Le mariage sous L'Ancien Régime

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Ce document de Jean-Philippe Varin fait partie de la vague des textes misogynes du premier quart du XVIIe siècle.
1

2

3
LES ESPINES
DV MARIAGE,

Pour retirer les ieunes gens & au-
Pour retirer les ieunes gens tres de folles et precipitées
amours.


Traitté fort plaiſant et recreatif.

Fait par le ſieur Iean Philippe
Varin
, Bernois
.
Augmenté, reueu, & corrigé par luy-meſme.
[Vignette qui a une banderole circulaire; écrite sur le côté gauche, la phrase latine ME NON TERRA FOVET, le côté droit CÆLES TIRORE VIR ESCO ; en bas, au centre, les initiales F B. Au milieu de la vignette se trouvent trois fleurs, au-dessus desquelles se trouve un nuage. Aux côtés droit et gauche des fleurs il y a des roches ou peut-être des montagnes. Dans les quatre coins de la vignette se trouve un motif de feuilles.]
[Sceau de la bibliothèque (nom illisible)]
A PARIS,
Par Flivry Bovrriqvant , au
mont S. Hilaire, pres le puits Certain,
aux fleurs Royalles.
3
[Bordure décorative]

LES ESPINES
DV MARIAGE.

[Bordure décorative autour du poème]
Quand du fin Promethée
Le larcin fut vengé,

La ioye fut troublée,

L’vniuers affligé.

Qui en receut ces playes,

Maladies, Trauaux,

Les Femmes, qui comme hayes

Nous ſerrent en maints maux.

ANNOTATION.

PRomethée, fils de Iape-
tus
, & de la Nymphe Aſie , a
(ſelon que diſent les Poëtes)
le premier enſeigné l’Aſtrolo-
gie aux hommes, le cours des planettes,
A ij 4LES ESPINES & la cauſe des foudres : & eſtant d’vn
eſprit ſubtil & ingenieux, tira feu du ciel,
par le moyen des miroirs ardents (deſ-
quels il fut l’inuenteur) oppoſez au So-
leil : auſſi a-il eſte nommé Promethée,
ἀπὸ τῆς προμηθείας , c’eſt à dire du nom
de prudence. Ce qui a donné occaſion
aux Poëtes en leurs fictions, de dire que
ce Promethée a deſrobé le feu du ciel,
pour laquelle choſe les Dieux furent
fort irritez, & en leur conſeil fut arreſté
qu’il ſeroit par Mercure meſſager des
Dieux, lié au ſommet du mont Caucaſe,
& qu’vn Vautour, oiſeau viuant de rapi-
ne rongeroit inceſſamment ſon foye,
qui à meſure qu’il ſeroit rongé & bec-
queté, auec extrémes douleurs, il renai-
ſtroit touſiours : & d’abondant pour ce
larcin de Promethée, les Dieux non con-
tens enuoyerent trois ſortes de fleaux
aux humains , à ſçauoir, Diuerſes ſortes de
maladies, qui n’eſtoient point auparauent:
Le trauail, qui n’eſtoit point cogneu : car
la terre nous rapportoit toutes ſortes de
fruicts,ſans eſtre cultiuée : & les femmes,
ſelon que nous en fait foy l’Hiſtorien,
5DV MARIAGE.
[Bordure décorative autour du poème]
Eue premiere femme,
Par le fruict defendu,

Nous a, ô grand diffame,

Soubs le peché rendu.

Pandore deteſtable,

Le preſent de tes mains

Empoiſonne la table

De nous pauures humains.


ANNOTATION.

AMuliere initium peccati
4: Le com-
mencement de peché eſt de la fem-
me, dit le Sage 5, ce que cõfirme l'Apoſtre 6,
diſant , que l’homme n’a point peché,
mais la femme luy a eſté en tranſgreſ-
ſion : toute l’Eſcriture ſaincte eſt pleine
d’exemples de cecy, & pourtant l’origi-
ne des maux eſt attribuée à la femme, ſe-
lon meſmes que nous le liſons en l’hi-
ſtoire ſacrée , comme en Geneſe au cha-
A iij 6LES ESPINES pitre troiſieſme , verſet ſixieſme & dix-
ſeptieſme : & en la premiere Epiſtre de
ſainct Paul à Timothee, chap. 2. verſet
14. & au 25. chap. de l'Eccleſiaſtique, ver-
ſet 23. & l'Autheur du meſme Eccleſiaſti-
que
. Comme auſſi Salomon au 21. des
Prouerbes dit , I’aimeroy mieux demeu-
rer auec vn Lyon & vn Dragon qu’auec
vne mauuaiſe femme : & au 24. verſet il
dit : La mauuaiſtié de la femme change
ſon regard, & luy rend le viſage baſanné
comme vn ſac : & au 25. verſet , il dit:
Le mary d’icelle lors meſme qu’il eſt en-
tre ſes voiſins ne ſe peut tenir de ſouſpi-
rer amerement à l’occaſion d’elle : & au
26. verſet, il dit : Toute malice eſt petite
au prix de celle de la femme. A telles
femmes meſchans hommes puiſſent ad-
uenir : & au verſet 33. il dit : Le commen-
cement de peché eſt venu de la femme,
& par elle nous mourons tous : & ſainct
Iean Chriſtoſtome
au Sermon de la De-
colation ſainct Iean Baptiſte, & en la 34.
homelie ſur le 4. de S. Iean, dit, qu’entre
toutes les beſtes ſauuages il ne s’en trou-
ue point aucune qui ſoit plus nuiſante
que la femme, & pourtant les Chreſtiens
7DV MARIAGE. les ont deboutees du maniment de l’E-
gliſe & des choſes ſacrées. Les Philoſo-
phes ne les ont point voulu receuoir à la
Philoſophie. Les Iuriſconſultes ne leur
permettent point l’adminiſtration de la
choſe ciuile, pour leur inconſtance & le-
gereté, n’eſtans point capables de garder
vn ſecret. Les Arabes Mahometiſtes les
ont forcloſes de leur Paradis. Les Barba-
res
de l’Aſie les ont tenuës au rang des
ſerfs & eſclaues acheptez. Salomon auſſi
cognoiſſant leur inſtabilité les a accom-
parees à la Lune,qui a ſes quartiers croiſ-
ſans & decroiſſans , ſon plein , eſtant op-
poſée au Soleil, & ſon vuide, conioincte à
iceluy. Bref vne infinité de maux ſont
venus par les femmes, qui ſeroient longs
à raconter : ce que recognoiſſant ce treſ-
ſage Philoſophe & valeureux Empereur
Marc Aurelle dit, Que pluſieurs grands
perſonnages qui ſont decedez & ont
paſſé par telle eſtamine & rigueur ne
voudroient retourner entre les viuans,
pour faire leur demeure auec les fem-
mes : dequoy nous fournit d’exemple
Philippe Roy de Macedone , auec ſon
imperieuſe femme Olympias : Æneas
A iiij 8LES ESPINES auec ſa ialouſe Didon Royne de Cartha-
ge
: L’Empereur Marc Anthoine, auec
ſon ambitieuſe Cleopatra : Iules Ceſar
Empereur, auec ſa fiere Domitia 7: Paris
fils du Roy Priam, auec ſa lubrique He-
leine
, de laquelle il ſera parlé cy apres:
L’Empereur Neron auec ſon Agrippine,
qui luy eſtoit auſſi cruelle que luy aux
autres : Alexandre le grand, Monarque
de tout le monde , auec ſon arrogante
Roxane: Hannibal de Carthage auec ſa
ſuperbe Thamira 8: Socrates le ſage Phi-
loſophe auec ſa rioteuſe Xantippe, du
nom de laquelle ſont nommees les meſ-
chantes femmes, qu’on dit par prouerbe,
C’eſt vne Xantippe, c’eſt à dire vne tres-
meſchante femme : il auroit encor peur
que le ſeau de l’eau ſale & puante ne luy
tombaſt ſur la teſte. Si donc les Monar-
ques , Empereurs, Roys, Princes, Phi-
loſophes, Capitaines , & autres ont eſté
aſſeruis ſoubs le cruel ioug & malice des
femmes,ce n’a point eſté ſans cauſe ſi vn
Poëte a dit , que le ciel n’a point tant
d’eſtoiles, ny la mer tant de poiſſons, que
la femme tient de ruſes & fineſſes ſoubs
le voile de ſon cœur diſſimulé & dece-
9DV MARIAGE. uant : toutes les Tragedies d’Euripide &
d’autres ſont pleines d’exemples de la
malice des femmes.
Le ſecond exemple ſus-allegué eſt de
Pandore , laquelle ſelon que recite le
Poëte Heſiode, fut la premiere femme
que le Dieu Vulcan, forgeron des Dieux,
feit par le commandement de Iuppiter :
ceſte femme fut d’vn eſprit fort remuãt,
& merueilleuſement curieuſe ; & fut
nommée Pandore , ſelon l’effect de la
choſe, ( car elle receut ἀπὸ πάντον θεῶν
δῶρον
) c’eſt à dire vn preſent de tous les
Dieux. Or les Dieux fauorables mirent
de bons preſens dans ſa boëte, voulant
enrichir ceſte nouuelle Pandore : les
Dieux nuiſans y mirent auſſi leurs pre-
ſens, le Dieu Apollon y mit la peſte, la
Deeſſe Venus y mit l’amour laſcif &
l’impudicité, qui depuis apporta de tres-
grands maux & calamitez à l’humain li-
gnage, comme veroles , chancres , & au-
tres maladies auparauant incogneues.
Ha ! pauures infortunez Amoureux , ce
ſont les bouquets & mouchoirs bien
mal plaiſans & rudes, que ces belles pa-
ſtourelles dõnent pour recõpenſe à leurs
10LES ESPINES depilez amoureux , qui pour les ſeruir
ont tout deſpendu iuſqu’aux dents &
cheueux, ô glorieuſe conqueſte ! Le Dieu
Bacchus y mit l’yurongnerie, qui cau-
ſa depuis pluſieurs meurtres & autres
grands maux qui ſont ſortis du dange-
reux raiſin qu’il mit dans ceſte boëtte,
qui a enluminé de couleur eſcarlatine
tant de beaux nez qui ſont auiourd’huy,
garnis de Saphirs, d’Eſmeraudes, de Ru-
bis de caue , (cela s’entend) & non pas
de ceux d’Orient. Le Dieu Mercure, qui
eſt eſtimé par les Poëtes le Dieu des lar-
rõs, y mit auſſi ſon preſent ; mais preſent
malheureux, qui a ſuſcité de grands trou-
bles au monde , comme vſures, larcins,
vols, rapines & autres moyens illicites
pour tromper & deceuoir le prochain:
& ainſi tous les Dieux ſelon leurs deitez
& proprietez y mirent leurs dons & pre-
ſens : mais ayans fermé la boëtte, ils de-
fendirent à ceſte Pandore ſoubs grandes
menaces , de ne regarder de long temps
dans ladite boëtte, preuoyans bien qu’à
l’ouuerture d’icelle il y auroit vn mer-
ueilleux tintamarre au monde, comme
de fait il aduint : mais nonobſtant telle
11DV MARIAGE. defence , ſelon que ce ſexe feminin eſt
par trop curieux & inconſtant, roulant
ſur la boule, comme fortune, qui eſt com-
me dit le Poëte Tantùm conſtans in leui-
tate ſua
9, c’eſt à dire conſtante en ſon in-
conſtance & legereté, impatiente de tant
attendre , ouurit la pernicieuſe boëtte,
de laquelle ſortirent les maux & miſeres
qui affligent & troublent auiourd’huy le
repos & l’aiſe, plein de mal-aiſe des pau-
ures humains , qui ſuent d’ahan ſoubs
l’air venimeux qui ſortit d’icelle peſtife-
re boëtte de Pandore.
[Bordure décorative autour du poème]
La Grecque Deianire
A l’Hercule Thebain,

Fit trop ſentir ſon ire,

Et ſa cruelle main.

La toile enuenimee

Fit l’indompté guerrier,

En fureur animee

Perir dans le buchier.
12LES ESPINES

ANNOTATION.

SI les hommes de moyenne qualité
ont enduré tant de trauerſes & tour-
ments auec les femmes, certes les plus
grands & excellents perſonnages y ont
bien pris leur part : comme Salomon qui
a receu vn fort grand eſclat en ſon floriſ-
ſant Empire , par la multitude de ſes
femmes, qui eſtoient en nombre de ſept
cents femmes Princeſſes, & trois cents
concubines, comme il eſt eſcript au li-
ure des Roys , leſquelles l’ont fait de-
cheoir de ceſte grande prudence & ſa-
geſſe, de laquelle Dieu l’auoit doüé : car
pour icelles il a adheré aux Dieux eſtrã-
ges, pour lequel peché Dieu fut grande-
ment irrité contre luy, & en aduint la
diuiſion & diminution de ſon Royaume.
Le fort Samſon, duquel il eſt parlé au
liure des Iuges , s’eſtant laiſſé emporter
à l’amour de Dalila , mourut en la main
des Philiſtins qui luy creuerent les yeux:
& penſans ſe ioüer de luy, le voyans deſ-
nué & deſpoüillé de ſa premiere force, ce
leur ſembloit , ils perirent auec luy, &
13DV MARIAGE. treſbucherent ſoubs le faix du baſtiment
que Samſon fit treſbucher ſur ſoy & ſur
eux. Voila celuy qui auoit emporté ſur
ſes eſpaules les portes de la ville de ſes
ennemis, qui auec vne machoire d’Aſne
auoit tué tant d’hommes, & qui auoit
eſté ſi vaillant ; finalement par la trom-
perie & trahiſon de ſa femme Dalila fut
le ioüet de ſes ennemis, & ſouffrit mort
violente, dont de ceſtui-cy & du fort
Hercules a eſté fait ce diſtique,
Quis Samſone fuit, quis Hercule,fortior, atqui
Fœmineis conſtat ſuccubuiſſe dolis,
C’eſt à dire,
Qui eſt ce qui a eſté plus fort & vail-
lant que Samſon & Hercules ? toutesfois
on ſçait que tous deux ont ſuccombé &
ployé ſoubs le ioug rigoureux & aſtuce
des femmes.
Nous pourrions produire pluſieurs
autres exemples des ſainctes Eſcriptu-
res touchant cecy ; mais il y faudroit
trop long temps : & pourſuiurons à de-
duire l’hiſtoire de ceſte Deianire , qui
fut la ruine du vaillant Hercules.
Ceſte Deianire donc,ſelon que diſent
les Poëtes, fut fille d’Oneus Roy d’Aeto-
14LES ESPINES lie, laquelle eſtant de tres-rare & incom-
parable beauté , fut deſirée de pluſieurs
grands perſonnages en mariage. Elle fut
premierement donnée à Achelous , qui
fut auſſi Roy d'Ætolie : iceluy encor vi-
uant , elle fut donnée au grand Hercules
qui eſtoit de la ville de Thebes,ancienne
ville de Grece, qui eſt autrement nom-
mée la ville de cent Portes, dont aduint
vn fort grand eſtrif entre Hercules &
Achelous à qui l’emporteroit : ceſt Ache-
lous
, comme il eſtoit vn grand magicien,
auſſi durant leur combat ſe transformoit
en diuerſes formes , tantoſt en riuiere,
tantoſt en bœuf pour deceuoir Hercu-
les ; mais Harcules 10l’ayant ſaiſi par vne
des cornes, ne le laſcha point qu’il ne la
luy eut arrachée, & par meſme moyẽ fut
vaincu, & fut lors ceſte Deianire adiugée
& donnée à Hercules. Aduint que Her-
cules
quelque temps apres voulant auec
Deianire paſſer le fleuue Euenus, qui eſt
au pays d’Ætolie, le Centaure Neſſus ſe
preſenta ſur le riuage , pour les paſſer à
l’autre riue : mais Hercules courageux ſe
mettant le premier en l’eau,qui eſtoit
impetueuſe, recommanda Deianire au
15DV MARIAGE. Centaure pour la paſſer: (il ne fait pas bõ
recommander ſa femme à ſon voiſin) le
Centaure Neſſus faiſant ſemblant de le
ſuiure, & le voyant deſia de l’autre coſté,
ſe mit en deuoir de vouloir violer Deia-
nire
, ce qu’ayant apperceu Hercules,luy
tira vn coup de fleſche , teinte au ſang &
venin du dragon, dõt la bleſſure en eſtoit
mortelle & ineuitable. Neſſus par ceſte
playe ſe ſentant prochain de mort , cou-
urant ſon mal talent contre Hercules, ne
ſe pouuant plus venger,donna à Deiani-
re
vne chemiſe, laquelle il diſoit auoir
proprieté de retirer vn homme de folles
& eſtrangeres amours ; mais c’eſtoit le
contraire , car elle apportoit mort ſeure
& ſoudaine. quelque temps apres, De-
ianire
deſirant retirer ſon amy & mary
Hercules, qui s’eſtoit amouraché d’vne
autre femme nommée Iole , fille d’vn
certain Eurytus Roy d'Euboee , penſa
que par le moyen de ceſte chemiſe que
Neſſus luy auoit donnée, elle viendroit à
chef de ſon entrepriſe,ſe voulãt par meſ-
me moyen venger de Iole qui le tenoit
enlacé en ſes amours ( femme cerche
touſiours vengeance ) luy enuoya ceſte
16LES ESPINES chemiſe en preſent par ſon ſeruiteur Ly-
chas
, le iour qu’il ſacrifioit ſur le mont
Cœneus 11: mais l’ayant veſtuë , il ſe ſentit
incontinent ſaiſi de griefs tourmens &
douleurs en tout ſon corps ; & eſtant de-
uenu tout hors de ſoy & deuenu furieux,
il precipita dans la mer le pauure ſerui-
teur Lychas qui luy auoit apporté la
chemiſe enuenimée, ſans en rien ſçauoir:
& luy ſe ietta dans le feu ardent du ſacri-
fice, & ſe bruſla,ne pouuant plus endurer
telles peines, cauſees par le venin ſubtil
& mortel de ceſte chemiſe.
De ceci en parle fort amplement Sene-
que
en la Tragedie appelée Hercules fu-
rens
. L’indompté guerrier donques qui
auoit dompté tant d’hommes & de mon-
ſtres , leſquels le Poëte Virgile recite és
douze labeurs d’iceluy Hercules,a eſté fi-
nalement dompté & contraint de ſe tuer
ſoy-meſmes par le preſent d’vne femme.
Voila donc vne autre forte & piquante
eſpine au mariage de ce grand dompteur
de monſtres, Hercules, lequel a eſté vain-
cu & terraſſé par le preſent d’vne femme,
& par le mal commencé mariage, duquel
il a receu de viues pointes & mort dou-
lou-
17DV MARIAGE. loureuse:& duquel vn Poëte a eſcript ces
vers , pour eterniſer les plaiſirs de ſon
mariage, & ſa lourde cheute en iceluy,
diſant,
Quẽ nõ mille ferræ, quẽ nõ Stheneleius hoſtis,
Quem potuit nullus vincere, vicit amor. 12
C’eſt à dire, comme ie l’ay tourné,
Celuy qui a vaincu tant de fiers ennemis,
De monſtres & Geants, de furieuſes beſtes,

Qui ne fut onc vaincu, helas ! en fin fut mis

Au pouuoir de l’amour, trophé de ſes con-

queſtes. 13
C’eſt certes merueilles , que celuy qui
auoit fait tant de proüeſſes auant qu’a-
uoir ployé ſoubs le ioug nuptial, ſoit ſuc-
combé honteuſement, eſtant pris & en-
laſſé aux filets du mariage ; il en a bien
ſenti la rigueur & la pointe. Ceſtuy-ci a
peu dire ce que diſoit vn bon compagnõ
de la commmodité qu’on peut tirer des
femmes en mariage : (il eſtoit mal marié)
& a dit ceci par deſpit,
Fœmina dulce malum, horis opportuna duabus
Cùm prurit in thalamo,cùm iacet in tumulo. 14
C’eſt à dire en peu de mots,
La femme ne ſert de rien qu’au lict & au
tombeau.

B 18LES ESPINES
Mais voyons en ſuite l’eſpine doulou-
reuſe de l’infortuné mariage de Mene-
laus
Roy de Sparthe, en la perſonne de ſa
deſloyale femme Heleine,qui a tant fait
reſpandre de ſang en ſon temps.
[Bordure décorative autour du poème]
Ton feu, ton ſac, ô Troye,
Ton rapt,ton meurtre & dueil,

Des Grecs la riche proye,

Qui t’ont mis au cercueil.

La Spartienne Heleine

Y ietta le flambeau,

Et en mortelle peine

Y creuſa ton tombeau.


ANNOTATION.

LE Prouerbe des Grecs eſt vray ,
κακοῦ
κόρακος, κακὸν ὠόν
, mali corui,malũ ouum,

de mauuais corbeau, mauuais œuf: ce qui
ſe trouue vray en la preſente Hiſtoire
d'Heleine,femme de Menelaus Roy de
19DV MARIAGE. Sparte,autrement dite Lacædemone : car
les Poëtes diſent , que Leda (amoureuſe
de Iuppiter) fit deux œufs, en l’vn deſ-
quels eſtoit Caſtor & Heleine ; en l’autre
Pollux & Clytemneſtra : de ceſt œuf don-
ques ſortit la mal-heureuſe Heleine qui
fut en ſon temps la plus belle femme du
monde, d’où eſt venu le prouerbe, C’eſt
vne Heleine en beauté, l’hiſtoire eſt telle.
Iunon, Minerue & Venus trois Deeſſes,
eſtans enſemble, & diſputans de leurs
beautez & perfections, la Deeſſe Diſcorde
ietta ſecrettement vne pomme d’or au
milieu d’elles, ſur laquelle eſtoit eſcript,
Ceſte pomme ſoit donnée à la plus belle
des trois. Icy en paſſant on peut remar-
quer l’effect de Diſcorde. Venus prompte
& gaillarde prit auſſi toſt la pomme, & la
vouloit retenir, comme s’eſtimant la plus
belle : le debat fut rapporté au iugement
de Iuppiter , lequel pour eſtre mary &
frere de la Deeſſe Iunon,pere de Miner-
ue
, & amoureux de Venus, qui auſſi eſtoit
la putain commune de ces beaux Dieux
des Payens, n’en voulut eſtre le iuge,ains
cognoiſsãt vn certain Paris, fils de Priam
Roy de Troye, lequel Paris pour ſoup-
B ij 20LES ESPINES çon de noſtre fils legitime dudit Priam
(pour eſtre rouſſeau & non point noir
comme les Phrygiens) 15fut enuoyé petit
qu’il eſtoit en la montagne Ida, qui eſt en
l’aſpect de Troye, pour eſtre expoſé aux
beſtes ſauuages, mais il fut nourry & eſle-
ué par les paſteurs, & deuint grand & fort
bel homme : il iugeoit ſi equitablement
des differens entre les autres paſteurs,
qu’il fut d’vn commun conſentement
eſleu Iuge ſur les paſteurs, & ne parloit-
on par toute la montagne Ida que de l’e-
quité de ce Paris. Iupiter donques en-
uoya Mercure, le meſſager ordinaire des
dieux , à ce Paris , auec les trois Deeſſes,
Iunon,Minerue & Venus, afin qu’il don-
naſt la pomme d’or à la plus belle : ces
trois Deeſſes furent deſpouillées toutes
nues , pour plus particulierement iuger
de leurs beautez. Iunon, ſe diſant eſtre
ſœur & femme du grand Dieu Iuppiter,
luy promettoit toutes ſortes de richeſſes
& bon-heur en mariage (comme cela
eſtoit en ſa puiſſance) s’il luy donnoit la
pomme, en la iugeant la plus belle. Mi-
nerue
, ſe diſant fille de Iuppiter, & née du
cerueau d’iceluy, promettoit luy donner
21DV MARIAGE. toutes ſciences, & le bon-heur en guerre
(comme ayant ce pouuoir) s’il luy don-
noit la pomme, comme à la plus belle.
Venus, Deeſſe des amours laſcifs luy pro-
mettoit toutes ſortes de voluptez & de
delices en amour , voire la plus belle
femme qui fut au monde pour lors, cela
eſtant du pouuoir de la Deïté. Paris ſe
laiſſant aueugler aux deſirs de la chair, &
par les promeſſes , œillades & alleche-
mens de Venus, meſpriſant les richeſſes
de Iunon , & les ſciences de Minerue,
comme homme ſenſuel , vaincu par l’a-
mour laſcif , donna la pomme d’or à Ve-
nus
, qui auſſi toſt luy mit en main les
moyens d’aller en Sparte en la maiſon
du Roy Menelaus, où c’eſt que feignant
eſtre ſon parent , en l’abſence dudit Me-
nelaus
,il rauit Heleine, & l’emmena en
ſon pays de Phrygie en la maiſon de ſon
pere Priam Roy de Troye. Les Grecs
pour venger ceſte iniure, & ce rapt fait à
leur Seigneur & Roy Menelaus, aſſem-
blerent vne groſſe & puiſſante armee,
compoſee de tous les plus grands Sei-
gneurs & Capitaines de Grece , & cam-
perent deuant Troye dix ans entiers,
B iij 22LES ESPINES auant que la pouuoir prendre. Finale-
ment les Grecs,par le moyen du grand
cheual de bois qu’ils auoient conſtruit,
dans lequel eſtoient cachez pluſieurs
hommes armez, feignans en vouloir fai-
re vn preſent au Palladium 16, qui eſtoit l’i-
mage de Minerue , autrement appelée
Pallas, furent receus par les Troyens, qui
eſtimoyent que les Grecs leueroyẽt auſſi
toſt le ſiege pour s’en retourner en leurs
terres & pays, apres auoir preſenté ledit
cheual de bois:mais à l’entrée de la ville,
comme ils faiſoient paſſer ledit cheual,
ſe ſentans maiſtres de la porte, ſortirent
de ce cheual ; & appellans les autres à
leur ayde , enuahirent la ville , mirent à
mort l’ancien Roy Priam, tout tremblãt
de vieilleſſe deuant l’autel meſme de ſes
Dieux, mirent le feu dãs la maiſon Roya-
le, ſes enfans tuez , la ville embrasée &
rasée de fonds en comble : Paris meſmes
y fut tué, les Grecs emporterent toutes
les richeſſes de Troye, ſemerent bleds
où eſtoit la ville : teſmoin ce qu’en dit
Ouide aux Epiſtres Heroides en ces
vers ſuiuans,
Iam ſeges eſt vbi Troia fuit,reſecãdaque falce

23DV MARIAGE.
Luxuriat Phrygio ſanguine pinguis humus
.
C’eſt à dire,
Bleds ſont ſemez où iadis eſtoit Troye,
Qui fut aux Grecs le pillage & la proye,

Meſmes les champs ont eſté engraiſſez

Des Phrygiens, qui y furent laiſſez

Morts eſtendus, ſans auoir ſepulture :

D'Heleine vint telle deſconfiture.
Ils emmenerent auſſi la Roine Hecuba,
mere de Paris, priſonniere auec eux : &
Heleine apres la mort de Paris fut don-
née à femme à Deiphobus , frere dudit
Paris,qui eſtoit eſchapé:encor fut-elle ſi
cruelle, qu’elle fut cauſe de la mort d’ice-
luy Deiphobus : car eſtant r’entree en
grace auec Menelaus , elle le mena en la
chambre où il dormoit, & là le fit tuer, &
s’en retourna auec Menelaus apres auoir
ietté le flambeau de dueil & de ruine
dans Troye.
Voila comme par vne ſeule femme im-
pudique & laſciue tant de maux aduin-
drent. Ce qui ſe peut voir plus particu-
lierement dans le Poëte Homere, Vir-
gile
& autres autheurs , qui deſcriuans
l’Hiſtoire & ſac de Troye, donnent le
commencement, le milieu & la fin de ce
24LES ESPINES mal-heur à Heleine, la plus impudique
adultere de ſon temps, qui rendit ſon
mariage fort eſpineux & infortuné, & ap-
porta tres-grande ruine & deſaſtre à plu-
ſieurs.
[Bordure décorative autour du poème]
La Tygre Clytemneſtre
Tua de cœur felon

Son doux eſpoux & maiſtre,

Le grand Agamemnon.

Et Medée impiteuſe,

Pourſuiuant ſon Iaſon,

Deſmembra furieuſe

Le fruit de ſa maiſon.


ANNOTATION.

CEſte Clytemneſtre fut femme d'A-
gamemnon
, qui eſtoit frere de Me-
nelaus
, mary d'Heleine, & fils d'Atreus
Roy de Mycenes, laquelle voyant que
ſon mary qui eſtoit general de l’armée
des
25DV MARIAGE. des Grecs contre les Troyens pour r’a-
uoir Heleine, tardoit trop à venir,ayant
demeuré dix ans deuant Troye au ſiege,
durant ce temps là s’abandõna en adul-
tere auec vn certain Ægyſthus, qui auoit
deſia tué Atreus,le pere d'Agamemnon :
& voyant ſon mary reuenu d’vne guerre
ſi ſanglãte & cruelle,au lieu d’eſtre ioyeu-
ſe de ſon arriuée & le receuoir honora-
blement ( comme eſtant reuenu de mort
à vie, & comme ſon cher eſpoux,) crai-
gnant qu’eſtant aduerti de la meſchante
& deſordonnée vie qu’elle auoit menée
en toute paillardiſe & vilenie auec ſon
adultere Aegyſthus,adiouſtant peché ſur
peché, & crime ſur crime, plus cruelle &
barbare que les beſtes farouches & ſau-
uages , aidée de ſon paillard & ribaud
Aegyſthus, trempa (ô forfait execrable !)
ſes cruelles mains au ſang de ſon mary
Agamemnon : & comme tel peché ne de-
meure point impuni , d’autant que la
vengeance vient des cieux , Oreſtes fils
d'Agamemnon, par le conſeil de ſa ſœur
Electra , vengea la mort de ſon pere, &
tua ſa propre mere Clytemneſtre ſur le
fait auec ſon paillard Aegyſthus : & com-
C 26LES ESPINES bien qu’vn tel acte fut prodigieux &
contre nature, que le fils occit de ſes
propres mains celle qui l’auoit porté en
ſon ventre:toutesfois puis que la vengeã-
ce vient d’en-haut, le ciel vengeur des in-
iures & malefices, fit qu’vne telle meſ-
chanceté fut punie : car comme dit le
prouerbe , Pereunt artifices , arte ſua , le
meurtrier mourra de glaiue. Finalement
le mal-heureux Oreſtes ſe ſentant piqué
d’extréme regret d’auoir tué ſa mere, fut
agité par les furies ; & eſtant deuenu in-
ſenſé, ſe creua les yeux de deſeſpoir, ne
s’eſtimant plus digne de iouyr de la lu-
miere du monde, veu qu’il auoit tué cel-
le qui la luy auoit fait voir, & mourut en
ceſte langueur griefuement bourrelé en
ſa conſcience : Toutesfois les Grecs en
leurs eſcripts , parlans du meurtre cruel
commis par Oreſtes en la perſonne de ſa
mere Clytemneſtre , diſent qu’iceluy
Oreſtes fut adiourné deuant le Senat des
Areopagites , qui eſtoient Iuges ſouue-
rains ſur tout le pays de Grece, & qui iu-
geoyent en dernier reſſort & ſans aucun
appel, pour reſpõdre d’vn tel crime énor-
me: & la cauſe diligemment plaidée &
27DV MARIAGE. conſiderée, il fut finalement abſous par
leur arreſt & iugement. Cependant l’a-
dultere de ceſte chienne Clytemneſtre,
apporta la mort à Agamemnon ſon ma-
ry , à ſon paillard Ægyſthus , à ſon fils
Oreſtes, & à ſoy-meſmes. Ceſte hiſtoire
eſt clairement deſcripte & au long par
Euripide, Poëte Grec, en ſa tragedie ap-
pellee Oreſtes , & Seneque auſſi en ſa
tragedie appellée Agamemnon.

L’exemple de Medée.

L Ors que les Grecs ſoubs la condui-
te du Prince Iaſon entreprindrent
d’aller en l’Iſle de Colchos, bien equip-
pez dans la grande nauire nommée Ar-
go
, dont ils furent nommez Argonau-
tes
, pour conquerir la toiſon d’or qui
eſtoit d’vn prix ineſtimable , & tres-dif-
ficile à conquerir, eſtans arriuez en ladi-
te Iſle de Colchos, & ne trouuans aucun
moyen pour rauir ceſte toiſon d’or : Me-
dée
qui eſtoit fille de Æta , Roy de ceſte
Iſle, voyant que le Prince Iaſon eſtoit de
belle ſtature, & d’vn beau port, commen-
ça à le regarder autrement que les autres
C ij 28LES ESPINES de ſa compagnie, & en deuint amoureu-
ſe: Ce qu’apperceuant Iaſon, ne laiſſa pe-
rir ceſte commodité , ains luy preſtant
bonne eſpaule, ne faillit de prendre ceſte
occaſion aux cheueux ; & eſtant receu
honorablement en la maiſon du Roy
Æta, deuint auſſi amoureux de ceſte Me-
dée
, laquelle ayant entendu l’occaſion
& le motif de ſon voyage, luy donna aſ-
ſeurance de venir à chef de ſon entrepri-
ſe, pourueu qu’il luy promiſt de l’auoir
à femme : ce qu’eſtant promis , elle qui
eſtoit vne des plus grandes enchantereſ-
ſes de ſon temps, inſtruicte en toutes ſor-
tes d’arts magiques, luy mit en main les
moyens de pouuoir aſſopir 17& endormir
vn furieux Dragon , qui ne dormoit iour
ne nuict ; & deux fiers Taureaux , qui
auoient les pieds d’airain , & iettoient
flammes par la bouche , qui gardoient
ceſte toiſon d’or,à ce que perſonne n’en
approchaſt. Iaſon cependant, ayant de-
meuré quelque temps en l’Iſle, eut deux
fils de ceſte Medée 18; & voyant qu’il eſtoit
temps de trauailler à ceſte beſongne, la
pria de mettre en execution ſa promeſſe ;
& ayans aſſopy 19& endormy le Dragon
29DV MARIAGE. & les deux Taureaux, par la force de l’en-
chantement de Medée , il conquit aiſé-
ment icelle toiſon: & ne ſe ſouuenant
plus d’vn tel benefice qu’il auoit receu
d’elle , fit voile , & emporta la toiſon
ſans luy dire Adieu : de laquelle cho-
ſe Medée eſtant deuenuë forcenee , ne
ſçachant où courir apres ſon Iaſon qui
s’eſtoit mocqué d’elle ; comme vne beſte
furieuſe & enragée , iettant ſes mains
cruelles en fureur deſeſperée ſur les deux
ieunes fils qu’elle auoit euz de Iaſon, les
mit en pieces , eſtimant par ce moyen ſe
venger de Iaſon ; mais la malheureuſe ſe
vengea ſur ſes propres entrailles : telle-
ment que depuis cela eſt venu en pro-
uerbe , que quand on veut parler d’vne
femme cruelle & barbare on l’appelle
vne Medée : ſi auſſi on veut parler d’vne
meſchante ſorciere & enchantereſſe , on
l’appelle Medée ; car elle a eu l’vn & l’au-
tre en ſupréme degré. Voila vne eſpine
bien rigoureuſe au mariage de Iaſon
auec ceſte Medée : rigoureuſe dy-ie à Ia-
ſon
, qui n’entreprit ce mariage que pour
aſſouuir ſon auarice en emportant la toi-
ſon d’or
, & fournir à ſon ambition : ri-
C iij 30LES ESPINES goureuſe auſſi à Medée, pour ſeruir à ſon
plaiſir charnel , à ſa lubricité, regardant
pluſtoſt à la beauté de Iaſon, premier que
experimenter & recognoiſtre ſes mœurs.
[Bordure décorative autour du poème]
Les filles Danaides
Sont , par leur trahiſon,

Aux eaux Acherontides :

Et leur triſte maiſon

Porte nom d’infamie,

Et dueil perpetuel :

Leur peine eſt infinie

En tourment eternel.


ANNOTATION.

CEste hiſtoire des Danaides, autre-
ment nommees Belides par le Poë-
te Virgile au ſixieſme liure de ſes Ænei-
des
, du nom de Belus leur oncle , furent
filles ( ſelon que racontent les Poëtes ) de
Danaus, qui fut fils d'Epaphus, Roy d'E-
gypte, qui edifia en ſon temps la ville
31DV MARIAGE. capitale du pays , nommée Memphis,
qui eſt encor auiourd’huy en eſtre : &
pour mieux entendre ceſte hiſtoire des
Danaides , il eſt beſoin de ſçauoir leur
origine. Ceſt Epaphus eſtant Roy d'E-
gypte eut ſept fils,qui tous furent grands
& excellents perſonnages, Rois & Ducs :
à ſçauoir Ninus, Pricus , Belus, Agenor,
Danaus, Egyptus & Acriſius. Entre ces
fils il y en eut deux qui eurent vne tres-
grande lignee, & auſquels le Royaume
d'Epaphus (apres la mort des autres fre-
res) eſcheut , à ſçauoir Egyptus & Da-
naus
: Egyptus eut cinquante fils, & Da-
naus
eut cinquante filles. Ces deux fre-
res qui eſtoient fort ambitieux , voulu-
rent pratiquer l’ancien prouerbe, & du-
quel a fait mention le Poëte Homere au
ſecond liure de ſon Iliade, diſant, οὐκ ἀγα-
θὸν πολυκοιπανίη , εἶς κοίρανος ἔστω
, Non bo-
num eſt multorum principatus , vnus prin-
ceps eſto
: c’eſt à dire, la domination de
pluſieurs n’eſt point bonne, qu’il n’y ait
qu’vn Prince & Gouuerneur : & vn au-
tre parlant du dãger qu’il y auroit ſi deux
Rois commandoient à vn ſeul Royau-
me , prend ceſte comparaiſon du Soleil,
C iiij 32LES ESPINES diſant , εἰ θέλουσι δύο ἥλιοι γενέσθαι , κίνδυνος
πάντα συμφλεχθέντα διαφθαρηναι
. ſi duo ſo-
les velint eſſe,periculum erit, ne incendio om-
nia perdantur
20: c’eſt à dire, Si deux Soleils
vouloient conduire le monde , il y au-
roit danger que ce tout ne fut embraſé
& mis à rien : auſſi comme a dit vn autre,
Nulla fides regni ſociis , omniſque potestas
Impatiens conſortis erit
. 2122
Ceux-cy doncques de meſmes vou-
loient eſtre en tel degré, que l’vn ne ce-
deroit point à l’autre ; voire qu’vn ſeul
auroit le Royaume ſans le meſpartir 23:
toutesfois ils s’accorderent par tel ſi,
que le Royaume ne tomberoit point en
main eſtrangere, & qu'Ægyptus donne-
roit ſes cinquante fils aux cinquante fil-
les de ſon frere Danaus : l’accord fait, les
nopces (mais miſerables nopces) furent
auſſi accordees : ce furent nopces de dueil
& non point de ioye : nopces de trahiſon
& non point d’amitié, ſelon que l’euene-
ment le monſtra : car Danaus, qui eſtoit
ambitieux & deſireux d’eſtre luy tout
ſeul maiſtre du Royaume , pratiqua ſes
cinquantes filles, & leur donna charge &
commandement , que le ſoir de leurs
33DV MARIAGE. nopces , lors qu’elles ſeroient couchees
auec leurs maris , ( & qui eſtoient leurs
couſins ) elles ne failliſſent d’eſgorger
vne chacune le ſien dans le lict : ce que
eſtant promis , fut auſſi executé. Le ſoir
venu toutes tuerent leurs maris inno-
cens , & qui ne penſoient aucunement à
telle trahiſon , horſmis Hypermneſtre,
qui fut fidelle à ſon mary Lynceus, & le
deliura , le faiſant ſauuer ſecrettement.
Apres la mort des fils d'Ægyptus, l’am-
bitieux Danaus regna quelque temps: &
comme l’acquiſition de choſes iniques
eſt de petite durée, auſſi Dieu ne voulut
que ce tyran vſurpaſt plus longs temps ce
qui ne luy appartenoit : tellement que
Linceus fils d'Ægyptus, ſe reſſentant de
l’outrage fait à ſes freres , vengea leur
mort ſur Danaus, & obtint le Royaume
de Grece , par le moyen de ſa bonne &
loyalle femme Hypermneſtre. Mais les
filles de Danaus , qui furent ſi cruelles
enuers leurs maris , que de violer le
droict d’amitié, d’humanité , & de con-
ſanguinité en leur ſang innocent, furent
apres leur mort condamnées à eſtre en
Enfer ; & pour plus grand ſupplice, les
34LES ESPINES trois Iuges infernaux , à ſçauoir Æacus,
Minos,& Rhadamantus, les condamne-
rent à aller puiſer de l’eau d’vn fleuue,
auec des vaiſſeaux percez & ne pouuans
tenir l’eau, & les aller vuider bien loing :
& cependant que toutes nuës elles les
vont vuider , l’eau s’eſcoule de leurs
vaiſſeaux & ſe perd , tellement que leur
peine eſt infinie,accompagnée de grand
tourment. Ces filles donc de Danaus
apporterent vne rude & violente eſpine
au mariage des fils d'Ægyptus , ce qui
aduint par vn mal-talent & deſmeſurée
ambition de regner , & extirper la race
de leur oncle, dont elles ont receu
condigne punition.
Mais voyons l’autre exẽple ſuiuant, qui
eſt de Progné, femme de Tereus, Roy de
Thrace, auquel ( plus cruelle qu’vne Scy-
the
, ou beſte farouche ) elle fit manger
ſon fils Ithys en viande, pour venger l’in-
iure qu’il auoit faicte à ſa ſœur ; comme
il ſe verra en ceſte hiſtoire.
35DV MARIAGE.
[Bordure décorative autour du poème]
Progné, mere cruelle,
Tu vengeas le mesfait

Pour ta ſœur Philomelle,

Par vn tres-grand forfait.

Plus fiere que Medée

Tu donnas à manger

A ton mary Terée

Son Ithys , ton fruict cher.


ANNOTATION.

CE Tereus Roy de Thrace a auſſi
ſenty vne rude & mortelle eſpine
en ſon mariage ; toutesfois il a eſté vne
partie autheur auec ſa femme du mal-
heur de ſon mariage. Nous trouuons
doncques és eſcrits poëtiques, que Te-
reus
(apres auoir eſpouſé ſa femme Pro-
gné
en la ville d'Athenes ) s’en voulut
retourner auec elle en ſon Royaume de
Trace 24, où eſtant arriué , il ne demeura
36LES ESPINES pas long temps auec ſa femme, ſans auoir
lignée ; mais helas ! lignée qui ne fut de
longue vie , ains qui luy apporta vne
merueilleuſe eſpine & dueil: ce quel-
ques années apres que leur petit fils
Ithys fut nay , Progné ſe trouuant hors
de ſon pays d'Athenes, en terre eſtrange,
& parmy vne nation qu’elle ne cognoiſ-
ſoit point, prit deliberation ( auec la per-
miſſion de ſon mary Tereus) d’aller voir
ſon parentage, & notamment vne ſœur
vnique qu’elle auoit nõmee Philomel-
le
: ce qu’entendant ſon mary, & craignãt
les perils du chemin , qui eſtoit long &
difficile, luy remõſtra qu’il valloit mieux
qu’il allaſt luy-meſmes en Athenes, &
qu’il luy apporteroit nouuelles de ſon
pays & de ſon parentage, & qu’outre ce
il luy ameneroit ſa ſœur Philomelle.
Ceſte reſolution priſe , & Progné fort
contente, Tereus s’en va à Athenes , où
eſtant arriué (mais à mauuaiſe heure) le
Roy Pandion ſon beau-pere le receut
honorablement. Tereus ſon gendre luy
fit entendre que ſa femme Progné deſi-
roit grandement de voir ſa ſœur Philo-
melle
, & qu’il luy auoit promis de l’em-
37DV MARIAGE. mener auec ſoy en ſon Royaume de
Thrace : il en dit autant à Philomelle,
laquelle il regarda trop curieuſement :
car eſtant d’vne incomparable beauté &
bonne grace, il en deuint exceſſiuement
amoureux en ſon cœur : toutesfois il tint
cachée ceſte flamme, attendant le temps
& l’occaſion pour s’en ſeruir : & ayant eſ-
pié vn iour propre, il dreſſa tellement ſa
pipée, & harangua ſi bien deuant Philo-
melle
, qu’il luy perſuada de venir auec
luy voir ſa ſœur Progné en Thrace : mais
il falloit encor auoir la volonté du pere,
qui eſtant ja fort ancien, ne vouloit ſe
priuer de ſa fille Philomelle qu’il aymoit
tendrement : toutesfois, vaincu par les
prieres de Tereus, il permit qu’il l’em-
meneroit pour voir & viſiter ſa ſœur.
Mais Tereus qui auoit autre intention,
& qui ne cherchoit que d’aſſouuir ſon
impudique deſir, qui eſtoit de iouyr de
Philomelle, prit ceſte occaſion aux che-
ueux, & deſpartit auſſi toſt auec ſes naui-
res, emmenant auec ſoy Philomelle : Au
bout de quelques iours, ayant deſcouuert
vn port fauorable, deſcẽdit là : & s’eſtant
retiré dans vne petite maiſonnette ſeule
38LES ESPINES & à l’eſcart , il pria Philomelle d’amour
vilaine: & apres pluſieurs prieres, ne pou-
uant fleſchir ny eſbranler ſa chaſteté, la
força & viola traiſtreuſement : mais la
pauure Philomelle ſe voyant entre les
mains d’vn tel cruel ennemy , & non
point parent , n’ayant autres armes que
les ſouſpirs cuiſans , les ſanglots, & les
larmes pour ſa defence, ne pouuant au-
trement venger vne telle iniure ſur le
violateur de ſa chaſteté, demanda l’aide
de ſes Dieux, diſant à Therée : Pluſtoſt
l’air & les autres elements ſe banderont
contre toy , ô perfide & deſloyal, qu’vne
telle iniure demeure impunie.
Thereus entendant telles iniures , &
craignant qu’vn tel outrage ne vint à la
cognoiſſance des parents & de ſa ſœur,
continuant en ſa rage & barbarie, luy
couppa la langue , afin qu’elle ne peuſt
deſcouurir sa meſchanceté : & l’ayant
laiſſé là ſeule en ceſte maiſonnette,auec
vne vieille femme pour ſa garde , & re-
monté ſur ſes nauires , prit ſon chemin
vers Thrace , où eſtant arriué , au lieu
d’apporter quelque contentement à ſa
femme Progné,pour la venuë de ſa ſœur
39DV MARIAGE. Philomelle , qu’elle attendoit auec ſi
grand deſir, il luy dit,auec parolles fein-
tes & deſloyales , que Philomelle eſtoit
morte en la maiſon de ſon pere, depuis
qu’ils eſtoient en Thrace. Pluſieurs re-
grets fit Progné pour ſa ſœur viuante,
qu’elle penſoit eſtre morte , comme le
traiſtre Thereus le luy faiſoit entendre:
mais Philomelle, quoy qu’elle fut gar-
dée , penſoit touſiours de ſe venger du
traiſtre, & de faire entendre en quelque
façon à ſa ſœur ſon outrage receu, & ſon
violement ; & s’aduiſa de mettre en vne
tapiſſerie tout le tort qu’elle auoit re-
ceu de Therée, & le repreſenter & eſcri-
re de telle façon qu’il ſeroit cogneu : ce
qu’ayant fait , l’enuoya ſeurement à ſa
ſœur Progné, qui ayant veu & cogneu
vn tel acte meſchant & inique, diſſimula
pour quelque tẽps ſon mal-talẽt:mais ne
le pouuant plus celer & couurir,s’aduiſa
d’vn acte du tout prodigieux ; c’eſt qu’el-
le prit leur fils Ithys qu’ils auoient eu
enſemble , & ſans aucune pitié & com-
paſſion ( comme vne Medée furieuſe &
enragée , mettant ſes mains cruelles
ſur luy , le mit en pieces ; & l’ayant fait
40LES ESPINES boüillir le fit manger à ſon mary, qui ne
ſçauoit encor quelle viande c’eſtoit :
apres qu’il en eut mangé, il demanda ſon
fils Ithys pour le faire diſner auec luy.
Helas ! le petit innocent y eſtoit voire-
ment ; mais il n’eſtoit pas cogneu : &
l’ayant derechef demandé , la cruelle
Progné luy preſenta finalement pour
deſſerte la teſte d’iceluy boüillie en vn
plat ; & luy dit en grand’ ire & fureur:
ha ! traiſtre & deſloyal , pourquoy de-
mandes-tu tant ton fils Ithys ? l’as-tu
pas dans tes entrailles ? vien-tu pas de le
manger tout maintenant ? acheue le reſte,
& mange encor la teſte que voila.
Thereus à ces parolles demeura auſſi
immuable qu’vne roche : & eſtant finale-
ment reuenu à ſoy,comme d’vn profond
eſtourdiſſement, & deuenu furieux, ren-
uerſe la table à terre ; & prenant vne eſ-
pée voulut tuer Progné & Philomelle,
qui auoit eſté quelque temps cachée en
la maiſon, ourdiſſant ceſt acte tragique :
Mais ( adiouſtent les Poëtes en leurs
fictions ) ainſi que Progné & Philomelle
s’enfuyoient deuant luy , par la commi-
ſeration des Dieux, changerent tous trois
de
41DV MARIAGE. de forme : car Thereus fut changé en vn
vilain & ſale oyſeau, qui eſt nommé
Huppe : Progné ſa femme fut changée &
transformée en Arondelle , & Philo-
melle
en Roſſignol.
Mais laiſſons en cecy les fictions poë-
tiques de leur transformation, & diſons
que ces actes ſanglans & tragiques fu-
rent vne douloureuſe eſpine au maria-
ge de ce cruel Roy Theree. Certes ce
furent nopces ſanglantes, nopces dou-
loureuſes & miſerables. Thereus com-
mença vilainement le malheur, & Pro-
gné
l’acheua auec vne barbarie du tout
eſtrange, n’eſpargnant point ſon propre
fils,pour ſe vẽger de ſon mary. O cruau-
té de femme plus que deteſtable & inhu-
maine, qui ſcandaliſe les eſprits qui li-
ſent ſa tragique hiſtoire !
De ceſte Progné cruelle parle le Poë-
te Ouide , au ſixieſme liure de ſes Meta-
morphoſes
, diſant ainſi du petit Ithys,
Tendentemque manus , & iam ſua fata
videntem,
Et mater , mater clamantem, & colla pe-
tentem
Enſe ferit lateri,qua pectus adhæret.
D 42LES ESPINES
C’eſt à dire, ainſi que ie l’ay tourné :
Helas ! ( diſoit Ithys , leuant ſes mains
Deuant Progné , ſa mere impitoyable )

Ma mere,helas ! mes pleurs ſeront-ils vains ?

Tuerez-vous , ô mere inexorable

Voſtre cher fils ? las , ma mere,iettez

Loing ce couſteau qui vient m’oſter la vie !

Soyez-moy mere, & tel cas n’attentez :

Ha douce mere ! auriez-vous bien l’enuie

D’occir Ithys , qui plorant à vos pieds,

Vous embraſſant requiert miſericorde ?

O cas piteux ! on ne le croira pas :

Car touſiours mere à pardonner s’accorde.
Et ainſi demeure vray le prouerbe
qui dit : Nemo magis gaudet vindicta,
quàm fœmina
: c’eſt à dire, Il n’y a ani-
mal plus deſireux de vengeance que la
femme.
43DV MARIAGE.
[Bordure décorative autour du poème]
La ſale Meſſaline,
Serue de volupté,

Fut la ſeconde Phryne

En ſa lubricité.

Procris,ta ialouſie

T’a mis au froid cercueil,

De Cephale la vie

Tu fis finer en dueil.


ANNOTATION.

ENtre les plus ſales & impudiques
femmes qui ayent eſté au temps
paſſé , il ne s’en trouue gueres qui ait
peu ſurpaſſer en lubricité du tout deſor-
donnée ceſte Meſſaline, qui vrayement
a eſté ſerue de toute laſciueté : telle-
ment qu’à bon droict elle a eſté appelée
la ſeconde Phryne, qui fut auſſi vne deſ-
bordée putain,de laquelle parle Ariſtote
au premier liure de ſa Rhetorique , &
D ij 44LES ESPINES l’Orateur Quintilien au ſecond liure,
chapitre quinzieſme, laquelle pour ſes
meſchancetez, & infames & deſbordees
paillaradiſes, fut accuſée deuant les Iuges
d’Athenes : & ſe voyant en tres-grand &
eminent peril de ſa vie, ne pouuant autre-
ment gauchir vn coup ſi dangereux , ſe
ſeruit de ſa lubricité pour armes : c’eſt
que deſcouurant ſa blanche & delicate
poictrine deuant les Iuges, ſoit pour par
ce moyẽ les eſmouuoir à luxure, & auoir
leur bonne grace, ſoit pour leur tirer la
pitié du cœur, elle eſchappa de telle fa-
çon , & fut deliurée contre ſes accuſa-
teurs : merueilleuſe ruſe de femme ! Mais
pourſuiuons à ce qui ſuit. Ceſte Meſſali-
ne
fut fille de Meſſala, duquel elle a por-
té le nom, qui eſtoit parent de Claude
Empereur, laquelle eſtant encor fort
ieune fut dõnee en mariage audit Clau-
de
Empereur, qui eſtoit deſia ancien : ce
mariage , ( eſtant deſia ineſgal pour la
vieilleſſe de l'Empereur, & pour le ieune
âge d'elle) fut malheureux : car la chair
chatoüillant ſa ieuneſſe, ne trouuant ſon
contentement aupres du vieux mary, qui
aymoit mieux dormir & prendre ſon re-
45DV MARIAGE. pos, (à la façon de ces bons vieillards re-
creus) que pouuoir contenter vne ſi cha-
toüilleuſe ieuneſſe , ſe reſolut d'aller au
change, & chercher ailleurs paſture pour
aſſouuir ſa lubricité; tellement qu'en peu
de temps elle deuint vne deſmeſurée pu-
tain, & du tout abandonnée à ſa chair, &
s'abondonna à pluſieurs adulteres ; voire
changeant ſon habit feminin couroit de
bourdeau en bourdeau ſans aucune hon-
te : & ayant fait gajeure auec vne des plus
renommees putains, l'ayant ſurmontée
en paillardiſe, elle ſe glorifia publique-
ment d'auoir vaincu la plus grande pu-
tain qui fut de ce temps là : voire elle
vint à vn tel deſbordement, qu'en vn iour
& vne nuict, elle aſſeura qu'elle auoit eu
la compagnie de vingt-cinq hommes
plus que l'autre putain, auec laquelle elle
auoit fait la gajeure, & qu'elle s'eſtoit
deſpartie pluſtoſt laſſe , que raſſaſiée de
l'acte Venerien. Finalement, l'Empereur
ſon mary cognoiſſant ces choſes, & ſe
voyant mocqué, la feit mourir,eſteignant
par ce moyen le feu de ſa laſciueté.
L'Hiſtorien Tranquillus recite la vie
de ceſte Meſſaline, en la vie de Claude
D iij 46LES ESPINES Empereur, & Iuuenal en la ſixieſme Sa-
tyre, & Tacitus au liure onzieſme, & Pli-
ne
au liure dixieſme , chapitre ſoixante-
deuxieſme : tellement qu'il n'eſt beſoin
d'en dire dauantage.

L'exemple de Procris.

LA ialouſie au mariage apporte or-
dinairement de tres-grands maux &
inconueniens; ce qui s'eſt veu ſouuent,
au detriment & ruine de pluſieurs gran-
des & nobles familles, dequoy fait foy ce
qui eſt icy touché de Procris, laquelle fut
fille de Erechtheus, Roy des Atheniens,
ſœur de la nymphe Orythie , & femme
d'vn nommé Cephalus. Les Poëtes reci-
tent ceſte hiſtoire , & diſent que Cepha-
lus
, mary de ceſte Procris, pour ſa beauté
& gentilleſſe, fut aymé par la Deeſſe Au-
rore
, auant-courriere du Soleil, laquelle
ne le pouuãt par aucunes prieres ou pro-
meſſes attirer à ſon amitié , le rauit fina-
lement pour mieux en venir à bout:mais
pour tout cela elle ne peut aucunement
eſbranler ſa conſtance ; & le voyant fer-
me en ſon propos & deliberation, le ren-
47DV MARIAGE. uoya à ſa femme Procris, en forme d'vn
voyageur : eſtant arriué en ſa maiſon , &
voulant eſprouuer la loyauté & chaſteté
de ſa femme, luy preſenta & offrit plu-
ſieurs grands preſens pour eſbranler ſa
conſtance & pudicité. Icelle acquieſceãt
à la grandeur des preſens, & commẽçant
à ſuccomber, Cephalus qui auoit la for-
me d'vn voyageur , reprit ſa premiere
forme, & commença à luy reprocher ri-
goureuſement ſa perfidie & deſloyauté :
à laquelle choſe ne pouuant contredire
Procris, veu qu'il ne falloit autres indi-
ces ou teſmoins , de honte & regret d'a-
uoir ainſi voulu offencer ſon mary, s'alla
cacher dans les foreſts & lieux deſerts,
ayant abandonné ſon mary Cephalus, ne
voulant plus eſtre veuë de perſonne : fi-
nalement au bout de quelque temps,
ayant eſté reconciliée & miſe en grace
auec ſon mary , elle luy fit preſent d'vn
dard, duquel le coup eſtoit inéuitable &
mortel , & auſſi d vn 25excellent chien de
chaſſe , nommé Lælaps, que Minos luy
auoit donné : Cephalus ſe voyant armé
de ſi bonnes pieces & armes , ne demeu-
roit plus gueres en ſa maiſon, & ne pre-
48LES ESPINES noit autre deduit & delectation qu'à la
chaſſe : & vn iour eſtant ſorty ſelon ſa
couſtume de bon matin , s'en alla à la
chaſſe auec les armes que Procris luy
auoit données, qui luy furent mortelles,
ſelon meſmes que le teſmoigne Eraſme
en vn Adage,où il y a , Procridis telum :
c'eſt à dire,le dard , ou la fleſche de Pro-
cris
: mais ceſte Procris qui eſtoit aux eſ-
coutes & au guet , attainte de la dange-
reuſe maladie de ialouſie , voyant tous
les matins ſon mary aller à la chaſſe,
ſoupçõna, & ſe doubta qu'il ne fut eſpris
& detenu de l'amour de quelque Nym-
phe foreſtiere, s'alla cacher dans vn toffu
hallier , pour le pouuoir ſurprendre &
deſcouurir finement. Comme donc Ce-
phalus
eſtant las & fort trauaillé de cou-
rir,& de l'ardeur du Soleil , ſe fut mis à
l'ombrage, & eut requis vn doux vent
pour ſe rafraiſchir, Procris eſtimant qu'il
demandaſt ou appelaſt quelque Nym-
phe qui fut là prochaine, ſe remua dans
ſon hallier, & fit remuer les brãches ſans
eſtre apperceuë ; ce qu'apperceuant ſon
mary Cephalus , eſtimant que dans ce
hallier eſtoit cachee quelque beſte ſau-
uage
49DV MARIAGE. uage & non ſa femme, banda ſon arc , &
laſchant roidement la fleſche dans l'eſ-
peſſeur de ce hallier , tua de ce coup ſa
femme qu'il aymoit tendremẽt : & voyãt
qu'il auoit perdu celle qui luy eſtoit ſi
chere, mourut de douleur & deſplaiſan-
ce, & fut (ſelon que diſent aucuns) tranſ-
mué en pierre par Iuppiter : c'eſt donc
pourquoy il eſt dit icy que la ialouſie de
Procris en fit mourir deux : car elle ſe fit
tuer elle-meſme, & fit mourir ſon mary
de dueil, & ainſi rendit ſon mariage mal-
heureux. On pourroit raconter pluſieurs
autres exemples & hiſtoires de meſme
ſubject , ce qui ſe peut voir aiſément &
au long aux diſcours meſmes que les au-
theurs nous en ont laiſſe. De ceſte Pro-
cris
, traicte Ouide au 7. liure de ſes Me-
tamorphoſes
, & Higinus au chap. 189.
de ſes fables poëtiques , auſquels lieux
le Lecteur pourra voir cecy plus ample-
ment:nous en mettons encor ceſt exem-
ple de ce ſubject.
E 50LES ESPINES
[Bordure décorative autour du poème]
Telle fut Lucilie,
Qui donna le poiſon,

Pour chaſſer ialouſie

Dehors de ſa maiſon.

Et la triſte Eryphile

Deplore ſa maiſon,

Ayant las ! trop facile,

Fait aux ſiens trahiſon.


ANNOTATION.

CEste Lucilie a auſſi rendu ſon
mariage mal-heureux par ſa ialou-
ſie : car ſe doubtant que ſon mary ne fut
amoureux d’vne autre femme , elle prit
conſeil d’vne fauſſe vieille maquerelle,
qui luy promit vne certaine mixtion
qu’elle meſleroit parmy le vin de ſon
mary , & que par ce moyen il quitteroit
toutes folles amours eſtrangeres, & n’a-
dereroit 26qu’à elle ſeule : mais au lieu
51DV MARIAGE. d’vn Recipé , il y eut vn Decipé,fort dan-
gereux pour le pauure mary : car la vieil-
le maquerelle donna du poiſon ſans y
penſer,faiſant vn Qui pro Quo de mau-
uais Apothicaire , au lieu du breuuage
qu’elle auoit promis à Lucilie, dont il
mourut tout incontinent. Ha ! fauſſe
Lucilie, tu eſtois trop bonne meſnagere:
tu ne voulois pas que ton mary allaſt
porter ailleurs tes reuenus : tu le vou-
lois auoir toy ſeule , ſans en faire quel-
que part aux autres , & tu as tout perdu:
mal eſtreint qui trop embraſſe.
Voila comme par la ialouſie de ceſte-
cy qui alla aux remedes illicites, le pau-
ure mary receut mort violente par le
poiſon : ce fut vn preſeruatif pris à re-
bours, & de fort mauuaiſe digeſtion:c’eſt
le premier exemple icy mis.

L’exemple d'Eryphile.

LE ſecond exemple eſt d’Eryphile,
qui fut fille de Thalaon , ou ſelon
aucuns de Iphius, femme de Amphia-
raus
, & ſœur de Adraſtus , ſçachant que
ſon mary Amphiaraus deuoit aller à la
E ij 52LES ESPINES guerre de Thebes ſoubs la conduite de
Polynices. Iceluy Amphiaraus ſe tenant
caché pour n’aller à icelle guerre, ſçachãt
( comme il eſtoit deuin ) qu’il n’en re-
tourneroit iamais s’il y alloit , pria ſa
femme Eryphile de ne le deceler point à
perſonne : mais icelle eſtant gagnée &
pratiquée par prieres, & notamment par
vn riche colier d’or que luy donna Poly-
nices
, elle declara à ſon frere Adraſtus le
lieu où ſon mary Amphiraus 27eſtoit ca-
ché ; ce qu’ayant ſceu Amphiaraus ( oul-
tré de deſpit contre ſa femme & ſa perfi-
die) ne tarda point à venger vne telle in-
iure : car auant qu’aller à ceſte guerre de
Thebes
, il donna charge & commande-
ment à ſon fils Alcmæon, qu’auſſi toſt
qu’il auroit entendu les nouuelles de ſa
mort,il ne differaſt aucunement de tuer
ſa mere Eryphile, ce qui aduint : car ainſi
que les Princes qui ſuiuoient Polynices
faiſoient vn conuiue enſemble, & ſe reſ-
iouyſſoient , voicy venir vne aigle, deſ-
cendant de grand roideur, qui vint rauir
la fleſche d’Amphiaraus, & incontinent
la laiſſa cheoir, laquelle eſtant tombée
& fichée en terre , fut au meſme lieu
53DV MARIAGE. tranſmuée en vn verd Laurier , auquel
endroit, ainſi que le lendemain Amphia-
raus
combattoit , la terre s’ouurir, & fut
Amphiaraus là englouty auec ſon cha-
riot , ce qu’ayant entendu Alcmæon, fils
dudit Amphiaraus , ne faillit d’executer
le commandement de ſon pere, & tua ſa
mere Eryphile, & par ainſi l’infidelité de
ceſte Eryphile fut cauſe que ſon mary
Amphiaraus mourut de ceſte façon, &
du meurtre que ſon fils Alcmæon com-
mit en elle 28De cecy a eſcrit Iuuenal en
ſa ſixieſme Satyre, diſant ainſi:
Occurrent multæ tibi Belides , atque Ery-
philæ.
C'eſt à dire,
Tu rencontreras là pluſieurs filles de
Danaus nommées Belides, & pluſieurs
Eryphiles : c'eſt à dire,de triſtes & piteux
ſpectacles. Tellement que ceſte Eryphi-
le
apres ſa mort ( eſtant aux Enfers ) elle
fut condamnée par les trois Iuges infer-
naux, Æcus, Minos, & Rhadamanthus à
pleurer & gemir inceſſamment ſon for-
fait & trahiſon, comme le recite le Poëte
Virgile , au 6. liure des Æneides,parlant
de la deſcente du Prince Ænée aux En-
E iij 54LES ESPINES fers , allant voir ſon pere Anchyſe aux
champs Elysées, diſant
His locis Phædramque videt , triſtemque
Eryphilem.
C'eſt à dire ;
En ces lieux-là le Prince Ænée void
Phædra, & la triſte & dolente Eryphile.
Ceſte Eryphile donc auſſi a rendu ſon
mariage & les ſiens mal-heureux par ſa
perfidie, & pour auoir trop parlé. Ha
mauuaiſe langue de femme ! Voilà donc
vne mauuaiſe eſpine.
[Bordure décorative autour du poème]
Thisbé' ſentant la flame
Du brandon mal-heureux

D’amour , mit ſous la lame

Son fidelle amoureux.

Le Meurier porte ſigne

Au fruict de ſon ſang teinct ,

Qui pour cas tant inſigne

De blanc en rouge eſt peinct.
55DV MARIAGE.

ANNOTATION.

CEste hiſtoire , quoy que fort pi-
toyable, & digne de compaſſion, a
toutesfois en ſoy quelque choſe à re-
prendre : elle eſt pitoyable, parce qu’elle
a eu vn ſuccez funeſte & tragique : il y a
à reprendre, parce que ces deux Amans
Pyramus & Thiſbée ont eſté rebelles à
leurs peres & meres, qui leur auoient de-
fendu celle 29priuauté & alliance : mais ils
ont ſuiuy aueugles l’amour aueugle, qui
les a precipitez à mort piteuſe , comme
nous le verrons cy apres, & ſelon que le
recite le Poëte Ouide, liure 4. de ſes Me-
tamorphoſes
, & en l’epiſtre de Pyra-
mus à Thisbée
30, l’hiſtoire eſt telle.
Il y auoit en la ville de Babylone deux
familles honorables, deſquelles les mai-
ſons eſtoient tellement voiſines, qu’il n’y
auoit qu’vne vieille muraille, qui en fai-
ſoit la ſeparation. En l’vne de ces famil-
les il y auoit vn fils vnique, nommé Py-
ramus
; en l’autre il y auoit auſſi vne fille
vnique, nommée Thisbée : ces deux en-
fans par continuelle frequẽtation eſtoiẽt
E iiij 56LES ESPINES ordinairemẽt enſemble, & s’aimoient de
telle façon qu’on ne les pouuoit aucu-
nement ſeparer : leur aage croiſſant, leur
amour auſſi croiſſoit : tellement que du
commẽcement les deux familles auoient
eſperãce que des deux n’en ſeroit qu’vne
quelque iour : mais la noire Deeſſe Diſ-
corde
, faiſoit & dreſſoit bien vn autre
conte, & vne autre partie : car elle eſ-
meut vn debat entre ces deux familles,
qui auoient veſcu touſiours en bonne
paix & amitié. Ceſte partie dreſſée, &
ceſte haine confirmée, leurs parens defen-
dirent aux deux Amans , de ne ſe fre-
quenter en aucune façon, & ce ſoubs
grandes & rudes menaces : mais l’amour
qui eſtoit au guet , & qui eſchauffoit
touſiours plus viuement les cœurs de
Pyramus & de Thiſbée , leur faiſoit re-
ietter toute crainte, & ne laiſſoient de
s’entre-voir & parler ſouuẽt ensẽble,iuſ-
qu’à ce qu’il leur fut derechef cõman-
dé fort eſtroictemẽt de s’abſenter l’vn de
l’autre ; mais il eſtoit impoſſible;c’eſtoit
battre l’eau en vain ; ils euſſent piuſtoſt 31
enduré la mort , voire mille morts, que
de ſe ſeparer l’vn de l’autre : qu’auint-il ?
57DV MARIAGE. Vn iour Pyramus tout penſif, & ne re-
muant rien dans ſon cerueau que ſa che-
re Thiſbée , ſe pourmenoit tout ſeul en
vne chambre de ſa maiſon, en laquelle il
apperceut vne aſſez grande fente en la
muraille, laquelle reſpondoit à iour dans
la chambre de Thiſbée, & l’apperceuant
ſeule , auſſi atteincte de meſme maladie,
l’appella : elle penſant que ce fut quel-
que eſprit errant , s’effraya du commen-
cement : mais ſe r’aſſeurant à la parolle
de ſon mary Pyramus , elle s’approcha
de l’endroit où la voix donnoit, & ne ſe
pouuãs approcher de plus pres , Thisbée
donnoit par la fente le bout de ſa cein-
cture à Pyramus qui la baiſoit, elle auſſi
la rebaiſoit , & continuerent longuemẽt
ceſte façon d’entretenir leurs amours,
iuſques à ce qu’ils prindrent reſolution,
quoy qu’il en aduint , & quoy que fiſſent
leurs parens, de ſortir le ſoir prochain ſe-
crettement hors de la ville , & ſe rendre
(le premier qui arriueroit) aupres d’vne
grande fontaine , ſoubs vn Meurier aſſez
loing de la ville : Le conſeil pris , fut
auſſi de meſmes executé : ô cruelle force
d’amour ! pourquoy allois-tu perdre ces
58LES ESPINES deux ieunes Amants , le ſoulas 32de leurs
deſolées familles ? Thisbée ſe ſaiſiſſant
de ſes plus beaux ioyaux , (mais helas !
non point ioyaux pour leur mariage &
nopces , mais pour leur ſepulture,) ſort
la premiere, & arriuée à la fontaine , ne
trouuant point Pyramus , l’attend coye
aux rayons de la Lune : cependant qu’el-
le attend ſon cher Pyramus, vne Lyonne
( ſortant de la foreſt, le muſeau tout en-
ſanglanté de quelque beſte qu’elle ve-
noit de deuorer) vient pour eſtancher ſa
ſoif : Thisbée apperceuant ceſte Lyon-
ne, s’enfuit dans l’eſpeſſeur du bois, &
laiſſe cheoir ſon voile blanc : la Lyonne
arriuant flaire & ſoüille ce voile, & l’en-
ſanglante de ſon muſeau ; & ayant beu
le laiſſe là & s’en retourne : mais This-
bée n’oſoit paroiſtre pour la crainte que
elle auoit de la beſte. Pyramus ne tarde
point à venir , & ne trouuant point ſa
Thisbée , ains voyant ſon voile tout en-
ſanglanté à terre, penſa mourir ſur le
lieu,eſtimant qu’elle auroit eſté deuorée
de quelque beſte ſauuage , & qu’il eſtoit
la cauſe de ſa mort , commença à ietter
en l’air de merueilleux cris & plaintes la-
59DV MARIAGE. mentables, criant : ha Thisbée , Thisbée
ma vie ! ie t’ay perduë , ie t’ay fait mou-
rir , mais ie te ſuiuray de pres ; car ſans ta
douce preſence ie ne puis plus prolon-
ger ma vie : ô Lyon,beſte enragée & ſau-
uage , pourquoy me rauis-tu la vie en
ma chere Thisbée ? helas ! quel domma-
ge t’auoit-elle fait ? tu as beu ſon ſang
innocent , lequel viuant eſtoit ma vie ;
vien, vien beſte farouche & ſanglante
boire le mien,& par ce moyen ton ven-
tre affamé & inſatiable ſera le tombeau
de nous deux. Ha ! tres-chere Thisbée,
puis que tu es morte pour m’aimer con-
ſtamment , il eſt bien raiſonnable auſſi
que ie meure pour toy , & que ie t’ac-
compagne , puis qu’eſloigné de toy ie
mourrois à toutes heures ! Ha Meurier !
arbre de dueil & de mort; ce fut deſſoubs
tes branches que l’heure fatale de noſtre
mort pitoyable fut aſſignée ; voire de
Thisbée qui n’auoit ſa pareille au mõde:
tu ſeras deſormais appellé arbre mortel,
arbre de triſteſſe & de douleur. Qu’il
plaiſe aux Dieux , que pour les ſanglots,
les regrets,& les larmes que ie iette deſ-
ſoubs toy en ceſte nuict derniere, fune-
60LES ESPINES bre & douloureuſe : ils monſtrent en toy
à l’aduenir vn ſigne & memorial de no-
ſtre mort, que ton fruict blanc ſoit rou-
ge , eſtant teinct de noſtre ſang pour ia-
mais. Adieu doncques le monde : Adieu
Babylone, mon beau lieu de naiſſance:
Adieu parens cruels & rigoureux : Adieu
ma chere Thiſbée ; Mais atten 33, ie te
prie , ie te vay faire compagnie en tes
ombres mortelles. Faiſant telles plain-
tes, & tels regrets, il tire ſon eſpée, bai-
ſant le voile, & ſe iette de roideur ſur la
poincte, & panthelant encor, & rendant
les derniers ſouſpirs , Tisbée toute eſ-
perduë & paoureuſe reuient, & trouuant
ſon amy Pyramus en tel eſtat faiſant de
merueilleuſes plaintes, & de cris pitoya-
bles, appellant ſon Pyramus : cher Pyra-
mus
,reſpons à ta Thisbée : as-tu laiſſé le
monde pour l’amour de moy & ſans
moy ? Ha cruelle & impitoyable eſpée !
tu es enſanglantée au noble ſang de mon
doux amy Pyramus , tu le ſeras auſſi du
mien : nous n’auons peu eſtans viuans
eſtre aſſemblez par mariage , que la Par-
que
cruelle maintenant nous aſſemble :
& ſe baiſſant ſur le corps de ſon amy
61DV MARIAGE. tout ſanglottant le baiſa, toute noyée &
fonduë en larmes , diſant : Or ſus mon
amy Pyramus,tant cher & amiable, voi-
cy ta douce amie Thisbée, regarde-la
encor vn coup , & luy donne quelque
dernier ſigne de ton amitié, & du dernier
Adieu. A ces parolles Pyramus en mou-
rant entr’ouurit les yeux deſia ſillez du
bandeau de mort, & cogneut que c’eſtoit
ſa Thisbée qui parloit à luy,& luy dit en-
cor ces mots : Ha Thisbée m’amie ! qui
t’a remis en vie ! & diſant cela ſa pauure
ame luy partit du corps. Thisbée ne
pouuant plus porter tel regret pour la
mort de ſon amy , dit : Ie te fay ſacrifice
de mon corps immaculé , que ie te don-
ne en la mort,ne te l’ayant peu donner
en noſtre vie : Receuons ce contente-
ment que la mort plus douce que nos
cruels parens, ioigne nos corps enſem-
ble & noſtre ſang,afin qu’ayans veſcu en-
ſemble nous mourions auſſi enſemble.
Reçoit donc , cher Pyramus , ce dernier
preſent : & ayant tiré l’eſpée toute ſan-
glante du corps de Pyramus, elle ſe ietta
deſſus , la s’eſtant miſe ſoubs la mam-
melle , & mourut ainſi aupres de ſon
62LES ESPINES amy , & comme a dit le Poëte,
Fato iunguntur,fato ſoluntur amores. 34
Les Poëtes adiouſtent cecy, & diſent
que le Meurier ( ſur les racines duquel
tomba leur ſang ) deuint rouge , & de-
puis porta meures rouges, qui aupara-
uant eſtoient blanches, pour teſmoigna-
ge & memoire d’vn cas tant inſigne &
pitoyable.
Voila doncques pluſtoſt le tombeau
que les nopces de ces deux Amants:
Thisbée fit mourir Pyramus, & ne pou-
uant luy ſuruiure , ſe tua auſſi elle-meſ-
me , & furent la deſolation de leurs fa-
milles. Helas ! ceſte prodigieuſe mort
ietta vne rude & douleureuſe eſpine en
leur mal commencé,& ( auec triſteſſe &
dueil mortel) conſommé mariage.
63DV MARIAGE.
[Bordure décorative autour du poème]
La pucelle de Seſte
Te fit , ô Leander

Eſprouuer mort funeſte

Es vagues de ſa mer.

Clandeſtin mariage,

Plein de peine & rigueur,

Le vent, la mer, l’orage

Finirent ton mal-heur.


ANNOTATION.

CEste hiſtoire, pour eſtre auſſi du
tout lamentable, ſuit celle des in-
fortunez Amants Pyramus & Thisbée ;
& eſt deſcripte amplement par des gra-
ues Autheurs , notamment par ceſt an-
cien Poëte Grec Muſæus, & par le Poë-
te Ouide au liure de ſes Epiſtres Heroï-
des
, qui deplorans le mal-heur & l’infor-
tune de ces deux Amants, mariez clan-
deſtinement,ont voulu laiſſer ceſt exem-
64LES ESPINES ple memorable à la poſterité, pour mon-
ſtrer vne tres-piquante eſpine au ma-
riage ; l’hiſtoire eſt telle.
Leander , de la ville d’Abyde , fut
amoureux de Hero, qui eſtoit vne vierge
d’excellente & rare beauté , qui s’eſtoit
voüée Nonin 35à la Deeſſe Venus, & fai-
ſoit ſa demeure ſequeſtrée de la cõpagnie
d’hõmes & de femmes en vne haute tour,
nõmée la tour de Seſte, vis à vis d’Abyde,
où demeuroit Leander. Aduint que ceux
d’Abyde & de Seſte s’aſſemblerent pour
celebrer la feſte de Venus & du bel Ado-
nis
: ceux de l’Iſle de Cypre, d’Hemonie 36,
& de toutes les Iſles d’alentour y vin-
drent, les ieunes gens de toutes parts y
arriuerent , & porterent leurs dons ſur
les Autels ; là auſſi ſe trouua Leander,
qui ayant contemplé le Soleil & la beau-
té de la vierge Hero ( qui marchoit dans
le temple de Venus en honneſte grauité,
rendant par ſes yeux , eſperdus ceux qui
la regardoient : car elle eſtoit le trophée
de toute beauté & bonne grace ) en de-
uint incontinent amoureux ; comme
vous feriez bien vous autres mignons
& delicats amoureux, quand telle occa-
ſion
65DV MARIAGE. ſion ſe preſenteroit : & ne ſceut ſi bien
pacifier l’archerot Cupidon, Dieu d’ai-
mer, qu’il ne ſentit la force de ſa ſagette,
l’amertume de ſa trouſſe : ainſi bleſſé
dedans ſon pauure cœur , il chercha le
remede en la belle Hero, & combattant
encor contre ſoy-meſme, honte le rete-
nant ; il franchit neantmoins le ſault,&
& 37la ſuiuant pas à pas, ſe reſolut de luy
parler , & luy deſcouurir le mal qu’il
auoit en la poictrine : il luy ſerre belle-
ment & tout doucement ſa belle & deli-
cate main, auec infinis ſouſpirs amou-
reux : & la meine en vn coin du temple ;
quoy qu’elle en fit reſiſtance à la façon
de pluſieurs femmes & filles qui ſe font
prier & demander ce dequoy elles ont le
plus d’enuie, & parmy tel aiſe vous dirõt
mille petits prouerbes : comment Mon-
ſieur mon amy, à qui penſez-vous auoir
à faire ? ie vous conſeille que vous faciez
voſtre potage auec d’huile , car de chair
il n’en y a point icy pour vous : oſtez-
vous ie vous prie ; ne m’addreſſez point
vos offrãdes: car ie ſuis à vn autre ſainct
voüee : dea 38? deſpeſchez-vous toſt?dites-
moy Adieu, & vous retirez : car voſtre
F 66LES ESPINES ciuilité me rendroit auſſi toſt ruſtique
& mal-traictable : ô qu’eſt-cecy ? ie pen-
ſoye que fuſſiez quelque honneſte hom-
me ; mais ie cognoy que vous eſtes fils
de Bouchier 39, vous maniez treſbien la
chair : & vous diront encor comme plu-
ſieurs Pariſiennes ; Agà 40, que veut faire
ce gros Chreſtien ? mercy Dieu , mon
amy, vous eſtes fort deſſalé : ie croy que
vous venez de Blois 41, vous voulez rire :
par ma fy ie ſuis d’aduis de vous picquer
ſi vous ne me laiſſez : c’eſt la pipée cela,
l’accord ne tardera gueres d’eſtre fait.
Ainſi noſtre Leander ayant fait entendre
ſon amour & ſes flammes à Hero ; elle
auſſi qui n’eſtoit point ſi ſauuage qu’elle
ne deſiraſt bien de s’appriuoiſer , & qui
n’eſtoit point auſſi de ces cruelles & im-
pitoyables, qui prennent plaiſir à faire
languir & conſumer à petit feu leurs ſer-
uiteurs , leſquels par honneur & cour-
toiſement elles appellent ſeruiteurs, &
calignaires 42, à la façon des filles de Lan-
guedoc
, qui diſent, n’auez rin vis mon Ca-
lignayre ?
43 cognoiſſant le naïf de ſon cœur,
le receut, appoincta ſa requeſte, & le fit
maiſtre de ſon amitié : mais pource que
67DV MARIAGE. le lieu n’eſtoit propre ny fauorable, pour
conſigner ce qu’amour leur promettoit ;
à ſçauoir le lict coniugal, & la conſom-
mation de leurs nopces, ils prindrent re-
ſolution pour iouyr de leurs amours, par
vn moyen que perſonne ne s’apperceut
oncques ; c’eſt que Leander paſſeroit à
nage ce bras de mer , qui eſtoit entre
Abyde & la tour de Seſte de nuict ſeule-
ment : & cependant Hero tiendroit vn
flambeau au deſſus de ſa tour pour ſignal
à Leander, afin qu’il ne s’eſgaraſt en mer
ſans guide, en danger de ſe perdre. Helas !
Leander ; ie te voy courir à ta ruine : Ie
voy le flambeau eſteinct , qui eſtiendra
auſſi la lampe de ta vie ! helas clandeſtin
mariage & mal-heureux ! helas ! c'eſt le
flambeau de mort & funerailles : c’eſt l’a-
uant-coureur de ta mort , & non point
le ſacré flambeau de tes nopces. La nuict
des deux Amants tant deſirée eſtant ve-
nuë , ſelon la promeſſe donnée , Hero
eſtant de retour en ſa tour, va allumer le
funeſte flambeau pour guider le miſera-
ble Leander , lequel l’ayant deſcouuert
en l’obcurité 44de la nuict,s’en va ſecrette-
ment à la mer, & ſe deſpoüillant de ſes
F ij 68LES ESPINES habits , s’habilla & munit de courage
pour paſſer à la tour où ſon amante l’at-
tendoit , où eſtant arriué, & apres plu-
ſieurs baiſers & mignardiſes,cõme vous
ſçauez, pour venir au but,elle le nettoya
de l’eſcume de la marine : & ſans vſer de
longs diſcours , meſnageans le temps ſe
mettent au lict nuptial : ô Hercules quel
aiſe ! auquel ils conſommerent leur ma-
riage mal-commencé : & auant que le
Soleil ſe leuaſt , Leander s’en retourna
vers Abyde, ſans eſtre d’aucun deſcou-
uert. Ils continuerent quelque temps en
ces amours & embraſſements : mais le
mal-heur qui dreſſoit la partie changea
bien toſt ces amours en triſtes funerail-
les : car Leander , vn ſoir qu’il faiſoit
fort obſcur , que la mer eſcumoit , l’ora-
ge agitoit les vagues , eſtant preſt de re-
tourner au iardin de ſes delices accou-
ſtumées, & voyant deſia le flambeau re-
luire , ſans crainte de la mort, de la nuict,
ny de l’orage, ſe delibera de paſſer par
deſſus toutes ces difficultez : & ayant
amour pour guide , ſe iette courageuſe-
ment parmy les bruyantes ondes : & ti-
rant vers la tour , le vent eſteignit le
67 45DV MARIAGE. flambeau : & ne pouuant voir la tour
pour s’y rendre , ayant long temps nagé,
n’ayant plus de force aux bras & iambes,
ne ſçachant où il eſtoit, fut tant haraſſé
& tourmenté des vagues qui l’agitoient
impetueuſement , qu’il ſuccomba dans
les flots de la mer, & fut encor finalemẽt
ietté à bord au pied de la tour de ſon
amante, tout couuert de limon & d’eſ-
cume. Hero voyant que Leander tardoit
tant à venir, & que le iour commençoit
à eſclairer, en pleurant toute penſiue à
part ſoy , iettant ſa veuë ſur le dos de la
mer, va voir ſon amy Leander mort au
pied de ſa tour, tout deſchiré & gaſté cõ-
tre les rocs : iettant des cris lamenta-
bles qui fendoient l’air, s’arrachant les
cheueux de la teſte, comme perſonne in-
ſenſée , ne voulant plus viure apres ſon
doux & loyal Leander , ſe ietta du haut
en bas de ſa tour ſur le corps d’iceluy, &
l’accompagna en ſa mort : tellement que
tous deux ſe trouuerent encor enſemble
aſſemblez. Ce mariage doncques clan-
deſtin fut fort mal-heureux , & eut vne
merueilleuſe & piquante eſpine, qui
changea le miel & douceur de leur ma-
F iij 70LES ESPINES riage en aigreur & mort violente, ſans
honneur de ſepulture dans les vagues de
la mer. O triſte & funeſte mariage !
[Bordure décorative autour du poème]
Ariadne cruelle
Comme vne Stenion,

Et d’vne fureur telle

Qu’vne fiere Enion 46,

Fit dans la foſſe obſcure

D’vn tombeau tenebreux

Mourir Zenon , mort dure !

En tourment rigoureux.


ANNOTATION.

LE mariage de l’Empereur Zenon
XII. Empereur de Conſtantinople,
auec ſa cruelle femme Ariadne,n’a point
eſté ſans ſes picquantes eſpines ; voire
telles eſpines qui l’ont fait mourir d’vne
façon eſtrange, par la cruauté de celle
que nature auoit cõioinct auec luy,pour
71DV MARIAGE. luy eſtre vne moitié fidelle , & vne autre
ſoy-meſmes : cependant ceſte cruelle
Scythe l’a fait mourir d’vne mort fort
eſtrange, & du tout violente : ce qui tou-
tesfois eſt aduenu par vn iuſte iugement
de Dieu, qui punit ordinairement les vi-
cieux par le vice meſme , auquel ils ſe
ſaliſſent le plus , & y prennent plaiſir,
comme les meurtriers par le glaiue : les
paillards, par chancres & verolles : les
yurongnes, par leur vin meſme. Ce qui
eſt aduenu à ceſt Empereur Zenon , le-
quel ſe licentiant bien ſouuent de boire
du vin plus que de raiſon, & que la graui-
té de ſon degré & eſtat ne permettoit,ſe
laſcha & ſe donnna 47à ſa concupiſcence, &
beut tant qu’il n’auoit plus aucune co-
gnoiſſance de ſoy-meſme, eſtant yure, &
accablé de vin : ce que voyant ceſte bar-
bare & cruelle Ariadne ſa femme , ou-
trée de deſpit & de rage , commanda à
ſes ſeruiteurs qu’ils le portaſſent tout
vif , ainſi noyé de vin en ſon ſepulchre,
& l’y enfermaſſent pour y digerer ſon vin
à loiſir , auquel ſepulchre elle le fit tant
& ſi longuement demeurer & dormir,
qu’oncques depuis ne ſe reſueilla pour
72LES ESPINES en ſortir, & y mourut de faim, & à faute
d’air. Ceſte-cy donc auſſi rendit le ma-
riage de ceſt Empereur fort eſpineux &
miſerable, n’ayant point eſpargné celuy
qui eſtoit ſon chef, ſon ſeigneur & ſon
maiſtre : auſſi c’eſt à bon droict qu’elle
eſt accomparée à vne Stenion, & à vne
fiere Enyon 48, leſquels ſont eſtimées par
les Poëtes eſtre les furies du ſecond rang
apres les trois premieres & plus cruelles,
Alecto, Megæa, & Tiſiphoné : ceſte-cy a
rendu ſon mariage auſſi fortuné que les
Denaides , qui tuerent leurs cinquante
maris le ſoir de leur nopces ; c’eſtoient
nopces ſanglantes & funeſtes. En ceſt
exemple donc on y void vne fort groſſe
& dangereuſe eſpine , qui a donné vne
mortelle picqueure à ceſt empereur Ze-
non
, lequel, quoy qu’il fut empereur
n’a peu eſchapper les eſpines de maria-
ge. Meſme, ou non moindre cruauté li-
ſons-nous auoir eſté commiſe ſur vn cer-
tain ancien Comte de Prouence,nommé
André, par ſa femme propre : acte cruel!
acte inhumain & deteſtable ! laquelle
plus cruelle qu’vn Tygre d’Hycarnie, ou
Lyon de Getulie , n’eſpargna point ſon
eſpoux, 73DV MARIAGE. eſpoux, ſon Roy & ſon Seigneur , lequel
elle eſtrangla d’vne fureur plus que ſau-
uage , eſtant aidée par ſes chambrieres.
Helas ! quel mariage, quelle fidelité de
femme enuers ſon mary ; c’eſt donc auſſi
bien aux Rois & Princes que la fortune
en veut , comme aux petits & de baſſe
condition : la feubve de tel gaſteau eſt aſ-
ſez grande pour tous. Si les Rois & Em-
pereurs y ont eu telle part, les ſubjects
ont bien matiere de craindre.

[Bordure décorative autour du poème]
L’impudique Fauſtine,
De cœur fier & hautain,

Fut la honte & l’espine

Du tant ſage Romain 49.

Et l’infame Agrippine

Fit au cruel Neron,

Boire beaucoup d’Aluyne

Et de l’eau d’Acheron.


G
74LES ESPINES

ANNOTATION.

DE ceſte Fauſtine ont eſcript plu-
ſieurs Autheurs dignes de foy, qu’il
n’eſt beſoing d’en faire long diſcours, ſi-
non que ç’a eſté voirement vne femme
du tout lubrique & inſolente , & vne
merueilleuſe eſpine à ce ſage Empereur
Marc Aurelle, duquel elle eſtoit femme,
fille de ſon predeceſſeur Marc Antonin,
ſurnommé le Debonnaire : mais ceſte
Fauſtine n’auoit aucune choſe du bon
naturel de ceſt Antonin , ſon pere, qui
fut cauſe que Marc Aurelle , eſtant vn
iour auec ſes familiers , & parlant de la
douceur de ſon beau-père,diſoit : Ie ſuis
eſbahy de ce que l’Empereur antonin
mon beau-pere a eſté ſi debonnaire en-
uers tous , & qu’enuers moy il ait eſté ſi
cruel : car m’ayant donné ſa fille ( qui eſt
de petite ſtature ) en peu de chair il m’a
donné beaucoup d’os à rõger : Elle eſtoit
fiere , arrogante , ſubjecte à tous deſirs
deshonneſtes , lubrique, cruelle , inſo-
lente & du tout desbordée : tellement
qu’elle fut la honte & l’eſpine de ce bon
Empereur.
75DV MARIAGE.
L’autre qui eſt icy nommée, à ſçauoir
Agrippine , qui eſtoit femme de ce ſan-
glant & cruel Empereur Neron,a auſſi
eſté vne picquãte & venimeuſe eſpine de
mariage à ſon mary, & luy a fait aualler
beaucoup d’aigreur, & manger des poi-
res d’angoiſſe , auſſi ameres , & d’auſſi
mauuais gouſt que l’eau du fleuue infer-
nal,nommé Acheron , lequel les Poëtes
dient eſtre vn des fleuues d’Enfer , dans
leſquels les ames des damnez ſont tour-
mentées, qui ſont le Styx, le Cocyte, le
Tartare, le Phlegethon, & l’Acheron :
c'eſt à dire , fleuue ſans ioye. De l’eau
doncques de ce fleuue ſans ioye ; ceſte
Agrippine a verſé en grande abondance
dans la taſſe de ſon cruel Neron : auſſi
eſtoit-il bien raiſonnable que ce Tygre
cruel receut de ſa femme la boiſſon ame-
re qu’il meritoit, eſtant pluſtoſt vne beſte
farouche, qu’homme, exerçant cruautez
plus qu’inhumaines enuers vn chacun.


G ij
76LES ESPINES
[Bordure décorative autour du poème]
La Xantippe importune
Au ſage Athenien 50

Donna plus d’amertume

Qu’vn miel Heraclien.

Du climat de ſa teſte

Sortoit la greſle & l’eau,

L’orage & la tempeſte,

Qui furent vn dur fleau.


ANNOTATION.

CEste Xantippe a eſté femme du
ſage Athenien, nommé Socrates,le-
quel a eſté le plus ſage Philoſophe du
monde , ſelon meſmes ce qui en a eſté
reſpondu par l’Oracle d’Apollon qui l’a
iugé tel : ce neantmoins ceſtuy-cy n’a
pas laiſſé d’eſtre viuement picqué des eſ-
pines de ceſte Xantippe , femme rioteu-
ſe : tellement qu’à bon droict elle eſt icy
accomparée à vn climat neigeux, ſubject
77DV MARIAGE. à tempeſte & orage ; car tout ainſi qu’vn
irrité & innauiagable Occean, dõne beau-
coup de peine à ceux qui le coſtoyent
ſeulement ; voire les porte 51à fonds bien
ſouuent par la fureur de ſes vagues ; ainſi
ceſte tempeſtueuſe Xantippe a donné
beaucoup de trauerſes à ce ſage Philoſo-
phe, ſon mary , lequel elle a tourmenté
en diuerſes ſortes : & le voyant d’vn bon
& paiſible naturel , elle en eſtoit telle-
ment marrie , qu’elle cherchoit toutes
occaſiõs pour l’irriter & mettre en cho-
lere : ce que n’ayant peu gaigner ſur la
patience d’iceluy , & qu’il n’en faiſoit que
rire ; vn iour qu’elle eut beaucoup fait
ſortir de vent, d’orage, & de tempeſte de
ſa teſte inconſtante, & qu’elle eut vomy
vne infinité d’iniures contre le pauure
Socrates, & qu’iceluy ſe fut allé ſeoir ſur
le ſueil de ſa porte , pour n’ouyr plus ſa
crierie & ſes iniures ; elle voyant ſa fer-
me patience, va prendre vn plein ſeau
d’vrine & de vilenie , & le verſe ſur la
teſte de Socrates, afin de le faire mettre
en cholere ; & de fait il y en auoit aſſez
d’occaſion : mais luy ſage , cognoiſſant
ſa rage,n’en fit que rire, diſant (en ſe ſe-
G iij 78LES ESPINES coüant & nettoyant ) ie me doubtoye
bien qu’apres vn ſi grand tonnerre la
pluye tomberoit & la greſle. Mais c’eſt
merueilles auſſi de la ſage reſponſe qu’il
fit à ſes amis qui le tançoient, ayans veu
qu’elle luy auoit donné vn coup de pied
(combien qu’aucuns dient que ce fut vn
autre) voire ſe mocquoient de ſa patien-
ce : eſtes-vous eſtonnez , dit-il,mes amis
que ie ne luy rends vn ſemblable coup
de pied qu’elle m’a donné ? Dites-moy,
ie vous prie, ſi vn aſne ou vn mulet m’a-
uoit dõné vn coup de pied, ſeroit-il bien
ſeant à moi qui ſuis Philoſophe, de luy
en redonner vn autre ? Ce que voyant le
ſage Alcibiades, ſien amy,luy dit : com-
ment eſt-ce, Socrates, que tu endures
ceſte maſtine & beſte farouche en ta
maiſon ? Que ne la chaſſes-tu dehors,
comme indigne de la compagnie d’vn
tel Philoſophe ? Vois-tu pas que tout
publiquement on ſe mocque de toy, &
de ta trop longue patience ? Ie ſçay bien,
reſpondit Socrates,qu’elle eſt meſchan-
te , qu’elle eſt vne perpetuelle gouttiere,
vne faſcheuſe fumée, & vn tres mal plai-
ſant frimas 52en ma maiſon ; mais nous
79DV MARIAGE. qui ſommes Philoſophes , deuons entre
les vertus propres & decentes aux Phi-
loſophes,rechercher celle qui nous rend
(& les autres hommes auſſi) fort recom-
mandables, à ſçauoir la patience : car c’eſt
l’eſchelle & le premier degré aux autres
vertus. Auſſi ne l’auoit-il point pris à
femme ſans ſubject & occaſion : car il la
cognoiſſoit aſſez auparauant ( ce que ne
feroient pluſieurs hommes, ſi, auant que
ſe marier ils recognoiſſoient telles im-
perfections & quartiers de Lune en la
teſte de leurs femmes :) car eſtant ad-
uerty par ſes amis qu’elle eſtoit du tout
meſchante & lunatique ( comme ſont
pluſieurs femmes,) il leur reſpondit en
patient Philoſophe : le ſçay bien , mes
amis, que Xantippe eſt d’vn naturel bruſ-
que, turbulent & du tout intraictable ;
mais ie l’ay pris telle,afin que par les ou-
trages & iniures que i’endureray d’elle à
la maiſon , ie m’accouſtume à endurer
patiemment les outrages que ceux de
dehors me feront : car ſi i’endure patiem-
ment les outrages de ma femme, i’endu-
reray encor auec plus de patience les in-
iures des eſtrangers & de dehors. O So-
G iiij 80LES ESPINES crates , tu n’as auiourd’huy gueres d’hõ-
mes qui vueillent imiter ton exemple
& patience ; car ils ayment mieux ſe ſer-
uir des anciennes armes, deſquelles par-
le vn ancien Poëte , deſcriuant la façon
de combatre de certains peuples , diſant
Arma antiqua, manus, dentes, vngueſ-
que fuerunt. 53
C'eſt à dire,
Les anciennes armes eſtoient , à ſe
combatre à coups de poing, de dents &
d’ongles : tellement qu’il y a vne mer-
ueilleuſe melodie d’ouyr le ſon de telle
eſcrime, quand vn mary rabat de telle
façon les coups de langue de ſa femme ;
il y a bien alors des eſpines. Ceſte Xan-
tippe
donc eſtoit vne rude eſpine au
bonnet du bon Socrates ; & quoy qu’il
fut ſage Philoſophe, ſi eſt-ce qu’il ſem-
ble que ceſte trop grande patience eſtoit
plus voiſine de ſtupidité en vn tel per-
ſonnage que de vertu ; & deuoit pluſtoſt
en recognoiſſant le naturel farouche de
ceſte rioteuſe Xantippe, mettre en ef-
fect ( pour le repos de ſes eſtudes , &
du grade de Philoſophie ) ceſt ancien
& tres - veritable prouerbe des Grecs,
81DV MARIAGE. tant renommé , qui dit :
Αλυπον ἕξεις τὸν βίον χωρὶς γάμου.
C'eſt à dire,
Eſloigné du mariage tu viuras ſans ſoucy &
faſcherie.

Et ſuiuant auſſi l’autre prouerbe, qui dit:
Γαμεῖν ὁ μέλλων εἰς μεθάνοιαν ἔρχεσθαι.
C'eſt à dire,
Celuy qui delibere de ſe marier, tombe & ſe
precipite en vn faſcheux & dangereux re-
pentir.
Et eſtant ſi ſage Philoſophe , il
deuoit coupper la pointe de ceſte eſpi-
ne, & enuoyer ceſte faſcheuſe Xantippe à
ſainct Mathurin de l’Archant ( comme
l’on dit,) où c’eſt qu’on menoit les fem-
mes qui auoient mauuaiſe teſte ; auquel
lieu elles eſtoient baſſinées en treſbonne
forme, & eſtrillées proprement : car or-
dinairement telle ſortes de femmes ca-
tharreuſes
d’eſprit, & qui ont les vieilles
lunes en leur teſte 54, ſont ſubiectes à telle
defluxion bilieuſe, & douleur hypocon-
driaque ; teſmoin l’hiſtorien Rhodigin
en ſes antiques leçons , qui les appelle
Selenidites,qui eſt autant à dire comme
Lunaires, ou tenans de la Lune. Certes
il eut eſté tres-neceſſaire à ce ſage Philo-
82LES ESPINES ſophe de prendre garde à certaines loix
eſtablies long temps auant luy,entre leſ-
quelles y en auoit trois principales, tou-
chant le mariage , leſquelles combien
qu’elles ayent en ſoy quelque rigueur,
toutesfois elles reſueilloient bien la con-
ſcience à ces fretillans amoureux : & ne
ſçay ſi nos amoureux d’auiourd’huy
pourroiẽt endurer la rigueur de ces loix,
ſi elles eſtoient en vſage maintenant, ils
ſont deſia aſſez fades & abbatus : tant s’en
faut qu’ils y vouluſſent ſoubſcrire, car ils
attendent (tant ils ſont bien experimen-
tez ) tout leur bon-heur prendre ſon
origine du mariage, ſon cours & ſuccez
d’iceluy : mais ceſtui-cy, qui eſtoit ſi ſage
Philoſophe, ſe deuoit bien prendre garde
des appaſts & faux plaiſirs qui ſe rencon-
trent à ſon entree.
La premiere loy doncques ordonnoit
vne mulcte 55& vne peine à celuy qui ne
ſe vouloit marier (l’eſtimans ennemy de
nature, pour ne vouloir conſeruer ſon
eſpece, & multiplier le genre humain.)
Mais helas ! le ſiecle où nous ſommes,
n’auroit ja que faire de ceſte loy : car
tous ſont philogames 56, & peu, voire fort
83DV MARIAGE. peu de miſogames 57; tous ſe veulent ma-
rier, chacun veut entrer & auoir part en
ce jeu là : voire iuſques aux petits enfans,
qui taſchent de maintenir, conſeruer, &
multiplier leur eſpece.
La ſeconde loy condamnoit à groſſe
peine & amende iceluy qui eſpouſoit
femme trop tard : car (comme l’on dit)
quand la neige eſt ſur les montagnes,
ſans doubte les vallées ſont froides ; &
ſemble mal-ſeant à vn homme vieux de
prendre femme, veu les incommoditez
qui accompagnent ordinairement tels
mariages : car vne ieune femme qui eſ-
pouſera vn vieux homme , elle le prend
en intention qu’il ne viura pas long tẽps,
& qu’auec ſon bien elle ſe pourra auſſi
toſt remarier à quelque bon verd galand
qui ne la payera point de quinquinelles 58
& fauſſes amorces comme le vieillard ;
mais s’acquitera de ſon deuoir en bon
pere de famille, & à profit de meſnage:&
ie conſeille à ces bons vieillards, de n’en-
treprẽdre ſur l’eſtat des ieunes, s’ils n’ont
dequoy payer la ferme : qu’ils obeïſſent à
ceſte loy pluſtoſt, & facent prouiſion de
bons bonnets doubles, & de pantoufles
84LES ESPINES bien fourrées : car s’ils ſe veulent hazar-
der vn petit auant en ceſte lice, les voila
auſſi toſt morfondus & ſubjects à la rou-
pie : Hò, hò, il y en a vrayement de bien
vigoureux en vieux âge, & qui monſtrent
qu’ils n’ont point oublié les bonnes le-
çons de ieuneſſe:apres bon poulain, ſou-
uent bon rouſſin : la ieune fille quelque-
fois ne ſe repent point d’eſtre aupres de
la barbe blanche, ie n’en veut point dire
mal : car ſi i’y arriue , ie ſeray bien aiſe
d’eſtre ſupporté, & vn peu loüé, & non
pas du tout meſpriſé comme inutile: on
fait quelquesfois meilleure chere l’Hy-
uer aupres du feu , qu’en Eſté au Soleil;
chaſque âge a ſa commodité. Ie ne veux
point meſpriſer les vieux en cela:car s’ils
n’ont la force, le courage les porte & les
fauoriſe.
Voyons auant qu’il ſe faſſe plus tard
la troiſieſme loy qu’elle dira.
La troiſieſme loy eſtoit bien plus ri-
goureuſe : car elle donnoit vne beaucoup
plus grande peine qu’aux deux cy deſſus
ſpecifiez : à ſçauoir à celuy qui eſpouſe-
roit vne mauuaiſe femme, ( ie penſe que
alors qu’on faiſoit ces loix c’eſtoit l’an-
85DV MARIAGE. née de bonnes femmes, ) mais helas ! à
l’aide, ſi ces loix auoient vigueur auiour-
d’huy, que ſeroit-ce des pauures hõmes ?
il n’y en auroit preſques pas vn qui ne
fut ruiné, veu qu’il y a ſi fertile ſaiſon de
mauuaiſes femmes , ( Motus,il faut par-
ler bas, ſi on dit la verité elles nous vou-
dront mal , en danger de coucher tous
ſeuls , s’en faut bien garder, ) il y auroit
beaucoup d’amendes, il faudroit eſtablir
& conſtituer des commiſſaires & exa-
cteurs de telles mulctes 59& amendes à
chaſque coin de ruë ; voire preſques à
toutes les portes des maiſons , on leue-
roit de merueilleux deniers : il y auroit
aſſez , voire de reſte, pour faire la guerre
au grand Sophy 60, à Preſto-Ianes, & aller
aſſaillir les Antipodes ; & en reuenant
rauager tous les Margajats & Toupinen-
quins
: & vous aſſeure qu’on leur baille-
roit belle vezarde 61; on la leur donneroit
bien chaude, ſans y pẽſer : iamais l’argent
ne manqueroit : mais les pauures mal-
mariez aux mauuaiſes femmes payeroiẽt
bien l’eſcot : bien-heureux qui en fera
prouiſion d’vne bonne ; elle ſera plus
neceſſaire en Eſté qu’vn cent de bour-
86LES ESPINES rées. Baſte, que chacun face comme il
pourra.
Mais ie voy que ces loix n’amendent
point le mariage, qu’eſt-il de faire ? com-
ment, qu’on ſe marie, il faut payer l’a-
mende, elles le rendent pluſtoſt beau-
coup plus eſpineux, ie ne ſçay comment
il s’y faudra conduire : car celuy qui ne
ſe vouloit marier eſtoit mis à l’amende :
celuy ſemblablement qui ſe marioit trop
tard payoit la mulcte 62: & celuy qui en
prenoit vne mauuaiſe eſtoit le plus pu-
ny. Son dam, pourquoy y alloit-il. Quel
bon-heur donc pouuoit-on trouuer au
mariage ? Ie ne ſçay : deuinez-le ſi vou-
lez. C’eſtoit donc principalement à ceſte
loy, à laquelle il te falloit prendre garde,
mon bon amy Socrates, Philoſophe à la
grand’ barbe : combien que ie ne t’aye
point cogneu , tu euſſes euité la groſſe
pluye qui tomba du ſeau de ta Xantippe
ſur ta teſte ; tu euſſes fait vn grand coup :
mais puis que la faute eſt faite, ie penſe
que tu l’as beu y a long temps.
En memoire de ceſte-cy , le nom de
Xantippe eſt venu en prouerbe:car quãd
on veut nommer vne meſchante & rio-
87DV MARIAGE. teuſe femme, on dit auſſi toſt , c’eſt vne
Xantippe. C’eſtoit l’eſpine qui picquoit
ſi fort le talon de ce tant ſage (mais trop
patient Philoſophe. ) Se ſerue qui vou-
dra de telle patience, quant à moy ie ne
m’en ſçaurois aider pour tout.
[Bordure décorative autour du poème]
Tant d’eſpines en ſomme,
De ſouſpirs & de pleurs,

Qui accompagnent l’homme

En ce val de douleurs ,

Naiſſent au mariage,

Iardin de tels bouquets,

Qui auec cher loüage

Produit ſi chers œillets.


ANNOTATION.

COmbien que ſainct Augustin, en
ſon liure de la cité de Dieu ; & le
ſage Philoſophe Platon en ſa republi-
que
,ayent dit,qu’il n’y a rien en ce mõde
88LES ESPINES qui ſe puiſſe eſgaler en delices,aux plai-
ſirs du mariage, ( non point comme ie
penſe abſolument, mais en quelque par-
tie, non ἀπλῶς , ſed κατὰ τι , comme di-
ſent les Logiciens , ) toutesfois le miel
& la douceur d’iceluy ſont ſouuẽt chan-
gez en fiel & amertume en iceluy, com-
me diſoit le Poëte,
Gáudia non remeant, ſed fugitiua volant. 63
C'eſt à dire,
Les plaiſirs n’y reuiennent pas alternati-
uement, & ils ne ſont pas ſi toſt venus,
qu’ils s’enuolent & s’enfuyent : courez
apres ſi pouuez. Ce que nous venons de
voir,nous le verrons encor en ce qui ſuit:
mais comme diſoit le Poëte , traictant
de telles commoditez ſi cheres,
Semper habet lites, alternaque iurgia lectus
In quo nupta iacet,minimũ dormitur in illo. 64
C’eſt à dire,
Il y a touſiours noiſes & nouueaux de-
bats au lict , auquel l’homme & la fem-
me mariez ſont couchez, on dort fort
peu en iceluy. Ie confeſſe bien que le
lict eſt commun, les enfans communs,
communauté de corps & d’eſprits (pour-
ueu qu’on ne ſe batte point,) mais parmy
ces
89DV MARIAGE. ces œillets & ces roſes,il y a tant d’eſpi-
nes, qu’on n’y ſçauroit prendre vn œillet
ou vne roſe, qu’on ne ſoit viuement pic–
qué : parmy les ris, les ſouſpirs ſe meſ-
lent : parmy les delices, les pleurs & les
larmes y ſont : les petits enfans beaux &
gaillards vous donnent du paſſe-temps,
& tout à vn coup ces paſſe-temps ſont
eſtouffez par leurs cris & ordures : vien-
nent-ils grands, ces paſſe-temps auſſi ſe
changent bien ſouuent en grands pleurs
& regrets ; & ſemble pluſtoſt que le ma-
riage ſoit vn iardin, & vn parterre, où ne
croiſſent que ronces & eſpines, que char-
dons & abſynthe , pour faire les bou-
quets d’iceluy , leſquels s’acheptent fort
cherement. Voila les roſes parmy les
picquantes eſpines. Et pour mieux encor
monſtrer les incommoditez qui naiſſent
au mariage, certes ceſte-cy eſt tres-gran-
de : à ſçauoir la ſeruitude en laquelle ſe
met celuy qui ſe veut marier : car eſtant
ſerré au lien de mariage , il faut de ne-
ceſſité qu’il nourriſſe celle, ſoubs le lien
de laquelle il s’eſt mis, qu’il la ſerue &
luy ſoit comme eſclaue & cecy eſt beau-
coup plus intolerable, d’autãt qu’en tous
H
90LES ESPINES autres degrez de ſeruitudes, les eſclaues
& ſeruiteurs dependent entierement du
vouloir de leurs maiſtres, & ſont aſſeruis
ſoubs leur volonté , de laquelle il faut
qu’ils deſpendent : mais tout au contrai-
re, en ceſte ſeruitude , il faut que l’hom-
me deſpende de la femme , qu’il endure
ſes fantaſqueries & boutades, qui arriuẽt
de coup à coup , ſelon qu’elle a l’eſprit
flegmatic & agité d’humeur bilieux : tel-
lement que pour vn petit de commodi-
té qu’il en peut receuoir , il en endure
mille trauerſes & moleſtes. Et pourtant
vn ancien Philoſophe, qui auoit autre-
fois mangé des pommes aigres du ma-
riage, dit que l’homme ne doit demeurer
aucunement impuni qui a commis vne
ſi grande faute : à ſçauoir, qu’eſtant mai-
ſtre, franc & libre , il s’eſt rendu valet &
ſeruiteur : tellement que ſi ceux qui ſe
haſtent tant de ſe marier pouuoient voir
en vn miroir & au vif naturel les maux
& trauerſes qui ſe rencontrent au ma-
riage,voyans le piteux tintamarre qui y
eſt , ſe garderoient bien de s’enfermer
dans de ſi rudes liens. Voila pourquoy
le bon Mitio , lequel Terence introduit
91DV MARIAGE. en vne Comedie 65, dit fort bien cecy,
Ce domt fortune eſt de moy tant priſée,
C’eſt que ie n’eus oncques femme espouſée.
Ha gentil Mitio ! tu eſtois à ton aiſe,
tu iugeois ſans danger des coups, tu en
eſtois loing, tu te mocquois plaiſamment
de l’autre qui eſt introduit en la meſme
Comedie 66; c’eſtoit vn bon gros vieillard
(pourroit bien eſtre que c’eſtoit le cra-
cheur & flegmatique Chremes) qui deſ-
couure, tout triſte & melancholique ſur
le theatre, les eſpines du mariage, qui ſe
trouuent en la femme & aux enfans,
diſant ainſi en ſouſpirant ſur le gros
Helas !
Depuis qui i’eus femme & enfans auſsi ,
Iamais ie n’eus que trauail & ſouci.
O quel plaiſir ! quelles picquantes ro-
ſes en ton bonnet de nuict ; Les Mene-
ſtriers en telle dance y chantent fort ru-
dement ; l’vn hauſſera de telle façon ſon
Superius 67, qu’on n’y ſçauroit venir , ſans
enfler les veines du front & du col : l’au-
tre tirera ſon Baſſus 68de ſi bas, que tous les
poulmons en ſeront offencez à force de
s’enfler : La Muſique y eſt mal accordan-
te, on y chante vn rude Bequare 69, qui vient
H ij 92LES ESPINES toutesfois de nature, car cela eſt naturel
& couſtumier en tels eſtats.
Et à ce propos nous verrons icy en paſ-
ſant vne choſe notable & preſques in-
croyable, que nous liſons és Annales de
Pompée le grand;lequel paſſant en Oriẽt
par le haut des mõtagnes Riphées, trou-
ua vne nation, qui eſtoit nommée Maſ-
ſagettes
, peuple au reſte cruel , barbare,
& de mœurs du tout ſauuages, farou-
ches & inhumaines.
Pompée le grand ſe trouuant parmy
ceſte natiõ, voulut ſçauoir quelle façõ de
viure tenoient ces peuples, ſoubs quelles
loix & couſtumes ils viuoient, & trouua
en ce peuple vne choſe du tout admi-
ble : c’eſt qu’il y auoit vne loy entr’eux,
qui eſtoit obſeruée fort exactement, par
laquelle vn chacun habitant eſtoit tenu
d’auoir deux grandes cuues,en l’vne deſ-
quelles il falloit que le mary , ſes fils &
ſes ſeruiteurs demeuraſſent : & en l’autre
cuue il falloit que la femme, les filles &
chambrieres demeuraſſent auſſi : & ces
cuues , (pour bonne raiſon) eſtoient ap-
pellées les Cuues de Concorde , pource
que chacun auoit ſon quartier, & dormi
93DV MARIAGE. ſecurè
. Et combien que ceſte loy ſemble
eſtre pleine de rigueur & de grãde auſte-
rité , que le mary fut ainſi ſeparé de ſa
femme , les freres de leurs ſœurs, & les
ſeruiteurs des chãbrieres : hó , hó, quant
à ceux-cy ce n’eſtoit pas mal fait : car
quand ils demeurent trop pres l’vn de
l’autre, ils font ſouuent bien du meſna-
ge en l’abſence du maiſtre & de la mai-
ſtreſſe, ils n’eſpargnent viande ny lict , ils
font tout à la bonne foy,iuſqu’à ce qu’ils
ayent fait quelque enfant : patience,c’eſt
pour ſe ſecourir l’vn l’autre : combien,
dy-ie, qu’il ſemblaſt que leur mariage fut
pluſtoſt vne haine, qu’vne honneſte con-
ionction matrimoniale ; toutesfois elle
eſtoit vn peu radoucie & mitiguée, parce
qu’il eſtoit permis au mary de coucher
vne fois la ſepmaine ( c’eſtoit fort peu)
auec ſa femme, qu’il faiſoit venir en ſa
cuue, & puis apres la renuoyer en la cu-
ue des filles & chambrieres , attendant
l’autre ſepmaine pour ſe reuoir, & con-
ferer de leurs petits affaires ſecrets : Il
eſtoit auſſi permis qu’vne fois l’année
ſeulement, le mary, la femme, les fils, les
filles, ſeruiteurs & chambrieres mange-
H iij 94LES ESPINES roient & boiroient tous enſemble , &
apres cela falloit que chacun prit ſon
quartier & ſe retiraſt dans ſa cuue com-
me deuant ; de laquelle façon de viure,
Pompée le grand tout eſtonné, demanda
à vn des anciens hommes de ceſte nation,
pourquoy ils viuoient de telle façon ſi
eſtrange & inaccouſtumée , lequel reſpõ-
dit : Sçaches, ô valeureux Pompée , que
nature ne nous permet de viure longue-
ment : car nous ne paruenons ordinaire-
ment & pour le plus,qu’à l’aage de ſoixã-
te ou quatre vingts ans : & durant ce brief
terme de noſtre vie, il nous conuient tra-
uailler tout le iour en grand’ peine : la
nuict venuë,il nous faut repoſer de nos
labeurs: & en icelle nuict, il ſemble que
nous ne viuons pas : car nous reſſemblõs
en dormãt pluſtoſt à des gens morts, qu’à
des viuants : & ainſi de ces quatre vingts
ans, ſi nous en ſeparons les nuicts, & que
elles ne ſoient point contées , pource
qu’en icelles nous dormons & ſemblons
eſtre morts, il ne reſtera que quarante ans
de iours : & ſi eſtans contraints de trauail-
ler durant tous ces iours là nous y ad-
mettons & receuons nos femmes & en-
95DV MARIAGE. fans,nous ne viurons point : car nous ſe-
rons en perpetuel tourment : La femme
qui eſt de ſon naturel hargneuſe & deſ-
plaiſante , nous apportera auec noſtre
trauail beaucoup d’incommoditez ; les
crieries des meres & enfans troubleront
tout le peu de repos que nous pourrions
auoir en nos mariages. Voila pourquoy
nous obeyſſons volontairement à la loy
de noſtre pays , qui veut & ordonne que
les maris, fils & ſeruiteurs, demeurent en
vne des cuues que tu vois:& les femmes,
filles & chambrieres en l’autre cuue à
part : par ainſi, durant le dur temps de
nos penibles ans & trauaux nous viuons
en quelque paix & repos en ceſte façon
de viure que nous tenons. O quelles dou-
leurs ! ô quels aſſauts ! Certes c’eſt mer-
ueilles qu’il n’y ait nation au monde qui
ſoit exempte des eſpines du mariage : &
ne ſe faut eſbahir , s’il en croit tant au
mariage des humains : car les pauures
Payens recognoiſſans vne telle rigueur,
comme fatale , n’en ont point voulu
exempter leurs imaginaires Dieux : teſ-
moin leur grand Iuppiter, leur Dieu tant
renõmé, lequel pour éuiter le courroux,
96LES ESPINES la ialouſie & rigueur de ſa ſuperbe ſœur
& femme Iunon;a pris ſouuent diuerſes
formes pour aller chercher ſes Nym-
phes foreſtieres & boſcageres, & ſe don-
ner du bon temps ; comme ces anciens
vers Grecs le teſmoignent ſuffiſammẽt,
Zεὺς, κυκνος, ταῦρος, σάτηρος χρυσός δι’ ἔρωτα
Λήδης, Ευρώπηςμ Αντιόπης, Δανάης
.
Id eſt,
Fit Taurus, Cycnus, Satyruſque, aurumque ob
amorem.
Europa, Ledes, Antiopæ, Danaes.
C’eſt à dire,
Iuppiter s’eſt transformé en Taureau,
pour rauir la belle Nimphe Europe.
En vn Cygne ( bel oyſeau blanc, de ri-
uiere,) pour ſon amoureuſe Leda qui luy
fit (ſelon que reſvent les Poëtes) deux
œufs, en l’vn deſquels eſtoient Pollux &
Clytemneſtre , en l’autre Caſtor & He-
leine
, laquelle fut cauſe de la ruine, du
ſac, & embraſement de la ville de Troye.
Il s’eſt transformé en Satyre, & Dieu
boſcager, pour la Nymphe Antiope.
Et en pluye d’or, pour iouyr de la belle
pucelle Danaé , enfermée pour ſa beauté
en vne haute tour d’airain ; mais il y en-
tra 97DV MARIAGE. tra bien, c’eſtoit le vray moyen : or & ar-
gent font tout, teſmoin Ciceron en vne
de ſes harangues contre Verres 70, nihil tam
munitum, quod non expugnari pecuniâ que at
:
c'eſt à dire, il n’y a place ſi forte & bien
munie, qui ne ſoit ſubiuguée & priſe par
argent : & le meſme Ciceron en la dou-
zieſme Epiſtre du premier liure de ſes
Epiſtres à Atticus 71, dit , omnia caſtella hæc
machina deijciet ,in quæ modò aſellus onuſtus
auro poſsit aſcendere
; c’eſt à dire, ceſte ſeu-
le machine ( à ſçauoir or & argent,) met-
tra à bas tous chaſteaux & fortereſſes, eſ-
quelles ſeulement vn maloſtru aſne char-
gé d’or pourra monter : ô le fin entrepre-
neur & ingenieux Iuppiter ! il ſçauoit
bien qu’auec ce gluz toutes ſortes d’ani-
maux ſont pris, & notamment pluſieurs
femmes , qui aymans naturellement la
couleur iaune des eſcus , ſe laiſſent pren-
dre ſans défence. Il y en a bien d’autres
qui ſe laiſſent attraper par l’argent, pour
faire toutes choſes illicites : mais ne nous
eſloignons pas de noſtre diſcours. Qui
ne s’eſbahira de voir le grand Dieu des
Payens transformé en tant de ſortes, voi-
re en beſtes & animaux, & en metail in-
I 98LES ESPINES ſenſible, comme nous le voyons icy ? n’a-
ce pas eſté pour fuyr les querelles , les
noiſes & riottes de ſon imperieuſe fem-
me Iunon ? voyons-nous pas celuy qui
tenoit l’Empire du Ciel & des hommes,
(diſoient ces pauures Payens) & le fou-
dre eſclattant en ſa main, eſtre aſſeruy &
ſubject ſoubs la pointe des eſpines de ſon
mal-plaiſant mariage ? ô foible deité !
Que ne luy fracaſſois-tu ſon arrogante
teſte auec ton foudre ? Eſtoit-ce pour
crainte qu’il eut d’elle, ou de luy deſplai-
re ? non ; mais il aimoit mieux ( comme
le bon Socrates, vſer de patience ) aller
demeurer pour quelque 72iours dans les
foreſts, ou dans les antres mouſſus des
montagnes tout ſeul , ou auec quelque
Nymphe, ou Bergerotte, pour ne perdre
ſon temps, & ainſi laiſſer paſſer la bou-
raſque de la cholere de ſa femme, & ne
s’en tourmenter : cependant durant ce
temps-là, il la luy donnoit belle , ſans ſe
courroucer comme elle.
Ne ſe faut donc eſbahir de la façon
de faire de ces barbares , & comme ſau-
uages nations, ſemblables aux Meſſget-
tes
en la conduite de leurs mariages : ce
99DV MARIAGE. n’eſtoit pas trop mal fait à eux de s’en-
fermer dans vne cuue, & leurs femmes
en vne autre, ils eſpargnoient pluſieurs
coups de poing ; & par ce moyen n’a-
uoient les oreilles rompuës de leurs crie-
ries, murmures & ialouſies. Ie m’aſſeure
que nos femmes d’auiourd’huy n’endu-
reroient pas telle rigueur, d’eſtre enfer-
mées dans vne cuue ſeparées de leurs ma-
ris, ne les pouuans approcher qu’vne fois
la ſepmaine au lict , ( ô quel deſaſtre ! )
& vne fois l’année pour boire & manger
enſemble : il y auroit bien encor plus de
beſongne & de bruit, elles en appelle-
roient aux Areopagites d’Athenes, elles
feroient bien gronder & ronfler le ton-
nerre de leur teſte : ie vous en affie 73; Iean
c’eſt mon.


I ij 100LES ESPINES
[Bordure décorative autour du poème]
Oyez donc ceſte choſe,
O mortels deſuoyez !

N’ayez l’oreille cloſe,

Pour vous perdre eſgarez.

Helas ! dans ſeruitude

Vous courez aueuglez,

En contraire habitude

Comme eſclaues ſeruez.


ANNOTATION.

PVis qu’il y a tant de dangers, tant
de ſyrtes & d’eſcueils,dans ceſte mer
de mariage,ceux qui ſe precipitent & ſe
haſtent auec telle ardeur , doiuent bien
regarder aux perils qui s’y rencontrent:
& comme dit le prouerbe, pour precau-
tion à telles gens,
Fœlix quem faciũt aliena pericula cautum.
C'eſt à dire,
Sage eſt celuy qui ſe chaſtie par autruy. 74
101DV MARIAGE. Et comme diſoit vn certain: Præcepta do-
cent, exempla mouent
; Les preceptes nous
enſeignent ; mais les exemples ( qui ſont
de plus grande efficace ) eſmeuuent 75: il
faut penſer à ſa maiſon , quand on void
celle de ſon voiſin bruſler : ſelon que l’en-
ſeigne vn ſage Poëte, diſant,
Tunc tua res agitur, paries quum proximus
ardet. 76
Le mariage n’eſt point vn boſcage de
plaiſance, ou vn iardin de roſes & d’œil-
lets, comme pluſieurs qui ne ſçauent que
c’eſt ſe l’imaginent ; c’eſt vne maiſon de
ſoucis , en laquelle on ſe chauffe auec
pluſieurs fagots d’eſpines : les parfuns
n’y ſont point d’Aloës , de Myrrhe , ou
d’Encens : il y en a bien d’autres, la fumée
deſquels trouble pluſtoſt le cerueau que
elle ne le reſioüit : ô plaiſirs amers ! il ſe-
roit bon à ceux qui ſe vont eſgarer dans
ſes halliers picquants, qu’ils priſſent gar-
de à la ſage reſponſe que Thales Mile-
ſien
fit à ſa mere, laquelle luy dit vn iour ;
mon fils , vous eſtes ieune , ie deſirerois
que vous priſſiez femme , de laquelle
vous auriez des moyens & lignée , à la-
quelle il reſpondit : ma mere , ie ſuis trop
77 I iij
102LES ESPINES ieune, ( auſſi ſont ieunes d’eſprit ceux
qui ſe haſtent de ſe marier, & tomber au
foſſe de repentir. ) Ayant attaint l’aage
d’homme, & ayant deſia ſur la teſte, & en
la barbe les auant-coureurs de vieilleſſe,
eſtant pres de prendre les quittances d’a-
mour, à ſçauoir les Lunettes : ſa mere luy
dit qu’elle deſiroit qu’il ſe mariaſt, à la-
quelle finalement il reſpondit : ma mere
il n’eſt plus temps , eſtimant, & donnant
à entendre par ceſte reſponſe, qu’il ne fai-
ſoit point bon en mariage, ny en ieuneſ-
ſe, ny en vieilleſſe: teſmoing le bon com-
pagnon qui diſoit , qu’il n’y auoit que
deux bons iours en mariage,à ſçauoir le
iour des nopces , auquel on rit auec ſa
nouuelle eſpouſe, & fait-on bonne chere,
& le iour de l’enterrement de la femme
ou du mary : car alors l’vn des deux eſt
en liberté. Mais c’eſt pitié que l’homme,
qui de ſa nature eſt libre & franc ; tou-
tesfois il ſe iette volontairement en vne
toute contraire habitude , de franc , de-
uenir eſclaue : car auec la femme il eſ-
pouſe vn monde de ſoucis,de trauaux &
de peines. Vous donc qui vous voulez
marier, penſez-y ; il n’eſt pas temps de ſe
103DV MARIAGE. repentir quãd on eſt pris : il ne faut point
faire comme les Phrygiens , qui furent
ſages trop tard : auant que ſe ietter &
s’aduancer auant en mer , il faut penſer
aux dãgers qui y ſont : car quãd on a cin-
glé en haute mer, & qu’on eſt agité des
vagues & de la tẽpeſte, il n’eſt pas temps
de ſe repentir, ny de crier, à l’ayde miſeri-
corde ; prenons terre, il n’eſt pas ſi aiſé, il
faut prendre patience par force, & en re-
chignant. Et à ce propos à treſbien dit
le Poëte Euripide ;
Le mal venu,il le faut endurer,
Bon gré, mal gré, rien n’y ſert murmurer ;

Mais parauant qu’il vienne,l’homme ſage

Peut par conſeil deuancer ſon dommage. 78
Et comme dit auſſi le prouerbe Latin,
Tela præuiſa minùs nocent : c’eſt à dire, Les
coups que nous auons preueu, nous font
moins de dommage, que ceux qui nous
arriuent à l’improuiſte & ſans y penſer.
Auſſi le ſage Metellus Numidicus , en
l’harangue qu’il fit au peuple Romain,
monſtre tacitement qu’il ne fait gueres
bon au mariage, de quelle condition qu’il
ſoit, diſant ainſi, & ſagement,
Si ſine vxore poſſemus eſſe omnes ea mo- I iiij 104LES ESPINES leſtia careremus,ſed quoniam ita natura tra-
didit, vt nec cum illis ſatis commodè , nec ſine
illis vllo modo viui poſsit,ſaluti perpetuæ po-
tius,quàm breui voluptati conſulendum.
C'eſt à dire,
Si nous pouuions demeurer, & eſtre ſans
femme, nous ſerions tous exempts & de-
liurez d’vne telle faſcherie & trouble
d’eſprit ; mais puis que nature a ainſi or-
donné, qu’on ne peut gueres commodé-
ment & à repos viure auec elles, ny ſans
icelles , il vaut mieux s’accommoder &
pouruoir à vn bien qui eſt de durée, que
de s’enyurer d’vn plaiſir qui n’eſt que
pour vn moment, & vn petit de temps,
qui paſſe comme la nuée deuant le vent. 79
Et comme diſoit le ſage Varron , en
ſa Satyre Menippée,qu’il a fait touchant
le deuoir du mary,
Vitium vxoris, aut tollendũ, aut ferendum eſt :
Qui tollit vitiũ, vxorem cõmodiorem præſtat,
Qui fert, ſeſe meliorem facit.
C'eſt à dire,
Il faut oſter & extirper le vice de la fem-
me, ou l’endurer. Celuy qui peut oſter le
vice d’icelle , ſe la rend plus propre, &
mieux à ſon contentement : & celuy qui
105DV MARIAGE. endure ſon vice & imperfection, ſe rend
meilleur & plus parfait. Toutesfois quãd
vn homme deſcouure vn peril, il eſt eſti-
mé ſage, ſi auec prudence & moyens li-
cites il le gauchit : au contraire, temerai-
re & fol eſt celuy qui de gré & volonté
s’y precipite.
[Bordure décorative autour du poème]
Car ſi du mariage
Voulez cueillir les fruicts,

Vous eſtes en ſeruage,

Sans repos iours & nuicts.

Si vous flairez ſes roſes,

Vous ſerez toſt attaint

Des espines encloſes,

Que ceſt eſtat vous peinct.


ANNOTATION.

C'Est icy vn autre aduertiſſement à
ceux qui ſe haſtent de ſe marier, eſti-
mans que le mariage ſoit le ſouuerain
106LES ESPINES bien de l’homme , & le comble de leur
bon-heur : ils eſtiment que le mariage
ſoit quelque beau vergier de plaiſance,
plein de belles & douces fontaines , en-
tourné de verds & delicieux boſcages ;
mais ils ne ſe prennent pas garde, que
dans les allées de ce vergier, il y a de pro-
fondes foſſes qu’on ne void point, à cauſe
de la belle herbe verte qui les couure, eſ-
quelles ils treſbuchẽt ſans y penſer : qu’il
y a au beau milieu de ce vergier vn en-
tortillé Dedale, dans lequel eſtans entrez,
ils ſont tout eſbahis qu’ils ne ſçauent
d’où ſortir , tournent & retournent , ſe
picquent les pieds des eſpines qui ſont
cachées deſſous la belle herbe, & les fait
bon voir regarder de tous coſtez qui viẽ-
dra au ſecours, pour les tirer de là, & les
oſter de peine.
Le mariage eſt tel ; à l’entrée on pen-
ſe eſtre dans quelque Paradis terreſtre :
mais quand on s’eſt vn peu pourmené
dans iceluy, & qu’on veut cueillir quel-
que freſche roſe, qu’on penſe receuoir
quelque contentement , voicy tout in-
continent cinq ou ſix picquãtes eſpines
qui entrent en la main, & font bien toſt
107DV MARIAGE. quitter la roſe : ſi on veut auoir vn œillet
de ce iardin, qui ſe monſtre beau & ver-
meil, on trouue l’ayant cueilly, que c’eſt
vne fleur puante qui offence le cerueau ;
tellement qu’il a eſté fort bien dit par vn
Poëte ,
Amour n’eſt autre choſe au cœur qui le reçoit
Que l’eſpine & la roſe, croiſſant en meſme en-

droit.

O picquant mariage ! tu donnes en vn iour

Les ris auec les larmes,qui ſe ſuiuent à tour. 80
Voila donc vne partie des œillets &
des roſes du mariage : voyons les autres.
[Bordure décorative autour du poème]
Si prenez femme riche,
Il ſe faut preparer

De n’eſtre iamais chiche

De ſeruir, d’endurer :

Faut feindre de n’entendre

Ses iniures & cris,

Ainſi, cil qui veut prendre

Femme, ſouuent eſt pris.
108LES ESPINES

ANNOTATION.

CElvy qui ſe veut marier a quatre
choix , ( pourueu qu’il ſoit en ſon
pouuoir :) De prendre ou femme ri-
che, (cela n’eſt pas dõné à tous: ) ou fem-
me pauure, ( il y en a aſſez par tout, ) ou
femme belle, (là il y a du dãger,) ou fem-
me laide , ( là le diable eſt aux vaches 81, )
comme l’on dit. Les moyennes ſont cõ-
priſes ſoubs chacune de ces quatre con-
ditions.
Mais pour mieux commencer telle
beſongne,en laquelle il y a tant de riſque
& d’hazard, il ſeroit, ce me ſemble bon,
que ceux qui ſe haſtent tant de ſe marier,
outre ces quatre choix cy deſſus mis,
priſſent garde à ce qu’vn Poëte François 82
a eſcrit pour precaution aux perils des
nopces, eſcriuant pour les trop haſtifs &
eſchauffez, ce qui s’enſuit,
Qui à ſon ply voudra ſa femme rendre
Pour faire mieux, vierge la luy faut prendre :

Mais bien ſouuent les plus fins & ruſez,

En tels hazards ſe trouuent abuſez.
Tel allant à l’emplette d’vne telle
109DV MARIAGE. foire fait ſouuent double profit , en pre-
nant la vache qui porte ſon veau 83: ce ne
ſont que anticipatæ notiones 84, ( comme di-
ſent les Dialecticiens:) Beſongne aduan-
cée eſt toſt acheuée. Quant aux deux
premiers choix cy deſſus propoſez , vn
Poëte Comique 85dit auec fort bonne gra-
ce, & belle elegance cecy de la riche &
de la pauure :
Quiſquis vxorẽ ducere deliberat , nõ deliberat
Rectè, nam vbi deliberauit, ſtatim ducit

Quod multorum vita malorum initium eſt :

Nam ſiquis pauper pecunioſam vxorem

Duxerit, non vxorem, ſed Dominam habet,

Cuius famulus eſt & ſeruus : Quòd ſi duxerit

Nihil ei afferentum dotis, iterum fit ſeruus.
C'eſt à dire,
Celuy qui fait ſa reſolution & ſe deli-
bere de prendre femme , il ne fait point
vne bonne reſolution : car apres telle
deliberation il prend tout auſſi toſt ce
qui eſt le commencement de pluſieurs
maux en la vie humaine : car ſi quelque
homme pauure prend vne femme riche,
il n’eſpouſera pas vne femme, mais vne
maiſtreſſe, de laquelle il faut qu’il ſoit le
valet & le ſeruiteur. Que s’il en eſpouſe
110LES ESPINES vne qui n’ait aucuns moyens ny doüai-
re, il deuient derechef ſeruiteur. Voila
donc encor vne tres-mauuaiſe & dange-
reuſe eſpine au talon d’vn tel homme.
Voyons donc premierement de la riche
plus particulieremẽt, & ce qu’on en peut
tirer de commodité, ſi le mary n’eſt riche
& de ſa qualité : car icy il y a de la be-
ſongne.
Si vn tel homme prend vne femme qui
ſoit riche, & de haut appenage : helas !
que ſera-ce du pauure bon-hommeau 86?
Premierenent de libre il ſe fait ſerf, de
franc, eſclaue, voulant chercher ſes com-
moditez, & auoir par ce moyen argent
pour aller à la foire : il y aura bien du meſ-
conte de ſon coſté,il n’aura pas ce qu’il
penſe en ſon fol cerueau, la femme fait
bien ſon conte autrement ; il penſera eſ-
pouſer vne femme pour luy eſtre com-
pagne, & il eſpouſera vne maiſtreſſe in-
ſupportable , qui luy fera la loy , qui le
dominera auec toute rigueur, luy parle-
ra hautainement, & en Dame : Cõment,
gueux & coquin à platte beſace que tu
es : Que ie permette que tu manies mon
bien à ta fantaſie ? Que tu ſois le maiſtre
111DV MARIAGE. de ma bourſe & de mon argent ? tu n’en
auras que ce que ie t’en donneray à ma
volonté , & quand il me plaira : l’as-tu
acquis , dy fredoüille 87 : ? penſes-tu en diſ-
poser ? ne t’es-tu marié auec moy que
pour diſpoſer de mes moyens à ton plai-
ſir ? ha, ha ; ie te feray bien oublier telle
ruſerie , les cuiders 88ne ſont point de ſai-
ſon en mon iardin : ô pauure ! tu es auſſi
eſblouy & abbatu que s’il eut tonné ſur
ta teſte. Voila vne belle entrée, mes amis,
au bon-heur qu’il s’eſtoit imaginé : Voi-
la mon ruſtre bien eſtonné , il aymeroit
mieux eſtre condamné aux mines des
Indes. Ce n’eſt pas fait : car apres ces me-
naces, voicy ſes parens tout refrongnez,
tout ſourcilleux, qui le morguent, le re-
gardent de trauers, luy diſans parolles ou-
trageuſes & en fierté : tu es trop heureux,
morfondu que tu es, d’eſtre allié à noſtre
race, d’auoir noſtre parenté pour femme :
ce t’eſt beaucoup, voire trop d’honneur,
d’eſtre en noſtre parentage : tu eſtois vn
mort de faim , vn beliſtre, qui n’auois
que la cappe, & maintenant que tu te
trouues dans les moyens de noſtre pa-
rente, tu en penſes eſtre maiſtre ? nous
112LES ESPINES t’en-garderons bien ; nous te rangerons
bien au pied de ton deuoir.
Quelle contenance , ie vous prie, di-
tes-le moy, tiendra là noſtre bon perſon-
nage qui eſt marié ſi richement ? Ie le vois
bien eſtonné ; ce n’eſt pas ſans cauſe, il ſe
gratte derriere l’oreille, ſans qu’il luy deſ-
mange. Que fera-il donc ? il faut qu’en
ſi mauuais jeu il tienne bonne mine,
qu’il ſe reſolue à ce qu’il ne s’eſtoit point
imaginé ny propoſé. Qui conte ſans
l’hoſte (dit-on) conte deux fois. Ha pau-
ure homme ! te voila bien coiffé à re-
bours. Tu eſtois bien plus riche auant
que te marier à ta maiſtreſſe, que main-
tenant, elle te fait marcher à courbettes,
à petits bonds , ſoubs le mouuemẽt de ſa
houſſine & commandement , que c’eſt
vn plaiſir de te voir fretiller & remuer. Si
faut-il faire quelque choſe : que tu te
monſtres honneſte homme, & te rendre
ſeruiable. Il faut que tu te reſolues à ſer-
uir de quelque choſe en la riche maiſon
où tu as eſté receu, il te faut endurer, ce-
la eſt reſolu : peut eſtre par ce moyen tu
r'entreras en grace, & auras de petit à pe-
tit la faueur de ſes parens ; n’eſpargne
les
113DV MARIAGE. les bonnetades & les genoüillades ſur
tout : Quand elle te chantera vn plein
chappeau d’iniures, il te faut faire ſem-
blant de n’en rien entendre , il te vaut
mieux deſcendre ſans ſonner mot en la
cuiſine, faire du feu, mettre du ſaffran aux
choux, pour reſiouïr le cœur de ta fem-
me ; donner ordre au diſner de ta nou-
uelle Dame & maiſtreſſe : peut-eſtre ce-
pendant que tu feras cela, que la bourraſ-
que de ſa cholere paſſera , & pourras
auoir permiſſion d’elle, de t’aſſeoir à ta-
ble. Il faut faire cela, car tu es pris : tu
penſois prendre vne femme, & elle t’a
pris ; prens patience pour ce coup atten-
dant mieux. Sa bourraſque te fait bien
cacher auant en la cuiſine:ô bel eſprit de
femme ! Ie penſe que les Anglois anciens
recognoiſſans telle magnanimité, & grã-
deur de courage en ce ſexe feminin, eux
qui ſont aſſez honneſtement coüards,
leur donnerent iadis ceſt honorable pri-
uilege de conduire leurs armées, comme
Amazones & Pentaſilées , & combatre
ſoubs leur commandemẽt & ordonnan-
ce : pource que quand elles veulent deſ-
ployer leur malice & violence, elles font
K 114LES ESPINES de merueilleux exploits ; mais tous ne
ſont pas propres pour combatre ſoubs
elles , ce n’eſt pas la raiſon.
[Bordure décorative autour du poème]
Superbe & deſdaigneuse
Elle croit tout ſçauoir,

Et fiere & deſpiteuſe

Ne peut raiſon auoir.

Son mary n’eſt point digne

D’auoir ſi belle fleur :

Nature es-tu benigne,

De donner tel bon-heur ?


ANNOTATION.

NOstre bon Iobelin 89bridé, marié
ſi richement , n’a pas tout fait de
s’eſtre humilié iuſques là, d’aller pour-
uoir au diſner de Madame ſa riche fem-
me, elle a bien d’autres drogues en ſa fu-
meuſe teſte, qui font courir le bon Ianot 90
de tous coſtez , pour luy complaire : s’il
115DV MARIAGE. ne fait à ſa fantaſie, la voila ſuperbe cõme
vn Paon qui fait la rouë de ſa queuë : ce
qu’il fait n’eſt point à ſon gré, elle eſtime
ſon mary vn idiot, (comme de fait il n’eſt
pas logé loing de là ; mais l’eſt tout a fait
ſans exception:) elle ſe fait à croire qu’el-
le a pleine teſte & chappeau d’induſtrie,
& qu’en ſomme rien ne luy eſt caché
qu’elle ne ſçache : ſi le pauure Miſtan-
flutte 91 de mary veut ouurir la bouche
pour parler, elle toute deſpiteuſe, arrogã-
te, & ſans raiſon, luy dira; Allez, allez ba-
din, vous ne ſçauez que vous dites , vous
eſtes vn ſot : vous appartient - il de vous
ietter ſi auant ? taiſez vous, & laiſſez par-
ler les autres : c’eſt à vous à parler le der-
nier.
Le Nigaud à double rebras , là deſſus
voyant ſa nouuelle maiſtreſſe qui par-
le d’authorité & brauement ; s’eſtimera
plus que Martin Perrot, iadis eſcorcheur
d’anguilles du grand Artus; voir meſ-
mes beaucoup plus heureux , d’auoir
rencontré à ſi bonne heure vne femme
de ſi bon eſprit, qui l’appelle ſot ſi ac-
cortement : il ſera plus fier de cela que
s’il eſtoit appellé Maiſtre Iean 92 tout à
K ij 116LES ESPINES plat. O bon homme, la belle fleur que tu
as mis en ton gros bonnet double , pour
bouquet nuptial & honorable ! mais, na-
ture, t’appellera-on douce & benigne, ſi
tu donnes tel bon-heur deſia à l’entrée
aux ſimples hommes , qui penſent trou-
uer quelque fauorable abry au mariage ?
Non : car tu remplis leur lict d’eſpines
& de ronces , au lieu de leur preparer vn
beau lict de plaiſirs,comme ces temerai-
res s’imaginent. Il en fait bon ouyr par-
ler, & meilleur en eſtre loing:car les plai-
ſirs ſont eſtouffez par les eſpines qui y
naiſſent en grande abondance. Et s’il y a
quelque petit Soleil de bon temps & de
contentement en l’eſpineux mariage, il
y aura tout incõtinent des eſpais broüil-
lards, qui eſtoufferont ce petit Soleil, qui
ſembloit promettre quelque Bonaſſe, &
ſerenité : quelque vent Auſter 93, ou quel-
que pluuieux Orion s’eſleueront, qui en-
nuageront l’air, & le calme que ce paſle
Soleil promettoit : tellemẽt que le Poëte
François 94ſemble à ce propos auoir fort
bien dit :
Touſiours mal ſuit le bien, comme l’onde ſuit
l’onde,
117DV MARIAGE.
Et rien n’eſt aſſeuré,ſans ſe changer au mõde. 95
Et trouue auſſi celuy auoir fort bien
dit : ( c’eſt le Poëte Ouide en ſes A-
mours
.)
Vxorem quare locupletem ducere nolim
Quæris ? vxori nubere nolo meæ ?
C’eſt à dire, ainſi que ie l’ay tourné :
Demãdes-tu, amy, pourquoy ie ne prẽs femme ?
Ie ne veux eſpouſer cela qui me diffame :

Car ſi pour les moyens vne femme ie prens,

Ma liberté ſe perd, d’elle ſerf ie me rends.

[Bordure décorative autour du poème]
Elle eſt touſiours contraire
Par propos rigoureux :

Vn enchainé courſaire,

N’eſt-il point plus heureux

Qu’vn tel mary qui ploye

Soubs ioug ſi rigoureux,

Qui ſuë, & qui s’employe,

Pour viure mal-heureux ?


K iij 118LES ESPINES

ANNOTATION.

DE ſon naturel, & ſe ſentant riche,
elle eſt ſuperbe & deſdaigneuſe,
comme nous le venons de voir : & pour-
tant le remede en cecy , le ſage Philoſo-
phe Pittacus le dõne tres-aſſeuré, diſant,
vxorem ducito ex æqualibus: c’eſt à dire,
prens femme de ta ſorte, & qui ſoit eſ-
gale à toy. C’eſt la plus belle recepte en
cecy qui puiſſe eſtre : car ſi le mary eſt
pauure & ſa femme riche, il n’oſera dire
mot : Semblablement ſi le mary eſt riche
& la femme pauure, elle ſera preſques au
rang des chambrieres, & n’oſera diſpoſer
de rien. Mais ſi l’hõme & la femme ſont
eſgaux, ou à peu pres en moyens , il n’y
aura point tant de bruit, ny d’obligations
de reſte : Si la femme baille à diſner à ſon
mary, elle ne luy ſçauroit rien reprocher,
il a dequoy luy donner à ſouper en re-
compenſe. S’il eſt Gentilhomme , elle
eſt Damoiſelle, chou pour chou, ils ne ſe
doiuent rien : c’eſt auſſi la raiſon pour-
quoy vn certain, duquel parle Plaute en
vne de ſes Comedies, lequel dit, qu’il n’a
119DV MARIAGE. rien tant à craindre, que d’eſpouſer vne
femme riche & de haut parentage, afin
qu’il ne ſoit contraint de dire, ( s’il eſt
pauure,) l’ay eſpouſé grand ſomme d’ar-
gent, & ay vendu mon authorité, mon
droict & priuilege à ma femme. 96
Auſſi les fruicts qu’en amaſſe le bon-
hommeau 97, qui s’eſt voulu marier riche-
ment, pour s’emplumer de l’aiſle d’au-
truy, ce ſont propos rigoureux , ce ſont
iniures & toutes ſortes de meſpris : car
elle contrarie à tout ce qu’il fait , ou dit.
Il ne ſçauroit ſi bien faire qu’il ne ſoit
repris de ſa Dame & maiſtreſſe, qui le
mocque & le biffe en toutes façons. Il y
a donc touſiours nouuelles eſpines au
mariage : car aupres de celle qu’aurez
couppé , naiſtront pluſieurs bourgeons
plus dangereux, & ſemble que ce ſoit la
teſte de l’Hydre, ſerpent à ſept teſtes, qui
donna tant de trauail au vaillant Hercu-
les
Thebain : car ayant couppé vne teſte,
ſoudain il en renaiſſoit ſept en la meſme
place;tellement que ſon labeur ſembloit
infini. Ainſi au mariage , auez-vous eſ-
chappé vne difficulté, voicy la noire
Deeſſe Diſcorde, ennemie du repos des
120LES ESPINES humains , qui vous en enfante , non
point vne ou deux , mais vne milliaſſe.
Voila pourquoy vn Poëte Latin a treſ-
bien dit, deplorant les miſeres du maria-
ge, les trauaux & miſeres qui y naiſſent
preſques à toutes heures, eſcriuant ces
vers ( comme pour Epitaphe & honneur
de ſes dernieres funerailles,)
Hei miſerandus amans, & frigore triſtis &
æſtu,

Vereq́₃ , & Autumno nil niſi triſte legit ! 98
C'eſt à dire, ainſi que ie l’ay tourné :
Ha miſerable amant ! ie deplore ta vie,
Tu es triſte en Hyuer, au Printemps, en Eſté,

En Automne , & pourquoy ? ta folle ame aſ-

ſeruie

Soubs le ioug nuptial , ( où rien ne t’eſt reſté

Qu’vn trop tard repentir, ) t’a mis deſſous la

lame,

Eſteignant auec toy les plaiſirs doucereux

Que tu prenois peu caut auec ta feinte Dame,

Tous ces plaiſirs maſquez ſont chagrins ſou-

cieux.
Mais reuenons à noſtre bien fortuné,
qui a voulu la riche femme. Quelle
trongne donc tient noſtre Franc-taupin 99,
marié ſi richement, pour ſe mettre à ſon
aiſe
121DV MARIAGE. aiſe : mais helas ! pluſtoſt à mal-aiſe. Il eſt
icy accomparé à vn enchainé courſaire,
qui court les mers, par perils, tempeſtes,
vents & orages, attaché par le pied : ainſi
noſtre miſerable eſt attaché aux affectiõs
& volontez de ſa tyrante , qui le fait
ployer où elle veut ; tellement que ſa cõ-
dition n’eſt point meilleure que celle
d’vn courſaire : car il endure plus d’op-
propres 100& d’iniures de ſon inſolẽte fem-
me , qu'vn courſaire ne reçoit de coups
de nerfs de bœufs ſur les eſpaules : encor
vn courſaire eſt commandé par des hom-
mes, & ce miſerable ploye ſoubs le ioug
rigoureux d’vne femme arrogante , la-
quelle il a eſpouſee heureux & en libre
condition , pour viure en ſeruage mal-
heureux ſoubs la rigueur de ceſte nou-
uelle Pallas, qui branſle à tous coups la
lance de ſon ire ſur luy , s’il entreprend
de parler. Te voila bien à ton aiſe auec
ta fripperie ; pauure miſerable, fay du feu
& fais boüillir le pot, ton eſtat & fortune
ſont eſtablis en la cuiſine. Voila vne bel-
le eſpine qui ſeruira d’agraphe pour
tenir droict & debout le bouquet du
bon-heur de noſtre homme marié ſi
L 122LES ESPINES richement. Voyons maintenant de la
pauure.
[Bordure décorative autour du poème]
Si la prenez pauurette,
Toute incommodité

Vous ſuit ; car la ſouffrette

Tient voſtre liberté.

La peine & l’infortune

Vous fait baiſſer les yeux,

Pauureté importune

Rend chagrin,ſoucieux.


ANNOTATION.

S'Il y a beaucoup d’incõmoditez en
ſe mariant auec la femme riche, il n’y
en a gueres moins en la pauure: car froid
contre froid, ( comme l’on dit ) rend la
couche gelée , ou pour le moins bien
froide. Si vn homme riche eſpouſe vne
pauure femme, ſoit pour ſon plaiſir, ou la
voyant belle, ou autrement, il s’en laſſera
123DV MARIAGE. auec le temps, il ſe verra meſpriſé de ſes
amis & de ſes ſemblables , qui cauſera
bien toſt vn deſdain de l’aimer comme
auparauant. Si la pauurette veut parler
en la maiſon comme maiſtreſſe, elle ſera
gourmandée de ſon mary de mille deſ-
dains. Comment l’entendez-vous, belle
hoſteſſe ? parle-on ſi haut en la grange &
au village d'où vous eſtes ſortie ? penſez-
vous encor eſtre apres vos pourceaux &
moutons pour crier ſi fort ? nous ne vou-
lons point tant de bruit de vous. Il luy
reprocha auſſi toſt la pauureté, & luy
dira ; va faquine, tu n’eſtois qu’vne ber-
gerotte, vne pauure femme , née en vne
cahuette & trou de grange, & ie t’ay fait
porter eſtat de Damoiſelle : ie t’ay hono-
rée, qu’on ne ſçauoit qui tu eſtois, ny de
quelle parenté : bref ie t’ay fait telle, qu’il
ſemble que ie t’aye fait renaiſtre , & tu
veux faire de la maiſtreſſe : & Dieu ſçait
alors ſi martin baſton 101eſt mis en beſon-
gne , ſi le mary charge la pauure femme
d’appoinctement:ce ſont de merueilleu-
ſes careſſes,c’eſt mordre en riant, & ſont
en deux dangereux predicaments, Action
& Paſsion
: l’vn chante & l’autre pleure: ô
L ij 124LES ESPINES la belle & plaiſante Muſique ! Voila vne
gentille eſpine en leur pied, qui les gar-
de bien de rire trop haut.
Et ſi vn pauure homme eſpouſe vne
pauure femme, il y a bien vn autre tinta-
marre ; il y a bien vrayement d’autres
eſtoupes à filer : car le ſoir de leurs froi-
des nopces n’eſt pas ſi toſt venu, que le
peu de pain qu’ils auoient eſt mangé
ſans ſauſſe ny potage , & ſe vont neant-
moins coucher enſemble, moitié triſtes,
& moitié ioyeux ; ils cognoiſſent deſia
qu’ils ſont bien auant en beſongne.
Le lendemain venu ; que diſnerons-
nous femme ? Et vous mary que diſne-
rons-nous ? i’ay bon appetit : là il n’eſt
pas queſtion de choiſir ce qu’on diſnera
entre les reſtes du ſouper precedent , il
n’y eſt rien demeuré , car la cuiſine eſtoit
froide & maigre. Voila mes deux mariez
bien eſbahis , ils ouurent les yeux com-
me vn chat qui a beu du vin-aigre, pour
voir de quel coſté viendra le bon temps.
Qu’eſt-il de faire cependant ? de ſe re-
pentir, il n’eſt plus temps : car Robin en
ſe ioüant a engroſſé ſa Marion. Au bout
de neuf mois, ils ſont tout eſbahis qu’ils
125DV MARIAGE. ont fait vn enfant ; courage meſnagers,
ce n’eſt pas mal commencé , voila de la
beſongne faite : mais il falloit auparauãt
pour mieux faire, donner ordre qu’il y
eut vn peu de bled au grenier, quelque
petit tonneau du vin au celier, vn petit
de l’ard à la cheminée, ou quelque oye
ſalée, pour adoucir voſtre potage , c’euſt
eſté bien commencé. Et dites-moy vn
peu, mes amis, mes gentils & tout eſton-
nez amoureux, eſtiez-vous pas mieux
n’eſtans pas mariez que maintenant ? di-
tes ouy hardiment ; car on ne vous croi-
rois pas ſi diſiez autrement : courage, di-
tes ouy. Il eſt vray : qu’auez-vous donc
auancé en vous mariant ? rien du tout.
Vous auez ioüé voſtre bon temps auec
folie : vous auez voulu mettre voſtre ra-
ce au monde pour l’apprendre à pátir &
endurer de bonne heure : vous ne de-
meurerez point deſormais ſans compa-
gnie : mais ce ſeront de rudes vicqueries 102
d’aſnes, à ſçauoir chagrin continuel, pour
page : ſoucy, pour valet de chambre:net-
te cuiſine, pour maiſtre d’hoſtel : pau-
ureté importune, pour fille de chambre :
pluſieurs incommoditez , pour laquais :
L iij 126LES ESPINES voſtre heritage, ( qui eſtoit voſtre liber-
té ) hypothequé : & que ferez-vous là
deſſus, miſerables ? vous voguerez dans
la grand 103barque de repentir, pour aller
deſcouurir quelque Iſle fortunée , & y
dreſſer les trophées de voſtre fortune.
Vous cognoiſſez , ie penſe, maintenant
voſtre faute : ſi vous euſſiez appris ce que
dit l’ancien Poëte Mænander, ( ô ter in-
fœlix, quiſquis in paupertate ducit vxorem, &
liberos gignunt
104; c'eſt à dire, ô trois fois
miſerable celuy qui ſe marie eſtant pau-
ure, & engendre des enfans) vous ne vous
fuſſiez point pris en ce piege. Mais ce-
pendant que rechercherez dans voſtre
barque de repentir, ſur la mer de miſere,
quelqu’autre aiſe plus aſſeuré pour diſ-
ner mieux à repos, ie vous recommande
au temps, & bon ſoir mes amis, ſoyez ſa-
ges pour l’aduenir. Ie m’en vay voir auec
voſtre permiſſion Geruais Cornu , qui
s’eſt allé marier à la belle femme ; ie vay
voir comment il ſe porte. Il me ſemble
qu’il eſt bien ioyeux. Allons-le voir, nous
rirons bien pour nos dix-huict deniers.
127DV MARIAGE.
[Bordure décorative autour du poème]
Si vous l’eſpouſez belle,
Aſſeurez-vous auſsi

De viure en ſentinelle,

Chargé de noir ſouci.

Vn chacun la deſire :

Et vouloir l’empeſcher,

C’eſt Siſyphe en martyre,

Au rocher tresbucher.


ANNOTATION.

IL y en a qui font beaucoup de cas des
amis, & de fait ils meritent d’eſtre re-
cherchez & aymez, (s’ils ſont vrais amis,
cela s’entend, car il y en a beaucoup qui
ſont comme la teſte de Ianus, à deux vi-
ſages , auſſi les Italiens les enuoyent
al Diauolo, ) veu qu’amy en place, vaut
plus qu’or en coffre : cela eſt vray, ie l’ac-
corde: mais il y en a pluſieurs qui ſont ſi
heureux, qu’il ſemble qu’ils ſoient nais
L iiij 128LES ESPINES auec la coiffe de bonne fortune , comme
on dit, leſquels recouurent des amis ſans
y penſer , & comme en dormant : cela
n’eſt pas donné à tous, ie vous en aſſeure,
fortune leur eſt fort fauorable : car elle
ſe fait auſſi bien porter aux aſnes qu’aux
cheuaux, il n’y a point encor de danger
de ce coſté là : mais ceux qui prennent
& recherchent ſur toute vertu des bel-
les femmes, ils ne ſont pas du tout fols,
comme on pourroit bien dire ( il ne s’en
faut gueres :) mais ils ſont de la race de
Mydas, qui cachoit ſes grandes oreilles
d’aſne ſoubs ſon gros bonnet double :
ceux-là acquierent des amis tout en dor-
mant, & ſans y penſer : car leurs femmes
qu’ils ont choiſi belles , ſont recher-
chées ; & ſouuent le bon Cornu receura
des preſens, qu’il ne ſçaura d’où ils vien-
nent. Quand il va par la ville, il eſt ca-
reſſé , & reçoit pluſieurs Bona-dies 105 de
ville qu’il ne cognoit pas encor ; tou-
tesfois il prend le tout en bonne part, &
penſe que c’eſt à bon eſcient, voire s’eſti-
me eſtre le plus gentil garçon de ſon vil-
lage : & n’eſtoit que nature l'a fauoriſé en
luy faiſant la teſte dure , il monſtreroit
129DV MARIAGE. des cornes auſſi branchuës qu’vn cerf :
patience toutesfois ; il eſt marié à vne
belle femme , tous n’ont pas ce bon-
heur. Mais quel plaiſir a ce miſerable
auec ſon impudique Heleine ? elle eſt
auſſi bien à ſes voiſins qu’à luy , vn cha-
cun la recherche , toutes les mouſches
viennent à ceſte ruche ; il ne la ſçauroit
garder : car eſtant belle, elle ſera recher-
chée : eſtant impudique, voila ma beſte à
terre, elle eſt touſiours preſte à danſer le
blanſle 106de l’Ours 107: & pourquoy ? le Poëte
Iuuenal nous en rend la raiſon, diſant,
Rara eſt concordia formæ, atque pudicitiæ. 108
C'eſt à dire,
Beauté & chaſteté ne s’accordent gueres
enſemble.
Et le Poëte Ouide auſſi en dit de meſ-
me en la quinzieſme Epiſtre, parlant du
continuel eſtrif qui eſt entre beauté &
chaſteté.
Lis eſt cum forma magna pudicitiæ. 109
Qui eſt autant à dire que l’autre. Voila
noſtre homme bien emmoufflé 110: & s’il
s’en apperçoit, & qu’il la vueille tancer,
elle le ſçaura ſi bien piper & embegui-
ner 111, qu’elle luy mettra ſon bonnet de
130LES ESPINES nuict à rebours, & l’eſtimera ainſi coiffé,
preude femme. Ie laiſſe à penſer à qui ſe-
ront les enfans, ſi faut-il que noſtre cerf
les recognoiſſe , comme s’ils luy reſſem-
bloient naifuement , quoy qu’ils ſoient
quelquesfois engẽdrez de quinze peres,
comme ſe vantoit autresfois Harlequin:
il faut qu’il leur meſpartiſſe ſon heritage,
qu’ils ſoient nommez de ſon nom, qu’ils
l’appellent pere , quoy que ſes voiſins
ayent fait la beſongne : te voila gentil
garçon , tu as la belle , & l’impudique
auſſi, qui par ſon traffic te fait faire bon-
ne chere, te fait aller braue, auec les ar-
mes du Daim ſur la teſte : le voila le ga-
land, qui a voulu la belle femme. Mais
que fera vn autre mary qui n’y veut aller
ſi ſimplement, & ne veut point que ſon
arc ſoit de corne ? Si ſa femme qui eſt
belle , veut aller au change eſtaller ſa
marchandiſe , l’empeſchera-il ? non, car
la choſe eſt de difficile garde, de laquelle
chacun pretend auoir la clef. La belle
femme qui veut mal faire de ſon corps,
ne peut eſtre empeſchée, teſmoin la fem-
me d’vn ſot & reſveur Aſtrologue, qui
contemploit de nuict attentiuement les
131DV MARIAGE. Aſtres, & ne ſe prenoit garde que ſa fem-
me, non gueres loing de luy, ioüoit le jeu
de Mars auec Venus, auec vn ſien accort
amoureux. Il penſoit que ſa femme eſtoit
aſſiſe là aupres & l’attendoit, ce qu’elle
faiſoit voirement & ſans dormir, & con-
temploit auſſi bien les Aſtres que luy.
Voila pourquoy noſtre Poëte Ouide, au
premier liure de l’art d’aymer, cognoiſ-
ſant les ruſes que les femmes lubriques
ont accouſtumé de faire , a dit, qu’il eſt
impoſſible de les garder de mal faire.
Vere priùs volucres taceant, æſtate cicadæ,
Mænalius lepori det ſua terga canis.

Fœmina quàm iuueni blandè tentata recufet,

Hæc quoque quã poteris credere nolle, volet.
C’eſt à dire,
Pluſtoſt les oyſeaux se tairont au Prin-
temps , les Cigales en Eſté , & le Le-
urier Mænelien 112s’enfuira deuant le Lie-
ure, qu’vne femme refuſe à vn ieune hõ-
me qui la pourſuiura auec les fleſches
d’amour & dextrement ; voire celle-là
meſmes que tu n’euſſes oſé croire qu’elle
l’eut voulu faire. ( I’entens touſiours de
celles qui ne font gueres de difficulté de
ietter la plume au vent.) Ce ſont de ces
132LES ESPINES poupines ſuccrées , de ces fretillardes
qui prennent plaiſir à eſtre recherchées,
ſans vouloir qu’on en ſçache rien, & que
on les eſtime touſiours preudes femmes:
c’eſt bien la raiſon auſſi, il y a vn petit de
l’occaſion : Il ne faut pas touſiours crier
garde, garde le loup , auſſi toſt qu’on l’a
veu. Ainſi le pauure mary qui vit en tel
cocuage, s’il entreprend de garder ſa fem-
me qui eſt belle, & veut iouyr de ſes plai-
ſirs , il entreprendra vne beſongne auſſi
difficile, que s’il rouloit la grand 113pierre
de Siſyphe , duquel parlent les Poëtes,
qui fut condamné eſtant en Enfer de
porter ſur ſes eſpaules vne grand’pierre
au ſommet d’vne montagne, & quand il
eſt au deſſus la pierre luy eſchappe, &
faut qu’il la retourne querir & remõter ;
tellemẽt que ſa peine eſt infinie : & pour-
tant ie conſeille à tel , qu’ils prennent
patience : car de s’en tourmenter, ſeroit
peine perduë. Voila donc ce me ſemble
vne autre eſpine aſſez picquante. Il y a
bien d’autres choſes qu’on pourroit dire
touchant ſemblables incommoditez ;
mais ie ne veux pas tant deſcourager
ceux qui cherchent telles belles fem-
mes. Voyons finalement la laide.
133DV MARIAGE.
[Bordure décorative autour du poème]
Si vous la prenez laide,
Adieu toute amitié :

Comment aurez-vous aide

De ſi laide moitié.

La maiſon tenebreuſe

Vous ſera pour touſiours :

Belle femme eſt faſcheuſe

Bien ſouuent en trois iours.


ANNOTATION.

ICy eſt le dernier choix des quatre
que nous auons dit,que l’homme peut
prendre : nous auons veu de la Riche , de
la Pauure, de la Belle ; voyons finalement
la Laide. Le Paſteur Paris fut bien em-
peſché à laquelle des trois il donneroit
la pomme d’or pour prix ; auſſi ne ſçay-
ie laquelle de ces quatre eſt la meilleu-
re : car en telle marchandiſe les plus fins
& ruſez ſouuent ſe trouuent trompez.
134LES ESPINES
La riche eſt ſuperbe , arrogante & in-
domptable.
La pauure n’apporte qu’incommodi-
té & faſcherie.
La belle, eſt de difficile garde.
La laide, comme vn charbon coiffé,
rend toute la maiſon tenebreuſe.
On trouue cela de bon en elle, c’eſt
que ceux qui la voyent de iour, ne ſont
point en danger de ſe rompre le col de
nuict en grimpãt les feneſtres pour l’aller
voir. Or cõme il y auoit des loix eſtablies
à ceux qui ne ſe marioyent , à ceux qui ſe
marioyent trop tard, & à ceux qui en pre-
noient de mauuaiſe ; auſſi y auoit-il vne
loy entre les Lacedemoniens, deſquels
nous auõs parlé cy deſſus, qui ordonnoit
vne peine à celui qui eſpouſoit laide fem-
me ; il y auroit beaucoup d’amendes au-
iourd’huy : car il y en a bõne année, & fer-
tile ſaiſon de ces laiderõs, qui ſont belles
d’habits & hideuſe en chemiſe, leſquel-
les toutesfois auec force affiquets, fards
& tromperies , veulent eſtre eſtimées
gentilles & poupées : & n’eſtoit que leurs
tetaſſes ſont ſi laides & brimbalent ſi hi-
deuſement , elles les mettroient au de-
135DV MARIAGE. hors en veuë, pour en faire la monſtre
comme d’vn bouſchon : ſi c’eſt quelque
vieille ridée & eſdentée, ieune de quatre
vingts dix-neuf ans , onze mois , vingt-
huict iours & quelques heures, elle fera
merueilles pour recompenſer ce defaut :
elle vous mettra tant de faux poil ache-
té & emprunté ſur ſon laid front , qu’on
diroit à la voir de demy lieuë que c’eſt
quelque ieune femme : elle ſe mettra
tout du long vn grand buſc de corne,
pour faire marcher droict ceſte vieilleſſe,
qui veut encor ſembler droicte & greſle ;
tellement qu’à vieille mule, frein doré, &
cela eſtant deſpoüillé le ſoir , vous ne
voyez qu’vne teſte chenuë , ou bien pe-
lée comme la teſte d’vn mort:& ainſi di-
ſoit le Poëte,
Fœmina, munditiis, annorũ damna rependit,
Atque facit curâ;ne videatur anus. 114
C'eſt à dire,
La femme taſche de recompenſer & ra-
douber les deffauts & incommoditez de
ſes années , par mignardiſes , embelliſſe-
ments, emprunts, & tromperies: & fait
tant par induſtrie & grand ſoing,qu’elle
ne ſemble eſtre vieille , ( mais faudroit
136LES ESPINES auſſi donner ordre que la teſte ne bran-
laſt : car c’eſt mauuais ſigne quand les
dents branſlent à vn logis, il viendra toſt
par terre ) Il y a bien de la piperie en ce-
la ; s’en garde qui voudra, ou qui pourra.
Voila pourquoy quelques-vns deman-
derent vn iour au Philoſophe Pittacus,
pourquoy il ne ſe vouloit marier, luy qui
auoit beaucoup de moyens, & qui pou-
uoit trouuer femme à ſon choix : mais
craignant d’eſtre picqué des eſpines du
mariage, il leur reſpondit, diſant; Meſ-
ſieurs mes amis, ſi ie me marie, ie ne
puis que ie ne ſois en peine & tourment :
car ſi ie prens femme qui ſoit belle, ie
ſuis en danger d’y voir mes voiſins & au-
tres, participer auec moy en tel iardin, &
chaſſans à meſme venaiſon, & cueillir en
mon iardin meſmes roſes que moy : & ſi
ie la prens laide , outre le meſcontente-
ment que i’en auray à la maiſon & de-
hors, i’auray encor cecy de mauuais, c’eſt
que par la loy des Lacedemoniens ie ſe-
ray puny & mis à l’amende : & par ainſi
i’ayme mieux demeurer comme ie ſuis,
& payer l’amende pour ne me point ma-
rier & viure en liberté, que de me marier
à vne
137DV MARIAGE. à vne laide, viuant à regret auec elle &
payer l’amende. Certes les femmes lai-
des de ce temps là auoient bon temps ;
car elles n’eſtoient gueres ſollicitées , on
craignoit la double peine : celles d’au-
iourd’huy ſeroient bien marries ſi telle
loy auoit encor lieu , il leur faſcheroit
bien de coucher ſeules, il y auroit bien à
craindre qu’elles n’appellaſſent de telle
ſentence : & par deuant qui ? il les fau-
droit renuoyer à leur autheur, quoy que
elles allegaſſent la rigueur de telle loy
eſtre trop exceſſiue, diſans pour s’excu-
ſer ; qu’on fait auſſi bien vendanges auec
vn laid panier enfumé , qu’auec vn tout
neuf. Mais l’homme qui a vne laide fem-
me,comment eſt-il logé ? il eſt ſubiect à
beaucoup d’incommoditez : car la voyãt
laide , s’il veut aller chercher ailleurs pa-
ſture, voila la femme qui deuient ialou-
ſe,& veut qu’il ſoit ſien , & qu’il n’aille
point en garroüage 115; ( auſſi n’eſt-ce pas
trop bien fait) & s’il y va, elle ſe deſpite :
tellemẽt qu’elle ſe reſoudroit volontiers
de luy rendre la pareille, ſi elle n’eſtoit ſi
laide , mais perſonne n’en veut : oſtez ce
mets de là, la compagnie n’en veut point,
M 138LES ESPINES & vous remercie infectionnément , c’eſt
pour la table des valets. Quand il vient
en la maiſon reuenant des champs ou de
la ville , il n’y peut demeurer , car il ne
peut prendre plaiſir à voir la Lune Ecly-
pſée : Il ne ſçauroit ſe ſeruir de ſi laide
moitié, ſinon quelquesfois en nuict ſom-
bre & obſcure, qu’on ne ſe void ny l’vn
ny l’autre , car c’eſt alors que toutes be-
ſtes paroiſſent griſes, & tous bons ou-
uriers en cas de neceſſité mettent tout
bois en œuure: & quoy qu’il allume lam-
pes, chandelles , torches & fallots parmy
la maiſon, il n’y a cependant qu’obſcures
tenebres, d’autant qu’elle a les yeux auſſi
rians qu’vne poulle boüillie : vne com-
modité ſeulement a encor le mary, c’eſt
qu’il peut dormir en aſſeurance , car la
beauté de ſa laide femme ſert de murail-
le, de porte, & de ſerrure à la maiſon, c’eſt
vn fantoſme en vne cheneuiere pour eſ-
pouuanter & faire fuyr les oyſeaux, ſa lai-
deur luy ſert de coutelas & de cimeterre
Turquois pour ſe defendre. As-tu donc
eſpouſé vne laide femme,quoy qu’autre-
ment elle ſoit riche ? Cubes iniucundè ſua-
uiter epulans
, diſoit vn certain 116: c'eſt à dire,
139DV MARIAGE. boy & mange à ton aiſe , mais auſſi tu
coucheras mal à ton aiſe : & comme di-
ſoit vn autre,
Qui miſer vxorem deformem duxit, habebit
Veſpere, iam accẽſo lumine adhuc tenebras. 117
C'eſt à dire,
Le miſerable ( il eſt appellé ainſi pour
bonne raiſon ) qui a eſpouſé vne laide
femme , le ſoir venu, & la lumiere miſe
ſur la table, il ſera encor en tenebres.
Mais pour éuiter tels broüillards, & noi-
re nuée , menaçant de faſcheuſe pluye,
greſle, ou eſclat de tõnerre, il ne ſera pas
mal fait de ſuiure le bon conſeil d’vn
Poëte , qui eſt ſur ce ſubject & fort à
propos,
N’en prenez point de laides , la laideur
Cache touſiours vne lente froideur,

Qui hors du cœur la chaleur nous arrache,

Vn corps vilain vne ame laide cache. 118
Et pourtant, encor en cecy fait-il bon
ſe ſeruir du conſeil d’Ouide , comme
maiſtre iuré en tels affaires, lequel il dõ-
ne aux amoureux , au premier liure de
l’art d’aymer, diſant
Nocte latent mendæ, vitioque ignoſcitur omni
Horaq́₃, formoſam quamlibet illa facit.
M ij140LES ESPINES
Conſule de gemmis , de tincta murice lana,

Conſule de facie, corporibuſque diem.
C'eſt à dire,
De nuict on ne peut pas aiſément reco-
gnoiſtre & remarquer les fautes & im-
perfections qui ſont au viſage ou au
corps, & pardonne-on à toute taſche, car
on ne la peut recognoiſtre comme de
iour, & durant la nuict toute femme eſt
trouuée belle.
Prens donc le iour pour bon Conſeil-
ler, quand tu voudras achepter des pier-
res precieuſes , & de laine teincte en
eſcarlatte.
Prens auſſi le iour pour ton Conſeil-
ler, quand tu voudras iuger du viſage &
du corps. Si on n’obſerue ceſte regle &
modification, on ne faudra point d’eſtre
trompé. Or finalement ſi on ſe ſaoule
d’vne belle femme au bout de trois iours,
que ſera-ce d’vn laideron , de quelque
guenippe 119, blonde comme vne Egyptien-
ne, louche comme vne chéure, & autres
ſemblables qualitez. Ie vous aſſeure que
ie ne m’y trouueray pas ſi ie puis. Ie la
laiſſe à ſon maiſtre toute entiere. Ie m’aſ-
ſeure que ſi beaucoup de trompez , ma-
141DV MARIAGE. riez d’auiourd’huy, pouuoient remedier,
tant à l’importunité & crierie de leurs
mauuaiſes femmes , qu’auſſi pour ſe de-
peſtrer de leur laideur & en choiſir d’au-
tres, ils le voudroient bien ſeruir d’vne
loy qui eſtoit entre les Chaldeens an-
ciens, laquelle nous mettrons icy pour
leur conſolation : mais helas ! ſi elle
auoit auiourd’huy lieu entre pluſieurs
mal mariez , il ſe feroit de merueilleux
eſchanges , & de terribles quittances ;
voyons donc ce qui eſtoit obſerué entre
eux : commençons ceſt exemple depuis
ſon origine, & voyons que c’eſt.
Ils adoroient le feu pour leur Dieu :
tellement que celuy qui n’eſtoit point
marié ne pouuoit allumer feu en ſa mai-
ſon : pource qu’ils diſoient, que la garde
des Dieux ne deuoit eſtre baillée ny cõ-
miſe, ſinon aux hommes anciens & ma-
riez ; ( tellement que ceux de ce temps-
là n’eſtoient point du tout miſerables, ils
eſtoient encor honorez.) Or ils tenoient
és mariage tel ordre, que le iour qu’vn
Chaldeen ſe marioit, les Preſtres venoiẽt
en ſa maiſon allumer nouueau feu , le-
quel ne deuoit iamais eſteindre ny finir,
N iij 120 142LES ESPINES iuſques à ce que l’homme deuſt mourir :
ſi par cas fortuit durant la vie du mary
& de la femme on trouuoit leur feu mort
& eſteinct, le mariage d’entre eux eſtoit
tout ſoudain, & à meſme inſtãt deffait &
rompu, & euſſent-ils eſté mariez quarãte
ans enſemble : ô merueilleuſe couſtume!
on eſtoit toſt deſmarié & en liberté, en
oſtant le bois & eſteignant le feu. Et de
ceſte couſtume qu’ils tenoient , vint le
prouerbe que l’on dit encor auiour-
d’huy, lequel n’eſt pas entendu de tous,
à ſçauoir,
Ne faictes pas tant que ie iette
l’eau au feu.
Tellement que ſi la femme
eſtoit mal contente de ſon mary, vraye-
ment il ne falloit pas long temps plai-
der, on voyoit bien toſt le bout du pro-
cez & du different, car en iettant d’eau au
feu, & l’eſteignant, les parties eſtoient en
liberté, elle ſe pouuoit remarier à vn au-
tre, & ainſi du mary enuers ſa femme.
Eſtoit-ce pas expedier beſongne en peu
de temps ? Si ceſte couſtume auoit lieu
auiourd’huy , pluſieurs ſe garderoient
bien d’auoir faute d’eau en la maiſon,
afin qu’au premier tintamarre qui arri-
ueroit on peuſt promptemẽt ietter d’eau
143DV MARIAGE. au feu, & ſe ſaluër à l’Italienne ; Bona ſera
Signori , mi recommando , bazo la man ,
&
Adieu le galand, il en va chercher vne
autre.
[Bordure décorative autour du poème]
Bref de toutes les peines
Que les Cieux courroucez

Dardent dedans nos veines,

Dont nous ſommes preſſez,

Les maux du mariage

Excedent en rigueur,

Et plus que greſle,orage

Apportent de douleur.


ANNOTATION.

IL a eſté dit cy-deſſus qu’au mariage il
y a quelques commoditez & plaiſirs,
mais à la verité tous ces plaiſirs & com-
moditez, à peine commencent-ils à nai-
ſtre & eſtre recognus, que les voila tout
incontinent eſtouffez par vne eſpaiſſe
144LES ESPINES bourraſque & nuage de ſouſpirs , de lar-
mes, & de pleurs, extrema gaudy luctus oc-
cupat.
Triſteſſe eſt la porte qui enferme
dehors la ioye. Il s’y rencontre tant de
trauerſes & d’encombriers, qu’il ſemble
que le mariage ſoit le ſablõ où les Athle-
tes & luitteurs combattent : celuy qui
ſe marie, peut bien dire, deſcendo in arenã,
ie deſcend ſur le ſablon, pour m’aller cõ-
battre; & auec vne mauuaiſe teſte de fem-
me, qui ſera bien ſouuent vne des, &c.
qu’auons dit : il ſemble que le mariage
ſoit vne foreſt pleine de beſtes ſauuages,
de lyons , de tygres , d’ours , de loups, &
d’eſpines ; car vn petit plaiſir en iceluy,
s’achepte auec vne infinité de larmes, &
de ſouſpirs : pour vne roſe, il y a mille eſ-
pines : pour vn ris , mille triſteſſes. Bref
i’oſeray dire auec pluſieurs graues per-
ſonnages , qui ont paſſé par l’eſtamine
du mariage, que la vie ſolitaire eſt la plus
heureuſe , hors de troubles, chagrins &
difficultez de peines : car entre mary &
femme, il n’y a aucuns ris ſans pleurs ; ny
plaiſir ſans courroux : tellemẽt qu’il ſem-
ble ceſtuy-cy auoir bien dit, parlant de
l’homme veuf ſorti du mariage & de ſes
eſpines. Qui
145DV MARIAGE.
Qui ſemel vxorem duxit, queritque ſecundam
Naufragus ille iterum naufragium ſequitur. 121
Ce que Beroalde a fidellement tour-
né, diſant ainſi,
Tout homme veuf, & ſorty de ſeruage,
S’il reprend femme,a ſon ſens fouruoyé:

Car qui ſe met par deux fois en naufrage,

Merite bien qu’à la fin ſoit noyé.
Ce qu’a treſbien recognu vne certaine
femme Romaine fort ſage, nommée An-
nia
, laquelle ayant veſcu auec ſon mary
quelques années en vne amitié ſembla-
ble à celle de la chaſte Royne Alceſte
Phereenne, femme de Admetus Roy de
Theſſalie ; laquelle fit baſtir le ſuperbe
Mauſolée en l’honneur & memoire d’i-
celuy : & d’vne Portia femme de Brutus 122
Capitaine Romain,eſtant demeurée vef-
ue depuis, & eſtant de grand’maiſon &
riche parentage, fut requiſe de pluſieurs
grands Seigneurs en mariage, la voyans
belle, ieune, riche & ſage,qui ſont quatre
qualitez fort requiſes à vne femme, mais
qui ſe rencontrent peu ſouuent toutes
enſemble en vn meſme ſubject,afin de ne
les eſconduire du tout, & ne ſe monſtrer
ſuperbe ou deſdaigneuſe, leur reſpondit
N 146LES ESPINES fort prudemment, diſant, Ie ne ſuis aucu-
nement deliberée de me remarier, ie vous en
diray la raiſon qui vous rendra contens : car ſi
ie me remarie, & que i’aye ce bon-heur de ren-
contrer vn bon mary & homme ſelon mon gré,
ie viuray en perpetuelle crainte , car i’auray
touſiours peur de le perdre, & par ainſi ie ne
ſeray point en repos , combien que ie ſoye bien
mariée. Si auſsi en me remariant , il aduient
que ie rencontre vn faſcheux & farouche ma-
ry tout contraire à mon naturel , ie viuray
ſemblablement en peine, chargee de ſoucy, car
ie ſeray en continuel tourment auec luy & en
miſere: Et par ainſi, dit-elle , vous voyez mes
amis, que ſi ie me remarie , ie changeray mon
aiſe que i’ay maintenant en vn noir & faſ-
cheux ſoucy.
Ceſte-cy recognoiſſoit treſbien les
poinctes & piqueures des eſpines qui sõt
en mariage, & a voulu par ceſte reſponſe
donner à entendre qu’on n’y a pas tout le
contentement qu’on s’imagine auãt que
d’y eſtre pris. Mais nos amoureux mal ex-
perimentez diſent hó, hó, nous viendrõs
bien à bout de toutes ces difficultez de
mariage, nous-nous garderons bien de
ſes eſpines, nous ne ſommes point tant
147DV MARIAGE. pour eux , vous nous en voudriez bien
faire à croire. Nous ſçauons treſbiẽ deſia
la leçon que nous fait le Poëte Ouide,
l.2. de arte amandi.
Militiæ ſpecies amor eſt, diſcedite ſegnes,
Non ſunt hæc timides arma tuenda viris. 123
C'eſt à dire,
L’amour eſt vne eſpece de guerre,
oſtez-vous arriere d’icy, vous tous qui
eſtes craintifs , il ne faut point que les
paoureux manient telles armes. Nous
ſçauõs bien cela,nous auons la poictrine
faite à l’eſpreuue. Tout beau, ie vous
prie, tout beau compagnõs, allons belle-
ment, qu’on ne s’eſchauffe point dans ſon
harnois: ceux qui retardent ſont les plus
ſages, comme nous dirons cy-apres. Si
vous-vous y precipitez, vous eſprouue-
rez à voſtre dam, ce que vous n’entendez
pas encor, vous ſçaurez qu’en amour y a
perpetuelle guerre.



N ij
148LES ESPINES
[Bordure décorative autour du poème]
O dure deſtinée !
Qui bornes nos deſirs,

Pourquoy dans l’Hymenée

Nourris-tu tels ſouſpirs ?

Le Nectar de ta table

Nous abreuue de pleurs,

L’Ambroſie amiable

Nous repaiſt de douleurs.


ANNOTATION.

CEux qui ont eſprouué autrefois l’a-
mertume du mariage, ſçauent &
peuuent dire , comme maiſtres experi-
mentez en tel art , combien l’aulne du
bon temps y couſte, & s’il y fait bon ou
non.
Teſmoin de cecy vn certain Roy d’E-
gypte, nommé Pheron, qui eſtãt demeuré
aueugle vn fort long temps par infirmi-
té de maladie, ayant eſſayé toutes ſortes
149DV MARIAGE. de remedes à luy poſſibles, & ne ſçachant
plus où recourir, enuoya finalement cõ-
ſulter l’oracle d’Apollon , qui eſtoit en
Delphes, & ſçauoir s’il pourroit en quel-
que façon recouurer la veuë:duquel il re-
ceut vne merueilleuſe reſponſe , par la-
quelle furẽt deſcouuertes pluſieurs fem-
mes adulteres , qui auoient fait la gam-
bade à leurs maris , & leur auoient fait
porter pour armoiries le deſſus de la teſte
du bœuf : c’eſt qu’il falloit pour recou-
urer ſa veuë, qu’il ſe lauaſt les yeux auec
l’vrine d’vne femme, qui n’eut iamais eu
autre compagnie que celle de ſon mary :
vrayement en ceſt eſſay il y eut bien du
bruit , comme il y en auroit peut-eſtre
encor bien auiourd’huy s’il falloit trou-
uer de telle vrine. On cercha par tout, &
de celles qu’on eſtimoit les plus ſages &
ſuccrées, mais helas ! point de nouuelles,
toutes auoient laiſſé aller le chat au lard 124,
pour ſubuenir à leurs ſecrettes infirmi-
tés, & au mal de reins. Qu’eſtoit-il dõc de
faire ? eſtoit-il raiſonnable que le pauure
Roy Pheron demeuraſt touſiours aueu-
gle à faute de trouuer les drogues & le re-
cipé qui eſtoient en ſa recepte ? Ce pau-
N iij 150LES ESPINES ure Roy penſant auoir la plus chaſte
femme de ſon Royaume, voulut eſſayer
de l’vrine de ſa femme, mais peu s’en fa-
lut qu’il n’en demeuraſt aueugle pour ia-
mais, car la bonne femme l’auoit ſouuent
enuoyé en l’Iſle de Cornoüaille 125 ſans
batteau , chaſſer aux Cerfs & aux Daims,
pour en auoir les cornes , cependant
qu’il eſtoit aueugle , & qu’elle ioüoit le
jeu des Satyres auec les Nimphes, auec
ſes amoureux. Ce pauure Roy commen-
çoit à perdre eſperance de gueriſon,cõ-
me il y en auoit bien de l’apparence, ne
pouuant trouuer vrine chaſte ny en ſa
femme, ny en pluſieurs autres Dames
de ſa Cour : toutefois on ne laiſſa encor
de cercher, & en trouua on en fin (apres
auoir beaucoup cerché, voire preſque
toute l’egipte) vne qui n’auoit point rõ-
pu la foy de ſon mariage, & qui auoit eſté
chaſte à ſon mary : tellement que le Roy
ayant recouuert la veuë par le moyen de
l’vrine de ceſte-cy fit bruſler ſa femme,
& toutes celles deſquelles on auoit pour
neant eſprouué les vrines,car elles auoiẽt
eſté trouuees troubles, & de nul effect :
et ſi ce Roy ſe repentit d’auoir eu vne
151DV MARIAGE. telle femme lubrique, il ne s’en trouuera
gueres de centaines au millier, qui ne
ſoient auiourd’huy au roolle 126des repen-
tans , & qui ne ſe plaignent du mauuais
traittement qu’on y a : c’eſt comme vne
fatale deſtinée, que ceux qui s’y embar-
quent inconſiderément ſont agitez di-
uerſement : & ſemble qu’il faille que les
deſirs des hõmes ſoient là bornez , pour
y viure en peine & miſere. Les pleurs, les
ſouſpirs & les larmes ſont le Nectar, c’eſt
à dire le breuuage du mariage, les larmes
y ſont plus frequentes que les ris : L’Am-
broſie, c'eſt à dire la viande qu’on mange
en mariage, ſont regrets, faſcheries, tour-
ment d’eſprit, ſoucis , trauaux, & autres
infinies incommoditez , qui s’y rencon-
trent à chaſque bout de champ, comme
l’on dit : voila pourquoy apres tant d’in-
commoditez, il eſt adiouſté,


N iiij
152LES ESPINES
[Bordure décorative autour du poème]
Qui ſera l’homme au monde
Voyant vn tel tourment,

Qui s’aſſeure & ſe fonde

D’y viure heureuſement ?

C’eſt ſur vn fier Neptune,

Sans voiles nauiger,

Et y voir de fortune

Les fleſches deſcocher.


ANNOTATION.

SI tant de peines & d’encombriers ſe
rencontrent ſi ſouuent en mariage,
qui eſt-ce qui ſe voudra precipiter ( en
eſtant aduerty ) parmy tels tourmens ?
celuy eſt eſtimé fol & temeraire qui eſtãt
aduerty d’vn mauuais paſſage où il n’y a
que brigands & voleurs, s’y va neant-
moins precipiter & perdre:ainſi celuy ſe-
ra ſage qui eſtant libre des liens de ma-
riage ſe maintiendra en ſon eſtat de li-
153DV MARIAGE. berté , car on y vid plus auec tourment
qu’heureuſement , comme les exemples
cy-deſſus alleguez en font foy ſuffiſante :
nous y auons veu les Empereurs , les
Rois, les Princes , les capitaines , les ſa-
ges , les Philoſophes , prendre leur part
aux morceaux amers du gaſteau du ma-
riage & s’y ſont treſmal trouuez, ils y ont
coutu fortune & grãd hazard, & de leurs
vies & de leurs honneurs : ceux qui ſont
ſages font leur profit des preceptes , en-
ſeignemens & exemples , on a beau s’y
flatter, s’il y fait vn iour temps ſerain,
& de calme, il y aura vn mois de tourmẽ-
te, de tempeſte & d’orage : les plaiſirs s’y
acheptent à haut poids, & l’acquiſition
en eſt dangereuſe. Il n’y fait gueres meil-
leur que ſur vn fier Occeã, ou irrité Nep-
tune
, où c’eſt qu’on eſt à la mercy des va-
gues, & des flots perilleux ; où la tempe-
ſte n’eſpargne Monarque , Empereur ,
Roy, ny Prince:toutesfois il pourra eſtre
bon à celuy qui voudra viure en peniten-
ce,loing des plaiſirs & appaſts de ce mõ-
de:car au mariage il y a aſſez de tourmẽt,
& de martire , comme nous l’allons en-
cor voir.
154LES ESPINES
[Bordure décorative autour du poème]
Heureux donc mariage,
Au pecheur ſeulement,

Qui pour peine en ſeruage

Veut viure penitent.

Mais qui veut à ſon aiſe

Paſſer ſes ans tout doux,

Qu’il fuye tel mal-aiſe

Et irrité courroux.


ANNOTATION.

VOicy finalement à quoy, & à qui
eſt propre le mariage , comme di-
ſent ceux qui ont ſenty la poincte de ſes
fleſches, & l’amertume de ſon breuuage,
à ſçauoir à l’homme qui deſire ſe matter 127
ſoy-meſmes , & éuiter les allechemens
du monde , & les plaiſirs d’iceluy , & ſe
priuer de toute liberté : car celuy qui
veut eſtre amoureux & faire la cour à vne
femme, il perd ſa liberté , comme dit le
155DV MARIAGE. Poëte Properce, au ſecond liure :
Libertas quoniam nulli iam reſtat amanti,
Nullus liber erit, ſi quis amare velit. 128
C'eſt à dire,
Puis qu’à l’amoureux il ne reſte aucune
liberté , nul de ceux qui veulent aymer
ne iouyſt de liberté:c’eſt la conſequence.
Et le Poëte Ouide au troiſieſme liure
de ſes Triſtes , en introduit vn qui ſe
plaint ; & dit à ceux qui ne le veulent
croire,
Quod magis vt liqueat , néve hoc ego fingere
credar

Ipſe velim pœnas experiare meas.
C’eſt à dire,
Afin qu’on recognoiſſe mieux la verité
en cecy, & qui ie ne ſois eſtimé alleguer
choſes feintes & controuuées à plaiſir,
ie deſire que tu puiſſes experimenter mes
peines & mon tourment : & à la verité
s’il y a de ſi rudes eſpines, & tant de iours
douloureux au mariage , i’eſtime qu’il y
a aſſez de ſubject pour eſtre diſtrait de
tous plaiſirs & voluptez, & n’eſt beſoing
de plus forte haire , ny d’hermitage plus
ſombre, loing de tous plaiſirs & delices.
L’entrée du mariage ſont belles roſes de
156LES ESPINES loing, mais de pres, enuironnées de mor-
telles eſpines, & œillets de mauuaiſe ſen-
teur : ſon pain eſt petry de larmes, ſon
breuuage eſt amer, ſon lict ce n’eſt qu’eſ-
pines, ſa table eſt le pain de douleurs,
pommes aigres & de mauuais gouſt : bref
toutes choſes y ſont mal plaiſantes : &
s’il n’auoit eſté inſtitué de Dieu dés le
commencement du monde par ſaincte
ordonnance , pour la conſeruation de
l’humain lignage , il ſeroit pluſtoſt eſti-
mé vne mer de tourmens & miſeres, que
ſocieté & amitié coniugalle, veu les du-
res & piquantes eſpines qui y ſont. Ce
qu’eſtant fort bien recogneu par vn
ieune homme Athenien , qui eſtoit ſol-
licité de ſes parens à ſe marier ; auant
que prendre la femme qu’ils luy vou-
loient donner , leur fit vne requeſte en
preſence de tous les amis aſſemblez :
Meſſieurs mes parens, & vous honora-
ble compagnie de nos amis, icy aſſem-
blez ; ie vous prie qu’il vous plaiſe de
prier Dieu pour moy, afin que ſon bon
plaiſir ſoit, de me vouloir eſtre en ayde
en ce grand peril & danger, auquel vous
me voyez : de laquelle requeſte tous les
157DV MARIAGE. parens & amis eſtans fort eſtonnez , il
leur dit ; ne trouuez point eſtrange ma
requeſte, ny eſloignée de raiſon , veu que
on prie bien Dieu pour ceux qui eſter-
nuent , combien qu’ils ne ſoient point
autrement en danger : mais la priere que
ferez pour moy ſera treſbien employée,
veu le grand & douteux peril auquel
vous me voyez maintenant expoſé. Cer-
tainement ce bon ieune homme n’eſtoit
point fol de faire ceſte requeſte à ſes
amis,de prier Dieu pour luy en vn tel af-
faire, veu que ceux qui ſe trouuent en tels
hazards , ſe trouuent bien empeſchez, &
en danger d’auoir du repentir. Tellement
que ceſtuy-cy eſtant embarqué ſur vne
mer ſi perilleuſe, & donnant aduis aux
autres de ne ſe hazarder ſi auant, deuoit
bien eſtre creu : car Experto credendum eſt
Roberto
129: Il eſt homme d’aage, il a quatre
poches dans ſes chauſſes, pleines d’expe-
rience: c’eſt à la nouuelle façon. Mais
ſouuent le trop d’affection de vous au-
tres amoureux vous deçoit tellement le
iugement & la raiſon , que vous faites à
croire que celle que vous aymez eſt ſeu-
le au monde qui garde le cabinet de
158LES ESPINES toute perfection , qui eſt ornée de toute
excellente vertu, & ſans aucun deffaut
ou imperfection : & ſi quelquesfois elle
a laiſſé aller le chat au fromage, cela n’eſt
rien : elle ne l’a pas fait de ſa teſte, ce n’e-
ſtoit pas à bon eſcient , c’eſtoit pour faire
vn eſſay en l’eſtat duquel elle pretendoit
gaigner ſa vie auec les allants & venants,
qu’elle vouloit achalander. Ainſi on ne
peut nier que l’Amant ne deuienne aueu-
gle entour la choſe aymée ; & ſemble
quand on void ces paſles & trãſis amou-
reux tous troublez de la fiéure ardente
d’amour, qui ſe haſtent ſi eſperduément
& precipitément pour chercher mal-ai-
ſe , qu’ils vont aſſaillir & tuer Careſme
prenant pour en auoir la veſſie :voiremẽt
ils prennent la veſſie 130, c'eſt à dire du vent,
au lieu du bien & de l’heur qu’ils s’e-
ſtoient imaginé.
Bandez bien l’eſteuf 131, mes gentils
amoureux, gardez de friſer la corde 132du
jeu, le coup ſeroit perdu , courez bien,
mais vous n’irez gueres loing ſans eſtre
arreſtez. Or à ceux donc qui ſe haſtent
tant de ſe marier, qui courent à bride ab-
batuë 133, & à courſe eſlancée dans les pic-
159DV MARIAGE. quants halliers du mariage, cecy ſoit dit
pour precaution & aduis : qu’ils arreſtent
vn peu leur feu tant allumé : le retarde-
ment au mariage, comme diſoit le Poë-
te, apporte de grandes commoditez.
Nubere ſi qua voles, quamuis properabitis
ambo,

Differ, habẽt paruæ cõmoda magna moræ. 134
C'eſt à dire,ainſi que ie l’ay tourné,
Si tu veux prendre femme,arreſte ton courage,
Quoy que ſoyez tous deux de bonne force &

d’aage,

Tu verras,qu’attendant,ce rigoureux lien

Ne te ſerrera point, t’eſloignant de ton bien:

Car le retardement ſouuent en tel affaire

Apporte du profit ; c’eſt ainſi qu’il faut faire.
Mariez-vous donc, paſſionnez amou-
reux : ne vous mariez pas, ie vous en don-
ne le choix pour vn double : mais gardez
de faire comme l’Ours, qui pour auoir
des rayons de miel dans vn arbre à demy
fendu, s’y prit & s’enſerra gentiment par
les pattes, & ne fut plus temps de ſe tour-
menter, de crier & de braire , il ſe fallut
rendre, & encor receuoir des coups de
baſton, pour le payement du miel : ainſi
au mariage il y a quelque apparence
160LES ESPINES de douceur & de miel ; mais on eſt tout
eſbahy qu’on ſe trouue attrapé dans ſes
eſpines.
Tandis doncques, Meſſieurs les amou-
reux, que vous auez le temps, penſez-y,
on prend pluſtoſt le veau par la queuë,
que par le mufle : on a meilleur marché
de ſe retirer du riuage que du fonds: vos
Deeſſes , & vos Nymphes amoureuſes,
vous feront bien achepter leurs feintes
Deitez : ſi cependant que vous les cour-
tiſez, & leur faites l’amour, elles vous ap-
pellent modeſtement leurs ſeruiteurs ,
ne doutez point que cela ne dure, & que
il ne vous faille viure auec elles par
apres en vn ſeruage, & chanter vn dou-
loureux Peccaui 135, parmy vos rondeaux
& chanſons amoureuſes. Gardez-vous
de gliſſer, la cheute en eſt bien rude. Sui-
uez donc ce bon conſeil Rabeleſque 136,
qui monſtre l’infortune d’vn certain bon
Pelaud 137à double bonnet 138, qui demandant
à vn bon compognon 139, ſien amy, & peut
eſtre corriual, s’il ſe deuoit marier pour
iouyr de quelque aiſe ( imaginaire ) qu’il
penſoit eſtre au mariage ; ouy, dit l’au-
tre; ſi cela eſt mariez-vous : mais diſoit
le
161DV MARIAGE. le pauure Pelaud 140, on dit qu’on y a tant de
peine : ne vous mariez pas, diſoit l’autre,
en luy chantant à l’oreille ceſte chan-
ſonnette à enten-deux.
Prenez-la, ne la prenez pas :
Si vous la prenez, c’eſt bien fait :

Si ne la prenez en effect ,

Ce ſera œuure par compas.

Gallopez, mais allez le pas :

Reculez, entrez-y de fait.

Prenez-là, ne la prenez pas :

Ieuſnez, prenez double repas,

Deffaites ce qu’eſtoit refait,

Refaites ce qu’eſtoit deffait,

Souhaittez-luy vie & treſpas :

Prenez-la, ne la prenez pas. 141
Voila mon bon homme au bien con-
ſeillé : Il eſt au chemin qui fut propoſé à
Hercules par la lettre ( Y ) qui a vne des
cornes large, l’autre eſtroitte , à ſçauoir,
chemin de vie 142& de vertu ; mais il ayma
mieux filer auec ſon Iole, & Deianire,
embeguiné 143de leur amour , que d’eſtre
ſage & viure en liberté, duquel on a dit
cecy par riſee & mocquerie,
Quid non cogit amor ? quãdo domitrice ferarũ
Alcides ducit pendula fila manu. 144
O 162LES ESPINES
C'eſt à dire,
Qu’eſt-ce qu’amour ne contraint de fai-
re, veu que le puiſſant Alcides, c’eſt à
dire Hercules fils d’Alcmene, s’aſſubiet-
tit à filer & employer ſes fortes & victo-
rieuſes mains à ſi vil ouurage ?
Auſſi a dit vn certain , parlant de ces
raſſottez 145& folaſtres amoureux,
Si ſapis Amẽtem dicas,non lector Amãtem,
Nam nihil inſanus mentis amator habet. 146
C'eſt à dire,
Toy qui lis cecy de l’amoureux, ne le
nomme pas amoureux, mais inſenſé : car
le fol, & l’amoureux n’ont aucun enten-
dement. Faiſant alluſion de ces deux
mots Amens , qui ſignifie inſensé , & de
Amans, qui ſignifie Amoureux : car cer-
tainement il n’y a pas grande difference,
quand ils ſe laiſſent ainſi emporter à leurs
demeſurées paſſions. Ce que le ſage Pla-
ton
a treſbien enſeigné, voulant mõſtrer
l’eſtat & cõdition d’vn amoureux, diſoit
Son eſprit eſt mourant dans ſon corps , & vi-
uant en celuy d’autruy.
147 Toutes leſquelles
incõmoditez, trauerſes & breuuages mal
ſauoureux, & tenans de l’aigre, eſtans re-
cogneus par le Tyran Corinthe 148; remuãt
163DV MARIAGE. toutes ces drogues en ſon eſprit, deſirant
nonobſtant taſter du gaſteau de mariage,
& ſçauoir que c’eſtoit , auant que de s’y
ietter mal preparé & equippé de ce qui
eſt neceſſaire , à ſçauoir de prudence &
bon conſeil, fit comme ceux qui ſe trou-
uent aupres d’vn cheual qui ruë , ils ay-
ment mieux reculer, que de receuoir
quelque coup de leurs ſemelles de fer ;
ainſi en fit -il : car craignant les aſſauts,
les poinctes & eſpines qui pouuoient
eſtre au mariage , ſe trouuant quelque
iour auec le Philoſophe Demoſthene 149, &
Prince des Orateurs Grecs, luy demanda
de quelle qualité il deuoit prendre fem-
me , afin qu’il ſceuſt tenir la voye plus
aſſeurée, pour la tranquillité & repos de
ſa vie : cela appartenoit voirement à vn
grand Seigneur comme luy , de recher-
cher ſes commoditez : car il deſiroit en
ſe mariant d’auoir autant de iours heu-
reux pour le moins que d’opinions qu’il
ſe formoit en ſon cerueau. Auquel De-
moſthene
reſpondit ſagement , ſans en-
tens-deux : Sçache , dit-il , ô Corinthe 150
mon amy , que la femme qu’il te faut
eſpouſer , doit auoir quatre qualitez
O ij 164LES ESPINES fort neceſſaires en ton mariage.
Premierement elle doit eſtre gene-
reuſe, afin que par elle tu ſois honoré en-
tre tes voiſins & amis.
Secondement elle doit eſtre ieune,
afin qu’elle te puiſſe ſeruir en tes neceſſi-
tez, & compátir paiſiblement à toutes
infirmitez.
Tiercement elle doit eſtre belle, ( ô
hazardeux repos ! c’eſt alors qu’on trou-
ue des amis,) afin que tu n’ayes occaſion
de deſirer autre femme, ( helas ! il fau-
droit chercher chambre fort loing du
port au change, où telle marchandiſe ſe
deſcharge , ) car il y a de l’hazard , ſans
qu’on s’en prenne garde quelquesfois ;
mais ſouuent la bonne grace de telles
preudes femmes , efface toute la noirceur
qu’elles pourroient apporter au bout de
leur linge, pour eſtre loing de la riuiere.
Pour le quatrieſme, elle doit eſtre
honneſte & vertueuſe,afin que tu n’ayes
la peine & le ſoucy de regarder à elle :
cela s’obſeruoit au bon temps , au-
quel on couppoit le ſeigle auec eſchel-
les, tant il eſtoit haut , & qui dura iuſ-
qu’au temps heureux du bon ancien Sa-
165DV MARIAGE. turne , auquel les Sardines furent reco-
gneuës poiſſons d’eau ſalée, par l’altera-
tion qu’elles donnoient : afin que tu
n’ayes la peine & le ſoucy ( Hîc iacet le-
pus in dumo, & anguilla ſub rupe
151: c’eſt à di-
re, Icy eſt caché le liéure dans le buiſſon,
& l’anguille ſoubs la roche,) de regarder
à elle : & dit au ſurplus au tyran : Sçache,
ô Corinthe 152mon amy, que ſi vn homme
prend femme ſans ces quatre qualitez, il
luy vaudroit mieux mourir, qu’aller aux
nopces : car perſonne , dit-il , ne peut
vrayement eſtre appellé mal-heureux,
ſinon celuy qui n’a bien rencontré en
mariage.
L’autre fit plus follement, voire auec
la perte de ſa vie, ce fut vn pauure tranſi
d’amour,nommé Galeace Mantuan 153In-
amorato
154, comme vn pauure Zany pour ſa
Franciſquine, lequel vn iour que ſa mai-
ſtreſſe luy dit, voulant eſprouuer la con-
ſtance de ce temeraire & inſenſé amou-
reux : Si vous m’aimez tant comme vous
dites, ie le ſçauray bien maintenant : iet-
tez-vous dans ceſte riuiere pour l’amour
de moy, & ie croiray que vous m’aymez :
le pauure ſottot, matto 155 inamorato 156, pour
O iij 166LES ESPINES, &c. complaire à ſa maiſtreſſe qu’il adoroit, ſe
ietta promptement dans la riuiere & ſe
noya. Eſtoit-ce pas fait ſagement? Eſtoit-
ce pas pour iouyr longuement de ſes
amours ? il remedia à ſon mal ſans y pen-
ſer ; car il eſteignit en la riuiere le feu de
ſon fol amour. Gardez donc le heurt mes
amis amoureux , prenez garde que ne
vous empriſonniez vous meſmes : l’aulne
des plaiſirs & paſſetemps eſt fort chere
en tels hazards. Mais ſi en voulez taſter,
à voſtre commandement le tout, & plus
ne vous en dis. Valete, plaudite, & lumbos
extollite
157, diſoit ce bon Comedien Plau-
te
, apres auoir ioüé ſa comedie. Adieu
derechef mes bons amis,attendant l’an-
née du bon temps, où tout ſera à bon
marché, & les amoureux contens , Fiat 158ie
ſuis content que cela aduienne , mais le
mauuais temps menace du contraire.
[Sceau de la bibliothèque (nom illisible)]
Fin ſans bout.
Daumas (Maurice), Au bonheur des mâles : Adultère et cocuage à la Renaissance, Paris, A. Colin, 2007.
1. 
R. 3010-

11: 13.
2. 
Double de Rés. 2175
3. 
2176
4. 
Citation tirée du livre d'Ecclésiastique 25, vers 33 dans la Bible catholique.
5. 
« Le Sage » est l'auteur du livre de l'Ancien Testament, l'Ecclésiastique. La date de la rédaction du livre en hébreu est sans doute vers le milieu du IIIe avant notre ère. Le petit-fils du Siracide, un scribe de Jérusalem, traduisit l'Ecclésiastique en grec, menant à sa place dans la Bible catholique.

Sellier, Philippe, La Bible expliquée à ceux qui ne l'ont pas encore lue, Paris, Seuil, 2007, p. 151-152.
6. 
Allusion à Saint Paul.
7. 
Varin a tort d’associer Domitia à Jules César; aucune des Domitia célèbres de l’Antiquité ne furent du nombre de ses relations intimes. Il se peut que Varin pense à la tante de Néron et mère de Messaline, Domitia Lepida, exécutée selon la vœu d’Agrippine en l’an 55. Selon Tacite, les deux femmes se ressemblaient : Toutes deux sans pudeur, infâmes, violentes, elles ne semblaient rivaliser que par les vices et les avantages de la fortune (/Annales/, XI 87, XII) – ce qui correspond à la vision des femmes promue par Varin. Varin put aussi penser à Domitia Longina, femme de l’Empereur Domitien, qui participa à la conspiration qui fit périr son mari en l’an 96.

Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l’indication des sources à consulter, sous la direction de M. le Dr Hoefer, Paris, Firmin Didot Frères, 1855.
8. 
L'allusion la plus connue des relations entre Hannibal et Thamira vient justement du fameux livre de l'Empéreur Marc Aurèle cité par Varin, qui aurait probablement accédé à la traduction de R. B. de la Grise, vérifiée par Antoine Dumoulin: Le livre doré de Marc Aurèle Empéreur, Lyon, Jean de Tournes, 1557, p. 466. Google Livres, Internet, 12 février 2011.
9. 
Ici, Varin cite une élégie d'A. Tibulle.
10. 
« Hercules »
11. 
Le mont « Cœneus » ne paraît dans aucune référence ; l'imprimerie peu claire suggère aussi « Oeneus ». En effet, Hercule décéda selon la légende sur le mont Œta, situé au sud de la Grèce centrale.

« Mont Œta », Wikipédia l'encyclopédie libre (5 décembre 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 20 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_%C5%92ta.
12. 
Varin cite les Héroïdes IX d'Ovide ici, qui traite d'Hercule et de Déjanire.

Le Projet mariage remercie Annick MacAskill pour cette contribution à notre site.
13. 
Une traduction plus concise serait : Celui que mille monstres, que le fils de Sténélée, ton ennemi, que Junon même, n'ont pu vaincre, Amour en triomphe (tiré du site-web L'antiquité grecque et latine). En outre, l'on se demande sur la traduction de « hostis » par Varin. « Hostis » dans le cas accusatif au pluriel serait « hostes », et « hostis » serait plutôt le sujet du verbe « potuit » dans le cas nominitaf au singulier.

Le Projet mariage remercie Annick MacAskill pour cette contribution à notre site.
14. 
Il s'agit ici d'une citation tirée d'une épigramme de l'humaniste français Jean Dinemandi Dorat, qui vécut au XVIe siècle.
15. 
Nous ne trouvons pas de source antique pour l'idée que Pâris soit illégitime, et donc qu'Hécube soit femme adultère, comme le prétend Varin.
16. 
« Palladium » : s.m. Mot emprunté du latin & dérivé du grec. Il signifie proprement une statue de Pallas. Comme cette statue passoit pour le gage de la conservation de Troie, l'Antiquité païenne a désigné depuis sous le nom de Palladium , les divers objets auxquels les Villes, les Empires attachoient leur durée.
Veuillez consulter également la référence Pallas.

« Palladium », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 1 mars 2011.
17. 
« aſſopir » = « assoupir » en français moderne.
18. 
Voir nos références à Jason et à Médée pour la version la plus courante de ce mythe.
19. 
« aſſopy » = « assoupi » en français moderne.
20. 
Varin cite ici le deuxième livre de Politicorum sive Civilis doctrinae libri sex (1589) par Juste Lipse qui traite des vertus d'un bon prince ainsi que le but du gouvernement. L'auteur insiste que chacun doit se soumettre à la volonté du prince, qui se doit à la fois la vertu et la prudence, afin de parvenir à une concorde civile.
21. 
Traduction : Les dirigeants partageant un royaume n'ont aucune complicité ; le partenariat gène le pouvoir.
22. 
Varin emprunte cette citation de l'œuvre Pharsale (l. 92-3) du poète latin Lucain. Cet écrit a pour sujet la guerre civile entre César et Pompée ; l'on constate que la citation reprise par Varin y fait référence.
23. 
« meſpartir » ou « mépartir » : orthographes alternatifs pour « mipartir » qui veut dire [p]artir par le milieu.

Martin, Éman, Courrier de Vaugelas, 15 septembre 1869, p.140. Google Livres, Internet, 17 mars 2011.
« Mipartir », Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 17 mars 2011.
24. 
« Thrace »
25. 
« d'vn »
26. 
« adoreroit »
27. 
« Amphiaraus »
28. 
L'imprimeur a oublié de terminer la phrase avec un point.
29. 
« celle » = « cette »
30. 
Il n'y a que dans les MétamorphosesOvide parle de Pyrame et Thisbée.
31. 
« pluſtoſt »
32. 
« Soulas » : s. m. Consolation, allégement.

« Soulas », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 11 avril 2011.
33. 
« attends »
34. 
Citation tirée des Métamorphoses d'Ovide.
35. 
« Nonin »: Synonyme vieilli de nonne, qui désigne religieuse.
36. 
« Hémonie » : ancien nom de la Thessalie.
37. 
Répétition du logogramme « & » de la part de l'imprimeur.
38. 
Dea, Est une interjection laquelle enforce la diction où elle est apposée, comme, Non deà, ouy deà [...] mais en telles manieres de parler on use plustost de Deâ, fait dudit Deâ par contraction ou syncope, et dict-on non Dâ, ouy dâ.
Deâ aussi est interjection tensative, au 3. livre d'Amad. chap. 6. Et deâ, qui vous mouvoit d'ainsi nous envoyer menacer par vos gens?
.

« Dea », Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 21 avril 2011.
39. 
« Boucher »
40. 
« Agà » : Interjection qui [...] signifie vois, regarde.

« Aga », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 21 avril 2011.
41. 
« Venir de Blois » signifie venir d'un lieu peu civilisé.
42. 
« Calignaire » : (de la langue provençale) amoureux, soupirant.

« Calignaire », Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 1 octobre 2009.
43. 
« Calignayre » : (de la langue provençale) amoureux, soupirant.

« Calignaire », Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 1 octobre 2009.
44. 
« obſcurité »
45. 
Anomalie de pagination de la part de l'imprimeur ; à la place de « 69 », il a mis « 67 ».
46. 
« Enion » : Déformation du mot Gorgonéion.
47. 
« donna »
48. 
« Enyon » : Déformation du mot Gorgonéion.
49. 
Allusion à Marc Aurèle.
50. 
Allusion à Socrate.
51. 
« portes »
52. 
frimas : s.m. Grésil, brouillard froid & épais, qui se glace en tombant.

« Frimas », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 30 septembre 2009.
53. 
Varin cite le poète latin Lucrèce, qui dit à peu près ceci dans De natura rerum ; pourtant, Varin a changé un peu la syntaxe : De fait, Lucrèce a écrit : Arma antiqua, manus, ungues, dentesque fuerunt.
54. 
Avoir des lunes; être sujet à des lunes; avoir la lune ou un quartier de la lune dans la tête: c'est être fantasque, inégal, un peu fou.

« Lune », Jean-François Féraud : Dictionaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
55. 
Le substantif « mulcte » vient du verbe « mulcter », un terme de jurisprudence qui veut dire [c]ondamner à quelque peine, punir.

« Mulcter », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
56. 
« Philogame » : Celui, celle qui aime le mariage.
57. 
« Misogame » : Celui, celle qui hait le mariage.

« Misogame », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
58. 
« Quinquennelle » : répit.

« Quinquennelle », Jean Nicot : Le Thresor de la langue francoyse (1606), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
59. 
Le substantif « mulcte » vient du verbe « mulcter », un terme de jurisprudence qui veut dire [c]ondamner à quelque peine, punir.

« Mulcter », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
60. 
« Sophi » : Plusieurs regardent ce mot comme le nom générique des Rois de Perse, et lui donent plusieurs étymologies. D'aûtres, avec plus de raison, le regardent comme le nom d'une famille, qui a ocupé long tems le trône. Dans le pays, on dit, séphi.

« Sophi », Jean-François Féraud : Dictionaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
61. 
« Vezarde » ou « Fessade » : Action de fesser.

« Fessade », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
62. 
Le substantif « mulcte » vient du verbe « mulcter », un terme de jurisprudence qui veut dire [c]ondamner à quelque peine, punir.

« Mulcter », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 5 mai 2011.
63. 
Il s'agit ici d'une citation de Marcus Valérius Martial.
64. 
Varin cite la sixième satire du poète satirique latin Juvénal.
65. 
Varin parle des Adelphes de Térence.
66. 
Varin fait allusion à Déméa, frère de Micion.
67. 
« Superius » : en musique, le régistre vocale le plus haut ; superius signifie en-dessus en latin.

« Superius », Wikipédia l'encyclopédie libre (22 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 10 mai 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Superius.
68. 
« Bassus » : en musique, le régistre vocale le plus bas ; bassus veut dire bas en latin.

Brenet, Michel, « Bassus », Dictionnaire pratique et historique de la musique, Paris, Librairie Armand Colin, 1926, Bibliothèque numérique Gallica, Internet, 10 mai 2011.
69. 
« Bécarre » : s.m. Caractère de Musique en forme de petit quarré, qu'on met au-devant d'une note qui avoit été haussée ou baissée d'un demi-ton, pour rétablir cette note dans son ton naturel.

« Bécarre », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 13 mai 2011.
70. 
Veuillez consulter la référence Verrines.
71. 
Veuillez consulter la référence Ad Atticum.
72. 
« quelques »
73. 
« Affier » : Assurer, certifier.

« Affier », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (2009), CNRTL, Internet, 13 mai 2011.
74. 
Pour apprendre plus sur ce proverbe, veuillez consulter Jon R. Stone, The Routledge Dictionary of Latin Quotations: The Illiterati's Guide to Latin Maxims, Mottoes, Proverbs, and Sayings, New York et Londres, Routledge, 2005.
75. 
Pour apprendre plus sur ce proverbe, veuillez consulter Jon R. Stone, The Routledge Dictionary of Latin Quotations: The Illiterati's Guide to Latin Maxims, Mottoes, Proverbs, and Sayings, New York et Londres, Routledge, 2005.
76. 
Traduction approximative : Votre maison (proprété) est en danger lorsque la maison, mur, d'à côté est en feu. L'on ne sait toujours pas l'origine de ce proverbe.
77. 
[Sceau de la bibliothèque (nom illisible)]
78. 
Citation tirée du premier acte de la pièce Médée.
79. 
Citation tirée du discours prononcé par Quintus Caecilius Metellus Numidicus lors de son terme comme censeur (102-101 av. J.-C.) qui visait à encourager le mariage et la procréation.

McDonnell, Myles, « The Speech of Numidicus at Gellius, N.A. 1.6 », The American Journal of Philology, 1987, vol. CVIII, no. 1, pp. 81, 94. JSTOR, Internet, 17 mai 2011.
80. 
Cette citation provient d'une œuvre de Jean Bastier de la Péruse. On trouve les quatre premiers vers dans une chanson des Œuvres de J. de la Péruse (1529-1554) (dans E. Gellibert des Seguins, éd., Le trésor de pièces angoumoisines inédités ou rares, Angoulême, la Société archéologique et historique de la Charente, F. Goumard, 1866, t. 2, p. 133. Google Livres, Internet, 21 mai 2011). La chanson de La Péruse se termine pourtant avec les vers suivants : On gouste, pour aymer / Du doux et de l'amer. C'est manifestement Varin qui remplacent ces vers avec une version encore plus amère.
81. 
« Le diable est aux vaches » : proverbe français qui veut dire le désordre règne.
82. 
L'on ne sait toujours pas de qui Varin parle.
83. 
« Prendre la vache et le veau » : proverbe qui signifie [é]pouser une femme enceinte d'un autre homme.

« Vache, subst. fém. et adj. », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (2009), CNRTL, Internet, 18 mai 2011.
84. 
« anticipatæ notiones » : Latin, notions préconçues.
85. 
Varin fait allusion à Anaxandrides.
86. 
« Hommeau » : Diminutif vieilli. Petit homme.

« Hommeau », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 25 mai 2011.
87. 
« fretouille ». Le verbe « fretouiller » veut dire Farfouiller (en frétillant).

« Fretouiller », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (2009), CNRTL, Internet, 18 mai 2011.
88. 
« Cuider »: Prétention présomptueuse.

« Cuider », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (2009), CNRTL, Internet, 18 mai 2011.
89. 
« Jobelin » : Terme d'injure faisant allusion au caractère de Job, personnage dans le Vieux Testament dont la patience et la longanimité proverbiales auraient donné lieu à prendre ce nom comme un équivalent de niais, dupe, homme prêt à tout endurer.

Scheler, Auguste, « Jobard », Dictinnaire d'étymologie française d'après les résultats de la science moderne, Bruxelles, C. Muquardt, 1873. Google Livres, Internet, 19 mai 2011.
90. 
« Jeannot » : Personnage niais, nigaud.

« Jeannot, subst. masc. », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (2009), CNRTL, Internet, 19 mai 2011.
91. 
« Mistenflûte » : Terme populaire qui se disait d'un jeune garçon trop délicat.

« Mistenflûte », Reverso Dictionnaire en ligne (2010), Softissimo, Internet, 19 mai 2011.
92. 
« Jean » : nom courant pour le mari cocu. Voir Daumas, Maurice, Au Bonheur des mâles, p. 111.
93. 
« Auster » : Nom donné par les Latins au vent du midi chaud et humide, parfois violent.

« Auster, subst. masc. », Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 20 mai 2011.
94. 
Allusion à Pierre de Ronsard.
95. 
Citation tirée de la Continuation du discours des misères de ce temps (1563) par Pierre de Ronsard.
96. 
Citation tirée de La Comédie de l’âne.
97. 
« Hommeau » : Diminutif vieilli. Petit homme.

« Hommeau », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 25 mai 2011.
98. 
Varin cite Pontano qui dit textuellement ceci dans son poème « Infelicitas amoris » : At miserandus Amans, et frigore tristis et æstu, / Vereque et autumno, nil nisi triste legit.

Pontano, « Infelicitas amoris », Anthologie poétique latine, éd. M. Thévenot, Paris, Auguste Delalain, 1811, 2e partie, p.71-72. Google livres, Internet, 25 mai 2011.
99. 
« Franc-taupin » : Soldat d'une ancienne milice française.

« Franc-taupin », Sensagent (2011), Sensagent Corporation, Internet, 26 mai 2011.
100. 
« opprobres »
101. 
« Martin-Bâton » : s. m. Homme armé d'un bâton, et, par extension, le bâton personnifié qui sert à battre les animaux récalcitrants. Il faut ajouter que dans notre corpus, le bâton personnifié qui sert à battre les animaux récalcitrants sert aussi à battre la femme.

« Martin-Bâton », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 26 mai 2011.
102. 
« picqueries ». Dans le contexte des Espines du mariage, le mot « picqueries » a deux sens: supporter les « paroles piquantes » des femmes, et aussi « piquer » l'âne pour le faire bouger.
103. 
« grande »
104. 
Citation tirée de la comédie Le Collier par Ménandre.

Ditandy, A., Études sur la comédie de Ménandre, Paris, Librairie le Normant, 1854, p. 377-378. Google livres, Internet, 27 mai 2011.
105. 
Latin, « Bonjour ».
106. 
« branſle »
107. 
Le « branle de l'ours » est une danse du Moyen Âge.

« Danse de l'ours », Ballifolk (9 janvier 2014), Internet, 23 juin 2016. http://www.ballifolk.altervista.org/danse_de_ours.html.
108. 
Citation tirée de la dixième satire dans les Satires de Juvenal.

Juvenal, « Satire X », The Satires of Juvenal, Londres, imprimé pour D. Browne, Black Swan, 1739, p. 288. Google livres, Internet, 14 juin 2011.
109. 
Cette citation ne se trouve pas dans la XVe épître des Héroïdes d'Ovide comme le dit Varin mais dans la XVIe épître, lettre d'amour de Pâris adressée à Hélène.

Kenney, E. J., éd., Ovid Heroides XVI-XXI, Cambridge, Cambridge University Press, 1996, p. 22. Google livres, Internet, 14 juin 2011.
110. 
« Emmoufflé » : Ganté de moufles. Le port des moufles va limiter la capacité du mari de battre sa femme.

« Emmouflé », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (2009), CNRTL, Internet, 14 juin 2011.
111. 
« Embéguiner » :
  1. Coiffer d'un [b]onnet que l'on met aux jeunes enfants.
  2. Entêter sottement.
Ces définitions illustrent la domination du mari par sa femme, littéralement et figurément.

« Béguin », Le Grand Robert de la langue française version électronique (2011), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 20 juin 2011.
« Embéguiner », Le Grand Robert de la langue française version électronique (2011), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 20 juin 2011.
112. 
« Lévrier mænelien » : chien féroce qui habitait dans la mythologie antique la Ménale, montagne d'Arcadie.

Ovide, Œuvres complètes, Paris, Garnier Frères, 1850, trad. M. Nisard, pp. 169, 217. Google livres, Internet, 20 juin 2011.
113. 
« grande »
114. 
Varin cite le poète latin Ovide, qui dit textuellement ceci dans le deuxième livre de son Art d'aimer : Illae munditiis annorum damna rependunt, / Et faciunt cura, ne videantur anus.

Ovide, Ars Amatoria. The Latin Library, Internet, 16 juin 2011. http://www.thelatinlibrary.com/ovid/ovid.artis2.shtml.
115. 
« Garouage » : s. m. Ne se dit qu'en cette phrase, Aller en garouage, pour dire, Aller en de mauvais lieux, en des lieux de desbauche.

« Garouage », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 17 juin 2011.
116. 
Selon l'Anthologie de Stobée, la source de la citation est Philippides, l'auteur de comédies en Grèce ancienne.
117. 
Cette épigramme est de Saint Thomas More, Epigrammata, Basel, Johannes Froben, 1520. Opera poetica Basiliensia, Internet, 22 juin 2011. http://www.ub.unibas.ch/spez/poeba/poeba-003219557.htm.

Voir aussi Cayley, Arthur, Memoirs of Sir Thomas More, with a new translation of his Utopia, his History of King Richard III, and his Latin poems, Londres, Cadell and Davis, 1808, vol. II, p. 317. Google livres, 22 juin 2011.
118. 
Varin cite le poète français Pierre de Ronsard, qui dit textuellement ceci dans son poème « Autre Cartel pour l'Amour » : N'en prenez point de laides : la laideur / Cache touſiours vne lente froideur / Qui hors du cœur la chaleur nous arrache : / Vn corps difforme vne ame laide cache.

Ronsard, Pierre de, « Autre Cartel pour l'Amour », Œuvres de P. de Ronsard, gentilhomme vandomois, Paris, Alphonse Lemerre, 1890, t. 3, p. 490. Google livres, Internet, 22 juin 2011.
119. 
« Guenipe » : s. f. Femme mal-propre, maussade, & de la lie du peuple.

« Guenipe », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 22 juin 2011.
120. 
Anomalie de numérotation de la part de l'imprimeur ; à la place de « M iij », il a mis « N iij ».
121. 
Varin cite l'évêque français Robert Céneau, qui dit textuellement ceci dans son traité De divortio matrimonii : Qui ſemel vxorem duxit, ducitq; ſecundam : / Naufragus ille iterum naufragium patitur.

Céneau, Robert, De divortio matrimonii mosaici per legem evangelicam refutato axioma, Paris, Thomas Richard, 1549, p. 172. Google livres, Internet, 23 juin 2011.
122. 
Il s'agit ici de la tante de Brutus, Porcia l'Ancienne, plutôt que sa femme Porcia Catonis.

La confusion des deux Porcia à l'égard de la locutrice dans la citation qui se trouve à la page 146 des Espines du mariage provient d'une erreur promulguée par Guillaume Du Vair (Bayle).

Bayle, Pierre, « Porcie », Dictionnaire historique et critique, Rotterdam, Reinier Leers, 1702, t. 3. Google livres, Internet, 25 juin 2011.
123. 
Varin cite le poète latin Ovide, qui dit textuellement ceci dans le deuxième livre de son Art d'aimer : Militiae species amor est; discedite, segnes : / Non sunt haec timidis signa tuenda viris.

Ovide, « Ars Amatoria ». The Latin Library, Internet, 24 juin 2011. http://www.thelatinlibrary.com/ovid/ovid.artis2.shtml.
124. 
« Laisser aller/mettre le chat au lard » : donner la commodité a un homme de faire ce qu'il veut.

Veneroni, « Gatta orba », Dictionnaire italien et françois, Venise, Jean Malaquin, 1731, t. 1. Google livres, Internet, 25 juin 2011.
125. 
« Être envoyé en Cornuaille (Cornouaille) » signifie être cocu. La racine du mot « cornes » est toujours sujet à des jeux de mots relatifs au cocuage.
Voir Daumas, Maurice, Au Bonheur des mâles, p. 103-128.
126. 
« roolle » = rouleau (en français moderne)
127. 
« Mater » : Épuiser, abattre qqn.

« Mater », Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (2009), CNRTL, Internet, 14 juin 2011.
128. 
Citation tirée des Élégies de Properce.
129. 
Cette locution latine qui s'inspire de l'Énéide de Virgile (XI, 283) veut dire qu'il faut faire confiance aux experts, ou littéralemnt ici Il faut croire que Robert est un expert, où « Roberto » (ou parfois « Ruperto ») s'emploie pour désigner un expert quelconque, celui qui a de l'expérience. L'expression citée commence à s'employer couramment au Moyen Âge.

H.T. Riley, Dictionary of Latin and Greek Quotations, Proverbs, Maxims and Mottos, London, George Bell and Sons, 1891. Archive.org, Internet, 10 juillet 2011.
Virgile, Aeneid. The Latin Library, Internet, 10 juillet 2011. http://www.thelatinlibrary.com/vergil/aen11.shtml.
130. 
« Prendre des vessies pour des lanternes » :
  1. Se faire des illusions grossières sur des choses ou des gens.
  2. Se tromper lourdement dans ses appréciations.
« Prendre des vessies pour des lanternes », Wiktionnaire (18 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 11 juillet 2011. http://fr.wiktionary.org/wiki/prendre_des_vessies_pour_des_lanternes.
131. 
« Bander bien l'éteuf » : Garder bien les sûretés qu'on a entre les mains.

« Éteuf », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 30 juin 2011.
132. 
« Friser la corde » : courir un grand danger, être au moment de périr, de se ruiner ou de faire quelque mauvaise affaire.

« Corde », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 30 juin 2011.
133. 
« Courir à bride abattue » : On dit figurément, Courir à bride abattue après les plaisirs, pour dire, S'y porter sans aucune retenue: Et qu'Un homme court à bride abattue à sa ruine, à sa perte, pour dire, qu'Il se porte ardemment & inconsidérément à quelque chose, sans voir que ce qu'il recherche est capable de le perdre.

« Bride », Dictionnaire de l'Académie française (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 30 juin 2011.
134. 
Varin cite le troisième livre des Fastes du poète latin Ovide.

Ovide, Fasti. The Latin Library, Internet, 30 juin 2011. http://www.thelatinlibrary.com/ovid/ovid.fasti.shtml.
135. 
« Peccavi » : aveu de ses péchés devant Dieu.
136. 
« Rabelesque » : relatif à Rabelais.
137. 
« Pelaud » : Il s’agit de Panurge, personnage du Tiers Livre de Rabelais (voir notre page d’accueil). « Pelaudé » veut dire « maltraité » ou « battu » en ancien français: Panurge avait peur d’être volé, battu, et cocu lorsqu’il serait marié.

Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXème au XVème siècle (1880-1895), Dicfro, Internet, 18 septembre 2010.
138. 
Le « double bonnet d'âne » (que porte le type peu intelligent) ressemblerait aux cornes du cocu.
139. 
« compagnon »
140. 
« Pelaud »: Il s’agit de Panurge, personnage du Tiers Livre de Rabelais (voir notre page d’accueil). « Pelaudé » veut dire « maltraité » ou « battu » en ancien français: Panurge avait peur d’être volé, battu, et cocu lorsqu’il serait marié.

Frédéric Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXème au XVème siècle (1880-1895), Dicfro, Internet, 18 septembre 2010.
141. 
Varin cite le chapitre 21 du Tiers Livre de Rabelais.

Rabelais, François, Le Tiers livre, éd. M.A. Screech, Paris, Librairie Droz, 1995. Google livres, Internet, 30 juin 2011.
142. 
« vice »
143. 
« Embéguiné » : Entêt[é] sottement.

« Embéguiner », Le Grand Robert de la langue française version électronique (2011), 2e édition, Dictionnaires le Robert, Internet, 20 juin 2011.
144. 
« Quid non cogit amor? » est une citation célèbre d'une des épigrammes de Martial (Livre V, 48), élaborée de la manière notée par Varin par le poète humaniste belge Jacques Roger (1539-?).

Baillet, Adrien, Jugemens des savans sur les principaux ouvrages des auteurs, éd. de la Monnoye, Amsterdam, 1725, t. 4, 1re partie, p. 164. Google livres, Internet, 10 juillet 2011.
Lecouvet, F., Hannonia poetica ou les poètes latins du Hainaut, Paris et Tounai, H. Casterman, 1839, p. 182. Google livres, Internet, 10 juillet 2011.
Martial, « Les épigrammes ». Itinera Electronica : Du texte à l'hypertexte (9 décembre 2004), Itinera Electronica, Internet, 10 juillet 2011. http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/martial_epigram_05/texte.htm
145. 
« Rassoté, ée » : Infatué, entêté.

« Rassoté », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 4 juillet 2011.
146. 
Citation tirée de la Sacra et satyrica epigrammata de Luigi Bigi Pittorio (v.1454-1520).

Pittorio, Luigi Bigi, Sacra et satyrica epigrammata, Bâle, J. Froben, 1518. Opera poetica Basiliensia, Internet, 10 juillet 2011.
147. 
Citation tirée du Banquet de Platon.
148. 
L'existence d'un monarque « Corinthe » au IVe siècle av. J.-C., la période à laquelle Varin se réfère dans ce passage, est douteux.
149. 
Il n'est pas clair que les remarques attribuées à Démosthène par Varin fassent partie de l'œuvre du philosophe grec.
150. 
L'existence d'un monarque « Corinthe » au IVe siècle av. J.-C., la période à laquelle Varin se réfère dans ce passage, est douteux.
151. 
Proverbe latin qui veut dire voici le vrai problème.
152. 
L'existence d'un monarque « Corinthe » au IVe siècle av. J.-C., la période à laquelle Varin se réfère dans ce passage, est douteux.
153. 
Mantuan : substantif désignant quelqu’un venant de Mantoue, ville italienne.
154. 
Inamorato : en italien, amoureux.
155. 
Matto : en italien, fou.
156. 
Inamorato : en italien, amoureux.
157. 
Varin cite l'auteur comique latin Plaute, qui dit textuellement ceci à la fin de sa comédie Épidicus : Plaudite et valete : lumbos surgite atque extollite (ou bien lumbos porgite atque exsurgite). La traduction française de cette citation selon le livre Théâtre complète des Latins est : applaudisez, et portez-vous bien. Levez-vous, et allez-vous-en.

Lindsay, W. M., The Ancient Editions of Plautus, Oxford, J. Parker and Co., 1904, p. 59. Open Library, Internet, 6 juillet 2011.
Plaute, « Épidicus, Acte V, Scène II », Théâtre complet des Latins comprenant Plaute, Térence et Sénèque le Tragique, avec la traduction en français, éd. M. Nisard, Paris, J. J. Dubochet et Compagnie, 1844, p. 203. Google livres, Internet, 6 juillet 2011.
158. 
Fiat : Latin pour que ce soit fait.
159. 
Dans le texte misogyne de Jean-Philippe Varin Les épines du mariage, l'auteur cite une ligne de poésie d'une des élégies de Tibulle, sans nommer l'auteur. Veuillez consulter la dixième page du texte de Varin pour obtenir plus d'information.
160. 
Dans le texte misogyne de Jean-Philippe Varin Les épines du mariage, l'auteur cite une ligne de poésie d'une des épigrammes de Dorat, sans nommer l'auteur. La citation provient de l'épigramme De natura muliebris : Femina dulce malum, horis opportuna duabus, du premier livre dans Poematia, 1586. Veuillez consulter la dix-septième page du texte de Varin pour obtenir plus d'information.

Prométhée (en gr. Promêtheus)

Titan, fils de Japet et de Clyméné), frère d’Atlas et d’Épiméthée. Considé comme champion de l'humanité, il vola le feu à Zeus pour le donner aux mortels. Zeus, pour punir Prométhée de son crime, l'enchaîna au sommet du Caucase où tous les jours un aigle mangeait son foie qui repoussait sans cesse. Selon une autre légende, Zeus punit toute l'humanité du crime de Prométhée en créant la femme Pandore qui introduisit les maux, le travail acharné et la maladie dans le monde. Ainsi, la tradition grecque attribue à Prométhée un rôle central dans l'histoire des débuts de l'humanité.

Japet (en gr. Iapetos)

Japet fut un Titan grec qui, selon la mythologie grecque, épousa l’océanide (nymphes, filles de Téthys et d’Océan) Clyméné). De ce couple naquirent quatre fils : Atlas, Prométhée, Épiméthée et Ménœtios.
  • « Japet en gr. Iapetos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Clyméné

Clyméné, fille de Téthys et d’Océan et l’épouse de Japet (Iapetus), donna naissance à Atlas, Prométhée et Épiméthée (fils de Japet) ainsi que Phaéton et les Héliades (de son mariage avec le Soleil, Hélios). Hésiode, dans sa Théogonie, l’appelle Clyméné, tandis qu’Apollodore et Lycophron l’appellent « Asie » ; Hérodote explique également que le continent Asie a été en effet appelé comme cette nymphe.

Mercure (en lat. Mercurius)

Dieu du commerce, du profit et du voyage qui sert aussi de messager des autres dieux dans la mythologie romaine. Assimilé au dieu grec, Hermès, Mercure représente également l'habileté et la ruse.
  • « Hermès », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Mercure », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mercure_(mythologie).
  • « Mercure en lat. Mercurius », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Mont Caucase (en russe Kavkaz)

Le Caucase désigne tout un ensemble montagneux qui se trouve au sud de la Russie européenne. Le point culminant de l’ensemble s’appelle le mont Elbrouz (5, 642 m).
Selon la mythologie grecque, le mont Caucase fut l'endroit où Prométhée fut puni pour avoir apporté le feu aux êtres humains après l’avoir dérobé aux dieux. Comme punition, il se trouva enchaîné au sommet de la montagne alors qu’un aigle lui rongeait le foie (qui repoussait constamment) tous les jours. Éventuellement, Hercule le sauva en tuant l’aigle.
  • « Mont Caucase en russe Kavkaz », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ève

Dans les traditions juive, musulmane et chrétienne, Adam fut le premier homme, créé par Dieu et mis dans le Paradis terrestre (Éden). Dieu créa également une femme, Ève, à partir de la côte d'Adam, ainsi représentant le mariage comme l'union de l'homme et de la femme en une seule chair.
Selon la tradition, Ève, tentée par Satan, qui avait pris la forme d’un serpent, encouragea Adam à manger le fruit défendu ; ce « péché originel », qui pèse sur toute l’humanité, provoqua Dieu à chasser les deux du Paradis. Ève et Adam eurent trois fils, Abel, Caïn et Seth. Le premier livre de la Bible, Genèse, raconte l’histoire du premier homme et de la première femme sur la Terre.
  • « Ève », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Le fruit défendu

Dans le premier livre du Bible, Genèse, le fruit défendu engendra la chute du couple Adam et Ève dans le jardin d’Éden (et conséquemment celle des êtres humains). Ignorant l’avertissement de Dieu et écoutant le serpent, Tentateur, Ève aurait mangé et ferait manger le fruit à Adam. En conséquence, Dieu expulsa les deux du jardin.
  • « Adam », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Ève », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pandore (en gr. Pandôra)

Selon Les Travaux et les Jours d’Hésiode, dans la mythologie grecque, Pandore fut la première femme créee par des dieux. Zeus lui confia une jarre mystérieuse et puis l'envoya aux hommes pour les punir car Prométhée avait donné aux hommes le feu des dieux. Épiméthée se maria avec Pandore, malgré qu’il eût promis à son frère Prométhée de refuser tout cadeau de la part de Zeus. Curieuse, Pandore ouvra la jarre d'où tous les maux se déclenchèrent sur la Terre.
  • « Pandore », Wikipédia l'encyclopédie libre (26 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 26 janvier 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pandore.
  • « Pandore en gr. Pandôra », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

L'Ecclésiastique

L’Ecclésiastique est un livre deutérocanonique de l’Ancien Testament de la Bible catholique. L’Ecclésiastique comprend un ensemble de manuscrits traduits d’hébreu en grec, dont le 248 porte ce titre. L’ensemble entier est intitulé pourtant Sagesse de Jésus fils de Sirach. L’ouvrage comprend cinquante chapitres et un appendice et mélange deux genres : il s’agit d’un ensemble de « proverbes » qui ne suivent aucun ordre particulier, et de plusieurs réflexions sur un sujet. Les deux genres traitent de la « Sagesse divine », personnifiée dans le texte.
  • « L'Ecclésiastique », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « L'Ecclésiastique », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Saint Paul

Paul naquit à Tarse (ville de l’ancienne province romaine Cilicie en Turquie) environ 5 av. J.-C. Il fut un des douze apôtres du Christ et il travaillait en particulier auprès des non-juifs, ce qui lui a donné le surnom « l’Apôtre des gentils ». Nous connaissons son travail grâce aux Actes des Apôtres et à ses quatorze Épîtres. Juif fervent, nommé Saül, il commença par lutter contre le christianisme, pourtant, à cause d’une vision du Christ sur le chemin de Damas, il changea d’avis et se convertit. Dès lors, il fit trois voyages missionnaires en Asie Mineure, Macédoine et Grèce pour fonder d’autres communautés proto-chrétiennes. Il fut accompagné pendant ces voyages par les apôtres Barnabé et Marc et par les compagnons Timothée, Tite et Silas. Paul fut arrêté à Jérusalem, incarcéré et ensuite transféré à Rome où, selon la tradition, aurait été exécuté (vers 62 ou 64 ap. J.-C.).
  • « Paul (saint) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Genèse (en gr. genesis, traduisant l’hébr. tôledôth générations, généalogie)

Premier livre dans la Bible en 50 chapitres racontant la Création, la faute d’Adam, le Déluge, la tour de Babel et l’histoire du peuple israélite.
  • « Genèse en gr. genesis, traduisant l’hébr. tôledôth « générations », « généalogie » », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Épîtres du Nouveau Testament ou Épîtres des Apôtres

Cet ensemble de 21 lettres est le troisième livre du Nouveau Testament, suivant les Actes des Apôtres, qui décrivent Paul et Pierre comme les héros du christianisme pendant la naissance de celui-ci. Il s’agit de quatorze Épîtres écrites par Saint Paul, qui prennent la forme de lettres ayant pour destinataires les premières communautés chrétiennes. Les Épîtres pauliennes sont suivies par sept autres lettres, appelées communément les Épitres catholiques. Les quatorze de Paul sont divisés ainsi :
1 Épître aux Romains, 2 Épitres aux Corinthiens, 1 Épître aux Galates, 1 Épître aux Éphésiens, 1 Épître aux Philippiens, 1 Épître aux Colossiens, 2 Épîtres aux Thessaloniciens, 2 Épîtres à Timothée, 1 Épître à Tite, 1 Épître à Philémon, 1 Épître aux Hébreux.
Les Épîtres catholiques sont divisées ainsi:
1 Épître de Jacques, 2 Épîtres de Pierre, 3 Épîtres de Jean, 1 Épître de Jude.
Ces sept Épîtres prennent également la forme de lettres, mais cette fois-ci, elles ne s’adressent pas à une communauté spécifique, contrairement à celles de Paul, adressées à une communauté chrétienne. L’adjectif « catholique » est donc quelque peu trompeur et devrait être compris plutôt comme « universel ». Ainsi les appelle-t-on également les Épîtres universelles.
  • « Épîtres », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Épîtres du Nouveau Testament ou Épîtres des Apôtres », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Saint Timothée

Timothée vécut à Lystres, en Asie Mineure, au premier siècle. Selon l’Acte des apôtres, XVIII, il accompagna Paul pendant ses deux derniers voyages missionnaires. Il mourut à Éphèse (une cité d’Ionie, en Turquie). Il est le destinataire de deux Épîtres pauliennes.
  • « Timothée (saint) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Salomon

Salomon fut le roi d’Israël de 972 à 932 av. J.-C. et le fils de Bethsabée et de David. Pendant son règne, Israël vît la construction du Temple, d’un palais, d’une flotte, aussi bien qu'une alliance puissante entre Salomon et Hiram 1er de Tyr (ancienne cité phénicienne) et le maintien d’une armée équipée de chars et de cavalerie. Selon la tradition, ce roi aurait écrit le Cantique des cantiques, l’Écclésiaste, les Proverbes, la Sagesse, une partie des Psaumes et certaines Odes. I Rois, III, 16 de la Bible décrit la sagesse de Salomon. Lorsque deux femmes lui rendirent visite, prétendant être la mère d'un enfant, il annonça qu’il fallait le partager en deux dans l’espoir que la vraie mère y renoncerait. Ainsi la femme qui montra de la compassion reçut-elle l’enfant. La locution « jugement de Salomon » se voit associé donc à un jugement équitable.
Malgré sa sagesse, Salomon avait une grande faiblesse – son amour des femmes, qui était témoigné par ses septs cents épouses Princesses et trois cents concubines. Selon I Rois XI, puisque Salomon se maria avec des femmes étrangères (des Moabites, des Hammonites, des Iduméènnes, des Sidoniènnes et des Héthiènes) qui avaient détourné sa dévotion vers leurs dieux, le Dieu d'Israël lui avertit que tout son royaume, à l'exception une tribu, serait perdu pour son fils en faveur de son serviteur.
  • « Salomon », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Livre des Proverbes

Un des livres poétiques de la Bible, les Proverbes comprennent 31 chapitres et neuf sections, dont le deuxième et le cinquième sont attribués (soit directement, soit indirectement) à Salomon, roi d’Israël. Ces deux sont considérés les sections de base du Livre, et ils discutent de la situation sociale que remarque l’auteur (brutalité, la disparité entre riches et pauvres, etc.). D’autres collections du livre sont d’origine étrangère. Le Livre aurait été composé entre le XIIe siècle et l’époque hellénistique.
  • « Proverbes », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Proverbes (livre des) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Saint Jean Chrysostome

Docteur de l'Église et prêtre d'Antioche vers 349 ap. J.-C. ; c'est un saint de l'Église catholique romaine, de l'Église orthodoxe et de l'Église copte. Il devint célèbre pour sa prédication et son éloquence, d'où vient son surnom de « Chrysostome », en grec chrysóstomos, littéralement Bouche d'or. Cependant, son oeuvre, qui comporte des traités ascétiques et un grand nombre d'homélies, ne supporta ni le luxe du haut clergé ni l'adultère de l'impératrice, ce qui lui valut d'être enfin exilé en 404.
  • « Jean Chrysostome », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Jean Chrysostome », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 octobre 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 3 septembre 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Chrysostome.

Saint Jean-Baptiste

Saint-Jean Baptiste (aussi appelé le Baptiste) fut un prophète juif. Les Évangiles reconnurent en lui certaines qualités chrétiennes ; ainsi fut-il surnommé « le Précurseur ». Il vécut dans le désert (possiblement celui de Juda) et trouva des disciples, leur prêchant la conversion intérieure et annonçant la venue prochaine du Messie. Selon Marc I,IX Jésus fut baptisé par lui dans l’eau du Jourdain, où il pratiquait d’habitude le baptême. Il mourut par décollation (décapitation) sur un ordre donné par Hérode Antipas, comme demandé par Salomé (princesse juive). Elle aurait dansé devant Antipas, son oncle, et demanda la décollation comme récompense.
  • « Jean-Baptiste (saint) ou le Baptiste », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Mahométiste

Mahométiste : le nom de Muhammad a suivi la forme Mahom ; on écrivait « Mahomet » aussi bien que « Muhammad ». Arabes mahométistes, c'est-à-dire Arabes musulmans.
  • « Mahomet », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Barbares (en gr. barbaroi)

Le nom grec d’origine est barbaroi. Par ce mot, les Grecs, désignaient tout peuple qui ne parlait pas leur langue. D’après les Grecs, le Barbare était inférieur politiquement aussi car il était gouverné par un monarque. À partir de cette notion de peuples barbares, la guerre contre les Perses acquit une signification idéologique aussi bien que politique. Pendant la période hellénistique, le substantif barbare désignait en particulier les peuples d’Asie.
  • « Barbares en gr. barbaroi », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Marc Aurèle (en lat. Marcus Annius Verus, puis Marcus Aurelius Antoninus

Marc Aurèle fut un empereur et philosophe romain. Il naquit à Rome, 121, et en 180 mourut à Vindobona, qui est aujourd’hui Vienne. Il fut adopté par l’empereur Antonin, dont il épousa la fille plus tard. En 139, Aurèle devint césar, et après avoir reçu l’imperium proconsulaire (c’est-à-dire un pouvoir presque illimité), il fut empereur. En tant qu’empereur, il changea l’administration financière et fut scrupuleux concernant la pratique judiciaire. Plusieurs guerres contre les Germains et les Parthes ponctuèrent son règne. Aurèle fut humaniste, mais il ne fit jamais rien pour cesser la persécution des Chrétiens romains de son Empire. Il rédigea ses Pensées avant sa mort, qui furent le dernier ouvrage stoïque antique, ayant pour but de se remémorer le but fondamental de la vie (Hadot, Pierre).
  • Hadot, Pierre, « Marc Aurèle (121-180) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Marc Aurèle en lat. Marcus Annius Verus, puis Marcus Aurelius Antoninus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Philippe II de Macédoine

Philippe II, roi de Macédoine naquit vers 382. Le troisième fils d’Amyntas III, il fut d’abord régent pour son jeune neveu, mais se proclama roi en 356. Il épousa Olympias, fille de Néoptolème, le roi d’Épire (région montagneuse des Balkans). Les deux donnèrent le jour à Alexandre le Grand. Après avoir été répudiée par Philippe, Olympias, selon certains, aurait instigué son assassinat. Il mourut en 336.
  • « Philippe II de Macédoine », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Olympias (en gr. Olumpias)

Née vers 375 à Pydna, Olympias fut reine de Macédoine lorsqu’elle épousa Philippe II, roi de Macédoine. Elle fut aussi la fille de Néoptolème, roi d’Épire, une région montagneuse des Balkans. Les deux époux donnèrent naissance à un fils, Alexandre le Grand. Après avoir été répudiée par Philippe, elle retourna à son père. Certains pensent qu’Olympias a instigué l’assassinat de son mari. Il est certain qu’elle a instigué celle de Cléopâtre, et de la fille de celle-ci.
  • « Olympias en gr. Olumpias », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Énée (en gr. Aineias, en lat. Aeneas)

Tout comme Hercule, Énée fut le fils d’un mortel et d’une déesse, ayant pour parents Anchise (cousin du roi Priam) et Vénus. L’épopée romaine l’Énéide raconte l’histoire d’Énée, le décrivant le plus souvent comme pieux. Ainsi ce héros incarne-t-il des valeurs romaines comme la dévotion à son devoir, d’abord et avant tout.
Selon la mythologie gréco-romaine, Énée fut un des plus grands héros de la guerre de Troie, avec Hector. Il luttait avec les héros grecs Dioméde et Idoménée pendant la guerre, et deux fois, les dieux le délivrèrent de situations périlleuses. Éventuellement, les Grecs lui ordonnèrent de fuir la Troie, et ensuite, il se trouva naufragé avec quelques-uns de ses hommes à Carthage. Là, selon l'Énéide, il connut Didon, fondatrice et reine de la ville. Les deux tombèrent vite amoureux. Malheureusement, cet amour menaçait le destin de ce héros : il était censé fonder Lavinium (Rome) en Italie. À cause du départ de son bien-aimé, Didon, inconsolable, se donna la mort. Atteignant l'Italie, Énée rencontra Latinus, le roi du Latium qui désira lui donner sa fille Lavinie en mariage. Cependant, Turnus, roi des Rutules d'Ardée, qui voulait à tout prix prendre Lavinie comme épouse, fit la guerre contre Latium. C'était Énée qui mit fin à la lutte lorsqu'il tua Turnus au combat rapproché. Il épousa, finalement, Lavinie et les deux se donnèrent le jour à Ascagne, futur fondateur d'Albe la Longue.
  • « Aeneas », Greek Mythology Link (1997), Carlos Parada et Maicar Förlag, Internet, 10 août 2011. http://www.maicar.com/GML/Aeneas.html.
  • « Énée (en gr. Aineias, en lat. Aeneas) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Didon ou Élissa (en lat. Dido)

Selon la légende grecque, Didon, aussi nommée Elissa, fut princesse de Tyr vers IXe siècle av. J.-C. Dépeinte comme la fondatrice de Carthage, certaines versions de la légende prétendent qu'elle se suicida pour éviter d'épouser un chef libyen.
Virgile la fit vivre pendant la guerre de Troie dans son Énéide, où elle est l'amante déchue d'Énée. Veuillez consulter la référence Énée pour apprendre davantage sur le rôle de Didon dans l'Énéide.
  • « Didon ou Elissa en lat. Dido », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Picard, Gilbert-Charles, « Didon », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Marc Antoine (en lat. Marcus Antonius)

Marc Antoine (83 - Alexandrie 30 av. J.-C.) était un homme politique et général sous Jules César lorsque César fut assassiné en 44. Antoine forma un nouveau gouvernement romain avec Octave (Auguste) et Lépide en 43. Ensemble, les trois se débarrassèrent du parti républicain et se partagèrent le monde romain (-40). Antoine épousa Octavie (la sœur d'Octave), délaissée à cause de l'amour d'Antoine pour Cléopâtre VII. Antoine trouva ainsi une nouvelle ambition : créer un empire hellénique et oriental cosmopolite. Plusieurs conquêtes romaines d'Asie s'ensuivirent (Judée, Phénicie, Coelésyrie, Chypre). Pourtant, à Actium (de la Grèce ancienne), il fut vaincu par Octave sur mer, ensuite assiégé en Alexandrie. Il se donna la mort en 30, entendant les fausses nouvelles du suicide de Cléopâtre et de l'avancement d'Octave en Asie.
  • « Antoine ou Marc Antoine en lat. Marcus Antonius », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Cléopâtre

Née en 69 av. J.-C. en Alexandrie, Cléopâtre VII fut reine d'Égypte de 51 à 30 suivant son mariage avec son frère Ptolémée XIII. Ayant perdu le trône après trois ans, elle le regagna en 46 grâce à Jules César, devenant en même temps sa maîtresse. À l'assassinat de César en 44, elle connut Marc Antoine et l'inspira à partager son rêve d'un empire oriental. Antoine, déjà l'époux d'Octavie, se maria avec Cléopâtre. Il effectua plusieurs conquêtes en Asie (Judée, Phénicie, Coelésyrie, Chypre). Pourtant, comme le règne d'Antoine et de Cléopâtre posa un menace à la domination romaine sur la Méditerranée, Octave les attaqua et fut victorieux contre les deux à Actium en 31. Entendant la fausse nouvelle du suicide de sa femme Cléopâtre, Antoine se suicida. Après avoir sollicité la clémence d'Octave, Cléopâtre se suicida en se faisant mordre par un aspic.
  • « Cléopâtre », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Jules César (en lat. Caius Julius Caesar)

(Rome 101 – Ides de Mars 44 av. J.-C.) Illustre homme d'état, général et enfin dictateur romain (46-44 av. J.-C.) qui joua un rôle essentiel dans la transformation de la République romaine à l'Empire romain. Toutefois, ses réformes politiques et sociales furent déjouées lorsque Marcus Junius Brutus, un noble à la Chambre du Sénat, l'assassina en 44 av. J.-C.
Non seulement César fut-il un homme politique célèbre, mais il était un bon orateur et historien. Il écrivit quelques œuvres littéraires : Commentarii de bello gallico (Commentaires de la guerre des Gaules) et Commentarii de bello civili (Commentaires de la guerre civile).
  • « César ou Jules César en lat. Caius Julius Caesar », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Julius Caesar », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 2 février 2011. http://www.britannica.com/biography/Julius-Caesar-Roman-ruler.
  • « Julius Caesar », Wikipédia l'encyclopédie libre (27 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 2 février 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Julius_Caesar.

Néron (en lat. Lucius Domitius Claudius Nero)

(Antium 37 - Rome 68). L'arrière-petit-fils de l'empereur romain Auguste (Octave), Néron fut le cinquième et dernier empereur romain (54-68 ap. J.-C.) connu surtout pour son règne tyrannique et prodigue. Néron succéda à son beau-père l'empereur Claude Ier en 54. Consommé par la paranoïa et désirant se libérer de la tutelle de sa mère, Agrippine, Néron empoisonna Britannicus, le fils de Claude, en 55 et fit assassiner sa mère en 59. En 64, Rome fut incendiée, et certains, désillusionnés, blâmèrent Néron, qui choisit de nombreux chrétiens romains comme boucs émissaires, les exécutant. En plus, l'incendie permettait à Néron de faire bâtir son Domus aurea, la Maison dorée. Après une conspiration de la part de certains opposants, Néron fit périr Sénèque parmi d'autres et s'appropria les biens des condamnés. L'Empire dans son ensemble commença à souffrir de la démence démesurée de Néron. Vindex, général gaulois, rallia la Gaule contre Néron, et Galba, jusqu'alors le gouverneur de l'Espagne tarraconaise, fut proclamé empereur. Néron s'évada dans une villa près de Rome et, après une crise de paranoïa, se suicida.
  • « Neron en lat. Lucius Domitius Claudius Nero », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Messaline (en lat. Valeria Messalina)

(25 av. J.-C. - Rome 48 ap. J.-C.). Fille du consul romain Marcus Valerius Messalla Barbatus, Messaline devint impératrice romaine lorsqu'elle épousa Claude Ier. Connue pour sa conduite despotique, Messaline manipula Claude pour qu'il éliminât les rivaux potentiels à elle et à leurs enfants, Octavie et Britannicus. Messaline était également réputée pour la vie dévergondée qu'elle mena. Selon le poète latin Juvenal, elle se prostituait dans des bordels de Rome et elle aménagea même une partie du palais en lupanar. Cependant, l'empereur mit fin à ses débauches lorsque l'affranchi Narcisse l'avertit du mariage prévu entre Messaline et Silius, son amant secret, et de leur attentat comploté contre lui. Effectivement, Claude fit exécuter sa femme et Silius dans les jardins de Lucullus.
  • « Messaline », Wikipédia l'encyclopédie libre (18 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 31 mars 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Messaline.
  • « Messaline en lat. Valeria Messalina », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Pars, Dictionnaires le Robert, 1994.

Agrippine la Jeune

(Ara Ubiorum, auj. Cologne 16 – Baïes 59 ap. J.-C.). Fille du général romain Germanicus, Agrippine la Jeune épousa le préteur et le consul Cneus Domitius Ahenobarbus et donna naissance à Néron. À la mort de son mari, elle épousa l’empereur Claude, son oncle, et le fit adopter son fils pour que celui-ci prît le trône. Ensuite, aidée par Locuste, elle empoisonna Claude. Lorsque Néron fut proclamé empereur, il semblait que les rêves d'Agrippine de gouverner sous le nom de son fils se réalisaient. Pourtant, Néron, voulant se débarrasser de la tutelle de sa mère, la fit assassiner.
  • « Agrippine la Jeune », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Ahenobarbus en lat. Cneus Domitius Ahenobarbus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Tacite (Publius Cornelius Tacitus)

Historien latin (v. 55 - v. 120 ap. J.-C.) qui fut également consul (97) et proconsul d’Asie (110-113) sous l’empereur Vespasien. Sa première œuvre, Dialogue des orateurs (-106), est un essai qui visait à chercher la cause du déclin de l’éloquence. En 98, il produisit l’éloge Vie d’Agricole, biographie qui loue la carrière de son beau-père comme général sous l’empereur Domitien. Tacite écrivit aussi la Germanie, traité parlant des coutumes germaines. Ses deux ouvrages les plus connus, pourtant, sont les Histoires (-106), qui examinent l'Empire romain à partir de 69 jusqu'en 96, et les Annales (-110), qui traitent la période de l'empire entre 14 et 68. Tacite avait une façon très particulière d’écrire, qui aurait été inspirée par Thucydide : ses phrases ont une tension nerveuse et sont extrêmement concises. La mention de cette concision pourrait faire de ses écrits historiques des chroniques, mais en effet, il s’agit du contraire : l’Histoire devient, dans un ouvrage de Tacite, un genre littéraire.
  • « Tacite en lat. Publius Cornelius Tacitus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Tacitus », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 5 avril 2011. http://www.britannica.com/biography/Tacitus-Roman-historian.

Les Annales

Récit historique de Rome par Tacite publié entre -115 et -117 ap. J.-C. L'ouvrage comprenant au moins 16 livres couvre la période à partir de la mort d'Auguste (14) jusqu’à la mort de Néron (68).
  • « Annales », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pâris

Dans la mythologie grecque, Pâris fut le fils de Priam et Hécube, ainsi que le roi de Troie. Avant la naissance du petit, sa mère eut une prémonition qu’elle donnerait le jour à une torche qui mettrait Troie en flammes. Ainsi laissa-t-elle l’enfant sur le mont Ida dès la naissance de celui-ci. Il reçut le nom d’Alexandre (celui qui protège les êtres humains) des bergers qui l’élevèrent. Ensuite, élu par les dieux, il devint juge dans la dispute entre les déesses Héra, Athéna et Aphrodite dont il était censé de donner la pomme d’or à la femme « la plus belle ». Pâris l’offrit à Aphrodite, qui le laissa épouser Hélène. Par conséquent, celle-ci, femme du roi de Sparte, Ménélas, fut enlevée, ainsi provoquant la fameuse guerre de Troie. Selon l’Iliade de Homère, Ménélas vainquît Pâris lors d’un combat ; pourtant, celui-ci fut sauvé par Aphrodite. À la demande d’Aphrodite, Apollon lança une flèche qui blessa au talon, amenant sa mort. Peu après, Pâris fut tué par Philoctète.
  • « Pâris », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Priam (en gr. Priamos)

Roi de Troie dans la mythologie grecque, Priam eut cinquante fils et plusieurs filles. Sa séconde femme Hécube lui donna dix-neuf enfants dont Pâris, qui déclencha la guerre de Troie en enlevant Hélène la princesse de Sparte. Ainsi, Priam perdit son royaume et presque tous ses enfants au cours de la guerre. Priam mourut, enfin, aux mains de Pyrrhos, fils d'Achille.
  • « Priam », Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/priam.htm.
  • « Priam en gr. Priamos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hélène

Fille du roi de Sparte Tyndare et de Léda. Pourtant, il existe une autre version du mythe où celle-ci naquit de l’union de Léda avec Zeus, qui s'était métamorphosé en cygne. Selon cette version, Léda aurait pondu deux œufs : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
Connue principalement pour sa beauté, la princesse de Sparte et l'épouse de Ménélas fut enlevée par Pâris ainsi provoquant la guerre de Troie. Il existe plusieurs descriptions du comportement d'Hélène pendant la guerre. Certaines versions, comme l'Iliade d'Homère, dépeignent Hélène comme aidant les Grecs en secret, tandis que d'autres indiquent qu'elle consentit à son propre enlèvement.
  • « Hélène », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Alexandre le Grand

Né en 356 av. J.-C. à Pella, Alexandre le Grand fut le fils du roi Philippe II et d’Olympias devenant en -336 roi de Macédoine ainsi que le chef de la Confédération hellénique. Considéré comme un des plus grands conquérants de l'histoire, Alexandre le Grand créa un empire s'étendant de la mer Ionienne à l'Himalaya. Il fonda Alexandrie en Égypte (-332- -331) et choisit Babylone comme la capitale de son empire (-331). Il mourut à Babylone en -323 après quoi ses généraux, les Diadoques, partagèrent son empire et se mirent à combattre par la suite, assassinant sa mère Olympias, son épouse, Roxane, et son fils, Alexandre IV.
  • « Alexander the Great », Wikipédia l'encyclopédie libre (6 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 7 février 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_the_Great.
  • « Alexandre le Grand (~356-~323) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Alexandre le Grand ou Alexandre III », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Alexandrie en ar. al-Iskandarīyah », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Roxane

Roxane fut la fille du satrape perse de Bactriane Oxyarte. Prise comme prisonnière par les Macédoniens pendant les nombreuses conquêtes sous Alexandre III, elle épousa le roi en 333 av. J.-C. Les deux eurent un fils, Alexandre Aigos (Alexandre IV), qui fut assassiné avec elle en 323 sous les Diadoques, successeurs d’Alexandre III.
  • « Alexandre le Grand ou Alexandre III », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Roxane », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hannibal

Né à Carthage en 247 av. J.-C., Hannibal, général et homme d'État carthaginois, est considéré comme l'un des plus grands chefs militaires de l'histoire. Il déclencha la Deuxième Guerre punique (218-202) contre Rome pour rétablir la puissance de Carthage perdue lors de la Première Guerre punique (264-241). Son armée fut victorieuse contre les Romains à Cannes en -216, pourtant, à Zama, en Afrique, il fut vaincu par Scipion l’Africain en -202. Néanmoins, Hannibal persista, entreprenant des réformes sur les plans économique, politique et militaire. Cependant, lorsqu’il fut nommé suffète (premier magistrat de l’État punique), ses ennemis le dénoncèrent, et Rome exigea sa mort. Ainsi se réfugia-t-il en Syrie, et ensuite, en Bithynie. Malgré qu’il continuât toujours sa lutte, le roi de Bithynie, Prusias Ier, exigea qu’Hannibal se livrât. Pour éviter la servitude, Hannibal s’empoisonna en 183, à Bithynie, près de l'actuelle Bursa en Turquie.
  • « Hannibal en phénicien grâce au dieu Baal », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Socrate (en gr. Sôkratês)

Philosophe grec né à Athènes en -470 av. J.-C. dont la philosophie d'atteindre à la connaissance de soi et au bonheur par la raison humaine exerça une grande influence sur la philosphie antique et moderne. Socrates fut fort influencé par les sophistes (qu'il critiqua plus tard dans sa vie), maîtres du raisonnement axé sur des fins utilitaires et par le savant grec et biologiste, Anaxagore, de l’école ionienne. Il se maria avec Xantippe vers 416 et eut d'elle trois fils mais il continua à dédier sa vie à l'enseignement des jeunes athéniens, parmi lesquels le général Alcibiade et les philosophes Phédon et Aristippe, et au débat partout à Athènes, suscitant des réactions favorables de beaucoup mais aussi hostiles de certains. C'étaient les hostiles, nommément Anytos, Lycon et Mélitos, qui provoquèrent la mort de Socrate en -399, le condamnant à boire la ciguë sous prétexte d'avoir « corrompu la jeunesse ».
  • « Socrates », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 8 février 2011. http://www.britannica.com/biography/Socrates.
  • « Socrate en gr. Sôkratês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Xanthippe (en gr. Xanthippê)

(Athènes -Ve s. - déb. - IVe s.). Femme du philosophe athénien Socrate qui devint symbole de la femme d’esprit acerbe. Selon la tradition, Socrate ne l’aurait épousé que pour mettre à l’épreuve sa patience. Dans son dialogue Phédon, Platon dit que Socrate, condamné à mort par la consommation de la ciguë, aurait renvoyée Xanthippe avant de s’empoisonner en raison de ses pleurs irritants.
  • « Xanthippe en gr. Xanthippê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Xanthippe (femme) », Wikipédia l'encyclopédie libre (2 novembre 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 8 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Xanthippe_%28femme%29.

Euripide (en gr. Euripidês)

Poète tragique grec (Salamine -480 – Macédoine -406 av. J.-C.) qui fut l'auteur de 92 pièces mais ne nous reste que dix-huit. D’habitude, on les répartit en trois groupes :
  1. Classiques : Médée, Hippolyte porte-couronnne, Iphigénie à Aulis, Les Bacchantes
  2. Renouvellement de la tragédie : Alceste, Ion, Électre
  3. Tragedies ayant des allusions contemporaines : Héraclides, Andromaque, Les Troyennes, Hélène
Il écrivit aussi les tragédies Hécube, Les Suppliantes, Héraclès furieux, Iphigénie en Tauride, Les Phéniciennes et Oreste et le drame satirique Le Cyclope.
  • « Euripide en gr. Euripidês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Euripide », Wikipédia l'encyclopédie libre (10 juin 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 juin 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Euripide.

Hésiode (en gr. Hêsiodos)

(Ascra, Béotie -VIIIe s. - -VIIe s. av. J.-C.). Pasteur qui devint l'un des premiers poètes et théologiens grecs. Certains de ses œuvres ont ainsi un côté moral et didactique, comme ses deux épopées Les Travaux et les Jours, qui avait pour destinataire son frère Persès qui l’accusa de voler son héritage, et La Théogonie, où les Muses décident de dire les vérités au lieu de mentir.
  • « Hesiod », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 9 février 2011. http://www.britannica.com/biography/Hesiod.
  • « Hésiode en gr. Euripidês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Vulcain (en lat. Vulcanus)

Fils de Jupiter et de Junon et l'époux de Vénus, Vulcain fut le dieu romain du feu, dont l’équivalent grec est Héphaïstos, de qui il obtint ses traits principaux ainsi que ses légendes.
Selon la légende grecque, pour punir l'humanité pour avoir volé le feu du Ciel, Jupiter ordonna aux autres dieux de créer la première femme, Pandore, qui introduirait les maux, le travail acharné et la maladie dans le monde. C'était Vulcain qui modela Pandore en argile, lui donnant la forme des déesses.
  • « Vulcain », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Vulcain (mythologie) », Wikipédia l'encyclopédie libre (2 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 9 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Vulcain_%28mythologie%29.

Jupiter

D’autres noms : Stator (qui arrête), Elicius (qui fait le foudre) et Feretrius (qui frappe). L’équivalent du dieu grec, Zeus, Jupiter, fils de Saturne, est le roi des dieux considéré comme divinité primordiale faisant partie de la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve) dans la mythologie romaine-italique. Jupiter gouverne le ciel, les éléments météorologiques (tonnerre, foudre) et la lumière du jour. Ainsi il est souvent représenté avec les emblèmes de l'éclair, du trône et du sceptre.
D'un esprit licentieux, Jupiter prit maintes amantes, cependant, seulement sa sœur jumelle Junon conquit son cœur. Après plusieurs tentatives de la courtiser, il réussit finalement à gagner sa main en se transformant en coucou mouillé pour exciter la sympathie et l'affection de la déesse. Ainsi leurs noces marquèrent le premier mariage du monde.
  • « Hera / Junon », Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/hera.htm.
  • « Jupiter », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Zeus / Jupiter (3/4) », Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 19 juillet 2011. http://mythologica.fr/grec/zeus3.htm.

Apollon appelé aussi Phébus (en gr. Phoibus le Brillant)

Fils de Léto et de Zeus et frère jumeau d’Artémis, il est dieu grec de la lumière, du chant, de la raison, de la musique et de la poésie. Décrit aussi comme dieu à l'arc et flèche, il punit et détruit le méchant. Une légende notoire raconte que quatre jours après sa naissance, Apollon tue au tir à l'arc le dragon, Python, qui avait poursuivi sa mère en route pour Délos.
  • « Apollo », Greek Myth Index (2007), Myth Index, Internet, 30 juin 2010. http://www.mythindex.com/greek-mythology/A/Apollo.html.
  • « Apollon », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Apollon.
  • « Apollon appelé aussi Phébus, en gr. Phoibus « le Brillant »  », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Vénus

Déesse romaine de la végétation et des jardins. À partir du -IIe siècle, elle fut assimilée à Aphrodite grecque acquérant ses attributs de la beauté, de l'amour et des plaisirs. C'est ainsi que la déesse attira plusieurs amants, parmi lesquels Vulcain, Mars et Jupiter. Comme déesse grecque, Vénus est parfois appelée « Cythérée », surnom accordé à Aphrodite alors qu'elle fut portée à l'île de Cythère après sa naissance.

Bacchus, Bacchos ou Liber Pater

Dieu romain, l'équivalent du grec Dionysos, qui représente la vigne, le vin, le délire extatique, le débordement sexuel, l'ivresse et la nature terrestre. On le caractérise souvent par la vigne, la grappe de raisin, le lierre, la panthère et un thyrse.
  • « Bacchus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Bacchus », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bacchus.
  • « Dionysos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Tibulle (en lat. Albius Tibullus)

Poète élégiaque latin qui naquit vers -50 et qui mourut vers -19 ou -18. Dans ses poèmes, Tibulle traitait fréquemment de la vie rurale, se rapprochant par les thèmes qu'il privilégiait à son modèle, Virgile. Il produisit deux livres d'Élégies. On associe à son œuvre le Corpus tibullianium, ensemble de pièces produites dans le cercle de Messalla, le général et orateur romain qui protégea le poète pendant sa vie. Tibulle fut également l'ami des poètes latins Properce et Ovide.
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  • « Tibulle en lat. Albius Tibullus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Déjanire (en gr. Dêianeira)

Selon la légende, Déjanire aurait été la princesse de Calydon (ville de l'Ancienne Grèce en Étolie) et l'épouse d'Hercule. Dans une histoire, Hercule et Déjanire arrivèrent à un fleuve, où apparut le centaure, Nessus, qui offrit d’aider Déjanire à traverser le fleuve alors qu'Hercule le traverserait à la nage. Pourtant, au moment où Hercule arriva à l’autre côté, il vit que Nessus abusait de Déjanire. Ainsi Hercule blessa-t-il le centaure d’une flèche. Celui-ci ordonna à Déjanire de prendre sa tunique et de la tremper dans son sang pour l’offrir à Hercule ; le sang sur la tunique agirait en philtre d’amour si Hercule n’aimait plus sa femme. Déjanire, jalouse d’Iole, la princesse de Thessalie , trempa la tunique dans le sang du centaure et la remit à Lichas. Celui-ci, le serviteur d’Hercule, l’apporta au héros. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau. Cependant, en essayant de l’enlever, il se rendit compte que sa peau partait avec la tunique et il s’arracha la peau. Il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus l’avait trompée.
Il existe des variations de ce mythe. Dans une autre version, où le sang du centaure était mélangé avec du poison de l’Hydre de Lerne, Hercule, la peau brûlant, construisit un bûcher dans lequel il se jeta.
  • Brunel, Georges, « Hercule, iconographie », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Déjanire en gr. Dêianeira », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hercule (en lat. Hercules, en gr. Héraclès)

Héros de la mythologie gréco-romaine dont la vie est racontée en plusieurs épisodes héroïques et fabuleux. C’est un demi-dieu, ayant pour père le dieu Zeus et pour mère Alcmène. Héraclès grec a fait plusieurs aventures partout dans la Méditerranée ainsi qu’aux Enfers. Hercule romain semble être moins violent que son alter ego grec.
  • « Héraclès », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hercule_(mythologie).
  • « Hercule en lat. Hercules », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Travaux d'Héraclès », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Travaux_d'Héraclès.

Thèbes (en gr. Thíva ou Thívai)

Ville qui se trouve en Grèce centrale de nos jours, en Béotie.
  • « Thèbes en gr. Thíva ou Thívai », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Samson (en hébr. Shimshin celui de Shemesh, du Soleil)

Personnage biblique, juge d’Israël (Juges, XIII-XVI). Consacré à Dieu (nazir), il porte intacte sa chevelure, siege de sa force. Il lutte contre les Philistins, en tue mille avec une mâchoire d’âne, mais est trahi par Dalila qui lui rase la tête et le livre. Prisonnier, il retrouve sa force et renverse le temple de Dagon sur lui-même et sur les Philistins.
  • « Samson en hébr. Shimshin celui de Shemesh, du Soleil », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Livre des Juges

Le deuxième livre historique de la Bible ; dans la Bible hébraïque, il suit le Livre de Josué. Cet ensemble emploie plusieurs sources et contient 21 chapitres qui parlent de la résurgence du polythéisme en Israël, les guerres entre les indigènes et des Israélites et les efforts des Juges, visant à restaurer la vénération d’Iahvé.
  • « Juges (Livre des) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Livre des Juges », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Dalila

Le personnage biblique Dalila séduit Samson et lui rasa la tête pendant que celui-ci dormait après avoir appris que sa force se trouvait dans la chevelure.
  • « Dalila », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Philistins

Peuple ancien vivant sur le littoral de Canaan depuis -1190 av. J.-C., les Philistins sont d’une origine incertaine. Ce peuple domina les autres peuples indigènes, tels les Israélites et les Cananéens (de l’âge du bronze), jusqu’à la triomphe des Israélites sous David. Les livres Juges et I Samuel racontent ces luttes.
  • « Philistins », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Œnée (en grec ancien Oineús)

Selon la légende grecque, Œnée fut roi de Calydon et l'épouse d'Althée qui lui donna huit enfants; pourtant, selon certaines versions, Arès est le père de son fils, Méléagre, et Dionysos est le père de sa fille, Déjanire.

Étolie (en gr. Aitolía)

Région de la Grèce centrale sur la côte nord du golfe de Corinthe qui forme la partie orientale de l'actuelle Étolie-Acarnanie.
  • « Étolie », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Achéloos ou Aspropótamos

Dans la mythologie grecque, Achéloos fut un dieu-fleuve et le rival d’Héraclés pour Déjanire. Dans le concours pour obtenir la main de Déjanire, Achéloos, possédant le pouvoir de la métamorphose, se transforma en serpent, qu'Héraclés réussit à étouffer, et puis en taureau, à qui le héros parvint à arracher une corne. Essuyant la défaite, Achéloos récupera sa corne en l'échangeant contre la corne d'Amalthée, qui devint par la suite la « corne d'abondance ».
  • « Achéloos (mythologie) », Wikipédia l'encyclopédie libre (23 décembre 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 15 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ach%C3%A9loos_%28mythologie%29.
  • « Achéloos ou Aspropótamos n.m. », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Événos

Le fleuve, situé dans l'actuelle Étolie-Acarnanie en Grèce occidentale, où Hercule et Déjanire rencontrèrent le centaure Nessus qui offrit d’aider Déjanire à traverser l'Événos en la portant dans ses bras, mais qui tenta à la violer, alors qu'Hercule traversait le fleuve à la nage.

Nessus ou Nessos

L'un des Centaures, peuple mythique à torse de cheval et tête d'homme, qui fut associé avec la mort d'Hercule. Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres souligne que l'on obtient, de son nom, l'expression « tunique de Nessus », qui signifie un présent funeste.
Selon la légende, Hercule et son épouse Déjanire arrivèrent à un fleuve, où apparut le centaure, Nessus, qui offrit d’aider Déjanire à traverser le fleuve alors qu'Hercule le traverserait à la nage. Pourtant, au moment où Hercule arriva à l’autre côté, il vit que Nessus abusait de Déjanire. Ainsi Hercule blessa-t-il le centaure d’une flèche. Celui-ci ordonna à Déjanire de prendre sa tunique et de la tremper dans son sang pour l’offrir à Hercule ; le sang sur la tunique agirait en philtre d’amour si Hercule n’aimait plus sa femme. Déjanire, jalouse d’Iole, la princesse de Thessalie , trempa la tunique dans le sang du centaure et la remit à Lichas. Celui-ci, le serviteur d’Hercule, l’apporta au héros. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau. Cependant, en essayant de l’enlever, il se rendit compte que sa peau partait avec la tunique et il s’arracha la peau. Il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus l’avait trompée.
Il existe des variations de ce mythe. Dans une autre version, où le sang du centaure était mélangé avec du poison de l’Hydre de Lerne, Hercule, la peau brûlant, construisit un bûcher dans lequel il se jeta.
  • « Nessos ou Nessus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Iole (en gr. Iolê)

Iole fut la princesse de Thessalie dans la mythologie grecque. Son père le roi, Eurytos, organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • « Iole en gr. Iolê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Eurytos (en lat. Eurytus)

Dans la mythologie grecque, Eurytos fut roi d’Œchalie, ville d’Eubée dans la région de Thessalie. Il organisa un concours de tir à l’arc, promettant sa fille, la princesse Iole, au vainqueur. Lorsque le concours fut gagné par Héraclès, pourtant, le roi changea d’avis, connaissant les tendances meurtrières du héros. En conséquence, Héraclès enleva la fille. Toutefois, Déjanire, la femme du héros qui était jalouse d’Iole, donna la tunique de Nessus à son mari, ainsi engendrant la mort de celui-ci.
  • « Eurytos (Œchalie) », Wikipédia l'encyclopédie libre (25 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 16 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Eurytos_%28%C5%92chalie%29.
  • « Iole en gr. Iolê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Eubée (en gr. Évia)

Île grecque qui se trouve dans la mer Égée, séparée de la Grèce continentale par le canal de l’Euripe.
  • « Eubée », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Péchoux, Pierre-Yves, « Eubée », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Lichas

Serviteur d'Hercule qui, selon la légende grecque, lui apporta la tunique trempé dans le sang vénéneux de Nessus selon l'ordre de la femme jalouse du héros, Déjanire. Lorsqu’Hercule se revêtit de la tunique, il sentait brûler sa peau et, en essayant de l’enlever, il s'arracha la peau. Par la suite, il lança Lichas dans la mer pendant que Déjanire se pendit, comprenant que Nessus lui avait fait croire que la tunique servirait de philtre d’amour.
  • « Déjanire en gr. Dêianeira », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Hercule, iconographie », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Sénèque (en lat. Lucius Annaeus Seneca)

Philosophe stoïcien, homme politique et écrivain, Sénèque naquit à Cordoue en -4 av. J.-C. Il fut également le précepteur de Néron, exerçant une influence bienveillante et stable sur le jeune empereur pendant les premières années de son règne. Pourtant, après le meurtre de Burrus (le préfet de la garde) par Néron, Sénèque se retira. En 65 ap. J.-C., il dut se suicider sur l’ordre de Néron après que l’empereur l’ait accusé de participer à une conspiration.
Plusieurs tragédies sont attribuées à Sénèque : Médée, Les Troyennes, Phèdre, Agamemnon et Hercule furieux. Il aurait écrit les traités de philosophie De la clémence, Des bienfaits, De la constance du sage, De la tranquillité de l’âme, De la providence et Lettres à Lucilius. L’ouvrage scientifique Naturales Quaestiones lui est également attribué.
  • « Sénèque », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Sénèque en lat. Lucius Annaeus Seneca », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hercule furieux (en lat. Hercules furens)

Tragédie écrite environ 54 ap. J.-C. par le dramaturge romain Sénèque qui fut inspirée par l'œuvre du poète grec Euripide, Héraclès furieux (Hêraklês mainomenos). Le demi-dieu, Hercule, rendu temporairement fou par la déesse Iris et les Furies, tue sa femme et ses enfants. Lorsqu'il revient à la raison, Thésée le sauve dans son désespoir suicidaire, persuadant son vieil ami de l'accompagner à Athènes.
  • « Héraclès furieux en gr. Hêraklês mainomenos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mastin, Luke, « Hercules Furens », Classical Literature, Ancient-Literature.com, Internet, 17 février 2011. http://www.ancient-literature.com/rome_seneca_hercules.html

Virgile (en lat. Publius Vergilius Maro)

(Près de Mantoue, v. -70 – Brindes -19 av. J.-C.). Poète latin renommé dont les œuvres les plus célèbres comprennent les Géorgiques, épopée qui loue le travail et la vie rurale et l'Énéide, épopée qui parle des aventures du héros Énée et du fondement de Rome. Malheureusement, Virgile mourut avant que l'Énéide ne fût achevée. Quoiqu’il eût demandé qu’on brûlât l’épopée partielle, Auguste ordonna que la publication fût terminée par Varrius et Tucca, poètes et amis de Virgile.
  • Perret, Jacques, « Virgile », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Virgile Publius Vergilius Maro », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Sténélée (en gr. Sthenelus)

Fils de Persée et d'Andromède, Sténélée fut roi de Mycènes selon la légende grecque. Son fils, Eurysthée, l'adversaire d'Héraclès, imposa à ce dernier les douze travaux.

Les Héroïdes

Lettres fictives écrites par le poète latin Ovide représentant la correspondance entre des femmes légendaires et leurs maris ou amants absents, par exemple des échanges entre Didon et Énée, Déjanire et Hercule, Ariane et Thésée, Médée et Jason, Hypermnestre et Lyncée et Léandre et Héro. Elles ont pour sujet l'abandon des femmes, décrit en termes de rhétorique élégiaque. Ces couples évoquent de façon concrète le siècle d’Auguste, les portrait étant humains plutôt que mythiques.
  • « Les Héroïdes », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Héroïdes.
  • « Ovide en lat. Publius Ovidius Naso », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Viarre, Simone, « Ovide (~43-17) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Ovide (en lat. Publius Ovidius Naso)

Poète latin (Sulmona, Abruzzes 43 av. J.-C. – Tomes 17 ou 18 ap. J.-C.) connu pour sa poésie élégiaque. Ses œuvres sont particulièrement diverses : Les Amours, livre de poésie qui parle de son amour pour Corinne évoque un érotisme subtil; Les Héroïdes, de l’autre côté, sont des lettres fictives écrites par des femmes et des hommes légendaires; Les Fards et Les Remèdes d’amour sont des traités qui satirisent l’élégance de la haute société romaine. L’œuvre la plus ambitieuse de sa carrière fut les Métamorphoses, poème mythologique comprenant quinze livres, qu’il n’acheva pas. Ovide fut exilé à Tomes (aujourd'hui Costantza) par Auguste, qui trouva immoral le poème L’Art d’aimer, dix années après sa publication.
  • « Ovide en lat. Publius Ovidius Naso », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Viarre, Simone, « Ovide (~43-17) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Junon (en lat. Juno)

Déesse de la nature dans la religion romaine, Junon représentait la féminité. Junon et Jupiter, son frère de la même mère Rhéa ainsi que son époux, sont considérés comme divinités primordiaux qui constituent deux des trois figures dans la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve).
Les grecs hellénisèrent Junon et la renommèrent Héra. Ils lui attribuèrent le rôle de protectrice du mariage et des femmes mariées.
  • « Héra en gr. Hêra », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Junon en lat. Juno », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Dorat (Jean Dinemandi)

Né à Limoges en 1508, Dorat fut un poète et humaniste français. Pendant sa vie, il fut passionné de la culture gréco-latine et composa des poésies latines. Helléniste renommé, il fut titulaire d'une chaire de grec au Collège royal en 1566. Ce fut également Dorat qui constitua la Brigade (de nos jours, la Pléiade). Dorat mourut à Paris en 1588.
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  • « Dorat (Jean Dinemandi) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ménélas (en gr. Menelaos)

Roi mythique de Sparte et frère d'Agamemnon, Ménélas fut un personnage central de l'Iliade d'Homère. Ménélas fut l’époux d’Hélène, qui avait la réputation d'être la plus belle femme du monde. Dans l’épopée homérique, c’est l’enlèvement d’Hélène par Pâris qui provoqua la guerre de Troie.
  • « Ménélas », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Sparte ou Lacédémone

Ancienne ville grecque située sur le fleuve Eurotas dans la Laconie sur la péninsule Péloponnèse qui fut fondée au -IXe siècle av. J.-C. Connue pour sa puissance militaire éminente, sa domination dans la Grèce antique dura du VIIe au IVe siècle av. J.-C.
  • « Sparte », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Sparte », Wikipédia l'encyclopédie libre (11 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 février 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Sparte.

Troie (en gr. Troia ou Ilion, en lat. Ilium)

Ancienne ville située dans le nord-ouest d'Anatolie en Asie Mineure, près de la mer Égée qui fut le cadre de plusieurs mythes grecs, notamment de la fameuse guerre de Troie qui est racontée dans l'Iliade et l'Odyssée d'Homère. Selon la légende, c'était l'enlèvement d'Hélène, femme du roi de Sparte Ménélas par le prince troyen Pâris qui provoqua le siège de Troie. Ménélas vainquît Pâris lors d’un combat ; pourtant, celui-ci fut sauvé par Aphrodite. Peu après, Pâris fut tué. Cependant, c'était la ruse du cheval de Troie qui mit fin à dix ans de combat. Après avoir reçu le cheval en bois dans la ville, Ménélas et les autres guerriers cachés à l'intérieur s'affranchirent, détruisant Troie par le feu, massacrant tous les hommes et contraignant toutes les femmes à l'esclavage.

Lacédémone

Veuillez consulter la référence Sparte.

Léda

Léda fut la princesse mythique d’Étolie, et la femme de Tyndare, roi de Sparte. Selon la tradition, elle lui donna deux enfants : Clytemnestre et Castor. Pourtant, Hélène et Pollux naquirent de son union avec un cygne (qui était, en effet, Zeus), ou bien, de l’œuf que Némésis lui donna. Dans une autre version du mythe, Léda pond deux œufs après son union avec Zeus-cygne, et deux couples de jumeaux en sortent, un couple par œuf.
  • « Léda », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Castor (en gr. Kastôr)

Fils de Tyndare et de Léda, qui naquit en même temps que sa sœur, Clytemnestre. Pourtant, deux autres enfants, Hélène et Pollux, naquirent de l’union de Léda avec Zeus après que celui-ci s’était transformé en cygne. Dans une autre version du mythe, Léda pond deux œufs après son union avec Zeus-cygne, et deux couples de jumeaux en sortent, un couple par œuf : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
  • « Castor et Pollux en gr. Kastôr Poludeukês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pollux (en gr. Poludeukês)

Fils de Zeus et de Léda qui naquit en même temps que sa sœur, Hélène. Selon la tradition, sa mère, Léda, eut deux enfants par son mari, Tyndare : Clytemnestre et Castor. Pourtant, deux autres enfants, Hélène et Pollux, naquirent de l’union de Léda avec Zeus après que celui-ci s’était transformé en cygne. Dans une autre version du mythe, Léda pond deux œufs après son union avec Zeus-cygne, et deux couples de jumeaux en sortent, un couple par œuf : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
  • « Castor et Pollux en gr. Kastôr Poludeukês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Clytemnestre (en gr. Klutaimnêstra)

Clytemnestre était la fille du roi de Sparte Tyndare et de Léda selon la tradition la plus répandue. Il existe, pourtant, une autre version du mythe où celle-ci naquit de l’union de Léda avec Zeus, qui s'était métamorphosé en cygne. Selon cette version, Léda aurait pondu deux œufs : Clytemnestre et Castor dans l’un, et Hélène et Pollux dans l’autre.
Clytemnestre épousa le roi de Mycènes Agamemnon. Les deux donnèrent naissance à des enfants, parmi lesquels furent Oreste et Électre. Leur fille Iphigénie fut sacrifiée à Aulis, un port grec en Béotie. Après ceci, Clytemnestre prit Égisthe pour amant, et les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon), après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • « Clytemnestre en gr. Klutaimnêstra », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Minerve (en lat. Minerva)

Déesse romaine appartenant à la triade capitoline (Jupiter-Junon-Minerve), Minerve équivaut à la déesse grecque Athéna. Celle-ci est la déesse guerrière et la déesse de la raison ainsi que la déesse de l’intelligence, s’occupant de la littérature et des beaux arts et protégeant les sciences. Elle est d’habitude associée à la chasteté, d’où l’épithète « Athena Parthenos ».
Selon la tradition, Jupiter avala son amante Métis de peur que l'enfant qui naîtrait de Minerve ne le détrônât. Un jour, pris par un mal de tête violent, Jupiter quémanda à Vulcain de lui fendre le crâne, d'où sortit Minerve tout armée.
  • « Athéna », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Athéna / Minerve », Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 24 février 2011. http://mythologica.fr/grec/athena.htm
  • « Minerve en lat. Minerva », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Discorde (en lat. Discordia)

Mère des fléaux dans la mythologie romaine dont l'équivalent grec est Éris. Selon la tradition, ce fut Discorde qui jeta la pomme « à la plus belle » d'entre les déesses Junon, Minerve et Vénus, ainsi provoquant la guerre de Troie.

Phrygie (en gr. Phrugia, en lat. Phrygia)

Ancien pays entre la Lydie et la Cappadoce, aujourd’hui la Turquie, en Asie mineure. Les phrygiens, peuple indo-européen qui tira ses origines de la Thrace ou de la région du Danube, se trouvèrent au centre de l’Asie mineure, ainsi que sur sa partie occidentale. Selon le deuxième livre de l'Iliade, les Phrygiens comptèrent parmi les alliés des Troyens pendant la guerre de Troie.
  • « Phrygie n. f. - en gr. Phrugia, en lat. Phrygia », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Trojan War », Wikipédia l'encyclopédie libre (20 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 28 février 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Trojan_War.

Hécube (en gr. Hekabê)

Hécube fut l’épouse de Priam, roi de Troie. Les deux donnèrent le jour à 19 enfants, parmi lesquels furent Hector, Déiphobe et Pâris. Homère en parle dans son Iliade, où elle devient la personnification de la douleur maternelle, ayant le malheur de voir périr presque tous ses fils pendant la guerre.
  • « Hécube », Wikipédia l'encyclopédie libre (1er février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er mars 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube.
  • « Hécube en gr. Hekabê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Mont Ida

Chaîne des montagnes en Asie mineure bordée par le sud et le sud-est de la plaine de Troie et par la Troade. Selon Homère, le jugement de Pâris, où il offrit la pomme d’or à la déesse « la plus belle », aurait eu lieu sur le mont Ida ainsi que l’enlèvement de Ganymède par Zeus qui était amoureux du beau prince troyen.
  • « Ida n. m. », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pallas

Dans la mythologie des Grecs, Pallas fut un Géant qui voulait violer Athéna. Ainsi celle-ci le brûla et se fabriqua une cuirasse de la peau écorchée qu’elle portait en combat contre les Géants.
Pallas fut également un surnom de la déesse Athéna. Selon une légende, celle-ci aurait été une fille de Triton, le dieu grec des mers, et une amie enfantine d’Athéna. Pallas aurait été tuée pendant un de leurs jeux. Pour commémorer son amie, Athéna aurait pris son nom et construit le Palladion (en lat. Palladium), statue ayant des propriétés magiques.
  • « Pallas », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Déiphobe (en lat. Deiphobus)

Un des fils de Priam et d’Hécube, Déiphobe fut un des plus courageux Troyens pendant la guerre de Troie. Dans l’Iliade d’Homère, Déiphobe et son frère Hélénos menèrent le troisième groupement de Troyens contre les Achéens et de sanguinaires luttes s’ensuivirent. Il fut sauvé par son frère Politès après avoir été blessé par Mérion, héros achéen de Crète. À un autre moment, Athéna prit la forme de Déiphobe afin de tromper Hector qui luttait avec . Après la mort de son frère Pâris, il prit Hélène pour sa femme. Cependant, Déiphobe subit le même sort que celui-ci lorsque qu'Hélène laissa entrer dans sa chambre Ménélas qui le poignarda à mort.

Homère (en gr. Homêros)

Poète grec très illustre qui aurait écrit l'Iliade, épopée racontant quelques journées de la guerre de Troie et l'Odyssée, suite de la première décrivant les ventures du héros Ulysse après la guerre. Ses œuvres ont eu une grande influence sur la poésie épique, de l’Énéide de Virgile aux autres histoires à travers les âges.
Il existe beaucoup de mystère autour du poète : Homère pourrait être un homme ou même des hommes. Selon l’historien grec Hérodote, qui fut le biographe le plus ancien du poète, Homère serait né aux environs de Smyrne (aujourd’hui la ville d’Ismir) au IXe siècle av. J.-C. Pourtant, plusieurs autres villes, comme Chios, soutinrent avoir donné le jour au poète. Homère aurait voyagé beaucoup dans le monde méditerranéen après avoir mené une école de rhétorique. Il aurait passé les dernières années de sa vie à réciter ses épopées devant un public très grand. Il serait mort à Ios, île de la mer Égée.
  • « Homère », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Homère en gr. Homêros », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Agamemnon

Roi légendaire d'Argos et de Mycènes et frère de Ménélas, Agamemnon servit de chef suprême des Grecs pendant la guerre de Troie. Il épousa Clytemnestre qui lui donna trois enfants : Électre, Iphigénie et Oreste. Lorsqu'Agamemnon sacrifia leur fille Iphigénie à Aulis (un port grec en Béotie) Clytemnestre prit Égisthe pour amant. Les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon) de retour de Troie, après lequel Égisthe prit le trône. Sept ans plus tard, Oreste et Électre, souhaitant venger leur père Agamemnon, assassinèrent Clytemnestre.
  • « Agamemnon », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Médée (en gr. Mêdeia)

Selon la mythologie grecque, Médée fut la fille du roi de Colchide, Éétès. Cette magicienne célèbre, amoureuse de Jason, trahit son père et son pays en utilisant la magie pour aider celui-ci à gagner la Toison d’or. Lorsqu'ils furent poursuivis par Éétès, Médée tua son frère Absyrtos et dépèça son corps, jetant ses membres sur la route pour retarder son père. Les deux amants réussirent à s'évader et, ensuite, ils se marièrent. Parvenue à Iolcos en Thessalie, Médée fit périr Pélias, roi de Iolcos et l'oncle qui avait envoyé Jason en Colchide pour s'emparer de la Toison d’or. Elle convainquit les filles de Pélias de dépecer leur père et de jeter les morceaux dans un chaudron d’eau bouillante pour ainsi le faire rajeunir. À cause de ce crime, Médée et Jason furent exilés à Corinthe où les époux donnèrent le jour à deux fils. Pourtant, lorsque Jason la répudia pour Créüse, la fille du roi Créon, Médée se vengea de l'adultère. Elle envoya à Créüse une tunique empoissonée comme cadeau et, enfin, égorgea ses propres enfants.
  • « Medea », Wikipédia l'encyclopédie libre (7 mars 201), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 9 mars 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Medea.
  • « Médée », Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 9 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/medee.htm
  • « Médée en gr. Mêdeia », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Jason (en gr. Iasôn)

Dans la mythologie grecque, Jason fut roi mythique d’Iolcos en Thessalie dont l'oncle, Pélias, déroba le trône à son père Éson et à lui. Ainsi le jeune prince fut-il élevé par Chiron, centaure connu pour la bonté et pour la sagesse. Il rentra à Iolcos comme adulte, se présentant devant Pélias en portant une seule sandale, car il avait perdu l’autre en traversant une marée. Le roi avait été averti par un oracle de se garder de l’homme qui ne portait qu’une sandale. Ainsi Pélias dit-il à Jason qu’il ne serait roi que s’il lui apportait la Toison d’or. De ce fait, Jason, accompagné par les Argonautes, part en Colchide sur le grand navire Argo. Avec l'aide de la magicienne Médée, Jason s'empara de la toison. Ensuite, les deux s'enfuirent ensemble et Jason rentra à Iolcos avec Médée comme sa femme. Or, peu après, Médée tua Pélias dans l'espoir de rendre le trône à son mari. En revanche, Jason et Médée furent exilés de Ioclos, après lequel ils se refugièrent à Corinthe et eurent deux fils. Dix ans plus tard, Jason annonça à Médée qu’il épouserait Créüse, la fille de Créon, roi de Thèbes car celui-ci avait offert à Jason de lui succéder comme roi. Furieuse contre cette infidélité et ingratitude, Médée se vengea de façon cruelle : elle envoya une tunique empoisonnée à Créüse comme cadeau de mariage et égorgea ses propres enfants.
  • « Jason », Greek Mythology Link (1997), Carlos Parada et Maicar Förlag, Internet, 10 mars 2011. http://www.maicar.com/GML/Jason.html.
  • « Jason en gr. Iasôn », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Atrée (en gr. Atreus)

Roi de Mycènes et père éponyme de la filiation des Atrides : Agamemnon, Ménélas, Oreste et Égisthe. Les Atrides furent victimes d’une suite de crimes cauchemardesques jusqu’à la purification amenée par Oreste. Cette série tragique d’événements troublants serait provoqué par la malédiction du roi mythque Tantale, qui commit de nombreux crimes pendant sa vie. Avec son frère Thyeste, Atrée fut poursuivi par son père après que les deux avaient tué leur demi-frère. D’après peu de temps, les deux se mirent à des disputes fourbes au sujet du trône de Mycènes. Après avoir gagné, Atrée tua deux fils de Thyeste et ensuite, lors d’un festin, les lui servit. Ainsi un autre fils de Thyeste, Égisthe, se vengea-t-il du meurtre en assassinant Atrée et plus tard, Agamemnon. Pourtant, il mourut peu après des coups d’Oreste.
  • « Atrée en gr. Atreus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Atrides n. m. pl. », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnares le Robert, 1994.

Mycènes (en gr. Mukênai)

Ville grecque préhistorique située dans le nord-est du Péloponnèse, Mycènes vit naître la première civilisation hellénique, les Mycéniens. La ville prospera au cours de l’âge du bronze (v. 3000 av. J.-C.) atteignant son comble vers 1400 av. J.-C. après l'installation des Achéens (un des premiers peuples indo-européens) vers 1600. Enfin, elle tomba en déclin en -1100 av. J.-C. avec l'invasion des Doriens du nord.
Rendue célèbre par la légende grecque, Mycènes fut la capitale d'Agamemnon, le roi mythique des Achéens qui ont saccagé la ville de Troie vers 1230. Agamemnon forma une coalition célèbre qui contribua à l’expansion du peuple achéen. Or, vers la fin du XIIe siècle, Mycènes fut détruite par les Doriens.
Légendes, personnages mythologiques ou historiques associés à Mycènes :
  • Les Atrides : Atrée, Agamemnon, Ménélas, Oreste, Égisthe.
  • Les Héraclides : Argos, Tirynthe, Pylos.
  • Les Argonautes
  • Hercule
  • Ulysse
  • « Mycenae », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 3 mars 2011. http://www.britannica.com/place/Mycenae.
  • « Mycènes en gr. Mukênai », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Égisthe (en gr. Aigisthos)

Égishe fut le roi de Mycènes ainsi que le fils du héros grec Thyeste. Après avoir assassiné Atrée, roi de Mycènes ainsi que son père adoptif, et Agamemnon, fils et successeur de celui-ci, Égisthe fut tué par Oreste, le fils d'Agamemnon. Ce dernier tua également sa mère, Clytemnestre, car il savait qu'elle avait eu une liaison avec Égisthe pendant l’absence de son père.
  • « Égisthe en gr. Aigisthos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Oreste (en gr. Orestês)

Descendant de la famille condamnée des Atrides selon la légende grecque, Oreste naquit de l’union d’Agamemnon (roi de Mycènes et d’Argos) et Clytemnestre. Lorsque sa sœur Électre lui expliqua les détails de la mort de son père, Oreste tua sa mère ainsi qu’Égisthe, son complice et amant. En conséquence, les Érinyes, divinités grecques venant de l’Enfer, poursuivaient Oreste sans cesse. Or, l’Aréopage, conseil politique, l’acquitta. Ensuite, Apollon purifia Oreste et l'envoya chercher la statue d'Artémis en Tauride pour le délivrer définitivement de sa démence. Sain d'esprit, il se maria avec Hermione, fille de Ménélas et d’Hélène, et devint éventuellement roi de Mycènes, d'Argos et de Sparte.
  • « Oreste », Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 7 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/oreste.htm
  • « Oreste en gr. Orestês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Électre (en gr. Êlektra)

Selon la mythologie grecque, Électre fut la fille du roi Agamemnon et de sa femme, Clytemnestre ainsi que la soeur d'Oreste et d'Iphigénie. La famille fut le sujet de scandale quand Clytemnestre prit Égisthe pour amant, et les deux assassinèrent Agamemnon et Cassandre (l’amante d’Agamemnon), après lequel Égisthe prit le trône. Après le meurtre de son père, Électre aida son frère Oreste à fuire en Phocide. Elle devint ensuite l'esclave d'Égisthe, mais pendant cet esclavage elle prépara sa vengeance contre sa mère. Après sept ans, lors du retour de Clytemnestre, Électre tua sa mère, aidé de son frère Oreste. Après ceci, Électre fut condamnée à mort, mais à la derniere minute, Apollon sauva la princesse.
  • « Électre en gr. Êlektra », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Érinyes (en gr. Erinues)

Divinités grecques de l’Enfer que les Romains ont plus tard assimilées aux Furies, elles symbolisent les lois du monde moral, et punissent tous ceux qui les transgressent. Alecto (l'Implacable), Tisiphone (Celle qui fait châtier le meurtre) et Mégère (L'Ensorceleuse) sont dépeintes typiquement avec une chevelure de serpents et un corps ailé ; elles portent souvent des fouets et des torches. Elles punissent leurs victimes en les rendant fous. Les Érinyes sont appelées également les Euménides (les Bienveillantes), nom euphémique attribué aux déesses lorsqu'elles ont cessé de pourchasser Oreste après son acquittement du crime de matricide.
Voir aussi Erennis.
  • « Erinnyes », Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 28 janvier 2010. http://mythologica.fr/grec/erinnyes.htm.
  • « Érinyes n. f. pl. -en gr. Erinues », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Leeming, David, éd., « Eumenides », The Oxford Companion to World Mythology, Oxford University Press, 2004. Oxford Reference Online, Internet, 2 août 2011.

Aréopagites

Serviteurs des divinités qui siégèrent sur l’Aréopage (en gr. Areios Pagos, colline d'Arès, colline du meurtre), un conseil politique, devenu après un tribunal, situé sur une colline à Athènes. D’abord, l’Aréopage n’agissait qu’en surveillant les magistrats et en gardien légal mais, ensuite, il devint tout puissant lors de l’invasion perse. Pourtant, il perdit ses attributions politiques à cause de son opposition aux réformes des chefs démocratiques Périclès et Éphialte. L’Aréopage dura jusqu’au IVe siècle.
  • « Aréopage en gr. Areios Pagos colline d'Arès, colline du meurtre », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Oreste

Tragédie grecque composée par Euripide en -48 av. J.-C. qui suit les épreuves d'Oreste après l'assassinat de sa mère, Clytemnestre. Euripide situe la pièce à l'époque où des tribunaux existaient déjà. Le personnage principal, la sœur d'Oreste Électre, et le cousin et l'ami de celui-ci, Pylade, sont condamnés à mort pour le meurtre de Clytemnestre. Lorsque Ménélas, l'oncle d'Oreste, refuse de défendre Électre et Pylade, les trois complotent pour tuer la femme de Ménélas, Hélène, et pour enlever sa fille Hermione. Enfin, c'est le « deus ex machina », le dieu Apollon, qui met fin à la violence et rétablit l'harmonie à la fin de la pièce.

Agamemnon

Tragédie romaine composée par Sénèque en -53 ap. J.-C. Inspirée par la tragédie grecque du même nom par le poète Eschyle, la pièce de Sénèque raconte le meurtre du roi Agamemnon après son retour victorieux de la guerre de Troie par sa femme Clytemnestre et l'amant de celle-ci Égisthe.

Colchide (en gr. Kolkhis) ou Colchos

Dans Les espines du mariage, Varin désigne Colchos comme île, alors qu'en fait c'est une ancienne contrée asiatique qui fut encadrée par la partie est du Pont-Euxin et la partie sud du Caucase. En outre, selon François Noel, [l]es habitants s'appelaient Colchi, ce qui a donné lieu à la supposition d'une prétendue ville de Colchos qui n’a jamais existé.
  • « Colchide en gr. Kolkhis », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré desnoms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Noel, François, « Colchide, ou Colchos », Dictionnaire de la fable, Paris, Le Normant, 1801, t.1. Google livres, Internet, 10 mars 2011.

Argo

Argo fut le navire du fameux Jason et ses Argonautes, qui partirent en Colchide pour trouver la Toison d’or pour que Jason fût couronné roi d’Iolcos.
  • « Jason en gr. Iasôn », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Les Argonautes (en gr. Argonautai)

Dans la mythologie grecque, les Argonautes furent des héros, Achéens pour la plupart, qui assistèrent Jason dans sa quête pour la Toison d’or. À bord du navire Argo, ils partirent en Colchide. Parmi les Argonautes furent Admète, Atalante (la seule femme), les Dioscures (Castor et Pollux), Héraclès, Lyncée, Orphée, Talaos et Thésée.
  • « Argonautes », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Argonautes en gr. Argonautai », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Toison d'or

Selon la légende grecque, la Toison d’or serait venue d’un bélier ailé qui enleva Phrixos et Hellé, les enfants d’Athamas, roi de Béotie, et de Néphélé, la première femme de celui-ci. Ino, la seconde femme d’Athamas, voulant se débarrasser de ses beaux-enfants qu’elle détestait, mentit que Zeus voulut que les enfants furent sacrifiés. Grâce à Néphélé, pourtant, les enfants s’enfuirent sur un bélier à toison d’or. Ensuite, Hellé tomba dans la mer (d’où le nom Hellespont) et Phrixos arriva en Colchide. Ensuite, il sacrifia le bélier, offrant sa toison au roi Éétès. Plus tard, Jason s'empara de la toison avec l’aide de la fille de Éétès Médée.
  • « Toison d'or », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Éétès, Aiétès ou Æétès (en gr. Aiếtês)

Éétès fut le roi de Colchide. Lorsque Jason et les Argonautes arrivèrent en Colchide à la recherche de la fameuse Toison d’or, le roi promit de la leur donner à condition que Jason survécût à trois épreuves. D’abord, il lui faudrait atteler les taureaux aux pieds d'airain du roi qui crachaient du feu. Jason dut également s’en servir pour labourer un champ. La seconde tache fut de semer les dents d’un dragon comme si elles étaient des graines, et ensuite de tuer les guerriers que les dents engendraient. Troisièmement, Jason dut obtenir la Toison d’or, qui était pliée sur la branche d’un arbre qu’un dragon gardait. Comme Médée, la fille d’Éétès, était magicienne, Jason sollicita son aide et lui promit de l’épouser. À l’aide de celle-ci, Jason accomplit les trois taches, et les deux s’enfuirent avec les Argonautes. Pourtant, le roi les poursuivit et afin de l’évader, Médée dépeça son frère. Elle jeta les morceaux soit dans la mer, selon une version du mythe, soit sur la route, selon une autre version, sachant que son père s’arrêterait pour les ramasser afin d’enterrer proprement son fils. Ainsi réussirent-ils à s’échapper du roi.

Danaïdes

Dans la légende grecque, les cinquante filles de Danaos épousèrent les cinquante fils d’Égyptos, leurs cousins, mais leur père insista pour qu’elles tuassent leurs maris la nuit des noces. Selon une version du mythe, les Danaïdes égorgèrent leurs époux tandis que dans une autre version, Danaos donna à ses filles de longues épingles qu'elles cachèrent dans leurs cheveux; chacune poignarda son époux en plein cœur à minuit. Néanmoins, toutes les deux interprétations racontent seule Hypermnestre préserva la vie de son mari, Lyncée. Les meurtrières furent condamnées à l'enfer Tartare où elles versent éternellement de l’eau dans une jarre percée.
  • « Danaïdes », Le grenier de Clio (2001-2007), Mythologica.fr, Internet, 15 mars 2011. http://mythologica.fr/grec/danaide.htm.
  • « Danaïdes n. f. pl. », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Achéron ou Achérontides (en gr. Akherôn)

Fleuve des Enfers grecs que les morts traversaient sur la barque de Charon, qui leur fit payer une obole. Charon refusait tout mort qui n’avait pas de monnaie, ni de sépulture ; de ce fait, ceux-ci ne pouvaient jamais entrer au royaume d’Hadès, dieu des morts.
  • « Achéron en gr Akherôn », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Charon [ka-] », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Bélus

Dans la mythologie grecque, Bélus fut, selon certains, le petit-fils d’Épaphos; selon d’autres, comme Varin, il en fut le fils. Dans le troisième livre de l'Énéide, Virgile le décrit comme roi d’Égypte et le père de Danaos. Ainsi les descendants de celui-ci furent-ils appelés les Danaïdes aussi bien que les Bélides ou les Bélindes, dans le texte de Varin. Virgile présente Bélus comme l’ancêtre de Didon, reine de Carthage (1, 621 ; 1, 729).

L'Énéide

Poème épique écrit par le poète latin Virgile entre -29 et -19 av. J.-C. L’Énéide fut un projet ambitieux pour Virgile : il cherchait à écrire une épopée romaine qui équivaudrait à l’œuvre magistrale grecque d’Homère, l’Iliade. Pourtant, Virgile mourut avant que l’œuvre ne fût achevée. Quoiqu’il eût demandé qu’on brûlât l’épopée partielle, Auguste ordonna que la publication fût complétée par Varrius et Tucca, poètes et amis de Virgile.
Le poème consiste douze chants et raconte les aventures du prince troyen Énée, un des plus grands héros de la guerre de Troie. Après que les Grecs avaient ordonné à Énée de fuir de Troie, il se trouva naufragé avec quelques-uns de ses hommes à Carthage. Là, il connut Didon, fondatrice et reine de la ville. Les deux tombèrent vite amoureux. Malheureusement, cet amour menaçait le destin du héros : il était censé fonder Lavinium (Rome) en Italie. À cause du départ de son bien-aimé, Didon, inconsolable, se donna la mort. Énée incarne certaines valeurs romaines comme la dévotion à son devoir, d’abord et avant tout.
  • « Énéide », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Énéide (Virgile) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Danaos

Selon la légende grecque, Danaos fut un roi légendaire de Libye qui dut s’enfuir à Argos afin d’éviter le mariage de ses cinquante filles, les Danaïdes, aux cinquante fils de son frère, Égyptos. Or les cousins arrivèrent à Argos. Les Danaïdes consentirent au mariage, mais elles tuèrent leurs maris la nuit des noces, comme Danaos leur avait conseillé de le faire. Ainsi ce dernier fut-il tué par Lyncée, le seul cousin qui fut épargné lors du massacre. Lyncée prit ensuite le trône de Danaos à Argos et y régna.
  • « Danaos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Lyncée en gr. Lugkeus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Épaphos

Né de Zeus et de sa seconde femme, Io, Epaphus fut né sur le Nil selon la mythologie grecque. Ensuite, à la demande d’Héra, il fut caché par les Curètes (démons grecs). Pourtant, Io trouva son enfant en Syrie. Epaphus devint ensuite le roi d’Égypte et se maria avec Memphis, la fille du dieu du Nil. Il fonda la ville de Memphis en l'honneur de sa femme et eut d'elle deux filles dont l'une fut nommée Libye, d'où le nom du pays africain. Différentes versions de ce mythe se contredisent. Selon une autre, il aurait épousé Cassiopeia et ensuite, construisit Memphis.

Memphis (transcription grecque de l’égyptien Men-nofer)

Ancienne capitale de l'Empire égyptien de -2780 à -2280 av. J.-C. qui se trouva sur la rive du Nil au sud de l'actuelle capitale le Caire. Selon la tradition, Ménès, le roi du Sud de l’Égypte qui aurait unifié tout le pays, aurait fondé la ville vers 3000 av. J.-C. Sous le règne de Pépi Ier, roi de la VIe dynastie, Memphis fut un port important, peut-être le premier port égyptien. Durant le long de l’Ancien Empire, la ville fut la résidence des pharaons et demeura aussi un centre religieux important jusqu’à la fondation d’Alexandrie sous Alexandre le Grand en -331 av. J.-C. La ville subit plusieurs invasions, dont certaines par les Assyriens et par les Perses, avant l’époque hellénistique. Elle fut enfin détruite par les Arabes à l'époque byzantine et copte, devenant une carrière pour la construction du Caire, la nouvelle capitale arabe.
  • Koenig, Yvan, « Memphis, Égypte », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Memphis transcription gr. de l'égypt. Men-nofer sa beauté [celle de Pépi Ier] y réside ; auj. Badrachayn », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ninus

Ninus était le roi de l’Empire ninivite et le fondateur de l'ancienne ville de l'Assyrie, la Ninive (prenant des fois le nom de Ninus). Selon la tradition, Ninus aurait été le fils de Bélus et aurait conquis toute l’Asie de l’Ouest avec l’aide d’Ariaeus, roi arabique. Il se serait marié avec Sémiramis, la femme d’un de ses soldats. De leur union naquit Ninyas le Ninevien.
  • Nikiprowetzky, Valentin, « Sémiramis, reine légendaire d'Assyrie », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 28 octobre 2009.
  • « Ninus », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 16 mars 2011. http://www.britannica.com/topic/Ninus.

Pricus

Selon certaines sources, par exemple Hérodote, Danaos avait plusieurs frères mais Pricus n'est pas nommé parmi eux. Voir aussi Bélus, identifié souvent comme le père de Danaos plutôt que le frère.

Agénor (en gr. Agênôr)

Fils de Poséidon, le dieu grec de la mer et de l’eau, et de Libye. Selon d’autres sources, Agénor fut le fils du roi Épaphos et de Memphis. Il fut également le roi de Phénicie et donna naissance à Cadmos, le héros grec qui fonda Thèbes, et à Europe, dont Zeus tomba amoureux.
  • « Agenor », Wikipédia l'encyclopédie libre (31 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Iternet, 16 mars 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Agenor.
  • « Agénor en gr. Agênôr », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994

Égyptos (en gr. Aiguptos)

Héros dont l’Égypte prit son nom, pays qui, avant le règne d’Égyptos, était appelé pays des Pieds noirs (Mélampodes). Selon la légende grecque, il contraignit les cinquante filles de son frère Danaos, les Danaïdes, à épouser ses cinquante fils. Or, la nuit même des noces, 49 des fils furent massacrés par leurs nouvelles épouses. Seul Lycnée s’échappa et vengea son père ensuite en tuant Danaos.
  • « Égyptos en gr. Aiguptos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Acrisios

Roi mythique d’Argos selon la tradition grecque, Acrisios fut le père de Danaé. Acrisios enferma sa fille dans une tour d’airain après avoir appris d’un oracle que son petit-fils le tuerait. Dans sa tour, Danaé fut imprégnée par Zeus métamorphosé en pluie d'or. De leur union naquit Persée qui tua son grand-père par hasard en lançant un disque lors des jeux de funérailles.

L'Iliade

Épopée grecque dont l'auteur prétendu est Homère. L'Iliade exerça une influence importante sur la poésie épique, de l’Énéide de Virgile aux œuvres plus récentes. Cette épopée raconte quelques journées de la guerre de Troie. , le personnage principal, dirige les Achéens contre les Troyens après l’enlèvement d’Hélène par Pâris.
  • « Homère », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « L'Iliade en gr. Ilias », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Juste Lipse, (en néerl. Joost Lips, latinisé en Justus Lipsius)

Humaniste flamand (né à Overijse, Brabant en 1547, mort à Louvain 1606). Il soutint le luthéranisme, mais plus tard, provoqué par la réaction aux croyances polémiques dans son De una religione (1590), il revint au catholocisme. Il était aussi l'auteur de De constantia (1583), œuvre qui témoigne d'une influence stoïcienne, et de Politicorum sive Civilis doctrinae libri sex (1589), six livres d'un style instructif sur la politique d'un bon prince.
  • « Lipse (Juste), en néerl. Joost Lips, latinisé en Justus Lipsius », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Papy, Jan, « Justus Lipsius : Politica », Stanford Encyclopedia of Philosophy (23 août 2004), Edward N. Zalta, Internet, 23 mars 2011. http://plato.stanford.edu/archives/fall2011/entries/justus-lipsius/#3.

Lucain (en lat. Marcus Annaeus Lucanus)

Poète latin qui naquit à Cordoue en 39 ap. J.-C. et mourut à Rome en 65. Il fut le neveu du philosophe Sénèque ainsi que l'ami de Néron. Lorsqu'il fut encore jeune, il fut impliqué dans la conjuration du Pison et ainsi obligé de se suicider. De nos jours, il nous reste une de ses œuvres, Pharsale, qui traite de la guerre civile entre César et Pompée.
  • « Lucain en lat. Marcus Annaeus Lucanus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pompée le Grand (en lat. Cnaeus Pompeius Magnus)

(Rome -106 - Péluse -48 av. J.C.). Général et homme d’État de la fin de la République romaine. Pompée sortit du rang en vertu de ses campagnes victorieuses ainsi se gagnant le titre « le Grand ». Avec Crassus et César, il forma le premier triumvirat en -60 qui dura jusqu'en -53 après la mort de Crassus, ce qui transforma Pompée et César en ennemis. De ce fait, la guerre civile s’éclata. Lorsque César franchit le Rubicon en -50, Pompée s’évada, s’installant en Grèce. En -48, à Pharsale, César fut victorieux contre Pompée. Ainsi celui-ci s’évada-t-il de nouveau, cette fois-ci en Égypte où, finalement, il mourut assassiné par les partisans de Ptolémée XIII.
  • « Pompée », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 30 septembre 2009.
  • « Pompée en lat. Cnaeus Pompeius Magnus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hypermnestre (en gr. Hupermnêstra)

  1. Une des Danaïdes, les cinquante filles du roi Danaos qui étaient censées épouser les cinquante fils de leur oncle, Égyptos. La nuit des noces, les cinquante épouses massacrèrent leurs époux. Seule Hypermnestre préserva la vie de Lyncée qui s’échappa à la débâcle et, ensuite, tua Danaos par vengeance. Enfin, il régna à Argos, l’ancien royaume de Danaos.
  2. Femme du roi d'Argos Oïclès et mère d'Amphiaraos.
  • « Danaïdes n. f. pl. », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Hypermnestra », Greek Myth Index (2007), Myth Index, Internet, 7 avril 2011. http://www.mythindex.com/greek-mythology/H/Hypermnestra.html.
  • « Hypermnestre en gr. Hupermnêstra », Le Petit Robert : Dictionnaire illustrédes noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Lyncée (en gr. Lugkeus)

Lyncée, l’un des cinquante fils du roi Égyptos, fut épargné lors du massacre de ses 49 frères par leurs femmes la nuit même de leurs noces. Il fut sauvé par son épouse Hypermnestre, l'une des Danaïdes, les cinquante filles de son oncle Danaos. Plus tard, Lyncée tua Danaos afin de se venger de la mort de ses frères. Ensuite, il régna à Argos, l’ancien royaume de Danaos.
  • « Lyncée en gr. Lugkeus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Éaque (en gr. Aiakos)

Né sur l’île éponyme de sa mère Égine, Éaque était le fils de Zeus selon la légende grecque. Comme l’île manquait d’hommes, à la prière d’Éaque, Zeus transforma des fourmis en hommes, les Myrmidons. Éaque fut père de Pélée, roi des Myrmidons, et, possiblement, de Télamon, héros grec qui hérita éventuellement du royaume de Salamine. Après sa mort, avec Minos et Rhadamante, Éaque devint un des juges des Enfers grâce à sa nature juste et pieuse.
  • « Éaque en gr. Aiakos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Minos

D'après la légende, Minos était le fils de Zeus et d’Europe; il devint civilisateur des Crétois et roi de Cnossos. Pendant son règne, il fut connu pour sa législation juste et aussi pour sa contribution à la thalassocratie crétoise. À cause de sa piété et sa justesse, après sa mort, il devint juge des Enfers avec son frère, Rhadamante, et Éaque.
Minos épousa la fille d’Hélios, Pasiphaé. À un moment donné, Minos fut puni par Poséidon parce qu'il avait refusé de sacrifier un taureau au dieu de la mer. Poséidon lui donna deux choix : le taureau pourrait ravager le pays ou Pasiphaé pourrait s’occuper de l’animal. Minos opta pour le dernier choix. Cependant, Pasiphaé tomba amoureuse de l’animal, et de ce couple naquit le Minotaure, monstre à la tête de taureau et au corps d’homme.
  • « Minos », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Minos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Rhadamante ou Rhadamanthe (en gr. Rhadamanthus)

Fils de Zeus et d’Europe, Rhadamante fut un héros crétois de l’antiquité grecque. Il était le frère de Minos, roi de Cnossos, et de Sarpédon, héros grec et roi de Lycie. Après sa mort, Rhadamanthe et son frère Minos devinrent juges aux Enfers avec Éaque. Selon la tradition, Rhadamanthe aurait aussi écrit le Code crétois.
  • « Rhadamante ou Rhadamanthe en gr. Rhadamanthus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Procné

Soeur de Philomèle et épouse de Térée, roi de Thrace dans la mythologie grecque. Après que Térée avait violé Philomèle et lui avait coupé la langue, Philomèle broda l’événement cauchemardesque sur une tapisserie. Voyant la tapisserie, Procné fit tuer le fils de Térée, Ithys, et le lui servit à manger. Ensuite, en fuyant le roi, les sœurs furent transformées en oiseaux par les dieux : Procné fut changée en hirondelle et Philomèle en rossignol, ainsi que Térée en huppe (oiseau qui connote la saleté).
  • « Ithys », Insecula, Insecula, Internet, 1er octobre 2009. http://www.insecula.com/contact/A006943.html.
  • « Philomèle en gr. Philomêla », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Térée

Fils d'Arès, Térée fut le roi de Thrace. Selon la légende grecque, il viola Philomèle, la sœur de son épouse Procné, et puis lui coupa la langue pour l’empêcher de parler. Or Philomèle broda une tapisserie, ainsi dépeignant l’événement épouvantable. Voyant la tapisserie, Procné fit tuer Ithys, le fils de Térée, et le lui servit à manger. Ensuite, en fuyant le roi les sœurs furent transformées en oiseaux par les dieux : Procné fut changée en hirondele et Philomèle en rossignol, ainsi que Térée en huppe (oiseau connu pour sa saleté).

Thrace en gr. Thráki

Région qui est, de nos jours, partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie. Elle se trouve au Sud-Est de la péninsule des Balcans.
  • « Thrace », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Scythe

Nom de peuples errants dans le nord de l'Europe et de l'Asie.
Fig. Homme barbare, grossier
.
Veuillez consulter également la référence Scythie.
  • « Scythe », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.

Ithys

Dans la mythologie grecque, Ithys fut le fils de Térée et de Procné. Lorsque Procné découvrit le viol de sa sœur Philomèle par son mari Térée, elle tua son propre fils pour se venger de son mari. Ensuite, elle servit à Térée le cadavre découpé d’Ithys sur un plat.

Philomèle (en gr. Philomêla)

Fille du roi Pandion et une princesse légendaire d’Athènes selon la tradition grecque. Philomèle fut violée par son beau-frère Térée qui, ensuite, lui coupa la langue pour l'empêcher d'exposer son crime. Ne pouvant plus parler, Philomèle broda une tapisserie, ainsi dépeignant l’événement épouvantable. Voyant la tapisserie, sa sœur Procné fit tuer le fils de Térée, Ithys, et le lui servit à manger. Ensuite, en fuyant le roi, les sœurs furent transformées en oiseaux par les dieux : Procné fut changée en hirondelle et Philomèle en rossignol, ainsi que Térée en huppe (oiseau connu pour sa saleté).
  • « Ithys », Insecula, Insecula, Internet, 1er octobre 2009. http://www.insecula.com/contact/A006943.html.
  • « Philomèle en gr. Philomêla », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Athènes (en gr. Athinai)

Capitale de la Grèce située sur la plaine d'Attique qui est une des plus anciennes villes du monde. La civilisation athénienne exerça une influence prodigieuse et durable sur de nombreux domaines dans la culture occidentale de l'Antiquité jusqu'à nos jours comprenant la philosophie (Socrate et Platon), le théâtre (Euripide) et la rhétorique (Démosthène).

Pandion

Le nom « Pandion » désigne deux rois d'Athènes dans la légende grecque. Le premier fut le fils d’Érichthonios et le père de Philomèle, Procné et Érechthée. Le second Pandion fut l’arrière-petit-fils du premier et le père du roi Égée. Pourtant, Pandion II perdit le trône et dut se réfugier à Mégare où il devint roi de nouveau.
  • « Pandion », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Les Métamorphoses (en lat. Metamorphoseis)

Épopée latine composée par Ovide à partir de 1 ap. J.-C. Les quinze livres sont ancrés dans la mythologie et racontent l’Histoire du monde, du chaos jusqu’à César. Les Métamorphoses contiennent plusieurs légendes racontant des transformations, que ce soit de dieux ou d’hommes en plantes et en animaux.
  • « Les Métamorphoses en lat. Metamorphoseis », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Phryné (en gr. Phrunê)

Née à Thespies, Phryné fut joueuse de flûte et la courtisane grecque la plus riche et connue d’Athènes au IVe siècle av. J.-C. Elle aurait servi de modèle pour son amoureux, le sculpteur célèbre athénien Praxitèle, lorsqu'il sculptait ses statues d’Aphrodite. Elle aurait été d’une beauté hors du commun, car, selon la tradition, lorsqu’elle fut accusée d’impiété, le tribunal l’acquitta lorsque son défenseur dévoila le corps de la courtisane.
  • « Phryné en gr. Phrunê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Procris

Fille d'Érechthée, roi d'Athènes pour qui, selon la légende grecque, le héros athénien Céphale abandonna son amante la déesse Éos. Après le mariage entre le héros et la princesse, la jalouse Éos convainquit Céphale de mettre à l’épreuve l’amour de sa femme. Ainsi se déguisa-t-il en étranger et donna-t-il de nombreux présents à Procris. Enfin, elle céda à ses tentatives de séduction, et Céphale dévoila son identité tout de suite. Procris, honteuse, s’enfuit en Crète chez Minos ou, selon d'autres sources, chez Artémis. D'après la version la plus courante de ce mythe, de retour, Procris mit son mari à la même épreuve. Elle séduisit Céphale en se déguisant en jeune fille et en lui offrant le chien de chasse Laelaps et un javelot infaillible. Ayant prouvé que Céphale était tout autant velléitaire qu'elle-même, les deux se réconcilièrent. Toutefois, lorsque Céphale invoqua une « Brise », Procris douta à nouveau de sa fidélité. De ce fait, elle suivit son mari à la chasse dans l’espoir de le surprendre mais au bruissement des feuillages, Céphale, pensant que le bruit venait d'un animal, lança son javelot et ainsi tua sa femme. En mourant, Procris apprit que cette « Brise » dont elle était obsédée n’était que le vent et, Céphale, succombé au désespoir par la mort de sa bien-aimée, finit par se suicider.
  • « Céphale en gr. Kephalos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Céphale et Procris », Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 5 avril 2011. http://mythologica.fr/grec/cephale.htm
  • « Céphale et Procris », Wikipédia l'encyclopédie libre (13 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 5 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9phale_et_Procris.

Céphale (en gr. Kephalos)

Dans la mythologie grecque, Céphale, fils d'Hermès, fut un héros athénien renommé. Il épousa Procris après avoir quitté son amante Éos. Éos, qui aimait toujours Céphale, le convainquit de mettre à l’épreuve l’amour de sa femme. Ainsi se déguisa-t-il en étranger et donna-t-il de nombreux présents à Procris. Enfin, elle céda à ses tentatives de séduction, et Céphale dévoila son identité tout de suite. Procris, honteuse, s’enfuit en Crète chez Minos ou, selon d'autres sources, chez Artémis. D'après la version la plus courante de ce mythe, de retour, Procris mit son mari à la même épreuve. Elle séduisit Céphale en se déguisant en jeune fille et en lui offrant le chien de chasse Laelaps et un javelot infaillible. Ayant prouvé que Céphale était tout autant velléitaire qu'elle-même, les deux se réconcilièrent. Toutefois, lorsque Céphale invoqua une « Brise », Procris douta à nouveau de sa fidélité. De ce fait, elle suivit son mari à la chasse dans l’espoir de le surprendre mais au bruissement des feuillages, Céphale, pensant que le bruit venait d'un animal, lança son javelot et ainsi tua sa femme. En mourant, Procris apprit que cette « Brise » dont elle était obsédée n’était que le vent et, Céphale, succombé au désespoir par la mort de sa bien-aimée, finit par se suicider.
  • « Céphale en gr. Kephalos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Céphale et Procris », Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 5 avril 2011. http://mythologica.fr/grec/cephale.htm.
  • « Céphale et Procris », Wikipédia l'encyclopédie libre (13 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 5 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9phale_et_Procris.

Aristote (en gr. Aristotelês, dit « le Stagirite »)

Né à Stagire (Stavro), Macédoine en 384 av. J.-C. et mort à Chalcis, Eubée en 322, le philosophe grec Aristote était l'étudiant de Platon et le tuteur d’Alexandre le Grand. À Athènes, Aristote fonda le Lycée (335) où il enseigna pendant douze ans. La philosophie, selon Aristote, serait la totalité du savoir. Il gagna la réputation du « père de la logique » grâce à ses analyses des divers genres et parties de discours. Son recueil à ce sujet, l’Organon, parle de la logique comme un instrument du savoir. Aristote étudia également des espèces naturelles (La Physique ; Histoire des animaux), la morale (Éthique à Nicomaque ; Éthique à Eudème) ainsi que la politique (Politique ; Constitution d’Athènes). De plus, il fit une étude sur la création des genres littéraires, d’où La Poétique et La Rhétorique.
  • « Aristote en gr. Aristotelês, dit le Stagirite », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

La Rhétorique (en gr. Tekhnê Rêtorikê)

Traité d’Aristote ayant pour but de discuter de l’art de parler afin de convaincre l’auditeur. La Rhétorique connaît un statut assez paradoxal : quoique la logique soit pertinente pour convaincre l’auditeur, la rhétorique vise également à émouvoir celui-ci. Dans son traité, Aristote analyse les règles de trois types de discours communément employés en rhétorique : le délibératif, le démonstratif et le judiciaire.
  • « La Rhétorique en gr. Tekhnê Rêtorikê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Quintilien (en lat. Marcus Fabius Quintilianus)

Rhéteur latin qui vécut entre 30 et 100 ap. J.-C. Sous l’empereur Vespasien, qui régna entre 69 et 79, Quintilien fut maître de rhétorique à Rome. Domitien, le second fils de Vespasien, fit de Quintilien le tuteur de ses neveux. Quintilien fut également l’auteur d’un ouvrage décrivant la formation de l’orateur, l’Institution oratoire. Dans l’ouvrage, qui comprend douze livres, il soutient les théories de l’auteur Cicéron contre celles de Sénèque.
  • « Quintilien en lat. Marcus Fabius Quintilianus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Marcus Valerius Messalla Barbatus

Consul romain (11 av. J.-C. - 20/21 ap. J.-C.) et père de l'impératrice Messaline et de l'orateur illustre Marcus Valerius Messalla Corvinus.

Claude Ier (en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus)

Empereur romain qui régna de 41 à 54 ap. J.-C. Il est surtout connu pour sa nature faible. Ce furent plutôt sa femme Messaline et ses affranchis Pallas et Narcisse qui gouvernèrent à sa place. Éventuellement, il mit à mort celle-là et il se maria avec Agrippine, dont il adopta le fils Néron et le choisit comme héritier. Claude fut assassiné, probablement par sa femme Agrippine.
  • « Claude Ier en lat. Tiberius Claudius Nero Drusus, surnommé Germanicus et Britannicus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Suétone (en lat. Caius Suetonius Tranquillus)

Tranquillus (français moderne : Suétone). Biographe latin, Suétone naquit à Rome vers l’an 70 ap. J.-C. et mourut après 128. C'était un homme d'études, consacrant toute sa vie à des recherches érudites. Vers 120, il devint secrétaire chargé de la correspondance d’Hadrien, ce qui lui donna accès aux archives du Palatin, bibliothèque dans le temple d’Apollon Palatin établie par Auguste. Grâce à ses visites fréquentes à cette bibliothèque, Suétone écrivit ses Vies des douze Césars, biographies des empereurs, plutôt anecdotiques qu’historiques. Il produisit également De viris illustribus (Des hommes illustres), recueil de biographies des figures littéraires célèbres.
  • « Suétone », Wikipédia l'encyclopédie libre (1 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 31 mars 2011. http://fr.wikipedia.org >/wiki/Su%C3%A9tone.
  • « Suétone en lat. Caius Suetonius Tranquillus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Juvénal (en lat. Decimus Junius Juvenalis)

Poète latin, auteur de satires. Il naquit à Aquinum en Campanie vers l’an 55 ap. J.-C. Il produisit seize Satires qui traitent des vices de son époque, contrastant la Rome traditionnelle (pure, exaltée par Cicéron) avec la Rome contemporaine. Juvénal mourut vers 140.
  • « Juvénal en lat. Decimus Junius Juvenalis », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré de noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pline l’Ancien

Pline l’Ancien (23-79) est l’auteur d’une Histoire naturelle, une sorte de bilan du savoir de la Rome antique. Dans ses écrits, Pline présentait beaucoup d'information factuelle concernant la littérature, les arts, la botanique, et la gastronomie.
  • « Pline l'Ancien (23-79) », Encyclopédie Universalis (2010), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 29 juillet 2010.
  • « Pline l'ancien », Wikipédia, l'encyclopédia libre(26 octobre 2012), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 29 octobre 2012.http://fr.wikipedia.org/wiki/Pline_l'Ancien.

Érechthée (en gr. Erekhtheus)

Selon la légende grecque, Érechthée aurait été un roi d’Athènes et le fils du premier roi légendaire Pandion (des deux Pandions). Érechthée aurait tué le fils de Poséidon, Eumolpe, lors d’un combat avec les Éleusiniens. Poséidon pria Zeus ensuite de foudroyer Érechthée, ce qu’il fit. Érechthée eut neuf enfants avec sa femme Praxithée parmi lesquelles Procris, Orithye et Créüse. La dernière aurait donné le jour à Ion de son union avec Apollon, ainsi engendrant les Ioniens. Ensuite, Créüse se maria à Xouthos et les deux donnèrent naissance à Achios, l’ancêtre des Achéens.
  • « Érechthée », Wikipédia l'encyclopédie libre (13 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Intenet, 4 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89rechth%C3%A9e.
  • « Érechthée en gr. Erekhtheus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Orithye

Fille du roi athénien Érechthée qui, selon la légende, aurait été enlevée par le vent du Nord, Borée, en bas des rochers du fleuve Illissos.

Aurore

La déesse romaine correspondant à l’Éos grecque, personnification de l’aurore. Lorsqu’elle s’unit avec Astraeos, le dieu des vents, les deux donnèrent naissance aux vents (Zéphyr, Borée, Notos), les astres, et Eosphoros, l’étoie du matin. Elle prit aussi de nombreux amants ; par exemple, le Troyen Tithnos, Céphale et le Géant Orion. Éos eut pour sœurs Hélios (le Soleil) et Séléné (la lune), et ce fut elle qui ouvrit les portes au char d’Hélios, ainsi engendrant le jour.
  • « Éos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Aurore », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Laelaps

Chien gigantesque dont la déesse Artémis fit don à Minos et, par la suite, que celui-ci offrit à Procris. Selon la mythologie, ce chien aurait couru si rapidement qu’il ne laissait jamais échapper le gibier.
  • « Laelaps », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://en.wikipedia.org/wiki/Laelaps_(mythology).
  • « Minos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionaires le Robert, 1994.

Didier Érasme (en lat. Desiderius Erasmus)

Humaniste et théologien néerlandais né à Rotterdam vers 1469 et mort à Bâle en 1536. Prêtre de l'ordre augustin, il était l'auteur non seulement des œuvres ecclésiastiques comme le Manuel du chevalier chrétien, livre instructif qui avertit des dangers du formalisme dans la vie chrétienne, mais aussi des œuvres de l'intérêt humain en général, telle que les Adages, un recueil des adages et proverbes latins.
  • « Desiderius Erasmus », Wikipédia l'encyclopédie libre (31 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 5 avril 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Desiderius_Erasmus.
  • « Érasme (Didier) en lat. Desiderius Erasmus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des nom propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Margolin, Jean-Claude, « Érasme (1467 env.-1536) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Hygin (en lat. Caius Julius Hyginus)

Auteur latin (v. 64 av. J.-C. - 17 ap. J.-C.) dont les œuvres comprennent des traités topographiques, biographiques et agronomiques ainsi que des commentaires sur les ouvrages des poètes renommés, nommément de Virgile. En particulier, ses Fabulae contiennent toutes les versions perdues de quelque trois cents mythes grecs. Selon Suétone (De Grammaticis), Hygin était l'affranchi de l'empereur Auguste qui le fit responsable de la Bibliothèque palatine.

Lucilie

Femme du poète latin Lucrèce qui, selon la légende, afin de regagner l'amour de son mari, lui donna un aphrodisiaque. Par contre, le philtre d'amour agissait plutôt comme poison qui rendit Lucrèce fou jusqu'au point où il se donna la mort.

Ériphyle

Selon la légende grecque, Ériphyle, fille de Talaos, était la femme d’Amphiaraos qui régnait sur une portion du royaume d’Argos. Le mariage des deux apaisa Adraste, frère d’Éryphile, qui était l’héritier du royaume qu’Amphiaraos avait reçu. Après le mariage, Amphiaraos céda le trône à Adraste. Pourtant, le bonheur d’Amphiaraos ne dura pas. Après une vision qu’il périrait dans la guerre des Sept Chefs, Amphiaraos se cacha. Seulement, Ériphile, sachant où se trouvait son mari dévoila le lieu à Polynice après que celui-ci la tenta avec un collier. Avant de partir, Amphiaraos ordonna sa vengeance contre sa femme à son fils Alcméon. La veille de sa mort, Amphiaraos se trouva à table avec les autres chefs lorsqu’un aigle laissa tomber une lance. Ensuite, la lance se transforma en laurier. Le lendemain, lorsqu’Amphiaros était dans son char, la terre s’ouvrit et l’engloutit, réalisant le mauvais destin de l’ancien roi. Quelques années après, Thersandre, fils de Polynice, prépara une seconde expédition contre Thèbes. Cette fois-ci, il tenta Eryphile avec un peplum (tunique). Ainsi engagea-t-il son fils Alcméon à la tête de l’armée. Ensuite, Thèbes fut presque détruite. En fin de compte, Éryphile fut tuée par son fils, Alcméon, lorsque celui-ci apprit que sa mère tenait à engager son fils à encore une expédition.
  • Claustre, André de, « Éryphile », Dictionnaire portatif de mythologie : pour l’intelligence des poëtes, de l'histoire fabuleuse, des monumens historiques, des bas-reliefs, des tableaux, &c., Paris, Briasson, 1765, t.1. Google livres, Internet, 6 avril 2011.

Talaos

Roi d'Argos et l'un des Argonautes selon la légende grecque, Talaos fut ruiné par les ruses d'Amphiaraos qui, par la suite, usurpa son trône. Talaos était également le père d'Adraste et d'Ériphyle.
  • Claustre, André de, « Talaus », Dictionnaire portatif de mythologie : pour l’intelligence des poëtes, de l'histoire fabuleuse, des monumens historiques, des bas-reliefs, des tableaux, &c., Paris, Briasson, 1765, t.2. Google livres, Internet, 7 avril 2011.

Iphis

Selon la mythologie grecque, Iphis était le fils d'Alector et un roi d'Argos. C'était lui qui conseilla à Polynice d'offrir le collier d'Harmonie à Ériphyle (la fille d'Iphis selon certaines sources) afin qu'elle persuadât son mari Amphiaraos de prendre part à la guerre des Sept Chefs contre Thèbes.

Amphiaraos

Selon la mythologie grecque, Amphiaraos était le fils du roi d'Argos Oïclès, ou d'Apollon d'après certaines sources, et d’Hypermnestre. Après avoir rendu service important aux femmes de la Grèce, il reçut une partie du royaume d’Argos dont Adraste aurait dû héritier. Ainsi de longues querelles eurent-elles lieu entre les deux. Or, le mariage entre Amphiaraos et Ériphyle, la sœur d'Adraste, apaisa celui-ci car il reçut enfin le trône auquel il avait droit. Pourtant, le bonheur d’Amphiaraos ne dura pas. Après une vision qu’il périrait dans la guerre des Sept Chefs contre Thèbes, Amphiaraos se cacha. Pourtant, Ériphile, sachant où se trouvait son mari, dévoila le lieu à Polynice après que celui-ci la tenta avec un collier. Avant de partir, Amphiaraos ordonna sa vengeance à son fils Alcméon. La veille de sa mort, Amphiaraos se trouva à table avec les autres chefs lorsqu’un aigle laissa tomber une lance qui se transforma en laurier. Le lendemain, lorsqu’Amphiaros était dans son char, la terre s’ouvrit et l’engloutit, réalisant le mauvais destin de l’ancien roi. Quelques années après, Thersandre, fils de Polynice, prépara une seconde expédition contre Thèbes. Cette fois-ci, il tenta Ériphyle avec une tunique. Ainsi engagea-t-il son fils Alcméon à la tête de l’armée. Ensuite, Thèbes fut presque détruite. En fin de compte, lorsque qu'Éryphile tenait à engager le fils d'Alcméon à encore une expédition dangereuse, celui-ci finit par la tuer.

Adraste (en gr. Adrastos)

Fils de Talaos et demi-frère d'Ériphyle, Adraste fut un roi mythique des deux villes péloponnésiennes Sicyone et Argos. Lorsque Polynice fut chassé du trône de Thèbes par son frère Étéocle, ce fut Adraste qui l’accueillit. Adraste était l'un des chefs dans la guerre des Sept Chefs contre Thèbes pour aider Polynice à récupérer sa couronne.
  • « Adraste en gr. Adrastos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Guerre des Sept Chefs

L'auteur fait allusion à la guerre des Sept Chefs. Selon la mythologie grecque, lorsqu’Étéocle refusa à son frère, Polynice, le trône de Thèbes, Polynice s’enfuit en Argos où, après son mariage avec la fille du roi Adraste, il s’allia avec le roi pour planifier une attaque sur les Thébains afin de rétablir son trône. Il recruta cinq autres chefs, Tydée de Calydon, Parthénopaos d'Arcadie, les Argiens Capanée, Hippomédon ainsi qu’Amphiaraos, et assigna à chacun la mission d'assiéger une porte de Thèbes. Polynice entreprit lui-même la siège de la septième porte où il combattit contre Étéocle. Enfin, les deux frères s’entretuèrent et la bataille se termina avec la défaite des Argiens.
  • « Sept Chefs, guerre des », Encyclopédie Microsoft Encarta en ligne (2009), Microsoft Corporation, Internet, 2 novembre 2009.

Polynice

Polynice naquit de l’union incestueuse entre Œdipe et sa mère, Jocaste. Lorsqu’Étéocle lui refusa le trône de Thèbes, Polynice fut accueilli par Adraste, roi de Sicyone. Adraste ainsi que cinq autres chefs participèrent à la guerre des Sept Chefs contre Thèbes pour aider Polynice à récupérer sa couronne.
  • « Polynice en gr. Poluneikês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Alcméon

Fils d'Amphiaraos, roi mythique d'une partie du royaume d’Argos, et d’Ériphyle. Dès un jeune âge, Alcméon fut chargé de venger son père contre sa mère. Après qu’Amphiaraos eut une vision qu’il périrait dans la guerre des Sept Chefs contre Thèbes, il se cacha. Pourtant, Ériphile dévoila le lieu où était caché son mari à Polynice. Avant de partir pour la guerre, Amphiaraos ordonna sa vengeance contre sa femme à Alcméon. La veille de sa mort, Amphiaraos se trouva à table avec les autres chefs lorsqu’un aigle laissa tomber une lance qui se transforma en laurier. Le lendemain, lorsqu’Amphiaros était dans son char, la terre s’ouvrit et l’engloutit, réalisant le mauvais destin de l’ancien roi. Quelques années après, Thersandre, fils de Polynice, prépara une seconde expédition contre Thèbes. Cette fois-ci, il tenta Ériphyle avec une tunique. Ainsi engagea-t-il Alcméon à la tête de l’armée. Ensuite, Thèbes fut presque détruite. En fin de compte, lorsque qu'Éryphile tenait à engager le fils d'Alcméon à encore une expédition dangereuse, celui-ci finit par la tuer.
  • Claustre, André de, « Alcméon », Dictionnaire portatif de mythologie : pour l’intelligence des poëtes, de l'histoire fabuleuse, des monumens historiques, des bas-reliefs, des tableaux, &c., Paris, Briasson, 1765, t.1. Google livres, Internet, 12 avril 2011.

Anchise (en gr. Agkhisês)

Berger troyen et l’amant d’Aphrodite selon la mythologie grecque. Les deux eurent un fils, le légendaire Énée. Fâché contre Anchise lorsqu'il révéla sa liaison avec la déesse, Zeus le foudroya, ce qui, selon certaines sources, tua Anchise, mais selon d'autres, le rendit boiteux ou aveugle. Lors de la guerre de Troie, il fut sauvé par son fils Énée. Après la mort d'Anchise, Énée lui rendit visite aux champs Élysées, sa dernière demeure dans les Enfers.

Champs Élysées

Dans la mythologie grecque, les champs Élysées étaient une espèce de paradis dans les Enfers où les gens demeuraient si les dieux jugèrent qu'ils aient mené une vie vertueuse.

Phèdre (en gr. Phaidra)

En mythologie grecque, la fille de Minos, roi de Cnossos, et de Pasiphaé. Elle était également la sœur d’Ariane et la femme de Thésée, héros de l’Attique et le fils du héros Énée. Phèdre tomba amoureuse de son beau-fils, Hippolyte, qui la repoussa. Anéantie, Phèdre accusa Hippolyte d’avoir cherché à la violenter. Thésée implora la malédiction de Poséidon, dieu grec des mers, qui fit périr ensuite Hippolyte. Peu après, Phèdre se pendit.
  • « Phèdre en gr. Phaidra », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pyrame et Thisbé

La légende des deux jeunes amants babyloniens fut racontée pour la première fois dans les Métamorphoses d’Ovide. Les parents de Thisbé et de Pyrame leur interdirent de s’unir, ce qui poussa les deux à se parler à travers une fissure du mur qui séparait leurs deux maisons. Un soir, les deux décidèrent de fuir ensemble ; ainsi projetèrent-ils de se donner rendez-vous au pied d’un mûrier en dehors de la ville. Lorsqu’arriva Thisbé, elle fut effrayée par une lionne. Elle s’évada, abandonnant son écharpe, que la lionne déchira par la suite. Pyrame, arrivant le second, vit l’écharpe en pièces et pensant que sa bien-aimée avait été dévorée par la lionne, se poignarda. Ensuite, Thisbé, de retour, vit son cher Pyrame mort par terre et se donna la mort de la même épée. Selon la légende, à cause du sang versé sur la terre, les mûres de l’arbre, jusqu’alors blanches, devinrent rouges.
  • « Pyrame en gr. Puramos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Babylone (en sémitique Bab-lli la porte du dieu, dans la Bible Babel)

Ancienne ville mésopotamienne qui se trouvait sur l’Euphrate dans le pays contemporain d'Iraq. Existant au moins dès le XXIIIe siècle, Babylone atteignit son apogée comme capitale de l’empire babylonien entre le deuxième et le premier millénaire av. J.-C. La ville de Babylone (Babel) est d’une signifiance religieuse profonde. La Bible, en particulier, représente Babylone comme la personnification de l'orgueil, de la corruption et de la décadence de l'Homme dans le monde temporel, ceux qui menèrent la ville à sa propre ruine.
  • « Babylone », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • « Babylone en sémitique Bab-lli la porte du dieu, dans la Bible Babel », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Babylone (symbole) », Wikipédia l'encyclopédie libre (4 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 14 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Babylone_%28symbole%29.

Parques (en lat. Parcae)

Divinités romaines chargées du Destin, assimilées aux Moires de la religion grecque. Sur le Forum romain, elles étaient représentées par les Tria Fata (les « trois Destinées »), trois statues. Veuillez consulter aussi Moires.
  • « Parques en lat. Parcae », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Parques », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Atropos.

Sestos

Ancienne ville en Thrace, située sur l’Hellespont, vis-à-vis d’Abydos. Le peuple de cette ville était éolien. Au Ve siècle, la ville devient un établissement commercial pour les Athéniens. À l’époque byzantine, elle fut détruite. L’écrivain Musée le Grammairien en parle dans son élégie Héro et Léandros.
  • « Sestos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré ds noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Léandre

Selon la tradition grecque, Léandre aurait été un jeune homme de la ville d’Abydos. Lors des fêtes pour la déesse Aphrodite à Sestos, il fit la connaissance d’Héro, jeune prêtresse de la déesse. Les deux furent bientôt des amants secrets. Toutes les nuits, Léandre traversait à la nage l’Hellespont afin de rejoindre Héro, qui éclairait le chemin au sommet d’une tour. Cependant, l’hiver amena les vagues et les vents tempétueux, ce qui empêcha Léandre de retrouver sa bien-aimée. Après avoir attendu plusieurs nuits, Héro lui envoya ce message : Je mourrai si tu tardes encore à venir!, auquel répondit Léandre qu’il tenterait de traverser l’eau, soit qu’il parvînt à retrouver son amante, soit qu’il mourût. Ainsi Héro alluma-t-elle le flambeau de la tour, comme elle avait fait tant de fois auparavant. Voyant la lueur, Léandre se mit à nager, pourtant, lorsque le vent violent éteignit la lumière, il se perdit et se noya. En attendant toujours son amant, Héro vit le corps de celui-ci, allongé sur le sable après avoir été ramené par les vagues. Désespérée, Héro se jeta de la tour pour rejoindre éternellement son cher Léandre.

Musée (en gr. Mousaios)

Poète grec du Ve siècle qui aurait vécu en Égypte. Il est célèbre pour son élégie Héro et Léandre, très connue à l’époque byzantine.
  • « Musée en gr. Mousaios », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Abydos (nom grec dérivé de l'égypt. Abdou, en copte Ebot, en ar. al-'Araba al-Madfūna)

Ancienne ville grecque située sur la rive asiatique de l'Hellespont. Elle fut colonisée par Milet, ancienne ville d’Asie mineure qui fonda plus de 60 colonies sur les côtes. Ce fut là que Xerxès réussit à traverser l’Hellespont pour passer par Europe en -480. En 200, la ville résista à Philippe V de Macédoine lors d’une expédition dans les détroits.
  • « Abydos, nom grec, de l'égypt. Abdou, en copte Ebot, en ar. al-'Araba al-Madfūna », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Héro

Selon la tradition grecque, Héro aurait été une jeune prêtresse de la déesse Aphrodite dans le temple de Sestos. Pendant une fête pour la déesse de l’amour, Héro tomba amoureuse de Léandre, originaire d’Abydos, une ville en face de Sestos, de l'autre côté de l'Hellespont. Les deux furent bientôt des amants secrets. Toutes les nuits, Léandre traversait à la nage l’Hellespont afin de rejoindre Héro, qui éclairait le chemin au sommet d’une tour. Cependant, l’hiver amena les vagues et les vents tempétueux, ce qui empêcha Léandre de retrouver sa bien-aimée. Après avoir attendu plusieurs nuits, Héro lui envoya ce message : Je mourrai si tu tardes encore à venir!, auquel répondit Léandre qu’il tenterait de traverser l’eau, soit qu’il parvînt à retrouver son amante, soit qu’il mourût. Ainsi Héro alluma-t-elle le flambeau de la tour, comme elle avait fait tant de fois auparavant. Voyant la lueur, Léandre se mit à nager, pourtant, lorsque le vent violent éteignit la lumière, il se perdit et se noya. En attendant toujours son amant, Héro vit le corps de celui-ci, allongé sur le sable après avoir été ramené par les vagues. Désespérée, Héro se jeta de la tour pour rejoindre éternellement son cher Léandre.

Tour de Sestos

Selon la mythologie grecque, Héro, jeune prêtresse d’Aphrodite, aurait grimpé au sommet d’une tour à Sestos pour éclairer le chemin d’un flambeau afin que son amant, Léandre, puisse traverser l’Hellespont à la nage afin de la rejoindre.

Adonis (en phénicien Adoni mon seigneur)

Jeune homme d'une beauté hors de commun qui naquit de l'union incestueuse de Cynéras roi de Chypre et sa fille Smyrna, Adonis était symbole de la reproduction mâle dans la mythologie grecque. Il assimila également les symboles de la vie et de la nature lorsque, sous la supplication d'Aphrodite, Zeus le ressuscita après qu'il fut tué par un sanglier. Ainsi transformé en divinité, Zeus permit à Adonis de séjourner avec ses deux amantes, Aphrodite et Perséphone, pour une partie de l'année sur la terre avec la première et une autre partie aux Enfers avec la séconde.
  • « Adonis », Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 20 avril 2011. http://mythologica.fr/grec/adonis.htm
  • « Adonis en phénicien Adoni mon seigneur », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Chypre (en gr. Kypros, en turc Kibris)

Pays, république et île qui se trouve en Méditerranée orientale. Chypre fut occupée par les colons syriens et anatoliens au -IIIe millénaire et par les Égyptiens au -XVIe et -XVe siècles. Ensuite, hellénisée par les Achéens, ils fondèrent plusieurs villes dont quelques-unes furent consacrées à Aphrodite. Ainsi, l'île de Chypre devint dorénavant connue par les Grecs comme le lieu d'origine de la déesse.
  • « Chypre en gr. Kypros, en turc Kibris », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Thessalie

Région de la Grèce septentrionale entourée de montagnes comprenant le Mont Olympe et le Mont Pinde. Dans la légende grecque, la Thessalie est le berceau de plusieurs personnages mythiques, nommément les Centaures, les Lapithes et les Argonautes.
  • « Thessalie », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Cupidon

Cupidon fut le fils de Vénus, que l’on identifie avec Éros dans la mythologie grecque. Dieu de l’amour, il demeure très important aujourd’hui et figure dans des célébration de la fête de Saint Valentin (le 14 février). En général, Cupidon est représenté comme un petit enfant nu et ailé qui tient un arc et un carquois de flèches.
  • « Cupidon », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Cupidon », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cupidon.
  • « Éros », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Blois

La ville de Blois est la capitale du département actuel du Loir-et-Cher en France centrale. Le château de Blois, qui se trouve au coeur de la ville, était la résidence préférée des rois du XVIe siècle.
  • « Blois », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Château de Blois », Wikipédia l'encyclopédie libre (29 décembre 2016), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 février 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Blois.

Le Languedoc (de la langue d'oc, l'occitan)

Ancienne province dans le sud de France qui aurait compris les régions contemporaines de Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Auvergne et une partie de la Haute-Loire. Le Languedoc appartient à l'Occitanie, ancienne région du sud-ouest de l'Europe dont les habitants parlèrent occitan comme langue principale.
  • « Languedoc », Wikipédia l'encyclopédie libre (21 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Languedoc.
  • « Le Languedoc n. m., (d'après la langue où l'on dit oc « oui », c'est-à-dire l'occitan) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Occitanie », Wikipédia l'encyclopédie libre (16 avril 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 21 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Occitanie.

Limon

Fruit du limonier, analogue au citron à la différence près qu'il est plus acide et que son écorce est moins épaisse.
  • « Limon3, subst. masc. », Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 2 février 2010.

Ariadne

Fille de Léon Ier, empereur de l’Orient, Ariadne fut mariée à Zénon, qui succéda à son père comme régent en 474 ap. J.-C. et ensuite comme empereur après sa mort. Pourtant, leur mariage fut tumultueux, car l’on soupçonna Ariadne d’avoir trompée son mari avec Anastase le Silenciaire, futur empereur de l’Orient. D’après Jornandès, Zénon aurait ordonné à un de ses officiers de tuer sa femme. Or, Ariadne en fut avertie et se réfugia chez l’évêque Acace, qui parvint à convaincre Zénon de la laisser rentrer au palais. Selon la rumeur, Ariadne se serait vengée de son mari, celui-ci ayant perdu la connaissance lors d’une syncope, en l’enfermant dans un tombeau. Il faut souligner que la véracité de cette histoire est douteuse. Après la mort de l’empereur, Anastase prit le trône et se maria enfin avec Ariadne, qui mourut en 515.
  • Feller, François-Xavier, « Ariadne », Dictionnaire historique, Lille, L. Lefort, 1832, t.1. Google livres, Internet, 21 avril 2011.

Sthéno

Dans la mythologie grecque, une des trois gorgones, créatures laides et malfaisantes dont le seul regard puisse tuer.

Gorgonéion

Mot qui représente la tête de Méduse, la gorgone la plus connue dans la mythologie grecque.

Zénon

Barbare et isaurien nommé à l’origine Tarasicodissa, Zénon (426 - 492 ap. J.-C.) se maria avec Ariadne, la fille de l’empereur byzantin Léon Ier. Pendant qu’il était engagé en tant que commandant de l’armée de l’Asie, il reçut le nom de Zénon. À la mort de son beau-père, il prit le trône en 474 au nom de son fils, Léon. Pourtant, lorsque celui-ci mourut, il prit le nom de l’empereur. Une légende intéressante est venu se griffer sur l’histoire de cet empereur. D’après Jornandès, Zénon aurait ordonné à un de ses officiers de tuer sa femme, que l’on soupçonnait de l’avoir trompé avec Anastase le Silenciaire. Or, Ariadne, avertie du complot, se réfugia chez l’évêque Acace, qui parvint à convaincre Zénon de la laisser rentrer au palais. Selon la rumeur, Ariadne se serait vengée de son mari, celui-ci ayant perdu la connaissance lors d’une syncope, en l’enfermant dans un tombeau. Il faut souligner que la véracité de cette histoire est douteuse. Après la mort de Zénon, Anastase prit le trône et se maria enfin avec Ariadne, qui mourut en 515.
  • « Byzance & Empire Byzantin », Encyclopédie Universalis (2009), Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.
  • Feller, François-Xavier, « Ariadne », Dictionnaire historique, Lille, L. Lefort, 1832, t.1. Google livres, Internet, 21 avril 2011.
  • « Zénon », Encyclopédie gratuite Imago Mundi (2007), Serge Jodra, Internet, 1er octobre 2009. http://www.cosmovision.com/Zenon.htm.

Constantinople (en gr. Kônstantinoupolis, auj. Istanbul)

Fondée par l’empereur romain Constantin Ier le Grand en 330, Constantinople fut l'ancienne capitale de l’Empire romain d'Orient, l’Empire byzantin, l’Empire latin et de l’Empire ottoman. Elle fut également la capitale religieuse de l’Orient chrétien au Moyen Âge. En 1453, Constantinople fut occupé par les Turcs, prenant dès lors le nom d’Istanbul, situé actuellement dans le nord-ouest de la Turquie.
  • « Constantinople », Wikipédia l'encyclopédie libre (26 janvier 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 31 janvier 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Constantinople.
  • « Constantinople en gr. Kônstantinoupolis, auj. Instanbul », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Comté de Provence

Ancienne territoire féodale du royaume rodolphien de Bourgogne qui se trouva à l'est du delta du Rhône.

André de Hongrie

André de Hongrie, roi de Naples, fut né en 1326, et étranglé le 18 décembre 1345. Son meurtre fut le résultat d’une conspiration approuvée par sa femme, Jeanne de Provence. Il épousa Jeanne en 1333 (il avait sept ans; elle, neuf ans). Les relations entre les époux furent hostiles tout au long de leur mariage. À la mort du grand-père de Jeanne en 1343, elle seule fut déclarée reine. Quand André sollicita du pape son propre couronnement, son assassinat fut programmé.
  • Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l’indication des sources à consulter, sous la direction de M. le Dr Hoefer, Paris, Firmin Didot Frères, 1855.
  • Aurell, Martin, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, La Provence au Moyen âge, Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, 2005, p. 181-205.

Hycarnie

Ancienne satrapie d’Asie mineure dont le satrape fut Phratphernès pendant les expéditions d’Alexandre le Grand.
  • Rambaud, Patrick, « Alexandre au pays des dieux », Le Figaro, Paris, Le Figaro, 2004.

Gétulie

Région divisée entre le Biledulgeria, le Maroc, le Sedjelmesse et le Sahara qui fut une ancienne contrée de l’Afrique. Le roi Iarbas aurait, selon la tradition, vendu le terrain à Didon, où elle fonda Carthage. De nos jours, Iarbus demeure le plus célèbre des rois de cette région. Carthage avait beaucoup de Gétules parmi ses nouveaux colons.

Faustine la Jeune (en lat. Annia Galeria Faustina Minor)

(v. 125-130 – Halala, Cappadoce 175 ap. J.-C.). Faustine était la fille de l’empereur Antonin le Pieux ainsi que la femme de l’empereur Marc Aurèle. L’union d’Aurèle et de Faustine, consommée en 145, donna le jour à treize enfants. Malgré leur mariage harmonieux, l'impératrice laissa une réputation ignoble. Selon certaines sources, Faustine aurait trompé son mari avec des gladiateurs et des marins. Elle se serait même engagée dans la révolte du général Avidius Cassius contre Aurèle. En dépit de son comportement, son mari dévoué la divinisa après sa mort et la enterra dans le mausolée de l'empereur Hadrien.

Aluine

Aluine est un autre nom pour l’absinthe en botanique.
  • « Aluine », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 9 novembre 2011

Antonin (en lat. Titus Aurelius Fulvius Antoninus Pius)

Antonin le Pieux (Lanuvium 6 - Lorium 161) fut l'empereur de Rome de 138 jusqu'en 161. Il reçut le titre de « Pieux » car il exigea du Senat la déification de son père adoptif l'empereur Hadrien après sa mort. Membre du Conseil impérial et proconsul en Asie, Antonin le Pieux fut d'abord et avant tout connu pour son don pour l'administration. Son règne, décrit comme l'apogée de l'Empire Romain, fut paisible. Aucune conquête n'eut lieu, et il fit construire le mur d'Antonin entre le Forth et la Clyde. Son mariage avec Faustine l'Ancienne lui donna quatre enfants, dont Faustine la Jeune qui se maria avec son cousin et frère adoptif Marc Aurèle, le futur empereur romain.
  • « Antonin en lat. Titus Aurelius Fulvius Antoninus Pius », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Antonin le Pieux », Wikipédia l'encyclopédie libre (11 avril 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 28 avril 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonin_le_Pieux.

Styx (en gr. Stux)

Fleuve qui, selon la mythologie, coulait aux enfers ; les dieux juraient par le Styx, et ce serment ne pouvait être violé.
  • « Styx », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 2 mai 2011.
  • « Styx en gr. Stux », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Le Cocyte (en gr. Kôkutos Naissant des lamentations)

Fleuve des Enfers qui afflue de l’Achéron ou du Styx. Selon la tradition, les eaux du Cocyte seraient alimentées par les larmes des injustes.
  • « Cocyte n. m. -en gr. Kôkutos Naissant des lamentations », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Tartare (en gr. Tartaros)

Lieu situé en dessous des Enfers grecs, le fond de l’Univers, où l’on châtie les crimes contre les dieux. Le Tartare aurait été placé à une distance égale à celle entre la Terre et le ciel. L'on appelle le Tartare aussi la prison des Titans car certains d'entre eux y ont été enfermés après avoir commis des crimes, tels que le meurtre ou l'abus du pouvoir.
  • « Tartare en gr. Tartaros », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Tartare (mythologie) », Wikipédia l'encyclopédie libre (18 septembre 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Tartare_(mythologie).

Phlégéthon

Dans la mythologie greceque, fleuve de feu dans les Enfers qui afflue de l'Achéron.
  • « Phlégéthon », Émile Littré : Dictionnaire de la langue française (1872-77), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 24 août 2009.
  • « Phlégéthon », Wikipédia l'encyclopédie libre (16 octobre 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 2 mai 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Phl%C3%A9g%C3%A9thon.

Alcibiade (en gr. Alkibiadês)

Général et homme d’État grec (Athènes -450 - Melissa, Phrygie 404 av. J.-C.) de l’illustre famille des Alcméonides. Pendant sa jeunesse, il étudia avec Socrate et fut le favori du philosophe. Lors de la bataille de Potidée pendant la guerre du Péloponnèse, Socrate même lui sauva la vie. Alcibiade posséda une reputation controversée car il fut symbole de la démocratie mais aussi déserteur qui alterna son alliance entre Athènes et Sparte. Par conséquent, il fut toujours en fuite de ses ennemis et il finit par être asssasiné. On aurait mis le feu à sa chambre et lorsqu’il tenta de s’enfuire, ses gardiens l’auraient battu jusqu’à ce que la mort s’en suivît.
  • « Alcibiade en gr. Alkibiadês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Pouget, Andrée, « Alcibiade (~450-~404) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 1er octobre 2009.

Lucrèce (en lat. Titus Lucretius Carus).

Poète et philosophe latin (Rome v. -98 - -55 av. J.-C.) célèbre pour son épopée en six livres De natura rerum (De la nature) qui a pour but d'expliquer la philosophie épicurienne par le biais de la poésie.
  • « Lucrèce en lat. Titus Lucretius Carus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Mathurin de Larchant

Saint très populaire au Moyen-Âge, invoqué pour la guérison des fous. On célèbre sa fête le 1er novembre. Sa légende fut écrite par des moines de Paris. À Larchant, une commune française, on lui a dédié une église.

Catarrhe

Inflammation et hypersécrétion des muqueuses, particulièrement des voies respiratoires.
  • « Catarrhe, subst. masc. », Trésor de la Langue Française Informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 8 mars 2010.

Humeur

En termes de Medecine , on appelle les quatre humeurs , les quatre ſubſtances liquides qui abreuvent tous les corps des animaux , & qu'on croit eſtre cauſes des divers temperamments , qui ſont le flegme ou la pituite, le ſang, la bile, la melancolie. Il y en a de compoſées qui s'eſpaiſſiſſent & qui ſe corrompent , comme celles qui font le pus, les glaires , & autres qui cauſent les abſés, les obſtructions, & generalement toutes les maladies. On les appelle de divers noms, malignes , aduſtes , acres , mordicantes , cruës , peccantes, &c. [...]

Humeur , ſe dit auſſi du temperamment particulier qui vient du meſlange de ces qualitez. Ainſi on dit , qu'un homme est d'humeur bilieuſe, colerique, emportée; d'humeur flegmatique, douce , poſée , froide ; d'humeur ; ſociable , grave ; d'humeur melancolique, chagrine , inquiete, triſte, noire, ſombre, bizarre, inſupportable , hypocondriaque ; d'humeur ſanguine , gaye , enjoüée , complaiſante , volage , amoureuſe ; de belle humeur ; d'humeur joviale , imperieuſe
.
  • Furetière, Antoine. « Humeur », Dictionnaire universel, La Haye, A. et R. Leers, 1690, t. 2. Bibliothèque nationale de France, Internet, 9 settembre 2009.

Cœlius Rhodigin (Lodovico Ricchieri)

Originaire de Venise, Rhodigin (Rovigo 1469 – 1525) était écrivain et professeur de grecque et de latin. Son ouvrage le plus important est Antiquarium Lectionum (Antiques leçons).

Antiques leçons (en lat. Antiquarium Lectionum)

L'œuvre la plus connue de Cœlius Rhodigin dont la première édition fut publiée en 1516 et la deuxième édition à titre posthume en 1542. Le recueil érudit comprend maintes notices au sujet d'auteurs grecs et latins, en particulier dans les domaines de la médecine, la botanique et la musique.

Prêtre Jean

Prêtre Jean était un légendaire roi-prêtre chrétien de l'Orient, popularisé en Europe dès le XIIe siècle comme champion contre les musulmans. Son royaume (imaginaire) se situait dans une des trois Indes, c'est-à-dire, en Chine, en Inde ou en Éthiopie.

Margajat

Nom qui désigne certains peuples du Brésil.
  • « Margajat », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 30 septembre 2009.

Tupiniquim

Nom désignant un peuple indigène du sud-est du Brésil. Les Tupiniquims furent les premiers habitants de Rio de Janeiro.
  • « Toupeninquin », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1762), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 30 septembre 2009.
  • « Tupiniquim », Wikipédia l'encyclopédie libre (17 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 4 mai 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Tupiniquim.

Saint Augustin (en lat. Aurelius Augustinus)

(Thagiste, auj. Souk-Ahras 354 – Hippone, auj. Annaba 430 ap. J.-C.). Évêque africain, docteur et père de l’Église, Saint Augustin avait un impact énorme et durable sur la théologie chrétienne, la philosophie logique et la théorie du sens. Ses œuvres les plus éminentes sont Les Confessions (397-401), texte autobiographique introspectf sur le voyage spirituel de l'auteur, et La Cité de Dieu (413-427). Les débats suscités par sa conception de la grâce continuent de nos jours; il insista que la grâce du Christ est un don de Dieu et que ce n'est pas à nous de la « gagner » par nos actes. Le fait que toute l'humanité est tarée par le péché originel et l'importance de la doctrine de la prédestination a fait de la théologie augustinienne le contrepoids de la théologie jésuite en France sous l'Ancien Régime.
  • « Augustin (Saint) en lat. Aurelius Augustinus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

La Cité de Dieu (en lat. De civitate Dei)

Œuvre comprenant 22 livres écrite par Saint Augustin vers 413-427 ap. J.-C. Dans son traité, il conteste les critiques païennes en attestant que le sac de Rome par les Wisigoths (410) fut à cause de sa déchéance morale plutôt que l'abolition de la religion païenne pour le christianisme. En plus, l’auteur caractérise la relation conflictuelle entre l'éternelle « Cité de Dieu » et la temporelle « Cité de l'Homme ».
  • « La Cité de Dieu en lat. De civitate Dei », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « The City of God », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 4 mai 2011. http://www.britannica.com/topic/The-City-of-God.

Platon

(Athènes -428 - -348 av. J.-C.). Étudiant de Socrate qui, comme philosophe, prit part à la formation de la pensée du monde occidental. Il était le fondateur de l'école philosophique, l'Académie, à Athènes (387) où Aristote compta parmi ses élèves. Auteur d'au moins 28 dialogues socratiques, Platon créa un genre littéraire qui le permit d’aborder certains problèmes métaphysiques et philosophiques en combinant le discours rationnel et le langage poétique. Parmi ses dialogues comprennent le Timée, La République et Le Banquet.
  • « Platon », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

La République (en gr. Hê Politeia ê peri tês dikês)

Dialogue socratique en dix livres écrit par Platon vers 380 av. J.-C. où le philosophe distingue la raison de la justice et précise les caractéristiques de la cité juste et de l'homme juste.
  • « La République en gr. Hê Politeia ê peri tês dikês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « The Republic (Plato) », Wikipédia l'encyclopédie libre (30 avril 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 6 mai 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Republic_%28dialogue%29.

Martial (en lat. Marcus Valerius Martialis, surnommé « Cocus »)

Poète latin qui vécut d'environ 40 à 104 ap. J.-C. Il est l'auteur de 15 livres d'Épigrammes qui attaquent, entre autres, les débauchés et les femmes âgées.
Dans Les épines du mariage, Jean-Philippe Varin cite une des épigrammes de Martial sans en citer l'auteur. La citation en question vient du premier livre des épigrammes, seizième poème, « Ad Julium ».
  • Martial en lat. Marcus Valérius Martial, Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Sur Martial et sur ses écrits », Épigrammes de M. Val. Martial., Paris, Le général baron Simon, son fils, et P. R. Auguis, de la Société royale des Anqiguaires de France, 1819, p. III-V.

Absinthe (en lat. artemisia absinthium L)

Plante de la famille des Astéracées qui peut faire 1 m de hauteur. Les feuilles de cette plante sont couvertes de poils blancs et de glandes oléifères. Elle sert de vermifuge et peut provoquer des règles. L'on s'en sert également pour combattre le mal de mer la nausée.
  • « Absinthe (plante) », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Absinthe_(plante).
  • Lieutaghi, Pierre, « Absinthe », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 20 mai 2009.

Micion

Un des deux frères de la dernière comédie de Térence Les Adelphes (-160 av. J.-C.). Micion, symbole des valeurs modernes, et son frère, Déméa, symbole des valeurs romaines traditionnelles, s'opposent concernant le problème de l'éducation. Tandis que Micion soutient que celle-ci devrait être permissive, Déméa croit qu'elle devrait être répressive. Ainsi, pour prouver la méilleure méthode, Déméa, père d'Eschine et Ctésiphon, décide de permettre à Micion d'assujettir Eschine à une éducation libre et démocratique tandis qu'il soumet Ctésiphon à une qui est rigoureuse et autoritaire. Enfin, Ctésiphon a une liaison secrète avec une joueuse de lyre à qui Déméa lui permet de se marier à la fin de la pièce, et Eschine épouse l'Athénienne qu'il avait trompée.

Térence (en lat. Publius Terentius Afer)

Térence (Carthage -190 - -159 av. J.-C.) était un poète comique latin. Il commença comme jeune esclave africain mais il fut affranchi par le sénateur Terentius Lucanus qui lui donna une éducation et l’introduisit dans le cercle aristocratique. Térence nous a laissé six comédies, jouées entre -166 et -160 : L’Andrienne, L’Hécyre, Héautontimoroumenos, L’Eunuque, Phormion et Les Adelphes. Ses six œuvres se caractérisent par l’élégance grecque, adaptée aux sensibilités d’un public romain lettré. Sa comédie témoigne d’une psychologie plus nuancée que celle de son prédécesseur, Plaute, ainsi que par une émotion plus délicate. Au lieu d'adhérer aux procédés comiques latins traditionnels tels que les calembours, déformations et plaisanteries grossières, il opte plutôt en faveur de dépeindre les rapports sociaux, familiaux et professionnels de ses personnages.
  • « Térence en lat. Publius Terentius Afer », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Les Adelphes (Les Frères)

Dernière comédie de Térence (-160) dans laquelle deux frères, Micion, symbole des valeurs modernes, et son frère Déméas, symbole des valeurs romaines traditionnelles, s'opposent concernant le problème de l'éducation. Tandis que Micion soutient que celle-ci devrait être permissive, Déméa croit qu'elle devrait être répressive. Ainsi, pour prouver la méilleure méthode, Déméa, père d'Eschine et Ctésiphon, décide de permettre à Micion d'assujettir Eschine à une éducation libre et démocratique tandis qu'il soumet Ctésiphon à une qui est rigoureuse et autoritaire. Enfin, Ctésiphon a une liaison secrète avec une joueuse de lyre à qui Déméa lui permet de se marier à la fin de la pièce, et Eschine épouse l'Athénienne qu'il avait trompée.

Chrémès

Personnage type dans toutes les comédies de Térence qui joue un rôle comique. Son nom vient du mot grec chremptomai qui signifie cracher.

Monts Riphées

Chaine de montagnes dont parlaient les Grecs anciens qui se trouverait dans des parages septentrionaux. Il se peut que les monts Riphées fassent partie du Tchardagh, des Balkans, des Carpathes ou de l'Oural.

Massagètes

L’historien grec Hérodote (Ve siècle av. J-C) décrit ce peuple féroce, appparenté aux Scythes : ils combattaient armés d'arcs et de piques ; ils mangeaient les cadavres des anciens, qu'ils avaient immolés, après les avoir fait cuire. Il est aussi à noter qu’ils mettaient en commun leurs femmes, malgré leur mariage avec des épouses légitimes.
  • « Massagètes », Encyclopédie Universalis (2010), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 15 février 2010.

Satyres (en gr. Saturoi)

Selon la mythologie grecque, les satyres étaient des démons qui habitaient la forêt ; ils étaient l'équivalent des faunes des Romains. Ils avaient le haut du corps d'un homme ayant une barbe et des cornes, et le bas d'un bouc ou d'un cheval. Amateurs de tout plaisir physique, les Satyres s'adonnaient à l'ivresse, à la musique, à la danse et à la poursuite des nymphes.
  • « Satyres en gr. Saturoi », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Satyrs », Greek Mythology Link (1997), Carlos Parada et Maicar Förlag, Internet, 28 juin 2011. http://www.maicar.com/GML/SATYRS.html.

Europe (en gr. Europê)

Fille d’Agénor, qui fut le roi de Phénicie ; Europe fut également la sœur de Cadmos, héros grec. Amoureux d’elle, Zeus se transforma en taureau blanc, enlevant Europe et l’amenant en Crète. Les deux donnèrent le jour à Minos, Sarpédon et Rhadamante. À la recherche de leur chère sœur, ses frères, selon la tradition, auraient fondé plusieurs villes en Asie mineure.
  • « Europe en gr. Europê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Antiope (en gr. Antiopê)

Fille de Nyctée, roi de Thèbes. Selon la mythologie, Antiope aurait été violentée pendant son sommeil par Zeus métamorphosé en satyre. De leur union naiquirent Zéthos et Amphion, ce dernier étant poète et musicien qui se servit uniquement de sa flûte et de sa lyre pour construire les remparts de Thèbes.
  • « Antiope en gr. Antiopê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Danaé

Selon la légende, Danaé aurait été une princesse légendaire d’Argos. Son père, Acrisios, l’enferma dans une tour d’airain après avoir appris d’un oracle que son petit-fils le tuerait. Dans sa tour, Danaé fut imprégnée par Zeus métamorphosé en pluie d'or. De leur union naquit Persée, qui tua son grand-père par hasard en lançant un disque lors des jeux de funérailles.

Cicéron (en lat. Marcus Tullius Cicero)

(Arpium 106 – Formie 43 av. J.-C.) Homme d’État latin, avocat, consul et orateur exceptionnel qui a fort influencé la rhétorique latine. Il se fit champion de la préservation de la République romaine mais ses efforts furent en vain lorsque la république fut finalement détruite après une série de guerres civiles suivies par son assassinat en 43. Cicéron chercha pendant toute sa vie à être un grand homme de l’État et son travail intellectuel témoigne de cette ambition. Un écrivain prolifique, il a produit des plaidoyers (Verrines), des harangues politiques (Catilinaires), des œuvres théoriques sur l’éloquence (De oratore), des écrits philosophiques (De republica) et des lettres (Ad Atticum).
  • « Cicéron en lat. Marcus Tullius Cicero », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Marcus Tullius Cicero », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 12 mai 2011. http://www.britannica.com/biography/Cicero.

Verrès (en lat. Caius Licinus Verres)

(Rome v. -119 - -43 av. J.-C.). Homme politique romain qui fut propréteur de Sicile entre -73 et -71. En -70, les Siciliens, accusant Verrès de la corruption et de l'extorsion, sollicitèrent l'avocat Cicéron de le poursuivre en justice. Dans ses discours les Verrines, Cicéron présenta des preuves si irréfutables que Verrès abandonna sa défense et partit en exil, condamné à rendre aux Siciliens 40 millions de sesterces.
  • « Verrès en lat. Caius Licinus Verres », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Verrines (en lat. In Verrem)

Série de discours publiés qui furent prononcés par Cicéron contre Verrès, l’ancien propréteur de Sicile. Chargé des poursuites par les Siciliens (-70 av. J.-C.), Cicéron présenta des preuves incontestables qui reconnurent Verrès coupable de la corruption et de l'extorsion. En outre, les discours brillants de Cicéron affirmèrent son prestige comme orateur exceptionnel ce qui fit progresser sa carrière politique.
  • « Verrès en lat. Caius Licinus Verres », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Verrines », Wikipédia l'encyclopédie libre (2 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 11 mai 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Verrines.

Titus Pomponius Atticus

Chevalier romain (Rome -109 – -32) connu surtout pour être le meilleur ami de Cicéron, il fut aussi l'éditeur et le conseiller financier de celui-ci. Atticus était le destinataire de quelques 400 lettres écrites par Cicéron préservées dans l'ouvrage Ad Atticum.
  • « Atticus (Titus Pomponius) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Marcus Tullius Cicero », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 12 mai 2011. http://www.britannica.com/biography/Cicero.
  • « Titus Pomponius Atticus », Wikipédia l'encyclopédie libre (26 mars 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 12 mai 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Titus_Pomponius_Atticus.

Ad Atticum

Quelques 400 lettres rédigées par Cicéron qui furent compilées par Marcus Tullius Tiro, le secrétaire de celui-ci. Les lettres ont pour destinataire Atticus, le meilleur ami de Cicéron.
  • « Atticus (Titus Pomponius) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Myrrhe

Sorte de gomme ou de liqueur odorante qui distille d'un arbre, qui croist dans l'Arabie heureuse. La myrrhe transparente passe pour la meilleure de toutes. la myrrhe est fort amere. les trois Mages apporterent à Nostre Seigneur en Bethléem or, myrrhe, & encens. on se servoit de myrrhe pour embaumer les corps.
  • « Myrrhe », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 29 janvier 2010.

Thalès de Milet (en gr. Thalês)

Philosophe, mathématicien, astronome et physicien grec, Thalès (Milet -625 – -546 av. J.-C.) était le plus ancien et le plus connu des Sept Sages. Aristote le décrivit même comme le premier philosophe ionien. Dans le domaine des mathématiques, Thalès aurait formulé cinq théorèmes géométriques. En tant qu'astronome, selon Aetius, Thalès aurait été le premier à expliquer que le soleil illuminait la lune. Thalès est d’abord et avant tout connu pour avoir annoncé une éclipse du soleil, ce qui eut lieu en 585, malgré qu’il n’eût pas d’outils suffisants pour faire un tel calcul. En ce qui concerne la physique, Thalès croyait que l'eau était la seule substance primordiale ce qui lui mena à présumer que l’univers était comme une bulle d’air flottant dans une masse liquide infinie.
  • « Thalès de Milet en gr. Thalês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Médée

Tragédie grecque composée par Euripide en -431 av. J.-C. qui suit le parcours de la magicienne Médée après son exil à Corinthe avec son mari Jason et leurs deux enfants pour avoir assassiné le roi de Ioclos. La pièce décrit comment la jalouse femme se venge-t-elle lorsque Jason la répudie pour Créüse, la fille du roi Créon. Elle envoie à Créüse une tunique empoisonnée comme cadeau et, ensuite, égorge ses propres enfants. Par la suite, Médée s'énfuit à Athènes dans un char ailé où elle se réfugie chez le roi Égée et devient son épouse. Cependant, Égée la renvoie après l'attentat contre son fils Thésée.
  • « Medea », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 9 mars 2011. http://www.britannica.com/topic/Medea-play-by-Euripides.
  • « Médée en gr. Mêdeia », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Metelle « Le Numidique » (en lat. Quintus Caecilius Metellus Numidicus, Conquérant de Numidie)

Général et consul romain. C'est en 109 av. J.-C. que Metellus devint consul et mena la guerre contre Jugurtha, le roi de Numidie. Malgré le fait que c'était son successeur comme consul, Marius, et le lieutenant de celui-ci qui finirent par remporter la victoire définitive contre Jugurtha, Metellus obtint le titre de conquérant en -106. En -100, suite à des disputes avec ses ennemis politiques, Numidicus s'exila, mais rentra à Rome en 99 où il mourut en -91.

Varron (en lat. Marcus Terentius Varro)

(Réate, auj. Rieti -116 - -27). Écrivain qui était un lieutenant de Pompée le Grand pendant les guerres civiles. Après la victoire de César contre l’armée de Pompée, Varron se réconcilia avec César, qui lui ordonna de faire construire les premières bibliothèques publiques de Rome. Varron fut un des premiers encyclopédistes romains ainsi qu’un auteur de nombreux traités. Il produisit 74 ouvrages sur plusieurs sujets, dont il ne reste que des fragments. Parmi les plus connus :
  • La langue latine, traité de grammaire
  • L’Économie rurale, traité d’agriculture
  • Les Satires Ménippées, traité philosophique
  • Les Antiquités, traité historique
  • « Varron », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Satires Ménippées

Satire en 150 livres composée par l’érudit latin Varron. Imitant l’œuvre du philosophe Ménippe de Gadara, Varron entremêle la prose et les vers. Ses satires discutent de querelles philosophiques et religieuses, les irritations quotidiennes et de la politique, tout sur un ton ironique.
  • « Marcus Terentius Varro », Encyclopædia Britannica Online (2011), Encyclopædia Britannica, Internet, 17 mai 2011. http://www.britannica.com/biography/Marcus-Terentius-Varro.
  • « Ménippe en gr. Menippos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Dédale (en gr. Daidalos)

En mythologie grecque, Dédale était un architecte, sculpteur et inventeur athénien. Exilé pour le meurtre de son neveu Talos, Dédale se réfugia en Crète chez Minos le roi de Cnossos. Le roi aurait chargé Dédale de construire le célèbre Labyrinthe pour enfermer le Minotaure.
  • « Dédale », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dédale.
  • « Dédale en gr. Daidalos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Jean Bastier de La Péruse

Poète et dramaturge français (Péruse 1529-1554) qui écrivit sa tragédie Médée basée sur les œuvres du même titre de Sénèque et d'Euripide.

Anaxandrides

Anaxandrides, un poète comique athénien du IVe siècle av. J.-C., est l'auteur de plus de 65 pièces, dont il n'existe que des fragments, dont on présente, peut-être pour la première fois, le thème devenu familier aux XVIe et XVIIe siècles de l'inconvénient de se marier une femme riche, une femme pauvre, une laide ou une belle.
  • « Anaxandrides », Wikipédia l'encyclopédie libre (20 décembre 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 18 mai 2011. http://en.wikipedia.org/wiki/Anaxandrides.
  • « Deux leçons de philosophie morale sur le mariage et sur la femme », Annales de philosophie chrétienne, Paris, Bureau des Annales de Philosophie Chrétienne, 1852, vol. XLV, t. 6, p.103-104. Google livres, 21 mai 2011.

Indes orientales

Terme désignant la région sud et sud-est d'Asie à l'époque coloniale.

Amazones

Civilisation légendaire de femmes guerrières et chasseresses qui auraient vécu en Scythie, dans le Caucase ou dans le nord de l’Asie Mineure. Ces femmes se seraient brûlé chacune un sein pour mieux manier la lance ou tirer l’arc. Farouches et hostiles aux hommes, elles auraient tué leurs enfants mâles à la naissance ou bien les auraient mutilés pour ensuite les exploiter comme esclaves.
  • « Amazones », Wikipédia l'encyclopédie libre (14 mai 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Amazones.
  • « Amazones n. f. pl. », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Penthésilée (en gr. Penthesileia)

Penthésilée aurait été la reine légendaire des Amazones qui participa à la guerre de Troie avec les Troyens. Le héros la blessa mortellement, mais voyant la beauté de la reine, il tomba amoureux d'elle. Ceci le conduisit à tuer Thersite car celui-ci se moqua de son amour pour Penthésilée.
  • « Penthésilée en gr. Penthesileia », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Job

Héros du Livre de Job dans l'Ancien Testament, Job est l'archétype du Juste dont la foi est mise à l'épreuve par Satan, avec la permission de Dieu.

Artus ou Arthur

Chef militaire breton qui parvint à organiser une défense contre les envahisseurs saxons vers 500 ap. J.-C. Selon la légende, il aurait été un grand guerrier ainsi que le roi idéal. L’histoire du roi Artus fut chantée d’abord par des bards gallois et ensuite par des auteurs de chroniques tels que Geoffrey de Monmouth, historien anglo-normand qui vécut au XIIe siècle. D’autres développèrent l’histoire du roi encore plus, notamment le Roman de Brut (1155) par Robert Wace et Perceval ou le Conte du Graal (v.1180) de Chrétien de Troyes. En outre, La Mort le roi Artu, le dernier roman du cycle romanesque Graal-Cycle-Vulgate (aussi appelé Lancelot-Graal), réussit à diffuser prodigieusement l’histoire d’Arthur et des chevaliers de la Table ronde.
  • « Artus ou Arthur », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Orion (en gr. Ôriôn)

Dans la mythologie grecque, géant mythique connu pour sa beauté et pour ses capacités de chasseur. Après avoir libéré l’île de Chois des fauves, il cherchait à en épouser la princesse. Pourtant, le roi enivra et aveugla Orion afin que le mariage n’eût pas lieu. Or, grâce aux rayons du Soleil levant, Orion retrouva la vue. Ensuite, Éos, personnification de l’aurore, tomba amoureuse de lui. De ce fait, elle amena Orion à Délos, où il fit la connaissance d’Artémis, la déesse de la Lune, et devint son compagnon de chasse. Orion mit cinq ans à chasser les Pléiades, les sept filles d’Atlas transformées en colombes. Selon une version du mythe, il fut éventuellement tué par une piqûre de scorpion envoyé par Artémis comme châtiment pour sa tentative de violer une des Pléiades ou elle-même. Lui et le scorpion devinrent ensuite des constellations.
  • « Orion en gr. Ôriôn », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pierre de Ronsard

Connu comme « Prince des Poètes », Ronsard (1524-1585) fut une des figures les plus importantes des lettres françaises au XVIe siècle. Sa poésie, avec ses néologismes et un style émouvant et épicurien, fut inspirée par des poètes de l'Antiquité, en particulier, Pindare et Horace.
  • « Pierre de Ronsard », Wikipédia l'encyclopédie libre (11 juin 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 11 juin 2010. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Ronsard.
  • « Ronsard (Pierre DE) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Les Amours (en lat. Amores)

Œuvre poètique d’Ovide qui témoigne de la passion du poète pour la femme imaginaire Corrine. Il parle des thèmes traditionnels présents dans des histoires d’amour : la maladie d'amour, les jalousies, l’amitié, parmi d’autres.
  • « Ovide en lat. Publius Ovidius Naso », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pittacos (en gr. Pittakos)

Tyran de Mytilène (v. -648 – v. -569 av. J.-C.) classé parmi les Sept Sages (groupe de philosophes et tyrans du VIe siècle). Il libéra l’île de Lesbos du tyran Mélanchros après que celui-ci était victorieux contre les Athéniens et avait banni les poètes Sappho et Alcée. Élu dictateur par les Mytiléniens vers 589, Pittacos exerça un règne distingué par la prudence et l'integrité politique. Après dix ans au pouvoir, il abdiqua vers 579. Il nous a laissé de nombreuses maximes, toutes reflètant un homme de grande sagesse.
Par rapport au mariage, selon les épigrammes de Callimaque, Pittacos croyait que l'homme prudent choisirait une conjointe du même statut social.

Plaute (en lat. Titus Maccius Plautus)

(Sarsina v. -254 - Rome -184 av. J.-C.). Poète comique latin, Plaute parvint à assimiler la technique théâtrale des Grecs tels que Ménandre, Philémon et Diphile dans son œuvre, tout en l’adaptant au goût romain. Le public de son temps fut sensible à des personnages plutôt typés qu’à ceux témoignant d’un caractère extrêmement nuancé. Nous n’avons que vingt de ses comédies. Parmi les plus connues sont Amphitryon (Amphitruo), La Comédie de l’âne (Asinaria) et Les Bacchides (Bacchides).
  • « Plaute en lat. Titus Maccius Plautus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Asinaire ou La Comédie de l’âne

Comédie de Plaute: un père indulgent, Déménète, souhaite aider son fils, Argyrippe, à libérer une prostituée d'une vieille proxénète. Pourtant, il faut d'abord que Déménète trompe sa femme impérieuse, Artémone, qui garde le contrôle de la bourse, en lui volant l’argent de la vente de quelques ânes (d’où le titre de la pièce). Le père et le fils passent la soirée à un banquet avec la prostituée, mais Artémone surprend son mari et le punit.

Hydre de Lerne (en lat. Lernaia Hudra)

Monstre fabuleux à multiples têtes qui aurait été tué par Héraclès parce que celui-là ravageait l'Argolide. À chaque fois que Héraclès essaya de lui trancher une tête, la tête repoussait. Héraclès dut alors utiliser des flèches enflammées afin de tuer la créature. Par la suite, le héros enterra la tête centrale, qui était immortelle, sous un grand rocher. Enfin, Héraclés trempa ses flèches dans le sang venimeux du cadavre pour que tous ceux qui fussent blessés d'elles subissent une mort définitive.
C'est ainsi qu'on employait le mot « hydre » pour signifier proverbialement [t]oute sorte de mal, qui multiplie quand on pense le destruire.
  • « Heraclés / Hercule », Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 29 avril 2010. http://mythologica.fr/grec/heracles0.htm
  • « Hydre », Dictionnaire de l'Académie française en ligne (1694), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 27 juillet 2011.
  • « Hydre de Lerne en lat. Lernaia Hudra », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Pontano (Giovanni ou Gioviano)

(Cerreto, Ombrie 1426 – Naples 1503). Homme politique et humaniste italien qui fut Premier ministre à la cour de Naples. Auteur qui possédait des connaissances et des intérêts divers, ses ouvrages, tous en latin, touchent une myriade de sujets. La grammaire et la rhétorique (De sermone), l'astronomie (Uranie), la philosophie (De prudentia) et la poèsie (De amore conjugali) sont seulment quelques exemples.
  • « Giovanni Pontano », Wikipédia l'encyclopédie libre (23 février 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 25 mai 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Pontano.
  • « Pontano (Giovanni ou Gioviano) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Robin des Bois (en angl. Robin Hood)

Héros saxon légendaire qui aurait été inspiré d’un personnage historique célèbre comme l'adversaire des riches et le défenseur des pauvres exploités. Mis hors la loi, Robin aurait vécu dans les bois de Sherwood entre les XIIe et XIIIe siècles. Des ballades sur cet archer existaient dès le XIVe siècle. Certaines ballades post-médiévales lui attribuèrent une compagne appelée Marion.
Plusieurs auteurs connus se sont inspirés de la légende, tels que:
  • Andrew Wyntoun : Chronique d’Écosse (v. 1420)
  • Martin Parker : La Guirlande de Robin des Bois (1670)
  • Sir Walter Scott : Ivanhoé (1819)
  • « Robin des Bois en angl. Robin Hood », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Marion (en angl. Maid Marian)

La belle amie du héros légendaire Robin des Bois.
  • « Robin des Bois en angl. Robin Hood », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Ménandre (en gr. Menandros)

(Athènes v. -342 - v. -292 av. J.-C.). Poète comique grec qui fut l’ami du philosophe Épicure. Né vers 342 à Athènes, Ménandre vécut la descente de la cité, jadis illustre, en décadence : il aurait vu quotidiennement une population d’esclaves, de trafiquants et de soldats. Les comédies-farces du poète en témoignent, traitant de la galanterie et de l’argent.
Ménandre aurait produit 108 comédies dont il ne nous reste que des fragments de quelques-unes :
  • L’Arbitrage (Epitrepontes)
  • La Belle aux cheveux coupés (Perikeiromenê)
  • Le Collier (Plokion)
  • « Ménandre en gr. Menandros », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Le Collier (en gr. Plokion)

Comédie grecque de Ménandre dont l'intrigue tourne autour des épreuves de deux hommes, l'un qui épouse une femme riche et l'autre qui épouse une femme pauvre.
  • Ditandy, A., Études sur la comédie de Ménandre, Paris, Librairie le Normant, 1854, p. 377-378. Google livres, Internet, 27 mai 2011.
  • MacCary, W. Thomas, « Menander's Slaves : Their Names, Roles, and Masks », Transactions and Proceedings of the American Philological Association, 1969, vol. C, p. 286-287. JSTOR, Internet, 27 mai 2011.

Gervais Cornu

Gervais Cornu est un nom typique de farce pour un mari cocu.

Janus

Dieu italique et romain à deux visages opposés qui fonctionne comme protecteur des « portes » (januae) à Rome. Le mois de janvier (Januarius) est consacré à Janus car il commence et termine l'année.
  • « Janus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Midas

Roi de Phrygie vers VIIIe siècle av. J.-C. Lors de son règne, la Phrygie atteignit son apogée au moyen de ses mines d’or et de fer. Pourtant, les Cimmériens mirent fin au royaume lors de leurs invasions après -700.
Le règne de Midas est d’abord et avant tout connu grâce aux légendes populaires. Dans une légende, Midas rend le captif Silène au dieu Dionysos et celui-ci promet au roi de lui exaucer un vœu. Ainsi Midas gagne-t-il la capacité de changer n’importe quel objet ou être qu’il touche en or. Pourtant, après peu de temps, il commence à mourir de soif et de faim à cause du don. De ce fait, il prie Dionysos de l’aider. Celui-ci lui conseille de se baigner dans l’eau de la source du Pactole. De cette façon, la source produit des paillettes d’or.
Dans une autre légende, Midas annonce que Marsyas, satyre, est un meilleur musicien que le dieu Apollon lors d’un concours. Enragé, Apollon change les oreilles de Midas en celles d’un âne. Midas, gêné, se cache les oreilles sous une tiare mais son barbier découvre bientôt la vérité en lui coupant les cheveux. Il dévoile le secret à un trou qu’il a creusé dans le sol ; ainsi les roseaux répètent-ils la vérité compromettante.
  • « Midas », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Arlequin

Personnage comique du théâtre italien que l'on reconnaît grâce à son costume qui a des pièces triangulaires. En outre, ce personnage tient d'habitude un sabre et porte un masque noir. Dans la Comédie italienne, l'arlequin fait ordinairement les rôles de valet, mais de valet bouffon (Féraud).
  • « Arlequin », Jean-François Féraud : Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 21 octobre 2009.
  • « Arlequin », Trésor de la langue française informatisé (2004), Centre national de la recherche scientifique, Analyse et traitement informatique de la langue française, Université Nancy II, Internet, 21 octobre 2009.

Mars

Dieu romain de la guerre, de la végétation, du printemps et de la jeunesse. Selon la légende, il est fils de Junon et de Jupiter et le père des jumeaux Romulus et Remus, qu'il aurait eus de son union avec Rhea Silvia.
Dans la mythologie grecque, il représente toujours le dieu guerrier mais il est renommé Arès. Fils de Zeus et d’Héra et un des douze Olympiens, il est connu non seulement pour ses combats mais aussi pour ses nombreuses aventures avec la déesse Aphrodite (Vénus).
  • « Arès / Mars », Le grenier de Clio (2001-2008), Mythologica.fr, Internet, 16 février 2010. http://mythologica.fr/grec/ares.htm.
  • « Mars », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

L'Art d'aimer (en lat. Ars amatoria)

Une des œuvres les plus célèbres d'Ovide composée vers le premier siècle avant J.-C. qui a pour thème l'art de l'amour et de la séduction. En dépit du succès du poème, Ovide fut exilé à Tomes en 8 ap. J.-C. par l'empeureur Auguste sous l'allégation, entre autres, de l'immoralité sexuelle représentée dans ses vers.

Arcadie (en gr. Arkadía)

Région de l'ancien Grèce au centre de la péninsule du Péloponnèse.
  • « Arcadie n. f. en gr. Arkadía », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Jean de Stobes ou Jean Stobée (en lat. Joannes Stobæus)

Doxographe et compilateur byzantin du Ve siècle ap. J.-C., son Anthologie cite plus de 500 auteurs antiques : poètes, historiens, orateurs, philosophes et médecins. Nous lui devons les seuls fragments connus de certains dramaturges. Il rédigea également plusieurs passages célèbres sur la philosophie stoïque.
  • « Jean de Stobée », Wikipédia l'encyclopédie libre (31 août 2010), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 9 septembre 2010. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Stobée.
  • Stobæus, Joannes, Sententiarum Ioannis Stobaei, Paris, Martinum Juvenem, 1557, t. 2. Google livres, Internet, 21 juin 2011.

Philippides

Poète comique et atirique de la Grèce ancienne, le renom de Philippides date d'environ 300-310 av. J.-C. Il existe 15 titres de cet auteur, où il s'attaqua au luxe et à la corruption de son âge.

Thomas More (en lat. Thomas Morus)

Thomas More (1478-1535) fut le plus célèbre représentant anglais de la pensée humaniste. Théologien, historien, juriste, philosophe et homme politique, More était le Chancelier du roi Henri VIII. Mais après son refus de reconnaître l'autorité religieuse du Roi (en refusant d'abord d'assister au couronnement d'Anne Boleyn comme reine d'Angleterre), More fut décapité. Sir Thomas More est devenu saint Thomas More, béatifié par l'Église catholique en 1886 et canonisé en 1935.

Chaldéens

Peuple habitant en Chaldée, région de Sumer occidental. Anciennement, le terme fit référence à la Babylonie et à la Mésopotamie (l’on parlait de l’Empire chaldéen, employant l’adjectif comme synonyme de « néobabylonien »).
  • « Chaldée », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Robert Céneau ou Cenalis

(Paris 1483 – 1560). Évêque de Vence (1515-1530), de Riez (1530-1532) et finalement d'Avranches (1532-1560), Robert Céneau était l'auteur de plusieurs œuvres abordant des sujets historiques et religieux. Ses ouvrages les plus connus étaient particulièrement polémiques pendant la période de la réforme protestante, tels que : Pro tuendo sacro coelibatu (1545), Tractatus de utriusque gladii facultate, usuque legitimo (1546) et Axioma de divortio matrimonii mosaici per legem evangelicam refutato (1549).

Béroalde de Verville (François Brouard)

Écrivain français qui vécut de 1556 à 1629. À Tours, Béroalde fut chanoine de Saint-Gatien où il se livra à la philosophie, à la poésie et à l'alchimie. Inspiré par l’Utopie de Thomas More, il écrivit l’Idée de la République (1599). Il produisit également un poème controversé traitant du ver à soie, La Sérédokimasie en 1600. Son œuvre la plus connue est Le Moyen de parvenir, écrite pendant la période entre 1610 et 1620. Cette œuvre mélange librement des paradoxes et des saillies qui témoignent d’un esprit humaniste.
  • « Béroalde de Verville (François Brouard, dit) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Alceste (en gr. Alkêstis)

Dans la mythologie grecque, Alceste était la fille de Pélias roi d’Iolcos en Thessalie. Femme fidèle d'Admète, roi de Phères en Thessalie, Alceste se sacrifia pour délivrer son mari de la mort. Pourtant, Héraclès la ramena des Enfers, la sauvant. La légende évoque la dévotion conjugale, ce qui inspirèrent des œuvres d'Euripide, de Quinault et de Gluck.
  • « Admète & Alceste », Le grenier de Clio (2001-2011), Mythologica.fr, Internet, 24 juin 2011. http://mythologica.fr/grec/admete.htm.
  • « Alceste en gr. Alkêstis », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Phères (en gr. Pherai, en lat. Pherae)

Ancienne ville grecque qui se trouva dans le sud-est de la Thessalie.
  • « Phères en gr. Pherai, en lat. Pherae », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Admète (en gr. Admêtos)

Argonaute et roi de Phères en Thessalie. Sa femme Alceste se sacrifia afin de le délivrer de la mort. Selon la légende, Admète aurait accueilli Apollon après que celui-ci avait été chassé de l’Olympe.
  • « Admète en gr. Admêtos », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Porcia Catonis

Fille de Caton d’Utique, Porcia épousa son cousin Brutus, l'assassin de Jules César. Elle se suicida après avoir appris que son mari s’était donné la mort (-42 av. J.-C.).
  • « Brutus en lat. Marcus Junius Brutus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Porcia », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Brutus (en lat. Marcus Junius Brutus)

(Rome v. -85 - -42 av. J.-C.). Homme d’État romain et neveu de Caton d’Utique, Brutus fut adopté par César. Bien que Brutus eût participé comme allié de Pompée à la bataille de Pharsale, César le désigna comme propréteur en Gaule cisalpine en -46, ainsi que préteur urbain en -44. Cependant, Brutus se retourna contre César. À l’aide de Cassius, que César avait fait aussi préteur, Brutus projeta d'assassiner l’empereur. Le fait accompli, il s’évada en Macédoine. À Philippes, pourtant, Brutus et Cassius furent vaincus en -42. Ainsi les deux se donnèrent-ils bientôt la mort. En entendant parler de sa mort, sa femme Porcia prit cette même décision funeste.
  • « Brutus en lat. Marcus Junius Brutus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Porcia l'Ancienne

(Avant 95 – 46/45 av. J.-C.). Sœur aînée de Caton d’Utique et la tante de Porcia Catonis et de Marcus Junius Brutus. Porcia devint veuve après la mort de son époux, l'homme politique romain Lucius Domitius Ahenobarbus, à la bataille de Pharsale en 48.

Guillaume Du Vair

(Paris 1556 – Tonneins 1621). Magistrat et philosophe néo-stoïque français, Guillaume Du Vair fut désigné comme garde des Sceaux en 1615. Il produisit des œuvres très remarquées dans le monde philosophique, politique et rhétorique, notamment De la philosopie morale des stoïques (1585), Discours pour le maintien de la loi salique (1593) et Traité de l'éloquence française (1594).
  • « Guillaume Du Vair », Wikipédia l'encyclopédie libre (13 juin 2011), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 27 juin 2011. http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Du_Vair.
  • « Vair (Guillaume DU) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Hyménée (en gr. Humenaios)

  1. Dieu romain, fils de Vénus (Aphrodite) et de Bacchus (Dionysos). Dans l’antiquité, Hyménée présidait au mariage. Les Athéniens en particulier l’invoquèrent souvent, non seulement dans des noces, mais également dans d’autre fêtes.
  2. Le cri poussé lors du banquet de noces.
  • « Hyménée », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Hyménée », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hymen.

Phéron

Roi de l'ancien Égypte qui, selon la légende, fut frappé de cécité en châtiment d'avoir lancé un dard dans la rivière du Nil en pleine crue. Après avoir passé dix ans dans l'obscurité, le roi rencontra un oracle qui lui révéla que le seule remède à son aveuglement était de laver les yeux avec l'urine d'une femme qui n'avait jamais été infidèle à son mari. Il se servit d'abord de l'urine de son épouse, mais étant inefficace, il tira parti d'autres femmes jusqu'à ce qu'il trouva celle qui rétablit sa vue. Enfin, Phéron épousa cette dernière et fit rassembler les autres femmes déloyales pour les faire brûler. En reconnaissance des dieux, il consacra maintes monuments dans les temples, notamment deux immenses obélisques dans le temple du Soleil.
  • Bayle, Pierre, « Phéron », Dictionnaire historique et critique, Rotterdam, Reinier Leers, 1702, t. 3. Google livres, Internet, 28 juin 2011.

Delphes (en gr. Delphoi)

Ancienne ville grecque située en Phocide au pied du Mont Parnasse. Un endroit religieux de profonde importance, c'était là où se trouvait le temple d’Apollon, existant depuis le -VIIe siècle av. J.-C., où le dieu aurait tué le serpent Python. Ces merveilles religieuses recevaient maintes trésors et attiraient de nombreux pèlerins grecs.
  • « Delphes en gr. Delphoi », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Cornouaille

Cornouaille est une region située du Sud-Ouest de la Bretagne. Elle se trouve entre la pointe du Raz et Le Pouldu.
  • « Cornouaille », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Neptune

Dans la mythologie romaine, l'équivalent de Poséidon grec (le dieu des Océans et des Mers). Veuillez également consulter Poséidon.
  • « Neptune », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Neptune », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Neptune_(mythologie).

Océan

Titan, fils d’Ouranos (le Ciel) qui s’unit à sa sœur, Téthys, symbole de l’eau féconde. Les deux eurent trois mille fils, les fleuves, et trois mille filles, les nymphes Océanides, personnifications des sources.
  • « Océan », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Properce (en lat. Sextus Aurelius Propertius)

Poète latin (Ombrie v. -47 - -15 av. J.-C.) connu pour sa thématique de l’amour romanesque et de l’imagination angoissée. Il produisit quatre livres d’Élégies témoignant de son amour pour Cynthie. Selon plusieurs, Properce est le plus personnel des élégiaques de l’époque augustéenne.
  • « Properce en lat. Sextus Aurelius Propertius », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Élégies (en lat. Elegiæ)

Œuvre magistrale du poète latin Properce divisée en quatre livres, dont le premier fut publiée vers 29 av. J.-C. En employant le distique élégiaque, ses vers témoignent de sa passion pour Cynthie, jeune femme qu’Apulée identifie comme Hostia, et leur affaire turbulente.
  • Grimal, Pierre, « Properce », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 30 septembre 2009.
  • « Properce en lat. Sextus Aurelius Propertius », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Tristes (en lat. Tristia)

Recueil en cinq livres de lettres écrites en style élégiaque par Ovide pendant son exil à Tomes. Les lettres sont adressées à ses amis qui habitaient à Rome.
  • « Les Tristes en lat. Tristia », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Les Fastes (en lat. Fasti)

Œuvre élégiaque d'Ovide parue au Ier siècle ap. J.-C. qui raconte en détail le calendrier romain et ses fêtes religieuses. Composée de douze livres, un pour chaque mois, il ne nous en est parvenu que six (janvier à juin).
  • Chilvers, Ian et M.C. Howatson, éd., « Fasti », The Concise Oxford Companion to Classical Literature, Oxford University Press, 1996. Oxford Reference Online, Internet, 30 juin 2011.

François Rabelais

(La Devinière v. 1482 - Paris 1553). Écrivain humaniste et médecin français à qui on doit les romans satiriques Pantagruel (1532), Gargantua (1534), Le Tiers Livre (1546) et Le Quart Livre (1548).
C'est dans Le Tiers Livre où le personnage Panurge discourt longuement sur le mariage, en essayant de décider s'il faut se marier ou non.
  • « François Rabelais », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 4 novembre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabelais.
  • Joukovsky, Françoise, « Rabelais François (1483 env.-1553) », Encyclopédie Universalis (2009), Paris, Encyclopædia Universalis, Internet, 20 mai 2009.
  • « Rabelais (François) », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Alcide

[...] surnom d'Hercule. Les Poètes emploient plus volontiers le 1er que le second.
Veuillez consulter également la référence Hercule.
  • « Alcide », Jean-François Féraud: Dictionnaire critique de la langue française (1787-88), The ARTFL Project, Department of Romance Languages and Literatures, University of Chicago, Internet, 8 octobre 2009.

Alcmène (en gr. Alcmênê)

Selon la mythologie grecque, Alcmène aurait été une princesse de Mycènes et la femme d’Amphitryon, roi de Tirynthe. Elle fut séduite par Zeus, qui s’était métamorphosé en son mari absent. Ainsi la princesse devint enceinte du demi-dieu Héraclès. Jalouse d'Alcmène, l’épouse de Zeus Héra différa la naissance d'Héraclès pour se venger.
  • « Alcmène en gr. Alcmênê », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Le Banquet

Traité philosophique de Platon écrit vers 380 av. J.-C. qui examine l'origine et la nature de l'amour.

Démosthène (en gr. Dêmosthenês)

Homme d’État et l'un des plus grands orateurs athéniens (Athènes -384 – Calaurie -322 av. J.-C). Sa carrière de chef de parti politique ainsi que d’orateur fut inspirée par son opposition à l’expansion du Macédoine. Il écrivit entre -351 et -341, son œuvre la plus célèbre, trois Philipiques qui avaient pour but d'unifier les Grecs contre Philippe II de Macédoine. Pourtant, sa lutte pour la liberté de son pays s'avéra futile en face des forces grandissantes du fils de ce dernier, Alexandre le Grand. Enfin, Démosthène, accusé d'être impliqué dans le scandale financier d’Harpale, prit la fuite pendant un an. Il regagna Athènes par la suite mais il dut se réfugier de nouveau après l’échec de la révolte contre les Macédoniens. Lorsque l’armée du général macédonien Antipatros le condamna à mourir, Démosthène mit fin à sa vie, s’empoisonnant dans le temple de Poséidon à Calaurie.
  • « Démosthène en gr. Dêmosthenês », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré de noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • Mirhady, David, « Demosthenes », The Oxford Encyclopedia of Ancient Greece and Rome, Oxford University Press, 2010. Oxford Reference Online, Internet, 4 juillet 2011.

Saturne (en lat. Saturnus)

Saturne, fils du Ciel et de la Terre, obtint le droit de régner à la place de son frère Titan à condition qu’il dévore ses enfants mâles pour que la succession revienne aux héritiers de Titan. L’épouse de Saturne, Rhéa arriva à sauver ses fils Neptune, Pluton et Jupiter en les cachant. Ce dernier finit par détrôner son père. Saturne, devenu simple mortel, se refugia dans le Latium en Italie. Son règne fut un âge de paix, où l’égalité entre les hommes s’établit. Pour rappeler la mémoire de cet âge heureux, on célébrait à Rome les Saturnales.
En grec, Saturne est désigné sous le nom de Cronos, c'est-à-dire le Temps, qui consume toutes les années qui s'écoulent, comme Saturne consumait ses enfants. Saturne est communément représenté comme un vieillard courbé sous le poids de l’âge, tenant une faux à la main. Il est souvent associé à la mélancolie. Pour limiter ses pouvoirs, Jupiter l'a soumis au cours des astres qui sont comme ses liens, d’où le nom de la planète Saturne.
  • « Saturn », Dicoperso (2003-2009), Dicoperso.com, Internet, 4 mars 2010. http://www.dicoperso.com/term/73,5,xhtml
  • « Saturne en lat. Saturnus », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.

Galéace de Mantoue (en ital. Galeas di Mantua)

Chevalier italien de la fin du XIVe siècle connu pour sa galanterie.
  • Brewster, Sir David, The Edinburgh Encyclopaedia, 1830, vol. XVI, réimpr. London, Routledge, 1999. Google livres, Internet, 10 juillet 2011.
  • Karras, Ruth Mazo, From boys to men: formations of masculinity in late medieval Europe, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2003, p. 31-32. Google livres, Internet, 10 juillet 2011.

Zany (en ital. Zanni)

Personnage type d'un esprit bouffon qui jouait un rôle de servant dans la commédie italienne (commedia dell'arte). Certaines commédies attribuaient à Zany une amante moqueuse appelée Francisquine qui lui faisait endurer toutes sortes d'épreuves.
  • Jolibert, Bernard, La commedia dell'arte et son influence en France du XVIe au XVIIIe siècle, L'Harmattan, 1999, p. 18-19. Google livres, Internet, 6 juillet 2011.
  • « Zany Corneto, the Musical Zanni », J. Ralyea, Music Illustrator (15 mars 2003), John Ralyea, Internet, 30 septembre 2009. http://students.depaul.edu/~jralyea/Cornetto.htm.

Francisquine

Personnage type d'un esprit vif et impudent dans la commédie italienne (commedia dell'arte) qui jouait un rôle de servante. Certaines commédies attribuaient à Francisquine un amant appelé Zany à qui elle faisait subir toutes sortes d'épreuves.
  • Jolibert, Bernard, La commedia dell'arte et son influence en France du XVIe au XVIIIe siècle, L'Harmattan, 1999, p. 18-19. Google livres, Internet, 6 juillet 2011.
  • « Zany Corneto, the musical zanni », JRalyea, music illustrator (15 mars 2003), John Ralyea, Internet, 30 septembre 2009. http://students.depaul.edu/~jralyea/Cornetto.htm.

Épidicus

Comédie romaine de Plaute dont l'intrigue tourne autour des tromperies de l'esclave Épidicus pour aider le fils de son maître à réparer le désordre provoqué par le changment de sentiment éprouvé de celui-ci pour une esclave à une autre.
  • Thorburn, John E., « Epidicus Plautus (CA. 292-289 B.C.E.) », The Facts On File Companion to Classical Drama, Facts on File, 2005, p. 199-201. Google livres Internet, 6 juillet 2011.