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Stances chrestiennes

STANCES CHRESTIENNES
DES LOUANGES DU S. MARIAGE
nouvellement mises en lumiere
par
Yves
ROUSPEAU Saintongeois
Opposées aux Stances de Mariage
de Philippes des Portes
1586


1
De toutes les faveurs, dont Dieu le Createur
De tous biens, et tresors riche dispensateur,
A voulu de sa grace orner l’humain lignage,
De tout plaisir rempli d’honneste volupté,
De tout aise, et repos joinct à felicité,
Rien n’approche en douceur la Loy de Mariage.
2
Douce et courtoise Loy, noz plaisirs nourrissant,
Qui, fertile, produis (comme un champ florissant),
Une belle moisson de ris, de courtoisie,
De baisers, de soulas1, et d'enfans bien apris :
Tu es la liberté des corps, et des Espritz,
La source de bon heur, le miel de nostre vie.

25
YVES ROUSPEAU
3
On lit, que ce grand Dieu, qui de rien a tout faict
Aiant par sa parole accompli et parfaict
En six jours l'univers creé pour nostre usage,
Ne se contenta pas d'avoir l'homme exalté
Sur toute creature, et de mal exempté,
Mais voulut, liberal, l'enrichir d'avantage.
4
Il luy fit un present riche et plain de beauté,
D'une femme d'honneur prise de son costé,
A fin qu'en beaux enfens elle devint feconde :
Son esprit, et son corps, sa grace, et beau maintien,
Montroient qu'en elle estoit le comble de tout bien,
Et qu'elle avoit pour dot tout le bon-heur du monde.
5
Sur son front de cristal l'Amour sainct se miroit.
L'eloquence au parler sa faconde admiroit.
La foy guidoit son cœur, la charité sa grace.
Bref, la faveur de Dieu tant la favorisa,
Qu'Adam la regardant aussi tost l'espousa,
Pour plonger en bon-heur toute l'humaine race.
6
De là le Mariage a pris commancement,
Pere tresgracieux, qui traicte doucement
Ses fils assubjectis à son joug debonnaire :
Plaisante est l'origine, et le progres aussi
De sa vray liberté, de sa grace, et mercy
Si ferme, que la mort seule la peut deffaire.

26
YVES ROUSPEAU
7
Il tient dessoubs ses pieds le discord abbatu
Le desir de la chair, monstre horrible, et testu,
Est par luy surmonté le soin, la peur, la crainte,
Le travail est par luy rendu moindre, et plus doux,
La ferme loyauté l'exempt d'estre jaloux,
Et d'un tard repentir chasse au loing la complainte.
8
La joye, et le soulas de pres le vont suyvant,
Le dueil, et le courroux fuyent contre le vent,
Et n'osent approcher de sa douce harmonie :
Les Monarques puissans, les Empereurs, et Rois,
(Tant grand est son pouvoir) sont subjets à ses loix,
Et de toute sa court la tristesse est bannie.
9
O Pere Createur de la terre, et des Cieux,
Te pouvois tu monstrer plus doux, et gracieux
Envers le genre humain, qu’en faisant l’ordonnance
Du Mariage heureux, à fin de bien heurer
Les honnestes Amans, qui veulent demeurer
Fermes associez à ta saincte Alliance ?
10
On parle des Estats qui sont de Dieu benis,
Accompagnés de joye, et de biens infinis,
On parle des plaisirs destinez pour l'usage
Des grands Princes et Rois au monde dediés,
Mais ce n'est rien au pris de l'heur des mariés,
Veu qu'il n'y a plaisir si grand que Mariage.

27
YVES ROUSPEAU
11
Estre deux en un corps, estre une mesme chair,
Avoir tous biens communs sans rien se reprocher,
S'entr'aimer ardamment d'un mesme cœur et zele :
Avoir un mesme vueil2, et pensee, et desir,
En la conjonction prendre un mesme plaisir,
Y a il quelque joye en ce monde pareille ?
12
Je tay tant de propos desrobans les ennuiz,
Tant de joyeux Soleils, tant de joyeuses nuictz,
Tant d'amis, tant d'affins aquis par aliance :
Qui les pense à loisir, et par ordre nommer,
Aura plustost conté le sablon de la mer,
Ou les glaçons d'hyver, ou d'esté la chevance3.
13
Donc parmi tant de biens que n'avons nous des yeux
Pour voir la grand bonté et clemence des cieux,
Qui s'est en Mariage à nous manifestée ?
Mais, las, en paillardant, nous nous allons ruer
Au fort de tout peril pour nous perdre, et tuer ;
Nous bevons la poison par noz mains apprestee.
14
Si au devant des yeux nous n’avions un bandeau,
Nous verrions quel malheur nous apporte un bourdeau,
Quel dam, quel deshonneur borde la convoitise
De sers de Cupidon : ce feu dont ils sont ards4
N’est-ce un presage seur du feu dont les paillars
Brusleront en enfer sentens sa flamme esprise ?

28
YVES ROUSPEAU
15
Entendés ma parole, ô Amans fourvoiés,
Et pour vivre en ce monde heureusement, voiés
Quelle femme il vous faut en mariage eslire :
Si vous l'eslisez riche et de bonne maison5,
Bien nourrie et vestue en tout temps et saison,
Vous aurez tant plus d'heur esloignés de martyre.
16
Tous vos sens seront d'aise, et de joye ravis,
En parlant avec elle, et parmi les devis
Contant tout à loisir ses escus sur la table :
D'autre part, vous voyant muni de ses parens,
Et lignée, en honneur, et credit apparens,
O combien vous sera ce support delectable.
17
Si vous la prenez pauvre, ayant pour seul object
De l'amour chaste et sainct de vertu le subject,
De son ame pour dot vous aurez la sagesse,
Qu'on doit plus que les biens de ce monde priser,
La femme qui craint Dieu n'est pas à mespriser
Encore qu'elle soit pauvre, et vuide de richesse.
18
Si vous l'espousez belle, et vertueuse aussi,
Vous aurez tant plus d'aise, et tant moins de souci,
La beauté rend l'amour contente et perdurable,
Quand pour compagne elle a la ſerme loyauté :
La femme vertueuse excellente en beauté
Est sur toutes la plus prisée, et desirable.

29
YVES ROUSPEAU
19
Si vous la prenez laide ayant de belles mœurs,
L'esprit recompensant de son corps les humeurs
Vous ravira tant plus : sans nulle hypocrisie
Elle vous aymera chaste d'ame et de corps :
Et vous de son amour tresfidele recors,
Ne serez onc espris du mal de jalousie.
20
Celuy qui n’a jamais Mariage esprouvé
Ou qui est adultere, ou paillard reprouvé,
Blasme à tort des humains la racine honnorable
Comme si pour hair il falloit espouser
Une femme, l’Amant lequel peut embrasser
Ce qu’il aime plus fort le trouve estre amiable.
21
Mille fois est celuy fol, et mal adverty,
Et fut-ce un Jupiter, qui espouse un party
Pour le hair apres : l’Amour bien espousee
Est durable à tousjours, elle ne peut changer
Par aucun accident, infortune ou danger,
Et si ne rend jamais sa partie abusee.
22
C’est un estrange cas, que le grand Roy des cieux
Qui d’enhaut est venu espandre en ces bas lieux
La paix entre son Pere et tout l’humain lignage,
Ait voulu se vestant de nostre humanité,
Apparoistre en ce monde en toute humilité,
Soubz le voile, et couleur du noble Mariage.

30
YVES ROUSPEAU
23
La nopce est un lien si doux, et si plaisant,
Que l'homme pour s'adjoindre à sa femme consent,
Suivant le vueil de Dieu, de laisser pere et mere,
Et trouve en ce lien, quand il en peut jouir,
Tant d'aise et de repos, tant dequoy s'esjouir,
Qu'il ne peut espuiser son aise, et bonne chere.
24
A l'exemple des Sainctz trespassez, qui jadis
Ensuivant du Grand Dieu l'ordonnance, et les dictz,
Se sont heureusement mariez et sans blasme,
Chascun de nous eslise un parti vertueux :
L'homme est cent et cent fois en terre bien heureux
Qui en se mariant trouve une honneste femme.
25
O Dieu, du Paradis de Mariage autheur,
Qui de la bonne ſemme es le seul donateur,
Dispensant ta justice en ceste basse terre,
Aux hommes vertueux donne-la en pur don,
Mais donne la mauvaise aux mauvais pour guerdon
Et sur tout adultere eslance ton tonnerre.

Noms propres et Terminologie médicale

Adam

Dans les traditions juive, musulmane et chrétienne, Adam fut le premier homme, créé par Dieu et mis dans le Paradis terrestre (Éden). Dieu créa également une femme, Ève, à partir de la côte d'Adam, ainsi représentant le mariage comme l'union de l'homme et de la femme en une seule chair.
Selon la tradition, Ève, tentée par Satan, qui avait pris la forme d’un serpent, encouragea Adam à manger le fruit défendu ; ce péché originel, qui pèse sur toute l’humanité, provoqua Dieu à chasser les deux du Paradis. Ève et Adam eurent trois fils, Abel, Caïn et Seth. Le premier livre de la Bible, la Genèse, raconte l’histoire du premier homme et de la première femme sur la Terre.
  • Adam, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Cupidon

Cupidon fut le fils de Vénus, que l’on identifie avec Éros dans la mythologie grecque. Dieu de l’amour, il demeure très important aujourd’hui et figure dans des célébration de la fête de Saint Valentin (le 14 février). En général, Cupidon est représenté comme un petit enfant nu et ailé qui tient un arc et un carquois de flèches.
  • Cupidon, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Cupidon, Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cupidon.
  • Éros, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Humeur

En termes de Medecine , on appelle les quatre humeurs , les quatre ſubſtances liquides qui abreuvent tous les corps des animaux , & qu'on croit eſtre cauſes des divers temperamments , qui ſont le flegme ou la pituite, le ſang, la bile, la melancolie. Il y en a de compoſées qui s'eſpaiſſiſſent & qui ſe corrompent , comme celles qui font le pus, les glaires , & autres qui cauſent les abſés, les obſtructions, & generalement toutes les maladies. On les appelle de divers noms, malignes , aduſtes , acres , mordicantes , cruës , peccantes, &c. [...]

Humeur , ſe dit auſſi du temperamment particulier qui vient du meſlange de ces qualitez. Ainſi on dit , qu'un homme est d'humeur bilieuſe, colerique, emportée; d'humeur flegmatique, douce , poſée , froide ; d'humeur ; ſociable , grave ; d'humeur melancolique, chagrine , inquiete, triſte, noire, ſombre, bizarre, inſupportable , hypocondriaque ; d'humeur ſanguine , gaye , enjoüée , complaiſante , volage , amoureuſe ; de belle humeur ; d'humeur joviale , imperieuſe
.
  • Furetière, Antoine. Humeur, Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 2. Bibliothèque nationale de France, Internet, 9 settembre 2009.

Jupiter

D’autres noms : Stator (qui arrête), Elicius (qui fait le foudre) et Feretrius (qui frappe). L’équivalent du dieu grec, Zeus, Jupiter, fils de Saturne, est le roi des dieux considéré comme divinité primordiale faisant partie de la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve) dans la mythologie romaine-italique. Jupiter gouverne le ciel, les éléments météorologiques (tonnerre, foudre) et la lumière du jour. Ainsi il est souvent représenté avec les emblèmes de l'éclair, du trône et du sceptre.
D'un esprit licentieux, Jupiter prit maintes amantes, cependant, seulement sa sœur jumelle Junon conquit son cœur. Après plusieurs tentatives de la courtiser, il réussit finalement à gagner sa main en se transformant en coucou mouillé pour exciter la sympathie et l'affection de la déesse. Ainsi leurs noces marquèrent le premier mariage du monde.
  • Hera / Junon, Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/hera.htm.
  • Jupiter, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Zeus / Jupiter (3/4), Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/zeus3.htm.

Notes

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