Le mariage sous L'Ancien Régime

Ce poème fait partie du recueil du Labyrinthe d'amour d'Henri Fornier, sieur du Clos.

Chanſon d’vn mary qui auoit
l’eſguillette noüee.


  • IL n’eſt eſtat plus heureux
  • Que d’vne ieune eſpouſee
  • Il n’eſt rien plus malheureux,
  • Qu’vn malheureux Hymenee,
  • Il n’eſt ſi faſcheux tourment
  • Que de languir en aimant.
  • Ie ne me plains ſans raiſon,
  • Puis qu’vn mary me fait plaindre
  • Qui voit bruler la maiſon
  • Et n’a point d’eau pour l’eſtaindre.
  • Il n’eſt si faſcheux.
  • I’ay beau d’vn doux maniement
  • Forcer le n’œud qui l’engage
  • I’accrois, helas, mon tourment
  • Au lieu d’enfler ſon courage.
  • Il n’eſt de ſi faſcheux.
  • En vain le veux-ie eſmouuoir
  • Par me ſouspirs & mes larmes
  • Les pleurs n’ont point de pouuoir
  • Sur le lien de ces charmes.
  • Que feroy-ie à ce mal là
  • Dites le moy ie vous prie
  • Puis que ie meurs pour cela
  • Qui me deuſt rendre la vie.
  • Il n’eſt de ſi faſcheux.
  • I’ay veu que i’euſſe enchanté
  • Toute ame d’amour exempte
  • Mais las mon charme eſt dompté
  • Par vn plus fort qui l’enchante.
  • Il n’eſt.
  • Dæmon tu lie en moy
  • Amour qui deſia m’enſerre,
  • Il eſt Dæmon comme toy
  • Pourquoy luy fais tu la guerre.
  • Il n’eſt.
  • Vous qui n’auez ces ennuis
  • Hé que vous eſtes heureuſes
  • De paſſer toutes les nuicts
  • En delices amoureuſes.
  • Il n’eſt.
  • Et moy qu’vn ardent deſir
  • Brule d’vne lente flame
  • Suis contrainte de geſir
  • Pres d’vn corps qui n’a point d’ame.
  • Il n’eſt ſi faſcheux.
  • Mais quoy, mes vœux ne font rien
  • Et faut qu’ainſi je demeure,
  • I’ay trop veſcu ſans ce bien,
  • Il faut que ſans luy ie demeure.
  • Il n’eſt de ſi faſcheux.
  • Ie ne crains ce dernier iour,
  • Tant pour mourir deuant l’aage
  • Que pour voir qu’au lieu d’amour
  • La mort ait mon pucelage.
  • Il n’eſt de ſi faſcheux tourment,
  • Que de languir en aimant.

Hyménée (en gr. Humenaios)

  1. Dieu romain, fils de Vénus (Aphrodite) et de Bacchus (Dionysos). Dans l’antiquité, Hyménée présidait au mariage. Les Athéniens en particulier l’invoquèrent souvent, non seulement dans des noces, mais également dans d’autre fêtes.
  2. Le cri poussé lors du banquet de noces.
  • « Hyménée », Le Petit Robert : Dictionnaire illustré des noms propres, Paris, Dictionnaires le Robert, 1994.
  • « Hyménée », Wikipédia l'encyclopédie libre (12 août 2009), Los Angeles, Wikimedia Foundation, Internet, 1er octobre 2009. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hymen.