Le mariage sous L'Ancien Régime

Le poème satirique « Sur la jalousie » fait partie du recueil Le Cabinet satirique. Malgré un recueil moins important établi par Mathurin Régnier en 1613, il s'agit ici de la première édition définitive de ce fameux recueil de "vers piquans et paillards". Publiée par Anthoine Estoc à Paris, le privilège date de 1618. Certains exemplaires (par exemple, celui de la Bibliothèque Mazarine, Rés. 36 798 in 12e) ont l'attribution facétieuse Au Mont Parnasse. De l'Imprimerie de messer Apollon. L'année satyrique. Nous citons celle de la Bibliothèque Nationale (RES P- YE- 115). Il est à noter que la plupart d'entre ces poètes publièrent des ouvrages plus sérieux en même temps que leur poésie comique. Seuls les poèmes dont le sujet est le mariage ont été retenus dans la présente anthologie. Il existe plusieurs autres éditions au XVIIe siècle (1620, 1623, 1632, 1634, 1666, 1697). Le texte de 1618 fut réimprimé en 1924, dans une édition procurée par F. Fleuret et L. Perceau (Paris, Librairie du bon vieux temps, 2 volumes).

SVR LA IALOVSIE.
SONNET. (Du Ryer, p. 468)

  • VOus auez vn mary qui entre en freneſie
  • Quand il voit que quelqu’vn veut de vous s’approcher,
  • Dit qu’on ſorte dehors & qu’il ſe veut coucher.
  • Voulant & ne pouuant cacher ſa ialousie
  • Mais puis qu’il continue en ceſte reſuerie,
  • Et qu’il veut ſans ſubiet vos plaiſirs empeſcher
  • Sans plus tant ſe faſcher il ſe faut deſpeſcher
  • De le mettre au papier de la grand’ confrairie,
  • Il ne reſsemble pas à dis mille maris
  • Qui cocus de leur gré paroiſſent dans Paris,
  • Sont habilez de ſoye & viuent à leur aiſe,
  • Les femmes de ceux de la ont meilleur temps que vous,
  • Car tant s’en faut qu’ils ſoient de leurs femmes ialoux
  • Qu’eux meſmes font le guet quand quelque amy les baiſe1.
1. 
Le poème satirique « Sur la jalousie » apparaît également dans les Satyres bastardes, p. 155.