 m). Dans la littérature antique grecque, l’on dit que le Pinde était dédié à Apollon et aux Muses.
  • Pinde, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pinde.
  • Pinde n. m. -en gr. Píndos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pluton

Dieu chthonien (chthonien qui renvoie à la terre, par opposition aux dieux célestes) de la mythologie romaine. Il garde les Enfers ainsi que le sol. Il est similaire au dieu grec Hadès.
  • Pluton, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pluton_(mythologie)#Descriptions.
  • Pluton n. f., Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Podagre

Goutte qui attaque les pieds.
  • Podagre, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 8 mars 2010.

Polynice

Polynice naquit de l’union incestueuse entre Œdipe et sa mère, Jocaste. Lorsqu’Étéocle lui refusa le trône de Thèbes, Polynice fut accueilli par Adraste, roi de Sicyone. Adraste ainsi que cinq autres chefs participèrent à la guerre des Sept Chefs contre Thèbes pour aider Polynice à récupérer sa couronne.
  • Polynice en gr. Poluneikês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Polypode

Fougère vivace (genre de la famille des Polypodiacées (infra rem.)), à rhizome rampant, à feuilles lobées, croissant en milieu humide.
  • Polypode, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Priapisme

Érection violente, prolongée, souvent douloureuse, née sans appétit sexuel et n'aboutissant à aucune éjaculation.
  • Priapisme, Le Grand Robert de la langue française version électronique (2009), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 8 mars 2010.

Procné

Soeur de Philomèle et épouse de Térée, roi de Thrace dans la mythologie grecque. Après que Térée avait violé Philomèle et lui avait coupé la langue, Philomèle broda l’événement cauchemardesque sur une tapisserie. Voyant la tapisserie, Procné fit tuer le fils de Térée, Ithys, et le lui servit à manger. Ensuite, en fuyant le roi, les sœurs furent transformées en oiseaux par les dieux : Procné fut changée en hirondelle et Philomèle en rossignol, ainsi que Térée en huppe (oiseau qui connote la saleté).
  • Ithys, Insecula, Insecula, Internet, 1er octobre 2009. http://www.insecula.com/contact/A006943.html.
  • Philomèle en gr. Philomêla, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Prométhée (en gr. Promêtheus)

Titan, fils de Japet et de Clyméné), frère d’Atlas et d’Épiméthée. Considé comme champion de l'humanité, il vola le feu à Zeus pour le donner aux mortels. Zeus, pour punir Prométhée de son crime, l'enchaîna au sommet du Caucase où tous les jours un aigle mangeait son foie qui repoussait sans cesse. Selon une autre légende, Zeus punit toute l'humanité du crime de Prométhée en créant la femme Pandore qui introduisit les maux, le travail acharné et la maladie dans le monde. Ainsi, la tradition grecque attribue à Prométhée un rôle central dans l'histoire des débuts de l'humanité.

Proserpine

L'équivalente à Perséphone dans la mythologie grecque. Divinité des Enfers, Proserpine était probablement d'abord une déesse agraire, mais elle fut par la suite assimilée à Perséphone, divinité chtonienne.
  • Proserpine, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Perséphone, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Perséphone.

Protée

Dieu de la Fâble, qui, quand il voulait, changeait continuellement de formes. On le dit d'un homme qui joûe toute sorte de personages.
  • Protée, Jean-François Féraud: Dictionaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 12 mars 2010.

Psyllium

Plantain des régions méditerranéennes, aux petites graines oblongues et luisantes.
  • Psyllium, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Pygmée

ANTIQ. Individu appartenant à une population légendaire de très petite taille localisée aux sources du Nil ou en Éthiopie. Les anciens ont dit que les Pygmées combattaient contre les grues (Ac.).
  • Pygmée, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 15 février 2010.

Quatre éléments

Un des quatre principes (terre, air, eau, feu) associés à des signes astrologiques considérés par les savants anciens comme les constituants premiers fondamentaux de tous les corps.
  • Élément, subst. masc., Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 10 mai 2010.

Quercin

Arbre Quercus Alba, dans la famille de châtaigniers, de hêtres et de fer. Commune et familière en Europe, en Asie et en Amérique.
  • Quercus Alba. Oak., Henriette's Herbal Homepage (1995-2010), Henriette Kress, Internet, 1er février 2010.

Ris sardonien

[...] un ris forcé & amer qui ne paſſe pas le nœud de la gorge. C'eſt un proverbe Latin fondé ſur ce qu'il y a une herbe venimeuſe en Sardaigne , qui fait une telle contraction des muſcles du visage de ceux qu'elle tuë , qu'ils ſemblent rire en mourant.
  • Furetière, Antoine, Ris sardonien, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 3. Bibliothèque nationale de France, Internet, 23 septembre 2009.

Roland

Chef paladin du roi Charlemagne qui mourut à la bataille de Roncevaux (778). Il devint héros du cycle légendaire de Charlemagne, notamment dans l’œuvre épique française La Chanson de Roland (1100) qui raconte sa défaite mortelle par les Sarrasins à Roncevaux et la revanche conséquente de Charlemagne.
Il est aussi un des héros du Roland furieux de l’Arioste, dont l'édition définitive date de 1532. Cet ouvrage, souvent cité aux XVIe et XVIIe siècles, crée un genre poétique nouveau en combinant deux matières, épique et amoureuse.
  • Roland, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • ROLAND CHANSON DE (1100), Encyclopédie Universalis (2010), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 9 février 2010.

Rubarbe

ſ. f. Racine qui vient du Royaume de Boutan aux extremitez de l'Inde , qui eſt fort purgative , & qu'on mêle dans les medecines , particulierement pour purger la bile. [...] Elle eſt jaune ou rouſſe en dedans , marquetée de rouge. Sa ſubſtance eſt compacte & peſante. Elle eſt d'un gouſt amer & aſtringent, & d'une bonne odeur.
  • Furetière, Antoine. Rheubarbe, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 3. Bibliothèque nationale de France, Internet, 23 septembre 2009.

Saint Jean Chrysostome

Docteur de l'Église et prêtre d'Antioche vers 349 ap. J.-C. ; c'est un saint de l'Église catholique romaine, de l'Église orthodoxe et de l'Église copte. Il devint célèbre pour sa prédication et son éloquence, d'où vient son surnom de Chrysostome, en grec chrysóstomos, littéralement Bouche d'or. Cependant, son oeuvre, qui comporte des traités ascétiques et un grand nombre d'homélies, ne supporta ni le luxe du haut clergé ni l'adultère de l'impératrice, ce qui lui valut d'être enfin exilé en 404.
  • Jean Chrysostome, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Jean Chrysostome, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 octobre 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 3 septembre 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Chrysostome.

Saint Jérôme

Ce Père de l’Église, qui vécut de 342 à 420, connu pour son rigorisme, mena une vie austère, d’abord en ermite dans le désert en Syrie. Après un séjour à Rome pour établir la Vulgate, la première version latine de la Bible, il passa les trente dernières années de sa vie isolé dans un monastère en Palestine.
En 393, il écrit un traité polémique Contre Jovinien (en lat. Adversus Jovinianum), où il critique les thèses du moine Jovinien, qui était un opposant de l'ascétisme chrétien au IVe siècle.
  • Saint Jerôme, 342-420, Le dossier pédagogique, Bibliothèque nationale de France, Internet, 21 janvier 2010.
  • Jérôme de Stridon, Wikipédia l'encyclopédie libre (5 octobre 2012), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 22 octobre 2012. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jérôme_de_Stridon.

Saint Prix

Évêque de Clermont en Auvergne connu pour son aide aux pauvres et fondateur de plusieurs monastères et hôpitaux. En 676, il devint martyr lorsqu’une bande de soldats, croyant que l’évêque avait participé à l’exécution du comte d’Auvergne (accusé d’avoir conspiré contre le roi des Francs d’Austrasie), l’assassinèrent à Volvic.

Saints Innocents

Dans le Nouveau Testament, les Saints Innocents sont tous les enfants de moins de deux ans mis à mort par le roi Hérode à Bethléem et dans tout son territoire lorsqu’il apprend que le bébé Jésus, le nouveau Roi qui doit le remplacer, échappa à sa vengeance. Voir l’Évangile selon saint Matthieu 2, 13-18.
  • Innocents (les saints), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Salomon

Salomon fut le roi d’Israël de 972 à 932 av. J.-C. et le fils de Bethsabée et de David. Pendant son règne, Israël vît la construction du Temple, d’un palais, d’une flotte, aussi bien qu'une alliance puissante entre Salomon et Hiram 1er de Tyr (ancienne cité phénicienne) et le maintien d’une armée équipée de chars et de cavalerie. Selon la tradition, ce roi aurait écrit le Cantique des cantiques, l’Écclésiaste, les Proverbes, la Sagesse, une partie des Psaumes et certaines Odes. I Rois, III, 16 de la Bible décrit la sagesse de Salomon. Lorsque deux femmes lui rendirent visite, prétendant être la mère d'un enfant, il annonça qu’il fallait le partager en deux dans l’espoir que la vraie mère y renoncerait. Ainsi la femme qui montra de la compassion reçut-elle l’enfant. La locution jugement de Salomon se voit associé donc à un jugement équitable.
Malgré sa sagesse, Salomon avait une grande faiblesse – son amour des femmes, qui était témoigné par ses septs cents épouses Princesses et trois cents concubines. Selon I Rois XI, puisque Salomon se maria avec des femmes étrangères (des Moabites, des Hammonites, des Iduméènnes, des Sidoniènnes et des Héthiènes) qui avaient détourné sa dévotion vers leurs dieux, le Dieu d'Israël lui avertit que tout son royaume, à l'exception une tribu, serait perdu pour son fils en faveur de son serviteur.
  • Salomon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Samson (en hébr. Shimshin celui de Shemesh, du Soleil)

Personnage biblique, juge d’Israël (Juges, XIII-XVI). Consacré à Dieu (nazir), il porte intacte sa chevelure, siege de sa force. Il lutte contre les Philistins, en tue mille avec une mâchoire d’âne, mais est trahi par Dalila qui lui rase la tête et le livre. Prisonnier, il retrouve sa force et renverse le temple de Dagon sur lui-même et sur les Philistins.
  • Samson en hébr. Shimshin celui de Shemesh, du Soleil, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Sandal ou Santal

Sandal, m. acut. Est une espece de bois escorcé, rougeastre, qui est apporté des Indes (combien qu'il en soit de couleur blanche, et de blafastre) lequel selon ce que disent les marroquins, est de froide qualité au tiers degré, et desseichant au second, empeschant les defluxions.
  • Sandal, Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 6 octobre 2011.

Satan (en hébr. ha-sâtân)

Le nom vient du mot hébreu ha-sâtân, qui veut dire l’Adversaire en justice, l’Accusateur, et correspond au mot grec diabolos (accusateur, calomniateur). Dans les traditions juive et chrétienne, Satan fut le chef des démons. Dans le poème épique Le Paradis perdu (Paradise Lost) de John Milton, le poète décrit l’avènement au pouvoir de ce démon. Celui-ci est mentionné dans les livres Zacharie III, 1 ; Job, I et II ; et Apocalypse II de la Bible.
  • Satan en hébr. ha-sâtân, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Saturne (en lat. Saturnus)

Saturne, fils du Ciel et de la Terre, obtint le droit de régner à la place de son frère Titan à condition qu’il dévore ses enfants mâles pour que la succession revienne aux héritiers de Titan. L’épouse de Saturne, Rhéa arriva à sauver ses fils Neptune, Pluton et Jupiter en les cachant. Ce dernier finit par détrôner son père. Saturne, devenu simple mortel, se refugia dans le Latium en Italie. Son règne fut un âge de paix, où l’égalité entre les hommes s’établit. Pour rappeler la mémoire de cet âge heureux, on célébrait à Rome les Saturnales.
En grec, Saturne est désigné sous le nom de Cronos, c'est-à-dire le Temps, qui consume toutes les années qui s'écoulent, comme Saturne consumait ses enfants. Saturne est communément représenté comme un vieillard courbé sous le poids de l’âge, tenant une faux à la main. Il est souvent associé à la mélancolie. Pour limiter ses pouvoirs, Jupiter l'a soumis au cours des astres qui sont comme ses liens, d’où le nom de la planète Saturne.
  • Saturn, Dicoperso (2003-2009), Dicoperso.com, Internet, 4 mars 2010. http://www.dicoperso.com/term/73,5,xhtml
  • Saturne en lat. Saturnus, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Satyres (en gr. Saturoi)

Selon la mythologie grecque, les satyres étaient des démons qui habitaient la forêt ; ils étaient l'équivalent des faunes des Romains. Ils avaient le haut du corps d'un homme ayant une barbe et des cornes, et le bas d'un bouc ou d'un cheval. Amateurs de tout plaisir physique, les Satyres s'adonnaient à l'ivresse, à la musique, à la danse et à la poursuite des nymphes.
  • Satyres en gr. Saturoi, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Satyrs, Greek Mythology Link (1997), Carlos Parada et Maicar Förlag, Internet, 28 juin 2011. http://www.maicar.com/GML/SATYRS.html.

Satyriasis

s.m. Érection continuelle de la verge, jointe au désir le plus violent du coït.
  • Satyriasis, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

Schynante

Squinant ou lemon grass en anglais nous mène à schénanthe en français, autrement dit la plante citronnelle. Dans La censure des femmes de Sonnet de Courval, il se peut que ce soit une allusion à l’amertume ou la qualité amère associée à la caquexie.
  • Schénanthe, Art-ethnobotanique (2010), Art-ethnobotanique.com, Internet, 8 mars 2010.

Scylla

Une nymphe qui fut changée en monstre marin, la taille entourée de têtes de chiens hurlants. À la fin, Scylla fut changée en rocher. Pour apprendre plus sur le mythe de Scylla, veuillez consulter http://mythologica.fr/grec/scylla.htm.
Le dictionnaire d'Émile Littré donne aussi la définition suivante: Monstre que les poëtes plaçaient dans un écueil en face du gouffre appelé Charybde ; il dévorait les navigateurs qui passaient à sa portée. Fig. Tomber de Charybde en Scylla.
  • Scylla, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française, (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.
  • Scylla, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 9 novembre 2009.

Scythe

Nom de peuples errants dans le nord de l'Europe et de l'Asie.
Fig. Homme barbare, grossier
.
Veuillez consulter également la référence Scythie.
  • Scythe, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Sel ammoniac

Solution obtenue par dissolution du gaz ammoniac dans l'eau. Synon. vx, esprit de sel ammoniac, alcali volatil.
  • Ammoniaque, subst. fém., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Sel gemmé

Sel gemme. Sel fossile extrait des mines sous forme de minerai.
  • Gemme, Emploi adj., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Sirènes

SIRENES. s. f. Monstres fabuleux, qui selon quelques Poëtes estoient moitié femme, moitié poisson; & selon d'autres moitié femmes, moitié oyseaux, & qui par la douceur de leur chant attiroient dans les escueils des mers de Sicile, où elles se tenoient, ceux qui voyageoient sur ces mers. Les Poëtes disent que les Sirenes estoient trois soeurs filles d'Achelous & de Calliope. Ulisse se fit attacher au mast de son vaisseau pour entendre les-Sirenes sans danger.
On dit, d'Une bonne & belle chanteuse, qu'Elle chante comme une Sirene.
On dit, d'Un plaisir qui peut avoir des suites fascheuses. Il est dangereux comme le chant des Sirenes
.
  • Sirenes, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 23 février 2010.

Sisyphe (en gr. Sisuphos)

Selon la légende, Sisyphe aurait été le fondateur de Corinthe. Le personnage mythique rusé fut condamné à rouler un rocher éternellement sur une pente aux Enfers pour avoir tenté de défier les dieux.
  • Sisyphe en gr. Sisuphos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Smilax

Utilisé comme purgatif, le smilax est une [p]lante vivace de la famille des Liliacées, à baies rouges et à tige anguleuse, dont la salsepareille représente une espèce.
  • Smilax, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 15 mars 2010.
  • Salsepareille, subst. fém., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 15 mars 2010.

Spermatique

adj. m. & f. Terme fort commun en Medecine. Ce qui eſt de ſemence , ou qui appartient à la ſemence. Les Medecins font une diviſion generale des parties du corps des animaux, en ſpermatiques , & charneuſes. Les ſpermatiques ſont celles qui ſont faites du plus eſpais de la ſemence : les charneuſes le ſont du ſang. Les parties ſpermatiques ſont les os & les cartilages. Les charneuſes ſont les membranes , veines & arteres. Toutes les parties ſpermatiques ſe forment en même temps, & paroiſſent le ſeptiéme jour au fœtus , & ſe parachevent le trentiéme jour aux hommes , & le quarentiéme aux femelles, ſelon Hippocrate.

On appelle plus particulierement vaiſſeaux ſpermatiques , les veines & arteres ſpermatiques , ceux où la ſemence eſt enfermée , & qui ſervent à la generation , tant aux hommes , qu'aux femmes. Il y a dans l'homme ſix vaiſſeaux ſpermatiques , quatre preparants , & deux deferents ou ejaculatoires.

Spermatique , eſt auſſi le nom d'une veine qui ſort du tronc deſcendant de la veine cave , qui porte la matiere de la ſemence aux teſticules, qui vient du coſté droit immediatement de ce tronc , & du coſté gauche de l'emulgente: ce qui fait que le vulgaire dit que les maſles ſe font du coſté droit , & les ſemelles du gauche
.
  • Furetière, Antoine. Spermatique, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 3. Bibliothèque nationale de France, Internet, 14 settembre 2009.

Squirre

s.m. Tumeur dure & non douloureuse, causée par quelque obstruction, ou par l'épaississement des liqueurs. Le squirre se forme au foie, à la rate, dans les reins, & quelquefois en d'autres parties. Le squirre invétéré devient incurable. Une femme qui a un squirre au sein, est menacée de le voir dégénérer en cancer. Pour guérir le squirre, il faut résoudre la matière endurcie par des remèdes émolliens.
  • Squirre, Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 mars 2010.

Stecas

Espèce de lavande, lavandula stoechas.
  • Stechas, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1er février 2010.

Storax ou Styrax

Substance résineuse aromatique provenant de certaines espèces de styrax, anciennement utilisée comme encens ou dans différentes préparations pharmaceutiques.
  • Storax, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Styx (en gr. Stux)

Fleuve qui, selon la mythologie, coulait aux enfers ; les dieux juraient par le Styx, et ce serment ne pouvait être violé.
  • Styx, Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 2 mai 2011.
  • Styx en gr. Stux, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Sylvain

Le sylvain est un dieu des forêts selon le polythéisme romain.
  • Voir le Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Tage (en esp. Tajo, en port. Tejo)

Fleuve de la péninsule Ibérique en Espagne. Il traverse le Portugal et rencontre l’océan Atlantique à Lisbonne.
Selon la légende, Héraclès créa le lit de Tage en traçant son épée autour de Tolède.
  • Tage, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Tage.
  • Tage en esp. Tajo, en port. Tejo, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Tan

Tan, m. Est la pouldre d'escorce de chesne moulue et brayée, et reduicte à force de coups de pilons pesants soubslevez et baissez avec une rouë, tournée par courant ou cheute d'eauë, ou à force de cheval, ou de bras, de laquelle pouldre les taneurs couldrent et tanent les cuirs tant au couldroir qu'en la fosse, ce qui les affermist, endurcist et teinct de la couleur blasphastre dont ils sont avant qu'ils passent par la main du bauldroyeur [...].
  • Tan, Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 29 avril 2010.

Tantale (en gr. Tantalos)

Roi mythique de Lydie ou de Phyrgie, père de Pélops et de Niobé et grand-père d’Atrée. Lui-même fils de Zeus, il a les faveurs des dieux, mais il en abuse en révélant aux mortels les secrets de l’Olympe ou en dérobant le nectar et l’ambroisie. Selon une variante, il immole son fils Pélops et en fair un mets qu’il sert aux dieux. Pour un de ces crimes, son châtiment aux Enfers est exemplaire, mais il varie aussi selon les versions. Ou bien il est placé sous un rocher toujours sur le point de tomber et de l’écraser, ou bien il est plongé dans l’eau jusqu’au cou, mais le niveau basse chaque fois qu’il essaie de boire ; de même, une branche chargée de fruits à portée de sa main s’écarte quand il s’efforce d’attraper la nourriture.
  • Tantale en gr. Tantalos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Tartre calciné

Tartre, s. m., sel formé par la fermentation dans les vins fumeux, et qui s’attache aux tonneaux en cristallisation. Le tartre calciné s’appelle sel de tartre, c’est l’alcali fixe végétal; il s’emploie dans les arts et dans la médecine.

Temple délien

Délos est la plus petite des îles des Cyclades, un des groupes d’îles grecques. Délos était consacrée dans l’Antiquité au culte d’Apollon. Dans le temple délien se trouvait un autel composé de cornes d’animaux, au XVIIe siècle une allusion aux cocus.

Tetrique

adj. m. & f. qui ne ſe dit gueres qu'en ces phraſes. Un homme tetrique , une mine tetrique , une humeur tetrique , pour dire , un homme auſtere , une mine renfrognée , une humeur critique , ennemie du bien & de la joye des autres.
  • Furetière, Antoine. Tetrique, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 3. Bibliothèque nationale de France, Internet, 25 janvier 2010.

Thersite (en gr. Thersitês)

Personnage comique de l'Iliade, caricature de laideur et de lâcheté. Menant une mutinerie dans l'armée, il est corrigé à coups de bâton par Ulysse. Dans les poèmes cycliques, il ose se moquer d', quand le héros se penche amoureusement sur le corps de l'Amazone Penthésilée qu'il vient de blesser mortellement, et il crève de sa lance les yeux de l'Amazone. le tue en lui écrasant le crâne d'un coup de poing.
  • Thersite en gr. Thersitês, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Thèbes (en gr. Thíva ou Thívai)

Ville qui se trouve en Grèce centrale de nos jours, en Béotie.
  • Thèbes en gr. Thíva ou Thívai, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Thétis (en ar. al-Lībiya)

Zeus (Jupiter) et Poséidon (Neptune) veulent épouser cette divinité marine grecque, mais un oracle révélant que le fils qui naîtrait de Thétis serait plus puissant de son père les convainc qu’elle doit s’unir à un mortel. L’heureux élu est Pélée ; de cette union naît . Pour le rendre immortel, Thétis plonge son fils dans les eaux du Styx ; seul le talon reste hors de l’eau, et ainsi le seul endroit vulnérable de son corps.
Thétis et les Néréides étaient présentes (dans leur environnement marin) au début du voyage de Jason et des Argonautes, partis à la conquête de la Toison d’Or. Jason est le Pilotte de cette référence. Il doit chercher à s’abriter lorsque Neptune déclenche la tempête qui menace son navire, l’Argo.
  • Thétis en ar. al-Lībiya, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Thétis, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 29 avril 2010. http://mythologica.fr/grec/thetis.htm.

Toison d'or

Selon la légende grecque, la Toison d’or serait venue d’un bélier ailé qui enleva Phrixos et Hellé, les enfants d’Athamas, roi de Béotie, et de Néphélé, la première femme de celui-ci. Ino, la seconde femme d’Athamas, voulant se débarrasser de ses beaux-enfants qu’elle détestait, mentit que Zeus voulut que les enfants furent sacrifiés. Grâce à Néphélé, pourtant, les enfants s’enfuirent sur un bélier à toison d’or. Ensuite, Hellé tomba dans la mer (d’où le nom Hellespont) et Phrixos arriva en Colchide. Ensuite, il sacrifia le bélier, offrant sa toison au roi Éétès. Plus tard, Jason s'empara de la toison avec l’aide de la fille de Éétès Médée.
  • Toison d'or, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Tragacanthe

On appelle auſſi tragacanthe , la gomme qui ſort des inciſions qu'on fait vers ſa racine , & qui ſe congele. La meilleure eſt celle qui eſt claire , greſle , liſſée & douceaſtre. On en fait un electuaire qui ſert aux yeux.
  • Furetière, Antoine. Tragacanthe, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 3. Bibliothèque nationale de France, Internet, 28 janvier 2010.

Troie (en gr. Troia ou Ilion, en lat. Ilium)

Ancienne ville située dans le nord-ouest d'Anatolie en Asie Mineure, près de la mer Égée qui fut le cadre de plusieurs mythes grecs, notamment de la fameuse guerre de Troie qui est racontée dans l'Iliade et l'Odyssée d'Homère. Selon la légende, c'était l'enlèvement d'Hélène, femme du roi de Sparte Ménélas par le prince troyen Pâris qui provoqua le siège de Troie. Ménélas vainquît Pâris lors d’un combat ; pourtant, celui-ci fut sauvé par Aphrodite. Peu après, Pâris fut tué. Cependant, c'était la ruse du cheval de Troie qui mit fin à dix ans de combat. Après avoir reçu le cheval en bois dans la ville, Ménélas et les autres guerriers cachés à l'intérieur s'affranchirent, détruisant Troie par le feu, massacrant tous les hommes et contraignant toutes les femmes à l'esclavage.

Térée

Fils d'Arès, Térée fut le roi de Thrace. Selon la légende grecque, il viola Philomèle, la sœur de son épouse Procné, et puis lui coupa la langue pour l’empêcher de parler. Or Philomèle broda une tapisserie, ainsi dépeignant l’événement épouvantable. Voyant la tapisserie, Procné fit tuer Ithys, le fils de Térée, et le lui servit à manger. Ensuite, en fuyant le roi les sœurs furent transformées en oiseaux par les dieux : Procné fut changée en hirondele et Philomèle en rossignol, ainsi que Térée en huppe (oiseau connu pour sa saleté).

Vermillon

Poudre fine de cinabre, d'un rouge éclatant tirant plus ou moins sur l'orangé, employée notamment en peinture et pour la fabrication des fards.
  • Vermillon, subst. masc., Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Vénus

Déesse romaine de la végétation et des jardins. À partir du -IIe siècle, elle fut assimilée à Aphrodite grecque acquérant ses attributs de la beauté, de l'amour et des plaisirs. C'est ainsi que la déesse attira plusieurs amants, parmi lesquels Vulcain, Mars et Jupiter. Comme déesse grecque, Vénus est parfois appelée Cythérée, surnom accordé à Aphrodite alors qu'elle fut portée à l'île de Cythère après sa naissance.

Zany (en ital. Zanni)

Personnage type d'un esprit bouffon qui jouait un rôle de servant dans la commédie italienne (commedia dell'arte). Certaines commédies attribuaient à Zany une amante moqueuse appelée Francisquine qui lui faisait endurer toutes sortes d'épreuves.
  • Jolibert, Bernard, La commedia dell'arte et son influence en France du XVIe au XVIIIe siècle, L'Harmattan, 1999, p. 18-19. Google livres, Internet, 6 juillet 2011.
  • Zany Corneto, the Musical Zanni, J. Ralyea, Music Illustrator (15 mars 2003), John Ralyea, Internet, 30 septembre 2009. http://students.depaul.edu/~jralyea/Cornetto.htm.

Zuccarin

Une des trois sortes d’alun utilisées par les alchimistes, l’alun zuccarin se compare avec le sucre.
  • Zuccarin, La Chirurgie de maitre Henri de Mondeville […] composée de 1306 à 1320, Paris, F. Alcan, 1893, t. 2. Google livres, Internet, 2 février 2010.

Égisthe (en gr. Aigisthos)

Égishe fut le roi de Mycènes ainsi que le fils du héros grec Thyeste. Après avoir assassiné Atrée, roi de Mycènes ainsi que son père adoptif, et Agamemnon, fils et successeur de celui-ci, Égisthe fut tué par Oreste, le fils d'Agamemnon. Ce dernier tua également sa mère, Clytemnestre, car il savait qu'elle avait eu une liaison avec Égisthe pendant l’absence de son père.
  • Égisthe en gr. Aigisthos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Éole (en gr. Aiolos)

  • Dieu des vents. Il semble que ce fut un mortel qui ensuite fut assimilé à un dieu.
  • Héros et ancêtre mythique des Éoliens, Éole fut le fils d’Hellen et d’Orséis, une nymphe ; frère de Xouthos et de Doros. Il fut roi de Thessalie et de Magnésie.
  • Fils de Poséidon et d’Arné ; l’homme de qui les Îles éoliennes reçoivent leur nom.
  • Éole (en gr. Aiolos), Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Éole, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Éole .

Épicure (en gr. Epikouros)

(Samos ou Athènes 341 – Athènes 270 av. J.-C.). Philosophe grec qui fonda l’épicurisme, une école philosophique très importante de l’Antiquité. Cette philosophie se base sur une théorie de la connaissance qui voit les sensations physiques comme la seule preuve de la réalité.
La plupart des ouvrages qui exposent les théories d’Épicure ont disparu. Cependant, il nous reste trois lettres :
  • Lettre à Hérodote (qui parle de la physique)
  • Lettre à Ménécée sur la morale (qui critique les fausses idées des hommes concernant les dieux et la mort)
  • Lettre à Pythoclès (qui traite des météores)
  • Épicure en gr. Epikouros, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Épicure, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89picure.

Érinyes (en gr. Erinues)

Divinités grecques de l’Enfer que les Romains ont plus tard assimilées aux Furies, elles symbolisent les lois du monde moral, et punissent tous ceux qui les transgressent. Alecto (l'Implacable), Tisiphone (Celle qui fait châtier le meurtre) et Mégère (L'Ensorceleuse) sont dépeintes typiquement avec une chevelure de serpents et un corps ailé ; elles portent souvent des fouets et des torches. Elles punissent leurs victimes en les rendant fous. Les Érinyes sont appelées également les Euménides (les Bienveillantes), nom euphémique attribué aux déesses lorsqu'elles ont cessé de pourchasser Oreste après son acquittement du crime de matricide.
Voir aussi Erennis.
  • Erinnyes, Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 28 janvier 2010. http://mythologica.fr/grec/erinnyes.htm.
  • Érinyes n. f. pl. -en gr. Erinues, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Leeming, David, éd., Eumenides, The Oxford Companion to World Mythology, Oxford University Press, 2004. Oxford Reference Online, Internet, 2 août 2011.

Ériphyle

Selon la légende grecque, Ériphyle, fille de Talaos, était la femme d’Amphiaraos qui régnait sur une portion du royaume d’Argos. Le mariage des deux apaisa Adraste, frère d’Éryphile, qui était l’héritier du royaume qu’Amphiaraos avait reçu. Après le mariage, Amphiaraos céda le trône à Adraste. Pourtant, le bonheur d’Amphiaraos ne dura pas. Après une vision qu’il périrait dans la guerre des Sept Chefs, Amphiaraos se cacha. Seulement, Ériphile, sachant où se trouvait son mari dévoila le lieu à Polynice après que celui-ci la tenta avec un collier. Avant de partir, Amphiaraos ordonna sa vengeance contre sa femme à son fils Alcméon. La veille de sa mort, Amphiaraos se trouva à table avec les autres chefs lorsqu’un aigle laissa tomber une lance. Ensuite, la lance se transforma en laurier. Le lendemain, lorsqu’Amphiaros était dans son char, la terre s’ouvrit et l’engloutit, réalisant le mauvais destin de l’ancien roi. Quelques années après, Thersandre, fils de Polynice, prépara une seconde expédition contre Thèbes. Cette fois-ci, il tenta Eryphile avec un peplum (tunique). Ainsi engagea-t-il son fils Alcméon à la tête de l’armée. Ensuite, Thèbes fut presque détruite. En fin de compte, Éryphile fut tuée par son fils, Alcméon, lorsque celui-ci apprit que sa mère tenait à engager son fils à encore une expédition.
  • Claustre, André de, Éryphile, Dictionnaire portatif de mythologie : pour l’intelligence des poëtes, de l'histoire fabuleuse, des monumens historiques, des bas-reliefs, des tableaux, &c., Paris, Briasson, 1765, t.1. Google livres, Internet, 6 avril 2011.

Érymanthe (en gr. Erýmanthos)

Montagne de Grèce (Péloponèse), formant la limite de l'Achaïe et de l'Arcadie, appelée aussi Olonos. 2 224m. Héraclès accomplissant l'un de ses travaux y saisit le sanglier d'Érymanthe et le ramena vivant à Eurysthée.
  • Érymanthe en gr. Erýmanthos, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Événos

Le fleuve, situé dans l'actuelle Étolie-Acarnanie en Grèce occidentale, où Hercule et Déjanire rencontrèrent le centaure Nessus qui offrit d’aider Déjanire à traverser l'Événos en la portant dans ses bras, mais qui tenta à la violer, alors qu'Hercule traversait le fleuve à la nage.

Notes

x

Indice aux ressources