Le mariage sous L'Ancien Régime

Chacun a le sien (Le fardeau du menage) (1712)

Chacun a le sien (Le fardeau du menage)
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
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Titre

CHACUN A LE SIEN
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Coin gauche

Chacun trouve son fardeau plus pesant que celui d'un autre.
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Coin droite

Chacun est plus embarassé a prendre conseil qu'a le donner
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En haut à gauche

  • Troquons notre fardeau le veut tu bien compere,
  • Mon épouse Sera tout a fait ton affaire,
  • Elle est jalouse et toi qui l'est aussi,
  • Ce Sera de vous deux un Menage accompli,
  • Pour moi qui ne l'est point je prendrai ma comere,
  • Et tout d'un coup si tu le veux,
  • De quatre infortunés nous ferons quatre heureux,
  • Pour toi tu n'est qu'un vrai martir à peindre,
  • Si tu porte un fardeau tu le veut bien porter,
  • Mais vertubleu c'est moi qui Suis le plus à pleindre,
  • d'Avoir sans cesse une furie a craindre,
  • Qui me poursuit par tout pour me persecuter,
  • Pour guerir ton esprit permet que je te dise,
  • La vertu d'une femme est une marchandise,
  • Si Son coeur n'en est le gardien,
  • Jamais mari ne la conserve bien.
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En haut à droite

  • De troquer avec toi j'en aurois bien l'envie,
  • Mais ce fardeau peſant est une charge à vie,
  • Que l'on ne peut ni vendre ni troquer,
  • Ainsi malgré mes dents il me la faut garder,
  • Et la garder Sans la perdre de veüe,
  • Voila le desespoir qui me ronge et me tuë,
  • Et qui rend mon fardeau plus peſant que le tien,
  • Car tu te plaint a tort de ton epouse,
  • Compere mon ami Si ta femme est jalouse,
  • Console toi c'est, qu'elle t'aime bien.
  • La voyez vous ma petite friponne,
  • Dés qu'elle entend la voix d'un homme,
  • On ne Sauroit plus la tenir,
  • Ô coquine en Souffrant je te ferai Souffrir.
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Côté gauche

  • Entre mon époux et cette petite gueuse,
  • Je craint bien fort une intrigue amoureuse.
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Au milieu 1

  • Que maudit soit la jalousie,
  • Qui fait de mon époux le boureau de ma vie,
  • Mon épouse est le mien le Ciel la veut ainsi,
  • Prenez donc patience et moi aussi.
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Au milieu 2

AUX 4. MALHEUREUX
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Titre

CHACUN A LE SIEN
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Au milieu 3

  • Ont ti des Cors aux pieds ces belles Mad.es
  • Ô hardé don, Vraman nannin,
  • C'est que l'un par darrié à sa jalouze femme,
  • Et stautre par devant a peur d'être jannin,
  • A par la vartiguyé vela de plaiſans blaises,
  • Noterdame y sont pis que des porteux de chaises,
  • Parguyé paquette et moi jalon hurluberlu,
  • Mais jalon dieu marcy tous deux a notte aises,
  • Et si je non pas peur de nous faire cocu,
  • Tien voiant ces gens là je rumine et je pense,
  • Ce que notte Curé en nous mariant nous dis,
  • Les Menages dit il de grande consequence,
  • Ne sont pas ceux qui sont les mieux unis.
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En bas à gauche

Femme jalouze est toujours aux trousses de son Mari
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En bas à droite

Mari jaloux perd le moins qu'il peut sa femme de veüe
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Titre de la légende

LE FARDEAU DU MENAGE
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Langage des paysans

Le langage populaire des paysans rappelle la langue québécoise du temps de la colonie. C'est un accent encore perçu dans certaines régions du Québec et au Nouveau Brunswick chez les Acadiens.
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Cachet

Bibliothèque Nationale
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Graveur

A Paris chez Nicolas Guerard graveur, rue St-Jacques proche St. Yves à la Reine du clergé. C.P.R.
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la vartiguye

Dérivé du mot vartigué, corrpution de "vertu Dieu; jurement de paysans dans l'ancienne comédie. (Littré).
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Parguyé

Dérivé du mot pargué, pour pardieu; jurement patois de l'ancienne comédie.
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Épée

La main de la femme reste sur l'épée.
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Épée

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Éventail

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Le mari jaloux

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La femme friponne

La femme friponne dont le mari est jaloux.
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La femme jalouse

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Le mari de la femme jalouse

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Les paysans

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Coin gauche

Chacun trouve son fardeau plus pesant que celui d'un autre.
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Coin droite

Chacun est plus embarrassé à prendre conseil qu'à le donner
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En haut à gauche

  • Troquons notre fardeau, le veux-tu bien compère?
  • Mon épouse sera tout à fait ton affaire,
  • Elle est jalouse et toi qui l'est aussi,
  • Ce Sera de vous deux un ménage accompli.
  • Pour moi qui ne l'est point je prendrai ma commère,
  • Et tout d'un coup si tu le veux,
  • De quatre infortunés nous ferons quatre heureux.
  • Pour toi tu n'es qu'un vrai martyr à peindre,
  • Si tu portes un fardeau tu le veux bien porter,
  • Mais vertubleu c'est moi qui suis le plus à plaindre,
  • D'avoir sans cesse une furie à craindre,
  • Qui me poursuit partout pour me persécuter,
  • Pour guérir ton esprit permets que je te dise,
  • La vertu d'une femme est une marchandise :
  • Si son coeur n'en est le gardien,
  • Jamais mari ne la conserve bien.
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En haut à droite

  • De troquer avec toi j'en aurais bien l'envie,
  • Mais ce fardeau pesant est une charge à vie,
  • Que l'on ne peut ni vendre ni troquer.
  • Ainsi malgré mes dents il me la faut garder,
  • Et la garder sans la perdre de vue.
  • Voilà le désespoir qui me ronge et me tue,
  • Et qui rend mon fardeau plus pesant que le tien,
  • Car tu te plains à tort de ton épouse.
  • Compère mon ami, si ta femme est jalouse,
  • Console-toi, c'est qu'elle t'aime bien.
  • La voyez vous ma petite friponne,
  • Dés qu'elle entend la voix d'un homme,
  • On ne Sauroit plus la tenir,
  • Ô coquine en Souffrant je te ferai Souffrir.
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Au milieu 1

  • Que maudit soit la jalousie,
  • Qui fait de mon époux le bourreau de ma vie.
  • Mon épouse est le mien, le Ciel le veut ainsi,
  • Prenez donc patience et moi aussi.
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Au milieu 2

AUX 4 MALHEUREUX
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Au milieu 3

  • Ont-elles des cors aux pieds ces belles Madames?
  • Ô har dis donc, vraiment non,
  • C'est que l'un par derrière a sa jalouse femme,
  • Et cet autre par devant a peur d'être jeannin.
  • A par la vartiguyé, voilà de plaisants blaises,
  • Notre Dame, ils sont pis que des porteurs de chaises,
  • Parguyé, Paquette et moi allons hurluberlu,
  • Mais allons Dieu mercy tous deux à notre aise,
  • Et si je n'ai pas peur de me faire cocu,
  • Tiens, voyant ces gens là je rumine et je pense,
  • Ce que notre Curé en nous mariant nous dit,
  • Les ménages dit-il de grande conséquence,
  • Ne sont pas ceux qui sont les mieux unis.
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Côté gauche

  • Entre mon époux et cette petite gueuse,
  • Je crains bien fort une intrigue amoureuse.
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En bas à gauche

Femme jalouse est toujours aux trousses de son mari.
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En bas à droite

Mari jaloux perd le moins qu'il peut sa femme de vue.
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Légende

  • Il faut conoitre avant d'aimer
  • Il faut S'aimer avant de S'epouser,
  • Car c'est l'amour qui donne le courage,
  • A deux époux de vaincre et Suporter,
  • Les peines, les fardeaux, les chagrins du Menage,
  • Qui ne manque jamais tôt où tard d'arriver,
  • Quelque parti qu'un garson prenne,
  • Il faut de ces vieux Vers toujours qu'il se Souvienne,
  • Si belle tu la prend il te la faut garder,
  • Si laide tu la prend tu ne la peut aimer,
  • Si riche tu la prend il te la faut Servir,
  • Si pauvre tu la prend il te la faut nourir,
  • Marie toi ne te marie pas,
  • Ou tôt ou tard tu t'en repentiras.
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Titre de la légende

LE FARDEAU DU MÉNAGE
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Légende

  • Il faut connaître avant d'aimer
  • Il faut s'aimer avant de s'épouser,
  • Car c'est l'amour qui donne le courage
  • À deux époux de vaincre et supporter
  • Les peines, les fardeaux, les chagrins du ménage,
  • Qui ne manquent jamais tôt où tard d'arriver.
  • Quelque parti qu'un garçon prenne,
  • Il faut de ces vieux vers toujours qu'il se souvienne,
  • Si belle tu la prends il te la faut garder,
  • Si laide tu la prends tu ne la peux aimer,
  • Si riche tu la prends il te la faut servir,
  • Si pauvre tu la prends il te la faut nourrir.
  • Marie-toi ne te marie pas,
  • Ou tôt ou tard tu t'en repentiras.
Annotations    
  • Transcription de texte
  • Commentaire sur la transcription
  • Graveur ou bibliothèque
  • Objets
  • Personnages
  • Transcription en français moderne

Bibliothèque Nationale de France (Cabinet des Estampes)

Chacun a le sien (Le fardeau du menage)